Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Que c’est beau !

En ce moment, je m’étonne moi-même. Blasé comme je suis, ivre de ma supériorité supposée, odieusement imbu de ma personne, oui, je l’avoue, je m’étonne encore de pouvoir être étonné. Il arrive même que je sois espanté et alors là, je m’en étonne plus encore. Voilà pourquoi, mieux qu’un voyage de presse en technicolor où il n’y a plus guère plus d’un ou deux journalistes pour participer mais plus volontiers un essaim de blogueurs qui n’écoutent même plus les explications qu’on leur donne préférant tapoter à longueur de journée sur leur portable en évitant de poser la moindre question et en ne parlant que de leur petit monde à eux, mieux qu’un voyage organisé avec forces présentations publicitaires, voilà pourquoi donc je vous propose de tout lâcher durant quelques jours.

La serre de Maury, cet hiver. Photo©MichelSmith

La serre de Maury, cet hiver. Photo©MichelSmith

Proposition idiote, je sais. Suggestion nulle et non conciliable avec la vie que vous menez. Vos vacances de Pâques sont déjà rondement menées. Et pourtant, il suffit d’un coup de TGV. Bref, pour les besoins d’un livre, je tourne presque tous les jours en ce moment dans la campagne qui me sert d’arrière-pays. Il est vrai que je suis aidé par le temps estival qui règne ici depuis bien avant le début officiel du printemps, mais j’ai parfois l’impression de faire un immense repérage de paysages pour les besoins d’une grosse production hollywoodienne en vue d’un blockbuster offrant des scènes à couper le souffle. Le secteur concerné est certes vaste, mais pas si immense que ça. Il concerne en gros tout ce qui tourne autour de la serre de Maury, cette vallée du même nom qui se confond avec celle de l’Agly et qui monte doucement vers l’Ariège avec quelques incursions furtives vers l’Aude et les Corbières, vers Tuchan, Paziols, Embres et Castelmaure. Cette vallée où l’on oscille entre langue d’Oc et Catalan. Tout ça ce n’est que du Chinois pour vous ?

Entre Corbières et Roussillon, vues sur le Canigou. Photo©MichelSmith

Entre Corbières et Roussillon, vues sur le Canigou. Photo©MichelSmith

Voyons, laissez-vous faire. On connaît aussi la région sous le nom de Fenouillèdes avec ou sans "s", masculin ou féminin. Plus récemment, elle est entrée pour des besoins de tourisme oeno-politico business dans les contours du Pays Cathare avec son lot de vigies fortifiées à escalader offrant des vues, je me répète, à couper le souffle. On parle aussi d’un classement destiné à protéger plus encore le caractère unique de ce coin du Roussillon. L’aspect touristique ne vous convient pas ? Vous êtes nul en géographie hexagonale ? Peu importe : laissez-vous guider vers le vin.

Vieilles vignes de Carignan, chapelle, olivier...à l'entrée de Maury. Photo©MichelSmith

Vieilles vignes de Carignan, chapelle, olivier…à l’entrée de Maury. Photo©MichelSmith

Côté PO, comme on dit en raccourci pour nommer le département des Pyrénées-Orientales, certains villages du secteur qui m’intéresse pouvaient, jusque dans les années 60, revendiquer l’appellation Vin Délimité de Qualité Supérieure (VDQS) Corbières du Roussillon avant l’avènement des Côtes du Roussillon (et Villages) en 1971. Maury, de son côté, avait son appellation depuis 1936 tandis que, pas très loin sur la frange maritime, Fitou accédait à la sienne en 1948. Je vous fais grâce du reste, Corbières, Rivesaltes, Muscat de Rivesaltes en particulier.

Au Mas Janeil, chez le Bordelais François Lurton, quand la vigne a soif, on sait la rafraîchir. Photo©MichelSmith

Au Mas Janeil, chez le Bordelais François Lurton, quand la vigne a soif, on sait la rafraîchir. Photo©MichelSmith

Pas de cours magistral non plus sur le passage difficile d’une époque glorieuse de production de vins doux naturels qui fit la fortune du négoce à une ère plus délicate où il  fallait se reconvertir en producteur de vins dits "secs", c’est-à-dire non mutés. À chaque fois que j’avance dans ce pays aussi sauvage que civilisé, je ne peux m’empêcher de l’aimer.

Les bonbonnes su Mas Amiel, à Maury. Photo©MichelSmith

Les bonbonnes su Mas Amiel, à Maury. Photo©MichelSmith

Hier, c’était à cause des bouquets de thym, avant-hier à cause du romarin poussant jusque dans les vignes que l’homme à peur de labourer tant elles sont vieilles. Puis ce sont des vues de cartes postales sur le Canigou, les gorges de Galamus ou le château de Quéribus. Conséquence, je rentre chez moi le cerveau plein d’images, encore une fois, à couper le souffle. Pas un jour où, entre deux rendez-vous, je ne sors mon appareil photo. Pas un soir où je ne me détourne volontairement de l’itinéraire le plus direct pour rentrer sur Perpignan (la D.117), afin d’emprunter une autre voie, une route de traverse qui prolongera le retour tout en offrant de nouvelles vues, de nouveaux virages somptueux, de nouvelles approches de villages…

Quéribus, encore. Photo©MichelSmith

Quéribus, encore. Photo©MichelSmith

Tous les lieux que j’ai visités en cet hiver ensoleillé, je les avais fréquentés en cette période d’enthousiasme fou qui m’a vue prendre racines peu à peu en Roussillon. Les villages que je redécouvre autour de Maury ont pour noms Saint-Paul-de-Fenouillet, Caudiès, Cucugnan, Tautavel, Vingrau, Saint-Arnac, Lansac, Cassagnes, Planèzes, Rasiguères, Latour-de-France, Montner, Sournia, etc. Partout, il y a des vignerons qui y croient. Des Californiens, des Sud Africains, des Anglais, des Belges… et même des Bordelais. Ça grouille d’énergie et d’euphorie !

Michel Smith

Post Scriptum - Procurez-vous les cartes de randonnée éditée par l’IGN numéros 2448 OT, 2447 OT et 2547 OT et vous serez bien armés pour passer des vacances inoubliables loin des foules déchaînées. C’est vraiment l’une des dernières grandes régions spectaculaires de notre beau pays. Profitons-en !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith


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Ne poussez pas trop loin le bouchon!

L’autre jour, lors d’un voyage de presse, j’ai dû me farcir une bonne heure de présentation à propos des avantages supposés des produits d’un bouchonnier.

C’est qu’il était sponsor de l’événement. Et les organisateurs ont fait le forcing pour nous faire assister à la présentation, mes collègues journalistes et moi. Dieu sait pourtant qu’on aurait préféré être ailleurs.

De toutes façons, je ne vois pas comment je pourrais en parler dans mes articles. J’écris pour le consommateur et le consommateur ne choisit pas les bouchons des vins qu’il boit. Ce sont les producteurs qui le font pour lui.

Une exception, peut-être: les capsules à vis. Comme elles se voient, le consommateur peut se déterminer en fonction de cette différence. A titre personnel, vous savez que je suis favorable à ce type de bouchage. Mais je ne me fais pas d’illusion sur mon influence d’"agent de surface médiatique".

Dans tous les autres cas, le consommateur ne découvre le bouchon qu’une fois la bouteille ouverte, alors je pourrais bien lui vanter le Diam’s, le Nomacorc ou l’Amorim que cela ne changerait rien.

Boule.kugel

Pousse le bouchon!

Je constate quand même que nous autres journalistes sommes de plus en plus les otages de ces fournisseurs de la production, que ce soit au sein des concours (abondamment et ostensiblement parrainés par tel ou tel bouchonnier) que des présentations de presse.

Je profite de cette modeste tribune pour leur dire, ainsi qu’à leurs charmantes attachées de presse (qui ne font que leur boulot, bien sûr), que leur communication m’ennuie. Que même si j’en avais l’envie, je ne pourrais les aider. Et que je n’en ai pas l’envie.

Je le dis poliment aujourd’hui, mais j’ai bien peur un jour de ne plus pouvoir me retenir de le dire de manière plus véhémente, et publique, lors d’un de ces événements sponsorisés.

 Hervé Lalau


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Naturally not 2013 en primeur

 

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Buyers of Cos en primeur over the lost five vintages have lost money.

 On Sunday I spent the morning at the 2014 Real Wine Fair at Tobacco Dock in London’s Wapping. After a slow start – doubtless a blend of Sunday morning lie-ins and the clash with the London Marathon, things had started to hot up by the time I left just before 1pm.

This annual fair along with the similar RAW Fair, which will be held in mid-May, continues to be popular. It doesn’t appear to be important that there is no official or agreed definition of what is a natural wine. People appear to be attracted by the chance to taste individual wines made by interesting and characterful producers.

If the Real Wine Fair hotted up after a slow start, the same cannot be said of the 2013 Bordeaux en primeur campaign. Unsurprisingly customers appear to have minimal interest in loaning money on an interest-free basis to the already fabulously wealthy leading Bordeaux châteaux for wines that are pleasant early drinking at best. Recent research from Liv-ex shows that wines bought en primeur from recent vintages could have been purchased more cheaply once the wines were in bottle, so negating the probably most persuasive argument for buying Bordeaux en primeur.

A recent example from the Liv-ex blog on the release price of 2013 Cos d’Estournel:

‘With the UK release price at £900 per 12×75, the 2013 is more expensive then the current price of the 2012, 2008, 2007, 2006, 2004, 2002 and 2001.’

‘So, should the collector buy? Returns from previous vintages provide little comfort. The chart below is stark: those who bought Cos d’Estournel at En Primeur during the last five years have lost money. Little incentive, then, to get involved this year.’

My impression is that reputable UK merchants are being very wary over which 2013 wines they recommend to their customers. Upsetting their customers by pushing wines en primeur that will either turn out to be a disappointment or a bad buy because they will be cheaper once in bottle, has a stronger pull than protecting your allocation for future vintages.

A number of critics have suggested that the en primeur system is broken – no longer working. May be so but Bordeaux institutions tend to be resilient. If 2014 proves to be a spectacularly good vintage, then talk of en primeur being broke will probably disappear in a foaming cappuccino of hype!

However, some critics are becoming increasingly queasy over the role they traditionally play in the Bordeaux en primeur process – publishing their score soon after the primeur tastings that allows the châteaux to benchmark their prices. There is, of course, no such thing as a free lunch or even slice of foie gras!

Tim Atkin MW is declining to publish his score until the châteaux have released their prices. Already the châteaux will not have Robert Parker’s scores to gauge their prices as he will not be visiting Bordeaux until June to taste the 13s.

Much of the ep comment has been about the minutiae of pricing by the properties, who have released so far. What no one has yet provided is a convincing reason for consumers to offer the châteaux a two-year interest-free loan for their 2013s. Why not wait until they are bottled and save money? Even at today’s minimal savings rates on bank deposits you would be better off leaving the money in the bank than splashing out on en primeur!

Back at the Real Wine Fair the 2011 Testalonga El Bandito, a South African Chenin Blanc made by Craig Hawkins, was the most interesting wine I tasted. It has 6 weeks of skin-contact then 18 months in neutral wood, which produces a fine Chenin Blanc amontillado. Now this would be a good investment in pleasure!

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Craig Hawkins with his 6 week skin contact Chenin Blanc.

 

 


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Sauvignon blanc, et plus si affinités

On a beau râler, ici ou là, disputer les variétés dites « internationales », défendre les cépages locaux et rares, et, quelque part, avoir un peu raison en défendant l’idée de la diversité de cette manière, c’est toujours une petite dizaine de variétés de vigne qui domine largement la production mondiale. Les chiffres sont sans appel, car dix variétés pèsent pour une grosse majorité du vignoble mondial.  Je vous donne ces 10 premières variétés dans l’ordre (source : University of Adelaide, 2010) :

1. Cabernet Sauvignon
2. Merlot
3. Airen (vous l’aurez trouvé, celui-ci ?)
4. Tempranillo
5. Chardonnay
6. Syrah
7. Garnacha tinta
8. Sauvignon blanc
9. Trebbiano Toscano (alias Ugni Blanc)
10. Pinot noir

Ce tableau de chasse est en évolution constante, en fonction de modes, des plantations et des arrachages. Mais que faut-il penser de cette concentration de la production ? Les tenants du « boire locale » diront que c’est très mauvais, que cela uniformise les goûts et favorise une production supposée « industrielle », etc, etc. On connaît cette chanson, et, comme souvent, il y a une part de vrai là-dedans. Mais je vais aussi présenter les arguments pour une simplification d’une partie de l’offre des vins, surtout à destination de la majorité des acheteurs de vin, ceux qui n’ont ni le temps ni l’envie de lire des articles ou livres sur le sujet, et qui sont aussi ceux qui font vivre l’essentiel de la filière, ne l’oublions jamais.

Avant tout, il est très difficile pour un consommateur novice ou occasionnel, qui aime bien boire du vin mais qui ne s’y intéresse pas plus que cela, de se repérer dans la vaste et très diverse offre qui existe dans la plupart des marchés. En France cette offre dépasse très largement les capacités de compréhension de, disons, 90% des consommateurs. Dans des marchés plus ouverts à une offre bien plus variée sur le plan des origines, la situation est bien pire ! Segmenter les vins par leurs cépages, leur saveurs ou leur prix (et les trois à la fois si possible) sont des options bien plus pertinents qu’une approche par l’origine géographique, même si celle-ci fait sens en deuxième position de tri, pour ceux qui savent, ou qui recherchent un accent particulier.

Je rajouterai que c’est justement cette segmentation par variété (unique ou dominante) qui autorise une véritable exploration du résultat des lieux différents : climats, ou, si vous préférez, terroirs. Prenons l’exemple du cépage qui sera le sujet de cet article, le sauvignon blanc. Il n’offre pas les mêmes nuances à Sancerre, à Bordeaux, à Marlborough, en Styrie ou à Rueda. Ces différences, cette portefeuille d’arômes et de saveurs qui sont modulées et parfois amplifiées par les choix de chaque producteur et par les conditions de chaque millésime, confèrent une très grande diversité de styles au sauvignon blanc. Assemblée ou pas, la variété garde presque toujours un axe central, sorte de colonne vertébrale, qui est son acidité naturelle, porteur d’un train d’arômes dont la gamme spécifique traduit les origines géographiques, et parfois aussi les techniques.

Sauvignon-blanc-wine-and-grapes

Comme toujours, une seule dimension d’un vin, en l’occurrence son acidité, ne peut être un critère suffisant pour assurer sa qualité. Il lui faut aussi un ensemble de saveurs et de parfums qui lui donne sa cohérence, les uns fonctionnant en harmonie avec les autres, comme de bons partenaires de danse, chacun avec ses qualités et sa partition, mais sans être en rivalité avec l’autre. Cela m’est rappelé avec force chaque fois que je participe à ce concours singulier (par le cépage concerné) qui est le Concours Mondial de Sauvignon Blanc. Chaque jury de 6 personnes déguste, chaque matin, entre 30 à 40 vins, en deux ou trois séries. Les séries sont, dans la mesure du possible, constitués de lots qui sont homogènes : par leur provenance géographique, leur millésime, le fait d’être assemblé ou en mono-cépage, élevé en cuve ou en sous bois, etc. Les vins sont servis à l’aveugle, bien entendu, mais ces paramètres sont connus, ce qui permets de faire glisser sa perspective sur chaque série et de juger chaque vin en fonction d’un étalon réel ou imaginaire, fondé sur l’expérience. Personne ne choisit la région, le pays ou le type de vin dégusté et les membres de chaque jury sont assez diversifié sur le plan des nationalités, ainsi que sur celui de l’activité professionnelle, bien que tous travaillent dans la filière vin.

L’édition 2014 de ce concours, qui a eu lieu à Bordeaux la semaine dernière, m’a donné l’occasion de déguster des séries de vins de plusieurs pays et régions différentes, tous issus de deux millésimes, 2012 et 2013. La France, la Suisse et l’Espagne étaient le pays, et les régions françaises étaient Bordeaux, Touraine et Languedoc-Roussillon, tandis que les sauvignons suisses venaient de Genève, du Vaud, du Valais et de Neufchâtel. Tous les vins d’Espagne étaient de la DO Rueda. De l’avis unanime de notre jury (une chinoise, une française, deux français, un sud-africain et votre serviteur anglais), de loin la meilleur série étaient celle de Rueda. La grande majorité de cette série de 12 vins du millésime 2012 étaient fins mais murs, leur acidité fine si bien intégrée dans un fruité subtil, peu exubérant, mais savoureux juste comme il le faut pour stimuler le palais. L’équilibre parfait fut souvent au rendez-vous chez ces vins délicats comme des Sancerres mais arrondis comme un sauvignon de Styrie. Surtout ils échappaient parfaitement à ce que je trouve être un piège, voire un lieu commun de trop d’exemples de cette variété : des arômes et saveurs herbacés. Personne n’avait la moindre idée de leur provenance, mais on optait tous pour un climat relativement frais, un bon ensoleillement et absence de maladies cryptogamiques, et, probablement, pour un pays européen, car ils n’avaient jamais l’expressivité parfois envahissante de certaines régions de l’hémisphère sud.

Ces concours, pour les participants en tant que membres d’un jury, doivent aussi servir à cela : nous révéler des potentiels jusqu’alors ignorés par nos petites personnes, mettre en cause nos idées reçues et certitudes fragiles. Bref, nous ouvrir vers le monde toujours plus vaste et diversifié du vin. Et l’aborder par le truchement d’un seul cépage permet, justement, de comparer un peu ce qui est comparable et d’éviter de tout mélanger. Si la perspective doit changer avec chaque série, le cadre, lui reste relativement constant. Et c’est tant mieux pour le consommateur.

 

 David Cobbold

 

 


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#Carignan Story #216 : Sahonet, « avé plaisir » !

Cela ne surprendra pas les habitués de cette modeste chronique, mais comme beaucoup d’autres vins de ce cépage, le Carignan Vieilles Vignes 2012 de René Sahonet est un Côtes Catalanes. Il est né dans les Aspres, à Pollestres, presque aux portes de Perpignan, sur ces terrasses proches de l’autoroute et du TGV qui conduisent en Espagne. De ces terrasses, pour peu que l’on soit en hauteur, on devine la Grande Bleue qui baigne les rochers de Collioure tout au loin.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Et le vin dans tout ça ? On le sent d’abord épais, riche en matière, à la limite du sur-mûr, alors qu’en réalité, au fond du palais, il est frais, équilibré, bref bien dans sa peau. En plus, il s’améliore nettement au bout de sur 48 heures d’ouverture. Malgré quelques touches de rusticité, il se boit « avé plaisir », comme on dit ici.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Bon, la finale est un poil sèche, décevante et mon Carignan mériterait peut-être d’être un peu mieux considéré dans sa phase de vinification, mais ce vieux Carignan ne fait aucune honte à la région ! Si je me souviens bien, je l’ai payé 9 euros chez mon ami carignaniste de la Maison Guilhot, place des Poilus à Perpignan. Mais si vous voulez rencontrer le vigneron, son téléphone figure en bonne place sur la contre-étiquette. Allez, je vous le refile : 04 68 55 15 98.

Michel Smith


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Diviser par deux le nombre de régions françaises? Chiche!

Je suis très favorable à la réforme territoriale envisagée par M. Valls.

Diviser par deux le nombre de régions françaises? Chiche!

Et si on n’y arrive pas par la négociation, ou parce que tel président de région n’a pas envie de remettre son tablier, il faudra que le Parlement tranche (sur Mer).

CarteBalladur

Et si ça ne marche toujours pas? Alors vendons des régions!

La France a besoin d’argent. Pourquoi ne pas vendre le Nord-Pas de Calais à la Wallonie (avec le double avantage qu’en cas d’indépendance de la Flandre, elle constituerait alors une entité viable)?

Vendons aussi PACA à la Floride. Même taux de retraités élevé, même présence de bandes organisées, même culture d’entreprise. Je propose juste de garder le Vaucluse parce que quand même, vendre Châteauneuf, Gigondas et le Luberon aux Ricains, c’est non!

Vendons le Calvados au 12ème arrondissement de Paris. Fiscalement, ce sera avantageux pour les gens du Marais qui ont une villa à Deauville ou Cabourg.

Vendons la Loire Atlantique aux Atlantes, comme ça, on n’aura plus à se poser la question de la Bretagne à 4 ou 5 départements et du chef lieu de région.

Ne gardons que les régions de grands crus. Avec, éventuellement, des corridors de transit pour les assemblages.

Divisons aussi le nombre d’AOC par deux. Inspirons nous du modèle d’Air Parif. Ne seraient utilisables en année paire que les AOC dont les départements ont un numéro pair, et en année impaire que les AOC des départements à numéro impair.

Vive la France, une et fermentescible ! Liberté, égalité, buvabilité.

Hervé Lalau


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Des blancs vertigineux aux Printemps de Châteauneuf

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De 2013 à 1985, les blancs castel papaux étaient au rendez-vous et ont marqué les esprits !
Huit cuvées pour le plus grand plaisir de nos papilles, en voici les commentaires relevés en direct comme une interview sur le vif.

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Domaine du Vieux Donjon 2013

Blanc doré lumineux qui donne envie de le humer. Le nez très floral mélange les fleurs d’amandier et d’oranger, quelques épices comme le poivre blanc, des fruits comme la poire fondante.
Bouche très croquante, voire crispy, elle développe des arômes qui rappelle les fleurs et les fruits sentis, ajoute un minéral important dont le relief renforce avec le croquant la fraîcheur, une belle fraîcheur envahissante qui met en valeur le fruit.
Moitié clairette, moitié Roussanne en cuve.

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Château Jas de Bressy 2008

Robe un rien évoluée au jaune plus intense. Nez qui commence à s’ouvrir sur des confits, fruits blancs, poire et figue, bien poivrées avec une note de safran.
Bouche encore fermée, ce qui est classique pour les Chateau9 qui traversent systématiquement une phase ingrate, moment durant lequel il n’est guère souhaite de les déguster, encore moins de les boire, cela dure entre 4 et 9 ans selon les millésimes, après, c’est génial, il faut de la patience…
Mais revenons au Jas qui avoue une texture ferme qui en fin de bouche nous lâche une fragrance d’abricot sec souligné d’un trait de réglisse dont l’amertume agréable nous rafraîchit.
Moitié Grenache, moitié Roussanne, moitié en barriques, moitié en cuve béton, 9 mois d’élevage, puis gardé 1 an en bouteille avant mise en marché.

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Château de Vaudieu 2004

Joli doré très lumineux au nez subtil de bigarreau et de fleur de tilleul, un rien de verveine et du bois de réglisse, un soupçon d’écorce d’orange qui nous émeut comme le souvenir des tisanes de nos grands-mères.
Bouche pareille qui décolle sur une belle fraîcheur qui tout de go met les arômes d’agrumes en valeur, un ensemble juteux qui ne manque pas de grâce.
Assemblage de 80% de Grenache, 15% de Roussanne et 5% du rare Picardan, en barriques pendant 3 à 4 mois.

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Domaine du Grand Tinel 2002

Une belle réussite, si d’aventure on croit tous les vins de ce millésime de plus pluvieux légers et dilués, il faut savoir que nombres de raisins blancs ont été ramassés avant le déluge et pour rappel 2002 se présentait fort bien avant la première goutte.
Doré intense, il offre encore de léger reflets verts. Le nez s’épice de safran, de pamplemousse, de poivre, de thym, de citron vert, de cédrat confit.
Presque vif en bouche, il offre une impression tannique qui renforce sa structure. Sa touche saline équilibre avec grâce le confit des fruits.
Assemblage de 60% de Grenache, 20% de Clairette et 20% de Bourboulenc.

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Domaine de la Janasse 1998

Robe dorée encore verte, le nez expressif de confiture de prune, de reine-claude mélangée de figue, souligné de réglisse, ombré de poivre et petites notes délicates de vanille et de chocolat blanc.
Bouche très fluide qui marque au passage les papilles du goût délicat des fruits charnus et secs, la noisette en tête, puis viennent les jus des agrumes qui redonnent grâce à leur amertume savoureuse un regain de fraîcheur.
J’ai oublié de noter la composition de l’assemblage, malo non faite.

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Domaine Font de Michelle 1994

Jaune doré aux senteurs de grillé, de foin, de cacao, voire du beurre de cacao, un note de vanille, plus la rafraichissante mandarine.
La bouche débute amère, un beau bitter au parfum de gentiane tout de suite enrobé du jus des agrumes qui apportent une fraîcheur intense.
Assemblage de 30% Grenache, 30% de Clairette, 30% de Roussanne et 10% de Bourboulenc.

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Domaine de la Solitude 1993

Robe jaune clair étonnement jeune. Le nez délicat, très élégant, il évoque les fleurs de tilleul et d’amandier, d’oranger aussi, les prunes jaunes confites, la bergamote…
La bouche s’exprime par une très fine amertume et une fraîcheur éclatante, une saveur de noisette un rien beurrée, la fougère qui d’un coup nous fait que ce Châteauneuf "meursaulte" comme un Chardonnay de belle tenue. Quelle délicatesse, quelle légèreté, quelle présence.
Assemblage de 50% de Grenache et itou de Clairette.

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Clos du Mont Olivet 1985

D’un beau doré cuivré intense, on passe dans un autre univers. La crème brûlée nous saute au nez et nous met au parfum, nous voilà dans le monde particulier des arômes pâtissiers, poire tatin, biscuit au thé vert et à la verveine, pâte d’amande à la menthe, chocolat à la gentiane étoilé de zestes confit de cédrat, avec en fond un soupçon de truffe qui renforce la sapidité, la longueur nous accompagne longtemps, nous rappelant à chaque instant l’égrainage des notes délicates.

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Encore une belle démonstration de la longévité des blancs du Sud…

Ciao

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Marco

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