Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

#Carignan Story # 217 : Imbuvable !

11 Commentaires

Ah le noms des vins ! Y’aurait un grand sujet à faire là-dessus. Après tout, c’est de sa faute au vigneron. À force de surenchérir dans la provoque sur les étiquettes avec des noms pas piqués des hannetons, à force de « Vin de Merde » et autres finasseries ou galanteries pinardières héraultaises trop bien médiatisées, il fallait bien que quelqu’un dans mon Roussillon d’adoption tombe dans le panneau, trouve matière à faire rire (gras) la planète fesseboukienne, gazouillis et consorts (dont je fais partie) et les chasseurs de cocasseries du net pas toujours net. En d’autres termes, il fallait bien que quelqu’un ose. Que quelqu’un brandisse la fine trouvaille. Bien sûr, sans même goûter le vin, quelques cavistes tendance « nature » trouveront l’idée géniale. Of course quelques marchands peu scrupuleux des boutiques boboïsées de la Capitale diront que cette étiquette est indéniablement tendance et n’hésiteront pas à la « promotionner ».

Photo©MichelSmith

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Oui, après tout c’est de sa faute au gars. L’avait qu’à pas l’appeler comme ça son jus. Car même en faisant des efforts surhumains, en essayant de lui faire « prendre l’air » comme conseillé au bas de l’étiquette, même au risque de me rendre malade ou de me dégoûter à jamais du vin, je n’ai pu (ni su) l’apprécier. Pis, j’en suis arrivé presque au point d’aller gerber dans mes chiottes tant ce jus immonde agressait mes pauvres tripes de vieux routard qui plus est connard retraité qui ne comprendra jamais rien à rien. Et même en me disant «  Allons Michel, restons zen. Tu vas quand même pas défoncer ce Carignan probablement fait par un p’tit jeune qui démarre… », même en repensant à mes jeudis catho de Vineuil-Saint-Firmin où l’on m’enseignait à respecter et d’aimer mon prochain, rien n’y fit !

Photo©MichelSmith

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Ben oui quoi, c’est de sa faute à ce monsieur qui se croit vigneron, qui se veut moderne. Il l’a bien cherché. Je n’en dirai pas plus pour ne pas trop lui faire de pub inutile. Et je ne dirai pas pour une fois qui m’a procuré ce « vin » car je ne veux pas lui porter préjudice. Ce qui m’irrite le plus dans cette affaire qui n’en est pas une, c’est que cette étiquette soit associée au Carignan, un cépage capable de tant de belles choses dans ce département des Pyrénées-Orientales. Ce qui m’inquiète aussi, c’est que des gens honorables, voire de vulgaires buveurs d’étiquettes, vont trouver ça « Génial ! Ouah, c’est trop top ! ».

Oui, il y a des jours comme ça où je ferais mieux de rester au lit sous ma couette, auprès de ma blonde*. Ça tombe bien : demain ce sont les cloches qui passent.

Michel Smith

* Ben oui, quoi. On a bien le droit de rêver à mon âge…

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

11 réflexions sur “#Carignan Story # 217 : Imbuvable !

  1. Et bien voilà un vigneron qui ne peut être taxé de pub mensongère. Mais il ne le sais pas.

  2. Moi, c’es avec Ubac 2011 du Clos du rouge-gorge (cinsault) que j’ai eu du mal vendredi dernier.
    Ainsi qu’avec Frida 2012 des Foulards rouges et sanssoo 2012 du domaine de la réserve d’O.

    Mais il y avait des amateurs autour de la table, prouvant que le goût n’est pas universel;

    Côté carignan, du bon avec Coccigrues 2010 de Yannick Pelletier, Pièce de Roche 2011 du domaine de la Baronne, Carignan 1903 2011 du Roc des anges,
    Campagnès 2012 de Maxime Magnon et les Myrs 2012 de Danjou-Banessy un cran en dessous.

    cr global à suivre …

  3. Oui, le goût n’est nullement universel. Dans un sens, c’est tant mieux. Laissons ces vins imbuvables à ceux qui les aiment, réellement ou par conviction. En dégustant à l’aveugle on déjoue pas mal de pièges liées à l’étiquette. Après, laissons ceux qui préfèrent des goûts d’écurie à ceux dérivés du fruit à leur bon plaisir, même si cela nous semble être une forme de perversion un brin masochiste.

  4. Eh ben! ça doit être franchement pas beau-pas bon pour que tu en parles. Parce que généralement, ce qui est mauvais t’en causes pas.
    Quant à la blonde… tu t’es remis à fumer des clopes? ;-)

  5. Vous sembliez pourtant le trouver prometteur au #157, ce vigneron…

  6. Eh oui, Antoine… Très perspicace ! C’est vrai ce que vous dîtes… Est-ce parce qu’il (le 2011, pas le même millésime et peut-être pas la même cuvée…) me rappelait mes premiers joints ? Il est vrai que 2012 n’a pas été très facile, si on le compare à 2011. Et puis les goûts changent, évoluent. Peut-être étais-je aussi hanté par le nom du vin, « L’Imbuvable » ? Va savoir. Si vous – ou quelqu’un d’autre – avez une autre avis sur ce vin imbuvable que j’ai pris au mot, qu’il ne se gêne pas pour le dire

    • Ah, non, j’ai pas goûté, par contre, je suis d’accord avec vous sur le côté provoc’, c’est juste du marketing pseudo second degré. Mais est-ce un phénomène si typiquement héraultais?

      • Ce vin ne vient pas de l’Hérault comme le trop fameux « Vin de Merde », mais des PO. On en a aussi dans l’Aude ou le Gard. Peu importe d’ailleurs, car le marketing au jeu de mot et à la provoc n’est pas l’apanage du Sud. J’ai tendance à idéaliser, mais ce serait tellement mieux de s’en tenir à des noms de lieux, des noms de crus ou tout simplement s’en tenir au nom du domaine. Car l’essentiel c’est le vin, n’est-ce pas ?

  7. Cela me rappelle, il y a près de 20 ans, la fameuse cuvée « Le maudit » de Didier Dagueneau où il expliquait (sur la contre-étiquette) avec le plus grand sérieux que ce vin ayant obtenu l’agrément comme Pouilly-Fumé était issu d’une sélection de raisins atteint de pourriture grise. Poussant la parodie au paroxysme, il donnait 1 franc à tout sommelier intéressé à acquérir une bouteille. Si je me souviens bien, Dagueneau avait « commis » cette cuvée immonde suite à un refus d’agrément l’année précédente de son « Silex » pour manque de typicité!!!

    • Je viens de réaliser que je me suis précédemment fourvoyé dans mes souvenir car le « Maudit » était la cuvée (en 1990) refusée à l’agrément et en réaction à cela Dagueneau avait fait en 1992 « La Quintessence de mes Roustons » issue de pourriture grise et pour laquelle il avait obtenu l’agrément.

  8. Encore un vin « naturel » qui n’est pas passé entre les mains expertes d’un « oenologue ». Eh oui, pour des apprentis vignerons (tout comme beaucoup de sommeliers) la négation de l’oenologie ne se traduit pas toujours de la plus belle manière. Non, l’oenologie n’est pas un gros mot, et on ne s’improvise pas vigneron, même artisan, tout comme on ne s’improvise pas cuisinier, y a du « métier » dans ces professions. Après, faut pas s’étonner des refus d’agrément, ou bien des déviations en tout genre qui font délirer tout ce petit monde des bars à vin naturels boboïsés à outrance.

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