Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Afrique du Sud ou la liberté

5 Commentaires

En Afrique du Sud, où j’ai séjourné une semaine en janvier, l’apartheid a été aboli. Même au plan des cépages!

On y plante ce qu’on veut, où l’on veut.

Les aides à l’exportation y sont très faibles,  l’Etat n’y subventionne plus grand chose, la distillation de crise y est inconnue, et, par voie de conséquence, on n’y produit à peu près que les vins qu’on est sûr de pouvoir vendre.

Franschhoek

Franschhoek ou le coin où les "Français"  font à peu près ce qu’ils veulent (photo H. Lalau)

Coïncidence, en moyenne, ils sont plus que corrects. Un peu techno, pour beaucoup, mais loyaux et marchands. Pas sûr qu’à l’étranger, tous les consommateurs sachent situer Robertson par rapport à Worcester. Ici, les marques sont souvent plus fortes que les appellations. Logique: seuls une minorité de producteurs revendiquent vraiment un terroir. Mais quand ils le font, c’est souvent justifié. La pyramide de l’identité qu’on nous vante en Europe, avec les bons terroirs tout en haut, n’est souvent qu’un leurre; ici, pourtant, elle retrouve un sens.

Est-ce un hasard si ce pays a vu ses surfaces de vignoble augmenter de 20% en dix ans, et le nombre de ses caves tripler dans le même temps? Cette liberté ne leur fait donc pas peur?

Ces chiffres devraient faire réfléchir nos gouvernants et nos vignerons: nos protections, nos barrières, nos interdits nous protègent-ils vraiment ou nous handicapent-ils?

Hervé Lalau

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

5 réflexions sur “Afrique du Sud ou la liberté

  1. Hervé,

    Est-ce que c’est la liberté de planter qui est la clé de la réussite, ou les salaires des ouvriers noirs ?
    Si les vignerons français pouvaient embaucher de la main d’œuvre à 180 € par mois, les surfaces exploitées en France ne tarderaient pas exploser elles aussi ! Surtout avec une police zélée et blanche qui est gardienne de la qualité du dialogue social : http://www.lepoint.fr/monde/afrique-du-sud-nouveaux-incidents-entre-ouvriers-agricoles-grevistes-et-policiers-10-01-2013-1612181_24.php

    Au bon pays de l’humaniste Rabelais, ce n’est évidemment pas un modèle qui me fait envie !
    Et au fond d’un verre de vin sud-africain, il m’arrive parfois de trouver comme un arrière-goût d’apartheid…

  2. Les policiers ne sont plus blancs aujourd’hui.

  3. Si le libéralisme débridé était une solution, nos marchés financiers nous l’auraient prouvés. Dans toute profession il faut des règles, celles régissant la viticulture ne sont pas parfaites, mais elles protègent autant nos clients que notre métier.
    Récement toute la profession s’est battue pour le maitient du régime des droits de plantation, est-ce un aveuglement collectif ?
    Si planter n’importe quoi, n’importe où devient possible , l’étape suivante autoriser les aromes artificiels et autres procédés, on approche du cheval qui devient boeuf, des poissons et ruminants nourris aux farines animales….
    Peut être serait il utile de moderniser nos lois, de les dépoussiérer dans un contexte de concurence mondiale, mais je ne crois pas que tout autoriser rende service à nos petites exploitations .
    Daniel

  4. D’accord avec vous mais pourquoi le libéralisme devrait-il toujours être débridé? Quand aujourd’hui les Sud-africains ont le droit de planter ce qu’il veulent ou ils veulent, de faire leur apprentissage par l’erreur,ils ne font rien d’autre que ce que nous faisions nous même au 19ème siècle quand nous avons planté du carignan or du grenache espagnols dans notre Midi… Sans parler de la syrah, dont le développement en Languedoc date de 1960.
    Alors, figer l’encépagement? Pourquoi, au nom de quelle tradition?

  5. Je ne suis pas pour une "viticulture musée" Comme vous le dites nous avons déjà fait les essais / erreurs. Mais pour moi la recherche, pour s’adapter aux changements climatiques ou sur des plantes moins sensibles aux maladies, doit être conduite et encadrée par nos organismes Il faut être prudent, quand je plante une vigne c’est un pari sur les 30 à 50ans à venir ce n’est pas des céréales renouvellées chaque année . Dans la tradition il y a la confiance dans le bon sens de nos aînés qui ont sélectionné la meilleure adéquation plante/terroirs… avec les données de leur époque.

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