Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

#Carignan Story # 207 : Maris, deuxième !

6 Commentaires

Si vous suivez attentivement cette modeste rubrique dominicale au lieu d’aller perdre votre temps à la messe ou au bistrot du village – quoique, dans certains cas, on ne s’emmerde nullement dans aucun de ces lieux de perdition ! – vous aurez déjà noté la haute estime que je manifestais à l’égard d’une grande cuvée du Château Maris, haut-lieu du cru La Livinière, dans le Minervois. Pour vous rafraîchir la mémoire, la dernière fois, c’était ici même.

La grande cuvée de Maris. Photo©MichelSmith

La grande cuvée de Maris. Photo©MichelSmith

Donc, j’ouvre cette bouteille subtilisée (avec son accord) à l’ami Benjamin Darnault, l’excellent vinificateur de Maris; je ne sais plus à quelle occasion, probablement lors du dernier salon Millésime Bio. Son nom : «Le Carignan de Maris», un Coteaux de Peyriac (IGP). À l’instar de mon ami Michel Bettane, qui ne l’a probablement point goûté, mais dont je connais les réserves à propos du Carignan, le premier nez et les premières gorgées de ce vin bouché vis et certifié AB, m’ont paru quelque peu réduits, typiques d’une époque où les vins du Midi avaient ces notes rustiques peu admissibles pour des puristes tels Michel B, fussent-ils amateurs tels Michel S. Si tôt, j’en ai déduis qu’il fallait reboucher la bouteille et laisser le vin se réveiller tranquillement au réfrigérateur. Car je connais mon Carignan et je sais qu’il est capable de me surprendre.

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La deuxième cuvée Carignan de Maris. Photo©MichelSmith

Ce fut le cas deux jours plus tard. La surprise était de taille : j’avais un vin parfaitement sur le fruit, clair, net, limpide et précis, délectable au possible, facile à boire, frais et sans histoires. C’est peut-être cette approche qui ne plaît guère aux critiques du vin en général. Rechercheraient-ils à tout prix des vins hyper-travaillés, complexes au possible, fermés, barricadés ? Ces Messieurs ne peuvent comprendre que l’on puisse vider une telle bouteille presque d’un trait sans trouver le moyen d’émettre un seul reproche. Ce qui me réjouit, c’est que ce flacon, titrant 13,5° et commercialisé autour de 8 €, était contre étiqueté pour partir aux Etats-Unis, preuve que là-bas aussi on sait apprécier nos vins du Sud.

Benjamin Darnault, dit "Benj", chez lui à La Livinière. Photo©MichelSmith

Benjamin Darnault, dit "Benj", chez lui à La Livinière. Photo©MichelSmith

Renseignements pris auprès de l’ami Benj, Maris fait deux cuvées de Carignan. La plus onéreuse étant la «Continuité de nature», déjà décrite ici (voir plus haut) et tirée à 6000 exemplaires, concerne une vieille parcelle du domaine, tandis que celle-ci est le fruit d’un assemblage de Carignan d’autres vignes du domaine avec des achats de raisins bios choisis sur La Livinière. Dans le Médoc, ce serait un second vin. Une chose est sûre : le nombre de propriétés vinifiant deux cuvées de Carignan se comptent sur les doigts d’une main.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

«Pour ne rien te cacher, ajoute mon interlocuteur, le vin contient 10 % de Grenache». Moi, cela ne m’étonne pas : ces deux-là vont si bien ensemble. Ils se côtoient depuis 150 ans au moins, si ce n’est plus !

Michel Smith

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

6 réflexions sur “#Carignan Story # 207 : Maris, deuxième !

  1. Je ne m’appelle pas Bettane, ni Smith, et je ne me classe pas parmi les puristes. Et même, il m’arrive souvent de faire comme toi, de remettre l’ouvrage sur le métier, le lendemain, après une nuit au frigo. J’ai "sauvé" ainsi pas mal de cuvées de l’oubli, ou au moins, de l’élimination lors de dégustations professionnelles.
    Mais le consommateur le fait-il, lui? La plupart des buveurs veulent leur fruit tout de suite… ne serait-ce que parce ce quand ils reçoivent, ils ne débouchent pas leur vin la veille.

  2. Vrai, mais je m’demande si le fait d’ouvrir une bouteille la veille change réellement quelque chose ? Il ne doit pas passer beaucoup d’air par l’orifice d’une bouteille pleine à ras bord. En revanche, entamée d’un quart, oui. Là la bouteille est capable de bien des surprises… Bonnes ou moins bonnes d’ailleurs ! Bon dimanche et bon match !

  3. Dans le cas que j’évoquais, les bouteilles étaient effectivement largement entamées, puisqu’elles avaient servi pour la dégustation en groupe.

  4. Finalement, le bon conseil serait "dans le doute, si le vin est très fermé au nez quand vous el dégustez la première fois, arrêtez tout, mettrez le au frigo et redégustez le lendemain…"

  5. Oui, à condition d’entamer la bouteille.

  6. Ce que je fais en pareil cas : enlever de la bouteille la valeur d’un verre ; ne pas remettre le bouchon ; poser un morceau de papier perméable à l’air de type "sopalin" sur le goulot ; bien ajuster avec un petit élastique. Et laisser dans la cave si elle est fraîche (13-14°), plutôt que dans le frigo. Non seulement on sauve des vins du rejet instantané, mais on prépare des bouteilles volontairement pour le lendemain. Même chose avec une bouteille inachevée, pour vérifier la tenue du vin au fil des jours (assez instructif…).

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