Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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L’ivresse d’un grand vin ? Rien que de l’amour en bouteille !

Bon sang, quel beau métier je fais ! Bu avec un copain de passage, quelques jours avant l’ouverture du Salon Millésime Bio, ce vin du Sud qui se revendique Coteaux du Languedoc  mais qui, contrairement à d’autres, ne se targue pas en contre étiquette ou dans les guides d’appartenir à une famille de vins bio, biodynamistes et qui plus est ne se dit même pas « nature », « responsable », « équitable » ou « naturel ». Un vin sans chapelle. Rien d’extraordinaire, allez vous me dire. Eh oui, en bon retraité, je vide ma cave et découvre avec ravissement quelques trésors en parfait état de conservation qui me font prendre conscience de la réalité du vin.

Un grand du Languedoc avec de l'amour à revendre ! Photo©MichelSmith

Un grand du Languedoc avec de l’amour à revendre ! Photo©MichelSmith

Ce vin rouge, millésimé 1999, oublié par je ne sais quel miracle de lucidité dans un recoin sombre où il est arrivé à presque maturité, ce rouge-là, cher Lecteur, est un vin complet, quasi parfait, un vin de démonstration qui fait l’unanimité, un vin d’école, le plus grand vin de ce début d’année et peut-être même de l’année d’avant. Et quand je dis pareille chose, croyez-le, c’est que je le pense sincèrement : voilà un vin qui, de par sa configuration, son architecture, sa conception, son allure, à la manière si retenue qu’il a de s’animer en vous, cet art si particulier qu’il a de vous posséder en douceur, avec subtilité, à son touché si précis qu’il laisse, comme une sensation de vibrer dans vos entrailles en plus d’un souvenir indélébile dans votre cerveau, ce vin-là, chère Madame, cher Monsieur, c’est le vin de tous les vins ! L’AOP, ou l’Amour d’Origine Protégée ! Débrouillez-vous avec ça !

Photo©MichelSmith

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Où veut-il en venir par une déclaration aussi débile ? Oh, rien de sorcier. Juste souligner que ces vins – car heureusement pour moi, ce n’est pas la première fois, ni la dernière, que je tombe sur un flacon que l’on peut qualifier de « grand » vin -, n’ont rien d’autre à vous dire que ce que vous êtes capables de ressentir par vous même : je suis là, j’existe, je fais du bien, je te donne du plaisir. En disant cela, je parle pour le vin, ce n’est pas de moi qu’il s’agit. Les discours que l’on nous attribue trop souvent, cette science infuse que nous sommes supposés détenir, nous les journalistes, les techniciens, les œnologues et autres bandits de grands chemins, toute cette pseudo « expertise » que nous sommes censés diffuser autour de nous, toutes ces choses, face à de tels vins, restent sans importance.

Souvent, les plus grands mystificateurs du monde du vin ne sont pas là où on voudrait nous le faire croire. Certes, il y en a pléthore dans les ouvrages et dans les magazines spécialisés, mais ils prolifèrent le plus souvent à la source du vin, là où on ne les attend guère. Méfiez-vous des apparences. Méfiez-vous des journalistes aussi. Mais par dessus tout, méfiez-vous des propriétaires ou des vinificateurs, qui, copiant en cela les publicistes dopés à la coke, s’affirment ceci ou se réclament cela, non sans de grands effets de manches, avant même qu’un buveur expert ou qu’un néophyte n’ait pu prendre le temps nécessaire de goûter les vins du bout des lèvres et de les diriger jusque dans les profondeurs de leurs sensations. Or, la plupart du temps, ces vins frimeurs ma bonne dame, c’est de la roupie de sansonnet, à peine un pet sorti du cul d’une mouche, une goutte d’eau qui ne fait même pas déborder le vase, un encéphalogramme qui reste désespérément plat, un humain défait de son âme.

Photo©MichelSmith

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Méfiez-vous des vins qui sont dits ceci ou dits cela et qui, au final, ne sont rien ou pas grand chose. Combien de vins bus ces temps-ci qui, après avoir paradés dans tous les médias, se sont trouvés être finalement d’une banalité déconcertante. Combien de copies trop caricaturales ou stéréotypées, combien de vins trop moches, trop tristes, trop ennuyeux, trop vides de sens. Ceux que l’on laisse dans le verre, ceux dont la bouteille ne donne même pas envie d’être conservée dans le vinaigrier de l’oubli.

Photo©MichelSmith

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Là où il y a tromperie sur la marchandise, c’est lorsque l’on aborde la dictature du prix. À ce propos, je m’étais dit au début de ma désormais longue carrière qu’en bon français moyen avec du sang juif russe je devrais toujours marquer d’une petite pastille le prix du flacon récemment acquis afin de m’en souvenir au moment où je le bois. Ce n’est finalement pas une bonne idée et il me semble que même un Écossais ne devrait pas en arriver là ! Car un vin, un bon vin, ça n’a pas de prix, c’est évident ! Enfin, la valeur n’est intéressante qu’au moment de l’acte d’achat. Après, si vraiment on aime les vins, après coup, et seulement après, on peut se dire que peu importe le prix ce qui compte c’est l’ivresse. Tomber sur un grand vin sans s’entendre dire « Normal, c’est un Mouton » ou « Bien sûr, c’est un Pétrus », quel pied ! Et justement, le grand Coteaux du Languedoc évoqué plus haut m’a donné par la suite une telle joie de vivre, une telle pêche, une telle confiance en l’avenir, qu’il ne vaut même pas le prix d’une séance chez un bon psy après un concert de la Mireille d’Avignon dans une salle de concert à Moscou en compagnie du gros Gégé. En revanche, un spectacle comme le Lac des Cygnes, par exemple, celui du Grand ballet du Théâtre municipal académique de l’Opéra de Kiev, puisque c’est de par là-bas que mon père est né en 1913, parenthèse mise à part, alors là ce doit être réjouissant et savoureux au possible comme pouvait l’être la poularde en demi deuil du père Pic quand je passais à Valence en période de belle maturité de la truffe noire dite « du Périgord » ! Mais je m’égare…

Photo©MichelSmith

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Alors, parlons-en du prix. Cette bouteille, j’ai dû la payer à l’époque autour de 15 €. Sur le site 1907, j’ai pu voir la même, millésimée 2009 à 28 €, ce qui est plus qu’honnête compte tenu du prix élevé, voire abusif, de certaines « icônes » du Languedoc et du Roussillon sans parler des objets de collection et de spéculation que sont devenus certains vins du Médoc et d’ailleurs. Quand je pense qu’Olivier Jullien, l’auteur de cette merveille, n’a même pas de site internet pour faire valoir ses qualités… En a-t-il réellement besoin ? Des « affaires » comme celle que je viens d’évoquer, j’en ai connues plein dans ma vie d’amateur. Vers Noël, j’ai débouché un splendide Pibarnon 1990 en me souvenant de cette vérité sortie un jour de la bouche d’Éric de Saint-Victor, ou de celle de son père, Henri, je ne sais plus au juste. « Le mourvèdre est un grand paresseux », me disait-il d’un air entendu. Il n’avait pas tort, bien sûr, et je ne suis pas loin de penser aujourd’hui que cette remarque s’applique à tous les vins qui se distinguent à mes yeux après plusieurs années de maturité. Je pense à tous ces Montlouis, Vouvray, Muscadet, les Bourgueil et les Chinon goûtés grâce à la générosité de leurs géniteurs lors de ce magistral salon qu’est, depuis 1987, le Salon des Vins de Loire d’Angers. On va remettre ça dans les jours prochains et j’en salive déjà à l’avance.

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Je repense à la pureté de tous ces riesling et ces gewürztraminer des Blanck et de leurs voisines les Faller, aux éblouissants vins de Zind Humbrecht, de Léon Beyer, de Hugel, Deiss, Albert Mann, à mon copain Régis Moro du Vieux Château Champs de Mars qui chaque année, sans en rajouter, me montre avec modestie, le béret bien vissé sur le crâne, combien ses Castillon se rapprochent de certains grands Saint-Émilion sans en atteindre le prix démentiel. Je songe aux Perrin qui, du côté d’Orange, font des merveilles sur des territoires peu explorés tel Vinsobres comme nous le montrait David il y a peu ici même. Je respecte la modestie du vigneron, celui qui, tel un Chave de Mauves vous dira, comme pour s’excuser : « Je n’y suis pour rien, c’est mon vin… ». C’est pas moi, c’est l’autre. Oui, mais c’est qui l’autre. Celui qui pointe du doigt le lopin de vigne en décrétant que le bonhomme qui aura compris la terre nous montrera la vérité ? C’est qui l’auteur d’un grand vin ? Un mec sans diplômes, un gars ou une fille comme vous et moi. Plus appliqué que moi, certainement… Mais c’est une autre histoire.

Régis Moro et ses délicieux Francs ou Castillon. Photo©MichelSmith

Régis Moro et ses délicieux Francs ou Castillon. Photo©MichelSmith

À l’heure où ces lignes seront publiées je serais probablement épuisé par un marathon de dégustations dans les travées de Millésime Bio, à Montpellier où j’espère bien ne pas avoir à subir la suffisance et la prétention de certains vignerons trop contents de s’appuyer sur des thèse bien rôdées, sur du marketing bien pigé, sur la supériorité bien huilée de leur savoir, sur les supposées qualités de leur travaux. Un vin n’est pas magnifié parce qu’il est bio ou biodynamique, conventionnel ou sans soufre ajouté. Ne me dîtes pas par avance qu’il est vieux grenache ou super merlot, qu’il est ceci ou cela. Un vin est grand, tout simplement, parce qu’un vigneron a su faire preuve d’observation et de sagesse, d’effacement et de modestie, de pudeur, de distance, de patience et de tranquillité d’esprit. Un vin est dit « grand » lorsqu’il a de l’amour à revendre. C’est la seule chose qui compte. Et s’il n’a rien à me dire, ce n’est pas mon problème !

Michel Smith


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#Carignan Story # 20015: Le bon Plan de Dirk Vermeersch

Toute ressemblance avec la rubrique tenue (à bout de bras) par mon ami Michel ne serait que pure malice de ma part.

Mais que voulez-vous, j’ai dégusté ce midi un Carignan… venu du Nord.

Bon, j’exagère un peu – la bouteille m’arrive d’Anvers, c’est vrai;  mais ce n’est pas là que poussent les vignes; c’est juste que le producteur, Dirk Vermeersch, est belge.

Ancien pilote de rallye (d’où les "GT", sur ses cuvées), il s’est installé dans la vallée du Rhône en 2000. Et plus précisément, au Plan, à Suze-La-Rousse.

welcom_614.jpgLe goût des belles mécaniques

Il a déjà eu les honneurs de la télévision flamande à plusieurs reprises, pour cette reconversion assez originale (à part Jarno Trulli, je ne connais pas beaucoup d’autres exemples de passage des cm3 aux hl); mais aussi, et surtout, pour ses vins.

Quant à moi, je ne les connaissais pas. Ni l’homme, ni sa production.

En voila donc une bouteille, siglée "GT-C". Démarrant comme une voiture de course, je la débouche et je la déguste.

Il faut dire qu’elle a de quoi attirer mon attention: c’est un pur carignan! Voila qui intéresserait mon ami Michel Smith, me dis-je…

Et si c’était bon?

IMG_1969GT, comme Gran Turismo… et Grand Terroir

Et bien oui. C’est bon, par ce que c’est typé carignan, mais que ce n’est pas dur, ni rustique.

Réglissé, oui, épicé, aussi. Ample, relativement souple, il ronronne en bouche, adoptant son rythme de croisière sur les fruits mûrs;  mais "pêchu" en finale,  il met le turbo et passe la ligne d’arrivée en fanfare. Tout ce qu’on peut demander à une cuvée de course…

Contact: 100 Chemin du Grand Bois , 26790 Suze-la-Rousse,  +33 475 00 00 80
http://www.leplangt.com

Hervé


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Les Terroiristes du Languedoc

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Ken Payton (above and below)

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On Sunday evening at the Diagonal Cinema in Montpellier there was the first showing of Ken Payton’s The Terroiristes du Languedoc. Ken is a film-maker, wine writer and has his own blog: The Reign of Terroir.

This is Ken’s second wine film. The first, Mother Vine, highlighted the wines of Portugal. The Terroristes du Languedoc explores wine-making in the Languedoc through the eyes of 12 producers from across this vast region. It lasts two hours and 20 minutes.

Les douze vignerons qui figurent dans ce film documentaire sont :
John & Nicole Bojanowski (Le Clos du Gravillas, à St-Jean-de-Minervois)
John & Liz Bowen (Domaine Sainte Croix, à Fraïssé-Corbières)
Emmanuel Pageot & Karen Turner (Domaine Turner Pageot, à Gabian)
Virgile Joly (Domaine Virgile Joly, à Saint-Saturnin)
Cyril Bourgne (Domaine La Madura, à Saint-Chinian)
Brigitte Chevalier (Domaine de Cébène, à Caussiniojouls)
André Leenhardt (Château de Cazeneuve, à Lauret)
François Delhon (Domaine Bassac, à Puissalicon)
Eric & Vianney Fabre (Château d’Anglès, à St-Pierre-la-Mer)
Frédéric & Marie Chauffray (La Réserve d’O, à Arboras)
Jean-Pierre Vanel (Lacroix-Vanel, à Caux)

Each producer in turn has their 10 minutes of fame in front of Ken’s lens talking about their philosophy of wine, why they chose the Languedoc, why they have chosen organic viticulture or in a few cases why they haven’t. This part of the film was shot in the spring of 2012. In the film’s last section, filmed during the vintage, each of the 12 vignerons give a short summary of how the 2012 harvest has been for them. Fortunately for both the producers and Ken’s film 2012 in the Languedoc was a less difficult vintage than it was in many other parts of France.

Ken Payton wants his film to help to highlight the potential of the Languedoc. “Unlike some other regions of France, the Languedoc doesn’t really have any heroes – few names are well known,” explains Ken.

Despite the remarkable changes that have occurred in the Languedoc since my first visit in 1989, people and organisations have often been reluctant to treat the best wines as equal to those from Bordeaux, Burgundy and the Rhône. For instance, during this year’s Millésime Bio I stayed for two nights at the Hôtel Mercure Antigone. Much of the hotel this week has been booked out by the organisers, essentially Languedoc producers, of this organic Salon. Yet on the wine list advertising the hotel’s restaurant there is no mention of wines from Languedoc-Roussillon! Instead only wines from France’s long-established classic region’s feature.

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Grand fromage in the first night audience: Jacques Gravegeal, president of IGP d’Oc

Ken’s film presents the Languedoc as an exciting and innovative region but one where it can be very difficult to be profitable, partly because of the reluctance of wine consumers to recognize that there are certain costs in making high quality wine, especially if you opt to work organically.

At nearly two and a half hours the film is long – there is no sex and violence and as the same questions are posed to the each of the vignerons it is a bit repetitive. On the other hand it demonstrates that wine producers in Languedoc are more than worthy of recognition.

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Good to see a Lirac/Tavel estate offers Terroiristes

an opportunity to give themselves up! 


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A quoi peut bien servir une appellation « timbre-poste » ?

Je poursuis mon exploration d’appellations méconnues (et pour cause) avec une interrogation. 

On ne cesse de créer de nouvelles appellations pour les vins en France. Non pas en agrandissant le vignoble, ce qui aurait été une démarche courageuse et entreprenante (vive la protection des avantages acquis!), mais en subdivisant, presque à l’infini, des unités autrefois de bonne taille. On en énumère des exemples un peu partout et j’avoue ne pas bien comprendre cette sorte de fuite en avant. Il n’y a aucun espoir que toutes ces appellations puissent trouver une quelconque notoriété, ni en France, ni, a fortiori, à l’étranger. Pourquoi donc font-ils cela ?

L’appellation Touraine ne couvre que 5,600 hectares. Cela représente à peu près la même taille que l’appellation Saint Emilion, et ne compte que pour 11% dans l’ensemble des quelques 50,000 hectares des vins de Loire mais il semble que cela est quand-même encore trop grande pour l’épanouissement des vignerons, et, peut-être, pour l’ego des maires de certains villages. Car on ne cesse d’y créer des sous-appellations, malheureusement pas souvent dans un esprit d’oeuvrer pour la diversité, du moins au regard des très courtes listes des cépages autorisés qui semblent de plus en plus restrictives.

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Chenonceau (sans x)

Deux exemples récentes ont attiré ma curiosité et la volonté de déguster leurs vins afin de voir de plus près ce qui fait, de toute façon, l’essentiel : c’est à dire la qualité des vins, quelle que soit leur appellation. Il s’agit de Touraine-Oisly et de Touraine-Chenonceaux. Si j’ai bien compris (sinon le dossier de presse n’est pas bien clair), Oisly ne comporte que 21 hectares et 8 producteurs. Chenonceaux apparaît énorme à côté avec ses 36 hectares (17 en blanc et 19 en rouge) ! Autrement dit, nous avons là deux appellations qui ont, chacune, la taille d’un domaine moyen du Médoc.

les 8 vignerons de Oisly

Les 8 producteurs de Oisly (Photo H. Lalau)

Oisly ne produit que des vins blancs avec le seul cépage sauvignon blanc. Chenonceaux est aussi exclusivement sauvignon pour ses blancs, mais autorise royalement deux cépages pour ses rouges : le malbec (appelé localement côt) et le cabernet franc. Pas très aventureux tout cela, mais bon, ce sont quand même des cépages de qualité.

Ma dégustation de Touraine-Oisly, millésime 2011

Je pensais avoir 6 vins à déguster, mais un  m’avait été envoyé en double et un autre était bouchonné. Donc j’ai dégusté 4 vins. Un seul m’a semblé vraiment intéressant. Les autres étaient soit trop soufrés, soit trop végétaux, soit les deux.

Domaine de Marcé, Coulée Galante 2011 (13,5/20)

Le nez est puissant et manifestement le résultat de raisins très mûrs. C’est bien aromatique et assez riche, avec un peu d’amertume et peut-être une pointe de sucre résiduel. Ce style séduisant, très bien fait, est assez inspiré de certains Sauvignons Blancs du Nouveau Monde. Une bonne affaire.

Prix départ annoncé : 4,75 euros, ce qui en fait le moins cher des vins dégustés de cette appellation, dont d’autres, vendus autour de 8 euros, étaient bien moins bons !

Ma dégustation de Touraine Chenonceaux blanc

Cépage Sauvignon blanc uniquement. 2 vins retenus sur 7.

Domaine de la Renardie, Patricia et Bruno Denis, 2011. (15,5/20)

Nez de fruits bien mûres, de pêches et de fruits exotiques. Cette sensation de suavité bien maitrisée se prolonge en bouche, sans la moindre impression de lourdeur ni de végétale. Un vin complet et complexe dans son genre, aux saveurs nettes et gourmandes.  J’ai fini cette bouteille de très bon vin avec plaisir à table at avec un ami connaisseur qui l’a aimé autant que moi.

Il vaut largement son prix de 8 euros.

 Domaine Desroches 2011 (14,5/20)

Le nez est plus neutre, fermé, et, pour être à la mode, «minéral» (c’est malhonnête de ma part car je ne sais pas trop ce que cela veut dire et je ne mange pas de clous). L’austérité fait partie aussi de son profil en bouche, qui révèle aussi de belles saveurs d’agrûmes (pamplemousse). Un bon vin de caractère.

Prix 8 euros.

 Ma dégustation de Touraine Chenonceaux rouge

Ces vins se font avec un assemblage de malbec et de cabernet franc, avec le malbec généralement dominant. 4 vins retenus sur 11 dégustés.

Domaine Michaud 2011 (14/20)

Le nez est agréable, au début discret, devenant ensuite plus vif, entre fruits et épices. En bouche j’ai noté un bel équilibre entre chaleur épicée et fruité, autour d’une structure raisonnable bâtie sur des tanins fins. Un joli vin franc et gourmand, relativement délicat mais bien constitué.

Prix 5,50 euros départ

Domaine Desroches 2011 (14,5/20)

Deuxième vin retenu pour ce domaine. Le nez est assez puissant et m’a semblé aussi un peu boisé. Ce vin a une belle présence en bouche avec des jeunes tannins bien solides. Si ces tannins ne sont pas encore fondus, son fruité a les épaules assez larges pour enrober cette belle ossature. Un peu rustique à ce stade, c’est un vin de caractère qui devrait être très bien dans un an environ.

Prix : 8 euros

Domaine des Tabourelles 2011 (échantillon avant mise : 15,5/20)

Ce vin m’a semble être le plus raffiné des quatre, avec une belle matière persistene, mais avec un toucher plus fin et délicat. Je pense que cela pourrait venir d’un élevage soigné, mais qui n’est pas totalement terminé. Il y a beaucoup de fraîcheur de l’allégresse dans l’ensemble.

Prix : 8 euros

Domaine des Echardières, Le Long Bec (oui, je sais, mais c’est écrit ainsi sur l’étiquette) 2011 (13,5/20)

Le nez a souffert de réduction au départ, mais s’est libéré par la suite. Une forte présence en bouche, peut-être un peu sur-extrait mais il faudrait le juger un peu plus tard car il sera sûrement à son avantage dans un an ou deux.

Prix : 8 euros

Conclusion

Les bons vins sont intéressants et ont de la personnalité, du moins pour ceux de Chenonceaux car il y avait trop peu de vins de Oisly pour se faire une idée claire. Mais les bons sont en minorité (comme partout, me diriez-vous). La plupart des producteurs semblent s’être donné le mot pour fixer les prix de vente ce qui me paraît curieux et peut-être illégal. Mais deux font exception, et ils sont parmi les meilleurs ! Comme quoi, il faut, une fois de plus, séparer niveau de prix et notion de qualité.

Est-ce que ces deux zones méritent des appellations distinctes ? Je ne suis pas bien apte à juger de cela, du moins selon les critères qui président à ces considérations théoriques. Mais, sur le plan d’une approche rationnelle des marchés, cette multiplication des appellations me semble être une aberration. Chenonceaux, grâce à son château, a néanmoins des chances à se trouver une certaine notoriété.

David


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#CarignanStory #153 : un dimanche de tramontane

Pour la première fois, vous n’aurez pas de revue carignanesque…

Du moins pas de nouveaux flacons. J’en ai plein qui poireautent sur ma table à échantillons, quelques uns qui traînent sur mon carnet de notes, mais voilà que je n’ai rien – ou pas grand chose – à écrire en ce dimanche. La cause ? Une virée dans les Aspres avec mon complice Marc Vanhellemont (qui signe le Vendredi) et trop de vins à croquer ci de là, trop de bons plats et de grands verres avec la flegme qui me cheville le corps et m’interdit d’écrire quelque chose de censé et d’inspiré.

En pleine fins de malo, le Carignan de Sainte-Colombe. Photo©MichelSmith

En pleine fins de malo, le Carignan de Tresserre. Photo©MichelSmith

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le Carignan référence ! Photo©MichelSmith

J’ai goûté le 2012 du Camp de la Mata à Sainte-Colombe. Sur ses fins de malo, il a un fruité à croquer et une pureté de bonne augure. Le Carigno 2011 chaleureux et complice que le boudin catalan était à la hauteur de mes bonnes notes passées sur le 2009. Mon Puch 2011 n’était pas encore prêt mais s’annonçait en finesse et sérieux tandis que le 2010 brillait par sa fraîcheur. Découverte d’un "vieux nouveau" dont je vous causerais prochainement plus en détail, redécouverte d’un grand classique que je prends toujours plaisir à revoir, celui de Frédérique Vaquer sur le quel également il faudra bien que je revienne, celui des Barbats et d’autres encore, comme ce vrai coup de coeur pour le sympathique Cairo d’Isabelle au Domaine des Demoiselles.

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Marc Vanhellemont et Frédérique Vaquer par un dimanche tramontane. Photo©MichelSmith

Bref, un Dimanche tout Carignan !

Michel


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Vins d’auteur en Corse-du-Sud

ImageVignoble de Corse du Sud (photo Agnieszka Kumor)

Depuis deux ans je consacre une partie de mes vacances d’été à l’apprentissage des vins de Corse-du-Sud. Mais ne débarque pas dans ces vignes qui veut : il faut y être introduit. Yves Canarelli, propriétaire du Clos Canarelli à Tarabucetta, a été le premier à m’ouvrir ses portes. Vous pouvez lire mon article sur ce domaine : ici. Sa passion pour les cépages traditionnels, son audace quant à la conduite du vignoble et sa perpétuelle remise en question forcent le respect de ses confrères. Malgré le temps chaud des vendanges 2012, ils m’ont tous accueilli avec intérêt et envie de communiquer leur savoir-faire.

Philippe Farinelli, Domaine Saparale. Photo Agnieszka KumorPhilippe Farinelli, Domaine Saparale (photo Agnieszka Kumor) 

La modernité est en marche

Voici mes hôtes : Philippe Farinelli du Domaine Saparale, Gilles Seroin du Domaine Sant Armettu, Marie Louise et Pierre Richarme du Domaine Pero Longo, Alain et Gérard Courrèges (père et fils) du Domaine Vaccelli, Sébastien Poly du Domaine U Stiliccionu, Isabelle Courrèges et son mari Rodolphe Camerlo du Domaine de Pratavone. Leurs propriétés s’étalent sur les coteaux escarpés entre Ajaccio, Sartène et Figari. A travers ces six domaines j’ai pu voir les expériences et les approches différentes. Séparés par les routes sinueuses, ces vignerons ne sont pas pour autant isolées. Au contraire, ils se sentent « un devoir de se positionner par rapport aux autres », admet Philippe Farinelli. Ce qui les unit c’est un travail très poussé dans les vignes et dans les chais. Un travail qui tend vers l’excellence. Et le résultat est dans le verre.

Gilles Seroin, Domaine Sant Armettu. Photo Agnieszka KumorGilles Seroin Domaine Sant Armettu (photo Agnieszka Kumor)

Ce que j’aime dans leurs vins, c’est cette alliance entre une matière intense et la fraîcheur du fruit. Ces vins déclinés en trois couleurs sont gourmands, élégants, fins. Ce qui est, à mes yeux, une quintessence des vins modernes. Les producteurs ont décidé de jeter aux orties la sempiternelle classification qualitative des cuvées, en choisissant un lexique mieux adapté à leur stratégie. Ils ne parlent plus de « l’entrée de gamme », ni du « haut de gamme ». Non. Ils proposent en revanche des cuvées « jeunes », aromatiques et sur le fruit, vinifiées en cuves, demi-muids ou en foudres, à boire toute de suite ou dans les 2-3 ans. Et puis, des cuvées « complexes », intenses et structurées, élevées avec parcimonie en barriques, destinées à vieillir avec élégance une dizaine d’années.

Pierre Richarme, Domaine Pero Longo. Photo Agnieszka KumorPierre Richarme, Domaine Pero Longo (photo Agnieszka Kumor)

Un pari sur l’avenir

Quel chemin parcourus en trente ans ! Tous les vins de France ont vécu cette métamorphose à la fois qualitative et quantitative. Des 32 000 hectares de production pantagruélique à petit prix, la région corse se retrouve aujourd’hui avec 7200 hectares de vignes, dont 2800 ha en AOC. Vu cette surface de plantation et sa production (340 000 hl) on pourrait comparer le vignoble actuel de l’Île de Beauté à celui de l’Entre-deux-Mers. L’insularité du vignoble corse aurait pu être son point faible, mais les producteurs ont su en tirer leur avantage. Il est difficile de se faire connaître à l’international quand on est petit et éloigné des régions mondialement connues. L’investissement devient un pari, quand on ne peut compter que sur ses propres ventes. De plus, il a fallu restructurer le vignoble, arracher les cépages plantés dans les années 60 mais dépassés dans le contexte nouveau, assainir les sols et moderniser le matériel. Il ne leur restait plus qu’à retrouver et replanter de vieux cépages, un très grand atout des vins corses actuels. Alors, les producteurs sont allés petit à petit. Le résultat est spectaculaire. Il n’y a que les sangliers qui leur causent du souci. Il va sans dire qu’ils les préfèrent en terrine…

Gérard Courrèges, Domaine Vaccelli. Photo Agnieszka Kumor

Gérard Courrèges, Domaine Vaccelli (photo Agnieszka Kumor)

A cheval dans les vignes

Dans les vignes règnent le sciacarellu, le niellucciu, le grenache, la syrah, le vermentinu et le barbarossa. Le double cordon Royat est largement utilisé, tout comme la taille Guyot simple. « Le choix dépend de la forme du terrain, de l’ensoleillement du coteau et de l’aération de la vigne », explique Sébastien Poly, le plus jeune de mes interlocuteurs, inséparable de son Blackberry. Des œnologues reconnus comme Antoine Pouponneau et Emmannuel Gagnepain conseillent les propriétés. Pour la plupart d’entre eux, ces vignerons ont opté pour la culture bio ou biodynamique, mais pas toujours pour des sigles d’identification. Question de principe. « Je ne supporte pas les clivages », me lance Gérard Courrèges. Il mène à bras le corps le projet de réimplantation du domaine avec : le genovèse blanc, le carcajolu, le codivarta, le riminese, la rosola brandica et la rosola bianca. Et tant pis s’il faut faire schisme avec les décrets en vigueur. Le fils Courrège a déjà trouvé son mentor en la personne de Jean-Charles Abbatucci. L’un des plus anciens domaines de Corse, Comte Abbatucci, a été un centre d’étude d’anciens cépages corses ce qui a permit leur renouveau sur l’île. Le bouillonnant propriétaire du domaine a poussé la logique biodynamique jusqu’au bout en labourant sa vigne avec le cheval.

Sébastien Poly, Domaine U Stiliccionu. Photo Agnieszka KumorSébastien Poly, Domaine U Stiliccionu (photo Agnieszka Kumor)

Ce n’est pas la méthode qui fait le bon vin, mais le vigneron. Partisan de l’agriculture raisonnée, Gilles Seroin évoque le bilan carbone et l’usage de métaux lourds dans le bio et la biodynamie. Avec cela son choix a été vite fait. Et quand il faut, il n’hésite pas à piocher les mauvaises herbes. Rodolphe Camerlo préfère les mesures plus interventionnistes : pour avoir la matière organique et combattre l’érosion, il enherbe l’espace entre les rangs d’octobre à juin, pour le nettoyer ensuite dès qu’arrive la floraison. Le printemps 2012 a vu la profusion du mildiou et de l’oïdium. Pierre Richarme a usé d’un stratagème « homéopathique » : chaque année il met un quart de dose de cuivre sur trois feuilles de vigne avant le printemps. Pas vu le mildiou depuis des années. C’est que malgré leur air de famille, chacun de ces producteurs mène sa barque comme il (ou elle) l’entend. Et quand ça ne plaît pas, ils n’hésitent pas à sortir leurs vins des appellations !

Isabelle Courrèges et Rodolphe Camerlo, Domaine de Pratavone. Photo Agnieszka Kumor

Isabelle Courrèges et Rodolphe Camerlo, Domaine de Pratavone (photo Agnieszka Kumor)

L’image au-delà des frontières

Entre 70% et 90% de ces vins de propriétés sont vendus en Corse, le reste est exporté… en France continentale. Certains ont trouvé des importateurs à l’étranger, notamment au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Belgique, en Suisse, au Québec, aux Etats-Unis et même à Hong Kong. Pour ces producteurs-là l’image du vin se fait au niveau local, mais aussi à l’international. Et ils souhaitent se mesurer à ce dernier défi. L’enjeu est de taille : garder la clientèle fidèle et traditionnelle en Corse et en France, tout en poussant vers l’international. Désormais (presque) tous ces vignerons possèdent un site Internet. Dans le monde, à l’exception notable de la France, les vins plus chers se vendent de plus en plus. Les gens boivent moins mais mieux. Les vins des six producteurs cités se situent dans la fourchette des prix entre 9€ pour les cuvées « jeunes », et 26€ pour les « complexes » (prix sur le continent). Le rapport qualité/prix est plus qu’excellent. Ce que recherchent ces femmes et ces hommes vignerons c’est le plaisir. Mais avec cela ils souhaitent que leur travail soit reconnu et que leur flacon ne ressemble à aucun autre au monde. C’est peut-être cela la grandeur d’un vin.

Mes coups cœurs parmi les vins dégustés :

Domaine Saparale, Cuvée Casteddu 2011 Sartène (blanc) – notes miellées et florales, matière complexe, avec une jolie sensation du gras en finale

Sant Armettu, Myrtus 2009 Sartène (rouge) – arômes de maquis, saveurs de myrtille écrasée, fraîcheur inouïe, vin intense et très élégant

Domaine Pero Longo, Le Lion de Roccapina 2010 Sartène (rouge) – notes légèrement confiturées, tanins parfaitement fondus, agréable finale saline

Domaine Vaccelli, Granit 2009 Ajaccio (blanc) – raisins sultanines, vin rond, racé, à la texture délicate

Domaine U Stiliccionu, Kalliste 2009 Ajaccio (rouge) – notes de menthe et de thym, vin fin et soyeux

Domaine de Pratavone, Cuvée Tradition 2011 Ajaccio (blanc) – citronnelle et maquis, belle tension sur toute la longueur

Agnieszka Kumor

écrit pour Vinisfera.pl


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Amy Lillard, une Américaine à Saint-Quentin-La-Poterie

Côtes du Rhône néo vignerons 012

Du Colorado à St Quentin la Poterie…

Souvent croisée dans les allées des salons, à l’une ou l’autre dégustation ou lors d’un déjeuner vigneron, Amy nous a toujours charmés par sa bonne humeur, son entrain. De temps à autre, le sourire aux lèvres, elle nous présentait son vin sur un coin de table, juste comme ça, pour le plaisir de partager, sans demander plus. Je m’étais promis un jour d’aller jusqu’à Saint-Quentin-La-Poterie, un gros patelin au Nord d’Uzès, au Domaine La Gramière.

Côtes du Rhône néo vignerons 009

Dégustation dans la cuisine

Le rituel, du moins le mien et quand le temps le permet, c’est d’aller marcher dans les vignes, puis de passer rapidement dans la cave, histoire de déguster quelques vins en devenir, puis de terminer par la dégustation des vins en bouteille. Chez Amy, ce fut l’inverse. Table de cuisine, tire-bouchons, crachoir et les 2 cuvées, pour ce premier rendez-vous. Le vignoble qui fait moins de cinq hectares se trouve à Castillon du Gard, à quelques kilomètres. Ce n’est guère pratique et Amy songe à déménager.

La Gramière 2010 Vin de Table étiquette verte

Les vignes poussent dans l’aire d’appellation Côtes du Rhône, mais le millésime 2006, le deuxième d’Amy, fut refusé pour cause d’acescence… et s’est malgré tout très bien vendu… Depuis, notre blonde Américaine, très attachée aux Côtes du Rhône, aimerait réécrire l’appellation sur l’étiquette, mais elle s’est fait connaître sans. Que faire?

Cet amour est né aux States, durant son passage chez Kermit-Lynch: «J’ai travaillé pendant trois pour Kermit, je connaissais les appellations et je voulais avoir des vignes en Côtes du Rhône. Aujourd’hui, j’y suis et le domaine produit 10.000 bouteilles en 2 cuvées, dont l’une, l’étiquette verte, représente 90%» explique Amy.

Grenat améthyste, ce 2010 évoque la prunelle et le pruneau, les cerises confites et les arbouses au sirop, relevé d’épices, curcuma, cumin et réglisse. La bouche certes croquante offre une suavité inattendue, dans laquelle se love fruits et condiments en arabesques subtiles. Le caractère capiteux apporte un regain de fraîcheur.

«Je n’aime pas trop travailler le vin, pour moi, c’est le reflet de l’année. Il y a une grande différence d’une année à l’autre, comme entre 2010 et 2009, les peaux étaient plus épaisses. 2011 a été difficile, en 2012, le Grenache a demandé du temps pour enfin mûrir, alors que les Syrah sont magnifiques.» confie Amy.

De suave à droit

Et à l’opposé de la typologie rhodanienne qui voit ses 2009 bien arrondis et ses 2010 frais et pointus.

La Gramière 2009 Vin de Table étiquette verte

Grenat sombre, nez d’épices, de confiture de myrtille et de cassis. Les tanins à l’accent rustique donnent un relief enlevé à la structure. Le minéral bien palpable apporte une fraîcheur particulière, presque austère. C’est la longueur qui informe les papilles sur la richesse fruitée pour l’instant cadenassée.

On le boira cet hiver, il fera merveille avec les plats un peu gras.

Côtes du Rhône néo vignerons 014

La Gramière 2009 étiquette rouge

La différence ? Un max de Syrah et seulement 5% de Grenache, un élevage en barriques pour la moitié. Les tanins sont costauds, mais vraiment juteux, un jus floral à la texture encore ligneuse. Un chouïa de vanille, mais une fraîcheur éclatante. Équilibré, il lui manque encore l’harmonie.

Côtes du Rhône néo vignerons 020

La cave est minuscule, pas facile d’y vinifier. Peut-être la plus petite jamais visitée, une autre raison pour envisager un déménagement.

Dans les vignes

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Après une demi-heure de voiture, voilà enfin les vignes, des Grenaches en gobelet plantés en 1965, ils font 80% de la cuvée et se conduisent en mode biologique. Les Syrah ont 20 ans de moins et Amy aime les jeter en grappes dans la cuve où fermentent les Grenache. Le sol, fait de lause et de sable, s’incline légèrement. Plus loin un peu d’argile apparaît. L’herbe un peu folle accroche nos pantalons. Les parcelles sont dispersées. Il est agréable de s’y promener.

L’histoire du camion

Côtes du Rhône néo vignerons 017

«J’ai besoin de projets, d’avancer. Le concept Gourmet Food Truck aux USA ou Le Camion qui Fume à Paris, qui proposent une cuisine haut de gamme m’a donné des idées. Je me suis dit que ce serait sympa d’avoir un camion. J’en ai acheté un et l’an dernier, on a fait des dégustations nocturnes. Cette année, on ira dans les vignes. Cela change les amateurs qui veulent aller ailleurs qu’au restaurant. J’y présente mon vin, mais je compte bien y inviter d’autres vignerons» raconte Amy.

www.forgeorges.fr

Un joli projet qui autour de quelques délicieuses agapes offre une dégustation de vins in situ. La vieille bétaillère, le tube, comme dit Louis Roman, s’est transformée en little wine and food truck.

Côtes du Rhône néo vignerons 038

www.lagramiere.com

a.lillard@wanadoo.fr

Ciao

Marc

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