Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

#Carignan Story # 1 : Gratifiant Carignan

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Ceux qui, horrifiés, ont suivi le dramatique et ravageur parcours de la gastro du Salon des Vins d’Angers 2010 (promis, juré, c’est la dernière fois que je l’évoque) savent que je m’en suis sorti grâce au thé vert et au bouillon de légumes. Évidemment, je me suis vite trouvé dans l’obligation de dénicher un breuvage d’appoint un peu plus à la hauteur de ma position sociale – et de ma réputation – afin d’adoucir mes désagréments intestinaux et de me refaire une santé.

Figurez-vous qu’un simple Carignan a fait l’affaire et a su réchauffer mon corps ô combien meurtri.

Sa dénomination ? Vin de Pays des Coteaux du Littoral Audois (oui, oui, ça existe !). Son nom ? La Mauvaise Réputation. Son vigneron ? Alban Michel, un gars fou de Brassens au point qu’il a baptisé son domaine Les Sabots d’Hélène.

Hélène et Alban. Photo©MichelSmith

Hélène et Alban. Photo©MichelSmith

Au passage, Hélène est aussi le prénom de sa compagne, qui participe activement à la création d’étiquettes iconoclastes pour des vins qui ne le sont pas moins. Descendu de Lorraine (avec ses gros sabots) via la vallée du Rhône il y a quelques années pour s’établir enfin non loin de Perpignan dans les Corbières maritimes, le type s’est vite imposé dans le PVL.

Le Paysage Viticole Local, si vous préférez.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Son millésime 2007 donne un rouge au nez de garrigue et de fruits rouges cuits avec, en bouche, des accents de figue, de pruneau et de café. En cela, il est très Corbières. Le Carignan, l’un de mes cépages favoris soit dit au passage, ne se livre pas tout de suite. Il faut deux ou trois gorgées avant qu’il ne vous refile un gentil coup de poing (« Qu’est-ce qui te prend de me réveiller ainsi ? ») comme pour mieux vous faire prendre conscience de la force de sa chaleur (près de 15° d’alcool), de son grain, mais aussi parfois, et, c’est le cas ici même, de sa grâce.

Oui, c’est un vin baraqué mais fin, sensible. Ce Carignan-là a aussi des tannins, certes un peu secs, j’en conviens, mais qui font office de colonne vertébrale venant s’ajouter à une structure déjà bien construite basée sur l’acidité naturelle du cépage.

C’est dans ces moments-là, lorsque l’on constate, contre toute attente, que le vin n’est ni lourd ni empoté, qu’on se dit que le sieur Carignan est vraiment un cépage bien adapté au Midi. Bref, malgré sa puissance, le vin a de l’élan en plus d’un bâti solide qui va lui assurer une bonne garde, de l’ordre de 10 à 15 ans tellement il est bien vinifié. Je vide, que dis-je, je sirotte le même flacon depuis quatre jours par petites gorgées, à 14° de température, et, à chaque fois, il me réserve des surprises différentes. Et je m’auto congratule en me disant que j’ai eu raison de préconiser une petite garde à mes lecteurs quand, en son temps, je fus bien inspiré de leur recommander ce bougre de vigneron voyageur qui, comme beaucoup d’autres, a choisi de refaire sa vie dans le Midi.

Au passage, je recommande aussi cette bouteille à un restaurant éponyme découvert par hasard sur le net et qui se trouve au centre de Liège.

Pour une fois que je m’immisce dans les affaires belges…

Michel Smith

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

Une réflexion sur “#Carignan Story # 1 : Gratifiant Carignan

  1. Alban Michel est un joyeux drille, un bon compagnon de soif, peu enclin à suivre les hygiénistes de tout poil sauf pour leur mettre un bon coup de pied au cul. Ses cuvées Liberterre et Alternapif témoignent d’un certain goût pour la liberté. À Feuilla, dans ces Corbières maritimes qui narguent la frénésie du monde, il m’a fait goûter (en plus de tous ses vins) un grenache très noir mis en dame Jeanne depuis trois ans dans le jardin sous le soleil exactement. Entre un Maury et un rancio, le père grenache semblait faire sa cour à une plus petite dame Jeanne emplie de muscat (couleur miel).
    Jeudi prochain dans mon bar à vins de village, je vais faire goûter son Muscat du dimanche, histoire de prouver que le calendrier ne fait rien à l’affaire : c’est toute la semaine que ce muscat-là se croque comme un fruit bien mûr. Quant à la Mauvaise Réputation, j’aime le servir avec Brassens en fond sonore.

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