Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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5 jours et 5 pays (part 2/2)

La semaine dernière, je vous ai laissé au Portugal (en réalité c’était à Vinexpo, donc à Bordeaux), en disant tout le bien que je pense des quelques vins de l’Alentejo dégustés pendant ce salon. Hervé a justement objecté la nécessité d’irriguer comme étant un obstacle à un développement écologiquement correcte de ce vignoble qui est situé dans une régions chaude et sèche. Peut-être, mais passons maintenant à d’autres pays, dont certains n’ont aucun problème de manque d’eau.

Lundi 17 juin (suite et tous aux abris)

L’orage a menacé toute la journée, mais il allait éclater pendant ma soirée au Centre d’Art Contemporain de Bordeaux (voir article précédent), comme on peut le voir de ce ciel d’une couleur étonnante, au moment ou je partais.

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Mardi 18 juin : l’Autriche

De belles dégustations horizontales des vins de deux domaines phares de la région du Kamptal, au nord du Danube et à l’ouest de Vienne. Cette région, qui a le statut de D.A.C. (équivalent d’AOP), partage ses faveurs en matière de variétés entre le Grüner Veltliner et le Riesling, pour l’essentiel. Il est à noter que tous les vins que j’ai dégusté, y compris les plus hauts de gamme, sont fermés par des capsules à vis, voire par des bouchons en verre. Et pas une trace d’oxydoréduction à l’horizon ! Les autrichiens ont, semble-t-il, compris quelque chose que le plupart des français tardent trop à accepter : que le bouchon en liège n’est pas nécessairement la meilleure manière de conserver le vin dans un flacon en verre !

D’abord les vins de Schloss Gobelsburg. Grace en grande partie au travail de précision et d’exigence de Michael Moosbrugger, ce domaine fait partie aujourd’hui des meilleurs en Autriche à mon humble avis. Les vins ont toujours un fruité impeccable et sont d’une très grande précision, avec des niveaux de complexité qui suit la courbe ascendant de leurs ambitions, finissant avec des cuvées parcellaires, aussi bien pour les grüner veltliners que pour les rieslings.

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La gamme des grüner veltliners que j’ai dégustés. Il y en avait bien plus, mais je n’avais pas le temps de tout faire

Le grüner veltliner, qui représente tout de même quelque 30% du vignoble autrichien, est capable de très belles choses, et serait un peu le chardonnay de ce pays, tant il varie dans son expression en fonction du climat (meso-climat et aussi climat dans le sens parcellaire de la Bourgogne). Mais je situe les rieslings de Gobelsburg à un niveau au-dessus. L’entrée de gamme, appelé Gobelsburger est déjà exemplaire, mais l’ensemble des rieslings que j’ai dégusté possède un degré de finesse qu’on ne trouve pas très souvent en Alsace, tout en ayant une force que le situe à part des rieslings de la Moselle. Vous remarquerez sur la photo ci-dessous une carte de la région de Kamptal. Il est à noter que les vignerons du coin ont choisi la voie de la délimitation et du classement parcellaire, comme en Allemagne ou en Bourgogne (Erste Lage = Premier Cru). Mon préféré, le Heiligenstein, se situe à droite dans la photo (17/20). Les échantillons pris sur foudre sont signalé dans les photos par un autocollant "Fassprobe".

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Ensuite une escale chez un des plus réputés des producteur autrichiens (et toujours un des meilleurs): Bründlmayer. J’aime bien l’homme aussi, pour sa modestie, son honnêteté et son elegance, et il parle aussi bien le français que l’anglais. A ma grande honte, mon allemand est plus que limité. Il faut que j’acquière d’autres langues. Là, de nouveau, une série de vins impeccables, avec le Grüner Veltliner Kaferberg 2011, et le même cépage de la parcelle nommé Lamm, en 2012, au sommet de cette série pour moi. Ls Riesling Heiligenstein 2012 ou  l’Alte Reben 2011 étaient au pinacle aussi.

Difficile d’enchaîner après des vins de cette qualité, alors j’ai pris un petit break avant de revenir en Autriche pour déguster les vins d’un jeune vigneron que je découvrais, Huber, qui se trouve dans la région de Treisenthal. En plus de ses bons grüners veltliners, il produit aussi une variété très rare, le Rotgipfler que j’ai trouvé intéressante pour ses notes fumées et sa légère touche d’amertume en finale. Pour finir, cap au sud et la région alpine du Steiermark (Styrie), ou j’ai dégusté les vins de Tement. Ce producteur avait, dans le passé, la main un peu lourde avec la barrique, mais j’ai été heureux de découvrir que cela a bien changé. Son Sauvignon Blanc Zeirigg 2011 est un modèle d’intensité, à la fois acéré, complexe et long.

Mercredi 19 juin : la Grèce

Un tour sur le petit stand de ce pays, histoire de montrer un minimum de solidarité pour un pays qui souffre tant en ce moment, et aussi de tenter de découvrir quelques vins, bien entendu. Il n’y aura pas de commentaires détaillés sur ces vins car je n’ai pas pris de notes, mais voici les vins de Grèce que j’ai particulièrement aimé à Vinexpo, et qui mériteraient le détour en toute circonstance.

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L’Assyrtiko est un grand cépage, mais il n’est le seul présent dans ce très bon blanc de Santorini, qui contient aussi un peu de l’aromatique Aïdani et peut-être aussi de l’Athiri. Finesse et fraîcheur étonnante.

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Même producteur, toujours sur l’île de Santorin, mais avec l’entré en jeu des cépages rouges : Mandilaria et Mavrotragano. Très bon tout cela !

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Un des avantages des salons est que vous économisez du temps et de l’argent en matière de voyages (je sais, les voyages forment la jeunesse, mais je ne suis plus tout jeune et je n’ai pas beaucoup de temps, alors…). Presque à l’autre bout de la Grèce par rapport aux Cyclades se trouve la Macédoine et cet autre producteur dont j’ai bien aimé les vins : Kir Yianni. Cette firme appartient à la famille Boutaris (pas la grande entreprise) et Stellios Boutaris m’a fait goûter une série d’excellents vins dont voici mes trois préférés. Les appellations sont Naoussa et Amydeon, et le cépage rouge dominant est le Xinomavro, qui a manifestement tout d’un grand.

Allez la Grèce !

Et l’Allemagne dans tout cela ?

J’ai fini par une dégustation de Rieslings Allemands et une présentation de leur système de classification des vins/parcelles au sein d’une association privée, qui, je crois, s’appelle VDP.  J’avoue ne pas avoir compris grande chose mais les vins était forts bons. A quoi cela sert-il, toute ces classifications ?

Je vais peut-être revenir sur ce sujet mais là je n’ai pas le temps. Et il y avait aussi des pinot noirs allemands, parfois très bons mais aussi très chers. Et des blancs de Croatie. Bref, une semaine bien remplie et ce n’était pas tout.

Le soleil revient (enfin, je crois) et je pars vers le Sud-Ouest avec une moto tout terrain sur la remorque…..bataille dans la boue ou plénitude dans les blés ?

David

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