Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Sur les hauteurs de Fleurie

5 Commentaires

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Le Beaujolais se fait souvent vertigineux. Vallées et collines s’y enchaînent, lacées par les routes qui les gravissent. À Fleurie, la chapelle de la Madone regarde le cru du haut de ses 400 mètres d’altitude. Un domaine cultive ses vignes sur les pentes escarpées qui la jouxtent…

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Une haute colline

Vu de loin, elle n’a l’air de rien. Mais au pied de la chapelle, le village de Fleurie semble bien petit. Point culminant au milieu des 850 ha du Cru, le monticule de La Madone voit ses pentes se redresser vers le sommet. Le flanc Sud offre 50% de pente, c’est un bel exercice de style (ou de voltige) pour le vigneron qui travaille là ses vignes, elles bien ancrées dans la caillasse.

 Carte route des vins du Beaujolais

Fleurie, un relief « rose »

Le vignoble de Fleurie sculpte son paysage dessiné de mamelons adossés au rebord du Massif Central à la chaîne des crêtes qui se décline en Fût d’Avenas, du col de Durbize, du col des Labourons et du pic Reymont (ouf !). Les déclivités plongent des escarpements qui démarrent à 450 m pour terminer en pentes douces vers les 220 m.

D’un seul tenant, elle s’étend sur le territoire de la commune de Fleurie.

Une particularité, le sol très homogène. Contrairement aux autres Crus, les arènes granitiques aux tons rosés couvrent ici toute l’entité. De la roche décomposée naît un vin élégant et fruité.

On y distingue deux zones :

Les parties hautes et pentues au pied de la colline de la Madone aux sols maigres, acides et arides.

Les secteurs bas, au-dessous du bourg, aux terrains plus profonds argileux et sableux.

Quant au nom Fleurie, rien à voir avec quelques attributs floraux, une vieille légende fait courir le bruit qu’un légionnaire romain nommé Florus aurait élu domicile sur l’une des collines. On n‘a jamais retrouvé ni plumes, ni casque, ni la moindre trace du dit particulier, mais qu’importe.

Rappel géologique

À la fin de l’ère Tertiaire, lors de la surrection des Alpes, une reprise d’activité tectonique et magmatique importante modifia le relief. Le Beaujolais s’est alors soulevé pour devenir un grand horst, c à d une partie érigée et délimitée par son contraire, les graben, c à d les fossés d’effondrement, à l’Ouest ceux du Forez et du Roannais et à l’Est celui de la plaine bressane. L’érosion a ensuite taillé le relief (surtout durant les épisodes interglaciaires) et déposé des sédiments de sables et d’argiles au fond des vallées pour nous offrir le paysage actuel.  

 Beaujolais escapade 367

Fleurie 2011 Domaine de la Madone

Rubis carminé, il épice son nez de poivre et de poudre d’iris. Très floral, il nous parfume encore de pivoine et de violette, avant de nous flatter par ses senteurs de sureau, de myrtille et de cacao. La bouche croquante offre son fruit d’emblée, les impressions épicées le souligne, la fraîcheur itou. Côté tanins, une très légère rusticité apporte un relief dynamique qui renforce notre désir d’y revenir. Un Fleurie pour les belles soifs, celles qui aiment les vives envolées gourmandes.

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Les jeunes vignes ont 45 ans… Les Gamay macèrent 10 jours en semi-carbonique, l’élevage se fait en cuve.

Le domaine 

Le vignoble de 13 ha ceinture le coteau de la Madone, considéré comme l’un des meilleurs climats du cru Fleurie. Propriété de la famille Despres depuis 5 générations, il est aujourd’hui conduit par Jean-Marc et Maryse Despres.

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www.domaine-de-la-madone.com

Ciao

Beaujolais escapade 314

Marc

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

5 réflexions sur “Sur les hauteurs de Fleurie

  1. On est loin de l’image – hélas trop répandue – du Beaujolais "facile". Facile à oublier, aussi.
    Tout n’est pas bon en Beaujolais, bien sûr – à Saint Emilion non plus, à Beaune non plus, à Avize non plus, à Lézignan non plus. Et le jackpot du Nouveau a longtemps incité à des dérives productivistes. Mais comme tu le montres, il y a dans cette région de vrais terroirs et de vrais vignerons que nous devons aider à faire reconnaître.
    Merci pour eux, Marc

  2. Si je comprends bien, Marc, ton Florus n’a pas fait florès. Pour Corneilla (il y en a 3 dans le département, dont la patrie de la famille d’Oriola, celle des cavaliers et des escrimeurs), c’est aussi un vétéran de la légion qui avait reçu une « villa » pour s’y installer au moment de sa retraite, bien dans la ligne de la cohabitation « gallo-romaine » en Septimanie. Il s’appelait Cornelius.
    Dis-moi, à Sainte-Croix du Mont, est-ce qu’il n’y avait pas un Vanhelmontus qui s’était engagé pour combattre dans la tortue de César, et qui en est revenu tout pompé ?

  3. Merci de rappeler combien les paysages de ces appellations sont beaux. Une véritable invitation au lever du jour à découvrir un terroir dont on espère qu’il s’améliore de jour en jour. Merci de la découverte.
    Partagitude!

  4. Ça ne tangue jamais du côté de Tang et c’est tang mieux ! Quant aux influences romaines qui semblent habiter Léon, notre roi des Belges à nous, elles sont capables de mettre en lumière tous les sommets viticoles. Ce site est en pleine floraison, ma parole ! Merci, ô Marc, de nous faire grimper de si beaux sommets !

  5. Les paysages sont beaux, je suis admiratif et j’aime bien tes photos, vraiment j’insiste!
    Tu décris bien là le Fleurie 2011 du domaine Madone.
    Merci à toi pour cet article passionnant!

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