Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Connaissez-vous l’Albariño?

5 Commentaires

Séduit par l’Albariño lors d’un voyage en Espagne, le Languedocien Laurent Miquel a décidé de l’introduire en France.

Il a été lui-même étonné par la rapidité des démarches administratives: "En deux semaines nous avions les papiers; s’il s’était agi de riesling cela aurait pris 15 ans".

Curieusement, en effet, les Alsaciens n’ont pas encore l’exclusivité de ce cépage!

Une grande première… française

Le Château Les Auzines produira donc cette année son premier Albariño (en Vin de France, bien sûr, qui d’autre accepterait ce cépage hispano-portugais?). Pardon, je voulais parler du Domaine des Auzines, car un Vin de France ne peut mentionner le mot Château, bien sûr!

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Moi, tout ça me fait rire. Pas vous?

Deux adresses pour les explorateurs

Maintenant, si l’aventure ne vous fait pas peur – si vous admettez qu’on a le droit de faire de bons vins hors de l’Hexagone, si vous voulez retrouver l’"Alvarin Blanc"  en version originale, un petit voyage s’impose, entre Rias Baixas et Minho. C’est là, en effet, son berceau (même si on en trouve aussi un peu en Californie).

Si par le plus grand des hasards, vous tombiez sur un Albariño Australien, ouvrez l’oeil! Les Kangourous en ont bel et bien planté, dans les années 2000, flairant la bonne affaire, le nouveau sauvignon, la future coqueluche des marchés d’exportation. C’est ce qu’ils croyaient, en tout cas. Mais il s’avère que leurs pépiniéristes leur ont fourgué du Savagnin – ce qui peut être très bon aussi, mais quitte à surfer sur la mode variétale, autant que ce soit avec le bon cépage! Tous les producteurs n’ont pas encore changé leurs étiquettes, alors, un homme averti en vaut deux…

Mais revenons à nos versions originales.

Côté portugais, je vous conseille le Vinho Verde Muralhas de Monçao, de  la cave du même nom. Juste sur la frontière avec la Galice. Ici, le cépage s’écrit Alvarinho. Mais ce prononce exactement comme de l’autre côté du Minho.

Sec, mais fruité (pêche, agrumes), crisp, comme disent les anglais (mais ni crispant ni mordant), le 2011 est vif, mais long et ample en bouche. Pas trop fort en alcool, rafraichissant. Légèrement salé. Deux ans, c’est l’âge idéal pour ce type de produit, je pense – on boit souvent  les beaux blancs trop jeunes, un peu de temps les aide à fondre leur acidité.

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Côté espagnol, je vous conseille le Rías Baixas Selección de Añada du Pazo Señorans (au Nord-Ouest de Pondevedra). L’endroit est superbe, ce qui ne gâte rien. Les vignes en pergola sont magnifiques en été.

Le vin est rien plus concentré, peut-être (abricot, eau de rose, presque gewurztraminer), toujours vif, mais avec un je ne sais quoi de rond en bouche, du volume, du gras derrière l’acidité. C’est actuellement le 2006 qui est proposé pour cette cuvée sélectionnée, au domaine, ce qui montre que le vin possède une bonne capacité  de vieillissement. Le 2012 de la cuvée d’entrée de gamme est également tout à fait recommandable, plus sur la fraîcheur.

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Mais si passé le péage de Fleury en Bière, vous avez déjà  les mains moites, essayez plutôt  les petits revendeurs portugais sur les marchés de banlieue…

Her

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

5 réflexions sur “Connaissez-vous l’Albariño?

  1. Un de mes cépages espagnol préférés, et particulièrement Pazo Señorans et bien sûr sa seleccion de añada, j’ai encore du 2003 superbe !

  2. Comme quoi, voyager ouvre l’esprit, et peut noblement développer le palais.
    Je partage

  3. Hervé bonjour. Aurais-tu des données analytiques "classiques" pour ce cépage en conditions de culture méditerranéenne ? Par exemple, alcool, ph et acidité totale ? Pour avoir une vague idée..
    Est-il à ton avis plus intéressant dans un blend ou vinifié tout seul ?.. Merci. Louis

  4. Bonjour Louis.

    Typiquement, l’alvarinho est assez acide: par exemple pour le Pazo Senorans, l’analyse donne 6,7g/l d’acidité totale (en tartrique (!), soit environ 4,4 en sulfurique), pour un pH de 3,2.
    Pour ce qui est de l’assemblage, pas mal de maisons du Minho font des cuvées avec d’autres cépages locaux, notamment parce que les cépages sont souvent complantés, et aussi pour des questions de rendements. Le résultat est souvent très honnête, mais j’ai tendance à préférer le 100% alvarinho pour la pureté de son nez, qui me rappelle un peu le viognier.
    En Rias Baixas, par contre l’albarino est le plus souvent proposé en monocépage – il faut dire qu’il représente 90% de l’encépagement de la DO. seul.
    Au départ, c’est plutôt un cépage atlantique, de zone assez arrosée. Il aime bien le granit et l’ardoise, le sable aussi.
    Plus on va vers l’intérieur de la Galice ou du Nord du Portugal, et plus il cède la place au loureiro, au godello et à la treixadura. A Ribeiro, déjà, il est assez minoritaire. C’est aussi sans doute une question de rendement.
    Mais il doit quand même avoir une certaine résistance à la sécheresse, à voir sa présence dan certaines zones comme Condado de Tea.

  5. Merci Hervé !!!!

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