Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

5 jours et 5 pays (part 1/2)

5 Commentaires

J’ai un peu voyagé la semaine dernière, mais pas autant que mon titre ne laisserait supposer. En réalité je n’ai visité que deux villes et deux pays différents : Barcelone et Bordeaux, mais le salon Vinexpo, qui se tient dans cette dernière ville, a l’énorme avantage de vous permettre de visiter, sur le plan œnologique, une multitude de pays sous un même toit. C’est un des ses principaux avantages selon moi. Et puisque ma semaine a été si riche en plaisirs gustatifs autour de ces deux déplacements, je vous la présenterai sous forme de chroniques journaliers. Les principaux pays concernés, outre l’Espagne, seront la Grèce,  le Portugal, l’Autriche et l’Allemagne. Cet article paraîtra en deux épisodes (patience pour la suite alors….).

Vendredi 15 : arrivé à Barcelone pour assister au Grand Prix Moto de Catalunya (le but principal de ce voyage d’un weekend)

Dîner dans une institution gastronomique de la ville, Los Caracoles, située dans une ruelle perpendiculaire au bas de las Ramblas. En y pénétrant par la façade très 19ème, on attend un peu au bar pour sa table, avec vue derrière sur la gigantesque cuisinière en fonte, autour duquel on doit ensuite frayer son chemin, entre flammes et cuisiniers transpirants, pour accéder à une labyrinthe de salles via escaliers et petites portes. Autant de clients espagnols (ou catalans, je ne sais plus comment dire) que d’estrangers. Bonne nourriture traditionnelle. Je n’ai pas mangé d’escargots, mais une bonne petite assiette de favas (petites fèves cuits avec du cochon) et du cabri rôti longuement et devenu très fondant. Excellente et assez chère carte de vins. Nous avons bu la superbe cuvée Torre Muga 2009 de la maison éponyme de Rioja, étonnante de fraîcheur et d’équilibre, et ce très beau vin (ci-dessous) de la zone autour de Ribero del Duero, d’un domaine que j’ai eu le plaisir de visiter il y a trois ans : Mauro

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Samedi 16 juin : journée d’essais sur le circuit

En allant courir autour du port le matin, j’était étonné de voir, vers 6h45, las Ramblas rempli de jeunes gens joyeux ou éméchés (et souvent les deux), la plupart sortant de boîtes de nuit ou autres lieux de fêtes. Je pensais me tromper d’heure, mais le soleil était bien là, au-dessus des bâtiments ! Je savais Barcelone ville de fête, mais à ce point….maintenant je comprends pourquoi ma fille s’y est tellement amusée pendant une phase de ses études.

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J’adore la moto et les courses de ces engins. Je sais que ce n’est pas très écologiquement correct. Tant pis ! J’ai un peu pratiqué ce sport mécanique dans ma jeunesse, et cela me tente encore (course de papys ?). L’impact du bruit et de la sensation de vitesse me coupe littéralement le souffle chaque fois que je remets les pieds sur un circuit. Une décharge d’adrénaline me met le cerveau en ébullition et j’ai des fourmis dans les poignées. Les pilotes Moto GP prennent 340 kms/heure dans la ligne droite de ce circuit avant de freiner à fond et d’imposer à leurs machines des angles d’environ 60% pour un virage à droite. Ce n’est pas bien raisonnable, mais c’est très impressionnant. Avec ma collègue Dominique, nous étions choyés et bien guidé par Bernard Laydis, propriétaire de Château Roc de Calon, qui produit de très bons vins à Montagne Saint Emilion (j’en ai déjà parlé, il me semble, car j’aime beaucoup leur équilibre, leur fruité gourmand, et leur excellent rapport qualité/prix), et son œnologue conseil Stéphane Toutoundji. Merci à eux pour ce beau weekend de détente. Roc de Calon est un des sponsors de l’équipe Tech3 Yamaha, le team privé le mieux placé au championnat MotoGP 2013. Nous avions accès au stands, au paddock et à pas mal de zones intéressantes du circuit. Les pilotes ne boivent pas du vin pendant les essais (ni la course). Moi je ne bois pas du Monster (un autre sponsor, bien plus visible). Un pilot du Team Tech 3, l’anglais Cal Crutchlow, a fait le deuxième temps aux essais et partira donc demain de la première ligne. Voici notre petite équipe devant la machine en question. Ils n’ont pas voulu me laisser essayer la bête. Mais pourquoi ?

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Dîner le soir dans un bar à vin moderne, à la carte de vins impressionnante (et moins cher que celle d’hier), mais à la nourriture et service plutôt banale. J’ai bu un bon Priorat blanc (carignan blanc peut-être), et expérimenté les bouchons de Barcelone dans un taxi conduit par un jeune homme indien qui connaissait manifestement assez mal la ville, ou bien nous prenait pour ce que nous étions : des touristes distraits.

Dimanche 16 juin : jour des courses et retour à Bordeaux par la route

Bouchon énorme pour entrer au circuit. Deux heures depuis le centre de Barcelone ! Pas étonnant, les pilotes espagnols étaient en pôle position pour les trois courses (Moto3, Moto2 et MotoGP). Et ils les ont tous gagnés ! Et notre pilote anglais ? Il est tombé au quatrième tour en essayant de suivre le rythme imposé par les trois pilotes espagnoles devant lui. Son co-équipier, un autre anglais, a fini sixième. Départ avant la fin de la course pour éviter la foule, puis 5 heures de route pour Bordeaux. Dîner sur les quais de Bordeaux (quelle splendeur, cette ville !) avec un ami australien. Nous avons bu un bon vin blanc assez simple mais parfaitement équilibré dont j’ai oublié le nom et le pays d’origine, mais il avait une capsule à vis, donc je ne pense pas qu’il était français.

Lundi 17 juin : Vinexpo, journée Portugal

Un peu de travail l’après midi mais du temps libre le matin pour attaquer quelques explorations gustatives. Pour le premier pays concerné, le Portugal, j’étais très impressionné par un vin rouge de l’Alentejo, appelé Herdade da Malhadinha Nova, fait avec de l’aragones (tempranillo), touriga national, syrah et alicante bouschet. Le millésime 2010 était raisonnablement puissant, mais très gourmand, plein d’un fruit somptueux juste encapsulé par des tanins fins et parfaitement intégrés. Grande longueur et une fraîcheur étonnante. Une note ? Allez pour un 18/20. Deux remarques : cette région semble être un terrain très fertile pour des expériences diverses  et donne une liberté bienvenue en matière d’assemblages. Elle héberge aussi la plus grand quantité de ce cépage tant décrié en France qui est l’Alicante Bouschet, que j’ai trouvé participant à pas mal d’assemblages avec bonheur. Un autre vin de l’Alentejo m’a bien plu dans cette dégustation collective : Quinta do Mouro, qui fait également appel à de l’alicante bouschet, en plus du cabernet sauvignon, du touriga national et de l’aragonès (note 15,5/20).

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Antonio Maçanita et une partie de sa gamme aussi éclectique qu’ excellente

Puis visite du stand de Quinta do Mouro pour déguster toute leur gamme, ainsi que celle d’un autre producteur, dont le domaine s’appelle Fita Preta. Ce dernier m’a particulièrement impressionné, même si je n’ai pas bien compris la grande diversité des étiquettes produites. Malgré son habillage clinquant, la gamme désigné Sexy est très bien faite et doit attirer du monde, y compris des « djuenes ». Antonio Maçanita est un jeune œnologue et producteur qui fait aussi des vins on ne peut plus « sérieux » (fait-il être tout le temps sérieux dans le vin ?) et inspiré de traditions très anciennes. Il a un peu fait le tour du monde vinicole avant de s’installer dans son pays d’origine et, à Fita Preta, produit un superbe vin blanc élaboré en amphore à partir d’un vignoble complanté de trois variétés autochtones. Appelé Branco Indigenas, le 2010 est d’une fraîcheur étonnante pour un vin du sud. Très légèrement tannique (ou est-ce minéral ?), complexe, un peu lacté et avec à peine une pointe d’oxydation bien maîtrisée. Rien d’une daube « naturelle » en tout cas. Tous les autres vins de Maçanita que j’ai dégusté sont très bons (notes entre 14 et 18/20) avec un coup de cœur pour le rouge Preta 2008, uniquement fait dans les meilleurs millésimes.

Le soir, dégustation dans le magnifique bâtiment qui héberge le Centre d’Art Contemporain de Bordeaux d’une partie des vins de l’association La Grappe (de Stéphane Derenoncourt). Coup de cœur massif pour le millésime 2010 à Bordeaux, et pas besoin d’aller chercher les vedettes pour se faire plaisir : Domaine de Courteillac, par exemple, ou Château L’Ile Fort sont des splendides Bordeaux Supérieur. Il y a avait aussi là  d’excellents champagnes de nos amis Les Artisans de Champagne, à qui la bande des 5 a rendu visite il y a plus d’un an Pour l’occasion ils avaient amené une belle série de magnums. J’étais ébloui par celui de Frédéric Savart, un 100% chardonnay appelé Dame de Coeur. Je crois que c’était le millésime 2007, mais en tout cas ce vin est une splendeur !

And so, to bed…..

(see you next week)

David

(qui signe aussi les photos, sauf celle de groupe derrière la moto)

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

5 réflexions sur “5 jours et 5 pays (part 1/2)

  1. Etranges coïncidences. Marc et moi connaissons un peu Roc de Calon pour avoir commenté leur gamme pour leur importateur en Belgique, à une époque.
    Et surtout, j(‘ai visité deux fois Maladinha Nova, qui est un superbe projet viticole et oenotouristique près de Beja (la clientèle de l’Algarve aime se ressourcer en Alentejo). Et je te rejoins pour l’alicante bouschet, qui donne là des résultats surprenants.
    Juste un petit bémol pour les vins de l’Alentejo en général: à quelques rares exceptions près, les vins n’existent que grâce à une irrigation massive (elle-même financée par la manne européenne, des barrages, des retenues, etc). Dans une région aussi sèche, et alors qu’il y a déjà tant de vignobles qui surproduisent dans le monde, j’ai des doutes sur la nécessité de ces investissements. Ce qui est fait est fait, évidemment, mais quant à généraliser le « modèle », je suis assez dubitatif.

    J’ai consacré un billet à ce thème sur mon blog il y a quelques mois http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2013/02/11/irriguer-ou-pas.html

    Ton avis m’intéresse (d’autant que les grands prix motos me semblent moins écologiquement incorrects…). Et je me demande quelle doit être notre position – si tant est que nous devons en avoir une, au-delà du commentaire de dégustation…

    • Moi, ce sera la « pole position », Hervé, car je trouve ce papier bigrement intéressant et je comprends le besoin que notre complice David a de se lever tôt pour aller courir. Vu la multiplicité de ses activités, passer de la moto à Vinexpo en 5 heures est un exploit que je salue. Intéressant de relever que Bordeaux, en quelques années, est redevenue une ville resplendissante ! Elle me donne presque envie de m’y installer !

  2. C’est le domaine de Courteillac, à Ruch, pas Corteillac. D’ailleurs il est à vendre depuis pas mal de temps, M. Meneret en demandant un prix assez stratosphérique… Mais un rapport qualité/prix excellent, meilleur après 10 ans de garde.

  3. Intéressant que Randy Mamola a daigné poser un commentaire, lui, l’auteur d’une des plus belles séances de rodéo vu sur une moto de Grand Prix du temps de sa gloire. Et, figures-toi Luc, je l’ai vu en chair et en os sur le circuit catalan pendant les essais.

  4. Ce genre de voyage m’intéresse beaucoup. Je ne le cache pas j’adore manger et boire. D’ailleurs quand je voyage c’est surtout dans ces moments là que je trouve mon bonheur. J’adore gouter au différents plats des habitants. Pour ce qui est de ces vins, je n’y connais pas grand chose et j’aimerais en faire l’expérience.

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