Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Les apéritifs à base de vin : le retour ?

8 Commentaires

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Pensez que la magnifique affiche de Cassandre aurait été interdite par la stupide loi Evin !

 

Il fut un temps quand ces boissons-là se vendaient en quantités industrielles et leur "réclames" ornaient les murs des bâtiments de la France (et de l’Italie) toute entière. Qui (du moins de notre génération de papys-ou-presque) ne se souvient pas du fameux "DUBO… DUBON…DUBONNET et des affiches splendides de Cassandre, et de tous les autres. J’ai le souvenir d’avoir vendu des tonnes de Lillet, à l’époque le seul apéritif qui se targuaient de porter un millésime (en blanc et en rouge, si mes souvenirs sont exactes) quand j’exerçais le métier de caviste à Paris, au début des années 1980. Et je possède dans ma cave un flacon de Lillet 1947 que je n’ai jamais osé entamer.

J’ignore quels sont les volumes actuellement vendus de ces types de vins "amendés", et je dois dire que cela m’est un peu égal. Mais je les aime bien et je voudrais, à ma manière, leur rendre un petit hommage sur cette page.

Cet été nous avons largement cédé au sirènes d’un de ces ABV (pourquoi aime-t-on les acronymes en France ?). Surtout l’italien Campari, que j’apprécie particulièrement, mais non sans quelques infidélités chez Cinzano, Noilly Prat et Lillet. Parfois bus seuls, parfois allongés avec du San Pellegrino et agrémenté de rondelles de citron et/ ou des feuilles de fines herbes (menthe, estragon, etc). Mais aujourd’hui je vous propose, en guise d’apéro du jour, une petite dégustation de ces produits en version "pure".  Allons-y…..

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On dirait des copains en goguette

Des apéritifs à base de vin : Deux blancs et deux rouges

Cinzano Bianco

Robe assez claire. Nez puissamment parfumé, assez complexe et un peu chimique. Fleurs et herbes sinon. L’écorce de citron ressort fortement, donc avec une touche d’amertume. En bouche on se retrouve à la jonction de l’amer et du légèrement sucré, avec une certaine sensation de fraicheur qu’il conviendrait d’agrémenter en rajoutant du citron, par exemple. Ce produit possède en même temps de la rondeur et du poids, sans sembler lourd. L’arrière goût est fruité et aussi un peu chimique.

Noilly Prat Original Dry

Robe nettement plus sombre, ambrée. Nez plus discret, bien oxydatif. Les herbes de type garrigue (ciste etc) semblent dominer. Cele me semble plus subtil que le Cinzano. Cette bouteille est probablement ouverte depuis un moment, donc le jeu n’est pas très juste, mais le vin paraît moins frais et alerte que le Cinzano. Cependant je le boirais volontiers seul, ce qui est moins le cas pour l’italien. Belle persistance de type oxydatif avec une joyeuse dose d’amertume que j’aime bien.

Lillet rouge

Robe d’un rouge assez claire (un peu comme celle d’un beaujolais de quelques années). Nez beaucoup plus proche d’un vin que pour les trois autres. Pruneau, prune et sous-bois, mais avec un zeste (d’orange) en plus. L’amertume se marie bien au sucré du fruit en bouche. De belles saveurs assez persistantes. Harmonieux grâce, je pense, à la subtile touche d’amertume qui relève la finale. J’aime bien, c’est rond et charnu.

Campari

La robe est d’un rouge très claire et brillante : un peu comme un rosé de Fronton ou un clairet de Bordeaux. Le nez verse franchement du côté des herbes et de l’amertume. Certains trouveront cela austère. J’aime beaucoup. Cette amertume allègre est entièrement présente en bouche, donnant une grande force aux sensations gustatives. C’est dans la grande tradition des "bitters" italiens, et si on n’aime pas l’amertume, il vaut mieux l’amadouer ou bien passer son chemin. Heureusement que j’ai mis en dernière place de ma petite dégustation car la persistance de l’amertume est formidable. Pour amateurs de sensations fortes, dont je suis. Equivaut à un passage rapide du Col de Bavella (Corse) sur KTM Duke !

David

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

8 réflexions sur “Les apéritifs à base de vin : le retour ?

  1. David, tu oublies de mentionner la délicieuse sensation – tous les grands allergiques aux sulfites te le diront – que laissent au crâne un grand nombre de ces produits : unique, la barre frontale ; sensationnelle, la crampe occipitale ; incomparables, les douleurs pariétales.
    Comme dénomination, plutôt qu’un acronyme, je te propose un texto en « djeuns » : H . I . É !

  2. Sophistication mondaine de ces ABV : le "Milan-Turin", mélange de Campari (originaire de Milan) et de Cinzano (Turin) inventé en 1861 par Gaspare Campari. Allongé d’eau de Seltz, largement consommé par les Américains sur les côtes italiennes, il devient, à partir de 1917, l’Americano, et fait un tabac aux Etats-Unis. Il n’est jamais aussi bon qu’aux terrasses du Florian ou du Quadri, place Saint-Marc, à Venise, dans une ambiance orchestrale suavement désuète.

    • Parfaitement d’accord !
      Mais je me demande pourquoi David a oublié le Byrrh de Thuir (PO). Va falloir que Léon et moi on se cotise pour lui offrir un flacon de "Vieux" Byrrh ;-)

  3. Ayant banni tous les alcools forts j ai eu plaisir à redécouvrir le Martini bianco qui naguère était le seul apéritif présent chez mes parents.
    Jamais d anisés mais souvent du champagne bref,

    Depuis j ai toujours un flacon en réserve et je note que pour ôter l impression de sucré- fort déplaisante- il est possible de faire un assemblage :1/3 martini blanc 2 /3 de vin blanc ou rouge voire rosé.
    économique ,rafraichissant et de goût bien marqué supportant qq glaçons.
    Quant à la recette de ce breuvage toujours top secret : normal!
    si la présence de sulfites est indiquée ainsi que la mention "aux extraits de 40 plantes aromatiques" rien n indique le taux de sucres.
    ces spiritueux c est aussi un moyen de réguler les surplus de vins sans caractère .
    Je connais en Savoie un producteur de noix qui commercialise un "vin de noix" élaboré selon l immuable recette de sa grand’mère:
    le secret 2 ans de vieillissement !
    je n ai jamais rien trouvé de comparable en grande distribution .

  4. Merci à Alain pour sa recette qui est le comble de la sophistication et qui ne lui ressemble pas tellement (tout en montrant l’étendu de sa culture vinique). Merci aussi à Jean-Pierre : cette recette-là je vais l’essayer en inventant des trucs autour.

    • David, ta réponse me laisse rouge de confusion… Quant au Milan/Turin, j’ai oublié d’en donner les volumes : deux fois plus de Campari que de Cinzano. Il faut sans doute voir dans ces proportions le souci de Gaspard Campari de vendre sa production. Par ailleurs errerais tu, en Lomagne par les temps qui courent ?

  5. À essayer absolument : déglacer une poêlée de st Jacques au noilly prat.

  6. J’aime toujours une verre (ou deux) de Campari avec un jus d’orange ou avec le soda mais j’ai pas essayer Dubonnet depuis très longtemps.

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