Les 5 du Vin

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#Carignan Story # 175 : L’Infernal et la mise au point

Retour sur cette histoire du Samso que j’évoquais dans ma rubrique l’autre Dimanche, article dans lequel j’implorais mes amis Vincent Pousson et Ivo Pagès de me trouver une explication logique et linguistique à mon questionnement. Ivo qui, tel un gros chat catalan vit une sorte de retraite dorée à deux pas de la maison du Maître, à Cadaquès, d’où il commercialise aussi du vin, Ivo, donc, me fait savoir ce qu’en éternel étourdi de première j’avais tout bêtement oublié : le terme « Samso » est utilisé en Catalogne tout simplement pour qu’il n’y ait pas de confusion possible avec la DO Cariñena, cette appellation (et cette ville aragonaise) où, souvenez-vous, il n’y a plus beaucoup de pieds de Carignan (ou Mazuela) mais bien plus de Grenache noir, de Cabernet Sauvignon et de Tempranillo. Promis, j’y reviendrais un jour… avec une excursion probable dans l’espoir de vous ramener, qui sait ?, un vrai Carignan de Cariñena.

L'une des vignes du Trio Infernal. Photo©MichelSmith

L’une des vignes du Trio Infernal. Photo©MichelSmith

Cette mise au point effectuée, j’en profite pour bourlinguer avec vous un fois de plus sur le sol Catalan (et Espagnol pour ne pas froisser certains…) en bifurquant encore plus au Sud vers ce pays qui ressemble à s’y méprendre à nos spectaculaires paysages du Fenouillèdes pourtant situés à 300 km plus au Nord. Je me remémore un passage dans ce beau village de Torroja où, de ma chambre d’hôtel, je pouvais distinguer les vignes du Trio Infernal dont j’avais pu goûter quelques bouteilles en compagnie de Pepe Aguilar dans le n°65 de ma désormais célébrissime et dominicale chronique carignanesque. Pepe, c’est l’homme de mains, si j’ose dire, de Peter Fischer (Coteaux d’Aix-en-Provence), Laurent Combier (Crozes-Hermitage) et Jean-Michel Gerin (Côte-Rôtie).

Pepe, le génial gardien du Trio. Photo©MichelSmith

Pepe, le génial gardien du Trio. Photo©MichelSmith

Sur les 10 ha du vignoble « infernal », une part non négligeable est constituée de vieux carignans – dont des vignes centenaires en fermage – et, depuis 2002, date de leur arrivée, les trois copains ont même replanté ce cépage sur un hectare. Tout cela sur du schiste. Lors d’un mémorable et trop court séjour cet hiver à Revelette, chez Sandra et Peter Fischer, j’ai pu goûter deux millésimes de sa cuvée la plus recherchée, celle qui est constituée de ses carignans les plus anciens. Un cadeau que je dois à la générosité de Peter.

Un extraordinaire 2007. Photo©MichelSmith

Un extraordinaire 2007. Photo©MichelSmith

-Priorat 2007 (pur Carignan de vignes centenaires à 400 m d’altitude pigés en fûts de 500 litres ouverts durant 5 semaines, puis élevage en fûts neufs de 500 litre sur 18 mois). Très complexe et varié, le nez s’ouvre immédiatement et évolue très rapidement comme s’il avait un besoin urgent de s’exprimer. C’est la finesse qui s’impose avec des notes de mine de crayon, des fruits rouges grillés et un léger boisé. Impression suave en bouche avec, comme pour retenir l’attention, une forme de grésillement qui vient se mêler à la sensation d’épaisseur. Longueur infinie. 4000 bouteilles produites sur 3,8 ha. 65 € à la boutique du Château Revelette  à Jouques.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-Priorat 2008 « Aguilera » (la même vigne que pour le précédent, vin qui était étiqueté « N° 2/3 » et qui, à partir de 2008, prend le nom d’Aguilera (nid d’aigle), tandis qu’à partir du millésime 2011 apparaîtra un deuxième vin « Fonsclar » (petit bourgeois) associant trois terroirs d’altitudes différentes). Plus fermé au nez comme en bouche, c’est surtout la fraîcheur qui s’exprime avec force et conviction. Magnifique de texture, le vin est très serré et demande encore d’attendre 2 à 3 ans avant de se libérer.

Les falaises de Montsant délimitent une partie du Priorat. Photo©MichelSmith

Les falaises de Montsant délimitent une partie du Priorat. Photo©MichelSmith

Deux grands vins.

Michel Smith


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Le mot et la chose… un Beaujolais n’est pas un Bourgogne!

Sur Vinexpo, la maison mâconnaise Mommessin (Groupe Boisset) présentait son Bourgogne Gamay « Grand Granite ».

L’idée? « Mettre en avant les grands terroirs de granit que l’on trouve dans les crus du Beaujolais», comme l’expliquait à nos confrères de Vitisphère François Jaubert, directeur technique de la société.

Cette cuvée est issue de vignes de Gamay de trois crus du Beaujolais: Moulin-à-Vent, Morgon, Brouilly, terroirs qui donnent «les vins les plus capiteux de la région». 

Mais ôtez moi d’un doute –  pourquoi ne pas vendre cette cuvée sous le nom de Beaujolais Villages?

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 Pouilly le Monial, en Beaujolais… et pas en Bourgogne (photo H. Lalau)

Comment Bourgogne Gamay, appellation régionale et peu usitée peut-elle être plus valorisante que Beaujolais ou Beaujolais Villages, surtout pour une cuvée prétendument « haut de gamme » et connotée terroir?

Et surtout si l’on parle de mettre en avant les granites du Beaujolais!

Déjà, j’ai du mal à comprendre la réflexion qui soustend la mise en place des Coteaux Bourguignons (pour moi, à peine une IGP, vu la variété des sols et des micro-climats).

Mais un Bourgogne Générique Haut de Gamme produit sur les meilleurs terroirs du Nord Beaujolais, là, je voudrais vraiment qu’on m’explique la démarche. Est-ce que c’est juste de l’opportunisme marketing? Ou j’ai loupé un épisode?

Rendons au César (et au Pinot) ce qui est à la Bourgogne, et au Gamay ce qui est Beaujolais, et les chèvres seront bien gardées…

Granites ou terres dorées, vive les terroirs du Beaujolais – quand même!

Hervé


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Carignan chilien

BICICLETAS  (27)

Petit à petit le Carignan fait son nid… ou le refait. Fortement planté dans le monde il y a encore quelques dizaines d’années, le cépage s’est vu déprécier, puis arracher.

Depuis quelques années…

Mis à l’index faute de qualité suffisante, le Carignan retrouve grâce aux yeux de quelques vignerons. Guère différent en cela de ses pairs, il ne supporte pas les rendements excessifs et demande une maturité suffisante pour dans la bouteille brillé d’épices et de fruits.

Ce doit être en Languedoc qu’il a dû virer sa cuti. D’une ou deux cuvées 100% éditées à tirage limité il y a encore une vingtaine d’années, ce sont aujourd’hui plus de deux-cents Carignan qui voient le jour à chaque millésime. Mais d’autres régions du monde sont sur les rangs…

La surprise

On croyait le Carignan endémique de notre pourtour méditerranéen et voilà qu’on le croise au Chili. Il y a même-là une association de 12 domaines qui se revendiquent du cépage. Ils se nomment Vignadores de Carignan (le gn à la place du ñ pour rappeler le gn du cépage) et désirent offrir à leur pays la première appellation d’origine.

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Origine et épicentre du Carignan au Chili

Le cépage apparut après le tremblement de terre qui ravagea en 1939 tout le sud du pays. On le planta principalement dans la vallée du Maule dédiée au cépage País. Sa fonction, améliorer la couleur, la texture et l’acidité les vins issus du cépage traditionnel.

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Un terroir rêvé

Le Carignan maulino (= du Maule) pousse sur un sol granitique décomposé en sable en surface et mélangé d’argile rouge, un terrain faible en matière organique mais riche de débris de quartz. Conduits en gobelet, les ceps épousent les lentes ondulations du relief. L’orientation des parcelles varient, les nordiques n’offrant que peu de répit à la chaleur et sécheresse ambiante, dénommée à juste titre « secano ». Les vins sortent bien colorés, intenses en arômes fruités, structurés et tanniques, bref, des cuvées de caractère, cela malgré la non-irrigation. L’âge des vignes jouent son rôle, elles dépassent en moyenne les 60 ans, quoique l’association autorise des ceps d’au moins 30 ans, et les vins commercialisables 2 années après la vendange. Deuxième acteur, pourvoyeur cette fois de fraîcheur, le sol granitique, roche acide elle fait baisser le pH des vins et leur confère un équilibre inattendu. L’interdiction d’emploi de produits chimiques renforce encore l’identité de ces Carignan « pacifiques ».

www.vigno.org/carignan

 

Deux cuvées disponibles par chez nous (du moins en Belgique…)

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Carignan 2010 Garage Wine & Co

Grenat noir, il évolue velouté dans le verre. Y plonger le nez, c’est s’immerger dans un océan fruité, évocation de mures écrasées, de myrtilles croquées, libération de parfums musqués d’airelles. Viennent quelques baies rouges, fraises et groseilles, compléter la corbeille. Réglisse, poivre noir et impressions de sauge offrent leur atmosphère épicée. Légèrement salin, la bouche rappelle les embruns et balance bien la richesse aromatique presque sucrée. Une fraîcheur citronnée renforce l’équilibre. Les tanins itou par leur tendre rusticité. Le côté gourmand est certes soutenu par la rondeur des 9% de Grenache assemblés.

 I am Chile

Les vignes ont plus de 80 ans.

Le vin est élevé pendant 14 mois en barriques de chêne français. http://indievintner.com/

Garage ? Parce que ce Canadien, Derek Mossman Knapp, installé au Chili a débuté son activité dans son garage avec une double philosophie familiale et bio.  

COR CARIG

Cordillera Carignan 2008 Miguel Torres Chile

Grenat pourpre aux reflets encore violacés, ce Carignan ne fait pas son âge. Le nez le confirme, les fruits rouges et noirs semblent tout frais cueillis, écrasés dans l’assiette et saupoudrés de poivre. Des traces de cacao soulignent la rondeur des baies. L’élevage se fait à peine remarquer par quelques effluves de café légèrement torréfié. La bouche ample montre d’emblée sa structure importante, architecture tannique encore bien affirmée, mais arrondie de chair fruitée, rafraîchie du jus acidulé des baies senties, accentué par le relief minéral qui comme autant de petits grains titillent la langue. La longueur se révèle riche et offre un supplément savoureux de tabac blond un rien vanillé qui macère dans une liqueur d’herbes aromatiques.

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Bodega Miguel Torres Chile

 

Les Carignan ont de 50  à 80 ans. Le vin est élevé pendant 12 mois en barriques de chêne français dont 30% de neuves et 70% de 1 vin.

VIGNO Club de Vignadores de Carignan rassemble à la fois de toutes petites entités et de plus importantes. Miguel Torres n’a pas hésité à rejoindre le club et tenter l’aventure Carignan. Ce millésime est le premier et fait depuis partie de la gamme Cordillera.

www.torreschile.com

 Copie de Cordillera Fundo 2

Chaque matin, dans la vallée du Maule, les Andes initient le rituel de l’union entre la terre et la vigne…

 

Ciao et merci Michel de m’avoir laissé pour un jour « ton » cher Carignan!

 CORDILLERA102010©MARINMT (8)

 

Marc

 


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Compiti delle vacanze «frizzante» sul lago

Bon, je vais vous épargner le détail sur la rengaine qui, dans les années 70, voulait qu’il neigeât un jour sur le Lac Majeur… « et le pauvre vin italien s’est habillé de paille pour rien… ». Amateurs de vieilleries, allez voir par ici. Honnêtement, avec le recul, il me semble que les paroles d’Étienne Roda-Gil pour Mort Shuman sont plus intéressantes que la ritournelle de ce dernier. Bref, si j’essaie de vous épargner tout cela, c’est parce que je suis en vacances et qu’il fait chaud. Lourd même.

De Laveno, vue sublime sur le lac et les Alpes. Photo©MichelSmith

De Laveno, vue sublime sur le lac et les Alpes. Photo©MichelSmith

Ce qui explique mon drôle de titre : Devoirs de vacances sur le Lac… à condition que mon traducteur ne m’ait pas trahi. Et en insistant sur l’aspect frizzante de ces devoirs très particuliers. Marc, toi qui pratiques l’italien mieux que moi, je compte sur toi pour me rassurer. Quant à vous, cher Lecteur, j’espère que vous me suivez !

Les ferries sillonnent le lac... Ici à l'approche de Laveno. Photo©MichelSmith

Les ferries sillonnent le lac… Ici à l’approche de Laveno. Photo©MichelSmith

Tantôt ambiance tropicale sans la musique ni les fruits qui vont avec, tantôt en phase fins de journées sublimes avec vues ennuagées à perte de montagnes, tantôt matinées éclatantes de soleil. Car sans compter les collines et les hauts sommets alpins qui se dessinent face à moi derrière la ville de Vernabia, je peux par moments discerner 5 à 6 monts culminant entre 3.000 et 4.000 mètres et plus. Ce panorama assez unique s’offre à mes yeux en permanence, avec de temps à autre une surprise de taille, le fameux Mont Rose qui tutoie le Mont Blanc avec ses plus de 4.600 mètres d’altitude. Si je vivais ici en permanence, pourrais-je me lasser un jour d’un tel spectacle ?

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Comme moi vous comptez probablement parmi les fanas de l’Italie. Dans ce cas, vous avez reconnu et probablement envié ma position : à 500 mètres d’altitude environ, au-dessus de Laveno-Mombello, bourgade d’opérette jadis connue pour ses céramiques. En d’autres termes, je loge provisoirement sur les rives lombardes du Lago Maggiore, à 20 ou 30 km de la frontière Suisse, face au Piémont. De ce magistral balcon, prêté par mon amie Nadia Lingero et son mari Alberto Piccoli, j’ai parfois l’étrange sensation de dominer le monde et d’avoir à mes pieds une mer rendue, grâce au vent, légèrement frizzante.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Aussi, pour retomber les pieds sur terre, me suis-je livré à un petit exercice tout simple qui consiste à me rendre chez le meilleur caviste du coin – Bruno Bottazzi qui dirige L’Enoteca de Besozzo en plus de parler admirablement le français – avec comme idée de me construire une mini dégustation sur le thème imposé «Lambrusco & cie». Advienne que pourra, je lui ai dit en substance «faites moi un bon choix de 6 bouteilles bien en dessous de 10 € en laissant tomber Franciacorta», appellation de style trop champenois déjà largement abordée dès les premiers pas de ce blog commun. Sitôt dit, sitôt fait je repartais avec mes devoirs dans un carton, de quoi me farcir quelques apéros  dans les grands verres genre Riedel prêtés par Nadia & Alberto.

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Dégustation sur la terrasse. Photo©MichelSmith

Ne comptez pas sur moi pour détailler la législation italienne en matière de bulles frizzante ou pas, qu’elles soient directement inspirées de la « méthode champenoise » ou de la « cuve close » style Charmat. Je suis en vacances, en conséquence prière de ne pas déranger mon cerveau. Cela dit, à propos de bulles ritales, je vous conseille chaudement le très documenté blog Mille Bolle de notre confrère Franco Ziliani. Bon, c’est en langue de Dante et il y présente souvent de nombreux vins français, mais le gars a des dossiers très précis sur toutes les appellations italiennes.

Six échantillons pour quatre retenus. Photo©MichelSmith

Six échantillons pour quatre retenus. Photo©MichelSmith

Retournons à l’objet de ma chronique. Voici les vins que j’ai aimés.

-Il ne plaît pas à tout le monde ce Lambrusco (IGT Emilia) « La Luna » de chez Ceci. Serait-ce à cause de la ficelle de chanvre qui retient le bouchon ? Et pourtant j’adore son grenat sombre et profond rehaussé d’un disque argenté, son croquant, son allure légère (11°) et quelque peu cavalière qui fait songer aux premières burlats d’un généreux mois de Mai à Céret, dans « mon » Roussillon. Oui, on a envie de cerise tant ce vin évoque un clafouti. C’est charnu, vif, frais et acidulé à souhait, parfait pour l’apéro. Pas cher : autour de 5 €. Mon préféré, et le prix n’a rien à voir dans ce choix car quand il s’agit de vin, je suis loin d’être pingre…

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-Également de Ceci, toujours Lambrusco, cette cuvée un peu plus bling bling « Terre Verdiane » étonne d’abord par sa bouteille d’une forme que l’on pourrait qualifier de conique. Un rouge également soutenu qui a gardé beaucoup d’acidité mais présente plus de longueur que le précédant. Si le premier était un vin destiné au clafouti, celui-ci aurait un rôle important à jouer dans et avec une soupe de fruits rouges. Son prix : 6,25 €.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-Valdobbiadene (DOCG) Prosecco Superiore est l’appellation réservée à cette zone du secteur de Trévise, à une heure de Venise, où les trois pinots (blanc, gris et noirs) sont implantés en même temps que le chardonnay. Le vin n’est plus rouge, mais blanc. Discrètement millésimé 2012, il n’est plus frizzante, mais spumante. Voilà ce qui explique en partie que cette cuvée «Brunei» du Domaine La Tordera, qualifiée de brut et titrant 11°5, ait de faux airs de champagne : bulles fines, mousse persistante, souplesse en attaque, le vin a des notes d’amande grillée et de graines de courges torréfiées. Il est agréable, sans plus, me paraissant un peu trop gras et légèrement sucré. Tiens, il irait bien sur un poisson du lac, une perche ou une truite cuite en meunière ! Il m’a coûté 7,50 €.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-De la même DOCG, ce « Mas de Fer » de la maison Andreola est un extra dry commercialisé à 8,30 € Lui aussi millésimé 2012 dans la plus parfaite discrétion – faut chercher sur la contre-étiquette -, mousse persistante notes d’angélique et de pomme verte, mais une finale sucrée qui se dissocie du corps du vin avec de faux airs de citronnade. Je n’aime pas trop, mais ça se boit… pourquoi pas en long drink comme les nombreux spritz que j’ai pu avaler au bord du lac. Je crois que ça vient d’Autriche – la Lombardie était autrichienne, jadis – et la recette est simple : une bonne dose d’Aperol noyée dans une autre large rasade de Prosecco et un peu d’eau gazeuse pour finir. Servir avec une paille, beaucoup de glaçons et une demie tranche d’orange de Sicile, si possible, sinon d »ailleurs.

L'heure du Spritz au bord du lac. Photo©MichelSmith

L’heure du Spritz au bord du lac. Photo©MichelSmith

À la bonne vôtre !

Michel Smith


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Connaissez-vous l’Albariño?

Séduit par l’Albariño lors d’un voyage en Espagne, le Languedocien Laurent Miquel a décidé de l’introduire en France.

Il a été lui-même étonné par la rapidité des démarches administratives: « En deux semaines nous avions les papiers; s’il s’était agi de riesling cela aurait pris 15 ans ».

Curieusement, en effet, les Alsaciens n’ont pas encore l’exclusivité de ce cépage!

Une grande première… française

Le Château Les Auzines produira donc cette année son premier Albariño (en Vin de France, bien sûr, qui d’autre accepterait ce cépage hispano-portugais?). Pardon, je voulais parler du Domaine des Auzines, car un Vin de France ne peut mentionner le mot Château, bien sûr!

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Moi, tout ça me fait rire. Pas vous?

Deux adresses pour les explorateurs

Maintenant, si l’aventure ne vous fait pas peur – si vous admettez qu’on a le droit de faire de bons vins hors de l’Hexagone, si vous voulez retrouver l’« Alvarin Blanc »  en version originale, un petit voyage s’impose, entre Rias Baixas et Minho. C’est là, en effet, son berceau (même si on en trouve aussi un peu en Californie).

Si par le plus grand des hasards, vous tombiez sur un Albariño Australien, ouvrez l’oeil! Les Kangourous en ont bel et bien planté, dans les années 2000, flairant la bonne affaire, le nouveau sauvignon, la future coqueluche des marchés d’exportation. C’est ce qu’ils croyaient, en tout cas. Mais il s’avère que leurs pépiniéristes leur ont fourgué du Savagnin – ce qui peut être très bon aussi, mais quitte à surfer sur la mode variétale, autant que ce soit avec le bon cépage! Tous les producteurs n’ont pas encore changé leurs étiquettes, alors, un homme averti en vaut deux…

Mais revenons à nos versions originales.

Côté portugais, je vous conseille le Vinho Verde Muralhas de Monçao, de  la cave du même nom. Juste sur la frontière avec la Galice. Ici, le cépage s’écrit Alvarinho. Mais ce prononce exactement comme de l’autre côté du Minho.

Sec, mais fruité (pêche, agrumes), crisp, comme disent les anglais (mais ni crispant ni mordant), le 2011 est vif, mais long et ample en bouche. Pas trop fort en alcool, rafraichissant. Légèrement salé. Deux ans, c’est l’âge idéal pour ce type de produit, je pense – on boit souvent  les beaux blancs trop jeunes, un peu de temps les aide à fondre leur acidité.

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Côté espagnol, je vous conseille le Rías Baixas Selección de Añada du Pazo Señorans (au Nord-Ouest de Pondevedra). L’endroit est superbe, ce qui ne gâte rien. Les vignes en pergola sont magnifiques en été.

Le vin est rien plus concentré, peut-être (abricot, eau de rose, presque gewurztraminer), toujours vif, mais avec un je ne sais quoi de rond en bouche, du volume, du gras derrière l’acidité. C’est actuellement le 2006 qui est proposé pour cette cuvée sélectionnée, au domaine, ce qui montre que le vin possède une bonne capacité  de vieillissement. Le 2012 de la cuvée d’entrée de gamme est également tout à fait recommandable, plus sur la fraîcheur.

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Mais si passé le péage de Fleury en Bière, vous avez déjà  les mains moites, essayez plutôt  les petits revendeurs portugais sur les marchés de banlieue…

Her


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Le Tour – 100th edition: a few, mainly vinous reflections on France’s forthcoming global event

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Tour rider seeking refreshment@Pauillac July 2010

Firstly if your name is either Luke or Charlie then it my be best to pass on this post as its subject may provoke stress – something to be avoided if you are becoming senior in years.

On Saturday (29th June) the 100th edition of the Tour de France will start in Porto Vecchio in Corsica and finish three weeks later in Paris with a spectacular night-time show.   

I’m greatly relieved to see that for the 2013 edition, at least, that Professor Michel Reynaud has not succeeded in banning the names of grape varieties from the peloton. As last year we have a Pinot (Thibault) and a Pineau (Jérôme) riding. Both are French. Whether Jerome is a Pineau de la Loire or a Pineau d’Aunis I don’t know. However, I suspect that Thibault is a Pinot Blanc rather than a Pinot Noir, Pinot Meunier etc. as he is under 25 and able to compete for the White Jersey for the best young rider. 

Although there are more than 200 riders starting there would appear to be no other riders named after grape varieties. The excellent Wine Grapes by Jancis Robinson MW, Julia Harding MW and José Vouillamoz was indispensable for checking cyclists’ names against grape varieties. 

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The heavyweight Wine Grapes topping the scales@3.074 kilos

There are, however, a number of riders’ surnames that would be suitable for grape varieties/wines. To cite a few: Michael Albasini must be a dry white from either Italy or Portugal; Johannes Fröhlinger might be an Austrian cross between Riesling and Grüner Veltiner; and Przemyslaw Niemiec could be a tannic red grape from Slovenia or Croatia.  

Albeit that Reynaud has only recently submitted his report on addiction to the French government, the organisers may nevertheless have been wary of highlighting wine too far in the Tour’s 100th edition (http://www.steephill.tv/tour-de-france/#route-map). The 2013 Tour does not visit Bordeaux, Burgundy or Champagne.

It does pass through the Loire but the only appellation it goes through is Saint-Pourçain – a refreshing glass of Tressalier in passing perhaps?  The route skirts to the east of the Côte Roannaise before the stage finish in Lyon. For the finish in Tours the bunch will approach from the west – to the north of the vineyards of Bourgueil and Saint-Nicolas-de-Bourgueil. The following day it passes through Cormery and Genillé as it heads towards Saint-Amand-Montrond. Later it passes just the east of the northern Rhone vineyards but will pass through the Côtes du Rhône around Vaison la Romaine and some Côtes du Ventoux before tackling the classic climb up the Ventoux itself. Later the peloton may glimpse a few vines in Savoie. Earlier on the riders will have seen vines in Corsica, Provence, Languedoc and perhaps some of the Gaillac vineyards for the stage finish in Albi.

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Mont Ventoux – one of the Tour’s mythical climbs viewed from Rasteau showing the more gentle ascent. Riders will skirt round the base to climb up from Bedoin the steeper side.

Of course, the route planning may have nothing to do with Professor Reynaud rather down to Christian Prudhomme and his team wishing instead to demonstrate the diversity of French wines.

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5 jours et 5 pays (part 1/2)

J’ai un peu voyagé la semaine dernière, mais pas autant que mon titre ne laisserait supposer. En réalité je n’ai visité que deux villes et deux pays différents : Barcelone et Bordeaux, mais le salon Vinexpo, qui se tient dans cette dernière ville, a l’énorme avantage de vous permettre de visiter, sur le plan œnologique, une multitude de pays sous un même toit. C’est un des ses principaux avantages selon moi. Et puisque ma semaine a été si riche en plaisirs gustatifs autour de ces deux déplacements, je vous la présenterai sous forme de chroniques journaliers. Les principaux pays concernés, outre l’Espagne, seront la Grèce,  le Portugal, l’Autriche et l’Allemagne. Cet article paraîtra en deux épisodes (patience pour la suite alors….).

Vendredi 15 : arrivé à Barcelone pour assister au Grand Prix Moto de Catalunya (le but principal de ce voyage d’un weekend)

Dîner dans une institution gastronomique de la ville, Los Caracoles, située dans une ruelle perpendiculaire au bas de las Ramblas. En y pénétrant par la façade très 19ème, on attend un peu au bar pour sa table, avec vue derrière sur la gigantesque cuisinière en fonte, autour duquel on doit ensuite frayer son chemin, entre flammes et cuisiniers transpirants, pour accéder à une labyrinthe de salles via escaliers et petites portes. Autant de clients espagnols (ou catalans, je ne sais plus comment dire) que d’estrangers. Bonne nourriture traditionnelle. Je n’ai pas mangé d’escargots, mais une bonne petite assiette de favas (petites fèves cuits avec du cochon) et du cabri rôti longuement et devenu très fondant. Excellente et assez chère carte de vins. Nous avons bu la superbe cuvée Torre Muga 2009 de la maison éponyme de Rioja, étonnante de fraîcheur et d’équilibre, et ce très beau vin (ci-dessous) de la zone autour de Ribero del Duero, d’un domaine que j’ai eu le plaisir de visiter il y a trois ans : Mauro

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Samedi 16 juin : journée d’essais sur le circuit

En allant courir autour du port le matin, j’était étonné de voir, vers 6h45, las Ramblas rempli de jeunes gens joyeux ou éméchés (et souvent les deux), la plupart sortant de boîtes de nuit ou autres lieux de fêtes. Je pensais me tromper d’heure, mais le soleil était bien là, au-dessus des bâtiments ! Je savais Barcelone ville de fête, mais à ce point….maintenant je comprends pourquoi ma fille s’y est tellement amusée pendant une phase de ses études.

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J’adore la moto et les courses de ces engins. Je sais que ce n’est pas très écologiquement correct. Tant pis ! J’ai un peu pratiqué ce sport mécanique dans ma jeunesse, et cela me tente encore (course de papys ?). L’impact du bruit et de la sensation de vitesse me coupe littéralement le souffle chaque fois que je remets les pieds sur un circuit. Une décharge d’adrénaline me met le cerveau en ébullition et j’ai des fourmis dans les poignées. Les pilotes Moto GP prennent 340 kms/heure dans la ligne droite de ce circuit avant de freiner à fond et d’imposer à leurs machines des angles d’environ 60% pour un virage à droite. Ce n’est pas bien raisonnable, mais c’est très impressionnant. Avec ma collègue Dominique, nous étions choyés et bien guidé par Bernard Laydis, propriétaire de Château Roc de Calon, qui produit de très bons vins à Montagne Saint Emilion (j’en ai déjà parlé, il me semble, car j’aime beaucoup leur équilibre, leur fruité gourmand, et leur excellent rapport qualité/prix), et son œnologue conseil Stéphane Toutoundji. Merci à eux pour ce beau weekend de détente. Roc de Calon est un des sponsors de l’équipe Tech3 Yamaha, le team privé le mieux placé au championnat MotoGP 2013. Nous avions accès au stands, au paddock et à pas mal de zones intéressantes du circuit. Les pilotes ne boivent pas du vin pendant les essais (ni la course). Moi je ne bois pas du Monster (un autre sponsor, bien plus visible). Un pilot du Team Tech 3, l’anglais Cal Crutchlow, a fait le deuxième temps aux essais et partira donc demain de la première ligne. Voici notre petite équipe devant la machine en question. Ils n’ont pas voulu me laisser essayer la bête. Mais pourquoi ?

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Dîner le soir dans un bar à vin moderne, à la carte de vins impressionnante (et moins cher que celle d’hier), mais à la nourriture et service plutôt banale. J’ai bu un bon Priorat blanc (carignan blanc peut-être), et expérimenté les bouchons de Barcelone dans un taxi conduit par un jeune homme indien qui connaissait manifestement assez mal la ville, ou bien nous prenait pour ce que nous étions : des touristes distraits.

Dimanche 16 juin : jour des courses et retour à Bordeaux par la route

Bouchon énorme pour entrer au circuit. Deux heures depuis le centre de Barcelone ! Pas étonnant, les pilotes espagnols étaient en pôle position pour les trois courses (Moto3, Moto2 et MotoGP). Et ils les ont tous gagnés ! Et notre pilote anglais ? Il est tombé au quatrième tour en essayant de suivre le rythme imposé par les trois pilotes espagnoles devant lui. Son co-équipier, un autre anglais, a fini sixième. Départ avant la fin de la course pour éviter la foule, puis 5 heures de route pour Bordeaux. Dîner sur les quais de Bordeaux (quelle splendeur, cette ville !) avec un ami australien. Nous avons bu un bon vin blanc assez simple mais parfaitement équilibré dont j’ai oublié le nom et le pays d’origine, mais il avait une capsule à vis, donc je ne pense pas qu’il était français.

Lundi 17 juin : Vinexpo, journée Portugal

Un peu de travail l’après midi mais du temps libre le matin pour attaquer quelques explorations gustatives. Pour le premier pays concerné, le Portugal, j’étais très impressionné par un vin rouge de l’Alentejo, appelé Herdade da Malhadinha Nova, fait avec de l’aragones (tempranillo), touriga national, syrah et alicante bouschet. Le millésime 2010 était raisonnablement puissant, mais très gourmand, plein d’un fruit somptueux juste encapsulé par des tanins fins et parfaitement intégrés. Grande longueur et une fraîcheur étonnante. Une note ? Allez pour un 18/20. Deux remarques : cette région semble être un terrain très fertile pour des expériences diverses  et donne une liberté bienvenue en matière d’assemblages. Elle héberge aussi la plus grand quantité de ce cépage tant décrié en France qui est l’Alicante Bouschet, que j’ai trouvé participant à pas mal d’assemblages avec bonheur. Un autre vin de l’Alentejo m’a bien plu dans cette dégustation collective : Quinta do Mouro, qui fait également appel à de l’alicante bouschet, en plus du cabernet sauvignon, du touriga national et de l’aragonès (note 15,5/20).

Macanita 2

Antonio Maçanita et une partie de sa gamme aussi éclectique qu’ excellente

Puis visite du stand de Quinta do Mouro pour déguster toute leur gamme, ainsi que celle d’un autre producteur, dont le domaine s’appelle Fita Preta. Ce dernier m’a particulièrement impressionné, même si je n’ai pas bien compris la grande diversité des étiquettes produites. Malgré son habillage clinquant, la gamme désigné Sexy est très bien faite et doit attirer du monde, y compris des « djuenes ». Antonio Maçanita est un jeune œnologue et producteur qui fait aussi des vins on ne peut plus « sérieux » (fait-il être tout le temps sérieux dans le vin ?) et inspiré de traditions très anciennes. Il a un peu fait le tour du monde vinicole avant de s’installer dans son pays d’origine et, à Fita Preta, produit un superbe vin blanc élaboré en amphore à partir d’un vignoble complanté de trois variétés autochtones. Appelé Branco Indigenas, le 2010 est d’une fraîcheur étonnante pour un vin du sud. Très légèrement tannique (ou est-ce minéral ?), complexe, un peu lacté et avec à peine une pointe d’oxydation bien maîtrisée. Rien d’une daube « naturelle » en tout cas. Tous les autres vins de Maçanita que j’ai dégusté sont très bons (notes entre 14 et 18/20) avec un coup de cœur pour le rouge Preta 2008, uniquement fait dans les meilleurs millésimes.

Le soir, dégustation dans le magnifique bâtiment qui héberge le Centre d’Art Contemporain de Bordeaux d’une partie des vins de l’association La Grappe (de Stéphane Derenoncourt). Coup de cœur massif pour le millésime 2010 à Bordeaux, et pas besoin d’aller chercher les vedettes pour se faire plaisir : Domaine de Courteillac, par exemple, ou Château L’Ile Fort sont des splendides Bordeaux Supérieur. Il y a avait aussi là  d’excellents champagnes de nos amis Les Artisans de Champagne, à qui la bande des 5 a rendu visite il y a plus d’un an Pour l’occasion ils avaient amené une belle série de magnums. J’étais ébloui par celui de Frédéric Savart, un 100% chardonnay appelé Dame de Coeur. Je crois que c’était le millésime 2007, mais en tout cas ce vin est une splendeur !

And so, to bed…..

(see you next week)

David

(qui signe aussi les photos, sauf celle de groupe derrière la moto)

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