Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


18 Commentaires

Une barrique à la mer, pourquoi faire ?

J’ai assisté très récemment à une très intéressante dégustation qui a permis d’explorer les effets du vieillissement partiel d’un vin sous l’eau. Quelle eau ? Le bassin d’Archachon, bras de mer (le bon terme géographique est lagune mésotidale) plus calme de l’océan Atlantique. Quel vin ? Le Château Larrivet Haut-Brion rouge 2009, un très bon Pessac-Léognan. Quelle quantité ? 55 litres dans une barrique adaptée (on appelle ces petits tonneaux des barricots, ou des quarts). Combien de temps? 6 mois après la fin de l’élevage normal de ce vin, qui était, dans ce cas, de  16 mois en barriques bordelaises dont un tiers étaient neuves. Et le tout avec un protocole de contrôle qui me semble suffisant: c’est à dire la présence deux vins témoins, dont un était le vin "normal" mis en bouteille à la fin de son élevage, et l’autre un deuxième lot de 55 litres, tiré du même vin "de base" et vieilli aussi 6 mois de plus dans un deuxième barricot, cette fois-ci dans le chai climatisé du château.

chateau_LHB_chai_5

Le chai à barrique à Larrivet Haut-Brion 

Vous me direz peut-être que tout cela n’est qu’un "coup de pub", destiné à attirer de l’attention sur ce château. Je vous répondrai ceci :

(a) et pourquoi pas ?

(b) en tout cas pas seulement, car tout ce qui fait avancer la connaissance sur les mystères du vin est à prendre, et là nous avançons en terra incognita, même si d’autres choses dans ce registre ont été tentées, volontairement ou involontairement, avec des bouteilles à l’eau. Mais je ne vous parlerai ici que de cette seule expérience car les résultats, aussi bien gustatifs qu’analytiques, contiennent leur lot de surprises, et, peut-être, des pistes à explorer plus loin.

D’abord la dégustation. On nous a présenté trois vins : en vin témoin, le Château Larrivet Haut-Brion rouge 2009, avec son élevage normal, puis le même vin ayant séjourné 6 mois de plus dans une barrique de 55 litres en bois neuf (échantillon appelé Tellus 2009), et enfin le même vin ayant aussi séjourné 6 mois de plus dans une barrique de 55 litres en bois neuf, ancré dans une gueuze dans la zone d’étiage du bassin d’Arcachon (échantillon appelé Neptune 2009).

Barriques

Les deux quarts de barrique, ou barricots, dont celle de gauche après immersion. Ils sont l’oeuvre de maîtres tonneliers de chez Radoux, partenaire de cette opération

Mes commentaires sur ces trois vins.

Vin témoin (Larrivet 2009) :

Assez arrondi et chaleureux comme souvent pour ce millésime. Signes d’évolution (robe et nez). Ferme et charpenté en bouche avec des tanins pas encore totalement assouplis. Un beau fruité conserve une part de jeunesse à ce vin qui montre aussi le caractère solaire du millésime (alcool 14,15 à l’analyse).

Tellus 2009

Robe plus jeune, m’a-t-il semblé, bien que cela ne soit contredit par les analyses d’anthocyanes. Le nez est plus puissant et concentré, mais il m’a semblé que ce n’est pas seulement du à un effet du boisage supplémentaire, car le fruité est toujours bien présent et n’a pas été écrasé par le bois. Mais il aura besoin d’un peu plus de temps en bouteille pour trouver une posture parfaitement harmonieuse. (alcool 14,2)

Neptune 2009

Ce vin semblait plus frais en général, au point même de révéler des arômes de type poivron au nez, chose qu’on ne trouve que rarement dans les 2009 bordelais, et pas du tout dans les deux vins précédents. Mais c’est par sa texture que ce vin marque sa différence intéressante pour moi. Bien que semblant plus jeune et un peu plus intense dans l’ensemble, ses tanins sont bien plus souples et le vin est plus long, terminant sur une note de fraîcheur que je n’ai pas remarquée dans les deux autres. (alcool 13,37)

Château Larrivet Haut-Brion immersion de la barrique_52

Le barricot de Neptune en cours d’immersion dans sa "gueuze" (je croyais que cela signifiait une bière Belge, mais….) 

Quelques explications de ces différences, via les analyses

En ce qui concerne le vin "Neptune", j’étais surpris de voir sur les fiches analytiques, après la dégustation, que son degré d’alcool avait baissé de 0,8 en l’espace de 6 mois. D’où l’impression de fraîcheur qu’il m’a donnée? Une partie de l’alcool serait donc partie dans le Bassin? En ce qui concerne l’assouplissement des tanins, l’explication semble être donnée par un cheminement inverse, car ce Neptune affiche la présence de 86 mg/litre de sodium, substance totalement absente des deux autres vins. Quand on sait à quel point le sel peut modifier, en le diminuant, l’impression de dureté des tanins en dégustation…..

Peut-on tirer des conclusions de cette expérience ?

D’abord que ces deux chemins  d’élevage produisent des effets différents et palpables à la dégustation. D’autres plus savants que moi (j’attends nos chers lecteurs au tournant, maintenant) pourront sans doute nous fournir des explications pour les deux phénomènes que j’ai pu pointer par la dégustation.

Quant à la perte d’alcool, qui atteint 5,5% en 6 mois (est-ce une forme d’osmose inverse ?), cette approche de l’élevage me donne des idées pour la masse croissante des vins dont les niveaux d’alcool frisent ou dépassent les 14,5%. Faut-il suggérer aux producteurs de Châteauneuf-du-Pape, par exemple, de mettre leur barriques dans le Rhône pendant un an ? Cela va créer un sacré bazaar sous le Pont d’Avignon !

Quant à la perception des tanins plus souples, je conseille de manger un peu plus salé avec vos rouges jeunes. Cela serait peut-être plus efficace que des les passer en carafe.

Dernier point intéressant que j’ai relevé des fiches analytiques : l’élevage sous l’eau constitue donc un milieu anaérobique dans lequel bactéries et autre choses indésirables, comme les brettanomyces, ne peuvent se développer. Zero pointé pour ces trucs-là dans l’échantillon Neptune, alors qu’ils étaient présents dans l’échantillon Tellus.

 

La semaine prochaine je vais vous parler d’une expérience qui a démarré cette année et qui tente, enfin, de mesurer et quantifier les effets réels de l’agriculture biodynamique sur une parcelle de vignes, comparés à une autre moitié de la même parcelle en agriculture biologique.

 

David Cobbold


6 Commentaires

Comme un goût de perce-oreilles…

Grand retour de notre ami suisse Alexandre Truffer (rédacteur en chef de l’édition francophone du magazine Vinum), qui nous parle aujourd’hui de petites bêtes aux grands effets.

Certains auxiliaires de la vigne, comme les perce-oreilles ou les coccinelles, se cachent dans les grappes à la vendange et peuvent être pressés avec le raisin. A partir d’une certaine concentration, ces insectes donnent des faux goûts au vin comme l’a démontré Patrik Kehrli, entomologiste à la Station fédérale de Changins.

 

perce oreille creative commons

Intitulée «Impact des perce-oreilles et de leurs excréments sur les arômes et le goût des vins de Chasselas et de Pinot Noir», l’étude réalisée par l’Agroscope et la Ecole d’Ingénieurs de Changins peut faire sourire. Lorsqu’on demande à Patrick Kehrli pourquoi il a fait comparer à son panel de dégustation des vins comprenant diverses concentrations de perce-oreilles écrasés, il répond que tout a commencé à cause des coccinelles.

«En 2001, la coccinelle asiatique – utilisée dans les serres du nord de l’Europe comme auxiliaire contre les pucerons depuis des décennies – s’est échappée de Belgique et a commencé à coloniser tout le continent. Or, des études au Canada et aux Etats-Unis avaient montré que des vins présentaient des défauts liés à la présence de reste de coccinelles asiatiques dans les moûts», déclare l’entomologiste avant de préciser: «Tout d’abord, un vin pressé avec une récolte qui affiche un ratio de quatre coccinelles, qu’elles soit asiatiques ou indigènes, par kilo de raisin révèle d’indéniables défauts à la dégustation. Ensuite, ce ratio n’est jamais atteint dans le vignoble suisse. Les coccinelles se nourrissent de pucerons et non de raisin, les vignes saines ne sont donc pas une source de nourriture pour elles.» Bien entendu une question s’impose: «Pourquoi a-t-on trouvé des restes de coccinelles dans les vins américains?» «Il existe plusieurs théories», avance le biologiste. «La plus vraisemblable postule que les vignes américaines sont souvent entourées de champs de soja ou de blé. Lorsqu’on les moissonne, les coccinelles n’ont d’autre option que de se réfugier dans les vignes et de se nourrir avec des raisins blessés. En Suisse, le vignoble est suffisamment morcelé et entouré de zones de forêts ou de prairie pour que les coccinelles ne constituent pas un problème.»

Un bénéficiaire de la production intégrée

Revenons à «Forficula auricularia», le perce-oreille commun! «Le forficule existe naturellement en Suisse», explique Patrik Kehrli «il est considéré comme un auxiliaire dans la plupart des cultures, car il mange des nuisibles comme le ver de la grappe ou les psylles du poirier. Le problème en ce qui concerne la vigne est que cet animal nocturne se cache dans les grappes pendant la journée. Lors des vendanges, ils sont donc ramassés avec le raisin comme on peut facilement le voir au fond des caissettes à vendanges. Comme les populations de perce-oreilles ont considérablement augmenté ces dernières années dans les vignobles européens, les vignerons nous ont demandé de vérifier, comme pour les coccinelles, l’impact qu’il pouvaient avoir dans la vinification.»

Les premiers scientifiques à se poser des questions sur l’impact des perce-oreilles sur le vin ont été des Allemands, car certaines vignes germaniques ont vu se développer des populations de forficules envahissantes. «Il y a toujours eu des cas des parcelles abritant de fortes densité de perce-oreilles, mais le développement général de ces populations a sans doute été favorisé par la généralisation de l’enherbement, voire par des modifications de comportement dans l’utilisation des pesticide» explique l’entomologiste de Changins. Selon les recherches effectuées par la station fédérale dans des vignes enherbées et travaillées en production intégrée, le nombre de perce-oreilles oscillait entre une par grappe et une toute les cent grappes durant la haute saison (entre le 20 août et le 7 septembre) avant de redescendre significativement à la mi-septembre. Néanmoins, dans de rares cas, on peut trouver des populations dix fois plus denses, susceptibles elles de poser problème.

Une question de quantité

Un travail de diplôme réalisé par Jocelyne Karp de l’Ecole d’Ingénieurs de Changins, sous la direction de Jean-Philippe Burdet (EIC) ainsi que Christian Linder et Patrik Kehrli (Agroscope), a visé à comparer un vin de Pinot Noir non-contaminé avec des échantillons vinifiés avec des concentrations de cinq, dix ou vingt perce-oreilles par kilo de raisin. Les auteurs de l’étude ont aussi comparé un Chasselas témoin avec des équivalents où avaient été inoculé des perce-oreilles (5 individus vivants par kilo de raisin), des excréments de perce-oreille (0,6 grammes par kilo de raisin) et une combinaison insectes et déjections.

Au niveau des analyses chimiques, pas ou peu de différence. Au niveau gustatif, les résultats sont plus parlants. Si le Chasselas assaisonné aux forficules ne présente qu’une légère déviation olfactive avec le témoin non-contaminé, l’échantillon auquel ont été ajouté des excréments montrait des différences profondes en termes de couleur, d’arômes et de perception générale. Ce dernier était jugé, moins floral, moins fruité, moisi et de faible qualité générale. En ce qui concerne le Pinot Noir, le seuil de tolérance se situait au-dessus de cinq et en-dessous de dix individus par kilo, car les vins contenant un ratio de dix à vingt insectes par kilo de raisin étaient jugés, entre autres, animaux, réductifs, végétaux et amers.

Les insectes sont nos amis

En conclusion, les auxiliaires de la vigne peuvent parfois poser des problèmes à la cave, mais uniquement lorsque les parcelles sont colonisées par des populations anormalement élevées. Chargé de rédiger avec Christian Linder un livre sur les ravageurs de la vigne par l’Agroscope, Patrik Kehrli admet qu’ils ont hésité à enlever «Forficula auricularia» de la liste des alliés du vignerons pour la mettre dans celle des nuisibles: «après réflexion, nous avons estimé que dans plus de 99% des cas, les perce-oreilles constituent une aide plutôt qu’un problème pour le vigneron.» Et les coccinelles? «Asiatiques ou indigènes, ce sont des auxiliaires du cultivateur. De manière générale, le vignoble suisse n’a pas de problème avec les insectes. Le phylloxéra est maîtrisé par le greffage, le ver de la grappe par la confusion sexuelle et les acariens par la lutte intégrée au moyen de typhlodromes. Le seul souci, c’est que les insectes vivant dans le vignoble peuvent se transformer en vecteur de véritables ennemis de la vigne: les virus et les bactéries.»

Pour en savoir plus :

Kehrli P., Karp J., Burdet J.-P., Deneulin P., Danthe E., Lorenzini F.und Linder C.: Impact of processed earwigs and their faeces on the aroma and taste of Chasselas» and «Pinot Noir» wines. 2012

Jocelyne Karp : Dynamique des populations des perce-oreilles (Forficula auricularia L.) en viticulture et influence sur les qualités organoleptiques des vins.2011

 Alexandre Truffer

 


2 Commentaires

Expo-photo@2014 La Bourgueillothérapie + Les étapes pour Loire vélo

IMG_2347

Portrait of the Artist in 2013 as a young man facing a blank canvas and searching for inspiration!

IMG_2511

Inspiration found… (No 4 in Expo)

The 2014 edition of La Bourgueillothérapie fast approaches – this weekend 13th and 14th September. Earlier than last year because the 2014 vendange is expected to start earlier than the 2013, which was very late.

List of photos for my exhibition@Café de la Promenade with proceeds going to La Croix Rouge. The expo starts late afternoon on Friday 12th September and proceeds go to La Croix Rouge, the chosen charity for this year:   

Bourgueil expo – ‘de Nicolas à Patrice’

  1. Cabernet Franc Mi-pente, Domaine de la Butte: September 2010
  2. Caves de Grand Mont 1
  3. Caves de Grand Mont 2
  4. David Cobbold – artist in residence: Bourguillothérapie 2013
  5. Dorothée – no messing at the Café de la Promenade!
  6. François Jamet, tasting, Domaine les Vallettes, Saint Nicolas de Bourgueil
  7. Frédéric Mabileau, Saint Nicolas de Bourgueil (Vins: Anjou, Bourgueil, Saint Nicolas de Bourgueil, Saumur): June 2013
  8. Gérard Vallée et son fils, Domaine de la Cotelleraie, Saint-Nicolas-de-Bourgueil
  9. Guillaume Lapaque, directeur du syndicat des vins de Bourgueil: June 2012
  10. Hervé Ménard, Domaine Menard, Bourgueil: March 2014
  11. Jean-Claude Audebert, Maison Audebert, Bourgueil
  12. Jean-François Mabileau, Domaine de la Closerie, Restigné
  13. Jean-Marie Amirault, Benais
  14. Joël Taluau, Joël Taluau et Thierry Foltzenlogel, Saint-Nicolas-de-Bourgueil (Vins Bourgueil and Saint-Nicolas-de-Bourgueil): Joël died June 2013
  15. La Loire@Chapelle
  16. L’arme de Jean Carmet – cave of Lamé Delisle Boucard
  17. Ludovic Ragot, Café de la Promenade, Bourgueil
  18. Maeva Mabileau, Domaine de la Closerie, Restigné
  19. Nathalie Omasson, Saint-Patrice
  20. Philippe Boucard, Lamé Delisle Boucard, Ingrandes-de-Touraine: October 2009
  21. Pierre, Stéphanie and Emmanuel Caslot avec Binettes, Domaine de la Chevalerie, Restigné: June 2014
  22. Pierre Breton, Domaine Catherine & Pierre Breton, Restigné (Vins: Bourgueil and Chinon)
  23. Pierre Caslot, Domaine de la Chevalerie, Restigné
  24. Pierre-Jacques Druet, Benais: distinctive sign
  25. Robert Viémont, Confrèrie de Commanderie de la Dive Bouteille de Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil
  26. Sandrine and Mateo Duveau, Bourguillothérapie 2013
  27. Sebastien David, Saint-Nicolas-de-Bourgueil
  28. Sophie Ragot, Café de la Promenade, Bourgueil: June 2013
  29. Sorting Cabernet Franc at Domaine Frédéric Mabileau, Saint-Nicolas-de-Bourgueil (Vins: Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Bourgueil)
  30. Tasting ’47 to ‘93 – 100 point tasting! (Cave de Lamé Delisle Boucard)
  31. Thierry Amirault, Domaines les Quarterons, Saint-Nicolas-de-Bourguei
  32. Vignerons at tasting of ’47 to ‘93 in cave of Lamé Delisle Boucard and Les  Gambiers de Domaine des Ouches, Ingrandes-de-Touraine
  33. Vincent Cuisinier de Campagne, Ingrandes-de-Touraine: Poulet roti à la Belge
  34. Vincent Marchesseau, Vignoble des Robinières, Bourgueil (Vins: Bourgueil, Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Chinon)
  35. Xavier Courant, Domaine l’Oubliée, Saint-Patrice
IMG_0238

The answer if you have ever wondered why customers@Café de la Promenade is always so well behaved…!

After La Bourgueillothérapie it will be time for us to head to Gerbier de Jonc, the source of the Loire to start my cancer charity ride to from there to La Baule, where La Loire meets the Atlantic.

I will be riding to raise money for two cancer charities – the Fondation Gustave Roussy in France (https://igr.friendraising.eu/jim.budd) and Teenage Cancer Trust in the UK (http://uk.virginmoneygiving.com/JimBudd). All donations very gratefully received.

 

TeenageCancerJerseyss

New cycling top kindly sent to me by Teenage Cancer Trust specially for my cycle ride down the Loire Valley.

Eight-day ride down the Loire: les étapes

17th September – 24th September 
Wednesday 17th : Gerbier de Jonc – Retournac via le Béage (85 kms)
Thursday 18th : Retournac – Renaison (Côte Roannaise) (120 kms)
Friday 19th: Renaison – Nevers (165 kms)
Saturday 20th: Nevers – Chavignol (60 kms)
Sunday 21st: Chavignol – Beaugency (114 kms)
Monday 22nd: Beaugency – Bourgueil (143 kms)
Tuesday 23rd: Bourgueil – Ancenis (121 kms)
Wednesay 24th: Ancenis – La Baule (115 kms)

 

JIM BUDD

Charles-vélos

Delighted that I will be joined for part of the ride: Bourgueil to La Baule by Charles-Eric Pasquiers, the general manager of Domaine FL in Anjou. C-E is pictured here crossing La Beauce during the punishing Bordeaux-Paris ride.


4 Commentaires

Miscellanées: choses bues, vues et quelques pensées de cette fin d’été

Beaucoup de gens établissent des sortes de bilans vers la fin de l’année. Pour moi, c’est plutôt l’été. Car c’est souvent un moment propice pour laisser divaguer un peu son esprit, occupés que nous sommes (ou pas, c’est selon) par des activités différentes de celles qui nous tiennent en place le reste de l’année. Certaines idées se décantent ainsi. D’autres surgissent au gré de rencontres, de retrouvailles, de déplacements ou autres détours d’un esprit moins accaparé par le quotidien.

Il me semble aussi que je pense (si ce mot est approprié dans mon cas) mieux en marchant qu’en m’asseyant. Ou, plus exactement, en exerçant une activité physique, comme construire de murs en pierre ou rouler vite à moto. Ces activités-là, et d’autres pratiquées depuis un mois ou plus, m’ont aidé à formuler ces quelques joies, énervements et questionnements.

D’abord les joies

1). On peut aimer déguster un vin en solitaire, et même beaucoup. Dire que le vin est fait pour être partagé ne correspond pas toujours à la réalité. Si, par exemple, la personne avec qui on boit ne prête aucune attention au liquide que vous dégustez tous les deux, alors que vous le trouvez exceptionnel ou simplement bon, vous avez un moment de solitude de toute façon. Evidemment le partage d’un bon vin est aussi une joie, mais seulement quand cela marche bien.

2). Les paysages du Gers et ses vignes. Même si la vigne gagne des surface dans l’Est du département (j’y ai vu beaucoup de parcelles de très jeunes vignes) on n’est jamais dans une forme de mono-culture telle que le Médoc peut nous la présenter. De plus, les paysages sont ondulants, très variés, et souvent bien boisés par endroits, et les formes et couleurs des maisons augmentent la sensation de bonheur et de plénitude que j’éprouve en les traversant.

DSC_6382

DSC_6525_V2

En réalité, ces deux photos, que j’aime beaucoup, ne sont pas du Gers mais de la région autour de Barolo dans le Piedmont italien (autre très belle région viticole). Elle sont le travail d’une excellente photographe amatrice (aussi grande amatrice de vins), Lydie Jannot, que je remercie pour son autorisation de les publier ici. Voici un lien vers son site : 

http://lydiejannot.smugmug.com/Nature/Italy/

3). Les plaisirs procurés par des vins blancs assez vifs en été, et, en particulier, la vibration aiguë provoquée sur mon palais par bon nombre de rieslings allemands. Il n’y a pas qu’eux, mais j’en ai dégusté un certain nombre cet été.

4). La rapide multiplication de bonnes bières artisanales que l’on commence enfin à trouver un peu partout en France. Il y a deux ans, j’avais mentionné dans ce blog l’abondance de ces petites brasseries locales rencontrées lors d’un voyage estival sur la côte ouest des USA, tout en lamentant leur rareté en France.  Cela change assez vite dans le bon sens je trouve, et c’est tant mieux. On trouve de bonnes bières  même dans des supermarchés maintenant !

5). Une créativité croissante dans l’aspect visuel des étiquettes, même en France, pays qui a longtemps été bien trop terne dans son approche de l’habillage des bouteilles de vin. Voici un exemple, qui allie, à mon avis heureusement une approche traditionnelle avec un brin de créativité. Il fait dire que son appellation est assez conservatrice. Et le ramage valait aussi le plumage dans ce cas.

IMG_6290

IMG_6289

6). L’excellence de la sélection de vins du caviste/grossiste Plaisirs du Vin, qui a des antennes à Agen, Cahors et autres places fortes du sud-ouest. J’y ai acheté une belle série de bulles (36 bouteilles et il n’en reste plus) pour notre consommation estivale : de Montlouis, de Vouvray, de Roanne, de Gaillac et de Limoux. Mais aussi, pour la deuxième année consécutive, 6 bouteilles d’un vin de Louis Barruol, son délicieux rouge intiulé Little James’s Basket Press, avec sa bonne fermeture par capsule à vis. J’y ai fait de convertis !

 

Maintenant quelques petits énervements, dont certains sont récurrents

1). La dictature des rosés pâles. Heureusement, dans le Sud-Ouest, on trouve encore une dominante de vins rosés dont la couleur assume sa différence avec celle des vins blancs. Mais la pâleur, et son corollaire aussi stupide qu’insidieux : "ce sont les rosés pâles qui sont les meilleurs, n’est-ce pas ?" (rengaine entendue plusieurs fois cet été, avec des variations), gagne inexorablement du terrain. Jusqu’à quand ?

2). La prétention et le jargon de certains communiqués de presse ou présentations d’activités. Oh, pas tous, bien sur, mais celle-ci est un assez bon exemple :

"X" is a Marketing and Communication Strategy Consultancy firm for prestigious international wine estates. Leveraging on a long experience and a recognized know-how, it helps the actors in the world of the fine wines to define and set up a new professional approach to develop their image on an international level.

3). L’attitude désinvolte et l’absence de connaissance du métier de bien trop de personnel engagé dans le service dans des bars ou restaurants. Il y a, bien entendu des contre-exemples, comme ce responsable de la boutique/bar-à-vins Repaire de Bacchus, rue Daguerre dans le 14ème de Paris, ou comme Jérôme, le sommelier/serveur du restaurant L’Horloge à Auvillar (82). Mais, pris dans l’ensemble, la qualité de service dans les établissements de, disons, moyenne gamme, en France, est un sujet de désolation.

4). En contre-point de l’article 4 dans la liste des mes joies estivales, je dois aussi pointer la terrifiante mainmise de deux groupes brassicoles et leur branches de distribution sur les mousses servies dans les cafés et brasseries des grandes villes. En gros, c’est Kro ou Heineken pour la bière de base (et je n’aime ni l’une, ni l’autre). Cela doit évoluer !

 Et, pour finir, une interrogation

Le travail reprend et, avec lui, les dégustations. J’ai le souvenir d’un excellent papier de Michel sur son approche actuelle à cet exercice ô combien délicate. Il disait avoir abandonné les dégustations "marathons". Je dois justement en aborder une, qui sera en cours au moment ou vous lirez ces lignes : 200 champagnes en 2 jours. Je sais que ce n’est pas bien raisonnable et je n’en retiens ni fierté, ni autre chose que la simple nécessité économique et logistique qui nous impose de faire ainsi pour les besoins d’un article ou deux. Je ne crois pas que cela soit la meilleure méthode pour faire aimer des vins, mais comment faire autrement en étant juste (c’est à dire en donnant une chance à un maximum de candidats à la sélection)? Evidemment, cela sera à l’aveugle, mais nous devrons passer assez vite et le danger est, dans ces cas, que la puissance prime sur la finesse. On s’efforcera d’être vigilant sur ce point et le fait d’être plusieurs introduit une forme de garde-fou contre des moments inévitables de fatigue des uns et des autres.

Je souhaite d’excellentes vendanges à tous les vignerons, pour qui ce moment de l’année est critique, intense et révélateur.

 David

 


3 Commentaires

Drink London: The 100 best bars and pubs

Drink Londons

Euan Ferguson: Drink London £9.99

Today has been busy! After a quick, early morning session in the local gym it was up to the centre of London for a lengthy two hour meeting with a very full agenda followed by an afternoon of job interviews. Lunch consisted of a couple of sandwiches and at the same time putting final touches to how we should conduct the interviews.

Interviews over it was good that we were able to head to a local Spanish bar (Iberica) for some refreshment. Good that here we could have a coffee, tea or choose a glass of sherry from a list of eight or ten. Just an indication of how the London drinking scene has changed over the last ten or so years.

Previously I have posted on the death of many traditional pubs but there are some vibrant newcomers – quite often replacing dead wood that had not moved with the times.

Euan Ferguson’s Drink London is a recently published guide to the best of the new as well as celebrating the best of the old. His selection of London’s 100 best watering holes is divided into six sections: cocktails; legendary locals; craft beer, ale and cider; liquid history; wine & spirits specialists; and with a twist.

Under cocktails you will find among others: The London Cocktail Club in Goodge Street, Oskar’s Bar in Whitfield Street, and the Coburg Bar at The Connaught in Carlos Place.

Under legendary locals we move away in part from the centre of London to include some examples from the inner suburbs to pubs like The Island Queen in Islington, The Wenlock Arms in Hoxton, or The Ivy House in Nunhead in deep South London, which is making history and perhaps setting a precedent. In 2012 The Ivy House was threatened with closure. Instead of being redeveloped into flats or swanky apartments, the locals bought the pub and it’s the first London co-operative pub.

Under craft beer, ale and cider Ferguson covers London’s beer renaissance citing The Jerusalem Tavern in Clerkenwell, Craft Beer Co also in Clerkenwell and Brewdog in Shoreditch.

Under liquid history you’ll find such famous boozers as The French House in Soho – the watering hole for The French Resistance during the Second World War – or Ye Olde Cheshire Cheese (rebuilt in 1667) on Fleet Street, once the heart of Britain’s newspaper industry.

Wine & spirits specialists includes Terroirs near the Strand – the first of a family of bars/eating places featuring ‘natural’ wines – or there is the Whisky Bar at The Athenaeum on Piccadilly – or Bar Pepito a sherry specialist in Varnishers Yard, Kings Cross.

Although with a twist doesn’t feature Chubby Checker, ‘all have something that set them apart from the masses’. These include The Palm Tree in Mile End, the Well & Bucket – a revived Victorian pub or The Mayflower beside the Thames at Rotherhithe.

Santé!

Jim+Umbrellascropss

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


17 Commentaires

Et si notre Vitis vinifera pouvait s’en inspirer…

J’ai lu récemment dans le supplément Science & Médecine (mercredi 27 août) du journal Le Monde le compte-rendu d’une découverte assez étonnante. Le comportement en question a de quoi impressionner d’une manière générale pour ses implications sur la vie et ses multiples facettes – dont bon nombre restent à découvrir et à expliquer. Et, parce que cette découverte concerne ce que l’article décrit comme étant une vigne, je vais vous en parler, bien que l’espèce en question ne soit pas issue du genre vitis.

Pour l’essentiel, ce compte-rendu ne fait que relayer un autre article, publié dans la revue Current Biology (volume XXIV, no.9). I y est question de mimétisme, mais non pas dans le règne animal comme les caméléons, mais dans le végétal.

La plante grimpante Boquila trifoliolata pousse, en Amérique du Sud, sur divers arbres dont elle copie, plus ou moins bien, mais parfois très bien, la forme, la taille et la couleur des feuilles. Cette capacité assez extraordinaire lui sert de protection contre des prédateurs.

4210026_orig

Le mécanisme de ces mutations étonnantes, comme les moyens de communication qui les enclenchent, est encore inconnu. Comment cette plante-là est-elle capable de reconnaître les formes des plantes qu’elle imite, puis de transformer sa propre apparence pour s’y adapter ? Les réponses à ces questions, comme à d’autres qui nous sont parfois posées par la nature, vont probablement tarder à nous parvenir, mais les chercheurs sont alertés.

5448377561_b278156153

Ces deux photos montrent deux versions de la plante en question, qui a tout de même des fruits  qui ressemblent à des raisins (j’ignore s’ils sont comestibles par l’être humain)

Cet article m’a fait penser à un autre mécanisme de défense mis en place par une plante, tout aussi étonnante, et qui fut relaté par Jean-Marie Pelt dans un de ses livres. Il s’agissait d’un arbre qui pousse dans la savane sud-africaine (le Veld) et qui, lorsqu’il est brouté par des girafes, qui mettent ainsi sa survie en danger, émet une substance répulsive. Ce qui dissuade les girafes de poursuivre leur casse-croute. Plus étonnant encore, cet arbre a, semble-t-il, la capacité de transmettre un message à d’autres arbres de la même espèce alentour, parfois distants de plusieurs centaines de mètres, une sorte de message qui enclenche l’émission de la même substance. Nous ignorons, là encore, les moyens de transmission, ainsi que le mécanisme de défense.

Tout cela pour dire qu’il serait tout de même heureux si nos chers vitis vinifera pouvaient s’inspirer des ces techniques sophistiquée pour se défendre contre tous les prédateurs qui les causent (et à leurs chers cultivateurs) tant de soucis. A quand un colloque entre plantes ?

David Cobbold


3 Commentaires

Les Parfums du Vin

Mon collègue suisse Richard Pfister (avec qui j’ai eu le plaisir de déguster la semaine dernière lors de Pinots du Monde) a publié un joli livre qui mériterait d’être plus connu.

Pour une fois, le contenu est exactement dans le titre: "Les Parfums du Vin".

Oui, mais l’originalité de la démarche est la présentation: ici, on ne part pas des vins qu’on chercherait à décomposer, on part des arômes, qui sont classés par grande familles ou dominantes (épicée, florale, animale, bisée, végétale, lactique, fruitée, empyreumatique, et même, et oui, minérale…).

Parfums

Et Richard nous en dit à peu près tout ce qu’on peut avoir envie d’en savoir: origine, histoire, molécule chimique, odeurs proches, avec quelques exemples de vins et cépages présentant fréquemment tel ou tel parfum.

De l’anis au litchi en passant par le thé noir, le thé vert , le champignon de Paris, la figue, la cannelle, le vétiver… et bien d’autres (plus de 150 au total!), c’est complet, érudit, mais pas trop, bien conçu, et bien réalisé – bref, c’est un outil essentiel, et pour les néophytes, et pour les dégustateurs professionnels comme moi, toujours à la recherche des mots pour le dire, de l’arôme fugace. Merci, Richard!

En prime, dans son introduction, l’oenoparfumeur (c’est ainsi que se décrit cet ingénieur oenologue ayant travaillé dans le monde du parfum) explore les arcanes de la neurophysiologie de l’olfaction. Par ailleurs, à la fin de l’ouvrage, un index liste les molécules et les odeurs correspondantes ressenties.

Les Parfums du Vin, Richard Pfister, Editions Delachaux & Niestlé, 256 pages, 25 euros. Format de poche très pratique pour les escapades de dégustation…

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 10 613 autres abonnés