Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


3 Commentaires

Βιδιανό, cépage crétois

La Crète abrite l’un des plus anciens vignobles de la Méditerranée. Peut-être pas aussi vieux que l’arménien ou le géorgien, mais guère.
Longue de 250 km, l’île grecque offre quelques cépages sortis du fond des âges comme le Βιδιανό – en français Vidiano.

Crete_topographic_map-fr

Le Vidiano

Il fait aujourd’hui partie des cépages prisés de toute la Crête, alors qu’auparavant, on n’en trouvait que dans les environs de Rethymnon, à l’ouest de l’île. Ce n’est que récemment que ses caractères organoleptiques particuliers ont attiré l’attention des viticulteurs avertis.

Vidiano-2
Son point fort: il résiste très bien à la sécheresse; mais il reste toutefois sensible aux trop hautes températures. Son excellente fertilité demande un suivi constant pour éviter les rendements excessifs. Il donne des grappes assez grandes et lâches, aux grumes ovoïdes, à la peau fine et transparente de couleur dorée. La pulpe est douce et agréablement aromatique quoique légèrement acerbe. Ses jus donnent des vins floraux, fruités et capiteux.
Il apprécie les sols calcaires et se récolte en général vers la mi-septembre.

Βιδιανό 2012 Domaine Zacharioudakis

Vidiano-bottle

Robe blanche qui nuance ses reflets de vert et d’or à la transparence subtile qui donne envie d’y plonger le nez. Celui-ci, floral, évoque la fleur d’oranger, les genêts chauds de soleil, nuancé de fruits blancs où dominent la pêche et la poire. Les fleurs se rafraîchissent en bouche et adoptent des parfums miellés. Les fruits se confisent pour en gelées acidulées couler sur la langue et aguicher les papilles. La structure adopte une tension aérienne où le minéral rappelle par son iode la proximité marine. Le grillé légèrement toasté écho de l’élevage se remarque sur la longueur, puis fruits et fleurs se manifestent une dernière fois avant de nous quitter.

La fermentation se fait barriques neuves de chêne français et américain. L’élevage dure 6 mois et se fait dans les mêmes contenants.

Le Domaine Zacharioudakis

Domaine panorama

C’est l’histoire d’un journaliste, Stelios Zacharioudakis, et de son épouse Victoria, qui décident il y a une bonne dizaine d’années de créer un domaine sur l’île où Zeus s’installa avec la princesse Europe. Un domaine où se côtoie technologie avancée et écho du passé. Ils y plantent, outre le Vidiano, d’autres variétés autochtones comme le blanc Vilana et le rouge Kotsifali, encore les deux Malvasias (di Candia et Aromatica), mais aussi les incontournables cépages internationaux. Tous conduits en mode biologique.
Le site est remarquable.

vignoble 13

Je n’y suis pas allé, mais les photos donnent envie de s’y rendre.
La vigne trace ses terrasses tout autour de l’architecture inspirée des lignes minoennes. Une vingtaine d’ha perché à 500 m d’altitude, lieu où vents marins et fraîcheur vespérale génèrent un contraste salutaire entre jours et nuits. La vue du haut des murets qui escaladent la colline d’Orthi Petra est imprenable et regarde sur 360° le massif montagneux du Psiloritis, la Plaine de Messara, la Mer Libyenne et les montagnes d’Asteroussia.
Un endroit calcaire près du village de Plouti, au nord de l’antique Gortyne, très au sud d’Héraklion. Bref, un lieu où se rencontrent mythologie et actualité bachique.

www.zacharioudakis.com

Τα λεμε

Vidiano-5
Markos


4 Commentaires

Toscana quattro : altri buoni vini e buoni indirizzi…

Ne croyez pas que je cherche un tant soit peu à  me justifier, mais cette longue série, peut-être pénible pour certains, de quatre articles sur la Toscane, à la recherche du Sangiovese, touche à sa fin. Certes, j’aurais pu aller plus loin, vous en mettre encore plein la vue, en raconter beaucoup plus, être plus exhaustif, plus savant, rassembler des écrits antérieurs, mais à quoi bon… Vous l’avez remarqué, je reste un journaliste besogneux, désordonné, manquant de style, de méthode et de syntaxe. L’Italie, ma grande sœur, la Toscane en particulier, y est pour quelque chose : ce trait d’union béni entre le Nord et le Sud est parfait pour étancher mes soifs de vins et de curiosités dans la nonchalance la plus totale. Une fois de plus, bien qu’accompagné d’amis délicieux – je les remercie encore -, ce fut pour moi un parfait voyage en solitaire. Une dernière fois, je vais tenter de vous propulser là-bas en vous proposant quelques pistes… en trois étapes. Notez, cela me paraît important…

Firenze. Photo©MichelSmith

Firenze. Photo©MichelSmith

Tout d’abord, en guise d’antipasti, pour ceux qui me suivent depuis le début sans broncher, voici d’autres vins de Sangiovese goûtés lors de nos belles tablées…

-Castell’in VillaChianti Classico 2009 – Un pur Sangiovese un peu évolué au nez, sur les fruits cuits en bouche (prune, cerise), facile et prêt à boire (21 €).

-San Giusto a RentennanoChianti Classico Riserva La Baroncole 2009 – Robe très foncée, nez assez boisé pour ce Sangiovese agrémenté d’un très faible pourcentage de Canaiolo. A près plus de 16 mois en barriques de chêne Français Il me paraît encore un peu austère et peut attendre plus de deux ans au moins.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-Caparsa, Chianti Classico Riserva Caparsino 2009 – L’inverse du précédent, soit un rouge non filtré, tendre, frais, subtil, au joli fondu conduisant à une finale en douceur (autour de 20 €)… On le boirait sans retenue sur de l’agneau. Voir également les commentaires du premier article lors d’une précédente visite en Toscane.

-Campi Nuovi, Montecucco Sangiovese 2011 – Une belle pièce de 7 ha en biodynamie (affiliée à Renaissance des Appellations) et en relative altitude à 20 km au sud de Montalcino avec fermentations (levures indigènes) puis élevage d’un an en foudre de chênes de 70 hl. On a un vin chaleureux, rond, puissant, prenant (14,5° affichés), qui ne manque pas non plus de vivacité. L’attendre encore un peu et prévoir un lièvre.

-Il Paradiso di Manfredi, Rosso di Montalcino 2010Florio Guerini continue d’émerveiller son monde avec un Sangiovese de toute beauté, sans aucun excès de lourdeur. Notes de fenouil et de pinède au nez, une sérieuse densité en bouche qui n’empêche ni le fruit ni la fraîcheur de s’exprimer avec des touches de goudron de bois et une belle persistance. Une saveur toute particulière et un domaine à ne pas oublier si j’en juge par ce beau papier que lui a consacré Patrick Böttcher dans son blog Vins Libres.OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

-PietrosoRosso di Montalcino 2012- Que du Sangiovese vendangé à la main généralement début octobre sur la propriété sise en bordure de Montalcino. Fermentations en cuves inox (levures indigènes), élevage en cave souterraine (foudres et demi-muids) sur une année, c’est un vin souple, non filtré, un peu simple au départ, mais qui s’avère assez tannique pour affronter une viande saignante.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA-Pian dell’Orino, Rosso di Montalcino 2011 – Voisine directe de celle des Biondi Santi, la propriété compte 4 vignes de Sangiovese Grosso totalisant 6 ha cultivés en bio. Notes de fraise confite, de l’épaisseur et de la puissance (14,5°), il y a de l’élégance et de la longueur en bouche en dépit d’une certaine lourdeur. Il faudrait l’attendre, laisser le vin se « fondre » un peu plus…OLYMPUS DIGITAL CAMERA

-San PolinoBrunello di Montalcino 2008 – Belle, mais minuscule propriété (2,5 ha) en biodynamie (Luigi Fabbro adhère à Renaissance des Appellations) dédiée au Sangiovese avec pas mal de vieux millésimes en stock. Vinifié en foudres (Slovénie) et barriques, c’est la finesse qui l’emporte au nez comme en bouche. Souple, l’alcool se fait moins ressentir, mais le vin s’ouvre tout de même sur une densité assez massive ponctuée de tannins élégants. Lui offrir une belle viande.

Photo©MichelSmith

En allant chez Biondi Santi… Photo©MichelSmith

Ensuite, histoire de ne pas mourir idiot, quelques remarques intéressantes et utiles faîtes par mes Lecteurs épris de Sangiovese. Notez-les sur votre feuille de route pour un prochain voyage car, en matière de Sangiovese, ils en connaissent un rayon !

-D’Antonella, sur Facebook :

Pour le Sanviogese, que nous adorons tout comme vous, son absence de la Costa Toscana s’explique par son inadaptation au climat côtier, fort différent de celui le Toscane intérieure. Leonardo Salustri – vous avez goûté ces vins (voir ici) – est un spécialiste reconnu de ce cépage et a collaboré avec l’université de Sienne pour des études sur le Sangiovese. Il définit les conditions qu’il faut pour faire un bon Sangiovese : une distance minimale de la mer car le cépage n’aime pas l’air salin, un terrain bien drainé (en pente donc), une belle amplitude de température jour/nuit (ici un minimum d’altitude et plutôt loin de la mer).

‪Où nous sommes – je schématise – le Sangiovese brûle avant de mûrir et il reste alors deux solutions: soit en faire un vin très simple, soit l’assembler. En particulier à Bolgheri, il n’y a pas de conditions favorables à ce cépage. Le Macchiole, qui ont testé au moins une trentaine de cépages, vous le diront bien : les seuls exemples intéressants sont sur des terrains en altitude (250 m) protégés de l’air marin et bien drainés. Vous pourriez goûter une prochaine fois ceux de I Mandorli à Suvereto en haut d’une colline qu’on nomme « il Belvedere », de Fuori Mondo à Campiglia Maritima, là aussi en altitude, où celui de l’Azienda Caiarossa à Riparbella. Il se trouve que les 3 domaines sont biodynamiques. C’est un français qui vinifie à Caiarossa, Dominique Génot ; un belge Paul Morandini Olivier qui est propriétaire de Fuori Mondo et un vrai italien (quand même!), Massimo Pasquetti, qui conduit I Mandorli.

J’ajoute qu’une visite s’impose absolument pour approfondir votre connaissance du Sangiovese chez Salustri, là aussi domaine biologique, qui en outre de faire des superbes Sangiovese (4 vins différents), fait une huile d’olive (primée par Slow Food) et de la charcuterie de Cinta Senese bio absolument divine!

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-De Paul Morandini Olivier (cité quelques lignes plus haut) sur Facebook :

J’ai l’impression que l’encépagement de Sangiovese à Bolgheri ne dépasserait pas les 10 %… Mais c’est la morphologie même du Sangiovese qui en fait un cépage compliqué à cultiver… L’air chaud et humide de la mer ne lui permet pas d’arriver aux bonnes maturités en général. Des sols pauvres, à une certaine altitude et protégé de ce vent humide sont indispensables pour magnifier ce cépage roi ici en Toscane

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-De Nicolas, ces précisions sur notre blog, puis par mail :

Pour ce qui est de la Maremma vous êtes un peu dur, car il y a plusieurs appellations qui favorisent le Sangiovese, comme la nouvelle appellation Montecucco Sangiovese DOCG (qui a été initiée par Salustri et qui n’existait pas encore en 2008 d’où la DOC seulement) et aussi Morellino di Scansano, qui n’est ni plus ni moins que l’équivalent du Chianti plus au nord, avec un minimum de 85% de Sangiovese obligatoire. Et il existe beaucoup de Morellino di Scansano et quelques-uns d’admirables, dont le domaine Villa Patrizia qui produit un Riserva pur Sangiovese nommé Valentane de toute beauté.

Pour revenir à Salustri, dommage que vous n’ayez pas dégusté le Grotte Rosse 2010 car il est remarquable de puissance et avec beaucoup plus de fraîcheur que le 2008. Ce domaine fait face à Montalcino (à l’époque ils livraient le raisin pour les Brunello…), dans un endroit sauvage mais magique, à deux pas de Colle Massari, un domaine en vogue et à qui ils ont mis les pieds à l’étrier. Leurs Sangiovese possède une expression tout à fait originale grâce à une situation particulièrement avantageuse, sur une colline fortement ventée.

Je ne suis guère surpris, malgré que nous soyons d’une génération d’écart, que le Sangiovese nous fascine tant. Quel cépage grandiose ! Malheureusement souvent sous estimé, mais en même temps ça ne fait qu’accroître le désir de le découvrir !  Moins surpris que vous ayez trouvé un certain nombre de Chianti Classico en pur Sangiovese. Certes, vous n’avez pas rencontré Roberto Bianchi de Val delle Corti et son incroyable Chianti, plus précisément sa Riserva, probablement un des plus beaux à l’heure actuelle, et produit que les années qui le méritent. Mais je vous assure que l’on trouve une multitude de purs Sangiovese de qualité dans toute la Toscane, et à des prix plus doux que dans le Classico ! Comme je vous l’ai précisé en commentaire, il y a deux appellations qui méritent de s’y attarder : Montecucco Sangiovese et Morellino di Scansano. Sans parler de toutes les autres appellations Chianti. Voici les producteurs de 100 % Sangiovese que je vous recommande vivement et ailleurs qu’en Chianti :

-Salustri : goûtez le reste de la gamme, c’est magnifique ! Marco est un vigneron talentueux, réfléchi et inquiet comme les meilleurs. Son Grotte Rosse 2010 est un des plus grands Sangiovese qu’il m’ait été permis de goûter, même s’il est encore si jeune… Il faudra s’accrocher pour trouver un Brunello de ce niveau sur ce millésime.

-Podere Il Poggio : un autre Montecucco, réalisé par Silvia Spinelli, une vigneronne d’une rare et intelligente humilité, et qui est d’une finesse exemplaire; à tester aussi son 100% Pugnitello, un vieux cépage remis au goût du jour

-Villa Patrizia : un merveilleux domaine familial en bio, avec un Montecucco nommé Istrico avec un rapport qualité-prix exemplaire et le Valentane, un Morellino di Scansano pur, puissant, juste!

-Montemercurio : un très prometteur domaine sur l’appellation Nobile di Montepulciano, avec son Messagero élevé 2 ans en foudre puis une année en bouteille comme le consortium l’exige, un vin à la fois fin et très puissant, mais d’une puissance intrinsèque et non fabriquée.

Et il y en a tant d’autres! Cependant il faut dissocier les producteurs qui assemblent leur Sangiovese avec du Merlot. Ils dénaturent le Sangiovese et les éloignent de ceux qui l’assemblent avec du Canaiolo ou du Ciliegiolo, des cépages qui l’épousent. D’ailleurs le Ciliegiolo, un des deux parents naturels du Sangiovese, est de plus en plus travaillé « in purezza », et peut offrir des résultats étonants, comme ceux du fascinant domaine de Sassotondo, près de Pitigliano.

Pour compléter, il faudrait aussi lire un ouvrage de référence et très esthétique et voir les vidéos qui vont avec.

 

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Merci donc à ces lecteurs amoureux comme moi de la Toscane. Pour conclure, je vous livre quelques bonnes adresses qui sont autant de coups de cœur, parfois un peu clichés il est vrai, passés ou présents.

-Pour vous loger, n’oubliez pas de chercher sur la toile les chambres d’hôtes à la ferme classées en Italie sous la rubrique agriturismo. Il y en a un peu partout, chez les vignerons ou oléiculteurs surtout, à l’instar de Poggetto Masino, du côté de Suvereto où chaque chambre décorée avec goût bénéficie de sa treille et de sa terrasse.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-Pour boire un coup, discuter et croquer quelques spécialités faîtes sur le vif, Florence dispose d’un remarquable bar à vins (avec terrasse) à deux pas du Ponte Vecchio, Le Volpi e l’Uva, où le Sangiovese et d’autres cépages comme le Carignan sont à l’honneur servis au verre ou à la bouteille en toute convivialité !

-Pour manger au bord de l’eau, non loin de Bolgheri, ne pas manquer la visite chez Luciano Zazzeri, dans sa désormais mythique Pineta, sorte de luxueuse baracca posée sur la plage au large de Marina di Bibbona, sur la côte Etrusque. Depuis des années on y goûte les meilleurs produits de la pêche locale sans savoir exactement ce que le patron aura de nouveau à proposer ce jour-là. J’ai le lointain souvenir de tagliatelle au corail d’oursins et de galinette (rien à voir avec la poule du même nom, car c’est un poisson) aux tomates concassées. Côté vins, la carte de Champagne est quasi unique, celle des Toscans aussi avec, pour chaque référence, la proportion de Sangiovese (ou autre cépage) indiquée. L’endroit est devenu un peu chic et cher, mais en faisant attention on peut passer un moment inoubliable.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-Pour une cuisine toscane mer et montagne, essayez Il Frantoio à Montescudaio, village situé à 10 km de Cecina : carpaccio de poulpe, spaghetti à l’encre de seiche, lapin farci, tripes, artichauts frits… Belle carte des vins. On peut aussi se restaurer agréablement au restaurant de Castello di Ama où l’huile et les vins du domaine sont mis à contribution.

-Encore plus perdu, simple, économique et chaleureux ? Allez donc vous percher dans la salle de la trattoria Da Nada  entre Sienne et Grossetto pour une cuisine familiale faîte avec amour et servie avec gentillesse dans l’étonnant village rocheux de Roccatederihi !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-Pour les carnivores, à Panzano in Chianti, cet amusant et très populaire restaurant de viandes (bœuf surtout) où l’on mange à la bonne franquette face au show du patron, à condition de ne pas oublier sa bouteille de vin (on en vend partout dans le village) car celui qui vous est servi en pichet n’est vraiment pas génial. Les touristes adorent…

-Pour les inconditionnels de la charcuterie, il faut parcourir dans la cohue touristique l’incroyable magasin de la maison Falorni à Greve in Chianti où l’on peut aussi profiter sous les arcades d’un petit bistro à vins et goûter quelques produits de la maison posés sur des planchettes.

WP_20141028_046

-Pour les amateurs d’huile d’olive, je recommande le moulin du domaine Il Cavallino à Bibbona en Toscane maritime. Dirigée par Romina Salvadori, l’azienda produit une des huiles délicatement fruitée les plus réputées de Toscane que j’achète pour ma part en bidon de 5 litres à un prix beaucoup plus intéressant que celui pratiqué dans les grandes propriétés viticoles.  Se dépêcher, car la récolte 2014 n’a pas été généreuse en quantité !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

-Pour un confortable dîner bourgeois en ville, en plein cœur de Sienne, je vous recommande cette sorte de brasserie de bon goût, l’Osteria le Logge, à la cuisine traditionnelle teintée de modernisme et à la cave bien fournie en Sangiovese. Service jeune, enthousiaste, attentionné. Réserver de préférence dans la grande salle du rez-de-chaussée, une ancienne pharmacie, où les fioles et vases d’apothicaires sont remplacés par de grandes bouteilles de vins.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Buon viaggio !

Michel Smith

 

 


5 Commentaires

Le vin arménien, par delà l’histoire

La semaine dernière se tenait à Bruxelles une dégustation de vins arméniens organisée à l’instigation de l’Ambassade d’Arménie en Belgique.

C’était pour moi le premier contact avec les vins de ce petit pays du Caucase, dont les recherches archéologiques les plus récentes nous apprennent que c’est là qu’ont été trouvées les traces les plus anciennes de vinification (à peu près 6.100 ans).

Noé

L’ivresse de Noé (Chroniques Mondiales de Nuremberg)

Entretemps, la patrie de Noé a connu pas mal de vicissitudes, de passage et d’invasions, pas toujours favorables au vin – la période ottomane, bien sûr, mais aussi la période soviétique, au cours de laquelle le pays était devenu un gros fournisseur du grand frère russe… mais surtout pour le brandy. Jusqu’aux années 1990, la viticulture locale fonctionnait majoritairement pour la production d’alcool.

605px-Emblem_of_the_Armenian_SSR.svg

Clin d’oeil de l’histoire: la République socialiste soviétique d’Arménie avait mis une grappe de raisin sur ses armoiries

Avec la fin du communisme, est venue la baisse des importations russes. L’Arménie se tourne donc vers d’autres marchés – mais le processus est assez lent.

Sur la foi de ce que j’ai dégusté, tous les produits ne se prêtent pas encore à la conquête du consommateur occidental moderne.

Primo, quelques cuvées présentées souffraient de tares évidentes (piqure acétique, oxydation précoce, déviations);

Plus grave, à mon sens, la plupart des vins souffraient d’un manque de définition – sucre résiduel mal fondu pour une bonne partie des blancs, déséquilibre entre nez et bouche pour pas mal de rouges, impression de chaleur, de verdeur des tannins, alcool envahissant, rudesse. Je ne suis pas contre une certaine dose de rusticité, mais trop n’en faut!

Vous me trouvez dur? Je pense de mon devoir de faire savoir à nos amis arméniens que de gros efforts restent à faire. Personne n’attend les vins arméniens sur nos marchés. Si nous les achetons, ce ne sera pas pour leur origine, que nous ne connaissons pas, ni pour le glorieux passé, mais pour le contenu dans la bouteille, hic et nunc.

armenie1

Le vignoble arménien se situe surtout au Sud du pays (Armavir, Ararat, Vaïots Dzor et Siounik)

Bande d’amphorés!

Il y a avait heureusement des exceptions à ma déconvenue générale.

Les Areni de Takar, d’Ar Mas, de Maran (Cuvée Bagratouni) et de Zorah (cuvée Karasi), notamment, qui combinent des arômes de fruit mûr assez inhabituels (grenade, figue verte) et une belle fraîcheur – mention particulière pour la Karasi, très pur et d’une belle minéralité (serait-ce l’élevage en amphores?).

Ces exceptions démontrent qu’il y a une place pour l’Arménie sur l’échiquier mondial du vin; pas seulement en hommage pour son passé de précurseur, mais pour la touche originale apportée par ses multiples cépages autochtones, notamment l’Areni, par ses pratiques culturales et de vinification originales.

En effet, on a affaire à un vignoble de montagne (l’altitude moyenne du pays est de 1800m), où la vigne souffre à la fois de longs hivers très froids (au point qu’on l’enterre souvent en hiver) et de la chaleur de l’été. Les cépages locaux y sont les mieux adaptés, et c’est sans doute la chance de ce pays de les avoir conservés; le consommateur mondial est un peu saturé des grands cépages internationaux et est prêt à découvrir autre chose.

 

2308004085

Mon préféré

Cette « autre chose », l’Arménie peut la fournir – avec une autre originalité – qu’elle partage avec la Géorgie voisine: la vinification en amphores. A l’heure où des producteurs européens redécouvrent le vin orange, les Arméniens, eux, ne l’ont jamais vraiment délaissé.

Le défi, cependant, sera de polir ces joyaux un peu bruts, ce potentiel, pour mieux les faire briller.

Cela passe sans doute par une phase de sélection des meilleurs cépages à vin – tous ceux qui ont été utilisés pour les brandies et les vins mûtés ou pomegranates ne sont pas forcément les plus adaptés à des vins élégants; par une meilleure maîtrise de la matière première (inertage de la vendange, tables de tri…) et de l’outil – qu’on utilise des foudres, des barriques, des cuves inox, des cuves ciment ou des amphores, les règles de base de l’oenologie s’appliquent – propreté, contrôle des températures et des fermentations…

Un peu de « benchmarking », aussi. J’ai donné mon sentiment sur les vins dégustés – il serait utile d’avoir l’avis d’un panel complet de dégustateurs aguerris, sur les différents marchés potentiels.

Moyennant quoi on pourrait reparler des vins arméniens.

Hervé Lalau


2 Commentaires

Fizzical battle – Day One : CIVC takes on sole trader – Champagne Jayne

 facebook,jpgChampagne Jayne’s Facebook page  

Graeme Loft’s report on Day One of Jayne’s ‘trial’ Day 1: 15/12/14

‘Champagne Jayne’ on Trial

‘The final chapter in the year-long dispute between France’s protector of the exclusivity of the Champagne brand, the Comité Interprofessionnel  du Vin de Champagne (CIVC) and Australian wine educator Rachel Powell, better known as Champagne Jayne, began in the Federal Court of Australia today before Hon Justice Jonathan Beach.

In July 2012, Ms Powell’s trademark ‘Champagne Jayne’ was accepted by IP Australia, the Australian Government agency that administers intellectual property. The CIVC  wants the Federal Court to force Ms Powell to withdraw the trademark and its use on her website, Facebook, Twitterand other social media accounts.

The CIVC has accused Ms Powell of misleading or deceptive conduct by using the name Champagne Jayne while also promoting other sparkling wines.  It also accuses Ms Powell of profiting from the use of the name Champagne in her trademark Champagne Jayne and of tarnishing the Champagne brand.

The CIVC’s team of lawyers argued that Ms Powell had deliberately or inadvertently created the impression that some Australian and other sparkling wines were champagnes or were “as good as or better than” champagne. They also suggested that by using the name Champagne Jayne, she had presented herself as an approved representative of the Champagne industry. These accusations were strenuously denied by Ms Powell’s lawyer.

Video evidence from television broadcasts and social media was provided to demonstrate that since she registered Champagne Jayne as her business name in 2009 Ms Powell has passionately promoted champagne as a wine expert, broadcaster, journalist and presenter. (Jayne Powell started using Champagne Jayne for her business in 2003 and then in 2009 registered it as her business name.)

While the CIVC’s lawyers argued that Ms Powell’s presentation of other sparkling wines on television and social media was misleading and tarnished the Champagne brand, the videos showed that Ms Powell always made a clear distinction between champagne and other sparkling wines. There was no evidence of deception.  Ms Powell’s lawyer also provided evidence that her presentation of sparkling wines other than champagne was occasional.

Champagne Jayne’s apparent recognition in France itself as a promoter of Champagne was highlighted, including her title as Dame Chevalier, awarded in 2012 by the Ordre des Coteaux de Champagne, the official fraternity of the major champagne brands. In the same year she was awarded International Educator of the Year at the Champagne Summit in London and a Gourmand World Wine Book Award in Paris for her book ‘Champagnes, Behind the Bubbles’.

The trial will continue tomorrow (Tuesday 16th December 2014).’

My grateful thanks to Graeme for his report from the Federal Court in Melbourne. I look forward to receiving his report on Day Two, which will be on Jim’s Loire .

Jayne Powell (Champagne Jayne) videos on YouTube.

Jayne Powell (Champagne Jayne) videos on Vimeo.

Comment

Both sides appear to be playing for high stakes. If Champagne Jayne loses she will have to rebuild her business under another name, rebuild her social media presence and face likely bankruptcy paying her legal fees.  A win for Champagne would also presumably put on notice the number of people who use Champagne in their twitter handle whether they happen to be in the wine business or in a different sphere such as hi-hop.

Should the CIVC (Champagne) lose it will undoubtedly be embarrassing, although the court’s decision would presumably only apply to Australia. It would demonstrate how ruthless Champagne can be even prepared to pursue its supporters. It would probably make the pursuit of other people who use Champagne in their name on social media more difficult. While their pursuit of Champagne Jayne may lose some friends on the wine world, outside, with the possible exception of Australia it is unlikely to make any impact at all. Going after a hip-hop artist, on the other hand, could be quite different!


6 Commentaires

S’il y avait un roi du Sauvignon, ce serait peut-être un Bourgeois

Non, je n’aurai pas la prétention de dire que les meilleurs vins de Sauvignon Blanc viennent d’ici ou de là, ni qu’un tel ou un tel en soit le meilleur producteur de ce cépage assez protéiforme. Mais, par l’étendue géographique de sa production (toute la région du Centre Loire plus la Nouvelle Zélande), la largeur de sa gamme liée à sa qualité globale, sans oublier la capacité de vieillissement de certaines de ses cuvées, la Maison Henri Bourgeois serait un très sérieux candidat à ce genre de titre, certes un peu absurde.

IMG_6442Le père tranquille de la Maison Henri Bourgeois se prénomme Jean-Marie, techniquement à la retraite mais toujours actif. Mais cette Maison au prénom unique cache une vraie dynastie. J’y compte au moins 6 frères, cousins, pères ou oncles qui y jouent chacun un rôle. 

Je n’ai pas le souvenir d’avoir dégusté un mauvais vin de ce producteur sancerrois qui, à la différence de ses collègues, a su aussi s’ouvrir au challenge de produire également aux Antipodes sans renier ses origines ni son approche. Les Bourgeois sont vignerons depuis de nombreuses générations à Sancerre, mais l’entreprise tient son nom, Henri Bourgeois, du grand-père des actuels dirigeants qui exploitait seulement 2 hectares en 1950. Par son action et celles de ses fils, le domaine atteint aujourd’hui la taille respectable de 70 hectares répartis entre les appellations Sancerre et Pouilly Fumé. Jean-Marie Bourgeois, son frère et leurs fils, qui dirigent maintenant les affaires, ont aussi une activité de négoce qui leur permet de couvrir l’ensemble des autres appellations du Centre Loire : Menetou-Salon, Quincy, Châteaumeillant, Coteaux du Giennois, plus quelques IGP. Rien qu’en Sancerre blanc, la gamme est d’une complexité rare : j’en ai compté sept références ! J’avoue être perdu par moments, d’autant plus que les étiquettes ne sont pas des plus lisibles. Mais l’essentiel est dans le verre, et là il n’y pas de déception. Si vous envisagez une visite chez Henri Bourgeois, dont les diverses installations occupent, avec une discrétion admirable qui ne renie pas des équipements d’une parfaite modernité, une bonne partie du village de Chavignol, prévoyez large en temps !

IMG_6438

IMG_6439Deux ou trois visages de Chavignol : le village, dans son jus, le chai ultra-moderne d’Henri Bourgeois incrusté dans la colline, et, autour, le paysage roulant avec ses monticules (Sancerre au loin).

Mais une autre chapitre de l’histoire remarquable de cette famille s’écrit aux antipodes de la France, dans l’Ile du Sud de la Nouvelle Zélande. Jean-Marie Bourgeois y acquiert 98 hectares de terre en 2000, puis 11 de plus en 2003. Nommé Clos Henri, ce domaine a obtenu une certification bio en 2013 pour les 42 hectares en production. A la différence des pratiques locales, les plantations sont relativement denses et l’irrigation a été abandonnée. Comme à Sancerre, Clos Henri ne produit qu’à partir de deux variétés : sauvignon blanc et pinot noir. Ce n’est pas que la famille s’est limité à reproduire des schémas connus en sancerrois, car d’autres variétés ont été plantées, puis arrachées devant leur absence de réussite. L’énorme avantage des pays du Nouveau Monde est qu’on peut tout essayer, partout, et que seul le résultat sert de juge. On aimerait tant que la vieille Europe adopte cette approche.

IMG_6423Le restaurant La Côte des Monts Damnés, à Chavignol, sert une jolie cuisine qui renie pas des influences d’ailleurs. Jean-Marc Bourgeois est à la tête de cet établissement qui abrite aussi un hôtel.

Il faut aussi rajouter que cette famille excelle dans la voie de la transmission, car frères, fils et neveux travaillent tous sur le domaine ou dans des affaires annexes à Chavignol, sous le regard des pentes abruptes du vignoble des Mont Damnés. Familiale et aventureux, c’est possible !

IMG_6443Seule une petite partie des vins d’Henri Bourgeois est élevés sous bois, mais cela leur est clairement bénéfique, grâce à une grande attention à la taille du contenant et à la qualité des fûts.

L’objet de ma récente visite à Sancerre étant de tenter d’explorer les possibilités du cépage Sauvignon blanc à table. Mais tout commence chez Henri Bourgeois par une dégustation. A cette occasion j’ai pu admirer la pureté du fruit et la vivacité du du profil des trois Pinot Noirs de Marlborough : Petit Clos 2013, Bel Echo 2013 et Clos Henri 2013. Ce dernier plus riche et charnu avec une bonne longueur. Les sauvignons blancs du domaine NZ ne sont pas en reste, en particulier un Clos Henri 2012 somptueux de saveurs, long et intense. Quelques Sancerre avant d’aller déjeuner au bistrot des Monts Damnés : en particulier La Bourgeoise 2012, pièce maitresse de la gamme, qui m’a impressionné par sa belle finesse et sa superbe qualité de fruit.

A table, nous avons essayé différentes combinaisons afin de mettre à l’épreuve les capacités du sauvignon blanc. Elles se sont avérés conséquentes. Selon la cuvée, jeune ou plus âgée, avec ou sans élevage sous bois, nous avons pu jouer sur une large spectre ne nuances et trouver des bons accords avec terrine de poisson, poisson fumé, huître, poisson frais, agneau et, évidemment fromage de chèvre de Chavignol. Je dois dire que je suis un peu ambigu par rapport à la plupart des choses que je lis sur ce sujet très flou et éminemment personnel des accords mets/vin. D’un côté, j’ai parfois envie de dire que tout cela n’est que foutaise et ne sert qu’à vendre articles et livres. D’un autre, il y a quand-même plein de vins dont l’appréciation est diminuée, voire totalement détruite, par des mets qui ne conviennent pas.

En conclusion, je dirais que le sauvignon blanc offre quand même une gamme de possibilités à table plus large que la plupart des vins.

David Cobbold

(textes et photos)


3 Commentaires

#Carignan Story # 251 : Merci pour le pied !

Merci à Guillaume, l’un de mes cavistes de Perpignan, de m’avoir autorisé à croquer ce Carignan tout droit venu de l’Hérault. Cela me change de ceux des PO et de l’Aude ! J’utilise le verbe croquer à bon escient tant il est vrai que l’on a tendance, vue son épaisseur, à croquer dans ce Vin de France 2013 « sans sulfites ajoutés » à propos duquel son auteur, visiblement frondeur, a eut la bonne idée d’ajouter cet avertissement « Peut contenir des traces de pieds » ! Moi, j’aime ces affirmations (informations) gratuites qui mettent de l’humour dans la dégustation non aveugle que je pratique de temps à autres. Car on ne sait jamais, dans ces vins-là, un parfum de pied est vite arrivé…

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Navré pour vous, mais ce vin à l’étiquette-tableau ne pue pas. Il sent même bon la violette, la mûre aussi, se goûte sans anicroche sur la souplesse, avec un brin de légèreté et, osons le dire, de facilité même. C’est le propre du Carignan heureux dans sa terre que de se comporter de la sorte. Si j’ai bien compris, il provient de deux vignes assez âgées cédées par Nicole et John Bojanowski, que mes rares et chers Lecteurs connaissent bien (ils sont l’auteur d’un Carignan du tonnerre, Lo Vielh), sur le secteur de Saint-Jean-de-Minervois, l’une plantée sur des marnes gréseuses et l’autre sur du calcaire plutôt tendre comme c’est courant dans le secteur. Son prix ? Guère plus de 10 € chez un caviste.

Michel Smith

WP_20141213_005


19 Commentaires

Rubis Velours, un champagne dédié au repas

Fin d’année, les Champagne font la loi et deviennent les incontournables festifs.
Pour changer, la Maison Pannier nous a prévu une couleur originale…
Du début à la fin, la cuvée se prête à l’analyse ou se déguste simplement. Plaisir pur qui éveille les sens, tous les sens en une stimulation qui invite aux expériences inédites d’accords savoureux…

Un peu de mystère

Il a la couleur des roses qu’on offre quand on aime.
Il a ce doux parfum, subtil et délicat, un rien fruité, légèrement musqué, il adore se faire désirer…
Avant de céder à notre désir gourmand, il s’ouvre en richesses irisées, chapelet de perles, nacres rares et rubis précieux.
Puis, enfin, nous cède et nous fait un baiser charnu qui nous laisse sur les lèvres une saveur délicieuse de fruits rouges, de baies noires, soulignés d’épices et d’un trait de réglisse.
Nous sommes conquis

Mais qui est-il ?

Rubis Velours Champagne Pannier

rubis_veloursD’un rubis sanguin soutenu, nuancé de corail, sa robe éclatante enivre l’œil.
La bulle y tisse ses cordons nacrés et gracieux. Ils viennent en rangs serrés parer de leurs colliers l’orbe cristallin.
Le nez nous demande certes patience pour déployer ses fragrances. Surgissent toutefois bien vite griotte et groseille, fraise et framboise. Mûres, elles se parent des parfums floraux de la rose et du jasmin. Affinent encore les perceptions nasales par une note d’épices de poivre et de cumin.
La bouche se dessine en relief sur la langue, arabesques fruitées au grain fin et délicat qui de leur gracile griffure libère d’emblée les arômes des baies acidulées. Leur chair ajoute du charnu, du croquant, donne du volume, de l’amplitude au transport fruité. Les épices tissent leurs filigranes épicés sur la dentelle minérale. Apportent un regain d’élégance, s’il en fallait, au caractère à la fois généreux et bien trempé du vin. Puis, en final la douce fraîcheur s’amplifie d’un subtil liseré au goût de noyau et de réglisse.

Côté technique

savoir-faire_big

La Cuvée Rubis Velours assemble 56% de Pinot Noir, 10% de Pinot Meunier et 34% de Vin rouge de Champagne.
Origines : Mailly et Verzenay pour le Pinot Noir, la Vallée de la Marne pour le Pinot Meunier.
Raisins : Majoritairement issu de Grands Crus
Minimum 4 années de vieillissement en cave
L’essence du Champagne, c’est l’élégance

degustation_big

Créer une nouvelle couleur n’est pas chose aisée, surtout quand on parle de rouge, de Champagne rouge. Le ton « fort » demande beaucoup de doigté, moult précautions pour atteindre cet équilibre particulier apanage de l’effervescente boisson. L’écueil des tanins est réel, comme l’intensité de la couleur, ou encore celui la vivacité ou de son contraire. Il faut un sacré savoir-faire pour être certain que quand il coulera dans nos verres, ce Champagne rouge est assuré de nous plaire.

Challenge réussi et voilà un nouveau fleuron qui vient enrichir les Blanc de Blancs, les Millésimés, les Rosés, les Blanc de Noirs…

Il fallait y penser

Autant, la production de Champagne est réglementée, autant rien n’interdit l’élaboration d’un Champagne rouge. Aucun texte de loi ne régit vraiment la couleur du champagne. En gros, la législation délimite les zones d’appellations, stipule la méthode d’élaboration et détermine les trois principaux cépages autorisés : les Pinot Noir et Pinot Meunier pour les raisins noirs, le Chardonnay pour les blancs. Seule, l’usage omet la troisième couleur des vins pour ne garder en mémoire que blanc et rosé. La Maison Pannier s’est souvenue du rubis caché dans les oublis coutumiers et nous fait aujourd’hui bénéficier de sa naissance au sein de la grande famille champenoise.

On peut l’accorder

pannier-studio-003bis

Servie au cours du repas, la cuvée Rubis Velours sublime à merveille les viandes rouges. La côte de bœuf grillée semble transfigurée, sans oublier le tartare de thon qui lui offre ses accents iodés en échange de la gourmandise de son fruit.
L’oser sur le magret de canard, écrasé de pommes de terre truffé, c’est s’assurer de bluffer nos papilles par des impressions florales inattendues.

Brève histoire de la Maison Pannier

maison_pannier_1

Louis Eugène Pannier crée la Maison PANNIER en 1899 à Dizy près d’Epernay. En 1937, son fils achète de magnifiques carrières médiévales à Château-Thierry en Vallée de la Marne, et y installe sa maison de négoce. En 1974, un groupe de viticulteurs acquiert la maison pour faire de la marque PANNIER leur porte drapeau.
C’est en 1999, qu’une mission archéologique découvre une fresque du XIVème siècle, dans les caves, représentant un archer médiéval qui devient l’emblème de la marque.
La Maison PANNIER adopte alors la devise des archers : Ad perfectionem intendere qui veut dire Tendre à la perfection.
Ce logo symbolise aujourd’hui le style de la maison et de ses vins : élégance, droiture et équilibre.
http://www.champagnepannier.com

Ciao

elaboration_big

Marco

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 11 296 autres abonnés