Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


Poster un commentaire

Faut pas pousser le bouchon trop loin !

Notre invitée polonaise, Agnieszka Kumor, revient cette semaine nous parler des ses expériences avec les aléas dus aux méthodes de bouchage des bouteilles de vin. Elle n’est pas la seule à souffrir dans sa chair et son esprit des "absences " de certains flacons, causés par le liège et ses incapacités à bien conserver les vin d’une manière fiable.

Cela vous est-il déjà arrivé : préparer deux bouteilles du même vin, car le nombre d’invités dépasse les capacités d’un seul flacon, et découvrir que le deuxième n’est pas vraiment à la hauteur du premier ? La dernière fois que j’ai éprouvé ce méchant sentiment c’était il y a quelques années de ça. J’ai réuni mes amis chez moi. Et pour accompagner le rôti de veau mariné et mijoté dans le vin, j’ai sorti deux flacons de La Vigna di Fontalle Machiavelli Riserva Chianti Classico 1998. Ils étaient tous les deux délicieux… mais différents.

Était-ce notre humeur, ou le déroulé de notre conversation, ou autre diable, que sais-je ? Le vin se goûtait différemment. Comme les deux premiers ingrédients de notre rencontre sont restés dans les annales, j’ai décidé d’inculper le troisième : le bouchon. Non, non, le vin n’était pas du tout ravagé par cet indigne invité surprise, le goût de bouchon, mais il était obturé par un liège. Et si les bouteilles étaient bouchées avec une capsule à vis, le vin serait-il différent, les deux flacons auraient-ils la même saveur ?

1.-Voici-la-bete.-Photo-Stelvin

Voici la bête (photo Stelvin)

Comparons ce qui est comparable

L’occasion m’a été donnée de me pencher sur le sujet lors d’une dégustation comparative entre les vins obturés par la capsule à vis et le bouchon. L’organisateur de cette soirée, le producteur de capsules à vis Stelvin du groupe Amcor, a demandé à deux de ses clients de fournir les vins bouchés par ces deux procédés. Les vins dégustés (bouteille et col cachés par une chaussette) : Nuit Saint Georges 1er Cru Cuvée Les Terres Blanches 2005 et 2007 du Domaine Michèle et Patrice Rion, et Château Vieux Larmande Grand cru classé Saint Emilion 2003, de la famille Magnaudeix. D’autres producteurs se sont laissés prendre au jeu, en fournissant les vins capsulés. Vous les découvrirez plus loin, avec les notes de dégustation.

Vis in progress

Depuis les années 60, où elle a été inventée par les Français pour le marché suisse, la capsule à vis ne cesse de croître de par le monde. Sa production mondiale est de 4 milliards aujourd’hui, face à 18 milliards de bouchons liège. La référence parmi les zones d’utilisation de bouchage à vis reste l’Océanie (l’Australie et la Nouvelle-Zélande, où 78% des vins sont obturés de cette façon). Viennent ensuite l’Afrique du Sud (39%), l’Amérique du Nord (28%) et les pays scandinaves (20%). Malgré sa réticence, l’Europe du Sud s’ouvre de plus en plus à ce type de bouchage, de 7% elle devrait passer à 17%, d’ici 2015. Les raisons du succès sont multiples, mais un seul obstacle reste tenace : la résistance du consommateur. Car depuis sa naissance, même les sommeliers et les œnologues ont été conquis !

Selon le sondage IPSOS, organisé en avril 2010, dans le cadre de l’Express®, l’enquête commandée par les professionnels du liège, près de neuf Français sur dix préfèrent le bouchon liège à tout autre mode de bouchage. Quelles sont les raisons de cette préférence ? Le liège serait un vecteur d’un savoir-faire traditionnel, il préserverait les arômes du vin et permettrait de conserver le vin plus longtemps, il serait aussi un signe de qualité pour un vin, et enfin, aurait un faible impact sur l’environnement. Il est difficile d’arguer sur ce que le mot « tradition » représente pour certains. Quant à d’autres arguments : ni la qualité, ni la préservation des arômes, ni le vieillissement ne sont l’apanage du liège.

2.-C-est-le-tour-de-main-.-Photo-Stelvin

C’est le tour de main… (photo Stelvin)

Le vin du vigneron

Voici les constatations apportées par l’Institut Français de la Vigne et du Vin quant aux avantages de la capsule à vis : l’absence de goût de bouchon et ou de déviances organoleptiques liées à l’obturateur, une qualité constante d’une bouteille à l’autre (sic !), un bouchage hermétique sans bouteilles « couleuses » et une meilleure protection des arômes par une diminution des échanges gazeux. J’y ajouterai un autre point : grâce aux joints utilisés, on obtient une diminution des doses de SO2, le bouchage à vis étant quasi-systématiquement associé à un tirage des vins sous gaz inerte (N2). D’un point de vue pratique, il n’y a pas d’obligation de stocker les bouteilles couchées, et enfin, le dévissage/rebouchage n’incite pas à la consommation de la bouteille entière tant son utilisation par le consommateur est facile. Deux types de joints chez Stelvin assurent une perméabilité de la capsule : dans le cas de joint saran film étain (couvert de film métallique) elle est de 0 – 20 cm2/m2 et par 24h, et dans le cas de joint saranex elle est de 20-30 cm2/m2 et par 24h. Et quant à l’écologie ? Oui, la production de l’aluminium demande beaucoup d’énergie, mais il est ensuite recyclable à l’infini.

3.--.-qui-compte.-Photo-Stelvin… qui compte (photo Stelvin)

Mon royaume pour une vis !

Cette dégustation, ainsi que d’autres menées ce dernier temps, m’ont donné quelques pistes de réflexion. Sans aucun doute la capsule à vis assure le respect de la qualité et du caractère du vin. Le travail du vigneron est transmis dans la forme qu’il a donnée à son produit. La régularité du vin n’est pas un vilain mot, quand on sait que 5 à 7% de vins sont bouchonnés. On imagine mal un tel taux d’erreur dans une chaîne de production automobile ! Gare à la réduction dans le cas de la capsule, mais le procédé de l’inertage s’en charge. « Une goutte d’azote liquide au-dessus du vin suffit pour chasser l’air du col de la bouteille », m’expliquait un jour Jean-Christophe Bourgeois. Le maître de chai du domaine Henri Bourgeois à Sancerre envisage d’ailleurs un double inertage avec une autre goutte mise dans la capsule. Et quant aux résultats d’analyses de qualité et de goût menées pour ce producteur dans un laboratoire à Bordeaux, ils seront connus très bientôt.

4.-Et-voila-le-travail---Photo-Stelvin

Et voilà le travail ! (photo Stelvin)

Le coût unitaire de la capsule à vis est égal à celui du bouchon de liège de bonne qualité, près de 0,35€ TTC (sachant que certains bouchons liège peuvent dépasser 1 euro la pièce: ndlr). C‘est évident qu’il faut de l’équipement, donc de l’investissement. La maîtrise technique du processus et l’hygiène digne d’une salle d’opération sont exigées. Le point faible de la capsule ? Sa fragilité face aux chocs. Si les différents marchés, notamment anglo-saxons et nordique ont adopté la capsule à vis avec bonheur, le marché français résiste encore. Lors de sa dernière visite au Royaume-Uni, le 20 juin dernier, Florence Ducros, responsable de la zone export des Vignobles André Lurton, a déclaré que Château La Louvière et Château de Rochemorin qui capsulent depuis 2003 20% de leur production en blancs, allait baisser ce ratio de moitié, car les vins bouchés se vendait plus aisément ! « Cela n’a rien à voir avec la capacité de vieillissement », a estimé Florence Ducros. « Si nous pouvions capsuler tous nos vins blancs, nous le ferions », a-t-elle ajouté. Sans aucun doute la progression de la capsule à vis est freinée par la grande distribution française et les préjugés des consommateurs. ¡E viva evolución !

5.-Vis-ou-bouchon--telle-est-la-question.-Photo-Stelvin

Vis ou bouchon ? Voilà la question (photo Stelvin)

Mes notes de la dégustation organisée par Stelvin :

Nuits-St-Georges 1er Cru Les Terres Blanches 2005 80% chardonnay, 20% pinot blanc (30€)

(échantillon A) : ouvert, aromatique (compote de pomme), belle acidité, amplitude, précision, fraîcheur (vis)

(échantillon B) : plus fermé, fruité/végétal (pommes blettes), traces de sucrosité, gras, persistant, léger amertume au finish (liège)

Nuits-St-Georges 1er Cru Les Terres Blanches 2007 (30€)

(échantillon A) : explosif, notes de fenouil, d’asperges, complexe, gourmand, texture musclée (vis)

(échantillon B) : droit et frais, texture lisse, haute acidité , belle longueur (liège)
Château Vieux Larmande Grand cru classé Saint Emilion 2003 75% merlot, 25% cabernet franc (16€)

(échantillon A) : robe pourpre, bord brique (sous entend un vin plus évolué), nez viandeux, puis aromatique, précis, fruité, notes sucrées, tanins puissants. On coucherait avec ! (vis)

(échantillon B) : robe foncée, bord violet, nez confituré, suavité, longueur, notes amères en finale (airelles), belle acidité, texture grasse, soyeuse. On parlerait avec, d’abord (liège). Même fraîcheur dans les deux échantillons.
Dégustation libre, bouteilles fermées par capsule à vis :
Domaine Albert Mann Muscat 2011 : nez « muscaté », intense, bouche légère, notes amères.

Domaine Albert Mann Riesling 2011 Cuvée Albert : nez beurré, fruité (kiwi), bel équilibre fruité/acidité, trop de sucre résiduel.

Domaine Matrot Meursault 2008 : profond, aérien, fruité, complexe, s’ouvrant sur le palais en queue de paon, texture lisse, haute acidité. D’une beauté !

Henri Bourgeois Sancerre Grande Réserve 2011 : floral, enivrant, notes de tilleul, gras, délicat, long, végétal au finish. Pure merveille !

Domaine Montrose Vin de Pays d’Oc Rosé 2011 : notes de groseilles, suave, long, légèrement tannique.

Les Fumées Blanches Côtes de Gascogne 2011 (François Lurton) : agrumes, belle expression du sauvignon, parfaite harmonie entre le nez et la bouche, simple, séduisant, persistant.

Agnieszka Kumor

Ecrit pour http://www.vinisfera.pl


3 Commentaires

Projet bouchage: le Jugement de Sancerre

Ma récente visite à Sancerre m’a donné la possibilité d’aller un peu plus loin dans mon"Projet Bouchage" - ma tentative de comprendre les effets du bouchon de liège et de la capsule à vis sur les vins.

Parce que nous rabattre les oreilles avec la tradition ou les prétendues préférences des consommateurs (à qui de toute façon, on ne donne pas le choix, aujourd’hui), c’est parler dans le vide. Il faut déguster, juger dans le verre.

Clos-Henri-SB-11

Oui, le Clos Henri est capsulé – comme 80% des vins néo-zélandais!

A ma demande, Benoît Roumet, le dynamique directeur de l’Interpro des Vins du Centre-Loire, avait fait appel à ses producteurs pour qu’ils nous fournissent quelques vins embouteillés avec bouchon de liège et avec capsule – même vin, même millésime, aux fins de comparaison.

Quatre producteurs – et pas des moindres – ont répondu"présent". Trois collègues journalistes, aussi. Vous en connaissez deux: Agniezska Kumor, notre invitée polonaise, et David Cobbold. Le troisième est Suédois, il s’agit de Per Karlsson (de BKWine Magazine et Blog, http://www.bkwine.com).

Benoît Roumet, lui, a joué les sommeliers pour nous. Afin d’éviter toute influence, il nous a servi les verres à l’aveugle, vin par vin, deux par deux, en alternant capsule et liège, sans que nous puissions savoir de quelle bouteille ils provenaient.

La dégustation a eu lieu dans le cadre bucolique des jardins du Château de Sancerre.

L1050977

Les jardins du Château (photo H. Lalau)

Vous trouverez ci-dessous mes notes (je précise qu’elle ont été prises avant que le type de bouchage en soit révélé, mes confrères peuvent en témoigner).

Franck Millet Sancerre 2011

1 Bouchon de liège

Citron, tropical, rond, acidité fondue, long, assagi, plus ouvert

2 Capsule

Citron, maracuja au nez, belle amertume, un tout petit peu plus de fraîcheur; la différence est assez subtile.

Joseph Mellot Pouilly Fumé 2011

1 Capsule

Joli nez tropical, belle acidité; ample et long en bouche; finale sur des notes de poire.

2 Bouchon de liège

Poire, tilleul, camomille, ample, souple mais moins long, moins vif aussi.
Sancerre "Les Baronnes", Maison Bourgeois 2011

1 Capsule (et inertage)

Citron, assez exubérant, tropical, le fruit revient bien pêche blanche franc et tranchant protestant

2 Bouchon de liège

Moins de fruit, plus mou, agrume mais plus enveloppé cédrat pêche, "plus décadent", dit David; légère amertume finale.

Clos Henri 2008, Maison Bourgeois, New Zealand

1 Bouchon de liège

Acacia, tropical, très sympa, rondeur derrière le fruit; belle acidité.

2 Capsule

Agrumes et tropical, complexe, fruit très net; plus de précision

Clos Henri Rouge 2008 (New Zealand)

1 Capsule

Poivré, viandeux, fenouil; chaleureux, évolué (oxydé?).

2 Bouchon de liège

Fraise écrasée, cerise; en bouche, poivre, notes de cannelle et de fumé. Beau vin.

En résumé

A la fin de la dégustation de chaque doublette, nous avons essayé d’identifier le bouchon et la capsule.Ce n’était pas toujours évident. Notamment pour les deux premiers blancs.

Personnellement, j’y suis parvenu 3 fois sur 4 – les vins sous capsules présentaient systématiquement plus de fraîcheur, plus de peps, plus de précision. Mais je me suis trompé sur le rouge. Curieusement, sur ce pinot, le vin sous capsule me semblait le plus fatigué, presque usé.

Identifier, cela ne veut pas dire pour autant préférer. A l’exception du rouge, David et moi avons préféré les vins capsulés pour leur pureté, tandis que Per, lui, préférait systématiquement les vins bouchés liège, pour leur côté plus ouvert aujourd’hui.

Agnieszka se situait entre les deux. Voici sa propre conclusion, qu’elle a eu la gentillesse de me transmettre (c’est vrai que c’est une gentille fille): "Le vin obturé avec une capsule à vis est précis, vif, il garde mieux le fruit, les arômes sont immédiats et purs. Le vin obturé avec un bouchon est rond, souvent discret au nez, développe plus de complexité en bouche, garde mieux l’acidité. Il est intelligent, comme le font les producteurs qui ont fourni les vins à la dégustation, de pratiquer les deux modes d’obturation selon le marché auquel le vin est destiné. Le consommateur choisira le vin qui lui convient selon son goût personnel et les mets qu’il veut accompagner. Le problème avec le bouchon comme mode d’obturation c’est sa fragilité, sa variabilité, donc le risque trop élevé de vin bouchonné (5-7%)."

Dans le cas de la dégustation de notre Jugement de Sancerre (Hullo, Steven!) observons qu’aucun des vins ne présentait de défaut.

Ces conclusions sont assez semblables à celles que j’avais pu tirer de la comparaison effectuée sur le Grand Cru Schoenenbourg de Dopff au Moulin.

Elles n’ont rien de définitif – il nous faudra encore bien des dégustations pour émettre un avis qui fasse autorité. Elles permettent cependant déjà de répondre à "l’argument qui tue": non, il n’y a pas une supériorité avérée, systématique, consubstantielle du bouchage liège.

raisin vert 05421

Hervé

PS. Si vous êtes producteur, et que vous menez vous-même des tests comparables, n’hésitez pas à me contacter pour que nous puissions partager nos expériences.

 


Poster un commentaire

The Kingdom of Sauvignon Blanc: un livre remarquable et un travail d’amour

Le dernier livre de Jacqueline Friedrich s’intitule «Earthly Delights from The Garden of France / Wines of the Loire Volume 1 / The Kingdom of Sauvignon Blanc». Je sais, c’est un peu long pour un titre, et peut-être aussi un peu « too much », mais il décrit exactement de quoi il s’agit. J’ai fait une rapide allusion à cet ouvrage dans mon article de la semaine passée, mais ce travail est si impressionnant et si bien fait qu’il mérite bien un détour, voir un déplacement sur mesure, comme dirait le guide pneumatique.

Jacqueline Friedrich est américaine et vit en France, entre Paris et le Val de Loire. Un de ses livres précédents, «A Wine & Food Guide to the Loire», publié en 1996, fut inondé de prix. Il m’a souvent servi de guide dans la région. Mais, comme elle dit elle-même, «La région de la Loire a vécu des modifications si drastiques que j’ai estimé que si je voulais rendre justice à la qualité améliorée des vins, parler en détail de tous les jeunes producteurs dynamiques, et expliquer la prise de conscience croissante de l’importance de l’écologie dans chacune de ses multiples appellations, il me fallait bien écrire trois tomes…». Ne trouvant pas d’éditeur pour la suivre, et bien qu’une version réduite de l’ensemble soit en cours pour The University of California Press, elle a opté, courageusement, pour un système d’auto-édition via le site Lulu (voir lien en fin d’article).

product_thumbnail

Elle a commencé sa tâche dantesque par la région du Centre-Loire, qu’elle définit, assez justement, comme «le Royaume du Sauvignon Blanc». Ce livre contient 258 pages, index inclus. Son format est original, presque aussi large que haut, et sa couverture souple. Le bouquin tient donc ouvert facilement, détail appréciable par un lecteur qui fait autre chose en même temps et qui n’aime pas perdre sa page! La typographie est élégante et le livre, bien que dense du point de vue du texte, semble aéré dans sa mise en page, bien que les illustrations, pour une raison évidente de coûts, soient réduites à l’essentiel, c’est à dire à des cartes et à des schémas illustrant la topo-géologie des zones viticoles. Cette sobriété me plaît beaucoup.

Le livre s’ordonne en neuf chapitres, dont le premier forme une introduction à la région du Centre Loire dans son ensemble, plus un mode d’emploi et un résumé des millésimes entre 2002 et 2010. Chacun des huit restants est consacré à une appellation ou sous-région, comme suit : Sancerre, Pouilly-Fumé /Pouilly-sur-Loire, Menetou-Salon, Quincy, Reuilly, Coteaux du Giennois, Châteaumeillant, vins du Nivernais (Coteaux Charitois et Coteaux du Tannay). Des appendices traitent de gastronomie, d’un glossaire, et du tourisme, ainsi qu’une bibliographie et un index de producteurs. A propos de la bibiographie, un des titres listés (il doit s’agir d’un article) m’intrigue : « Lack of sex among grapes tangles a family vine ». Chaque chapitre s’ouvre avec une fiche d’identité factuelle de l’appellation en question, suivie d’une introduction, puis d’une liste de producteurs recommandés. Ces producteurs et leurs vins sont décrits et étiquettés selon un classement en 6 catégories (outstanding, excellent, to follow, highly recommended, recommended, by the glass). Bon, cela en fait peut-être deux catégories de trop pour moi, mais c’est intéressant et assez subtil.

Jacqueline Friedrich écrit avec finesse et clarté. Ce livre est un pur bonheur pour un lecteur un peu versé dans la langue anglaise (qui n’est pas celle de Shakespeare, non pas parce que Jacqueline est américaine, mais parce que la langue de Shakespeare nous serait presque incompréhensible aujourd’hui !). Ses descriptions des producteurs mêlent adroitement anecdote, histoire familiale et descriptions de vins aussi précises que concises. Qu’on soit totalement d’accord avec ses jugements ou pas est hors du propos ; on ne peut qu’adhérer à sa démarche, à sa persévérance, à son style et à son amour pour son sujet.

Voici deux perles «….a red that you could really cozy up to…» ; ou, à propos d’un vin du regretté Didier Dagueneau «The problem is that the wine is so damned good that, although I had been expected to drink it again with dinner, I polished off the bottle then and there.»

All of that, and much more in this impressive book, is good enough for me !

Je rajoute que le livre est dédie à Dagueneau, qui, faut-il le rappeller, utilisait soufre et levures sélectionnées pour faire ses vins magnifiques.

 Pour acheter ce livre

Autopublié via le site www.lulu.com, on peut le commander via ce site pour la modeste somme de 25,40 euros. Le moteur de recherche du site est efficace et vous pouvez y entrer tout ou une partie du titre pour tomber sur le bouquin.

Bonne lecture!

David

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 9  353 followers