Les 5 du Vin

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Voyage éclair au pays de la Bête

L’autre jour, j’ai pris mes jambes à mon cou pour filer droit sur la route du Massif Central (A 75) en passant par le Viaduc de Millau et en fonçant un peu trop vite puisqu’au retour je me suis pris une prune en plus d’un beau retrait de points. Faut dire que, lorsque la route est dégagée, j’y vais ! Du coup je compte bien lâcher mon petit bolide pour revenir à la 4L ou au C15, comme ça je garderais mes points. Bref, je ne sais toujours pas ce qui m’a pris d’appuyer ainsi sur le champignon. Ou plutôt si, je sais. J’avais bien profité de mon court voyage et souhaitais arriver vite pour cause de deadline, de bouclage si vous préférez…

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Le Viaduc de Millau… un peu trop vite. Photo©MichelSmith

Tout cela c’est la faute à la Cad, celle qui signe Mémé Cad, ou PiCador, EmbusCade, Cadastrophe ou encore Cad tout court dans nos commentaires ici-même ou chez Jacques Berthomeau, ainsi que sur d’autres blogs amis.

Son prénom est Sylvie, patronyme qu’elle fait suivre du nom de Cadio, rapport au titre d’une pièce de George Sand publiée en 1868 que vous pouvez lire sur cette bibliothèque numérique, Gallicia. Ne comptez pas sur moi pour vous détailler le personnage benêt de Cadio. Bien que j’adore l’écriture de Sand, je n’ai pas encore trouvé le temps de lire la pièce. Toujours est-il que Sylvie, qui aurait voulu être sculpteur, s’est attribuée ce nom… Mais à ce stade, j’en dis trop (ou pas assez) car la dame n’a peut-être pas envie que l’on parle d’elle.

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La Bête, au coeur d’Aumont-Aubrac.  Photo©MichelSmith

Avec le cuisinier Pierre Roudgé, un Gascon jadis double «macaronné» à Toulouse, Sylvie dirige le Grand Hôtel Prouhèze face à la gare d’Aumont-Aubrac, à quelques encablures de la sortie d’autoroute, sur l’ancienne N 9, aux fins fonds de la Lozère, non loin du Cantal.

Pays froid, austère et pelé que j’ai jadis fréquenté avec des hauts et des bas du temps où j’écrivais des guides touristiques avant de me laisser piquer par la vinasse fermière. Oui, c’est en goûtant les vins chez les agriculteurs que j’ai appris à trier le bon grain de l’ivraie.

Alors, pourquoi retourner dans ce pays plus connu pour son Chemin de Saint-Jacques, ses randonnées, ses forêts de myrtilles, ses fromages, ses viandes et ses charcuteries ? Pourquoi aller me perdre entre Margeride et Aubrac dans ce Gévaudan figé plus connu pour sa Bête ? D’abord par pure curiosité, l’envie de rencontrer de visu, non pas La Bête, mais des personnes cultivées. Et aussi pour y livrer «mon» Carignan que Sylvie, qui s’occupe aussi de la cave, a eu la gentillesse de me commander en même temps que quelques cuvées de l’ami Léon. Dans mon coffre de livreur improvisé, en provenance directe du pays Catalan, il y avait d’ailleurs des cartons des deux domaines, Léon ayant eu la bonté, plusieurs semaines auparavant de livrer un premier lot de Puch. Faut s’entraider, dans la vie.

Smith-ter-3575   La carte de vins de Sylvie Cadio.  Photo©MichelSmith

Vous qui naviguez peut-être dans le va et vient quasi quotidien des départs et des retours, vous qui – luxe suprême – sillonnez la France verte plutôt que les plages souillées d’huiles solaires et de mégots, je vous intime l’ordre de régler vos GPS sur la gare SNCF d’Aumont-Aubrac.

Allez-y en voiture (le plus rapide), à vélo (le plus sportif), à moins que vous ne préfériez la très pépère et menacée ligne de train au départ de Béziers qui vous déposera aux portes de l’hôtel Prouhèze. Vous profiterez de chambres que vous jugerez peut-être un peu désuètes mais qui sont confortables et calmes.

Sur place également, deux restaurants axés sur le sens généreux et complice de la cuisine. Je ne vais pas vous brosser un panégyrique de la cuisine version Roudgé, mais rester sur le vin avec, dans le registre des prix «raisonnables» essentiellement Languedoc et Roussillon, des vins judicieusement choisis par Ma Cad, comme je l’appelle désormais.

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Pierre Roudgé, cuisinier, dans son restaurant gastronomique du Prouhèze.  Photo©MichelSmith

Un Coteaux-du-Languedoc blanc 2009 pour commencer, cuvée Sainte Agnès de l’Ermitage du Pic Saint-Loup. Vif et charnu, proche de la pêche et de l’abricot, j’ai cru y déceler du viognier. Mais il n’en est rien. C’est la bonne vieille clairette (30 %), aussi décriée que le carignan, qui apporte ici une dimension particulière, cépage associé à la roussanne (50 %), au grenache blanc (15 %) et à la marsanne.

Puis un Vin de Pays du Gard rouge 2009 du Roc d’Anglade, domaine que je n’avais pas goûté depuis longtemps. Carignan surtout (40 %), puis grenache, mourvèdre, syrah à égalité, c’est un vin de régal, à la fois presque huppé mais aussi très languedocien, complet, équilibré, servi, ô miracle !, à la bonne température.

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À Malzieu-Ville, la Bête se trouve à l’entrée du bourg.  Photo©MichelSmith

Au bar, n’hésitez pas à discuter avec Cad, ne serait-ce que pour récolter de bonnes adresses locales: le village à ne pas manquer, Laurent Daudet, l’excellent boucher de Malzieu, la fromagerie locale d’Aumont-Aubrac… de quoi repartir avec un coffre rempli de victuailles.

Michel Smith


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Samedi, ça vous dit? Le soleil au domaine Pieretti

Il est parfois un peu vide, notre blog, le samedi. Ce n’est pas une raison pour y poster n’importe quoi, bien sûr.

Mais quid d’une petite photo de vignes sous le soleil? C’est que ça devient rare, ces derniers jours, en France; sauf en Corse, peut-être. Justement, c’est une photo de Corse. Et puis précisément, de l’Est du Cap Corse. C’est une des vignes de Lina Pieretti, à Santa Servera. Les pieds dans l’eau. Et la tête au soleil. Pas étonnant que les vins chantent le Sud.

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Les vignes à Santa Severa (Photo H. Lalau)

Pieretti, c’est une bonne adresse pour le Muscat, le Vermentinu Cuvée Marine et aussi pour la cuvée rouge Vieilles Vignes (cépage Elegante, un grenache indigène). Sur le temps que j’étais là, plusieurs cyclotouristes sont venus y remplir leurs sacoches. Des Allemands, apparemment. Si c’est pas un indice de qualité, ça… Quand on doit rouler avec les boutanges, dans les pentes et sous le cagnard, on n’achète pas n’importe quoi…

Un petit mot sur le Cap Corse. Si vous êtes en quête de grandes plages où lézarder, passez votre chemin. Mais si vous cherchez de jolies criques, des routes pleines de virages et des villages pleins de cette âme corse inimitable, alors vous êtes au bon endroit.

Bonnes vacances. Au fait, il paraît que le soleil revient à partir de jeudi sur la France (ça tombe bien, je pars bientôt). A Santa Severa, il n’est jamais parti.

Hervé

Domaine Pieretti:  +33 04 95 35 01 03

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