Les 5 du Vin

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#Carignan Story # 177 : le fameux « K » de l’Oustal et la fête à Trilla

Là dedans, je veux dire dans ce vin, dans ce verre, il y a une sacrée dose de fruits bien cuits (ou bien bronzés, c’est de saison !) : cela va de la myrtille à la fraise, de la mûre à la prune, de la goyave à la guigne, de la figue à la bigarade … J’arrête ici la liste car il suffirait de dire que le vin est fruité à mort et très mur pour résumer l’affaire. C’est super bon, comme dirait l’autre, au point qu’arrivé à 15/16° de température on se lâche et l’on croque le vin, littéralement, avec ce plaisir qui n’est pas donné à tout le monde. Une joie qui fait que grâce à la fraîcheur naturelle du cépage, quand bien même voudrait-on le refouler, le cracher, que l’on n’y arriverait pas. Après le trajet aussi inévitable qu’indispensable qui va du gosier à l’estomac, le vin est comme imprimé en bouche, mais sans violence, sans excès, sans lourdeur. Un tapis de velours. Bien sûr, la persistance n’est pas éternelle : malgré son degré  élevé – 15° d’alcool -, il n’a pas la longueur d’un grand Clos des Papes, même s’il s’en rapproche un peu.

Photo©MichelSmith

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Pourtant, il marque l’esprit, il interpelle et il fait même preuve d’une certaine bravoure en s’imposant dans la distinction, si j’ose dire. On a du vin. Ben oui, ça peut vous paraître bizarre de sortir une telle banalité et c’est pourtant, à mes yeux, très important de le dire lorsque cela part du ressenti. Qu’est-ce à dire et qu’est-ce que « du vin », allez-vous me rétorquer ? Ce à quoi je réponds que ce qui compte c’est d’abord l’interpellation qu’un vin, peu importe qu’il soit grand, petit ou moyen, peut provoquer en nous. Avec ce « K » – je laisse encore un peu planer le doute sur son origine – on est interpellé par un jus plein, serein, copieux, généreux, chaleureux, dense et suffisamment marquant pour vous laisser une impression globalement positive.

Venons-en aux faits : c’est Eurielle, une amie de Facebook, qui m’a laissée la bouteille l’autre jour. Je ne me souviens plus avec précision à quel prix elle l’a achetée chez son caviste marseillais, mais ça ne dépassait pas 10 €. Sur un site de vente  j’ai trouvé la version 2012 à 7,40 €. Acheté en 2002 par des gars de Châteauneuf-du-Pape visiblement séduits par le Minervois, dont Claude Fonquerle et Philippe Cambie, un œnologue conseil très actif dans le Sud, j’ai déjà goûté plusieurs vins de ce domaine proche de La Livinière, dont un formidable blanc « Naïck » et un rouge « Prima Donna » tous deux commercialisés à un prix inattendu pour la région puisqu’il franchit la barre des 20 €. Malgré cela, je n’ai jamais tiqué sur ces tarifs. Preuve que les vins ont quelque chose.

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D’après la fiche technique, la cuvée de ce Vin de France qui porte le chiffre 11 imprimé (son millésime) sur le haut du K est un assemblage de rendement plutôt confortable pour la région (35 hl/ha) provenant de la plupart des parcelles du domaine, y compris quelques terrasses de Saint-Chinian. On a donc différents éléments de terroirs pour un élevage à 80 % cuve ciment, le reste ayant été élevé durant une courte période (5 mois) en futs de 3 vins. Un formidable rapport qualité-prix…

Michel Smith

PS – Si vous vous ennuyez sur la plage et que vous n’êtes pas loin du Roussillon je vous propose de rejoindre une  bande de carignanistes, mais aussi Robert Plageoles et un tas d’autres "personnages" du vin. Comme chaque été la Fête des Vieux Cépages (les oubliés et les moins connus) aura lieu de le charmant village de Trilla, dans les Pyrénées-Orientales. Le matin, j’y animerai un Carignan Bar avec toutes les bonnes bouteilles du moment. Renseignements auprès d’André Dominé au 04 68 59 19 58. Venez nombreux !

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