Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Soutien moral aux vignerons grêlés

7 Commentaires

vignes à Bordeaux

Vignes dans l’Entre-deux-Mers, à Bordeaux, après l’orage de grêle du 2 août. 

Il me semble difficile de passer sous silence les orages de grêle de cet été, et surtout leurs effets souvent catastrophiques sur la vie des vignerons qui se trouvent frappés par ces accidents de la nature. On imagine bien les sensations éprouvées par un propriétaire/vigneron à constater (avec un sentiment de totale impuissance et d’entière désolation) la perte d’une bonne partie, voire de la totalité, de sa récolte de l’année. Et, plus loin, la baisse de rendement subie pour l’année suivante, provoquée par des blessures aux pieds de vigne. Puis de commencer à calculer, avec effroi, comment on va s’en sortir pour payer les traites des dernières cuves installées, ou des barriques achetées, ou du tracteur juste livré. J’avais déjà parlé dans ces colonnes de la mésaventure de ce type survenu à Raimond de Villeneuve (Château de Roquefort, à Roquefort-le-Bédoule) en juillet 2012, et du formidable élan de solidarité qui s’est organisé par la suite afin de lui fournir matière à vinifier. Mais l’ampleur des orages de 2013, et leur dispersion géographique, semble bien au-delà des possibilités de telles initiatives si louables.

D’après ce que je sais, les régions les plus touchés à présent cette année sont le Val de Loire (Vouvray et Montlouis, en juin), le secteur de la Côte de Beaune, en Bourgogne, et la bande Entre-deux-Mers / Castillon du bordelais. J’espère que cette liste se terminera là !

les-vignes-de-pommard-volnay-et-meursault-ont-ete-ravagees-par-la-grele-photo-d-illustration

Les vignes de Pommard et Volnay en juillet 2013 ! On se croirait en hiver.

Que faire devant de telles situations, qui peuvent rapidement entrainer faillites et autres catastrophes ? J’ai appris que seulement 100,000 hectares su vignoble français (sur un total de 800,000) sont assurés. Un responsable estime qu’il faudrait rendre une telle assurance obligatoire afin de mieux ""mutualiser" le risque. J’avoue mon incompétence pour juger de la viabilité d’une telle solution, mais pourquoi pas ?

Evidemment la culture de la vigne est une activité agricole, et donc les aléas climatiques font partie des règles du jeu et des risques connues. Mais je ne peux pas m’empêcher de ressentir de la compassion et d’apporter une (risible ?) dose de soutien morale à tous ces vignerons touchés par la grêle, de quelque appellation que ce soit. Dans une situation pareil, perdre le fruit du travail d’une année (ou de plusieurs) en quelques minutes par la faute à pas-de-chance est terrible, que vous produisez du Pommard Premier Cru ou du Bordeaux dite "de base". En tout cas, toutes les petites querelles de clocher semblent bien ridicules face à de tels évènements.

vignes en Bourgogne

Vignes en Bourgogne après la grêle de cet été

Peut-on tirer des conclusions de ces épisodes ? Je ne suis pas climatologue et j’ai parfois l’impression qu’il y a autant d’avis que d’experts sur ces sujets. Certains disent que ces manifestations violentes sont un des résultats du réchauffement de la planète. D’autres que ce ne sont que des phénomènes imprévisibles, certes, mais inévitables et cycliques de toute façon. Je n’en sais rien mais je plains du fond du coeur le vigneron chez qui de telles misères arrivent.

David

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

7 réflexions sur “Soutien moral aux vignerons grêlés

  1. Seuls 10 à 15% des vignerons bordelais sont assurés contre la grêle et environ 35% de ceux de la Bourgogne. C’est dû probablement à la climatologie de la région, mais aussi au montant élevé des assurances. Ajouter ce poste non négligeable dans les dépenses annuelles de l’exploitation n’est rentable, selon mes interlocuteurs, qu’en cas de grêle tous les dix ans. Mais il serait indigne de laisser les vignerons seuls face à cette catastrophe, dont l’étendue a mis en danger beaucoup d’entre eux. Un crédit à 0% semblerait plus adapté à leurs besoins. Non pas limité à 20 000 €, ce qui est risible par rapport aux pertes, mais proportionnel aux nombres d’hectares ravagés. La solidarité entre vignerons, ça a toujours existé et elle ne va pas disparaître, mais la solidarité de l’Etat qui négocierait avec les banques des mesures exceptionnelles, ce serait quelque chose de nouveau.

  2. Je pense que cela serait une bonne idée, si l’état (c’est à dire nous) arrive à trouver les sous !

  3. Dans la liste des vignobles touchés, il faut ajouter une partie du Bergeracois, celle qui est proche de Castillon.
    Je n’ai pas de solutions sauf à proposer ce que d’autres proposent : l’assurance obligatoire comme pour l’automobile ou le logement.
    Rappeler aussi que ce phénomène n’est pas nouveau – l’an dernier ou l’année d’avant, je ne sais plus, c’était le Roussillon – et que chaque année un ou plusieurs vignobles sont peu ou prou touchés. Et de déplorer quand même que l’on en parle plus lorsqu’il s’agit du Bordelais ou de la Bourgogne qui si la grêle dévastait une partie de l’Anjou ou du Languedoc. C’est pourquoi il me paraît urgent de généraliser une assurance obligatoire.
    Mais ce qui me choque le plus c’est lorsqu’on en fait tout un plat. Dans chaque activité il y a des risques. Cette année, chez nous, on entend beaucoup parler de la coulure au point que l’on envisage de donner la possibilité au vigneron en manque d’acheter du raisin à un collègue plus chanceux. Belle notion de terroir au passage… Alors, faut-il s’assurer contre la coulure du grenache pourtant fréquente dans le Sud ??? On voit qu’avec l’agriculture les questions restent sans fins…

  4. Est-ce que quelqu’un serait au courant de l’efficacite des filets de protection? Il semble que ca marche pas mal pour d’autres productions fruitieres…

  5. On ferait mieux d’arrêter les milliers de subventions à la con et de consacrer un peu d’argent public pour simplement éviter à certains vignerons de mettre la clé sous la porte. La catastrophe naturelle est un risque d’une nature particulière qui devrait être mutualisé au niveau de l’Etat. Mais on préfère alimenter la gabegie sociale. Soit.
    Sarkozy n’était déjà pas un grand passionné de viticulture alors que nous sommes le deuxième pôle d’exportation du pays, derrière les avions, mais devant les voitures, le nucléaire, le luxe et tous les autres secteurs. Quant à Hollande, le monde agricole en général, viticulture incluse, ne lui inspire rien du tout. Donc, on n’a qu’à continuer à se démerder tout seuls, comme d’habitude. Mais on a l’habitude.

  6. Louis a raison, une fois de plus.

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