Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Chez Luc-Léon, à la Coume Majou

Trotski (ou Trotsky), Tolstoï, Zitrone, Daudet, Blum, Gambetta et les autres. Choisissez celui que vous voulez. Pour ma part, il n’y en a qu’un. Je vous propose donc un retour sur Léon. Fin du teasing : notre Léon à nous, celui de Belgique, est en réalité un certain Luc Charlier que nos Lecteurs commencent à connaître. Celui qui nous gratifie régulièrement de ses commentaires acerbes, tantôt drôles, tantôt savants, souvent les deux à la fois, pourrait-il en prendre ombrage ? J’espère que non. Sachez avant tout qu’il n’a rien à voir avec la firme Léonidas qui commercialise jusque dans nos rues piétonnières des chocolats que je repousse avec dédain.

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Tolstoï, un Léon parmi d’autres…

Léon. Ah mon Léon ! Un beau prénom qui fleure bon le passé, la France. Tout comme Léonie ou Léonce, il a connu quelques décennies de gloire entre 1880 et 1930. Il redevient un chouïa en vogue depuis les années 2000. Je ne vais pas tous les passer en revue, les Léon Beyer, Léon Parcé, Patrick Léon ou Cap Léon Veyrin, pour ne noter que ceux du vin, mais c’est en me remémorant un déjà vieux débat entre Jacques et Luc sur Léon Trotski ICI, débat entamé aussi sur le même site de Jacques et relancé par lui pas plus tard que dimanche dernier sous un aspect très picaresque nous ramenant jusqu’aux années hippies (VOIR ICI) ainsi que lundipuis mardi et enfin mercredi, jour historique puisque consacré pour beaucoup au trentième anniversaire de la prise du pouvoir par Tonton.

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La face cachée de Léon l’Écossais, ou The dark side of the moon…

Au lieu de la lune à Tonton, nous avions droit à celle de Léon ! Au passage, vous voyez combien il m’est facile de me laisser influencer par notre maître à tous, Jacques Berthomeau, à qui j’adresse par avance ma révérence en cette période de Festival car il reste à mes yeux un précurseur en matière de buzz en général et de buzz léonin en particulier. À lui va la Palme d’Or des blogs du vin ! Et sans demander l’autorisation de l’auteur (mystérieux) du cliché paru en dernier chez Jacques, je vous offre sans attendre la dernière provocation de Luc dit Léon.

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Léon, alias Luc Charlier, auteur de la Coume Majou…

Michel Smith


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#Carignan Story # 65 : une déjeuner avec Pep et la Cariñena du Trio Infernal

Cela se passe dans une ancienne coopérative, un bâtiment industriel fait de briques et complètement relooké. Il y a une belle boutique de vins qui informe aussi le touriste sur les promenades dans les collines du Priorat, jusque dans le Parc Naturel de la Serra de Montsant, tout en proposant les produits locaux, noisette, amande, riz, huile d’olive, miel… Et puis il y a un fameux restaurant où nous sommes attablés, André Dominé et moi, face à un drôle d’énergumène, un Catalan pur jus nommé Pep Aguilar. Face également à la cuisine très Slow Food de Toni Bru, le chef prioratino, un enfant du pays adepte de la charte "KM 0" qui veut que l’on ne cuisine qu’avec des produits proches.

Pep, le quatrième homme... Photo©MichelSmith

Pep, le quatrième homme… Photo©MichelSmith

Un brin facétieux, Pep est connu au départ comme le régisseur du Trio Infernal – rien à voir avec le film de Francis Girod – composé de Peter Fischer (Coteaux d’Aix), Jean-Michel Gerin (Côte Rôtie) et Laurent Combier (Crozes Hermitage). Ensemble, et depuis 20002, ils possèdent une dizaine d’hectares dont le tiers planté en très vieux carignans sur la commune de Torroja. En passant, jetez un oeil sur un article qu’Hervé leur avait consacré ICI. Et relisez un peu ce que j’écrivais il y a peu ICI. Mais Pepe conseille d’autres propriétés et il fait lui-même du vin (excellent) au sein d’une compagnie qu’il a fondé avec un ami associé, Patri Morillo.

Vue du village de Torroja, la vigne carignanesque du Trio Infernal au couchant... Photo©MichelSmith

Vue du village de Torroja, la vigne carignanesque du Trio Infernal au couchant… Photo©MichelSmith

Présentations faites, nous nous retrouvons donc chez  Toni Bru, le chef du Celler de l’Aspic, à Falset, gros bourg distant de 30 minutes de la ville de Tarragona et de celle de Reus. Le décor est contemporain et nous goûtons différentes huiles d’olive, l’arberqui (la plus forte), la negret et larojal, puis une succession de plats à base d’anchois ou de riz à l’instar de cette paella de riz rond illa del riu accompagné de fèves, d’artichaut et desipiones, ou supions (petits calamars) comme on dit du côté de Marseille ou de Sète.

Une partie de la production du Trio Infernal. Photo©MichelSmith

Une partie de la production du Trio Infernal. Photo©MichelSmith

L’heure est, comme toujours, à la dégustation de vins. Alors que nous sommes attablés, Pep répète pour nous celle d’hier soir où, un peu nase après un long voyage dans la Mercedes d’André, pendant que se jouait un match de foot à la télé du café du village, j’avais timidement tenté de faire connaissance avec les carignans de nos trois Français, sauf pour l’un qui est en réalité Allemand. Le tout dans un vacarme sans nom. Tous les vins étaient issus de la commune de Torroja, un village charmant au sein duquel nous étions logés. C’est important ici de le dire car, en Priorat, on classe volontiers les vins par commune ce qui me va fort bien. Petit rappel : contrairement à d’autres régions (suivez mon regard…), on accorde de ce côté des Pyrénées beaucoup d’importance et de respect au Carignan, mais aussi je dois le dire au Grenache. Tout cela je vous l’ai déjà fait comprendre me semble-t-il…

La sierra de Montsant, ou les falaises du Priorat. Photo©MichelSmith

La sierra de Montsant, ou les falaises du Priorat. Photo©MichelSmith

Voici, succinctement, mes impressions de cette mini verticale d’une cuvée baptisée « 2/3 » composée à 95 % de vieilles vignes (la plupart centenaires) de carignans sur schistes donnant 300 à 350 g par pied. Pour info, le 2007, millésime le plus récent en vente se commercialise entre 55 et 60 € la bouteille.

  • -2004 : nez un peu fermé qui finit par s’ouvrir sur des notes de fruits rouges cuits, bien fondu et chaleureux en bouche, souple et persistant avec le fruit confit qui apparaît en finale.
  • -2005 : robe d’une belle solidité, nez sur la réserve, presque fermé, c’est chaleureux au palais, généreux. On devine le schiste comme si on le croquait et la finale s’affirme sur de jolis tannins fondus. Énorme potentiel. Marche bien sur la paella, malgré l’artichaut et la fève…
  • -2006 : très joli nez fin et discret, assez minéral. La bouche est pleine, fraîche, généreuse et en même temps structurée. Elle régale. Grande longueur. J’aime !
  • -2007 : Élégance dès le nez. Finesse, fraîcheur, raffinement en bouche. C’est un régal d’équilibre. Un carignan d’école, superbe et complet du début à la fin. Sera en vente en 2012. Pas plus de 2.500 bouteilles.
  • -2008 : le nez est porté sur les épices au début, mais à la fin, c’est le minéral qui prend le dessus. Un peu plus austère en bouche, avec pas mal de fermeté et des tannins bien présents très portés sur les notes de vieux cuirs. J’aimerais le revoir d’ici cinq ans.
La colonie des chats de Torroja-del-Priorat. Photo©MichelSmith

La colonie des chats de Torroja-del-Priorat. Photo©MichelSmith

Voilà un aspect du Priorat et de son Carignan. Il y en aura d’autres que j’espère vous lirez avec attention. Non que j’ai la prétention de vous apprendre quoi que ce soit, mais simplement parce que j’ai l’espoir de vous faire voyager là-bas. Croyez-moi, c’est encore un des lieux les plus civilisés du Sud de l’Europe où l’on vous reçoit les bras ouverts pour peu que vous ayez pris la peine de vous organiser. C’est simple : on en revient avec la nostalgie du lieu. Pour vous loger en plein cœur de Falset, essayez l’Hostal Sport. Allez faire un tour chez Toni Bru et consultez CECI. D’autres adresses, bientôt.

Bon profit !

Michel Smith

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