Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

#Carignan Story # 185 : Nature c’est bien plus fastoche !

9 Commentaires

Voilà un vin qui s’inscrit dans le naturisme ambiant. Que ça plaise ou non, c’est dans l’air du temps. Par ailleurs, il le dit net sur l’étiquette : « Cuvée Nature » avec une feuille de vigne bien verte au cas où on n’aurait pas pigé. On aime ou on n’aime pas, peu importe, puisque je ne convoque ici aucun débat en particulier. Toujours sur l’étiquette, le nom du vin est encore plus explicite : « Lou Carignan ». Nous sommes donc de retour en Languedoc pour ce Vin de France d’un style léger vinifié par Jean-Jacques Mailhac (*), vigneron de Roquebrun, un village de carte postale où l’on produit de beaux vins d’AOP Saint-Chinian. C’est aussi là que vit un autre vigneron que j’admire, le dénommé Thierry Navarre expert en cinsault (ou œillades) et autre terret gris.

Photo©MichelSmith

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Petites touches rustiques – un chouïa végétales – au nez comme en bouche où le fruit domine quand même non sans une certaine franchise. On est à fond dans le raisin, comme frappé au coin du bon sens. Pour résumer, ce vin sans millésime affiché (2011 ?) est plein, généreux, joyeux, assez bien équilibré, souple tout en étant frais. Et il ne faut pas longtemps pour comprendre la facilité qu’offre un tel flacon : on l’ouvre, on le boit et on ne se prend pas la tête. Ça frétille comme un gardon et ça chante comme un pinson (non, je ne cherche pas à imiter mon ami Jean-Pierre Coffe), un rouge fastoche d’autant qu’il ne pèse pas plus de 13,5° et qu’il se boit frais. Indispensable sur les grillades et autres cuissons à la plancha, mais aussi en entrée sur le boudin noir (catalan, si possible) et les aubergines farcies.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Michel Smith

(*) Merci à Jean-Luc Bonnin de m’avoir fait découvrir ce vin… et ce vigneron : Jean-Jacques Mailhac, du Domaine Marquise des Mures. Tél. 06 84 30 76 20.

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

9 réflexions sur “#Carignan Story # 185 : Nature c’est bien plus fastoche !

  1. Michel, toi aussi tu attrapes la maladie locale : catalan par ci, catalan par là. Le boudin, ce n’est pas d’un raffinement fou. Et le boudin catalan est comme tous les autres : parfois correct, parfois dégueu. En Belgique, nous avons les « kermesses au boudin » (blanc et noir). Au niveau du folklore, c’est OK ; mais pour la gastronomie …. Le boudin dit catalan est génralement noir, à base de « sanquette », gras, trop épicé et contient de « gros » morceaux non moulinés. Quand c’est un débris d’os (par accident), bonjour les prothèses dentaires (et à nos âges ..). Note que je suis un ardent défenseur des régionalismes (en même temps qu’un adversaire des nationalismes, drapeaux, hymnes, fiertés nationales etc …). Mais le « pays catalan », où moins de 5 % ont le catalan comme langue maternelle et où moins de 20 % le parlent un petit peu, où il est impossible de faire durablement ses études en catalan, où il n’existe PAS de cuisine catalane originale, tout au plus 4 ou 5 plats plus ou moins locaux … il me « gonfle mes vieilles roubignolles » comme chantait Brel à propos des flamingants (pas des Flamands, NB, c’est autre chose). Ce pays est beau, il y existe des denrées de première qualité et les meilleurs vins au monde (!) mais pour le reste « sono humani come tutti gli altri ». On observe le même phénomène en Wallonie, et pour les mêmes raisons : il existe des « journalistes » à la radio wallonne (RTBF Mons ou Namur) qui, francophones purs, se donnent des airs de Wallon en intégrant quelques mots de patois à leur parler. Ils n’en sont pas moins bidon, plastoc et faux-culs. Ce n’est pas parce que Joey Starr dit de temps en temps « fuck you » qu’il est un anglophone accompli. Voilà, je me suis aliéné 400.000 âmes de plus, mais je m’en tape : ces âmes sont surtout des ânes (Català Burro). L’internationale sera le genre humain … et vive Lev Davidovitch !

    • Partir du Roussillon et finir par ce fou furieux de Trotsky, il fallait le faire !! Je vais prendre ce billet au premier degré, sans doute à tort.

      Bien sur que les langues régionales sont peu enseignées ; elles ne constituent plus que le véhicule de cultures traditionnelles et sont pratiquées, soit par des "anciens", souvent ruraux (peu de jeunes), soit par des universitaires. Et pourtant quel bonheur de les entendre à défaut de savoir les parler de façon correcte. Et quel merveilleux bagage elles transmettent (poésie, coutumes, vêtements, comportements, cuisine, recettes, vins et vignes…). Nos derniers félibres provençaux sont très actifs. Il existe de nombreuses associations "parlaren" un peu partout en Provence. Je ne vois pas pourquoi les lieux où on les pratique, ces langues régionales, et où l’on maintient ces coutumes et usages, seraient victimes d’un ostracisme trouvant ses racines dans un souci mortifère d’unification. Et ce n’est pas être maurrassien que de le penser. Enfin, je lis que vous êtes un défenseur des régionalismes, cela me rassure un peu.

      La 400 001 ème âme vous salue, bien que non catalane, mais notre lien avec eux est si fort (cf. la Coupo Santo), monsieur le "tarnagas brouvassié" ! (à prendre au sens ornithologique du terme, mais avec celui que lui donnent les provençaux). Prudence : ne pas prendre ce que j’ai écrit en finale au premier degré…

  2. Bonjour, je suis venu à ce blog parce que je suis un amoureux de l’œnologie et je tiens à déplacer le réseau pour partager leurs expériences sur cet art, mais je me suis engagé dans des boîtes de conception et d’emballages pour divers produits Arteca travail normalement, une entreprise qui se consacre pour la fabrication de différents types d’emballages, y compris les boîtes sont très original avec une belle présentation pour les produits en bouteille, dans le lien que vous pouvez voir votre travail, j’espère que vous le souhaitez.
    Un baiser

  3. Moi, les gens des PO, je les appelle les Roussillonnais. D’abord, parce que dans le Nord, entre Saint Paul et Latour, ils sont Languedociens, pas de langue catalane.
    Ensuite, parce que j’ai ouï dire que même les Catalans de langue, dans les PO, n’ont pas un grand sentiment d’adhésion vis à vis de la Generalitat du Sud des Pyrénées, et vice versa. Les traces de la guerre civile, des camps d’internement, etc… Quant à la volonté d’indépendance… détrompez moi-si nécessaire.
    Et vive la France quand même!

  4. Ce débat est tout à fait d’actualité, Hervé. Chez certains, il y a une volonté d’unification des « deux » Catalogne, ce que je peux comprendre. Mais cela ne recouvre pas une réalité matérielle : ni la langue (plus que des nuances d’accent), ni l’histoire des 80 dernières années, ni la situation économique, ni les aspirations, ni la « culture sportive » … rien ne les réunit. J’ai du dépit à le dire, tant c’est bête, mais ici, on désigne d’ordinaire les « transfrontaliers » sous le vocable de « Espingouin ». Moi, je dis parfois « Rital », ou « Polack » mais c’est de toute évidence un clin d’oeil, une raillerie. Je rappelle que Christine est une Civale, originaire de la côte amalfitaine (… e poi Mori !). Tandis qu’Espingouin s’emploie dans la langue d’aqui comme « mataf ou bougnoul » chez les adhérents du FN, de manière banalisée.
    Attention, qu’on ne se méprenne pas : ce coin de terre est splendide et regorge d’atouts, mais ce n’est pas une raison pour vouloir l’individualiser à outrance, le cacher à la face du monde et faire fi de cette coutume méditerranéenne : l’accueil et l’hospitalité.
    Quant à ton drapeau tricolore, ami Hervé, agite-le si tu veux, mais il ne vaut pas mieux que le sang et or. Tu sais que je ne brandis jamais le noir-jaune-rouge non plus.

  5. Je n’agite rien, Luc, surtout pas en ce moment.
    Je suis seulement fier, et ça n’engage que moi, que mon pays regroupe tant de diversités, de la Bretagne à l’Alsace en passant par le Roussillon, le Berri et la Corse… et ma petite Picardie qui en revendique rien, peut-être parce qu’elle ne veut rien dire, administrativement, puisqu’elle assemble des bouts de Champagne, d’Ile de France et de Picardie historique.
    Je n’aspire à aucune domination, chaque région est libre de faire ce qu’elle veut de son identité, et comme Georges, je suis heureux que les traditions régionales, au premier rang desquels la langue, se perpétuent. Je peux même comprendre que certaines revendiquent leur indépendance; mais si ça devait arriver, en ce qui me concerne, je le ressentirais comme un appauvrissement. Bizarre, non, alors que la France s’est construite sans moi, que je n’en suis qu’un héritier… C’est ainsi, le sentiment d’appartenance n’a rien d’intellectuel, chez moi, il est du domaine des tripes, plutôt.
    Toi, l’internationaliste, tu pourras me dire que le monde est notre maison, oui, mais dans la maison, il y a souvent une pièce où l’on se sent le mieux, un siège où l’on aime à s’asseoir, un endroit que l’on a fait "sien" et cet endroit, pour moi, c’est la France, avec ses beautés et ses chancres.
    Désolé de dévier du sujet de Michel, et dimanche à tous.

    • C’est aussi le sujet de Michel et un blog sert à cela. Deux visions différentes de la vie: paisibles toutes les deux. Euh, le Berri, c’est le Berry? Les imbéciles heureux qui sont nés etc… existent partout et, heureusement, les gens du coin qui sont fiers A JUSTE TITRE de leur coin existent partout aussi.
      Tiens, mon palan vient de rendre l’âme (lien avec coup de tonnerre hier possible) ==> GROS souci à mes yeux mais petit tracas par rapport aux Syriens, non? Vais essayer de dormir quand même.

  6. Berri est l’ancienne orthographe du Berry, ancienne province française. Pour l’article homophone, voir Berry (homonymie).

  7. "cette coutume méditerranéenne : l’accueil et l’hospitalité." Ah ben la, faut que tu m’expliques, Luc! Parceque ce que je retiens des abords de la mediterranee c’est plutot le mepris de l’etranger, et les tentatives permanentes pour le voler ou a tout le moins l’escroquer -sauf rares exceptions.

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