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#Carignan Story # 167 : En avant les Yerle !

Si vous ne connaissez pas encore Puech Auriol, c’est le moment ou jamais ! Conseillé de maints domaines viticoles en Europe, Stéphane Yerle, Bigordan d’origine, est un technicien formé à l’école Ducourneau (Madiran). Il fait partie de ces gars que j’aime bien côtoyer pour leur curiosité, leur largesse d’esprit et cette volonté qu’ils ont, mieux, cet enthousiasme à vouloir se rapprocher de la vigne, la source même de leurs travaux. Avec son épouse Cécile, qui elle est du pays, Stéphane met tout en œuvre pour, en dehors de ses voyages, se rapprocher de cette « vigne mère », ou « vigne jardin » qui lui permet de se ressourcer. Installés à la Villa Voltaire, sur Cazouls-les-Béziers, les Yerle conduisent leur vignoble en biologie depuis pas mal de temps déjà. Travail du sol, apport de fumier, les vignes sont effeuillées à la main et vendangées en vert, les raisins sont ramassés en caissette puis élevés en petites cuves sur leurs propres lies de fermentation.

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Le Carignan, qui dans cette cuvée « domaine » est âgé de 50 ans en moyenne, occupe chez eux une place prépondérante, persuadés qu’ils sont que la diversité de l’encépagement fait la force du Languedoc. Il est planté sur marnes sableuses du Miocène et argilo-calcaires du Pilocène. Ils ont aussi quelques spécimens de ce cépage en blanc qu’ils associent au chardonnay. Une autre vigne perdue dans la garrigue est plantée de pure syrah, tandis qu’il reste des parcelles de grenache donnant un excellent « Tourments » élevé en pièces de 600 litres, sans oublier de l’aramon et du cinsault qui, associés au carignan et au grenache donne une explosif vin de soif appelé « Gros Grains » (7 € départ cave) que les amateurs s’arrachent pour accompagner les grillades.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Servi frais en ce premier jour de presqu’été, le vin se boit divinement bien sur une tranche de veau accompagnée de petits légumes. Non filtré, pour ainsi dire prêt à boire, ce Puech Auriol 2010, Coteaux d’Ensérune pour les initiés, se présente avec un nez étoffé et fin, légèrement marqué par la garrigue et la framboise sauvage. D’un registre plutôt léger malgré ses 13,5°, il se conduit avec fermeté en bouche, se faisant à la fois pulpeux et charnu, maintenant de purs accents fruités jusqu’en finale. On peut encore l’attendre 2 à 4 ans. Cela n’empêche qu’à deux, en lui laissant quand même le temps de respirer (décantage), la bouteille (9 € départ cave) a été vidée en un rien de temps ! Croyez-moi, c’est un bon signe !

Michel Smith

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