Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

#Carignan Story # 195 : comme les fesses de Maillol…

3 Commentaires

Même si cela doit paraître peu compatible avec l’appréciation d’un vin, il reste que j’ai toujours milité pour un moment de cigare en compagnie de certains vins, surtout au début de la combustion, quand la fumée du Havane est encore douce et fraîche en bouche. Bien sûr les Fino, Marsala, Banyuls, Maury et autres Rivesaltes, les grands blancs secs aussi, de Bourgogne, du Jura, les vieux Muscadet ou demi-secs de Vouvray et Montlouis, sans oublier quelques vins millésimés de Champagne sont à la fête le plus souvent avec des cigares que j’aime, en priorité ceux de Cuba. Mais les rouges retiennent parfois mon attention, lorsque je me lance dans une méditation très personnelle en position de sieste avec des morceaux rythmés de Lester Young datant des années 40/50.

Lester+Young+prez1

En suivant la musique, en même temps que les volutes qui se dessinent dans la lumière de l’écran resté allumé, je vois mes doigts de pieds tournicoter dans l’air tels des danseuses enivrées. C’est là que, tout envahi de fumée, je penche le nez avec délectation sur le fond d’un verre de Carignan tandis que les arômes chocolatés du cigare tapissent peu à peu mon palais en attendant que le vin fougueux du Midi viennent nettoyer tout ça un peu à la manière d’une mini tornade qui n’aurait rien de dévastatrice, bien au contraire. Le fruit du vin affronte allègrement le cacao épicé du cigare, les élans de fraîcheur se rencontrent et tout se passe le mieux du monde

OLYMPUS DIGITAL CAMERAParlons-en du cigare : un de ces délicieux et très digestes modules livré en coffret de cèdre, un « Petit Robusto » de la gamme Hoyo de Monterrey que l’on peut fumer sans trop s’engourdir les méninges. Alors que le Carignan est le nouveau millésime de mon ami Laurent de Besombes Singla, une Crinyane dont j’ai pu me procurer un exemplaire après l’avoir goûtée cet été lors de mon passage éclair dans le bistrot à vins sans prétention qu’il a rattaché à sa cave, en plein cœur de la bourgade de Saint-Laurent-de-la-Salanque, non loin de Perpignan, localité connue pour son marché du Dimanche.

Une des ravissantes fesses exposées en permanence Allée des Platanes à Perpignan. Photo©MS

Une des ravissantes fesses exposées en permanence Allée des Platanes à Perpignan. Photo©MS

Il s’agit d’un Côtes du Roussillon Villages 2009, certes puissant en alcool (15° au moins) et par conséquent chaleureux en bouche, chaleur heureusement tempérée par l’acidité encore bien présente qui confère au vin une sorte d’élégance campagnarde, une structure bienvenue. J’avais déjà évoqué dans cette rubrique en 2010 les vins de Laurent, en particulier sa « Crinyane » 2006, et j’avais noté cet aspect un peu monolithique du vin toujours présent en 2009 en plus d’une rondeur qui évoque les fesses galbées des statues de Maillol. Il lui faut une carafe bien ventrue et une température idoine, autour de 13°, un large verre… Son prix : autour de 17 €. Le prix d’un bon moment de bonheur qui part assez vite en fumée !

Michel Smith

Photo©MS

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Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

3 réflexions sur “#Carignan Story # 195 : comme les fesses de Maillol…

  1. Une photo qui justifie le titre du thème où Charles Mingus rend hommage à Lester Young : "Goodbye pork pie hat".

    • Oui, un vrai chapeau à tarte… mais non dénué de style. Il semble qu’il en a porté d’autres, mais ce style de chapeau bas devait avoir sa préférence car on le retrouve sur plusieurs photos.

  2. On te reconnaît bien là, Michel. Le « petit robusto » (maousse costaud !) de Hoyo de Monterrey signe son Smith. Notons au passage que tu orthographies Monterrey comme il faut, avec les 2 « r ». Il s’agit du parfait colorado claro : nous savons que tu ne participes pas au « Taubira-bashing » et tu as l’élégance de ne pas commettre de faute de goût … ni de couleur. Ensuite, ce module populaire par son prix offre de grandes satisfactions gustatives et il « tire » généralement bien : petite longueur et diamètre important facilitent le passage de la fumée. Un seul défaut, comme tous les cigares courts : le premier centimètre reste le premier centimètre, et le bout reste le bout. Donc, le plaisir entre les deux est de plus courte durée. Moi, ce sont les Epicure N° 1 et 2 que je choisissais avant d’être un nouveau pauvre. Actuellement, je n’apporte plus ma modeste contribution au « bien-être du peuple cubain ». Ah oui, comment dit-on encore … un écran de fumée ?

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