Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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On demande M. ou Mme Puigesser

Difficile de trouver de l’information sur la maison Puigesser.

Apparemment, elle produit du Cava dans le Pénédès, mais aussi en Rioja. Impossible de trouver son adresse exacte.

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S’agirait-il d’une marque propre destinée au marché belge? Je ne l’ai vu que chez Carrefour, en tout cas.

Internet ne permet guère de trouver que quelques commentaires de dégustation à son sujet.

Pour Alain Bloeyckens (Het Nieuwsblad), "Ce Cava est banal. Il manque de personnalité."

Pour mon copain Andy de Brouwer (De Morgen), "Ce Cava me fait penser à un torchon humide"

Pour le site catalan Vi-Franc, il fait partie de ces "Cavas honteux qu’on trouve en Belgique".

Hey, what did you expect? Pour 3,99 euros, on ne peut quand même pas exiger une maison familiale de tradition, un oenologue vedette, une bulle fine, un nez de rêve et une bouche complexe par dessus le marché!

Mais au fait, la DO Cava admet-elle la vente à perte?

J’ai d’autres questions pour vous.

Que sommes nous prêts à boire? Jusqu’à quel niveau de non qualité, de non intérêt, sommes nous prêts à descendre?

Et à partir de quel prix se déclenche l’idée, dans la tête du consommateur, qu’il ne fait plus une bonne affaire, mais qu’il encourage un secteur parallèle d’écoulement de stocks invendus, le moins-disant de la production, le discount social, voire une activité de faussaires?

Pour parodier Ferré: "Est-ce comme ça que les vignobles vivent?"

Tiens, n’est-il pas temps pour l’Europe de mettre son nez dans les "marques de fantaisie"; dans les fausses promesses d’étiquettes et de noms qui n’ont d’autre identité que celle des enseignes de distribution ou des grands négociants qui veulent se faire passer pour des petits producteurs familiaux?

Hervé


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Some Highland Loires

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Glen Tromie and Gaick – deep in the remote Highlands of Scotland

Although we are spending the summer in the Highlands of Scotland, we are still enjoying some good Loire bottles that we brought up from London with us. We are getting in plenty of cycling, which naturally is provoking a considerable thirst!

First up: 2007 Excelsior Domaine Pierre Luneau Papin Muscadet Sèvre-et-Maine
This long aged Muscadet – 30 months on its lees – is brilliantly clean, fresh with lovely length of flavor but good weight, too, which comes from its long aging. Works well as an aperitif but was even better with some simply fried and very fresh filets of sea bass. Although not yet officially one of the new Muscadet Crus Communaux this is very much in that style with the finesse and additional complexity that is a hallmark of these wines.

Crémant de Loire Terra Laura
2009 Cuvée Claude de France, Cour-Cheverny, Domaine de Montcy
Businesswoman Laura Semeria took over the 20 hectare now organic Domaine de Montcy in 2007. In the appellations of Cheverny and Cour-Cheverny it lies to the south-west of the Château and town of Cheverny. Unfortunately Laura has been hit by Spring frosts in both 2012 and 2013.

Two wines here from Laura. The Crémant is 100% Chardonnay in a very clean, vibrant, lemony style making a good wake up aperitif.  The 2009 Cuvée Claude de France is naturally 100% Romorantin in a delicate moelleux style. Lightly sweet it is best paired with blue cheese or creamy dishes. Laura recommends it with a rhubarb or cherry tart – anything sweeter would overpower it. Ideally I would have cellared the Claude de France for at least another couple of years to gain additional complexity.

2010 Les Blancs Manteaux, Chinon, Domaine de la Noblaie
Jérôme Billard is one of the most promising of the younger generation of Chinon producers. After working at Pétrus and then Dominus in Napa as well as a spell in New Zealand, he returned to the family estate in 2003. Noblaie now has 24 hectares of vines and last year Jérôme invested in a new winery – previously they worked in very cramped conditions.

Les Blancs Manteaux comes from 60 year-old vines planted on a limestone slope. Ideally the 2010 should be squirreled away for at least another two years to fulfil its potential. However, this dark wine currently has deliciously soft black fruit, supple tannins.

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Remonter la Marne avec Jean-Paul Kauffmann

Si vous voulez un livre à parcourir pendant l’été, un livre à déguster avec lenteur, comme le promeneur/auteur aborde cette rivière longue de 525 kilomètres, je ne peux que vous conseiller la lecture, à pas mesuré, du dernier livre d’un des anciens dirigeants de l’Amateur de Bordeaux, revue défunte auprès de laquelle j’ai eu le bonheur d’oeuvrer pendant des années. Kauffmann fut également le fondateur de l’Amateur de Cigares, ce qui en fait déjà deux bonnes raisons pour le tenir en haute estime, indépendamment des faits pour lesquels il est probablement bien plus connu, à son grand dam, j’imagine. Il est l’auteur aussi d’une dizaine d’autres livres mais j’avoue que celui-ci est le premier que j’ai lu.

 

Jean-Paul-Kauffmann-Remonter-la-Marne

Je m’empresse de dire que ne connais pas Jean-Paul Kauffmann car il n’était plus présent à l’Amateur de Bordeaux du temps de ma collaboration avec cette revue (qui n’a pas parlé du seul vin de Bordeaux). Du coup, pas d’accusations mal placées de "copinage" (terme qui me déplaît autant que la pratique dont il est issu).

Chemin Faisant

 

Kauffmann, répondant tardivement à une incitation du Jacques Lacarrière, suite à son excellent livre Chemin Faisant qui relate sa traversée à pied de la France en diagonale, a remonté à pied et avec sac à dos le cours de la Marne depuis Charenton-le-Pont, lieu de sa jonction avec la Seine, et sa source à Balesmes, quelque part sur le plateau de Langres. Ce voyage, qui lui a pris sept semaines, a donné naissance à ce livre (Remonter la Marne, aux éditions Fayard) qui mêle observations des choses ou lieux vues et traversés, des gens rencontrés par dessin ou par hasard, et des réflexions sur le passage de l’Histoire ou des personnages dans les lieux qu’il fréquente lors de ce parcours. Il inclut, évidemment, des éléments plus personnels (mais jamais intimes) liés à la vie de cet homme à la modestie admirable, mais à la sensibilité aussi affûtée que le sens de l’observation.

Vous allez peut-être me demander "mais quel est le rapport avec le vin ?". Outre l’intérêt reconnu de Kauffmann pour cette substance, il en est régulièrement question dans ce livre, bien que le vin ne soit nullement son sujet principal. Il y arrive naturellement. D’abord et surtout par le vin de Champagne, vignoble irrigué et, en partie, lié par la Marne, et qui, soit dit en passant, lui doit son succès. Et le vin de Champagne y est souvent présent car chaque repas pris, entre Château Thierry et Saint Dizier, semble être accompagné d’un flacon de ce vin qu’on appela autrefois "vin de la rivière". Mais aussi par des observations sur la médiocrité de certains vins servis dans des restaurants ou le voyageur à pied se restaure le soir, comme par une des ses rencontres les plus riches : le psychiatre retraité de l’Hôpital André-Breton à Saint Dizier, le Docteur Dell’Vallin, qui invite l’auteur chez lui pour une dégustation de vins italiens.

Mais, après tout, pourquoi faudrait-il ne parler que de vin dans ce support aux idées et phrases nommé "blog" ? Au passage je dois dire que je déteste ce mot "blog" et que je n’ai toujours pas compris son origine. C’est comme Jacques Lacarrière, cité par Kauffmann, qui disait qu’il n’aimait pas la consonance du mot Langres, et, du coup, évitait la ville.

Dans Remonter la Marne il est question de bien d’auteurs, la plupart originaires de pays qui jalonnent le cours de la Marne. Peut-être d’abord de Bachelard, natif de la Haute Marne, lieu du fin de parcours de Kauffmann et qui méritent, semble-t-il, une exploration de ma part (et Bachelard et la Haute Marne !). Bachelard aurait écrit que la première langue parlé par les hommes était la langue de l’eau. On retrouve aussi, outre Jacques Lacarrière ; Roger Dion, La Fontaine (originaire de Château Thierry), Francis Ponge et André Breton (qui fut interné à l’Hôpital psychiatrique de Saint Didier qui peut ainsi se prévaloir d’avoir accouché du surréalisme), ainsi que de nombreux autres, moins connus mais dont les travaux ou observations ont servis de matière à réflection à Jean-Paul Kauffmann

Il est d’ailleurs bien dommage qu’un bibliographie n’accompagne pas cet ouvrage, même si on peut trouver la plupart des livres cités en notes de bas de page.

Ce recit est une sorte de vagabondage de l’esprit, qui fonctionne à travers le prisme et le rythme de la marche lente. Il est bourré de bon sens, parfois de tristesse ou résignation, mais sans aucune nostalgie stupide. Il est éclairé par des moments de l’histoire, de la géographie et par la vie des gens, à la fois par leur empreinte sur les pays et, surtout, par des gens rencontrés, leur visions de la vie et de cette rivière qu’ils ignorent parfois, ou bien redoutent de temps en temps. Et nous apprenons que la Marne devrait être un fleuve, titre que la Seine, bien plus courte, lui aurait usurpé. Descendre la Marne jusqu’au Havre pourrait être le prochain projet de Kauffmann alors ?

 

Lisez ce bouquin. Il vous fera du bien et vous vous économisez l’achat d’une bonne paires de grolles de marche.

 

David

 


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#Carignan Story # 179 : C’est bio et ça vient du côté de Rasteau !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

C’est bio, c’est Vin de France, c’est Carignan, c’est 2012, ça coûte 6,50 € départ cave pour un particulier et ça vient du Domaine Wilfried, si vous préférez ou, pour les gens du pays, de la cave Émile Charavin-Pouzoulas avec des vignes réparties entre Rasteau et Cairanne, 36 ha en totalité. C’est la toute modeste notoriété de ma rubrique – et l’entremise d’une charmante égérie du Grenache connue sur la toile sous son nom de guerre de « Marlène Fan de Grenache » – qui a fait que Réjane et Wilfied Pouzoulas m’ont adressé un échantillon de leur nouveau « Vin de copains, 100% Carignan à déguster légèrement rafraîchi ». Bien leur en a pris.

Photo©MichelSmith

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Sitôt dit, sitôt fait, le vin est mis au frigo, comme la plupart de « mes » carignans, d’ailleurs, puis il est dégusté sur le coup de midi quand l’estomac ne crie pas encore famine. Verdict. Le côté végétal apparaît au nez, mais cela me semble normal, au regard de la température. Une fois bien installé en bouche, le vin livre de simples notes de garrigue, de réglisse et de fruits cuits. On a la satisfaction de ressentir un élan de fraîcheur en finale, mais le vin reste drapé dans sa simplicité, avec juste ce qu’il faut d’amitié et de complicité. Et une pointe d’amertume en finale probablement due soit à une vendange mécanique ou à un éraflage partiel.

Quoiqu’il en soit, plusieurs heures de frigo après, comme c’est souvent le cas avec le Carignan, si la longueur reste toujours modeste,  l’amertume, elle, s’est volatilisée : le vin se fait plus ferme, plus dense et c’est le fruit qui revient à la charge. Bref, à ce prix là, je suis client tout en restant persuadé qu’une garde n’est pas envisageable. Sachant d’où ça vient, je le boirais sur des tians ou, pourquoi pas, sur un lapin aux olives.

Michel Smith


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Pique-nique à la plage, c’est de saison

Lever les yeux, les plonger dans l’azur. Lever le verre, admirer le contraste du rosé. Tendre les lèvres, le déguster. Apéro, prémices des agapes ensoleillées. Rouges et blancs ont droit de cité. Nuances différentes sur la profondeur du ciel, mais un plaisir buccal tout aussi grand.

 

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Quelques classiques et d’autres revisités…

Tapenade, anchoïade, poivronade rouge et leur corbeille de légumes crus joliment taillés

C’est facile ? Quelques raviers se déposent sur les nattes, les vins se débouchent dans la foulée et colorent dans le même moment les verres tendus. Blanc ou rosé ?

Rosé avec l’anchois,

Revaou rosé 2012 Domaine Revaou

Velouté comme un abricot, tant en couleur qu’en texture, il évoque les gelées de fruits jaunes et blancs, pomme, poire, pêche, abricot, un peu de figue blanche douce et juteuse. De quoi affoler les anchois, surtout quand ils découvrent les notes anisées de la bouche. Ils en perdent même leur sel, mais ce manque d’esprit passager met en exergue le melon teinté de lavande.

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Le poivron rouge, dont on mélange d’ail et d’huile d’olive la chair sortie du four ou l’olive concassée s’en accompagnent tout autant…

Amplitude rosé 2012 Cave des Vignerons Londais

Le poivron lui donne des impressions boisées qui disparaissent au profit d’herbes aromatiques, romarin et sauge soulignés de cade. Puis, les papilles se font plus inquisitrices et forcent l’amertume délicate de l’écorce de pamplemousse à équilibrer l’élan sucré du légume. Ou affermit celle de l’oléagineux.

 

 

Place à de curieuses sphères

 

L’Aubigue blanc 2011 Domaine Les Fouques

Doré clair comme un rayon sur l’onde, il confit le cédrat et l’abricot, fait croquer la bouche. À le goûter, on le croit volontiers fait pour l’apéro et les agapes maritimes. L’assise minérale parfumée de fleurs d’oranger et d’amandier se lie sans broncher aux embruns iodés. La longueur épicée de poivre et de cumin, une pointe de fenugrec, le pamplemousse, rehaussent la complexité et fait fondre d’impatience la bouillabaisse en gelée.

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Bouillabaisse en gelée

Jaune safran, elle fige le temps. Boule de cristal qui nous révèle les secrets de l’antique recette apportée dans la contrée par les Grecs. Rouget, loup, seiches et moules s’enroulent dans un tourbillon immobile. Laissent le temps d’oser un rouge…

Prestige rouge 2010 Domaine La Sanglière

Aérien certes mais pourvu d’un tempérament fruité bien prononcé, croquant la cerise et la fraise. Les tanins à peine civilisés apportent la griffe utile à l’accroche du plat. Décapent la gelée pour tout de go aller à l’essentiel. Le filet de rouget, il s’en délecte. La seiche le rend fou comme le loup. Le safran l’aide à gober la moule. Cerfeuil et pomme de terre jouent les figurants, c’est charmant.  

Prestige blanc 2012 Domaine des Myrtes

Plus classique, épicé de plantes aromatiques et de citron confit. Très agrume, il a le caractère vif qui sied au plat, avive la saveur des poissons sans entrer en conflit avec le safran qu’il enrichit de cumin et de cardamome. L’accord s’en retrouve plus intense, plus complexe.

Symphonie rosé 2012 Château Sainte Marguerite

À la première gorgée, on le croit facile, simplement fruité ce rosé, sans grande prétention. Mais, c’est se tromper ! Ses gelées de fruits jaunes transforment la bouillabaisse en concerto buccal, relayé par le minéral qui aidé du floral nous joue une symphonie maritime sur un développement iodé. Surprenant.

 

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Tartare de dorade, carpaccio d’artichaut violet

C’est avéré, le rosé et l’artichaut sont faits pour s’entendre. Leur ajouter un tartare de dorade est un plaisir supplémentaire.

Les Valentines rosé 2012 Château Les Valentines

Un nez de melon, d’abricot, de fleur d’oranger adoucissent l’amertume du légume.  

Simple, puis quand il s’ouvre, avoue son minéral, son croquant, son fruit délicat, ses épices, sa fraîcheur croquante, comme il sied de l’apéro jusqu’au dessert.

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Salade de poulpe

Les tentacules grouillent dans le saladier et impressionnent le rosé.

Prestige rosé 2012 Domaine de la Sanglière

Saumon lumineux, son nez délicat délivre de légers embruns iodés. Ils se mélangent aux senteurs de garrigue et font transiter le poulpe de la mer vers la terre. La bouche minérale au juteux intense de groseille, framboise et grenade, bien épicé et rafraîchi d’agrume au goût ajoute sa note fruitée citronnée à la vinaigrette.

 

Une note sucrée pour terminer

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Tarte aux abricots

Eva rosé 2012 Domaine Desachy

Elle a un charme fou. Habillée d’abricot, coiffée d’un pétale de rose, elle se poudre le nez d’épices, gonfle sa robe de figue blanche et, fraîche et gourmande, croque à pleine dents le fruit de la pâtisserie. Puis élégante, elle reprend avec doigté un beau morceau de gâteau. Nous voilà subjugué.

 

Le vent se lève, le sable vole, il est temps de rentrer…

Les très belles photos sont l’œuvre de François Millo (directeur du CIVP)

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Marc

 

 

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