Les 5 du Vin

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Plus fort que les 5 du Vin

Plus fort que les 5 du Vin, je propose à présent de fonder Les Dix Gagas.

Toute ressemblance avec une icone de la scène trash serait purement fortuite.

Il s’agirait de renforcer l’équipe actuelle de notre coopérative rédactionnelle par l’apport de 5 nouveaux membres, via cooptation.

J’accepte toutes les suggestions, pourvu qu’il s’agisse de confrères ou de producteurs affligés comme nous de délires vaguement obsessionnels en matière de qualité et d’intégrité, en un mot, de gagas.

D’accord, me direz-vous, mais pour quoi faire?

L’objectif du groupement serait purement philanthropique. A savoir, l’enrichissement personnel de ses 10 membres.

Voilà comment: les 10 feraient produire à façon dix bouteilles, numérotées de 1 à 2, d’un vin passablement buvable, potentiellement classé au classement de 1854; et surtout son étiquette serait illustrée par l’oeuvre d’un artiste maudit, pour faire genre. Le prix de revient de ce nectar serait de 5 euros la bouteille. Son prix de vente en primeur serait de 50.000 euros (déblocage prévu pour le premier avril, un tiers payable à la commande).

Ensuite, pour montrer l’engagement environnemental du groupement, le prix du vin serait indexé pour moitié sur celui du kwH provenant des éoliennes des Corbières et pour moitié sur celui de la corne de vache pilée (race Simmental). Et la troisième moitié serait composée d’actions de 1855.com.

Vous connaissez des producteurs indélicats acceptant de se prêter à cette transmutation du vin en or, ou plus prosaïquement, à cette arnaque?

Merci de nous écrire à l’adresse suivante: Père Noël, C/O Les Cinq du Vin ou sur http://www.les5duvin.hoax

Hervé


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Bière et vin: similitudes et différences

Biere-Egypte

 Consommation de bière (avec une grande paille!) en Egypte

La bière est produite depuis plus longtemps que le vin, mais elle n’a jamais joui du même prestige. Du temps des Anciens Egyptiens, on pouvait mesurer le prestige d’un dignataire par le nombre d’objets ou produits enfermés avec lui dans son tombeau, ce qui peut aussi donner une idée de la valeur relative des produits en question, en fonction de leur nombre. Il y avait environ 10 fois plus de bière que de vin dans certains tombeaux de la vallée des rois, ce qui démontre, certes, que la bière est plus utile que le vin comme boisson déaltérante dans un pays chaud, mais aussi que le vin fût tenu comme plus prestigieux.

vignes_Egypte_

 Vendange et foulage en Egypte

Aujourd’hui, l’écart de prix entre les vins les plus chers et les vins les moins chers n’a jamais été aussi élévé (ce qui consitue un autre argument pour l’abandon de cette stupide restriction protectionniste des droits de plantation). Alors oui, le vin est toujours considéré comme plus prestigieux que la bière.

Ces deux marchés, la bière et le vin, sont en expansion régulière mais lente; mais aussi, en mutation profonde quant à leur organisation. Pour simplifier un peu, on boit de plus en plus de bière dans les pays qui n’en buvaient que peu autrefois, et de moins en moins dans les pays qui en buvaient beaucoup. C’est exactement l’inverse pour le vin. Pour prendre deux exemples d’aujourd’hui, et il y en a bien d’autres, les Espagnols boivent plus de bière que du vin, tandis que les Anglais dépensent plus par an sur le vin que sur la bière. Mais dans le cas du vin, comme de la bière, la progression actuelle du marché vient surtout des pays asiatiques.

heineken

Une autre différence significative se trouve du côté de la production des deux produits. La production de la bière est très concentrée, avec 4 sociétés dont la totalité de la production pèse pour 42% du marché mondial : le Belgo-Américano-Brésilien ABInBev, l’Américain SabMiller, le Néerlandais Heineken et le Danois Carlsberg. Des Chinois comme Tsingtao font partie du Top 10 mondial et sans doute vont grimper plus loin. Avec l’accélération de la concentration de cette industrie de la bière, et la disparition de très nombreuses affaires familiales, on assiste aussi à la multiplication, dans les marchés matures, des brasseries artisanales, car le goût devient plus sophistiqués et une partie des consommateurs ne veulent pas boire la même chose que tout le monde. En plus ils veulent un produit ayant un goût affirmé. Si la Belgique a indiscutablement servi de modèle pour cela, d’autres pays, comme les Etats-Unis ou la France l’ont suivie.

pub-vin-Bordeaux

Pas grand’ chose de comparable du côté du vin, car, même si des grands groupes comme Gallo, Constellation ou Concha y Toro existent, ensemble ils ne pèsent qu’une petite fraction du marché mondial. Ce qui caractérise la production du vin est son extrême fractionnement, et surtout en Europe. Est-ce là une bonne chose ? Pas nécessairement, et en tout cas pas uniquement. Il y a de la place en France, pour ne prendre que cet exemple-là, pour davantage de sociétés dont la taille dépasse les 10, 20 ou 30 millions de bouteilles pas an. Trop de fragmentation tue la communication. La Loi Evin, par exemple, aurait eu un effet bien moins tétanisant sur les producteurs de vin s’ils avaient eu plus de puissance de feu. Les producteurs de bière communiquent toujours, alors qu’ils sont régis par la même loi.

Les producteurs de vin sont soit trop petits, soit bien trop timorés, hormis quelques exemples comme Bernard Magrez,Gérard Bertrand et quelques marques de Champagne. Des campagnes collectives ne peuvent pas remplacer une campagne sur une marque. De surcroît, ces campagnes sont d’une mièvrerie et d’une pauvreté créative affligeante : l’image ci-dessus n’étant, malheureusement, qu’un montage !

David 

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