Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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The joys of good simple wines

The world in general has become so obsessed with the « ultimate » object or activity of whatever nature that straightfowardly honest produce does not seem to get much of a look in, at least in medias. Everybody wants the exceptional all the time and, in the words of JB (alias RP), wines just have to be « fruit bombs » or contains « gobfuls » of whatever is in fashion that year, or at least be « the greatest » of whatever category is concerned.

Yet if one drinks wine regularly, as I expect most readers of this blog do, we need variety in the levels of intensity and the sensations we receive from wines. No more would I want to be drinking wines that amaze me all the time than wines that make me feel that I have had an oak tisane or a dry port (ie with too much oak or alcohol). I therefore put in a plea for good « simple » wines, that just give pleasure in a straightfoward way.

During the course of this summer I have had a few of these, and indeed I visited an estate in the South-West of France that produces a range of them. This domain lies in the Duras appellation, which borders on the eastern extremity of Bordeaux’s Entre-Deux-Mers region. The area is very attractively hilly, alternating woodlands and various crops which include tha occasional vineyard. It is Aquitaine but it could be Gascony, and we are far from the oceans of vines that banalise some wine regions. Wine production just seems to be a normal part of everyday life, no more and no less.

Dame-Bertrande

The estate that I visited, which is modest (13 hectares with another 5 just planted) is called La Petite Bertrande, but the wines are now under the label Dame Bertrande. I suppose we all age after all, and this lady seems to be no exception. Maybe also her production has come of age?

The property was bought in 1995 by Alain Tingaud, who works in the field of « high-tech » and is also a rugby connnoisseur, fan and President of the Agen rugby club. After experimenting with various ways of managing a wine estate, he confided the running of estate to his son Brice in 2009, and this seems to have transformed the quality of the wines, with a clear direction towards less intervention and a purer style in all the wines that I tasted.

 A---B-Tingaud

Tingaud, fils et père (rugby fans, at least French ones, will note that Alain seems to be wearing the colours of my favourite club, the Stade Français!)

The production at Petite Bertrande, from « Bordeaux » varieties, combine dry and sweet whites, reds and a very interesting rosé. These are all wines which retail at very reasonable price levels, all of which are below 10 euros (apart from the odd older vintage), and most of them around 5 to 7 euros. They are all crisp and clean, with very moderate use of oak in some cases (and none at all in others) and a deliciously light balance. I loved the deeply-hued rosé called La Source Oubliée, as it is slightly tannic and perfectly dry, making it the ideal match for barbecued food and drinkable all through the year: in fact the antithesis of all those wishy-washy rosés that tend to flood the market, particularly from Provence.

Other wines in the range show the traces of work in progress and I expect them to get better and better over the coming years as Brice, who has no formal training in wine, finds his marks. He struck me as attentive and sensitive and has made the decision (this will please Michel Smith) to go organic on the whole estate. Walking around the vineyards I was impressed to see how many dense hedgerows separated the plots and how full of birds they were.

The wines are now attractively named with place names from the estate that manage to link somehow to the nature of the wine. The white is called Le Chemin Blanc; one of the reds is called Les Cerisiers and another Les Pruniers, reflecting also a difference in depth of flavours between them. These are wines that can be drunk easily and with pleasure without over-intellectualising about their content. They do not contain any « blockbusters ». No doubt some of them will gain in complexity as Brice Tingaud finds his marks, but I for one hope that some of them keep their simply good and accessible style for a long time.

For those interested, here is a link to their web site

Domaine de Dame Bertrande – Vignoble des Côtes de Duras

David


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Tabernak ! Mais pourquoi je fais ce métier à la con ?

Mon fils, l’autre soir, m’a fait comprendre, à sa manière habituelle, aussi franche que directe, que j’étais un Con avec un « C » majuscule. Rien de nouveau, me direz-vous, d’autant que ce n’est pas la première fois qu’un fils s’en prend ainsi à son père. Pour ma part, je suis comblé : ce peut-être la dixième fois qu’il me le dit et au moins la centième qu’il le pense ! Mais n’entrons pas dans la vie privée des gens, ce n’est pas correct d’une part et ce n’est surtout pas le lieu ! Et puis, il paraît que l’on est toujours le con de quelqu’un… «… et tant pis pour lui ! », ajoutait Jean Yanne.

Allez voir ICI toutes les citations qu’évoque le mot con, et vous serez à coup sûr guéri de votre curiosité. J’en ajoute une dernière, de Pierre Desproges, un de mes maîtres à penser : « Mieux vaut fermer sa gueule et passer pour un con que l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet ». C’est à peu de choses près ce que j’ai fait confronté à l’outrecuidance de mon fils, un certain Victor, avant de le serrer fort dans mes bras.

Georges Brassens et le Roi des Cons

Quelque peu sonné par ce conflit de génération, j’en avais gros sur la patate et, pensant me faire du bien, je me suis mis à lire sur la Toile les écrits de certains journalistes du vin et les commentaires qui vont généralement de pair. Patatras ! Il arrive que ces derniers, les Lecteurs, mes chers et adorés Lecteurs (vous êtes si rares à me lire que je vous aime), nous prennent pour des Cons, avec une fois de plus un « C » majuscule. Qu’ils nous critiquent, moi j’veux bien. Mais qu’ils nous donnent des leçons, ça non ! Voilà pourquoi, alors que le journaleux pisse copie que je suis, bien entendu vendu au négoce, aux agences de RP, acquis comme chacun sait à la cause des vins trafiqués et, de surcroît, industriels, ne parlant forcément que des mêmes vins copains déjà archi-connus, celui qui, figurez-vous, serait bien mieux allongé sur une plage de retraités culs nus à se regarder tourner les orteils au lieu de nous bassiner avec ses pénibles descriptions de vins encensés, voilà pourquoi moi, petit personnage insignifiant noyé dans la nébuleuse des « blogueuseries » parfois nauséabondes, voilà pourquoi j’ai décidé de répondre à ces critiques de critiques (que je ne suis pas) et, ce faisant, d’y répondre en vrac et sans gants.

Affiche du Willi's Wine Bar à Paris.

  •    Je fais ce métier à la con (de journaliste à la con) parce que j’aime la vérité, la liberté et que je méprise les tartufferies en tout genre.
  •    Je fais ce métier non pas pour être objectif, mais pour revendiquer une part de subjectivité, ma part bien sûr, la plus noble.
  •    Je me suis spécialisé dans les bonnes choses de la vie parce que j’aime la France, ses paysages et ses régions ; l’Europe et ses diversités ; le Monde et ses sortilèges. Parce que j’aime voyager, rencontrer, découvrir, causer, palper, goûter, sentir…
  •   Je me suis installé peu à peu dans le vin parce que j’aime les hommes et les femmes de ce milieu. Parce que je suis sous le charme des histoires qu’ils me racontent ; parce que j’admire leurs audaces, que je partage leurs instants de courage, leurs moments de découragements aussi, leurs prises de risque, leurs tempéraments, leurs velléités d’indépendance, leurs esprits bagarreurs ou pour le moins frondeurs. J’envie leurs coups de gueule, leurs moments d’humilité, les rapports étroits qu’ils entretiennent avec la nature. Un vin, c’est un homme dans un lieu avec une plante pour trait d’union et la nature pour témoin. C’est le résultat d’un combat, l’histoire d’une succession de vies.
  •    Je ne me vois pas en « critique du vin », mais me sens plus impliqué dans un rôle de journaliste arpenteur, guide et découvreur. J’écris pour faire plaisir, non pour décevoir.
  •    Je constate que j’aime sincèrement le vin. Je le goûte, certes, mais je le bois aussi volontiers et surtout sans « modération » aucune. Modérer son plaisir, c’est mourir d’ennui à petit feu.
  •   Je fais mon métier parce qu’il est enivrant et que j’ai la prétention d’aider les jeunes – et les moins jeunes – à s’en sortir. Je le fais aussi pour gagner un peu d’argent, me payer des vacances et m’offrir un restaurant de temps à autre. Je le fais modestement, à ma manière, sans pression, sans en tirer gloire, sans chercher médailles et récompenses. Une façon pour moi, peut-être, de me venger d’avoir toujours été parmi les derniers de la classe.
  •    Je goûte le vin professionnellement pour y trouver de l’amitié, de la chaleur humaine, de la matière, de la terre, de la sincérité, de la simplicité, de l’âme. Les vins qui réunissent ces qualités sont les seuls qui méritent les éloges.
  •   Je fais ce métier sachant qu’un article sur dix, au mieux, atteindra son but et déclenchera un soupçon d’intérêt de la part des Lecteurs. C’est ma plus grande joie que de sentir que j’ai pu faire mouche et convaincre au moins une personne qu’il serait bon d’essayer tel ou tel vin au point d’aller l’acheter.
  •    Je fais ce métier parce que j’aime croire que certains Lecteurs que je côtoie par la pensée vont suivre mes conseils et découvrir d’autres horizons que ceux dictés par les ayatollahs de la pensée. Peut-être est-ce prétentieux, mais au moins c’est sincère.
  •    Je fais ce métier parce qu’il faut boire, manger et vivre, tout simplement.

images

Voilà, c’est dit. Maintenant, faîtes de tout ce salmigondis ce que bon vous semble. Tirez-en les conclusions que vous voudrez, hâtives ou pas. Cela ne m’empêchera pas de trinquer à ma pomme et à tous les autres Cons de cette terre. Et Dieu sait qu’il y en a… Lui, en premier !

Michel Smith

PS- Pur hasard, hier encore, mon camarade Hervé évoquait à sa manière et dans ce même blog un sujet qui sonnait juste, article que je vous invite ICI à lire avec son cortège de réactions, dont la mienne. 


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Chiche que je publie la liste des derniers vins que j’ai dégustés et que je ne vous recommande pas!

Denis Boireau, un lecteur de ce blog (et du mien) me lance une sorte de défi: publier la liste de vins dégustés récemment mais que je ne recommande pas.

Il semble penser que cela nous rapprocherait, nos autres journaleux un tantinet trop élitistes à son goût, du grand public des buveurs anonymes. Que ce serait un gain de temps. Un engagement. Bref, que ça serait utile pour les consommateurs.

J’ai mes doutes, mais je dis « chiche » et je m’exécute.

Adega de Borba Alentejo Premium 2006

Marcolino Sêbo Garafeira Alentejo 2003

Cave de Saint Sardos Cuvée Tradition 2006

Cahors Clos La Coutale 2009

Domaine Cordoliani Perle Noire (VT, Corse) 2010

Miguel Torres Chile Las Mulas Cabernet Sauvignon Rosado 2010

Je précise que j’ai acheté deux de ces vins (La Coutale et Saint Sardos), car contrairement à ce que semble penser M. Boireau, le journaliste vineux ne commente pas que les échantillons qu’il reçoit.

Explication de texte

Par ailleurs, je ne peux pas m’empêcher de souligner l’injustice qu’il y aurait à publier de telles listes hors contexte. Je prends le cas de Cordoliani: sa même cuvée, mais en 2009, m’a enchanté! Idem pour d’autres cuvées de Miguel Torres Chile dégustées le même jour que le Cabernet Sauvignon Rosé.

Et en ce qui concre le Clos La Coutale, je précise qu’il ne s’agit pas d’un mauvais vin, mais qu’il est juste un peu trop facile et souple à mon goût, surtout au regard du passé de ce domaine de Cahors…

Vous voyez, ça fait pas mal de bémols.

Je ne pense donc pas renouveller ce test. Je réfléchis à la possibilité de publier la liste des « autres vins dégustés » lors de dégustations complètes, mais je ne vois pas comment ni pourquoi le faire lorsqu’il s’agit d’un vin dégusté seul, sans possibilité de comparaison avec les autres produits du même producteur.

Et maintenant, amis lecteurs, j’attends vos… commentaires.

Hervé Lalau


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There’s more to life than sauvignon blanc!

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Alice Feiring: « naked wine »

Another plea for grape diversity.

Early yesterday morning I received a review copy of Alice Feiring’s « naked wine » (Da Capo –£15.99), which will be published in the UK on 15th September. I look forward to reading it over the next few days. I suspect that like Alice’s previous book: The Battle for Wine and Love: Or How I Saved the World from Parkerization it will be both a stimulating and infuriating read. Alice has strong opinions and is a great supporter and defender of ‘natural wine’.

Although I haven’t had time to do more than glance quickly at « naked wine » I did turn up a quote from Thierry Puzzelat in a chapter that covers Nicolas Joly and the Renaissance tastings.

‘What gets the Renaissance, as well as the other alternative tasting groups, in a snit is the seeming stupidity of the French Appellation system and the European Union. The bureaucracies there are working overtime to make terroir irrelevant while pushing winemakers into more commercial winemaking so that the winemakers will be more “competitive”. Often the purest examples of place are not awarded appellation status, because they don’t taste “right”.

For example, Thierry Puzelat, the fine producer from the Loire, explained with resignation that some of the grapes he works with and made his reputation – his Pineau d’Aunis and Menu Pineau and Chenin – will be sold only as Vin de Table by 2016: “After 2016, the only whites allowed where I work will be Sauvignon, and, for the reds, Gamay, Cabernet Franc, and Côt. Our special varieties, which made our region unique, will be forbidden. In fact, the Touraine authorities want to make all of the Sauvignon Banc into something like people expect Sancerre to taste like, so it’s easier for the consumer to understand. They employed New Zealand oenologist Sam Harrop to explain to the winemakers what they should produce for the international market – only the aromatic Sauvignon.”

While I think Thierry is a little harsh on Sam Harrop, he and Alice are absolutely right about the ludicrous and very foolish measure to make Sauvignon Blanc the only permitted white variety in AC Touraine.

ThierryPuzelat
Thierry Puzelat

I’m working my way through 11 bottles of the 2010 Loire Sauvignon Blanc Ambassadors sent to me taste. These are a sample of the 28 Loire 2010 Sauvignon given ambassadorial status. The wines are competently made and are pleasant drinking enough drinking. But they fail to make a case for banning local Touraine varieties like Menu Pineau or Sauvignon Rose/Sauvignon Gris.

There was a time when the so-called international varieties were all the rage but that has changed as people look for something different and as growers have realised that while a variety may be internationally known but that doesn’t mean they are adapted to a particular locality’s climatic conditions.

Plant Chardonnay in southern Italy or Sicily and it ripens by the end of July. Weeks before the local varieties, which are adapted to the hot climate, have a normal hang-time and have flavour and interest when they are picked in September.

Jim


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DOCC Montalcino

A une écrasante majorité, les membres de l’Association des Producteurs de Montalcino réunis en assemblée le 7 septembre dernier ont repoussé le dernier projet de « leur » Consorzio.  Ce projet  déposé en urgence et en pleine période de vendanges, prévoyait d’instituer deux nouvelles catégories de Rosso de Montalcino (Superiore et Sangiovese), avec toujours l’obligation des 100% sangiovese, mais d’ouvrir dans le même temps le Rosso di Montalcino « simple » à d’autres cépages, à concurrence de 15%. Bref, de faire ce que permet déjà la DOC Sant’Antimo, qui possède la même aire d’appellation. Mais pas la même force commerciale, apparemment.

Les supporters du projet entendaient « répondre à la demande des marchés », notamment des marchés allemands et américains, où selon eux, on préfèrerait des Rosso di Montalcino plus souples, moins durs.

Leurs collègues ne l’ont pas entendu de cette oreille.

A Ezio Rivella, le bouillant président du Consorzio, qui doit être bien déçu, lui qui souhaite également assouplir les règles du Brunello de Montalcino, je propose une solution pour passer outre l’opposition de sa base vigneronne décidément rétive au changement: il suffirait d’élargir son corps électoral en acceptant  dans l’Association des membres étrangers, notamment allemands ou américains, et surtout des gros importateurs pas trop regardants sur le contenu des bouteilles. Au passage, on pourrait aussi adapter la mention DOCG.

Car apparemment, il ne s’agit plus de garantir une origine, mais un débouché. Je propose donc la création d’une DOCC: la Dénomination d’Origine à Caractère Commercial.

Hervé

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