Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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#Carignan Story # 230 : Sus au pénible !

Dans le Midi, rien n’est tout à fait comme ailleurs. En dépit des apparences, le réveil qualitatif auquel on a assisté depuis 30 ans n’est pas uniquement l’œuvre de « people » en vue, comme on peut le constater en Provence ou du côté de Bordeaux où de richissimes néo-ruraux en quête de préretraite viennent chercher refuge dans le monde du vin disneyisé. Ici, le renouveau des vignobles s’inscrit dans l’épopée des gens de la terre, ancrés qu’ils sont dans l’Histoire. En schématisant peut-être un peu trop vite, beaucoup des vignerons d’aujourd’hui sont des Languedociens pur jus que l’épopée industrielle a fait descendre jadis des rudes coteaux de cette garrigue ingrate du Haut-Languedoc dans l’intention de produire en plaine et en quantité dans des conditions d’apparences moins rudes.

Marre des vins pénibles ! Photo©MichelSmith

Marre des vins pénibles ! Photo©MichelSmith

Sans cesse poussés par l’esprit bassement mercantile d’un négoce avide de vins de table trafiqués si dévastateurs pour l’organisme et payé à vil prix au producteur, les producteurs se sont emballés, les vignes sont devenues de grossières vaches à pisser le pinard, les coopératives se sont multipliées pour défendre le productivisme et la chimie s’est emparée du vin faisant la fortune de certains, la ruine des autres. Caricature, allez-vous me dire. Et pourtant, qui se souvient de ce Midi rouge et frondeur, de ce cafetier viticulteur nommé Marcellin Albert haranguant la foule du haut de son platane, de la troupe prête à défendre les préfectures face à des gens ruinés réduits à la castagne ? C’est dans ce perpétuel conflit où les années fastes succèdent aux crises que naquirent des vignobles comme Faugères ou Saint-Chinian aujourd’hui respectés à défaut de n’être encore réputés sur la scène mondiale du vino business.

Photo©MichelSmith

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Ainsi, de braves viticulteurs sont-ils redevenus de vrais vignerons, restaurant avec foi et amour des coteaux délaissés car si peu productifs. Dans les années 80 jusqu’à l’aube du millénaire, on voit naître des cuvées monstres à défaut d’être monstrueuses, des rouges sur mûrs, sur extraits, sur boisés, sur maquillés, surfaits, sur médaillés, sur médiatisés… Qui sait, caché au bout de sa rue Marcellin Albert, à Trausse-Minervois, le sage Luc Lapeyre, à force de caresser sa généreuse barbe toute argentée, se souvient peut-être qu’il est passé par là, par cette époque où l’on cherchait plus à singer le Bordelais plutôt qu’à ressembler à son pays. Comme d’autres vignerons de son envergure, c’est-à-dire des hommes de la terre qui ne se pètent pas le melon, Luc se lamente : « Y’en a marre du vin pénible » ! Il me l’a ressorti l’autre jour lors d’une conversation. Au début, cette réflexion revenant souvent chez lui, je me suis dit : « Ça, cette espèce de désinvolture, c’est tout Luc, du Lapeyre tout craché ! » Puis je me suis aventuré à lui demander : « Qu’entends-tu par là ? »

Photo©MichelSmith

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En bavardant avec lui tout en goûtant son dernier Amour de Carignan, j’ai réalisé combien ce bougre de Vigneron, amateur comme moi de bonne cuisine campagnarde avait raison. Mille fois raison. Oui, y’en a ras le bol de ces vins pénibles où l’on ne sent rien, de ces jus où l’on se demande « Mais où est le vin ? », de ces bibines trop travaillées, trop parfumées, trop étriquées, de ces vins mondains sans âme, de ces pinards que l’on avale péniblement et que l’on laisse sur un coin de la table en se demandant : « Putain, où est la bouteille d’eau ? ». Oui, mon ami du Haut-Minervois, plus que jamais aidé de son fils Jean-Yves, a fichtrement raison de maugréer dans sa barbe : « Y’en a marre des pénibles ».

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Du Carignan, les Lapeyre en ont sauvé 5 ha sur les 32 qu’ils cultivent. Une bonne partie va dans cet Amour de Carignan provenant de vignes vendangées à la machine et situées en majorité sur des terres argileuses. Moyenne d’âge : 50 ans. Production : 8.000 flacons. Prix : 5 euros départ cave. Extraction à froid, fermentation sur 10 à 15 jours, mise en bouteilles juste avant le printemps suivant, c’est un vin sans prétention, je serais tenté de dire "sans pénibilité", corsé au nez avec ce qu’il faut de notes de mûres et de cade, d’accents de garrigue en bouche, une pointe d’amertume pas trop gênante et le fruit qui s’accroche en finale laissant une bouche bien fraîche. Le vin parfait pour une grillade d’été. On le boira bien frais sur des brochettes avec force de poivrons, tomates et oignons. Sans oublier le thym. Et sans effort !

Michel Smith

Photo©MichelSmith

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#Carignan Story # 229 : À Saint-Chinian, Bordes n’a rien de gnangnan !

Je sais, ce n’est pas très brillant comme jeu de mots. J’implore votre pardon, cher Padre Carignanus. Encore plus navré car dans Carignanus, il y a… Bon, passons et revenons à des choses plus sérieuses.

J’avoue que j’ai découvert ce domaine poussé par des amis connaisseurs alors que j’errais lamentablement dans les travées de Vinisud cet hiver à la recherche du mistigri. Et c’est ainsi que je suis tombé nez à nez avec un mec à la bouille pas possible, un peu comme un Pierre Vassiliu des années 70 pour ceux qui n’ont pas oublié l’animal. Bonne tête de paysan, rond, épanoui et rigolard, le visage encombré de poils, les cheveux en désordre comme un homme de Tautavel qui se serait rasé au silex, le mec se dresse pile devant moi tel un menhir de petite taille, mi provocateur, mi charmeur, d’un air de dire « est-ce qu’on peut devenir pote avec un hurluberlu en perdition tel que ce Smith » ?

Mine de rien, ça compte une tronche. Dans le cyclisme comme dans le vin, une bonne gueule qui interpelle vaut mieux qu’une sale gueule qui ne revient à personne. Jim ne me contredira pas.

Photo©MichelSmith

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Le gars est un bon vivant qui menait en ville une vie relativement confortable – j’ai cru comprendre qu’il était plombier – mais qui n’avait qu’un rêve dans la vie, celui de s’enraciner dans la campagne de son pays pour partager plein de choses avec sa famille et ses amis. Afin de mieux vous le présenter, j’ai retrouvé un petit film qui le résume bien. Allez le voir ici et vous comprendrez mieux.

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Donc, je rencontre Philippe Bordes du Domaine Bordes, un gars attachant que tout le monde autour de Saint-Chinian semble aimer. Lui et sa compagne Emma ne possèdent pas un gros domaine : tout juste une dizaine d’hectares. Quelques parcelles à leur mesure conduites en bio, tantôt sur des argilo-calcaires, tantôt sur des schistes, avec des cuvées que les amateurs commencent à s’arracher, notamment son pur Mourvèdre, sans oublier sa cuvée haut de gamme, un pur Carignan.

Photo©MichelSmith

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Des Carignans centenaires que Philippe conserve jalousement et qui entrent dans une cuvée « Elles » (hommage à ses filles et à leur maman) fort joliment présentée sous la mention IGP Monts de la Grage. Le vin a 30 mois de barriques et il n’est pas donné (une trentaine d’euros), mais il convient aussi d’ajouter que les bouteilles ne sont pas nombreuses à la vente. Un 2010 non filtré au nez opulent et complexe (fruits de garrigue), un peu corsé à l’attaque, mais devenant vite gracieux, équilibré, frais et parfaitement à l’aise aujourd’hui sur un canard aux olives, par exemple, ou sur un cul de veau (quasi) cuit longuement en cocotte avec un peu de crème et des girolles.

-On peut rencontrer les Bordes au hameau de Tudery, entre Saint-Chinian et Assignan. Leur téléphone : 06 66 60 85 10.

                                                                                                                     Michel Smith


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#Carignan Story # 228 : Rien à voir avec des Romains, ce sont des Romarins…

Nul doute que Cylia et Laurent Pratx sont fiers de présenter leur premier cent pour cent Carignan. Basés pour l’instant dans une vieille demeure de Rivesaltes en bordure d’Agly avec leurs quatre enfants, ils vont s’installer dans un avenir proche en plein cœur du vignoble d’Espira-de-l’Agly. Ce jeune couple débordant d’enthousiasme pour leur Domaine Serre Romani (montagne des romarins) qui s’étend jusqu’au territoire du cru Maury, a la vigne pour porte-étendard, mais aussi l’olivier et l’abricot pour arrondir les fins de mois difficiles. La juste maturité du fruit, ils connaissent et, si elle s’exprime à merveille et avec panache dans un pur Grenache noir (9,90 €), une cuvée Providence de vieilles souches, elle se ressent aussi dans ce 2013 de belle extraction dédié au Carignan Catalan comme ils le stipulent avec force, et commercialisé à 7,50 € départ cave.

Photo©MichelSmith

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Pour ce premier millésime d’IGP Côtes Catalanes issu de Carignans plutôt anciens plantés sur les terres noires du secteur d’Espira-de-l’Agly, l’accent est mis sur la souplesse, la facilité. Tout en étant léger, le vin ne manque pas de chaleur. Ni de fruit : pur jus de chair de bigarreau en l’occurrence. Histoire de corser le tout, de petits accents tanniques et grillés viennent titiller le vin, comme pour l’encourager à marquer encore plus le palais. Ça se boit plutôt frais et sans tralala sur un poulet grillé au dessus de la braise avec force de romarin ou de thym. Les romarins ? Je les connais bien, eux qui fleurissent en pagaille de l’hiver au printemps dans cette vallée de l’Agly. On aimerait juste un peu plus de structure acide, un peu plus de peps comme disent les cuisiniers, pour le faire accompagner un thon saignant revenu de la planxa en une sorte d’aller-retour réglé avec maestria et minutie. Pour ma part, je l’ai trouvé fort à mon goût sur le couscous de poulet avec boulettes et courgettes fondantes. Bel été !

Laurent Pratx, heureux vigneron. Photo©MichelSmith

Laurent Pratx, heureux vigneron. Photo©MichelSmith

Michel Smith


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#Carignan # 227 : Californie et Chili, vers la Renaissance

Sans tambours ni trompettes, notre jeune association Carignan Renaissance se bouge de plus en plus, même si elle ne compte à ce jour que 25 adhérents, dont une bonne vingtaine sont vignerons. Parmi les derniers arrivés, saluons le Mas Mellet, dans les Costières (Gard), le Plan Vermeersch en Vallée du Rhône (Drôme), le Domaine de Cébène à Faugères (Hérault), le Champ des Sœurs à Fitou (Aude), le Clos des Jarres en Minervois (Aude), le Château Montfin en Corbières (Aude).

Les vignerons carignanesques en recherche de logo. Photo©MichelSmith

Les vignerons carignanesques en recherche de logo. Photo©MichelSmith

Notre assemblée s’est magistralement déroulée l’autre jour, en lisière de Camargue, au Mas Mellet et j’en ai profité pour démissionner de mon poste de Président afin de laisser la place à plus jeune que moi. C’est donc le franco-languedo-germanique Sebastian Nickel qui prend ma suite avec pour mission d’animer plusieurs commissions, dont une technique. Pour ma part, je renouvelle mon soutien à l’association en tentant d’animer le site internet, ce qui ne sera pas une mince affaire !

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 Sebastian Nickel. Photo©MichelSmith

Lors de cette réunion, plusieurs membres ont débouché des échantillons de purs Carignan. Dans un prochain article, je reviendrai sur l’appellation de Sardaigne, Carignano del Sulcis, la seule à ma connaissance consacrée à ce cépage. En attendant, je voudrais parler de quelques vins dégustés ce jour-là, des échantillons ramenés des Etats-Unis par Isabelle et Jean-Marie Rimbert du Domaine éponyme à Berlou, en territoire de Saint-Chinian. De Mendocino County, il y avait ce 97 % Carignan, Lioco 2010, léger (12°), en plein sur le fruit, facilement buvable autour d’une grillade, simple mais pas vulgaire (environ 20 $). En autre Carignan, d’Alexander Valley cette fois-ci, mis en œuvre par la société Il Vino e Vivo et millésimé 2009, portant le joli nom de Chiaroscuro, s’est montré quant à lui sans grand intérêt, tant il était parfumé et sucré.Plus obscur que clair…

Photo©MichelSmith

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Deux autres Californiens étaient à la hauteur. Le premier, celui de Neyers à Santa Helena, en provenance d’Evangelho Vineyard (Costa Contra County), un 2011 souple et élégant au comportement assez brillant et frais sans oublier une bonne longueur. Le second, présenté par notre membre Jon Bowen du Domaine Sainte-Croix, dans les Corbières, venait de l’Alexander Valley et des caves Broc Cellars, sises à Berkley. Un 2012 visiblement de macération carbonique. Nez au fruité charmant, confirmé en bouche avec éclat : rondeur en attaque, mais jolis élans de cerise bigarreau en retour et bonne longueur.

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Deux très bons Carignans de Californie sur quatre présentés, sans oublier un de tout à fait correct, voilà qui est de bonne augure pour l’amateur qui s’aventure dans l’Ouest américain. Mais la dégustation ne s’arrêtait pas là. L’autre vin de Jean-Marie, acheté à San Francisco, nous venait de l’Empedrado, au centre du Chili. Importé par Louis Dressner, il arborait le millésime 2012, avec 13,5° d’alcool. Son étiquette colorée et résolument moderne (si seulement la vieille Europe pouvait suivre le mouvement, histoire de dépoussiérer le vin…), portait le nom de Cuvée Antoine Nature.

Et pendant que l'on dégustait, la fougasse aux grattons d'Émilie nous attendait ! Photo©MichelSmith

Et pendant que l’on dégustait, la fougasse aux grattons d’Émilie nous attendait ! Photo©MichelSmith

Son auteur, Louis-Antoine Luyt (lire en Anglais), un jeune Bourguignon qui a déjà pas mal bourlingué, m’avait frappé par sa volonté et son caractère affichés dans un documentaire sur les vignerons français installés à l’étranger passé sur TF1 un Samedi après-midi. Voyant qu’il parlait de très vieilles vignes sans les nommer, je me doutais bien qu’il pouvait s’agir de Carignan. L’acidité est remarquable, le fruit est quant à lui d’une rare pureté et je stockerais volontiers quelques flacons de ce « nature » qui, apparemment, voyage merveilleusement bien sans son soufre…

Michel Smith

PS Félicitations au passage aux Vignerons de la toute nouvelle AOP Terrasses du Larzac, où l’on sait la valeur qu’ont les vieux Carignans dans les assemblages… Mesdames, Messieurs, rejoignez-nous vite à Carignan Renaissance !


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#Carignan Story # 226 : La Negra, le rouge bonnard !

Debout les Morts ! Et les vivants aussi par la même occase ! Bougez-vous le cul, réveillez-vous, quittez la plage sur le champ, magnez-vous le train ! Allez, on commence par cette magistrale Paloma Negra de Chavela Vargas qui, à mes yeux, reste l’une des plus belles chansons – j’ai bien dit « l’une » – de ces deux siècles derniers. D’abord vue par Roberto Alagna puis par Chavela Vargas, en personne. Et puisque l’on baigne dans l’hispanisant et les mexicaneries, qu’un nouveau roi vient d’être sacré à Madrid et que la Roja va rentrer la queue basse (olé !), nul se sera contre l’idée de s’offrir le luxe d’un bellota arrosé d’une copita de fino salin, mordant, al dente, comme disent les Ritals qui n’ont rien à voir là-dedans si ce n’est qu’eux aussi sont européens.

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C’est un peu comme ça que j’ai commencé ma soirée. Par un rendez-vous au village de Torreilles. Instructions : dans le centre du bourg, direction Saint-Laurent de la Salanque, puis garez-vous au plus vite. Vous êtes au Buena Boca, chez Céline et Jean-Jacques, des gens adorables. Méfiez-vous : c’est petit et il y a toujours du monde. La réservation s’impose donc dans ce restaurant-caviste qui n’ouvre que le soir une partie de la semaine, du mercredi au dimanche, à partir de 18 h, et tous les soirs en été. Non seulement les tapas y sont bonnes, mais la carte des vins est impressionnante et les bons choix ne manquent pas, y compris dans les petits prix. C’est le deuxième restaurant de la région que je fréquente avec cette idée simple mais qui fonctionne consistant à vendre le vin à emporter au prix départ cave ou sur table avec 5 euros de plus par bouteille en guide de droit de bouchon.

Au Buena Boca...Photo©MichelSmith

Moules gratinées à l’aïoli au Buena Boca…Photo©MichelSmith

Après mon fino à 2 € la copita, suivi de délicieuses moules à l’aïoli et d’une non moins craquante tentacule de poulpe saisie à la planche, je me suis offert le 100 % Carignan de Jean-François Nicq. Lui, c’est cet ancien directeur de la cave d’Estézargues que j’avais connu près d’Avignon dans les années 90 et qui par la suite s’est installé chez nous, aux pieds des Albères, cette petite chaîne pyrénéenne qui sépare la France de l’Espagne. Les vignes étant pour la plupart exposées vers le nord, l’endroit est béni pour ceux qui ne veulent pas faire des vins mastodontes, comme c’est hélas encore assez courant dans le Midi. J’ai failli prendre son pur Cinsault, mais je n’ai pu résister au Carignan. Tout de suite, je vous prie de noter le téléphone du Domaine des Foulards Rouges à Montesquieu-des-Albères car, si vous êtes sur les plages cet été, je vous conjure d’aller lui rendre visite ce que, bien entendu, je n’ai pas encore fait de mon côté tellement je suis mal organisé par les temps qui courent. Donc, on peut joindre Jean-François, qui travaille ses vignes en bio, au 06 88 11 83 02 ou 04 68 54 24 12.

Photo©MichelSmith

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Vous trouverez un petit film qui présente bien le domaine sur le site Vins de chez nous. Jusque-là, j’étais habitué à une autre de ses cuvées, Les Vilains, également dédiée au Carignan dont j’avais pu apprécier le 2012 dans un bistrot de mon cru je ne sais plus où. Cette colombe noire 2013, que j’ai payée 16,50 € sur table au Buena Boca me semble tout à fait nouvelle : il s’agit d’un Carignan léger, facile à boire et alerte, vinifié en macération carbonique. Cas quasi unique dans le Roussillon, le vin en question ne titre que 11°, oui j’ai bien lu : onze degrés ! Résultat, ça se boit bien frais comme du petit lait. Et c’est mon plus jeune fils, Victor, que j’avais invité pour partagé ce repas, qui résume le mieux l’esprit du vin : « Papa, ce rouge, il est tout simplement bonnard ! » Eh bien oui, on ne saurait dire mieux !

Michel Smith

Photo©MichelSmith

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