Les 5 du Vin

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La difficile conversion des habitudes : le cas des Anjou blanc secs

Il y a peu de temps, j’ai parlé ici de l’importance d’un nom, de préférence simple et facile à prononcer, dans la réussite commerciale d’une appellation. Mais que se passe-t-il quand un nom qui réunit ces critères se trouve, par le fait de l’histoire, associé à des vins dont la réputation globale est, disons, faible ou dévalorisante ? Et comment font les producteurs qui souhaitent sortir de ce piège par le haut, convaincus qu’ils sont de la valeur et du potentiel de leur vins et du projet qui les entoure ?

Il y a près d’un an, j’ai assisté à Paris à une dégustation de vins blancs secs d’Anjou dont la qualité générale m’avait fortement impressionnée. Ces vins avaient clairement de l’intensité, de la séduction, de la rigueur et, du coup, la capacité à très bien se conserver et à devenir plus complexe avec le temps. C’est pourquoi j’ai répondu très vite à une invitation de venir voir sur place et à déguster une sélection plus large de ces vins, issus de différents millésimes.

vue sur le LayonLa douceur angevine : vallée du Layon vu du Château de la Soucherie (photo David Cobbold)

La région au sud d’Angers, sur la rive gauche de la Loire, est surtout réputée pour des vins moelleux faits avec le cépage chenin blanc dans les appellations Aubance, Layon, Chaume et Bonnezeaux. Mais pour faire un grand vin doux qui est issu, en partie ou en totalité, de raisins botrytisés, il faut des conditions météorologiques qui ne se commandent pas. L’exemple des deux dernières récoltes le démontre : quand les conditions n’y sont pas, on ne peut guère en faire, à moins de tricher. Et beaucoup ne veulent pas tricher. Comment faire alors, car il faut bien vivre ?

Patrick Baudouin, le rouge n'est plus de misePatrick Baudouin qui préside cette appellation et pour qui le rouge n’est plus de mise (!). (photo David Cobbold)

 

Une solution est de convertir une part significative de son vignoble à la production de vins rosés ou rouges. Et cette tendance gagne du terrain, comme l’explique Patrick Baudouin, qui préside avec intelligence l’appellation Anjou blanc sec : "Les stats sur l’évolution de l’encépagement chenin/cabernet en Anjou sont claires : il y a eu inversion d’encépagement au profit du cabernet, entre les années 50 et aujourd’hui. Il ya eu aussi donc inversion des vins produits, au profit du rosé. Et aussi au niveau des zones plantées."

Mais l’image, et le prix qui va avec, des rosés d’Anjou n’est guère valorisante, même si cela se vend : la part des rosés atteignant maintenant 50% dans la région. Et puis il y a la question de la fidélité à une tradition, ou, plus exactement (car on peut aussi dire que la tradition n’est que la somme des erreurs du passé !), à un potentiel qualitatif pour l’élaboration de vins qui reflètent parfaitement leur site et leur méso-climat (terroir, si vous préférez ce mot valise, bien trop fourre-tout pour moi). Les rouges du coin (14% de la production) sont parfois excellents, mais quand son vignoble est encore planté très largement de chenin blanc, qui, certaines années, produit de grands liquoreux que vous avez un peu de mal à vendre, il vaut mieux peut-être trouver une manière de faire de bons vins blancs secs. C’est cette idée-là qui préside à la volonté d’un groupe significatif de bons producteurs de créer une appellation haut de gamme afin de monter le niveau et la part des blancs secs de la région, qui ne représentent actuellement que 5% de l’ensemble des vins. J’estime cette initiative plus qu’honorable et très fidèle à l’esprit que prônait René Renou quand il présidait l’INAO et qui semble avoir été largement oublié depuis sa disparition. Et tant pis pour quelques esprits chagrins, qui préfèrent avoir raison seuls (car ces gens-là ont toujours raison et l’affirment d’un ton péremptoire) en oubliant la part du collectif nécessaire à l’image d’une région.

chenin début juilletUne vigne de chenin à La Soucherie qui semble bien parti au mois de juillet 2014, sur des sols en partie travaillés et en partie enherbés (photo David Cobbold)

Le chenin blanc, parfois encore appelé Pineau de Loire dans la région, pourrait avoir son origine à Anjou. Une première indication écrite date de 1496 à Chenonceau, et parle de "plants de l’Anjou". Rabelais, dans Gargantua (1534) louait "le vin pineau. O le gentil vin blanc ! et, par mon âme, ce n’est que vin de taffetas." Selon Vouillamoz, un des parents du chenin blanc serait le savagnin (ou traminer), et il serait frère ou sœur avec le trousseau et le sauvignon blanc. Plus surprenant est le fait que son profil génétique est identique avec celui de la variété espagnole agudelo, qu’on trouve aussi bien en Galicia qu’au Penedes.

Tirer une appellation vers le haut implique nécessairement d’imposer quelques contraintes sur les méthodes de production. J’ai comparé les cahiers de charges pour l’appellation blanc sec existante et celle dite "haut de gamme", et les différences me semblent couler de source. Je résume : chenin blanc à 100% (l’appellation de base autorise un part de chardonnay et/ou de sauvignon blanc), densité de plantation supérieure de 10%, taille plus rigoureuse, charge maximale réduite de 20%, enherbement ou travail des sols obligatoire, vendanges manuelles, rendement réduit de 10%, richesse en sucres plus élevée et pas d’enrichissement artificiel, élevage des vins plus longs et sans morceaux de bois….. rien de très dramatique, juste du bon sens, il me semble.

Luc Delhumeau, Domaine de BrizéLuc Delhumeau, au Domaine de Brizé, qui a produit  le plus beau 2011 que j’ai dégusté (photo David Cobbold)

Et les vins alors ?
J’ai dégusté, au Musée du Vin de Saint Lambert-du-Lattay (excellent endroit pour une dégustation, calme et avec une équipe aussi sympathique qu’enthousiaste) 49 vins issus essentiellement des millésimes 2012, 2011 et 2010, avec quelques vins plus anciens pour suivre l’aspect "vin de garde" inhérent au concept : 2009, 2008, 2005, 2003 et 1996. Mon impression globale était très bonne. Je vais vous paraître trivialement mercantile (je sais, c’est la nature d’un peuple marchand, mais c’est aussi ce qui fait vivre un vigneron !) et vous parler d’abord de prix avant de vous livrer mes préférences et autres remarques. Le prix moyen (prix public) des vins dégustés se situe autour de 10 euros avec un écart assez important entre le moins cher (4,90) et le plus cher (un peu plus de 20 euros). Vu leur niveau qualitatif moyen, je dirai que ces vins valent mieux sur le marché, surtout quant on les compare aux blancs de bourgogne. Un prix moyen de 15 euros me semblerait largement justifié.

Didier Richou, une constance dans la qualitéDidier Richou, auteur, avec son frère Damien, d’une série de vins aussi remarquables que régulière (photo David Cobbold)

Mes vins préférés
Je vous épargnerai des commentaires détaillés pour vous livrer juste une liste de producteurs et quelques remarques. Tous les producteurs de la zone n’ont pas jugé bon de livrer des échantillons. Ils ont clairement tort de bouder des telles dégustations et cette absurdité fait de fierté mal placée me rappelle l’article récent d’Hervé Lalau sur le fait que certains vignerons semble considérer que soumettre ses vins à des dégustations comparatives ressemblerait à de la prostitution !!! Ont-ils peur d’une forme de vérité, certes subjective ? Quant aux autres, plus courageux, toutes des putes et des soumises alors ?
NB. Les vins sont listés par ordre de dégustation, pas de préférence.

Millésime 2012 (sur 18 vins)
Domaine de la Bergerie
Domaine de Juchepie
Domaine des Trottières
Domaine Bablut, Petit Princé
Pithon-Paille, L’Ecart
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine des Forges, Expression d’Automne
Domaine Pierre Chauvin

Millésime 2011 (sur 11 vins)
Domaine des Iris, futs de chêne
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine de Brézé, Loire Renaissance
Château de Fesles, La Chapelle,
Domaine Pierre Chavin, La Fontaine des Bois
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard
Château Pierre Bise, Les Roannières

Millésime 2010 (sur 8 vins)
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard
Domaine Richou, Les Rogeries
Château de Passavant, Montchenin

Millésime 2009 (sur 6 vins)
Château Pierre Bise, Le Haut de Garde
Domaine de Juchepie
Domaine de Bablut, Ordovicien
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine Leblanc
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard

Millésime 2008 (sur 3 vins)
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard
Domaine Cady, Cheninsolite

Millésime 2005 (1 vin)
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard

Millésime 2003 (1 vin)
Domaine des Iris, fûts de chêne

Millésime 1996 (1 vin)
Domaine Ogereau

 Anne Guegniard Guitton, Domaine de la BergerieAnne Guegniard Guitton, au Domaine de la Bergerie, dont j’ai beaucoup aimé le 2012 et dont le mari, David Guitton, tient une très bonne table sur place (photo David Cobbold)

 

Remarques et conclusions

Mon critère de tri pour cette sélection étant une note d’au moins 14,5/20 pour chaque vin, quelques soit le millésime, on constate un taux de réussite, selon ce critère subjectif, de 30/49, soit d’un peu plus de 60%. Je dois dire que je ne trouve que très rarement de genre de taux dans une série de vins d’une même appellation, et surtout à ce niveau de prix. Ce score confirme mes premières impressions. Quelques vins (2 ou 3) furent rejetés parce que je trouvais leur dosage en soufre excessif. Deux autres parce que, manifestement, on avait négligé de sulfiter à bon escient et ces jeunes vins montraient une oxydation prématurée avec une perte d’arômes et de netteté. Quelques autres me plaisaient un peu moins parce qu’une présence de botrytis donnait un nez de cire qui dominait tout le reste. Mais, dans l’ensemble, que du plaisir avec ces vins qui associent, dans des proportions forcément variables, vivacité, saveurs riches, structure et persistance. Autrement dit, les bons Anjou blanc secs sont de vins de caractère avec une capacité de garde affirmée.

Il faut aussi noter les très grande régularité de quelques domaines : Richou et Baudouin, en particulier. Mais tous n’ont pas présenté des vins dans tous les millésimes, alors la comparaison est un peu injuste.

la douceur angevineLa douceur angevine vu par les fleurs. Oui, mais les hortensias changent de couleur selon la nature des sols. Qui trouvera la clef de cette histoire ? (photo prise à la Soucherie par DC).

 

Faut-il changer leur nom d’appellation ? Je ne le crois pas. Il faudra en revanche de la persévérance aux producteurs pour passer le message qu’Anjou peut aussi rimer avec blanc sec, et que cette région est aussi très capable de faire des grands blancs de ce type. Je ne rentrerai pas ici dans le débat à la mode sur la nature des sols, qui semblent être majoritairement schisteux par là. Je laisse cela aux spécialistes et je vous réfère aux écrits forts intéressants de Patrick Baudouin :

http://www.patrick-baudouin.com/ puis suivre la rubrique "profession de terroir" et chercher le pdf sur les grands vins d’anjou.

David Cobbold

 


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À quoi cela peut-il bien servir ?

Oui, je me demande vraiment à quoi cela sert-il de palabrer ?

À quoi servent ces conférences, colloques et autres débats ?

Pas même le temps de captiver son auditoire que déjà il faut passer la parole à un autre. Est-ce si utile de se déplacer pour un petit quart d’heure d’explication de texte face à un public déjà averti, déjà convaincu et qui plus est restreint ? Ce qui va suivre, aux yeux des bénévoles qui n’ont pas compté leurs heures pour la bonne réussite de ces journées, paraîtra insolent, discourtois, voire exagéré. Mais en même temps, je ne peux continuer à me satisfaire de la convenance habituelle dans laquelle j’ai baigné les trois quarts de ma vie. Critiquer ce que je viens de revivre une fois de plus constitue pour moi un devoir. Ainsi donc, je présente d’ores et déjà mes excuses à ceux que je risque d’offenser.

Unknown

Je veux vous parler de ces réunions, de ces discussions articulées autour du vin qui donnent lieu à de sempiternels débats sans lendemains. On les accepte volontiers, parfois à contre cœur. On y va à ses propres frais alors que l’on a déjà du mal avec sa maigre retraite et que l’on a un boulot à n’en plus finir sur le bureau. On se dit que peut-être on apprendra des choses, que ça fera du bien de faire un break, de voir d’autres personnes, d’échanger. Et puis Bruno Chevallet, l’organisateur, est si convaincant, si aimable, que l’on rêve déjà de pique-niques au bord de l’eau, d’échanges passionnés sous les oliviers et d’un hôtel de charme avec petit déjeuner provençal au son des cigales. Alors on dit oui. On y va le cœur en bandoulière avec en tête l’échafaudage d’un plan apte à défendre le Carignan du Roussillon, sans oublier de parler des autres, de ceux d’Uruguay ou d’Israël.

Le Maître et son élève... Photo©MichelSmith

Le Maître et son élève… Photo©MichelSmith

Cela me fait mal de le dire aussi brutalement, mais une fois sur place on déchante : les repas sont ruineux, les produits locaux sont relégués aux abonnés absents, le foie gras, le homard et le saumon sont mis en avant (pourquoi pas le caviar ?), de coûteux droits de bouchons vous scient le moral et en plus il faut se battre pour boire le vin à sa bonne température. Côté débats, discipliné on attend patiemment son tour de parole pour balbutier quelques mots sur cette éternelle et lancinante définition du « terroir », puis on écoute des gens passionnants que l’on coupe, comme c’était le cas pour vous il y a à peine 10 minutes, car, c’est un fait, « le temps nous manque ». Comme toujours. Sur ce, on n’oublie pas de se congratuler les uns les autres, d’applaudir, d’échanger nos cartes, de remercier tel ou tel sponsor qui, en brillant de son absence, montre l’intérêt qu’il porte aux choses du vin, ne cherchant même pas à aller au bout de sa mission. Le tout face à un maigre public estimé à 20 personnes, peut-être 30 par moments, tous participants ou accompagnants. Au final, lorsque l’on rentre chez soi épuisé par 5 heures de route, viennent les mots fatidiques : « Et alors ? » Alors, quoi ? On se sent comme envahi par un sentiment de frustration. On fait son délicat, son difficile…

Danièle Raulet-Reynaud à gauche et Iulia Scavo, la star montante de la sommellerie. Photo©MichelSmith

Danièle Raulet-Reynaud à gauche et Iulia Scavo, la star montante de la sommellerie. Photo©MichelSmith

Si ce n’était que pour les joies de retrouver mes amis vignerons, un tel voyage valait-il la peine d’être vécu ? Malgré les déconvenues, je dis oui haut et fort, même si je reste sur ma faim. Tout cela pour des « Rencontres internationales », les premières du genre sur la Côte d’Azur avec pour thème palpitant : « Un cépage, un terroir, des hommes » argumenté de la sorte : « Comment des vignerons ont su mettre en valeur des cépages oubliés et mal aimés sur des terroirs adaptés pour des vins exceptionnels ». La seule mention des cépages oubliés et la possibilité de défendre en public mes bons vieux plants du Midi, comme je le fais ici même tous les dimanches depuis 4 ans, ont suffi à me faire déplacer. Et, vous vous en doutez, ce n’était pas que pour un dîner dit « de gala » destiné à oindre les huiles dans le sens du poil. Alors, je m’efforce de retenir le côté positif des choses. Je me rends compte en effet que, malgré quelques écueils, rien n’a été perdu pour autant. Quelle chance j’ai a eu de pouvoir renouer avec le Romorantin de Michel Gendrier que je n’avais pas goûté depuis des lustres, de rencontrer sa charmante épouse, d’échanger avec André Dubosc venu de Plaimont pour une fois sans son béret basco-béarnais, accompagné lui aussi de son épouse et d’une jeune chercheuse en cépages autochtones de l’école de Purpan qui explore savamment les travaux sur les comportements des cépages anciens du Sud Ouest comme le fait Michel Grisard, présent lui aussi pour parler de son expérience en son Centre d’Ampélographie Alpine dédié à Pierre Galet. Ah, ce Professeur Pierre Galet qui travaille d’arrache pieds à un nouveau Dictionnaire encyclopédique des cépages, c’est une légende vivante. Un homme plein d’humour doté d’une mémoire éléphantesque qui vous lance à la figure un magistral « Profitez-en, j’ai 93 ans et je vais bientôt mourir » !

Les participants... enfin, une partie. Photo©DR

Les participants… enfin, une partie. Photo©DR

Quelle joie aussi d’embrasser Patricia Boyer du Clos de Centeilles que l’on a vu naître dans les années 80 avec déjà le souci de préserver les nobles cépages languedociens. Joie aussi de goûter sans retenue les cépages corses de Jean-Chales Abbatucci, de vider un verre ou deux de Mailhol en compagnie de ses auteurs Laurence et François Henry devenus historiens pour la cause des cépages, de siroter pour la première fois de ma vie une Mondeuse Blanche, celle de Philippe Grisard. Écouter les passionnantes recherches de Garance Marcantoni, la conseillère en viticulture biologique de la Chambre d’Agriculture du Var que les vignerons présents n’ont jamais pris la peine de contacter alors qu’elle a tant de connaissances à partager avec eux sur les cépages oubliés de Provence. Regretter l’absence de vignerons provençaux, hormis deux d’entre eux. Boire le discours d’historienne et l’accent pierreux de la Roumaine Iulia Scavo qui, je l’espère, deviendra un jour Meilleur Sommelier du monde après le Suisse Paolo Basso. Je vous jure, cette fille le mérite ! Quel plaisir aussi de causer un brin avec Jean Rosen, André Deyrieux, Jean-Luc Etievent, j’en passe et des meilleurs

La photo souvenir... Où tout le monde semble ravi ! Photo©DR

La photo souvenir… Où tout le monde semble ravi ! Photo©DR

Boire et échanger, voilà de vrais moments de partage qui gomment les défauts de cette première initiative forcément perfectible. En dernier ressort, j’aimerais suggérer ceci aux organisateurs : que l’on sorte lors des prochaines sessions du tape à l’œil, du bling-bling cher à la Côte d’Azur ; que l’on remise aux oubliettes ces soirées interminables où les étoilés se surpassent à grands renforts de verrines dînatoires et autres variations sur lesquelles le rouge chaud ne passe décidemment pas, pas plus que le rosé d’ailleurs ; que l’on aille vers plus de simplicité, vers des repas de grandes tablées où nous sommes tous ensemble, chez un vigneron de La Londe, par exemple. Et que l’on réduise le nombre d’intervenants afin de laisser s’exprimer ceux qui sont dans le concret. Je sais, ce ne sera pas toujours chose facile. Au Lavandou, nous sommes sur la route de Saint-Tropez et sur la commune qui abrite la modeste demeure de Carla Bruni au Cap Nègre. Mais on peut rêver…

Michel Smith


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Chasselas, il revient au galop

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Il y a des cépages qu’on méprise : un peu, beaucoup, à tort ou à raison. Le chasselas en fait partie, sans doute, sauf évidemment pour les vignerons qui en produisent. Pour éviter de répéter bêtement des idées reçues, j’ai décidé d’accepter une invitation à venir en Suisse et à participer en tant que juré au récent Concours Mondial du Chasselas, près de Lausanne, et si possible, visiter quelques domaines dans cette région vaudoise qui est le fief indiscuté de la variété. Autrement dit, d’aller apprendre sur place, comme l’a également fait mon éminent collègue Marc, qui aura sans doute son mot à dire sur ce sujet un jour. Etant dans le même jury, nous avons constaté nos avis parfois divergents sur certains des mêmes vins, mais aussi notre accord parfait sur d’autres. Ainsi va la vie et le goûts !

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 Marc V, homme de l’ombre  en Suisse (photo © David Cobbold)

 Mais quelle est cette variété qu’on sert souvent en grappes dorées et juteuses sur table, peut-être autant qu’elle est pressée et transformée en vin ? Le livre de référence de Vouillamoz, Robinson et Harding, Wine Grapes, en dit long. Le Chasselas est un cultivar ancien, comme l’attestent ses très nombreux synonymes (on en cite une soixantaine dans ce livre). Ses premières mentions remontent  au 16ème siècle et il est planté dans une dizaine de pays, tous en Europe sauf les Etats-Unis. Il est donc assez répandu, avec plus de 4.000 hectares en Suisse (son pays d’origine probable où il symbolise à lui seul la production du vin blanc), 2.400 hectares en France (surtout pour du raisin de table), plus de 1.000 hectares en Allemagne, mais aussi un peu ailleurs (Autriche, Italie, Espagne, Hongrie, Roumanie, Serbie, Croatie et Russie). Néanmoins, le commentaire d’introduction dans ce tome de référence est lapidaire : "French Switzerland’s characteristic variety producing soft, occasionally distinguished but often pretty ordinary whites."  Ne pouvoir se distinguer qu’occasionnellement et être condamné à ne produire la plupart du temps que des vins ordinaires n’est guère propice à de l’enthousiasme !

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Vue sur vignoble dans le région de Lavaux, Vaud. Je vous conseille d’y passer, mais pas seulement pour la vue, aussi pour vous rendre au Lavaux Vinorama, en bordure du lac, ou vous pouvez déguster tous les vins du cru et voir un très beau film sur le cycle de la vigne et des gens qui font le vin (photo © David Cobbold)

C’est un peu dans cet état d’esprit, mêlé à une bonne dose de curiosité, que je suis donc parti en Suisse, jonglant avec les aléas des trains qui ne roulaient pas à cause de quelques gens qui font grève parce qu’on veut changer une structure: la même contre laquelle ils avaient fait grève il y a 17 ans ! (CGT, cela doit signifier "Contrat de Grève au Travail" ).

Et alors, peut-on trouver des vins intéressants faits avec le chasselas ? Oui, mais pas si souvent, et il faut aussi un peu de patience.

Les vins du concours que j’ai pu déguster ne représentaient qu’une infime partie des concurrents. Pendant la matinée à laquelle j’ai assisté, il y avait 22 vins du canton de Vaud, et 11 du Valais, tous issus du millésime 2013. Un certain nombre de ces vins avaient des défauts (souvent trop de soufre, parfois du gaz, plus rarement de l’oxydation), beaucoup m’ont semblé plats et sans relief, mais une des deux séries de vins vaudois contenait de bons vins que j’aurai bus avec plaisir. Il y a donc un peu d’espoir de sauver le soldat chasselas. Voyons comment….

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La vue sur le Lac Leman est splendide depuis le chai du Domaine d’Autecour, à Mont-sur-Rolle (photo © David Cobbold)

L’après-midi qui précédait cette séance, je suis arrivé à temps pour une visite d’une des régions phares du chasselas vaudois, La Côte, entre Lausanne et Genève. Là nous avons visité le Domaine d’Autecour, à Mont-sur-Rolle et assisté à une très intéressante dégustation de millésimes anciens de ce domaine impeccablement tenu par la famille Schenk; même si j’ai trouvé un peu curieux les désherbage d’une petite parcelle de vieilles vignes juste devant la maison (voir ci-dessous : Jim sera content de voir qu’il n’a pas que la Loire qui emploie de tels méthodes).

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 Même si la vue sur la parcelle de vignes, juste devant la maison, semble un peu moins réjouissante ! (photo © David Cobbold)

La principale leçon de cette dégustation verticale était que le chasselas, en tout cas certains chasselas, gagne énormément d’un vieillissement. Très curieusement il semble gagner des dimensions qu’il ne possède que rarement dans sa jeunesse : en particulier fraîcheur, complexité et longueur.

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On mêle outils traditionnels et modernes au Domaine de Autecour, à Mont-sur-Rolle (photo © David Cobbold)

Le Domaine de Autecour possède 6 hectares de vignes, dont 90% sont plantés de chasselas. Il achète aussi des raisins autour pour doubler sa production. Il est donc, selon la terminologie locale, "Vigneron/Encaveur". Les méthodes de production mêlent outils traditionnels (foudres en bois) et plus modernes (cuves en béton et inox).  Voici, ci-dessous, mes notes de dégustation sur leurs vins, qui bénéficient (du moins certains) d’un statut de 1er Grand Cru, mais ne me demandez pas ce que cela signifie car j’avoue ne pas avoir tout compris : je crois que c’est une sorte de label accordé chaque année, un peu comme un cru bourgeois de nos jours.

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Les vins de la dégustation verticale du Domaine d’Autecour. Notez le passage à la capsule à vis, vers le milieu de la série. Je parie que ce changement technique va beaucoup aider dans la longévité et la netteté de ces vins (photo © David Cobbold)

Domaine d’Autecour 2012 (capsule à vis)

Légèrement frizzante, aux saveurs délicates d’abord, puis un peu fuyantes, ce vin gagne en longueur ensuite après un peu d’aération. Ses arômes tendres rappellent des fruits blancs. Assez neutre mais très agréable. Son absence d’acidité le rend très facilement abordable pour beaucoup que cette saveur peut rebuter dans un vin blanc (13/20)

Domaine d’Autecour 2010 (capsule à vis)

Le nez est différent de celui du 2012, ayant gagné de complexité en se promenant du côté des pêches blanches. Une acidité intégrée lui donne plus d’énergie en milieu de bouche et les saveurs, comme la longueur en profitent. Avec ce vin on passe dans une autre dimension du chasselas. (14,5/20)

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Pourquoi cette photo ? Parce que j’aime beaucoup le dessin de l’écorce de cette magnifique platane devant la salle de dégustation du Domaine d’Autecour. Cela me faisait penser au chasselas qui prend certes des rides, mais aussi gagne du relief, avec l’âge. (photo David Cobbold)

Domaine d’Autecour 2005

Le SO2 semble dominer au nez. En bouche un vin tendre, à la limite du mou, mais avec des saveurs plaisantes. C’est moins complexe que le 2010, même s’il possède une pointe de fraîcheur en fin de bouche. Une sensation crayeuse ressort en finale. Certains disent que c’est de la "minéralité", mais je pense que c’est l’effet du soufre. Après tout, le soufre est un minéral. (13/20)

Domaine d’Autecour 2001

Encore un nez un peu trop marqué par le SO2, puis arrivent soupçons de citron, de cire et de verveine. Un beau volume en bouche avec une sensation de maturité (fruits jaunes). Une fois le CO2 résiduel passé, ce vin manque un peu d’acidité mais dévoile une longueur surprenante. Gourmand et facile, il a très bien tenu ses 13 ans. (14/20)

Domaine d’Autecour 1998

Très belle robe. Le nez, de fleurs et d’agrumes, rappelle aussi par moments ces arômes de type "pétrole" de certains rieslings (et que je n’aime pas personnellement). Cette fois-ci la fraîcheur en bouche est bien là, donnant de la vibration à ce vin qui devient salivant. Belle finale très nette dans laquelle persiste des saveurs fruitées. (15/20)

Domaine d’Autecour 1990

Le nez est étonnamment fumé, comme si le vin avait été élevé dans une barrique toasté (ce qui n’était pas le cas). Très suave en texture avec des délicieuses saveurs de fruits murs. Ce très beau vin est assez puissant mais jamais pesant. Il finit sur d’élégantes notes toastées. (16,5/20)

Domaine d’Autecour 1983

La robe commence à toucher la gamme des tons ambrés. Le nez rappelle l’écorce d’orange. La bouche est intéressante mais commence à paraître dissocié, signe probable d’un vin qui a passé son optimum. Il y a aussi une franche sensation d’oxydation, probablement due à un bouchon devenu un peu lâche. (13,5/20)

Domaine de Autecour 1971

Robe d’un ambre dorée. Nez splendide et très riche : de cire, de miel et d’épices. En bouche il a cette combinaison intéressante entre fraîcheur et longueur, qui jouent des tours avec ses somptueuses saveurs de fruit exotiques. Une très belle longueur signe un vin assez fabuleux et totalement surprenant, du moins pour moi. (17/20)

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Vignes à Mont sur Rolle, Vaud (photo David Cobbold)

Conclusions sur cette dégustation

1. Oui le chasselas, du moins de bonne origine, peut vieillir et y a même intérêt. Lorsque le bouteille est bien conservée, le vin semble gagner en complexité, fraîcheur et longueur.

2. Il y a une très forte diversité dans la qualité, selon les millésimes.

3. Je pense qu’il y a toute raison de militer pour la capsule à vis avec cette variété. Moins besoin de soufrer, et meilleure conservation de ses arômes délicats. Il y a aussi, et surtout, le problème de la variation entre flacons du même millésime qui serait éliminé. Les producteurs m’ont dit avoir testé 5 ou 6 flacons des vieux millésimes pour n’en retenir que 3 de présentables. Ce cépage est donc très sensible à l’oxydation et le bouchon en liège n’est jamais fiable dans ce domaine. Le facteur liège pourrait expliquer, du moins en partie, le forte variation en qualité entre les millésimes dégustés.

4. Il serait intéressant de pratiquer une dégustation plus large, avec des vins issus de plusieurs domaines de qualité en Suisse, afin de valider ces impressions favorables mais qui restent nécessairement anecdotiques.

David Cobbold


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Le long chemin du vin n’est pas pavé que de bonnes intentions, loin s’en faut. Et je soupçonne, très fortement même, que les décrets d’appellations non plus. Cela me semble particulièrement vrai pour les listes de cépages autorisés. Suite à la catastrophe que fut le phylloxéra, une des priorités majeures était de produire du volume d’une manière fiable, y compris dans les appellations naissantes à partir des années 1930. Certains cultivars ont donc été privilégiés pour leur rendement élevé et leur résistance aux maladies (les deux étant évidemment liés). D’autres ont été abandonnés parce qu’ils ne remplissaient pas ces critères, malgré le potentiel qualitatif de leurs vins. Prenez l’exemple de la Savoie, car cet article a été inspiré par la dégustation d’un vin de l’Isère (IGP Isère) issu d’un obscur cépage nommé Verdesse et produit par le Domaine des Rutissons (voir photo ci-dessous).

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Je n’aurais peut-être jamais découvert ce cépage sans le concours d’un élève d’un de mes cours (et grand merci à cette personne). Du coup, je me suis mis à m’instruire sur le cultivar en question. Voici ce qu’en dit le site du Figaro (généralement bien documenté) :

La verdesse est un cépage blanc, cultivé sur une superficie d’environ 5 ha. On le trouve particulièrement dans la vallée du Grésivaudan et du Drac. Elle est également appelée verdêche, étraire blanche de Grenoble ou verdasse. Les feuilles sont lobées et d’une couleur vert foncé. De longs et robustes pédoncules portent les grappes. Une chair juteuse et sucrée se trouve sous la peau blanche, virant au roux ambré, des baies matures. Ces dernières, de taille moyenne, se présentent sous une forme ellipsoïde. Pour être productive et vigoureuse, on taille plutôt long le cépage. Son développement est parfait sur un sol calcaire et riche en argile. La Verdesse résiste peu au mildiou et à l’oïdium, en revanche, elle craint beaucoup la pourriture grise. Un vin, particulièrement alcoolique, est issu de ce cépage. D’une saveur agréable, celui-ci exhale une senteur végétale et florale. Ce vin ne se conserve pas longtemps, il est préférable de le consommer pendant les premières années.
Et voici un extrait de ce qu’en dit l’autorité mondiale en matière de cultivars de vitis vinifera, c’est à dire le tome magistral qui est Wine Grapes, de Robinson, Harding et Vouillamoz (la traduction de l’anglais est de moi) :
Verdesse, variété aromatique, au potentiel qualitatif élevé, qui commence à se replanter en Savoie. Synonymes principaux : Bian Ver (au Piedmont), Verdasse (Voreppe en Isère), Verdèche, Verdesse Musquée. La Verdesse a probablement ses origines dans la vallée de Grésivaudan, en Isère, où on en trouve la première mention dans le Sassenage en 1845. Le nom fait référence à la couleur vert foncé des feuilles et des baies. La Verdesse appartient au groupe ampélographique Pélorsien. C’est une variété vigoureuse, au débourrement tardif mais à maturation moyenne. A tailler long, et donne de bons résultats sur des pentes argilo-calcaires. Des grappes pas très grandes et des petites baies à la peau épaisse. La Verdesse fut largement cultivée dans la vallée de Grésivaudan dans l’Isère, où elle était la variété la plus plantée à la fin des années 1920. Elle reste autorisée pour les vins tranquilles et effervescents de l’appellation Vin de Savoie.
Passons sur des petites différences entre ces deux textes, car l’essentiel est ailleurs. Il est clair que ce cépage verdesse a un potentiel qualitatif intéressant. Ma dégustation du vin cité ci-dessus le confirme, car ce vin très vif possédait aussi du gras qui le faisait bien coller sur la langue. Sa bonne longueur est établie, et une impression de puissance, en dépit d’un niveau d’alcool très raisonnable (12%). En tout cas, il me semblait bien plus intéressant que tout ce que j’ai pu déguster en Savoie issu du cépage blanc dominant dans cette région, la jacquère. Mais la jacquère produit beaucoup (j’ai vu les masses de grappes sur des plants de ce cultivar juste avant les vendanges). Il a donc été préféré à la verdesse, et probablement aussi à d’autres variétés plus qualitatives.Il me semble donc que l’organisme qui est censé s’occuper et des appellations et le la "qualité" (INAOQ) devrait passer nettement plus de son temps à promouvoir la modification des décrets des appellations et l’exploration des ces variétés "oubliées" que de poursuivre quelques provocateurs patentés pour des méfaits mineurs.

David Cobbold

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Les prénoms du Sauvignon

Ah, les histoires de famille ! Les secrets d’alcove, les fratries séparées, les branches mortes, les enfants dans le dos… Dans le monde des cépages aussi, c’est courant.

Le grand blanc

Dans la famille du sauvignon, il y a le grand frère, le plus connu, le plus extraverti: le Sauvignon Blanc. C’est un grand voyageur; on le rencontre aujourd’hui non seulement en Loire et à Bordeaux, où il a ses racines, mais aussi en Nouvelle-Zélande, où il s’est construit une belle résidence secondaire, et puis un peu partout, du Chili à l’Australie en passant par l’Autriche, l‘Afrique du Sud, les Etats-Unis, etc… Bref, c’est la star.

Rien qu’en France, il compte 14.000 hectares.

Curieusement, il a longtemps été utilisé à Bordeaux pour l’élaboration des seuls moelleux;  c’est seulement après le phylloxéra qu’il se développe vraiment dans le Sancerrois – une région jusque là surtout plantée en cépages rouges.

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Un grand terroir du sauvignon blanc: Sancerre (Photo © H. Lalau)

Le petit gris

Il y a aussi le petit frère, le Sauvignon Gris. Alias Sauvignon Rose, alias Surin. Alias Fié Gris. Une variante dont on ne sait trop si elle vient du Bordelais, du Poitou ou de la Touraine (une région où elle est encore assez présente, malgré des arrachages massifs suite au phylloxéra). Son principal défaut : ses faibles rendements (35 hectos ha maximum). Il a même bien failli disparaître : en 1958, on n’en recensait plus que 10ha. Aujourd’hui, ils ne sont pas loin de 700. Un conservatoire du Sauvignon Gris a été implanté près de Saumur, qui comprend une cinquantaine de clones.

A Valençay, à Cheverny, on continue pourtant à l’apprécier, de même qu’à Saint Bris, en Bourgogne, ou encore dans le pays de Retz. Soit seul, soit assemblé avec le grand frère blanc. C’est qu’il donne de jolis vins ; plus précoce que le blanc, il délivre plus de sucre et plus de gras. Mais aussi, souvent, des arômes plus délicats.

Malgré ses qualités, il ne peut plus rentrer dans l’assemblage des vins d’AOC Touraine (réservé au seul Sauvignon Blanc). Pas sûr, cependant, que toutes les vignes soient toujours très bien identifiées.

Si vous souhaitez découvrir le Sauvignon Gris « in purezza », quelques bonnes adresses : Goisot (Saint Bris), Jacky Preys (Valençay), Brochet/Ampelidae (Marigny, IGP Val de Loire), Xavier Frissant (Mosne/Amboise).

Pas vraiment de la famille

Et puis il y a la petite sœur qu’on avait adoptée, la Sauvignonasse, alias Sauvignon Vert, dont il s’avère qu’elle n’a ni la même mère, ni le même père, bref, qu’elle ne fait pas partie de la famille. Malgré son nom. D’ailleurs, localement, dans le Frioul, ou bien en Slovénie et en Hongrie, on l’appelle soit Friulano (anciennement, tocai friulano), soir Jacko.

La feuille et la grappe de la Sauvignonasse ont beau avoir une certaine ressemblance avec le Sauvignon Blanc (d’où la confusion, apparemment, qui se produit toujours aujourd’hui au Chili où les Bordelais ont implanté les deux variétés), ils n’ont aucune parenté génétique. Et ne donnent pas les mêmes vins : les Sauvignonasses présentent moins d’acidité et plus de corps. La petite sœur aurait-elle fait de la musculation?

Hervé Lalau

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