Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Un débat sur les vins dits nature… qui restera dans les anales

3 Commentaires

Oui, le mot « anales », avec un seul « n » est intentionnel, vu le niveau du débat.

Michel Bettane a fait pas mal parler de lui, la semaine dernière, avec un article particulièrement véhément contre les vins dits nature. Rien de très neuf (ce n’est pas mon copain Olif qui me démentira); sauf peut-être que cette diatribe, c’est en Italie qu’on peut la lire – et plus spécifiquement, dans le Gambero Rosso.

bettane-gambero-rosso

L’objet de la dernière polémique en date

Ce qui me gêne, dans cet article, ce ne sont pas tant les arguments de Michel Bettane, ses descriptions des vins déviants que l’on peut effectivement trouver sous le nom de vin « nature », que la généralisation à toute la sphère des vins nature, évidemment abusive.

Mais je trouve tout aussi abusive la levée de boucliers qui s’en est suivie de la part des partisans du vin nature.Eux ont décrit Bettane comme un vieux gourou finissant, radoteur et obtus, se découvrant sur le tard une ambition de lobbyiste; c’est pour le moins exagéré.  Bien sûr que les Naturistes peuvent se sentir agressés, et c’est humain qu’ils répliquent, même vertement. Mais sauf à considérer le vin « nature » comme une vérité révélée, comment défendre l’indéfendable, le mauvais vin?

J’ai dégusté des vins « nature » comme ceux que décrit Bettane, des produits qui sont peut être sans soufre, mais aussi sans intérêt, car défectueux. Dans un cas, en Italie, justement, je me rappelle l’avoir fait remarquer au producteur qui m’a dit que je n’avais rien compris, que le vin nature demandait une formation à la dégustation…
Dans d’autres cas, j’en ai bu d’excellents, de superbes, d’exaltants… Alors je ne me sens vraiment pas le droit de condamner la démarche naturiste. Le sectarisme de certains de ses adeptes, si. Surtout quand ils ferment les yeux sur les horreurs de leurs collègues sous prétexte qu’ils sont de la même chapelle; et surtout quand ils disent à qui veut les entendre que seuls leurs vins expriment le terroir…

J’ai un peu l’air de vouloir ménager la chèvre et le goût de chou. Ce n’est pas le cas.

Michel Bettane ne fait pas partie du cercle de mes relations. Je ne fais pas non plus partie de la mouvance naturiste. Je trouve juste dommage ce déferlement d’intolérance, de part et d’autre. Le débat mérite mieux. On est tombé là bien bas, au cul de la bouteille. Ni d’un côté, ni de l’autre, on a écouté l’autre. On donne dans le sectarisme.

Je pense pourtant que les vignerons dits « conventionnels » ont pas mal à apprendre des naturistes (au moins, de certains), et que les naturistes doivent sentir qu’ils font partie de la « grande famille » de la viticulture, que leur choix, que je trouve légitime, même si leur voie est étroite, n’est qu’un des choix possibles pour faire du vin, et idéalement, du bon.

Tant pis si je me fais insulter de part et d’autre, comme c’est souvent le cas quand on refuse de choisir un camp; au moins, je suis en accord avec mes idées, mon ressenti. Je ne suis que d’un seul camp: celui de la liberté de faire à sa guise, d’en subir les conséquences… et de ne pas trop la ramener…

Oecuméniquement vôtre, 

Hervé Lalau

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

3 réflexions sur “Un débat sur les vins dits nature… qui restera dans les anales

  1. Le vin (comme la gastronomie) a pour but de procurer du plaisir, de partager… qu’on soit en conventionnel, en bio, en biodynamie ou en nature. Ensuite, chacun a sa définition du plaisir et donc, ce qui est bon pour certains ne l’est pas pour d’autres. Maintenant, quand on ne prend pas plaisir, …

  2. Je ne veux pas rester idiot et malgré de très mauvaises surprises avec des vins « nature », je persévère dans la découverte. Ce que j’en retire de ma modeste expérience personnelle, c’est qu’un bon vin « nature » est meilleure le lendemain voir le surlendemain. Ce qui tend à déstabiliser au début quand on sait que le vin est sans souffre et donc sans protection. Mais si mon expérience personnelle est vérifiée par d’autres, que l’on m’explique alors pourquoi ces même vins sont vendus sous des noms racoleurs synonymes de « bonne franquette », de « vin des copains » alors que quand on les ouvre, la dégustation sur l’instant est régulièrement décevante?
    S’il faut prévoir à l’avance l’apéro surprise et ouvrir la bouteille quelque 24h avant, n’y a-t-il pas là tout simplement un problème de communication plutôt qu’un problème de vin « nature »?

  3. Pourquoi reparlé aujourd’hui de cet article de Michel Brettanomyces et du grand déballage qu’il suscita, cela fait déjà plus d’un an que cela s’est passé?
    Chassez le vin nature et il revient au goulot!!!

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