Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Agnieszka nous parle du Beaujolais

Notre consoeur polonaise Agnieszka Kumor – une habituée de nos samedis – a consacré cette semaine une chronique sur RFI au Beaujolais. Actualité oblige. Elle nous permet de la reproduire ici.

Le troisième jeudi de novembre rime avec l’arrivée du Beaujolais nouveau. Ce vin primeur, apprécié jusqu’au Japon, représente aujourd’hui un tiers de la production totale de ce vignoble, qui malgré le ralentissement de l’économie mondiale a su garder ses parts de marché à l’exportation. Les vignerons du Beaujolais se réjouissent. Après deux millésimes en berne, la production du vin primeur devrait avoisiner cette année les 200 000 hectolitres, sur un total de 750 000 hectolitres de vin qui devrait être produit dans ce vignoble.

«Le Beaujolais nouveau a toujours son marché. Et cela reste un marché fort», rappelle Jean Bourjade, directeur général de l’Inter Beaujolais. En effet, 57 % de la production de ce vin nouveau restent en France, mais les 43 % restants sont expédiés dans 110 pays. Avec un tel pourcentage de son produit phare présent à l’international, la région est un des leaders du vignoble français à l’exportation.

Changement d’image

Il y a plusieurs raisons à cette réussite. Depuis quinze ans, la qualité de ce vin primeur n’a cessé d’augmenter.

Pourtant, il a fallu une forte prise de conscience pour réussir à changer l’image du vignoble, dont la réputation avait été ternie par un vin facile, de mauvaise qualité et produit abondamment. La chute brutale des exportations au début des années 2000 a changé la donne. C’est tout le modèle économique de la région basé sur la quantité qui était à revoir. Il y a quatre ans, l’Interprofession a décidé de réguler le marché. Les producteurs n’ont désormais plus le droit de commercialiser plus de la moitié de leur production sous forme de vin nouveau. Il s’agit de mettre en vente des volumes beaucoup moins importants que par le passé. L’objectif est de maintenir une valorisation du produit et se prémunir de la baisse des prix. Parallèlement, on a réduit fortement le rendement par hectare et perfectionné les techniques de vinification.

Résultat : aujourd’hui, seul un tiers de la production totale du vignoble est consacré à ce vin primeur, décliné en Beaujolais et Beaujolais-Villages nouveau. Les deux tiers restants sont mis en avant en tant que vins de garde, qui peuvent se boire dans les deux à trois ans. Les dix crus de Beaujolais, soit le haut de gamme produit sur des zones géographiques délimitées, gagnent de nouveaux consommateurs.

Maintenir les parts de marché

Les producteurs se sont, par ailleurs, regroupés pour vendre et promouvoir ensemble leurs vins. Grâce à un travail acharné, ils ont su garder leurs marchés stratégiques, que sont principalement le Japon, les Etats-Unis et l’Allemagne. Ceci malgré une ambiance globalement morose. A lui seul, le Japon attire plus de la moitié du Beaujolais nouveau exporté dans le monde. L’année dernière, 7 millions de bouteilles ont été vendues sur le marché japonais, qui pourrait toutefois souffrir de la récession et de la hausse de la taxe à la consommation. En revanche, les ventes sur le marché américain pourraient se stabiliser cette année, le Beaujolais nouveau accompagnant traditionnellement les plats de la fête de Thanksgiving. Parmi les marchés qui montent, la Russie pourrait faire défaut, si l’embargo russe sur les produits agricoles européens se poursuit. Mais les producteurs misent déjà sur les nouveaux marchés que pourraient devenir la Chine, le Brésil ou la Corée du Sud, devenue un vrai fan de Beaujolais !

Agnieszka Kumor


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Coins cachés en Rhône nord (seconde partie)

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Journée calme

On en profite pour aller au marché se procurer quelques spécialités. Nos paniers après repérages et causettes avec les ambulants regorgent de caillettes, ravioles aux herbes, de rigottes de Condrieu et d’une belle pogne de Romans (grosse brioche à la fleur d’oranger). Quelques légumes et fruits complètent notre bel assortiment.
Je ne résiste pas à livrer deux accords du soir à s’en lécher les babines

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Caillettes réchauffées et Les Pends rouge Domaine de Entrefaux
Les grosses boulettes adoucissent la petite austérité du vin, en détaillent le minéral. L’amertume gracieuse du vin met en évidence toutes les épices et le goût du mélange de viande de porc et de foie, puis se rafraîchît au contact de l’épinard, sublime le goût légèrement terreux de la blette, puis offre son fruit pour les confire dans le gras du cochon.

Rigotte moyennement affinée et Les Terres Blanches 2012 Domaine Belle à Larnage
Le vin, au tranchant d’un axe minéral bien net, atténue l’exubérance du fromage, efface son sel et révèle ses arômes de pierre à fusil, de noisette et de pâte d’amande, du zeste de citron jaune apparaît en fin de bouche.

Enfin un peu de culture

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Le temps est un rien couvert, mais il fait sec et chaud, l’occasion rêvée d’aller se rafraîchir et s’instruire au musée gallo-romain de Saint Romain en Gal. En face de Vienne, le musée évoque le moment où Vienna était une riche cité et la capitale d’un vaste territoire qui couvrait le Dauphiné et la Savoie et s’étendait de chaque côté du Rhône. Un bâtiment très actuel tranche avec les 7 ha de vestiges de la colonie romaine. http://www.musees-gallo-romains.com/saint_romain_en_gal

En route pour le Palais

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Un gros rayon de soleil transperce les nuages et nous indique la direction suivre, Hauterive. Là, au cœur du village, gît le Palais Idéal du Facteur Cheval, ça ne nous change pas trop des vestiges du matin… Le style, s’il y en a un, tarabiscoté, est tout à fait fascinant. La richesse des détails nous enivre, les géants nous impressionnent, les écrits nous font rires «DEFENSE DE RIEN TOUCHER». Un temple tellement kitsch qu’il ressemble à une poésie minérale ou l’insolite côtoie le rêve en une illustration naïve qui réveille en nous un monde imaginaire. On a grimpé partout, on lui a tourné le dos, on y a joué à cache-cache, on a tout lu, puis on s’est assis devant, fatigués de tant d’éléments. On s’est baladé dans le village, histoire de prendre du recul, de s’échapper de l’emprise onirique jusqu’au du concert du soir, les places sont réservées.
http://www.facteurcheval.com

La journée des sensations fortes

Véritable cachotier, papa nous a prévu un vol en gyrocoptère (pas sûr que ça vole vraiment c’est engin là…). Une bonne quinzaine de minutes d’émotions, le temps de survoler le château de Crussol et jeter un œil, de haut, au vignoble des Royes dont la blancheur luit au soleil du matin. info@rhone-crussol-tourisme.com
De retour sur le plancher des vaches, direction le Domaine Courbis, propriétaire des Royes, rare endroit calcaire perdu au bout des granits de l’appellation Saint Joseph. Laurent Courbis nous accueille, on lui montre la photo prise, minuscule image d’un entonnoir géant. Il propose de nous y emmener, puis revenir déguster les vins. Vu du bord, le vignoble est encore plus vertigineux qu’en l’air. Ça doit glisser cette cagnasse. Laurent confirme.

Les Royes vu du ciel MVH
Les Royes blanc 2012 St Joseph offre sa richesse aux senteurs de miel d’acacia et de fleur d’amandier, gourmand et juteux de fruits blancs avec de la fraîcheur, une arrête minérale. Les Royes rouges 2012 ont ce parfum suave aux accents de confiseries à la violette qui nous ravit tant. Encore sauvage, il mort à pleines dents dans la prunelle et la cerise noire, mais déjà nous fait un sourire charmeur chaud d’épices et d’impressions fumées. http://www.vins-courbis-rhone.com
La voiture résonne d’explications, de commentaires, de paroles en l’air, de précisions, le dîner et la soirée risquent d’être agités.

Le train, ça vous dit ?

Le Mastrou (1)MVH
Il s’appelle le Mastrou, il a 120 ans et va de Tournon sur Rhône à Lamastre. On le prend à 10 h et en moins de 2 heures, il nous monte au marché du mardi. On le reprend à 15 h. On emmène Djibou.
Tout à l’avant du train, on observe les cheminots, le feu ronfle, de temps en temps le sifflet nous fait sursauter et hurler le chien. Je suis heureux d’avoir mis un tee-shirt sombre, la cheminée nous envoie des escarbilles, minuscules fragments de suie qui impriment d’un trait leur trace noir de fusain. Nous voilà enfin arrivé. Le centre de la petite ville grouille de monde. On se prend quelques Picodon et un saucisson, le Saint Joseph Domaine Gonon blanc 2012 ira à merveille sur les deux.
http://trainardeche.fr http://www.lamastre.fr
Retour au Rhône et détour à pied par le sentier des Tours qui domine Tournon et s’échappe vers le fleuve. Une jolie promenade apéritive avant le resto Le Comako créé il y a peu par le chef Jérôme Feix.
À Tournon, le St Jo est roi, Le Paradis Saint Pierre Saint-Joseph blanc de Pierre et Jérôme Coursodon nous vient comme une évidence sur la Pintade de la Drôme, haricot coco et pied de cochon, enfin quand je dis «nous», c’est surtout mon père qui dit…
Son onctuosité nous plaît, un paradis riche comme il se doit. La pintade n’en revient pas. Le fruit domine, avivé par la fraîcheur citronnée et mêlé d’épices, il fait de la volaille une exotique pastilla. Sa structure minérale en impose et sa texture légèrement ligneuse, il est élevé en barriques, entrent en harmonie avec les haricots et le cochon. On se régale.
Pour qui a pris Le Filet de Canard, l’extraverti Les Pierres Sèches rouge d’Yves Cuilleron fait s’envoler le volatile vers un nirvana gustatif qui ne compte plus les nuances fruitées et épicées.

https://fr-fr.facebook.com/comakorestaurant

Demain, on fait plaisir à maman

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On débute la journée par une balade à cheval à la découverte du pays de Crussol. On y passe la matinée, partant des Ecuries de Bressieux à Saint-Romain-de-Lerps on se rapproche du Rhône pour ensuite repartir vers notre lieu de départ. Moi, j’ai l’air assez gauche, pas l’habitude. Maman, c’est la classe.
http://www.ecuriesdebressieux.com
On reste nature en poussant jusqu’aux Jardins Paysagers la Terre Pimprenelle, un hectare de fleurs, de plantes, d’arbres et d’arbustes. Maman pourrait y passer des heures, nous ça nous creuse.

https://sites.google.com/site/jardinlaterrepimprenelle/

Il y a une expo d’art contemporain au château de Tournon, on y passe avant d’enfin manger un morceau. Je ne sais ce qui creuse le plus, le grand air ou la culture.
Nous sommes tous très heureux de s’asseoir à la terrasse du Bistrot des Clercs, l’établissement de Laetitia Chabran. On y sert une cuisine généreuse qui nous rassasie tout en nous apportant un grand plaisir. http://www.bistrotdesclercs.com
C’est le moment de faire le bilan. Les vacances sont déjà finies et il nous semble n’avoir rien vu. Les pieds de plomb, on les a cette fois pour rentrer à la maison. On ne s’imaginait pas, ma sœur et moi, un nombre aussi considérable d’activités diverses.
C’est dit, on reviendra, déguster d’autres vins, visiter d’autres lieux, surtout qu’on n’a pas fait de bateau…

http://www.condrieu-coterotie.com
http://www.ht-tourisme.com
http://www.rhone-crussol-tourisme.com
http://www.vins-rhone.com
http://www.vins-rhone.com/fr/rhonescapade

 

Ciao

Picodon

 

Marco


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C’est trop con, c’est (presque) trop bon !

Ça vous barbe que l’on évoque une fois encore, et comme tous les ans, le Beaujolais et la futilité de son Primeur ? C’est vrai qu’en Novembre le monde du vin regorge d’événements autrement plus passionnants tels le Grand Tasting, ou le record battu à la Vente des Hospices de Beaune (merci Adriana), ou bien l’inauguration des nouveaux chais de la cave coopérative de Tain-L’Hermitage (10 millions d’euros HT pour 2.800 m2) qui célébrait l’an dernier ses 80 ans, ou la visite passionnante entreprise en Chine par des globe trotteurs du vin que sont les « wine explorers » dont on peut lire les édifiants récits ici. Pourtant, je veux dire malgré ces faits d’actualité, vous n’y couperez pas : Beaujolais is back !

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Ceux des amis Franck et Georges Dubœuf arrivant un poil trop tard pour le bouclage de ma page du Jeudi, j’ai choisi de m’attarder sur le plus rapide, en la personne d’un vieux camarade, Gilles Meimoun, de la Maison Trenel à Charnay-les-Mâcon. Dans son colis, trois échantillons. Du coup, j’ai bu très froid le premier vin attrapé, le p’tit nouveau-rieur, le Beaujolais-baigneur, le beau bojo. Beaucoup trop froid aux yeux de certains dégustateurs présents. Mais bon sang de bonsoir qu’est-ce qu’il est bon ! Presque trop, à mon goût, un poil trop riche, trop mûr. Que voulez-vous, je m’y étais habitué dans les années moins généreuses, plus « primeurs », comme on dit, lorsqu’il croustillait en bouche, quand son acidité parfois un peu excessive le faisait claquer sous ma langue et stimulait mon appétit, quand il bananait de fruit, se pommadait de sucre…

Photo©MichelSmith

Mon préféré. Photo©MichelSmith

On se calme ! Ce vin est trop, mais pas too much. Il est juste bon, je le répète, ce premier nouveau qui vient de passer à ma moulinette (voir plus haut). Il ne coûte que 6,50 € départ cave et pourtant, ce n’est pas mon préféré. On va tâcher de ne pas être trop barbant, mais pour une fois ma préférence ne va pas à la cuvée bio qui, dans cet article, vous sera servie en dernier, ce qui ne manquera pas d’amuser mon ami David. Et pour une fois aussi, mon bonheur a été de croquer dans un Beaujolais Villages Nouveau (6,90 €) à la fois pulpeux et frais jusqu’en finale, issu d’une macération carbonique (pour les deux tiers) et d’une thermovinification qui consiste à chauffer la vendange je suppose pour extraire encore plus de matière et d’arômes, ceux qui sont contenus entre la peau et la chair du Gamay noir à jus blanc. Résultat, un fruit pur (cassis, mûre) en profondeur, une matière dense, vive et veloutée, de délicieux tannins poivrés (poivre gris) et persistants, une fraîcheur intense jusqu’en finale, de l’harmonie, en deux mots, un plaisir fou qui illustre bien la qualité du millésime.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Entre les deux vins qui précèdent, j’ai retrouvé de belles notes de cassis dans la version Beaujolais Nouveau « bio » (8,50 €) théoriquement plus simple (bio ou pas bio) que le Villages. Celle-ci est vinifiée traditionnellement, c’est à dire raisins entiers et intacts en macération carbonique. L’effet est nettement plus acidulé, un profile bien allongé en bouche, mais plus léger (un demi degré en moins sur l’étiquette), des tannins moins marqués et une bonne longueur démontrant, s’il en était nécessaire, aux éternels sceptiques que la macération carbonique bien pratiquée n’a que du bon à offrir. Preuve aussi que le négoce (Trenel est connue pour ses crèmes de fruits et la maison se dit volontiers « artisan négociant ») n’est pas aussi mauvais que les trois quarts des buveurs ignares le décrètent arbitrairement. Pour ma part, des vins comme ça, j’en boirais volontiers jusqu’à l’approche de Noël, comme je le faisais jadis avant que l’on ne commence à me traiter de vieux con ! Alors les gars et les filles, large soif, comme dit Roger Feuilly !

Michel Smith


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Give me Five

Non, ce n’est pas le vin des 5 du Vin, mais le 5 du Mas de Bertrand 2012, un joli Montpeyroux dégusté lors des dernières Régalades.

Pourtant, avec son beau nez de Syrah bien mûre, sa bouche qui oscille entre le cuir, le cassis et les épices, la fermeté et la jovialité, on dirait presque le portrait collectif de notre valeureuse équipe. A vous de retrouver les caractéristiques de chacun…

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C’est l’alibi tout trouvé, en tout cas, pour vous dire à quel point je crois dans ce cru.

Je ne suis pas trop sûr que toutes les appellations communales souhaitées par le Languedoc prendront vie un jour – moins pour des raisons de contenu, d’ailleurs, que pour des raisons de potentiel de production (certaines ne comptent plus que 4 ou 5 vignerons, et se font grignoter par la ville…).

Mais Montpeyroux, si. D’ailleurs, pas mal de gens sont déjà persuadés qu’elle en est une, d’appellation communale. Languedoc Montpeyroux ou Montpeyroux tout court, la belle affaire!

C’est l’occasion pour moi de rappeler à tous les décideurs, à tous les définisseurs, à tous les tamponneurs, que le terroir était là avant eux, que le vin était là avant eux, et qu’il le sera encore après eux.

Hervé Lalau

 

 

 


Un commentaire

Saving Lugana + a J&B Loire tasting

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Lugana, the small white wine district in northern Italy, is menaced by a high-speed rail development. The Lugana producers have launched a petition designed to persuade the Italian government to change their plans.

Here is an extract from an excellent blog post by Magnus Reuterdahl on behalf of the 18,000+ #winelover community. It also has the support of the DWCC (Digital Wine Communications Conference).

‘Help us save Lugana – for us and for the future!

(Posted on 16 November 2014)
On this blog I normally post in Swedish, but this is an international posting – I post this as part of the #winelover community, as a #winelover ambassador. Help us save Lugana!

#saveLugana - sign the petition here!

I want to start by saying that I have nothing against railroads or the expansion of railways. On the contrary, I think they should be expanded in order to reduce car and air traffic.
Having said this, I do not think you can sacrifice everything for this purpose, if the expansion instead destroys other natural or social values, one has to ask what is the most important. In this case, for me – it’s easy!

At the moment Italy plans to expand a portion of its railway network. In doing so they will destroy parts of a unique wine region. It is unique due to it’s size and placement. That is, one can not replace the area by just increasing it. By taking a part of it for other use you will indispensable destroy parts of an unique wine area for a very long time.’

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J & B Loire tasting

The annual J & B (Justerini & Brooks) Loire and Rhône tasting is certainly worthwhile. Although their Rhône list is more comprehensive than the Loire, there were a number of good things to taste this afternoon. Furthermore having tasted the Loire there was time for me to go and play and try a few Rhônes before departing.  

One of the highlights of the Loire tasting was 10 Sancerres from Vincent Pinard – five white and five red. I particularly enjoyed the ripe and richly textured 2011 Vendanges Entières, Sancerre Rouge (£35.46). It still needs time but will be a lovely bottle in a few years time. At £25.46 the 2009 Charlouise is a little more evolved – again with seductive texture and charming Pinot fruit. 
Not easy to pick a favourite from the Pinard whites but I’ll go for the 2012 Harmonie (£25.46) with good weight, concentration and length that will surely age well.
Two wines from Lucien Crochet (represented by Gilles Crochet) impressed. La Croix du Roy (£16.96) is an old favourite and the charming, soft 2009 underlines again how good Pinot Noir now can be from Sancerre and other Central Loire vineyards – well worth considering given the increase in prices in Burgundy.
The other – Le Cul de Beaujeu, Sancerre Blanc – was new to me. The Cul de Beaujeu is the very steep slope that is directly above Chavignol on the other flank from the better known Les Monts Damnés. The Beaujeu parcel belongs to a cousin of Gilles’ wife. He was a pilot with Air France but has just retired and intends to make his own wine from 2015, so Gilles has only been able to make six vintages of this wine – 2009 – 2014. The 2011 Crochet Cul de Beaujeu (£23.96) is noticeably richer and fuller than than the other Crochet Sancerres, although it is still quite tight in the finish and certainly needs time to show its best.

J & B have reduced their Sancerre range as they are no longer listing the wines of François Cotat – not finding the recent vintages sufficiently convincing.
As at last year’s tasting the startlingly precise wines from Thibaud Boudignon stood out in particularly his beautifully textured and long 2011 Savennières (£30.46). 
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Des doutes, toujours, des certitudes, rarement, et du Beaujolais, aussi souvent que possible

Je doute souvent. Et à peu près de tout. Je lisais cette semaine dans Le Monde des Livres un article sur le biologiste, médecin et philosophe Henri Atlan intitulé « Douteur ès Sciences » et je me trouve bien en phase avec les positions de cet homme, sans posséder le 10ème de son savoir. Quel est le rapport avec le vin ? A peu près tout. Par exemple, je doute souvent de ma capacité (et de celle des autres) à juger la qualité d’un vin avec une pertinence quelconque pour autrui. Je doute de la validité de très nombreux principes des AOC. Je doute de la pertinence des études géologiques détaillées appliqués au vin (mais pas du concept du terroir !). Mais, à côté de cela, j’ai aussi quelques rares certitudes. Par exemple, je suis sur que les modes fluctuent et changent : cela s’avère année après année. On le voit avec le cas du Beaujolais dont il sera largement question dans cet article. Une autre de mes certitudes se situe sur le terrain commercial, qui est quand même le nerf de la guerre. Il s’agit de la nécessité des « petits » producteurs de vin de s’associer pour promouvoir et vendre leurs vins. On s’arrêtera là pour le moment.

Cette semaine verra la sortie du Beaujolais Nouveau. J’ai toujours aimé ce moment festif autour du vin, sans nier le tort que cette grosse promotion collective a pu faire à l’image des vins de toute cette région, dont une bonne partie possède des qualités bien au delà du simple « fruité, bu et pissé ». La semaine dernière j’ai pu déguster quelques cuvées (une petite dizaine) de Beaujolais Nouveau et je vous en parlerai à la fin de cet article. Le millésime 2014 me semble avoir beaucoup de qualités en Beaujolais avec une belle intensité d’un fruit qui fait preuve de maturité, et j’ai trouvé des vins tout à fait délicieux.

Par la même occasion, j’ai aussi dégusté quels crus du Beaujolais, dans les millésimes 2012 et 2013 et issus des mêmes domaines que ceux qui proposaient les cuvées de vin nouveau. Et le moins que l’on puisse dire est que la gamme des vins rouges de cette région couvre un spectre bien plus large que celui communément reçu par l’opinion public. Il y avait là des cuvées de Régnié, de Brouilly, de Fleurie ou de Morgon ayant de vraies qualités de vins de petite garde, avec de la structure et du fond, sans perdre le caractère charmeur du fruit de leur gamay noir.

L’occasion de cette petite dégustation était une présentation des vins d’une association appelée Terroirs Originels, qui réunit une vingtaine de vignerons indépendants du Beaujolais et du Maconnais. Pour voir de quoi il s’agit, allez visiter leur site qui explique très clairement l’approche, ainsi qu’il présente les individus qui en font partie (http://www.terroirs-originels.com/). C’est cette association, entre autres, qui me confirme dans l’opinion exprimée ci-dessus quant à l’utilité, voire la nécessité, pour des vignerons ayant peu d’hectares chacun de s’unir pour vendre, en France ou à l’export, mais aussi pour présenter leurs vins à la presse et aux professionnels.

Nous savons tous que le phénomène Beaujolais Nouveau n’est pas une pure invention « marketing » du temps modernes, mais qu’il est l’héritier d’une tradition, oubliée et très ancienne, qui faisait que les vins (sauf quelques liquoreux) ne se vendait que pendant leur jeunesse, vu l’impossibilité de bien les conserver avant l’arrivée des bouteilles industrielles et de l’usage du soufre. La réussite de cette fête un peu bacchique doit aussi, très probablement, une part de son succès populaire à la période de l’année et à la météo connexe de l’hémisphère nord. L’été est loin, les jours de raccourcissent rapidement, le froid arrive et les fêtes de fin d’année ne sont pas encore là. Le prétexte pour conjurer la déprime et illuminer les idées noires tombe très bien. Mais chaque médaille à son revers, et la simplification de l’image des vins de toute une région, avec ses nuances, ses variations, ses capacités et expressions différentes, ont été, pendant longtemps, noyés sous le flot de ce vin simple et gai, mais un peu trop uniforme par moments.

Je crois que cette période est révolue, et je l’espère de tout coeur. Les nombreux producteurs de qualité de cette belle région le méritent amplement. En tout cas, les vins que j’ai dégusté (il est vrai qu’ils ne représentent qu’une infime partie de l’offre) n’avaient rien de triste, mais ils n’étaient ni simplistes ni monolithiques non plus. Chaque vigneron, et chaque cuvée passait une expression particulière parmi les vins de Beaujolais et Beaujolais Villages 2014 que j’ai dégusté, et à fortiori avec les crus. Voici des notes sur les vins que j’ai préféré, avec une photo des producteurs en question. Car je crois aussi (mais ce n’est pas une certitude) que l’homme fait bien plus pour la personnalité d’un vin que la géologie. Cette dernière disciplines permets de faire de bien jolies cartes quand même !

 

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Beaujolais Nouveau 2014, Emmanuel Fellot

Frais et délicat avec une superbe qualité de fruit. Un vin fin et léger, à lamper avec bonheur.

Beaujolais Villages Nouveau 2014, Emmanuel Fellot

Possède la même belle qualité de fruit mais aussi une structure plus présente et, logiquement, davantage de longueur. Une très belle cuvée qui nous amène loin des poncifs qu’en entend encore et toujours sur ce type de vin.

 

robert_perroud-1 Beaujolais Nouveau 2014, Robert Perroud

Le nez est splendide, très expressif. En bouche cela se confirme  avec un bouquet de fruits frais, d’une gourmandise parfaite. Je  dirai même que c’est un Beaujolais nouveau idéal et tout à fait  délicieux.

 

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Beaujolais Villages Nouveau 2014, Lucien Lardy 

Encore une délice, mais qui possède un peu plus de fond et de structure que le vin précédent. J’en boirais bien un tonneau !

 

 

La mode et les étiquettes

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Les étiquettes en Beaujolais, comme ailleurs, évoluent et c’est tant mieux. Une petite tendance remarquée lors de cette dégustation est l’apposition, en grand, d’une date qui n’est pas celle du millésime du vin en question. Cela est illustré par ces trois cuvées différents de Beaujolais et Beaujolais Villages Nouveau de Jean-Michel Dupré, vigneron de la commune de Regnié qui bénéficie d’un stock impressionnant de vieilles vignes. C’est donc l’année de plantation de la majorité de chaque parcelle (oui, il fait bien remplacer les pieds morts) qui lui donne son identité. Emmanuel Fellot utilise aussi ce principe d’une date écrite en grand sur ses étiquettes. Mais dans son cas in s’agit de 1828, année de l’installation de sa famille sur le domaine. L’ancrage dans l’histoire reste un constant, indépendamment des modes. Les vins  de Dupré sont bons, mais ne faisaient pas partie de mes préférés car j’ai trouvé leur acidité un peu trop présente. La partie pris de Dupré est d’éviter toute chaptalisation dans ses vins nouveau. C’est un peu comme la religion : on y adhère ou non par principe/croyance, mais pas vraiment par goût.

Et les crus

Voici une petite sélection, toujours issus des ce groupe de vignerons.

Domaine Dupré, Régnié 2012

J’ai aimé sa facilité d’accès et sa relative souplesse. Bon fruit et une certaine densité.

Robert Perroud, Brouilly « Pollen », 2013

Ce vin, qui a vécu 12 mois en fût est très structuré et possède une longueur impressionnante. Sa finale qui un peu sèche me fait penser qu’un peu moins de temps en bois aurait été préférable. Mais il faut certainement l’attendre aussi pour le laisser exprimer tout son potentiel.

Lucien Lardy, Fleurie 2013

Un très joli vin avec beaucoup de fond. C’est intense, relativement tannique, avec une structure bien en phase avec la matière. Un très beau vin qui peut se mesurer à d’autres bien plus chers.

L. Gauthier, Morgon Côte de Py 2013

Autre cuvée solide, aussi large que trapue. Sa texture légèrement rugueuse le situe un peu en dessous de la précédente.

 

Et bientôt des Premiers Crus ?

Je sais que l’inter-profession cherche à établir, à l’avenir, une sorte hiérarchie à l’intérieur des crus que prendra la forme d’un certain nombre de parcelles ayant le statut de premiers crus. Pour cela ils ont fait creuser de milliers de trous dans le vignoble afin de regarder ce qui se passe en dessous. Je ne sais pas trop ce qu’il faut penser de ce projet. D’un côté c’est bien, car cela fera parler des qualités de certains vins. Mais d’un autre, je ne suis pas convaincu que cela reflétera réellement une échelle qualitative crédible pour le consommateur, tant le rôle du producteur individuel me semble être au cœur de cette affaire.

 

David Cobbold

 

 


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#Carignan Story # 247 : Spécial tajines

Vacances, travail, loisirs, passions, faudrait choisir si l’on écoute les gens sérieux. Pour ma part, lorsque je suis en vacances, je « travaillotte » et je n’y puis rien, c’est comme ça.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

 

Retour du Maroc où j’étais allé me promener peu avant l’automne, quelqu’un d’aimable m’a fait remarquer que le Carignan « Beauvallon » que je disais avoir dégusté lors de mon premier dîner à Fès en compagnie d’un superbe tajine de légumes, n’était autre que le frère siamois du Domaine Riad Jamil, déjà chroniqué à deux reprises dans ces pages : ici, par exemple, et une seconde fois là. Vous allez me dire que ce n’est pas du vrai journalisme que je vous sers là, que j’ai des marottes, que les vins des Celliers de Meknès sont bigrement favorisés dans mes articles et que probablement je suis payé par l’Office du Tourisme Marocain. Je n’y peux rien, les gars, j’vous l’jure sur la tête de ma Mère, car cette grosse entreprise de Meknès est la seule, à ma connaissance, à vinifier un pur Carignan. Celui-ci semble être un de leurs fleurons. Si vous en connaissez un autre, je vous en prie écrivez moi !

Photo©MichelSmith

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Pour vous, je l’ai donc goûté par deux fois auparavant, dans les millésimes 2008 et 2009, sans grand enthousiasme d’ailleurs. Là, j’ai bu un 2011, toujours dans le cadre de cette A.O.G Beni M’Tir qui ne garantie que ce qu’elle veut bien garantir. Comme les choses du vin sont compliquées au Maroc, en relisant mes notes d’un voyage effectué il y a douze ans, je me demande si le Carignan « vif, simple et direct » (notes prises à l’aveugle) goûté alors avec la mention sur l’étiquette « Campagne 2001/2002 » et que je conseillais de boire « d’ici un an ou deux » ne rentre pas dans l’assemblage de ce « Beauvallon » qui semble avoir un confortable tirage vu qu’il est présent un peu partout dans les rares boutiques de vin que compte le royaume, mais aussi dans les restaurants Marocains de notre Hexagone où le couscous reste un met incontestablement populaire. Par deux fois, je n’ai pas été enthousiasmé (je me répète…), et puis là, je le goûte in situ, dans son pays natal, non loin des murailles de Meknès, à une table princière à 30 ou 40 km des vignes, servi avec gentillesse par un sommelier qui dit ne pas avoir le droit de goûter le vin. Résultat, je le trouve bon, honnête, sincère.

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Est-ce le décor grandiose de Fès qui s’étale à mes pieds ? Est-ce l’enthousiasme de ses habitants ? Est-ce mon humeur positive ce soir-là ? Est-ce le millésime ? Est-ce le prix presque dérisoire du vin ? Allez savoir… D’abord, mon sommelier a accepté sans broncher de mettre ce 2011 à température. Porté au nez, je lui trouve de fines notes de garrigues qui me rappellent mon pays d’adoption. Il est fait un peu à la manière d’un Corbières de belle facture : vieilles vignes, macération carbonique classique, presque comme à La Voulte Gasparets, élégance en moins, élevage sans excès en barriques pas trop neuves, puissance raisonnable, chaleureux mais avec une pointe de fraîcheur, tannins rustiques, il rempli bien son rôle de compagnon de cuisine modérément épicée. Qui a dit que le vin était toujours meilleur bu sur place ? Après tout, c’est peut-être pour cette raison que je me suis installé dans le Midi.

Michel Smith

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