Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Le vin au restaurant : le bel exemple de Narbonne

Et si je vous parlais d’un des monuments de ma région ? Si je me transformais en guide touristique patenté ? Aujourd’hui, il y a des experts sur tout. Des qui du haut de leur science affirment des choses avec certitude, d’autres qui s’échinent à détruire les idées reçues trop bien établies, sur les terroirs, par exemple, ou sur les vins sans soufre, comme sur les levures indigènes. Parmi ces éternels sujets de prédilection, le prix du vin revient souvent sur le tapis. Çà et là on se plaint des abusives marges dans la restauration française, on invoque en modèles les prix beaucoup plus normaux pratiqués en Espagne, par exemple, ou en Italie, on nous invite même à découvrir la légendaire gentillesse des serveuses américaines… Mais rien à faire, chez nous on n’en démord pas : pas question de sortir du cadre confortable établi au fil des décennies qui consiste à multiplier au minimum par trois, quand ce n’est pas par cinq, les marges sur un vin de tous les jours, ce qui met la bouteille sur table au prix moyen de 25 € dans une ville moyenne comme Perpignan où il est de surcroît entendu que les vignerons doivent livrer leurs bouteilles, accepter que leurs vins soient servis dans des verres dignes d’une cantine, qui plus est par des ignares à des températures quasi tropicales, quand les braves producteurs ne sont invités par dessus le marché à concéder quelques cols gratuits pour avoir la garantie de continuer à être référencé dans un honorable restaurant ayant pignon sur rue.

Louis Privat, un patron de génie? Photo©MichelSmith

Louis Privat, un patron de génie? Photo©MichelSmith

Sauf à Narbonne, digne sous-préfecture de l’Aude, où Louis Privat, un homme du pays au joli nom d’accordéoniste à pris dès le départ le problème à l’envers (ou le taureau par les cornes) en décidant il y a déjà longtemps que, dans son établissement, le vin qu’il soit grand ou modeste serait proposé au consommateur à un prix honnête, le même prix TTC départ que pratiqué au caveau du vigneron et que le dit vigneron serait payé par lui rubis sur l’ongle. Mieux, ce restaurateur bon samaritain qui pourtant ne boit plus une goutte d’alcool a décidé depuis belle lurette (1999) que les vins de son pays valaient largement ceux du Bordelais ou de la Bourgogne et qu’il était de son devoir d’en assurer la promotion en ne vendant que des étiquettes Languedoc ou Roussillon. Un parti pris qui devrait mettre du baume au cœur de la viticulture locale si prompte à rouspéter. Mieux encore : chez Louis Privat, on peut consommer le vin au verre au juste prix, c’est-à-dire au prix du sixième de la bouteille. Et si le client aime le vin qu’il a consommé en bouteille dans son restaurant, il pourra l’emporter au même prix chez lui sous forme d’un carton de six. Toujours mieux : si d’aventure il achète le carton de six au prix propriété qui est aussi celui du restaurant, on lui fera cadeau de la bouteille consommée sur table ! Et bien entendu, comme en Australie ou en Californie, si le client ne termine pas sa bouteille, on la lui met dans un sachet pour qu’il l’emporte chez lui. Pas étonnant que le restaurant de Louis Privat fonctionne à plein. D’autant plus qu’il offre bien d’autres avantages que vous découvrirez sur place, à moins de lire l’article jusqu’au bout.

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Vous suivez ? À n’en pas douter, vous pensez comme moi que le mec est fou, et qu’il se pourrait même qu’il y ait anguille sous roche. Eh bien, je puis vous affirmer que non. J’en suis même à me demander si ce gars, sous son air quelconque et affable ne serait pas un génie. Son restaurant « Les Grands Buffets » ne désemplit pas. Et tous ceux qui gueulent à tue tête contre la restauration n’ont qu’à s’y rendre car, nonobstant qu’il s’agit là d’une vision quelque peu industrielle de la « grande bouffe » avec plusieurs postes (fruits de mer, charcuteries, crudités, rôtisserie, desserts, etc) offrant un choix très large de plats allant de la rillette au cassoulet en passant par la langouste, ils seront reçus par un personnel accueillant, souriant, efficace et bien formé, même si de temps en temps on note de légères imperfections, quelques lacunes sur les millésimes ou les cépages. Mais avec une carte de 70 vins au verre et en bouteilles, sans oublier une centaine de références en cave, magnums compris, peut-on exiger d’eux la perfection ?

Grands Buffets, version pub. Photo©Miche

Grands Buffets, version pub. Photo©Miche

Pourquoi l’accueil est-il si bien assuré ? Là aussi les raisons sont simples et il n’y a pas de secret, si ce n’est plein de bon sens. Bien payée, respectée, formée dans une ambiance où l’on ne chôme pas mais où l’entraide est de mise, la personne qui vous sert est non seulement aimable, mais à l’écoute de vos désirs. Il y a d’autres raisons liées au sens pratique et à la convivialité, deux conditions pour avoir envie de se déplacer et de consommer du vin. Ici, vous pouvez réserver de grandes ou de petites tables d’un simple coup de fil et c’est même conseillé car parfois la file d’attente s’allonge. Vous pouvez entrer à 20 h avec une bande de copains et rester jusqu’à minuit à votre table tout en allant vous resservir si vous en éprouvez le besoin. Vous pouvez même venir en famille et vous serez de préférence dirigés vers une salle ou un cinéma pour enfants et une aire de jeux ont été aménagés. En été, vous pouvez déjeuner ou dîner en plein air, sous la tonnelle. Last but not the least, à l’entrée de Narbonne sur la droite quand on arrive de l’Espagne et de Perpignan par la Nationale, vous profitez d’un vaste parking où la place ne manque jamais.

Photo©MichelSmith

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À l’instar des grandes enseignes à restauration rapide qui font désormais le bonheur de nos grandes cités en alpaguant le client à peine franchies les portes de la ville, le restaurant Les Grands Buffets, qui les côtoie, ne désemplit pas. Avec 85 employés, une moyenne de croisière de 240.000 couverts par an en ouvrant sept jours sur sept, il constitue l’activité majeure d’un bâtiment aux allures de gymnase (il va être restauré prochainement) où l’on trouve une piscine, une patinoire et un bowling ce qui, non seulement attire une clientèle jeune et dynamique, mais en fait le site le plus fréquenté de l’Aude après la Cité de Carcassonne. En plus de son restaurant qui attire tous les gros bouffeurs de la Narbonnaise, mais aussi de Perpignan, Béziers et même Montpellier, qu’ils soient jeunes en amoureux, moins jeunes venus en bande, cadres en costards et vacanciers en tongs, le fondateur des Grands Buffets a ouvert depuis peu en sous sol un pub très joliment décoré où une rangée de becs distributeurs de bières pression fait face à une vitrine (Vinomatic) offrant une sélection de vins parfois un peu différente de celle du restaurant à l’étage au dessus. On se sert soi même à l’aide d’une carte que l’on glisse soit pour s’offrir 2 cl d’un vin (à partir de 0,5 cents) que l’on ne connaît pas, soit pour se verser une rasade de 12 cl (de moins de 2 € à 12 € et plus) d’un vin que l’on apprécie. Les bulles de Limoux ne sont pas absentes et une charmante sommelière, Sophie Veyrat, est là pour vous conseiller. Au bar, on ne vous oublie pas : olives et petites charcuteries sont à disposition tandis qu’un groupe de rock local se prépare certains soirs à animer la soirée.

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Mais revenons au restaurant et à sa formule unique. Pour 25,90 € (gratuit pour les enfants de moins de 5 ans et 12,90 € pour les 6 à 12 ans), on se sert à volonté à différents buffets à thèmes (voir plus haut) où sont exposés plus de 200 produits, ce qui en fait certainement le plus grand buffet de France. Bon, honnêtement, il ne faut pas s’attendre à une fête gastronomique. Les plats proposés sont bons, sans plus et, tandis que certains ont un petit air de revenez-y bien sympathiques, d’autres laissent plutôt à désirer. Mais il y a un tel choix qu’avec une salade que l’on peut composer soi-même, des crevettes, des charcuteries, une grillade de viande cuite à son goût et un plateau de fromages, sans oublier les desserts, il y en a pour son argent. Suffisamment en tout cas pour goûter différents vins. Et alors là…

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Alors, le choix ne manque pas : une carte est posée sur la table avec une offre de 70 vins au verre et tout autant à la bouteille. Du rosé Frizant du Mas de Daumas Gassac à 12 €  la bouteille pour célébrer une journée de labeur, à la bouteille de Cuvée Mythique du Val d’Orbieu à 8 €, en passant par le verre de sangria rosé maison (3,80 € pour 22 cl), le Clos des Fées Vieilles Vignes 2011 à 3,50 €  le verre (12 cl) ou le très à la mode Côtes Catalanes blanc 2010 du Domaine de l’Horizon à 5,90 € (12 cl), l’amateur de vins en a lui aussi pour son argent. Moi, vu que j’étais invité par Louis Privat en personne, je ne me suis pas privé. Bien sûr, j’ai sauté sur le Carignan « 1903 »  millésimé 2011 du Roc des Anges (6,20 € pour 12 cl, un vin enthousiasmant) et sur la cuvée « Porte du Ciel » de La Negly (14,70 € pour 12 cl, très décevant), pour me régaler ensuite d’une « Atal Sia » 2010 d’Ollieux Romanis, délicieux Boutenac à seulement 3,10 € le verre et du jouissif « Carignator » 2009 de l’ami Rimbert (3 €, toujours pour 12 cl) histoire de bien faire comprendre à ma voisine anglaise l’importance qu’avait pour moi le cépage Carignan. Le verre de Fontsainte Cuvée du Centurion 2009 (2,90 €) m’a laissé sur ma faim,  tout comme la célèbre cuvée Romain Pauc 2010 du célèbre Château La Voulte Gasparets (3,60 €) qui peut-être était un peu trop jeune, tandis que je me suis régalé d’un verre de Faugères Mas d’Alezon « Montfalette » 2011 (3,50 €) et d’un Mas du Soleilla « Les Bartelles » 2009 (4,20 €) beaucoup plus en verve.

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Reste une question essentielle. Comment fait Louis Privat pour s’en sortir côté vin ? Avant de m’entraîner dans sa cuisine galerie d’art ultra moderne, ce militant de la cause des vins du Midi me livre sa recette. « Je demande au vigneron de m’appliquer le prix qu’il consent aux cavistes et de me donner son prix de vente TTC au caveau. À cela, sur ma carte, j’ajoute à chaque bouteille 0,50 centimes d’euro pour la casse des beaux verres dans lesquels je sers le vin. On en casse en moyenne 3.000 par an ! » Tout paraît simple dans ce schéma. Bien sûr, il reste quelques questions de détail que je n’ai pas eu le temps de voir avec lui. Le stockage des vins, par exemple (un millier de bouteilles de cuvée Romain Pauc et bien plus encore sur d’autres étiquettes…), qui, à mon avis, doit être assuré par le vigneron lui-même, lequel doit s’occuper aussi de la livraison..

La langouste est la dernière attraction ! Photo©MichelSmith

La langouste est la dernière attraction ! Photo©MichelSmith

Un dernier détail : sur le pied de chaque verre livré à votre table figure un petit bandeau informant du nom du vin, de celui de la cuvée, de son appellation et de son millésime avec en prime le site internet du vigneron, du négociant ou de la coopérative. Ultime attention qui fait que savourer du vin aux prix pratiqués sur la carte a quelque chose de rare et d’enivrant.

Michel Smith


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Long live Parker!

Mon estimé collègue italien Daniele Cernilli, alias Doctor Wine, s’est fendu cette semaine d’un long article à la gloire de Robert Parker.

Le voici:

Long Live Parker!

by Daniele Cernilli 18-02-2013

To say that he was and, in many ways, remains the world’s most influential wine critic is a little simplistic. In his sector, Robert Parker left his mark on an era. He invented a method to evaluate, critique wines that before were described in literary, almost historical terms stressing honors won even more than a century before. With his reviews, published in his newsletter The Wine Advocate, Parker rocked the wine world in Bordeaux, totally turning traditional parameters upside down, questioning the validity of the established 1855 Grand Cru Classé classification and drawing attention to areas like Pomerol that had previously been considered ‘minor’. It is thanks to him that wines like Le Pin were discovered along with the so-called vins de garage,  of which only a few thousand bottles are made by small winemakers, which he first first singled out in Bordeaux and later in the rest of the world. He was also responsible for launching many great California reds and wineries like Screaming Eagle, Harlan Estate, Turley and Araujo Eisele Vineyards. And he had a prophetic vision of the extraordinary potential of areas like the Rhone Valley, the Langhe and Montalcino. Today these are established realities for the production of quality wines but 30 years ago few outside their respective countries knew about them.

What Parker did was to invent a modern, pragmatic and plausible way to rate wines based on personal tastings and using a points system (based on a scale of 0-100). In other words, his evaluations were based on his professional opinion and not on antique laurels that up until then were the standard, due to tradition more than merit. He even sparked a revolution, the repercussions of which are still felt today, when he wrote that for certain vintages a Lynch Bages, a Cinquémes Cru in the 1855 classification, was better than a Lafite, perhaps Bordeaux’s most celebrated wine.

Why am I saying all this? Because as you may have read, Parker has sold his publication to a financial group in Singapore, for several million dollars. He will stay on as a consultant and continue to write occasionally, giving more responsibility to his team of collaborators. This group, however, will not include Antonio Galloni who has decided to strike out on his own and, just a few days ago, quit the board atThe Wine Advocate. This is particularly important for Italian wines  because he was the one responsible at the publication for Italy. A guessing game has already begun on who will replace him and some have even gone so far as to mention yours truly, something I think is based more on wishful thinking than any real possibility. Whatever does happen what is important is that Parker stays involved in some way. The Wine Advocate is his baby, the product of his immense ability, his personal tastes and, despite what his critics may say, represents his world view and that of his readers. Thus it is not important who will replace him, what is important is that Parker continues to contribute and give philosophical direction to The Wine Advocate, without which would be certainly remain a good publication but without the authoritativeness that, thanks to him, it has won worldwide over the past 30 years. And so today, more than ever, Long Live Parker!

Vous m’excuserez de ne pas me donner la peine de vous le traduire. Si les notes de Parker vous intéressent, je suppose que vous maîtrisez non seulement la langue de Shakespeare, mais également la langue de bois.

Don’t let Parker screw you…

Je ne dirai pas que tout ce qu’écrit le Doctor Wine (quel drôle de nom, comme si notre amour du jus de la treille était une addiction…) est faux.

Personne ne peut contester à Robert Parker, ni sa gloire, ni son influence. Ni même certaines qualités de dégustateur. Ce n’est pas son goût qui est en cause – c’est le sien, il y a droit. Ni sa compétence. Juste l’extrapolation, l’exploitation qui en est faite.

A titre personnel, je déplore

-primo, une autorité aussi démesurée dans le monde du vin;

-secundo, tout ce que cette autorité a eu de pernicieux. Le « système » Parker et ses vis, pardon, ses vices de forme.

Sur ce dernier chapitre, je citerai un producteur du Médoc qui regrettait, jeudi dernier, qu’une bonne partie des Bordeaux 1989 et 1990 ne tiennent plus la route aujourd’hui.  « C’est à cause de la course à l’extraction et les températures de fermentations trop élevées qui ont été appliquées à l’époque, pour obtenir les vins que Parker appréciait » .

Nous en avons soupé, de ces Big Black Babies, noirs et body buildés dès l’enfance. Made in Bordeaux, sans doute, mais surtout Made in Tonnellerie.

Parker screw

Parker: formes de vis 

Que demandait à l’époque un nouveau propriétaire de château bordelais à son oenologue? Un vin comme-ci? Un vin comme ça?  Non, juste « Un vin qui fasse au moins 92 chez Parker ». Venir nous parler de terroir, après ça…

Il paraît que le gourou lui-même s’en est repenti, qu’il apprécie aujourd’hui des vins plus élégants. Mais entretemps, le mal est fait. Et qui lui demande des comptes? Ceux qui ont acheté, trop chers, des vins qui n’ont pas la qualité promise (celle d’une grande garde, comme tout grand cru qui se respecte), n’ont qu’à aller à Monkton se faire rembourser. Je ne connais pas les heures d’ouverture du guichet, malheureusement.

Et puis, Parker a ouvert la route à une espèce de vedettariat, du côté des critiques, du côté des producteurs, et même des oenologues. On a les gloires qu’on mérite.

Dans son sillage, James Suckling et le Wine Spectator y sont allés de leurs classements. Ce dernier ose même publier des classements annuels mêlant tous les vins du monde! Je ne comprends déjà pas bien comment on peut comparer un Saint Estèphe et un Saint Emilion, alors comparer un Châteauneuf-du-Pape, un Clos de Vougeot et un Napa… c’est à peu près aussi intelligent que de dire « j’aime la cuisine italienne ». 

Establishment

Le Doctor Wine commente aussi le grand courage qu’il a fallu à Parker pour « oser dépasser le classement de 1855″, pour oser écrire que Lynch Bages pouvait être meilleur que Mouton ou Lafitte; et faire découvrir à la planète des vins de garage (dont certains, à l’évidence, avaient très bien compris la recette Parker).

Ce que je constate, moi, c’est que dans les « classements » de MM Parker ou Suckling, les nouveaux venus sont relativement rares, un peu comme le sel sur le rôti. Ils donnent à l’ensemble un petit goût d’aventure, mais l’essentiel est ailleurs. Parker donne surtout à ses lecteurs ce qu’ils attendent; la confirmation que les prix qu’ils sont prêts à consentir pour des grands crus classés (de 1855 ou de Saint Emilion, notamment) sont justifiés. Que ce soit pour les boire ou pour les thésauriser. Parker fait partie de l’establishment, au même titre que les classements. Et les deux ne font qu’ôter au dégustateur lambda un de ses droits les plus sacrés: celui de se former une opinion par lui-même.

Quant au thermomètre de Parker, la notation sur 100, il me semble aussi adapté au vin qu’une paire d’ailes à un cochon.

Sous ses 100, ses 95 et ses 90, je vois d’abord des dollars qui flottent au gré du marché.

J’ai publié ICI il y a peu un commentaire sur les notes que Suckling a données (ou vendues?) aux Bordeaux 2010. Je parle d’éléphants et de Barnum. Et je ne sais toujours pas ce qui sépare un 98 d’un 99, un 99 d’un 100. D’ailleurs, la perfection est-elle de ce monde? Se boit-elle? Et surtout, si tôt?

Je redécouvre aujourd’hui avec plaisir les Bordeaux 2005 (j’ai dégusté dimanche un Coufran de toute beauté), moi qui ne les avait guère appréciés lors de leur passage à Bruxelles, avec l’Union des Grands Crus… en 2007. Alors que fallait-il penser des notes de Parker émises début 2006?

Wanted: educators

En résumé:  long live freedom of taste. Nous avons bien moins besoin de gourous du vin, de maîtres à penser, que de passeurs du goût. Ce qui nous fait défaut, ce sont des pédagogues, dans les villes, dans les campagnes, dans les vignobles. Des gens qui puissent nous expliquer ce que l’on peut vraiment attendre d’un vin de leur région. Quand je dis nous, je ne pense pas qu’aux journalistes, je pense aux buveurs de base, et notamment aux jeunes générations.

En France, mais aussi en Belgique et en Suisse, pour autant que je puisse en juger par mes voyages, je crois qu’une génération a été perdue – le vin n’a pas été bien transmis.

Nous avons aussi besoin de gens qui éduquent les vignerons eux-mêmes. De gens qui fassent découvrir à Sancerre qu’on fait aussi de grands sauvignons en Nouvelle-Zélande; des gens, à Margaux, qui fassent déguster les grands vins de Bolgheri. Des gens, à Lézignan-Corbières, qui montrent aux vignerons du cru que le grenache est aussi un grand cépage en Priorat ou en Australie.

Je ne me fais pas de mouron pour Robert Parker, qui semble-t-il, a bien vendu son affaire. Ni pour son égo.

Et pourtant, il n’est rien. Il n’existerait pas sans la spéculation absurde qui s’est emparée des grands crus comme hier, elle s’emparait de toiles de maîtres morts dans la misère. Tiens, au fait, Van Gogh, c’est 98 ou 99? Mieux que Picasso? Moins que Monet? Et Rembrandt? Pas trop sombre, la robe?

Cette spéculation qui n’a plus rien à voir avec le contenu de la bouteille, ce qui fait de ces vins des produits encore plus inabordables que  du temps des rois et des grands féodaux.

D’aucuns trouveraient cela indécent. Feraient des comparaisons idiotes. Une bouteille d’Yquem, 10 SMIG. Une bouteille de Margaux, 20 puits au Sahel. Mais comme je ne vois pas pourquoi on interdirait la vente des Ferrari à ceux qui sont assez bêtes pour en acheter, je ne vois pas au nom de quoi on interdirait aux gogos assez riches le droit de se faire plumer en achetant un vin surcôté. Je ne suis pas envieux.

Je remercie donc Parker de m’avoir facilité la tâche (ou la Grand Rue) en me détournant de vins dont tout le monde parle mais que personne ne boit.

Je continuerai à m’intéresser aux aux vignobles et aux vins dont je pense que le prix reflète vraiment le contenu.

Ah, j’oubliais. Je serais vraiment désolé si vous voyiez dans ce billet la jalousie d’un obscur plumitif vis-à-vis d’une grande gloire du métier. Ce serait trop facile. Trop mesquin de ma part. Ma critique est beaucoup plus profonde, elle ne vise pas l’homme, qui est respectable. Et puis surtout,  je n’ai aucune envie de remplacer Parker. Je ne demande qu’une chose: que personne n’occupe plus jamais le trône.

Hervé

PS. Et pour vous récompensé d’avoir lu jusqu’au bout, cette perle:

De ellende van ratings of The Downfall of a Cult Californian Winery – YouTube


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The Wine Investment Association (WIA) – a sadly missed opportunity


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After a two month consultation period, the WIA was officially launched on 14th February 2013. Certainly an association that attempts to offer guidance and confidence to investors, who are all too often misled, or at worst defrauded by unscrupulous ‘wine investment companies’, should be a very welcome development. Sadly this new initiative has to date been a missed opportunity.

The cold calling – an unsolicited phone call – of potential investors is one of the main curses of alternative investments such as wine, carbon credits and land banking. Having followed dubious drinks investments since 1996, cold calling is the principal way that investors have been persuaded to buy either inappropriate wine investments, which in some instances have never existed. Quite rightly there is a widespread distrust of companies that use cold calls. I certainly would not consider buying anything from a cold caller. I get rid of cold callers with various degrees of politeness or abuse depending upon my mood.

Details here of a BBC Panoramic programme showing how cold calling rules are flouted. (http://www.bbc.co.uk/news/uk-18600525)

It is, thus, very disappointing that the WIA’ code permits unsolicited cold calling. It has been suggested to me that permitting cold calls should not be ‘a deal-breaker’ with respect to cold calls. Rather that what really counts is important is having a code in place. This is not my view nor, much more importantly, the view of the UK’s Financial Services Authority (FSA), which bans unsolicited cold calls for investments purposes. Under FSA Guidelines only cold calls can only be made to customers who are anticipating a call. See the FSA’s one-minute guide to cold calling here: (http://www.fsa.gov.uk/smallfirms/resources/one_minute_guides/advice_sales/cold_calling.shtml)

‘How do we define cold calling?
Cold calling is where a financial promotion is made during any dealings with a customer which the customer did not begin.

However customers can be approached if they expressly request it. Failing to tick a box to say that they do not want to be contacted, or relying on standard terms that you may contact them again is not sufficient to allow you to cold call a customer.

What are the specific rules for investment business?
Investment rules allow for three scenarios where cold calls could be made:

the promotion is to an existing customer who anticipates receiving a cold call;

the promotion relates to packaged products that do not contain higher volatility funds, or to life policies not connected to higher volatility funds; or

the promotion only relates to readily realisable securities (but not warrants) or generally marketable non-geared packaged products.
(Les 5 comment: for investment purposes a cold call can only be made to someone who is expecting such a call.  Instances two and three are not relevant to wine investment)

Apart from the type of product being promoted, we also have rules about how the call must be conducted. Regardless of whether a call is a ‘cold call’ or expected by the customer, the caller must:

only make contact at an appropriate time of day;

identify themselves and the firm they represent at the start and make clear why they are calling;

ask whether the client would like to continue or terminate the call, ending the call if asked to do so; and

give a contact point to any client who they arrange an appointment with.

In contrast here is the WIA’s rather different definition of a permitted investment cold call (the bold is my addition):

The Association defines a cold-contact as a telephone call (or other communication) made to a private individual where there has been no previous communication with that individual, and where the individual has not provided his telephone number and/or given prior permission for the telephone call. Private individuals are able to opt out of receiving cold-calls by registering with the Telephone Preference Service (TPS). The Association will carry this advice on its own website, together with a link to the website of the TPS.

I am registered with the Telephone Preference Service (TPS). Being registered with TPS certainly does not prevent me from receiving numerous cold calls, although of course many of these calls may originate from outside the UK.

Had the WIA banned its members from making cold calls they would have made a very clear statement. A position that would have been clear and easy to promote – we don’t cold call. If you get a cold call from someone trying to sell you wine investments you will know that they are not a member of the WIA. As it now stands a cold caller may or may not be a member of the WIA. A confusing position for the old and vulnerable, who are especially at risk from cold calling.

Members of the WIA have told me that their strategy is to construct a big tent and that once they have a sizeable number of members ‘we can tighten up the rules once we get everyone in’. I am not convinced that this is a strategy that will work. Permitting cold calls is likely to put off companies who do not approve cold calls from joining the WIA, while encouraging those who do use cold calls to join. Much better to have been clear from the outset that the new Wine Investment Association would ensure that its code was in-line with that of the FSA.

Indeed Albany Portfolio Management Ltd, one of the WIA’s founders, does not use cold calls because they find them counterproductive and alienate potential customers. A pity they were unable to persuade the other three founding companies – Culver Street Trading, Provenance Fine Wines and Vin-ex – of the wisdom of their approach.

The WIA has also claimed that a ban on cold calling is unenforceable and that you ‘cannot stop cold calling’. It is obvious that the WIA has no regulatory powers and that given modern communications it is impossible to prevent all cold calling but that shouldn’t prevent an investment association taking a stand. After most of us disapprove of crimes like burglary and murder, even though we know there is no way we can stop them from continuing to happen.

The National Fraud Investigations Bureau has welcomed the creation of the WIA as reported in harpers here (http://www.harpers.co.uk/news/news-headlines/13486-wia-launches-wine-fraud-initiative):

Director of the NFIB, Det Supt Dave Clarke, said: « Fraudsters will always follow the money, with wine investment just the latest in a long line of investment opportunities that are being exploited and corrupted to the detriment of the industry.

« The NFIB sees an auditable framework of self regulation as a real and positive step towards maintaining and increasing consumer confidence, and assisting us to highlight those who do not operate to the necessary high standards. »

Although I understand why the police welcome organisations that attempt to provide self-regulation in alternative investments not covered by the UK Financial Authorities, in this instance the WIA has set the bar too low and, in allowing cold calling’ they have not adopted ‘the necessary high standards’ cited by Det Supt Clarke.

The WIA code concludes thus: ‘in the course of its commercial activity no Member shall act permit any action to be carried out on its behalf, which, in any way:’ ‘brings, or may bring, the Association into disrepute’.

Permitting cold calling will bring the WIA into ‘disrepute’.

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Vins pas chers et vins «naturels» mais imbuvables

La semaine passée a été assez dense en idées et en expériences gustatives diverses. Du coup je me trouve avec plein de sujets à traiter. Je vais tenter d’en combiner deux dans cet article, repoussant à la semaine prochaine ma récente dégustation de Mondeuses de Savoie, qui constituera une autre forme de poursuite de ma quête pour de bons vins pas chers.

Parlant de bons vins pas chers, j’en ai dégusté plusieurs cette semaine, un peu au gré des arrivages et issus de différentes régions. Je vais vous en livrer une petite sélection. Maintenant, nous savons tous que le prix moyen d’une bouteille de vin vendu en France atteint à peine les trois euros. Est-ce bien raisonnable ? Mais étant, à l’autre extrême, assez révulsé par les prix astronomiques des vins vedettes sur le marché de la spéculation, d’où qu’ils viennent, je me suis fixé comme mission de trouver des bons vins autour de la marque des 5 euros, car j’estime que 3 euros est quand-même insuffisant pour faire vivre un producteur.

Je sais bien qu’il vaut mieux mettre une petite dizaine d’euros de plus pour trouver de très bons vins, comme pour assurer un revenu décent aux vignerons, mais ces vins-là (je veux dire les vins autour de 5 euros) existent, ils sont nombreux, et il faut en parler ! Bien sûr qu’il ne faut pas toujours leur demander une grande complexité ni un raffinement total. Mais ils peuvent être simplement bons, droits, issus de fruit mûr et bien faits, et c’est déjà plus qu’honorable. Les adeptes du goût de la roche x ou de la pierre z feront peut-être la fine bouche devant ces vins, mais moi j’ai éprouvé du plaisir à les déguster et j’estime qu’ils représentent bien leur régions et cépages respectifs. Ils ont aussi l’énorme mérite d’être accessibles à un très grand nombre d’amateurs de vins et pas seulement à une petite élite.

Cheval Noir, Bordeaux 2009 (vin de négoce de la maison Mahler Besse)

Un joli fruité en bouche, donnant une impression juteuse et dynamique. Pas mal pour une année souvent chaleureuse. Il a aussi de la structure et de l’équilibre. Cet excellent bordeaux moderne offre du plaisir et de l’allant sans renier ses origines. Bon il est un peu au-dessus de mon cible en prix, mais il les vaut. (8 euros)

Château Grand Renom, Bordeaux 2011 (Maison Antoine Moueix)

Joliment fruité, aux saveurs précises et avec une structure tannique encore présente mais sans écraser le palais, ce bordeaux rouge, très agréable et digeste, à la finale nette qui évite tout aspect végétale, représente un excellent rapport qualité/prix (5 euros)

Chinon 2011, Ackerman

Cette maison très connue pour ses vins pétillants de Saumur élabore aussi des vins tranquilles, et c’est plutôt réussi d’après les trois vins que j’ai dégusté la semaine dernière. Celui-ci est frais du nez sans verser trop dans le végétal trop courant dans la région. En bouche, le fruité est alerte, bien gourmand et assez mûr. Il est porté par une belle vivacité. Un vrai délice, surtout à ce prix-là (5,50 euros)

Sauvignon 2011, Vin de Pays du Val de Loire, Ackerman (capsule à vis)

Vif, direct et très fruité. C’est un très bon exemple du style qui a fait la renommée de la Nouvelle-Zélande, par exemple. Oui, la France peut aussi faire cela et pour des prix très compétitifs et bien moins cher que la plupart des sauvignons des Antipodes! (3,80 euros)

Cabernet d’Anjou 2011 (capsule à vis)

Un tendre demi-sec, frais, net et joliment fruité. Très plaisant dans son style et pourquoi pas sur certains plats un peu épicés. (3,95 euros)

Mas Fenouillet, Faugères 2009, Jeanjean

J’ai le souvenir d’avoir dégusté ce vin il y a un ou deux mois et avoir été fort surpris par la modestie de son prix. Assemblage de 4 cépages sudistes (grenache, syrah, mourvèdre et carignan), il sentait bien la garrique et avait ce charme un peu rocailleux, sans excès repoussant, des vins de cette région. Une excellente affaire qui a du caractère. (3,95 euros)

Maintenant mon deuxième sujet de la semaine. Décidément je me méfie de plus en plus des vins dits « nature ».

Je sais qu’il ne fait pas généraliser. Je sais qu’il doit y avoir de bons (et j’en ai même dégusté, assez rarement). Mais le nombre de mauvaises expériences que j’ai vécu avec ces vins que les gens appellent, assez stupidement, « nature » ne cesse de croître; la proportion de mauvais, voire de TRES mauvais produits que j’ai rencontrés dans cette catégorie floue dépasse assez nettement celle que je constate avec d’autres catégories de vins. Je vais quand-même vous parler de ma dernière mauvaise expérience dans le genre car cette série de 4 vins combine à peu près tous les défauts que j’ai déjà constatés avec d’autres vins «nature».

Le Domaine de Majas se trouve dans les Pyrénées Orientales. Je ne sais pas si l’honorable forgeron connaît sa production, mais je lui conseille de l’éviter!

Sur la petite carte qui accompagnait l’envoi des 4 échantillons, il est marqué, entre autres «Buvez Nature !». Et bien j’ai tenté l’expérience, mais je crois que je n’y reviendrai pas de sitôt car ces vins étaient repoussants par leur odeurs et déplaisants par leurs goûts. Ce petit document parle aussi de sols argilo-calcaires ou schisteux. Aucune trace de cela dans ces vins-ci, pas plus que de « leur fruité, leur fraîcheur et leur minéralité ». Tous étaient dévorés par d’abominables défauts qui les rendait, en ce qui me concerne, impropre à la consommation. Sont-ils les vins qui ont déclenché l’agacement de Michel Bettane voici quelques temps ? Si c’est le cas, je peux le comprendre. En tous cas ce n’est pas ce genre de vin qui fait avancer la cause. Plutôt il nous fait retourner 100 ans ou plus en arrière, au mauvais vieux temps!

Domaine de Majas blanc 2011, IGP Côtes Catalanes

Odeur de souris, de poussière, sans aucun fruité, sauf de la pomme blette. Du gaz, de l’acidité et une certaine amertume en bouche. Courte et rêche de texture.

Domaine de Majas blanc, grappes entières 2011, IGP Côtes Catalanes

Robe jaune profonde, clairement oxydative. Nez huileux, peu aromatique. Sans aucune expression de fruit en bouche, ce vin semble avoir 20 ans. Un peu de gaz et de l’amertume aussi.

Domaine de Majas Cabernet Franc 2011, IGP Côtes Catalanes

Nez de fumier : je ne suis pas spécialiste, mais on dirait du cheval. Pas de fruit et crayeux et rêche en bouche. Très court. Sans charme aucune, très probablement plein de bretts.

Domaine de Majas, Three Trees, Col de Ségas 2009, IGP Côtes Catalanes (assemblage de carignan (75%) et de grenache (25%), vigne de 130 ans)

Nez métallique et de souris morte en décomposition. Très déplaisant. Acidulé mais sans fruit en bouche. Acide, amer et végétale: une horreur !

Je ne sais pas exactement combien valent ces flacons en France. L’excellent Wine Searcher m’indique que la dernière cuvée mentionnée est en vente en Belgique autour de 8 euros la bouteille. Avouez que cela fait bien cher pour de telles horreurs. Je me demande même comment on peut boire cela! Est-ce que quelqu’un veut bien m’envoyer un échantillon d’un bon vin «nature» avant que j’y renonce complètement ?

David


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#Carignan Story # 157 : cet étrange petit goût de marijuana…

Une remarque inattendue a illuminée ma journée. De son Oregon natal, mon ami Russell, nouvellement converti au Carignan depuis qu’il a vendangé notre vigne de Tresserre responsable d’un formidable petit rouge nommé Puch, m’adresse électroniquement ce message que je vous livre sans y avoir changé le moindre mot :

« J’ai remarqué un arôme et goût que je décrirais comme ‘chanvre’ et j’ai rendu compte soudainement que c’est le goût/arôme (au moins pour moi) que je trouve dans tout les vins purs (ou majorité) carignans que j’ai bu – pour moi c’est le « carignan tag ». »

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Pas étonnant qu’en goûtant ce nouveau carignan du Domaine des Vingt Vertus offert récemment par un ami, j’y ai retrouvé quelque chose qui me rappelait mes premiers joints de ma jeunesse, ceux que des mains expertes nous préparaient avec soin entre deux visites de barricades. Une pointe d’amertume herbacée se mariant à une fruit cacaoté et voilà que je songe au délicieux gâteau que me préparait Caroline, une charmante anglaise vivant à Paris, selon une recette apprise à San Francisco au tout début du Flower Power…

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Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Je rassure Julien Galabert, l’auteur de ce nouveau carignan arborant l’étiquette de son Domaine Vingt Vertus, dont le chai est sur la commune de Salses-le-Château : je ne vais pas transformer ici son vin en une sorte de bête curieuse pour nostalgiques des années 60. Non collé et non filtré, son Côtes Catalanes 2011, revu trois jours après une première ouverture, se fait plus tendre au nez, un peu plus sur le fruit aussi. En bouche, il paraît riche (14°5 d’alcool), presque sucré et, bu au sortir du réfrigérateur, il se marie très bien aux tranches de boudin catalan que j’ai faites frire à la poêle pour plus de croquant. Cela tombe bien car le vin rebondit en accentuant ce côté croquant. Il va donc falloir surveiller ce jeune vigneron (Tél. 06 16 14 84 83) de 33 ans qui, avec une dizaine d’hectares hérités de ses grands-parents ne demande qu’à se faire connaître.

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Tiré entre mille et deux mille bouteilles chaque année, son deuxième millésime de Carignan provenant d’une très vieille vigne d’un tiers d’hectare que travaillait son arrière grand-père, est commercialisé à 8 € départ cave.

Michel Smith


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Exclusif Les 5 du Vin: Cheval Blanc mis hors de cause

De source bien informée, les services sanitaires français n’ont finalement pas levé l’agrément du Château Cheval Blanc.

Mis en cause, semble-t-il, par des particuliers qui reprochaient à l’entreprise de vendre sous le nom de cheval des produits n’en contenant pas, le domaine risquait gros. Et avec lui, les différents maillons de la chaîne de commercialisation, particulièrement opaque. D’autant plus qu’avec le système des primeurs, on le sait pas toujours au moment de l’achat le contenu exact du produit qui sera finalement livré.

chevalblanc

L’assemblage de différentes cuves, c’est un peu comme l’empilage des couches de lasagne.

Bref, la place de Bordeaux aurait pu se voir interdire tout abattage!

Mais grâce à cet heureux dénouement, Cheval Blanc peut donc continuer à exporter ses vins, y compris en Grande Bretagne. My kingdom for a horse.

Hiiii! Hervé


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Le marathon de fin janvier

Des photos, peu de texte

Roussillon concours Grenache 128

Cette année, c’est à Perpignan que tout a commencé. La veille de la Convention d’affaires autour des Rencontres du Muscat se tenait le premier Concours International des Grenaches du Monde. Ce style de compétition est dans l’air du temps, mais ce dernier me semble bien plus intéressant que celui du barbant Merlot ou de l’usant Sauvignon, sans parler de celui du Chasselas…

Roussillon concours Grenache 019

la belle couleur d’un Grenache ambré

Pour les résultats www.grenachesdumonde.com/fr

Le souci de cette première mouture, l’absence de pointures. Il y avait bien quelques belles bouteilles, mais les grands ténors du genre manquaient à l’appel. Mais ne faut-il pas toujours un round pour rire avant de se faire envahir par une nuée de flacons prestigieux ? Un vœu pieu, certes.

Les Grenaches venaient d’Australie, d’Afrique du Sud, du Brésil, d’Espagne, de France, d’Italie et de la République de Macédoine, soit 364 vins en compétition. L’avantage du Grenache ou plutôt des Grenache, c’est qu’ils existent en plusieurs couleurs et de l’effervescent au VDN;  de quoi ne pas s’ennuyer!

Roussillon concours Grenache 032

Un vin incroyable! Il développe des amertumes sucrées superbes, j’y reviendrai, 1913 a été le dernier millésime mis en bouteille; le suivant, l’année prochaine, ce sera 1914 – une année particulière…

Millésime Bio 2013 (49)

Enchaînement avec Millésime Bio, déjà la 20ème  édition. Et sincèrement une montée en qualité assez remarquable. Quelques belles découvertes de cépages, de nouveautés, …

et quelques potes rencontrés

Florian Andre

Avec Frédéric David, Florian André a acheté 1 ha à Châteauneuf, ils l’ont coupé en deux et tiré au sort le côté à conduire

Frédéric David

Malgré le même terroir (derrière La Gardine), l’élevage différent en fait deux vins proches mais… différents

Passage au « off » de Palavas. Les offs sont un peu le sel des ins, ils se renforcent les uns les autres, drainent plus de visiteurs.

Millésime Bio 2013 (98)

Millésime Bio 2013 (104)

Vient après la Percée du Vin Jaune. Cette année, c’est le village de Voiteur au pied de Château-Chalon qui accueillait ce grand évènement jurassien.

Percée 2013 036

On y a connu toute les saisons, du matin ensoleillé à la fuite sous la neige fondante et la grêle mêlée, une expérience humide que j’ai trouvée amusante.  

Percée 2013 034Percée 2013 058Percée 2013 067

Le Salon des Vins de Loire termine le parcours avec une étape au off de Renaissance au Grenier St Jean. L’affluence y est toujours surprenante, l’ambiance fait penser au marché moyenâgeux, bigarrée, pleine de rencontres exaltantes.

Percée 2013 082

Michel Augé du Domaine des Maisons Brûlées

Le lendemain, le Salon, son Blog Wine Trophy, ses allées peuplées, et l’idée de déguster les satellites ligériens, de la Côte Roannaise au Gros Plant Nantais.

Percée 2013 098

Vincent bosse.

Percée 2013 099

Michel s’ennuie (et Dominique Hutin compatit)

Percée 2013 091

Nous, on déguste de la Côte Roannaise…

Percée 2013 124

ou ce superbe Gros Plant.

Percée 2013 134

Ou encore, clin d’œil, un vieux Bourgueuil 1974, chez Lamé Delisle Boucard (Johan Degroef, d’IVV, a l’air d’apprécier).

Ciao

Roussillon concours Grenache 021

Marc

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