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Deux rosés de Baixas

J’ai de vieilles attaches avec Baixas (Pyrénées-Orientales)  qui datent de l’école – un de mes copains de classe était natif  du lieu.

Un peu par hasard, j’ai renoué ces liens en dégustant, à plusieurs reprises, aux Vinalies et au Mondial du Rosé, en compagnie de l’oenologue de Dom Brial, l’excellent André Serret.

Grâce à lui, l’année dernière, j’ai pu découvrir un rosé assez étonnant, voire détonnant, le Rivesaltes rosé.

Cette année, je me suis plutôt intéressé aux rosés secs de sa cave, alias Hélios et Les Pins & Co.

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Toute affect mis à part, je les trouve intéressants tous les deux, car ils illustrent deux styles  différents de rosé – même si dans les deux cas, il s’agit de rosés de saignée, issus des mêmes cépages, le grenache et la syrah.

Le premier, l’Hélios, c’est la richesse, le fruit mûr, le jus, la matière.  Une belle couleur framboise intense – pour reprendre la typologie du Centre du Rosé. Au nez, de la grenade – OK, explosive, si vous y tenez. En bouche, aucune lourdeur, mais de la rondeur, du gras, du fruit – quelques notes de garrigue, aussi. Un grand, un beau rosé de table (mais il ne vous gâchera pas votre apéro). Un vin solaire, forcément solaire…

Le second, Les Pins & Co, arbore une robe plus claire – saumon abricoté, dirons nous. Côté nez, on tire plutôt vers le brugnon et le floral. C’est peut-être moins explosif que l’Hélios, mais ça dure. C’est plein. En bouche, c’est vif, presque salin, avec quelques notes de groseilles. C’est plus aérien, plus épicé aussi (thym, sauge, anis étoilé)… Les vignes sont situés autour du  Château des  Pins, fameux pour son muscat et son Rivesaltes Ambré, d’où le nom "Les Pins & Co" (également décliné en rouge et en blanc).

Et vous savez le meilleur? Dans aucun des deux, je n’ai trouvé, ni de bonbon anglais (le fameux Ami Lick), ni de pamplemousse. Ce sont deux vins avant d’être des rosés, deux purs produits du raisin, bien vinifiés, pas outrageusement fardés…

J’espère que ce genre de produit clouera définitivement le bec de ceux qui se croient malin en déclarant doctement que "le rosé, c’est pas du vin".

"Buvez-en de meilleurs", ai-je envie de leur dire.

Et maintenant, amis de Baixas et d’ailleurs, à votre santé!

Hervé

PS. Ah oui, au fait, on prononce bachasse, et pas béksasse. Y a pas marqué bécasse…

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