Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Je ne suis qu’un blogger de pinards… et fier de l’être !

10 Commentaires

Pour la première fois de ma longue carrière journalistique débutée à la fin des années 60, je viens d’être officiellement qualifié de « blogger » de vin. En témoigne ce « badge » ou laissez-passer pour Vinisud. Vous me direz qu’un tel truc, ça se fête. Au fait, il sera où le stand de la Blanquette, cette année ? Françoise Antech, ce stand amical, celui où je venais m’ouvrir le gosier il y a deux ans, il sera au même emplacement ?

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Eh oui, figurez-vous qu’après avoir endossé pendant des années le titre ronflant de « reporter » ou, plus pompeux, de « journaliste », je me retrouve catalogué de « blogger ». Certes, avec mes potes j’anime un blog, celui-là même que vous nous faîtes l’honneur de lire. Et pourtant, je n’aime guère m’afficher avec cette étiquette à l’orthographe si peu orthodoxe. « Blogger », that’s not French ? Ben oui, c’est pas français ça. L’ennui, avec ce titre, c’est qu’on va encore me prendre pour un critique de la bande à Parker ou de celle de son compatriote Suckling. J’eusse préféré à la rigueur que l’on m’appela « blogueur ». C’eut été plus logique pour un salon qui ouvre ses portes lundi prochain dans ma Capitale, Montpellier, au centre du Midi viticole. Faudra m’y faire : je ne suis plus simple journaliste pigiste, mais blogger, auto proclamé « le blogueur fou ».

D'irrésistibles sourires... Photo©MichelSmith

D’irrésistibles sourires… Photo©MichelSmith

Bon, passé ce choc de virage de bord, je vais essayer en ce début de semaine prochaine de glisser entre les gouttes des salons off en tous genres, de ceux qui se sentent exclus ou pauvres et qui trouvent les ressources financières pour se réunir en haut d’un phare, dans une salle de concert, dans un restaurant d’hôtel d’aéroport, dans un autre lieu plus branché ou dans une de ces « folies » qui témoignent d’un riche passé aux portes de la ville. Je vais tenter de retrouver mes plus bas instincts professionnels qui me poussent à la curiosité au hasard des travées d’un salon (off)iciel, celui que, tous les deux ans, j’accompagne depuis plus de 20 ans et qui a largement contribué à mettre le Sud à la page. Tenter de me glisser incognito dans ces halls d’étranges étrangers où il faut se pencher cinq bonnes minutes pour tenter de décrypter l’étiquette. Tenter si possible de résister à la tentation d’une aguichante teneuse de stand dont la mission essentielle est d’alpaguer le promeneur, de capter son regard pour l’attirer dans le gouffre d’une winery sans âme qui regorge de gadgets vineux. Tenter de faire plaisir aux uns en posant mes doigts de pieds sur leur stand. Tenter de décevoir les autres en ne répondant pas à leurs insistants courriels qui m’implorent depuis deux semaines : « J’espère que vous passerez nous voir sur notre stand Hall 18, allée 06, stand 299c ». Tenter d’exercer mon métier en liberté.

D'irrésistibles victuailles. Photo©MichelSmith

D’irrésistibles victuailles. Photo©MichelSmith

Ce papier qui, dans le sens journalistique n’en est pas un, est publié avant tout pour m’excuser par avance auprès de ceux, amis ou pas, que je ne verrai pas à Vinisud. Non pas que je ne veuille pas les rencontrer, pour leur dire presque machinalement « Bonjour, comment ça va ? », mais parce que, au jour d’aujourd’hui comme l’on dit à la radio, je ne sais vraiment pas où donner de la tête. Et même, le jour J, lundi, hormis 2 ou 3 rendez-vous fixés pour cause de boulot à exécuter d’urgence, j’en serais encore à me demander « où vais-je et dans quel état j’erre ? » Pour certains, un grand salon ça se visite avec une tablette à la main où sont répertoriés minute par minute tous les stands à ne pas manquer, y compris ceux où l’on se pointe pour prendre la température du millésime, des nouvelles du pépé ou de la petite dernière, en acceptant « juste une goutte de rosé parce que vous comprenez, si je devais tout goûter, je ne pourrais plus rentrer à l’hôtel… ». Une chose est sûre : en matière de salon de vins, les écueils de la dégustation sont plus difficiles à esquiver que le simple bonjour.

De bien curieux visiteurs. Photo©MichelSmith

De bien curieux visiteurs. Photo©MichelSmith

Plus que la gestion des rendez-vous, il faut savoir gérer les dégustations, parfois même savoir les éviter. Sur un stand de vignerons que vous connaissez bien mais dont vous n’avez pas goûté la production depuis des années, vous pouvez passer une heure à redécouvrir des vins étonnants, à blaguer, à discuter tout en prenant des notes. Sur un autre, dès le moment où vous arrivez, il vous faut songer à une bonne excuse pour quitter les lieux daredare tant les vins vous semblent insignifiants et le discours barbant. Sur un stand cossu et pompeux vous allez vous laisser séduire par le discours aimable d’une attachée de presse ou d’un directeur de marketing qui vous conduira jusque dans une sorte de restaurant clandestin où cinquante convives serrés comme des sardines sont attablés – pour ne pas dire agrippés – dans l’espoir de saisir un anchois et une olive posés sur un canapé douteux en attendant le discours de Dieu le pdg qui ne lâchera rien d’autres que « Nous sommes les meilleurs ! » Sur un autre, vous allez supplier le vigneron de Saint-Chinian ou celui du Minervois pour qu’il vous fasse goûter sa terrine de sanglier ou ses truffes coupées en rondelles sur une tranche de pain grillé arrosée d’huile d’olive extra vierge. Zut, encore une tache sur le carnet de notes !

De bien curieux vignerons. Photo©MichelSmith

De bien curieux vignerons. Photo©MichelSmith

Le plus dur dans ce magistral micmac vino commercial sera d’éviter les chieurs, les pleurnicheurs, les quémandeurs d’articles et les cireurs de pompes. Le plus délicat sera de faire son métier comme l’on fait son marché, au feeling, à l’instinct. En se laissant guider par la curiosité, l’essence même du journalisme. Même intronisé dans la blogosphère vineuse, le plus difficile sera de savoir passer plus de temps là où la découverte est la plus fertile quitte à renoncer aux mondanités de circonstance où l’on ne parle que de pluies et de beaux temps. Le plus sage sera de renoncer aux soirées mondaines pour être en pleine forme le lendemain matin. Mais le plus difficile pour moi sera de me faire à l’idée qu’aux yeux du petit monde du vin où j’ai la prétention d’appartenir, je suis désormais plus « blogger » que journaliste.

Michel, modeste blogueur fou !

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

10 réflexions sur “Je ne suis qu’un blogger de pinards… et fier de l’être !

  1. Michel like you I’m very happy to be called a blogger but I find the whole discussion over blogging, writers, journalists whatever increasingly sterile. We live in remarkable times when there is a big range of medium from which to choose and none of them exclusive _ you can write for the traditional print media, be heard on the radio, broadcast on TV, have a blog with words, photos and videos, post videos on YouTube, use facebook, twitter etc. We have so many mediums through which to communicate or attempt to do so. Each have their advantages and disadvantages and there are, I fancy, increasingly few people who communicate whether it is about wine, art, or sport who just use one medium. We have to celebrate and use these opportunities while we can!

  2. Let me have a guess… Is that you, Hervé ?

  3. Was that Jim calling ? or David ? or Marco ?

  4. On oublie souvent que le fait de communiquer est d’établir une relation avec autrui; que l’on utilise des moyens ou des sens, qu’on utilise la parole ou les gestes, que l’on parle de vendre ou d’informer… C’est obligatoirement un échange. Alors blogger, blogueur, journaliste, reporter, pour qui que ce soit…c’est toujours un marathon ! :D

  5. Dear Michel,
    " l’orthographe si peu orthodoxe" dites-vous, qui confondez régulièrement "tâche" et "tache". Malencontreux, va !

  6. Amis de l’orthographe, vous savez certainement que la dernière réforme (celle de 1990) a presque aboli les accents circonflexes. Ce qui vaut à nos enfants de pouvoir écrire roti, aout, foret, et même tache pour tâche (fautivement); alors que pour tous les mots où l’accent permet de différencier deux mots (cru et crû, sur et sûr, tache et tâche…), l’Académie prescrit de conserver l’accent).
    Au fait, en parlant de La Tache (avec ou sans l’accent, on trouve les deux sur les étiquettes), mon principal regret n’est pas de ne pas savoir l’écrire, mais de n’en avoir jamais bu!

  7. Il est vrai que je ne suis pas si fâché que ça avec les chapeaux. Mille pardons aux parangons de l’orthographe… ;-)

  8. It was David (sorry, only just noticed that my signature disappeared when posting).

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