Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Critique de vin au festival de La Roque d’Anthéron

16 Commentaires

David nous relatait lundi quelques uns des grands (ou moins grands) moments du Festival Jazz in Marciac.

Ce n’est pas pour me vanter, mais moi, j’ai assisté à trois concerts du Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron.

J’ai notamment écouté Andreï Korobeïnikov dans le 2ème concerto pour piano de Rachmaninoff, et Abd el Rahman El Bacha dans l’intégrale des sonates de Beethoven…

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Et bien, c’était pas mal…

A ce niveau de jeu, émettre un avis me semble aussi incongru que de qualifier la beauté de la mer ou de la montagne. Mais je ne suis pas un bon critique. Même dans le vin, mes critiques m’agacent souvent à peine je les ai émises. Ce n’est pas que je n’ai pas d’opinions. C’est juste que je ne me sens pas vraiment le droit de les imposer à de pauvres lecteurs qui ne m’ont rien fait.

Je pense aux années de travail nécessaires à ces deux monstres du piano pour que leur art paraisse fluide, pour que l’effort ne se sente pas.

Dans le cas d’El Bacha, qui a joué seul et de mémoire une demi-douzaine de sonates dans la même soirée, je me demande comment il fait pour ne pas tout mélanger, et surtout, comment il fait pour garder à l’interprétation sa fraîcheur, pour éviter de devenir une sorte d’automate.

Quant à Korobeïnikov, outre sa technique, j’ai admiré sa façon de se mettre au service de l’orchestre, son sens du collectif – les cuivres de l’Orchestre National de Lyon qui lui donnaient la réplique ont été très bien mis en valeur, et même les flûtes. Le chef d’Orchestre, Antoni Wit, n’en faisait pas trop – j’ai pas mal d’oeuvres sous sa direction sur CD, ça me faisait plaisir de le voir en chair et en notes.

J’en viens au vin, qui vous attire ici plus que la musique, je suppose – quoique certains lecteurs, je le sais, sont mélomanes.

Je vais encore faire acte d’humilité.

Face à une belle interprétation ou à un grand vin (car le vin, à défaut d’être un art, se hausse parfois au rang d’artisanat de belle facture), celui qui écoute ou qui déguste est souvent à court de mots.

Enfin, je parle pour moi.

Il peut bien sûr se raccrocher aux ficelles du métier, la sonorité des cordes, l’harmonie de la bouche, commenter le phrasé ou l’assemblage, que sais-je encore. C’est quand même souvent un peu téléphoné.

Mais comment transmettre une impression sans la dénaturer, sans forcer le trait, sans tomber dans la facilité, la mièvrerie ou la pinaillerie? Pourquoi la critique paraît-elle toujours tellement creuse face à l’oeuvre? Est-ce parce que les mots sont réducteurs? Est-ce parce que nous ne créons rien, ou si peu?

A La Roque d’Anthéron, il y a un petit carré, en bas à droite, réservé à la presse. Je n’ai pu m’empêcher de regarder les « collègues ». Certains arrivaient en retard, d’autres partaient au milieu d’une oeuvre; certains avaient l’air de s’ennuyer – c’est vrai que l’Appassionata, ça ne passionne pas forcément l’échotier de La Gazette du Luberon Méridional.

Certains se parlaient – peut-être était-ce une réunion syndicale, ou bien préparaient-ils l’apéro du lendemain?

J’ose espérer que Marie-Aude Roux, la critique du Monde, qui, à propos de Korobeïnikov, parle de « piano bodybuildé » (voir ICI) , ne faisait pas partie de ces bavards.

Quant à moi, je n’ai pas du tout eu le même ressenti.

Bien sûr, je ne suis qu’un journaliste viticole. Déjà que dans ma partie, je ne me sens pas vraiment la vocation d’un arbitre des élégances, ce n’est pas maintenant que je vais m’y mettre, et à propos de musique.

A quoi ça sert?

Personne ne peut obliger qui que ce soit à aimer la musique classique, ou le jazz, ou quelque forme d’art que ce soit. C’est ça qui est bien, avec l’art: ce n’est pas obligatoire. Et ça ne « sert » pas vraiment à quelque chose, si ce n’est à rendre la vie plus belle pour ceux qui le veulent.

Notez que le vin n’a rien d’obligatoire non plus – n’en déplaise à l’ami Coluche. Plus d’un tiers des Français s’en passent totalement, je crois. Et le reste se répartissent assez inégalement entre buveurs et oenophiles.

Ce côté « facultatif », presque gratuit, rend la critique des vraies oeuvres, des belles interprétations, qu’elles soient sonores, picturales ou liquides, encore plus difficile. Car il ne faut jamais présumer de la réceptivité du lecteur, qui s’intéresse ou pas au genre ou à l’oeuvre, qui en a déjà une idée ou pas.

David nous disait lundi que Diana Krall n’avait pas bien chanté. Je le crois. Même si, pour moi, qui ne suis pas un vrai grand fan de jazz, l’impression aurait peut-être été toute autre.

Il m’arrive bien sûr aussi de trouver qu’un pianiste, qu’un violoniste ou qu’un flutiste joue trop vite, ou trop fort, ou ne met pas assez de sentiment, ou trop.

Mais c’est souvent par rapport à une version que j’ai dans l’oreille, ou par rapport à mon éducation musicale. Ou à mon affect – quand c’est mon fils qui joue, par exemple, ce n’est pas pareil.

Cela dépend aussi de ce que j’attends de l’oeuvre. Bach, Vivaldi, Corelli, Weiss, Haydn, Mozart, Beethoven, Brahms, Debussy, Mahler, Prokofiev et Rachmaninoff me « parlent » plus que Rameau, Mendelssohn, Borodine, Bizet, Strauss, Chostakovitch, Orff ou Wagner. Je suis plus sensible à une exécution médiocre du Clavier bien Tempéré ou de l’Estro Armonico que de l’assassinat de Carmina Burana. C’est comme ça.

D’un autre côté, en matière de musique, je ne suis que « consommateur », qu’amateur, je n’ai ni l’expérience du jeu, ni la vraie compétence. J’ai des oreilles. Des récepteurs sensoriels. Quelques cordes sensibles qui vibrent ou ne vibrent pas.

C’est beaucoup et c’est peu à la fois.

Eduquer le goût

Il paraît que la beauté est dans l’oeil de celui qui regarde. Mais qui nous apprend à regarder?

Quand on voit le nombre de Japonais dans les concours de piano ou de violon, on ne peut s’empêcher de penser que l’éducation musicale qui est donnée aux jeunes Nippons n’y est pas pour rien.

La France est bien loin derrière, hélas.

Dans le domaine du vin, c’est un peu pareil: faute de transmission entre générations, le Français moyen devient de plus en plus vino-inculte. Sans vouloir flatter mes amis belges, je constate que leur intérêt pour le noble breuvage de Bacchus – et leurs connaissances – sont plus affutés que les nôtres – je parle en moyenne, évidemment, on trouve des gens obtus partout dans le monde, et des passionnés aussi.

Je suis persuadé que le goût s’éduque – cela ne veut pas dire qu’il se formate. L’idée qui doit sous tendre, pour moi, une bonne éducation musicale, artistique ou vineuse, n’est pas de faire aimer à tout le monde la même chose, mais de faire comprendre ce qu’il y a derrière l’oeuvre, de permettre au spectateur, à l’auditeur ou au buveur d’apprécier à sa juste valeur. Quitte à ne pas aimer.

Il y a des gens tout à fait respectables qui s’emmerdent sur Le Chant de la Terre, sur le Deuxième concerto pour Piano de Brahms ou sur Wish you Were Here. Moi j’adore.

Il y a des gens tout à fait respectables qu’un verre d’Yquem emmerde. C’est mon cas.

Je n’en dégoûte pas les autres.

Hervé

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

16 réflexions sur “Critique de vin au festival de La Roque d’Anthéron

  1. Mon cher Hervé, j’ai fait chez Harmonia Mundi une petite « folie », vu mes budgets actuels : les 4 concertos de Rachmaninov par l’Orchestre de l’Oural (si si, et non Tbilissi, qui n’est pas dans l’Oural mais caucasienne) avec Boris Berezovsky au clavier. Deux CD’s, (1-4 et 2-3) que je te recommande vivement.

    • Luc, je vais racheter le 3ème concerto, j’avais la version par Jando, mais ma fille l’a égarée. Merci du conseil. Berezovsky était à la Roque d’Anthéron, mais je ne l’ai pas vu.
      En parlant de Rachmaninoff (il signait avec deux ff alors je l’écrit ainsi), que penses-tu de sa deuxième symphonie? J’ai deux versions, celle de Naxos (Gunzenhauser) et celle de l’orchestre de l’URSS – ah, l’époque soviétique avait du bon, euhm (;-(). En as-tu une autre à me conseiller?

  2. Beau papier. Oui, toute critique est subjective… et la subjectivité est justement ce qui nous manque le plus dans la presse actuelle. Enfin, c’est ce que je pense. Mais ce n’est pas tout : pour pouvoir critiquer juste il faut aussi intéresser le lecteur. Et pour l’intéresser, il faut du talent. J’aimerais en avoir autant qu’un Philippe Tesson, par exemple, lorsqu’il s’attaque à une pièce de théâtre qu’il aime ou qu’il déteste. Ton analyse est pleine de bon sens, mais il serait intéressant de savoir pourquoi précisément un verre d’Yquem t’emmerde autant que ça. Un jour, peut-être ?

    • Hervé pratique, avec beaucoup plus de mesure que moi, la provocation. Avouons que, à part quelques journalistes nostalgiques de la période Lur-Saluces et des privilèges qu’on leur consentait et à part quelques inconditionnels snobinards, ce type de vin n’a pas grand chose pour séduire. L’entregent du négoce bordelais et le manque de « marketing » des autres grands vignobles à moelleux ont permis le développement des liquoreux du sauternais et du bergeracais, mais quiconque a rencontré les moelleux de Loire, le Jurançon, les botrytisés alsaciens et, bien plus encore, allemands ou autrichiens, ne peux se régaler de ces vins qui manquent d’acidité et de complexité. A la limite un Climens très réussi, ou un Gilette, mais sinon, bof … Dans ma période d’avant, j’ai eu l’occasion de goûter sans doute une vingtaine de fois Yquem – peut-être pas assez évolué, ni dans les millésimes exceptionnels – et je ne dis pas que c’est mauvais, mais je partage l’avis d’Hervé. Moi, ce genre de vin ne me passionne pas. Comment ils ont pu atteindre de tels prix reste pour moi un mystère.
      Cela étant, tous les goûts sont dans la nature.

  3. En parlant de clavier, Léon, je te recommande l’écoute de cette émission passionnante sur le Fender Rhodes : http://www.francemusique.fr/emission/le-matin-des-musiciens/2012-2013/le-fender-rhodes-dans-le-jazz-avec-benjamin-moussay

    • Merci de cette séquence, Michel.
      Bcp de musicos que j’aime (Zawinul, Jarett, Hancock, Zappa, Jobim …).
      Je l’ai laissée tourner en musique de fond.

  4. Oui, Luc, c’est tout à fait ça. Je ne dis pas qu’Yquem est mauvais, juste que cela ne me parle pas.

    Et ce n’est pas une question de statut. Dans la même journée, j’ai eu la chance de visiter Yquem et Margaux. En mettant les prix de côté (ils sont indécents pour mon pauvre portefeuille, mais c’est mon problème), je n’ai ressenti aucune émotion à Yquem – le vin m’a semblé riche, certes, mais plat, sans vie, de jolis arômes assez complexes, d’accord, mais aucune nervosité. Une beauté froide, comme dirait David ou Michel à propos de Diana Krall.
    Alors qu’au Château Margaux, j’ai eu une des grandes émotions de ma vie de dégustateur – il y avait, comment dire, comme une dimension supplémentaire. Ce n’était pas un vin surextrait, surboisé, un vin de compétition, c’était un vin d’une élégance rare, un vin avec un plus, quelque chose que je n’avais jamais ressenti, comme si une trappe s’ouvrait et qu’on entrait dans autre chose. Il faudrait que j’analyse mieux, je vous le livre brut de décoffrage, mais voila, c’était un flash.
    Dans le genre, j’ai eu quelques rares émotions du même genre avec le Sous voile de Tissot à Arbois, avec une des cuvées de Gigondas de Louis Barruol, avec un Traminer slovène de Janusz, avec la Cuvée du Papet de Thierry Sabon, avec un Eiswein d’Anselmann, en Palatinat, avec un vieux Bourgueil de Lamé-Delisle-Boucart; un très vieux VDN de Puig – Banyuls ou Rivesaltes, je ne sais plus. Ce sont ceux dont je me souviens aujourd’hui, désolé pour les autres, ma mémoire se vide à mesure que je déguste de nouveaux vins.

    Je ne dis pas que tout le monde doit ressentir la même chose, et ceux qui aiment Yquem ont toute ma compassion (vu le prix) et mon respect aussi, mais je pense de mon devoir de mettre en avant ce qui me décoiffe vraiment. Yquem n’a pas besoin de moi.

  5. Euh… Diana Krall, pas Kroll, ni Crawl ;-)

  6. Et Puig, c’est Rivesaltes (excellent Carignan aussi !)… http://www.puig-parahy.fr

    • Après le Domaine de Rancy, à Latour de France, chez mes amis Jean-Hubert et Brigitte Verdaguer – des purs et durs, pas faciles à manier mais tellement authentiques et quelle qualité ahurissante – c’est effectivemnt à Passa (Puig-Parahy) qu’on trouve une série impressionnante de vieux Rivesaltes. Le Forgeron a raison. Mais chez les Verdaguer, il s’agit de rancios issus de macabeu seulement, le « vrai » ambré. Chez Puig, il s’agit pour les vieux millésimes le plus souvent d’assemblages contenant certainement du grenache noir et gris et peut-être du carignan aussi, en plus. Cela n’enlève rien à leur qualité, c’est un autre style, avec un autre type de volatile, moins oxydative, moins « sotolonesque », plus acétique ou acétatique, qui fait penser aux Banyuls de l’Etoile plutôt qu’à un Madère ou une Colheita du Douro. Attention, chez les Cazes, et ailleurs, et dans certaines coopératives aussi (Trouillas, Maury …), cela vaut la peine d’aller découvrir ces vieux trésors du Roussillon, mais chez les Verdaguer et chez Georges Puig, c’est la multiplicité des grandissimes bouteilles qui ébahit. En outre, au Domaine de Rancy, même le « 4 ans d’âge » tire la quintessence de la futaille disponible et à un prix qui défie toute concurrence.

  7. Cet article, c’est juste une belle idée. Celle d’un épicurien au coeur des saveurs de la vie.

  8. Pfou, j’arrive un peu tard. Une heure de décalage avec le Devon.. Pour Yquem je vous trouve un peu durs. Si on fait abstraction du prix (ce ne sont pas ceux qui fixent les prix d’aujourd’hui qui ont fait ce domaine) et qu’on déguste des vins vieux, on peut quand même avoir beaucoup d’émotion, et constater beaucoup de « réserve » et de complexité à mesure que l’oxygène lève le voile sur la nature profonde de ce vin. Il faut lui dédier quelques heures de patience. Le vrai problème d’Yquem (là je te rejoins, Luc) est que la concurrence en grands vins sucrés est terriblement « consistante » et de haut niveau.
    Merci pour ce papier Hervé. Je passerai rapidement sur le talent pur qu’est Boris B. en disant que son âme russe a toutes les chances de faire corps avec le message d’un compositeur… russe. C’est comme ça.. On n’y peut rien. Pour les amateurs sachez que La Roque programme aussi des concerts de jazz de très bon niveau dans la carrière de Rognes qui est un lieu vraiment bien adapté.
    Enfin, puisqu’on parle d’éducation et que les arts en général et la musique en particulier se sont invités à juste raison dans l’article d’aujourd’hui, je vais en profiter pour dénoncer une réalité lamentable qui est celle de l’enseignement des arts en milieu scolaire en France. Bien sur, notre pays s’est doté d’un système d’écoles de musique et de conservatoires qui marche assez bien mais il faut reconnaitre que cela concerne nettement les familles les plus privilégiées socialement et financièrement. Dans les collèges et les lycées, l’enseignement de la musique et des arts plastiques est d’une médiocrité affligeante pour deux raisons:
    1. les programmes pondus par l’état sont pathétiques et nivèlent par le bas. Ils ne peuvent en aucun cas aider à détecter un talent ou inciter un élève à aller un peu plus loin.
    2. la qualité des profs est basse et, à leur crédit, il leur est impossible de s’engager avec dynamisme dans l’enseignement de disciplines complètement décrédibilisées dont tout le monde se moque, à commencer par les parents et les chefs d’établissement.
    Souiller l’éducation aux arts de cette manière, c’est une véritable insulte.
    A la sortie, on se demande pourquoi la France produit très peu de grands solistes, alors que son système de conservatoires est un des plus couteux du monde. Si tu ne détectes personne, à la sortie, tu n’as pas grand monde.
    L’antithèse est le rugby néo-zélandais qui, avec son fantastique système de détection à l’école, domine la planète rugby avec 4 millions d’habitants.
    Honte à l’état français et à l’éducation nationale.

  9. Voilà le point essentiel. A quoi sert l’école et que doit-elle apporter ?
    J’ai une réponse perso, mais discutable : un bagage. C’est à dire qu’il faut savoir lire, écrire, parler, compter, conter, dans plusieurs langues si possible, et peut-être aussi connaître l’histoire de l’Europe, un peu de musique et un peu de peinture. Puis il faut savoir taper dans un ballon, lancer dans un panier, tenir une raquette, rouler en mob ou même avoir le permis, au mieux tenir en selle et sur une paire de skis ….
    Les vieux cons comme nous, les bourgeois en tout cas, nous étions 80 % à y arriver, à tout cela (pas les langues dans les pays méditerranéens, mais pour tous ceux du nord, si). Mais on ne connaissait rien au films de Hollywood, aux i/e-pods, on ne sortait pas en boîte quatre fois par semaine ; on ne tagait pas les belles portes en chêne du vieux Montpellier ou d’Uzès et on ne se faisait pas un rail de blanche.
    Je suis convaincu qu’un demi d’ouverture de talent, ou un talent à l’ouverture d’un opéra, cela se détecte de la même manière.
    Maintenant, la Suède a dominé le tennis mondial : est-ce si important ? Est-ce que cela les empêche d’avoir le taux de suicide le plus important d’Europe, malgré la beauté faramineuse des Suédoises ?
    Enfin, pourquoi la France doit-elle absolument briller ? Vous êtes quand même chiants, avec cette prétention : pas plus qu’après la fuite en Egypte pour d’autres il n’est écrit que le peuple élu est celui qui s’enfile du jaune, de la baguette de point chaud et du cassoulet Spanghero (pour rester dans l’ovale) avant de gueuler comme des putois : « on a GÁ-gné ».
    Maintenant, vu de l’extérieur, la France avait un service éducatif de pointe jusqu’à la fin des années ’70 et une médecine très avancée jusqu’aux alentours de 1987-88. J’ai terminé mon internat à Bichat en 1986, à titre d’information.
    C’est la bande à Tonton qui a tout foutu en l’air : les Fabius, les Lang, les Cresson, les Ligier, les Hanin et tous les autres flagorneurs de l’homme à la francisque. Vingt années de Mitterrandisme ont tout détruit, et ce n’est pas un homme de droite qui écrit cela. Si vous aviez laissé une chance à Fitterman, à Rocard et à quelques autres, Coluche et Edern-Hallier seraient encore en vie (enfin le premier en tout cas), le Rainbow Warrior serait à flot et tout le clientélisme de l’Education Nationale ne serait pas ce qu’il est.
    Tiens, je me suis fait 25 millions d’amis en une seule fois … mais je m’en fous.

  10. Peut-êre juste 15 millions ces jours-ci… Mais en France ça change très vite, tu pourras donc te refaire des ennemis rapidement !
    Je m’en fiche que la France brille ou pas. Quand Berezovsky me touche, je me moque bien qu’il soit russe, français, ou papou. Simplement, je prenais l’exemple NZ car la capacité d’un système à faire émerger de la qualité, et si on a un peu de chance de l’excellence, est quand même un bon indicateur de tout ce qu’il se passe à tous les étages de la pyramide. On trouvera généralement aux étages inférieurs tout un paquet de personnes qui, si elles n’ont pas atteint un haut niveau dans la pratique artistique, auront au moins eu du plaisir, des outils de « lecture », des bases techniques un peu solides, une initiation au sens noble du terme, et donc une capacité à partager. Mais ce qui me hérisse le plus est le gachis. Parce que dans notre système complètement nazbrock, je suis convaincu qu’un nombre incalculable de gamins ratent des chemins et des expériences qui pourraient les aider à gagner l’indispensable confiance dont chacun a besoin pour avancer. J’enverrais bien nos chers profs et « ministres » faire des stages d’observation dans d’autres pays, si jamais ils avaient assez d’ouverture d’esprit pour se soumettre à ce genre d’exercice. Mais j’en doute.
    Good night.

  11. France Belgique : zéro à zéro. C’est nul, je sais. Mais pour être aussi sérieux que vous deux 5 minutes, c’est notre système d’éducation qui a complètement foiré en 20 ou 30 ans. Nous n’avons pas été capables d’assimiler dans nos écoles et universités l’arrivée de centaines de milliers de jeunes venant de milieux défavorisés que nous avons parqués dans des tours loin des centres ville puis abandonnés. La France est un pays de jeunes qui pourrait, s’il le voulait vraiment, se servir de cette jeunesse pour avancer mais au lieu de ça nous enterrons, nous étouffons nos jeunes dans le mépris, dans l’ignorance. Dommage, car la France est le plus beau pays du monde ou, pour le moins, l’un d’entre eux. François bis, il y a quelques mois, n’avait que ce mot là à la bouche – la jeunesse -, mot auquel il rajoutait l’éducation nationale. C’est pour ça que j’ai voté pour lui. Depuis, je ne vois rien venir. Qui a dit « élections pièges à cons » ? Heureusement, il nous reste quelques vignerons !

  12. 100.000 fois d’accord avec Barruol et Smith. Nous voulons tous PLUS d’éducation, plus d’instruction, plus de profs qui prestent plus d’heures, sont mieux payés, plus motivés et plus compétents. Si l’éducation gêne certains, qu’ils essaient l’ignorance, pour voir. Notez que Franco et Salazar l’avaient bien compris : à leur éviction, 30 % de la population (plus dans certaines régions où les prêtres étaient encore plus représentés) de la péninsule ibérique ne savait pas lire. Mais nous voulons aussi plus de juges, et plus indépendants, et plus de policiers, pas pour surveiller les radars où le stationnement gênant, en les sélectionnant mieux, en ne les armant pas et en les choisissant dans tout le tissu social régional. Bien sûr, c’est plus dangereux pour l’état central (voir Narbonne 1906-7), mais c’est tellement plus utile pour le citoyen.
    Et nous sommes prêts à ce qu’on ne construise plus d’autoroute, de ligne de TGV, de « maison des jeunes » style blokhaus à la con, de marina à 10.000 anneaux, de champ de course, de méga-coopérative vinicole hyperautomatisée, de nouveaux avions de chasse ou porte-avions, de Centre Beaubourg ou de Pyramide du Louvres.
    Dans mon village, les locaux de l’école ne sont pas grands, mais il en est d’inoccupés. Ce qui manque, ce ne sont pas les classes, ni les élèves : ce sont les instits ! Et même quand ils sont là, on les croit parfois absents.

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