Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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#Carignan Story # 252 : La Fontude, ça existe bel et bien !

Je me suis procuré cette cuvée de La Fontude chez mes amis du Célestin, à Narbonne, bar à vin et caviste dont je vous avais touché un mot il y a de cela plusieurs semaines. Ce rouge, que m’a présenté Xavier Plégades comme un « vin nature », est vendu par lui au prix raisonnable de 10 € à emporter. Fallait en aligner 6 de plus pour l’avoir sur table en compagnie de délicieuses tapas. Son petit non, l’Amarèl, pourrait être celui de son lieu de naissance, à vrai dire peu importe car le résultat est là : le vin se laisse boire sans histoires et s’il ne fallait pas reprendre la route dans quelques heures, la seconde bouteille était fortement envisagée !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

C’est en optant pour la culture organique que François Aubry et sa compagne Sophie, vétérinaire de son état, se sont installés il y a dix ans avec un troupeau de brebis aux pieds du Larzac, dans ce lieu reculé du Salagou. François s’est alors fixé pour tâche de restaurer de vieilles vignes d’Aramon, Cinsault, Terret et autres Carignans toutes promises à l’arrachage et plantées sur des sols très composites : basalte, galet roulé, ruffe, grès… Aujourd’hui, on peut dire que son pari est réussi. Pour ne plus se compliquer la vie avec les instances qui les gouvernent, le gars fait partie de ces vignerons de plus en plus nombreux qui se déclarent en Vin de France s’ouvrant ainsi la liberté de choix pour la composition de leurs cuvées.

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C’est le cas de cette cuvée que l’on devine libre comme l’air. On y respire l’environnement sauvage qu’évoque ce haut pays de l’Hérault : herbes sèches, sous bois, romarin, velours, cuir, mûre… La bouche est alerte, vive, veloutée, ponctuée d’une inimitable saveur de fraise des bois, presque à la manière d’un chaleureux pinot noir. On a de la texture, de la densité et, signes d’un bel équilibre, on a aussi une sensation de douceur, de bien-être et de légèreté bien que le vin affiche 13,5° au compteur. En le goûtant, je pense qu’il s’agit d’un 2013, ce que confirme par la suite la fiche technique qui évoque un assemblage de Carignan avec 30 % de Terret (noir je suppose ?) sans collage ni filtration.

Michel Smith


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Βιδιανό, cépage crétois

La Crète abrite l’un des plus anciens vignobles de la Méditerranée. Peut-être pas aussi vieux que l’arménien ou le géorgien, mais guère.
Longue de 250 km, l’île grecque offre quelques cépages sortis du fond des âges comme le Βιδιανό – en français Vidiano.

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Le Vidiano

Il fait aujourd’hui partie des cépages prisés de toute la Crête, alors qu’auparavant, on n’en trouvait que dans les environs de Rethymnon, à l’ouest de l’île. Ce n’est que récemment que ses caractères organoleptiques particuliers ont attiré l’attention des viticulteurs avertis.

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Son point fort: il résiste très bien à la sécheresse; mais il reste toutefois sensible aux trop hautes températures. Son excellente fertilité demande un suivi constant pour éviter les rendements excessifs. Il donne des grappes assez grandes et lâches, aux grumes ovoïdes, à la peau fine et transparente de couleur dorée. La pulpe est douce et agréablement aromatique quoique légèrement acerbe. Ses jus donnent des vins floraux, fruités et capiteux.
Il apprécie les sols calcaires et se récolte en général vers la mi-septembre.

Βιδιανό 2012 Domaine Zacharioudakis

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Robe blanche qui nuance ses reflets de vert et d’or à la transparence subtile qui donne envie d’y plonger le nez. Celui-ci, floral, évoque la fleur d’oranger, les genêts chauds de soleil, nuancé de fruits blancs où dominent la pêche et la poire. Les fleurs se rafraîchissent en bouche et adoptent des parfums miellés. Les fruits se confisent pour en gelées acidulées couler sur la langue et aguicher les papilles. La structure adopte une tension aérienne où le minéral rappelle par son iode la proximité marine. Le grillé légèrement toasté écho de l’élevage se remarque sur la longueur, puis fruits et fleurs se manifestent une dernière fois avant de nous quitter.

La fermentation se fait barriques neuves de chêne français et américain. L’élevage dure 6 mois et se fait dans les mêmes contenants.

Le Domaine Zacharioudakis

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C’est l’histoire d’un journaliste, Stelios Zacharioudakis, et de son épouse Victoria, qui décident il y a une bonne dizaine d’années de créer un domaine sur l’île où Zeus s’installa avec la princesse Europe. Un domaine où se côtoie technologie avancée et écho du passé. Ils y plantent, outre le Vidiano, d’autres variétés autochtones comme le blanc Vilana et le rouge Kotsifali, encore les deux Malvasias (di Candia et Aromatica), mais aussi les incontournables cépages internationaux. Tous conduits en mode biologique.
Le site est remarquable.

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Je n’y suis pas allé, mais les photos donnent envie de s’y rendre.
La vigne trace ses terrasses tout autour de l’architecture inspirée des lignes minoennes. Une vingtaine d’ha perché à 500 m d’altitude, lieu où vents marins et fraîcheur vespérale génèrent un contraste salutaire entre jours et nuits. La vue du haut des murets qui escaladent la colline d’Orthi Petra est imprenable et regarde sur 360° le massif montagneux du Psiloritis, la Plaine de Messara, la Mer Libyenne et les montagnes d’Asteroussia.
Un endroit calcaire près du village de Plouti, au nord de l’antique Gortyne, très au sud d’Héraklion. Bref, un lieu où se rencontrent mythologie et actualité bachique.

www.zacharioudakis.com

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Markos


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Toscana quattro : altri buoni vini e buoni indirizzi…

Ne croyez pas que je cherche un tant soit peu à  me justifier, mais cette longue série, peut-être pénible pour certains, de quatre articles sur la Toscane, à la recherche du Sangiovese, touche à sa fin. Certes, j’aurais pu aller plus loin, vous en mettre encore plein la vue, en raconter beaucoup plus, être plus exhaustif, plus savant, rassembler des écrits antérieurs, mais à quoi bon… Vous l’avez remarqué, je reste un journaliste besogneux, désordonné, manquant de style, de méthode et de syntaxe. L’Italie, ma grande sœur, la Toscane en particulier, y est pour quelque chose : ce trait d’union béni entre le Nord et le Sud est parfait pour étancher mes soifs de vins et de curiosités dans la nonchalance la plus totale. Une fois de plus, bien qu’accompagné d’amis délicieux – je les remercie encore -, ce fut pour moi un parfait voyage en solitaire. Une dernière fois, je vais tenter de vous propulser là-bas en vous proposant quelques pistes… en trois étapes. Notez, cela me paraît important…

Firenze. Photo©MichelSmith

Firenze. Photo©MichelSmith

Tout d’abord, en guise d’antipasti, pour ceux qui me suivent depuis le début sans broncher, voici d’autres vins de Sangiovese goûtés lors de nos belles tablées…

-Castell’in VillaChianti Classico 2009 – Un pur Sangiovese un peu évolué au nez, sur les fruits cuits en bouche (prune, cerise), facile et prêt à boire (21 €).

-San Giusto a RentennanoChianti Classico Riserva La Baroncole 2009 – Robe très foncée, nez assez boisé pour ce Sangiovese agrémenté d’un très faible pourcentage de Canaiolo. A près plus de 16 mois en barriques de chêne Français Il me paraît encore un peu austère et peut attendre plus de deux ans au moins.

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Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-Caparsa, Chianti Classico Riserva Caparsino 2009 – L’inverse du précédent, soit un rouge non filtré, tendre, frais, subtil, au joli fondu conduisant à une finale en douceur (autour de 20 €)… On le boirait sans retenue sur de l’agneau. Voir également les commentaires du premier article lors d’une précédente visite en Toscane.

-Campi Nuovi, Montecucco Sangiovese 2011 – Une belle pièce de 7 ha en biodynamie (affiliée à Renaissance des Appellations) et en relative altitude à 20 km au sud de Montalcino avec fermentations (levures indigènes) puis élevage d’un an en foudre de chênes de 70 hl. On a un vin chaleureux, rond, puissant, prenant (14,5° affichés), qui ne manque pas non plus de vivacité. L’attendre encore un peu et prévoir un lièvre.

-Il Paradiso di Manfredi, Rosso di Montalcino 2010Florio Guerini continue d’émerveiller son monde avec un Sangiovese de toute beauté, sans aucun excès de lourdeur. Notes de fenouil et de pinède au nez, une sérieuse densité en bouche qui n’empêche ni le fruit ni la fraîcheur de s’exprimer avec des touches de goudron de bois et une belle persistance. Une saveur toute particulière et un domaine à ne pas oublier si j’en juge par ce beau papier que lui a consacré Patrick Böttcher dans son blog Vins Libres.OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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-PietrosoRosso di Montalcino 2012- Que du Sangiovese vendangé à la main généralement début octobre sur la propriété sise en bordure de Montalcino. Fermentations en cuves inox (levures indigènes), élevage en cave souterraine (foudres et demi-muids) sur une année, c’est un vin souple, non filtré, un peu simple au départ, mais qui s’avère assez tannique pour affronter une viande saignante.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA-Pian dell’Orino, Rosso di Montalcino 2011 – Voisine directe de celle des Biondi Santi, la propriété compte 4 vignes de Sangiovese Grosso totalisant 6 ha cultivés en bio. Notes de fraise confite, de l’épaisseur et de la puissance (14,5°), il y a de l’élégance et de la longueur en bouche en dépit d’une certaine lourdeur. Il faudrait l’attendre, laisser le vin se « fondre » un peu plus…OLYMPUS DIGITAL CAMERA

-San PolinoBrunello di Montalcino 2008 – Belle, mais minuscule propriété (2,5 ha) en biodynamie (Luigi Fabbro adhère à Renaissance des Appellations) dédiée au Sangiovese avec pas mal de vieux millésimes en stock. Vinifié en foudres (Slovénie) et barriques, c’est la finesse qui l’emporte au nez comme en bouche. Souple, l’alcool se fait moins ressentir, mais le vin s’ouvre tout de même sur une densité assez massive ponctuée de tannins élégants. Lui offrir une belle viande.

Photo©MichelSmith

En allant chez Biondi Santi… Photo©MichelSmith

Ensuite, histoire de ne pas mourir idiot, quelques remarques intéressantes et utiles faîtes par mes Lecteurs épris de Sangiovese. Notez-les sur votre feuille de route pour un prochain voyage car, en matière de Sangiovese, ils en connaissent un rayon !

-D’Antonella, sur Facebook :

Pour le Sanviogese, que nous adorons tout comme vous, son absence de la Costa Toscana s’explique par son inadaptation au climat côtier, fort différent de celui le Toscane intérieure. Leonardo Salustri – vous avez goûté ces vins (voir ici) – est un spécialiste reconnu de ce cépage et a collaboré avec l’université de Sienne pour des études sur le Sangiovese. Il définit les conditions qu’il faut pour faire un bon Sangiovese : une distance minimale de la mer car le cépage n’aime pas l’air salin, un terrain bien drainé (en pente donc), une belle amplitude de température jour/nuit (ici un minimum d’altitude et plutôt loin de la mer).

‪Où nous sommes – je schématise – le Sangiovese brûle avant de mûrir et il reste alors deux solutions: soit en faire un vin très simple, soit l’assembler. En particulier à Bolgheri, il n’y a pas de conditions favorables à ce cépage. Le Macchiole, qui ont testé au moins une trentaine de cépages, vous le diront bien : les seuls exemples intéressants sont sur des terrains en altitude (250 m) protégés de l’air marin et bien drainés. Vous pourriez goûter une prochaine fois ceux de I Mandorli à Suvereto en haut d’une colline qu’on nomme « il Belvedere », de Fuori Mondo à Campiglia Maritima, là aussi en altitude, où celui de l’Azienda Caiarossa à Riparbella. Il se trouve que les 3 domaines sont biodynamiques. C’est un français qui vinifie à Caiarossa, Dominique Génot ; un belge Paul Morandini Olivier qui est propriétaire de Fuori Mondo et un vrai italien (quand même!), Massimo Pasquetti, qui conduit I Mandorli.

J’ajoute qu’une visite s’impose absolument pour approfondir votre connaissance du Sangiovese chez Salustri, là aussi domaine biologique, qui en outre de faire des superbes Sangiovese (4 vins différents), fait une huile d’olive (primée par Slow Food) et de la charcuterie de Cinta Senese bio absolument divine!

Photo©MichelSmith

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-De Paul Morandini Olivier (cité quelques lignes plus haut) sur Facebook :

J’ai l’impression que l’encépagement de Sangiovese à Bolgheri ne dépasserait pas les 10 %… Mais c’est la morphologie même du Sangiovese qui en fait un cépage compliqué à cultiver… L’air chaud et humide de la mer ne lui permet pas d’arriver aux bonnes maturités en général. Des sols pauvres, à une certaine altitude et protégé de ce vent humide sont indispensables pour magnifier ce cépage roi ici en Toscane

Photo©MichelSmith

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-De Nicolas, ces précisions sur notre blog, puis par mail :

Pour ce qui est de la Maremma vous êtes un peu dur, car il y a plusieurs appellations qui favorisent le Sangiovese, comme la nouvelle appellation Montecucco Sangiovese DOCG (qui a été initiée par Salustri et qui n’existait pas encore en 2008 d’où la DOC seulement) et aussi Morellino di Scansano, qui n’est ni plus ni moins que l’équivalent du Chianti plus au nord, avec un minimum de 85% de Sangiovese obligatoire. Et il existe beaucoup de Morellino di Scansano et quelques-uns d’admirables, dont le domaine Villa Patrizia qui produit un Riserva pur Sangiovese nommé Valentane de toute beauté.

Pour revenir à Salustri, dommage que vous n’ayez pas dégusté le Grotte Rosse 2010 car il est remarquable de puissance et avec beaucoup plus de fraîcheur que le 2008. Ce domaine fait face à Montalcino (à l’époque ils livraient le raisin pour les Brunello…), dans un endroit sauvage mais magique, à deux pas de Colle Massari, un domaine en vogue et à qui ils ont mis les pieds à l’étrier. Leurs Sangiovese possède une expression tout à fait originale grâce à une situation particulièrement avantageuse, sur une colline fortement ventée.

Je ne suis guère surpris, malgré que nous soyons d’une génération d’écart, que le Sangiovese nous fascine tant. Quel cépage grandiose ! Malheureusement souvent sous estimé, mais en même temps ça ne fait qu’accroître le désir de le découvrir !  Moins surpris que vous ayez trouvé un certain nombre de Chianti Classico en pur Sangiovese. Certes, vous n’avez pas rencontré Roberto Bianchi de Val delle Corti et son incroyable Chianti, plus précisément sa Riserva, probablement un des plus beaux à l’heure actuelle, et produit que les années qui le méritent. Mais je vous assure que l’on trouve une multitude de purs Sangiovese de qualité dans toute la Toscane, et à des prix plus doux que dans le Classico ! Comme je vous l’ai précisé en commentaire, il y a deux appellations qui méritent de s’y attarder : Montecucco Sangiovese et Morellino di Scansano. Sans parler de toutes les autres appellations Chianti. Voici les producteurs de 100 % Sangiovese que je vous recommande vivement et ailleurs qu’en Chianti :

-Salustri : goûtez le reste de la gamme, c’est magnifique ! Marco est un vigneron talentueux, réfléchi et inquiet comme les meilleurs. Son Grotte Rosse 2010 est un des plus grands Sangiovese qu’il m’ait été permis de goûter, même s’il est encore si jeune… Il faudra s’accrocher pour trouver un Brunello de ce niveau sur ce millésime.

-Podere Il Poggio : un autre Montecucco, réalisé par Silvia Spinelli, une vigneronne d’une rare et intelligente humilité, et qui est d’une finesse exemplaire; à tester aussi son 100% Pugnitello, un vieux cépage remis au goût du jour

-Villa Patrizia : un merveilleux domaine familial en bio, avec un Montecucco nommé Istrico avec un rapport qualité-prix exemplaire et le Valentane, un Morellino di Scansano pur, puissant, juste!

-Montemercurio : un très prometteur domaine sur l’appellation Nobile di Montepulciano, avec son Messagero élevé 2 ans en foudre puis une année en bouteille comme le consortium l’exige, un vin à la fois fin et très puissant, mais d’une puissance intrinsèque et non fabriquée.

Et il y en a tant d’autres! Cependant il faut dissocier les producteurs qui assemblent leur Sangiovese avec du Merlot. Ils dénaturent le Sangiovese et les éloignent de ceux qui l’assemblent avec du Canaiolo ou du Ciliegiolo, des cépages qui l’épousent. D’ailleurs le Ciliegiolo, un des deux parents naturels du Sangiovese, est de plus en plus travaillé « in purezza », et peut offrir des résultats étonants, comme ceux du fascinant domaine de Sassotondo, près de Pitigliano.

Pour compléter, il faudrait aussi lire un ouvrage de référence et très esthétique et voir les vidéos qui vont avec.

 

Photo©MichelSmith

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Merci donc à ces lecteurs amoureux comme moi de la Toscane. Pour conclure, je vous livre quelques bonnes adresses qui sont autant de coups de cœur, parfois un peu clichés il est vrai, passés ou présents.

-Pour vous loger, n’oubliez pas de chercher sur la toile les chambres d’hôtes à la ferme classées en Italie sous la rubrique agriturismo. Il y en a un peu partout, chez les vignerons ou oléiculteurs surtout, à l’instar de Poggetto Masino, du côté de Suvereto où chaque chambre décorée avec goût bénéficie de sa treille et de sa terrasse.

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-Pour boire un coup, discuter et croquer quelques spécialités faîtes sur le vif, Florence dispose d’un remarquable bar à vins (avec terrasse) à deux pas du Ponte Vecchio, Le Volpi e l’Uva, où le Sangiovese et d’autres cépages comme le Carignan sont à l’honneur servis au verre ou à la bouteille en toute convivialité !

-Pour manger au bord de l’eau, non loin de Bolgheri, ne pas manquer la visite chez Luciano Zazzeri, dans sa désormais mythique Pineta, sorte de luxueuse baracca posée sur la plage au large de Marina di Bibbona, sur la côte Etrusque. Depuis des années on y goûte les meilleurs produits de la pêche locale sans savoir exactement ce que le patron aura de nouveau à proposer ce jour-là. J’ai le lointain souvenir de tagliatelle au corail d’oursins et de galinette (rien à voir avec la poule du même nom, car c’est un poisson) aux tomates concassées. Côté vins, la carte de Champagne est quasi unique, celle des Toscans aussi avec, pour chaque référence, la proportion de Sangiovese (ou autre cépage) indiquée. L’endroit est devenu un peu chic et cher, mais en faisant attention on peut passer un moment inoubliable.

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-Pour une cuisine toscane mer et montagne, essayez Il Frantoio à Montescudaio, village situé à 10 km de Cecina : carpaccio de poulpe, spaghetti à l’encre de seiche, lapin farci, tripes, artichauts frits… Belle carte des vins. On peut aussi se restaurer agréablement au restaurant de Castello di Ama où l’huile et les vins du domaine sont mis à contribution.

-Encore plus perdu, simple, économique et chaleureux ? Allez donc vous percher dans la salle de la trattoria Da Nada  entre Sienne et Grossetto pour une cuisine familiale faîte avec amour et servie avec gentillesse dans l’étonnant village rocheux de Roccatederihi !

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-Pour les carnivores, à Panzano in Chianti, cet amusant et très populaire restaurant de viandes (bœuf surtout) où l’on mange à la bonne franquette face au show du patron, à condition de ne pas oublier sa bouteille de vin (on en vend partout dans le village) car celui qui vous est servi en pichet n’est vraiment pas génial. Les touristes adorent…

-Pour les inconditionnels de la charcuterie, il faut parcourir dans la cohue touristique l’incroyable magasin de la maison Falorni à Greve in Chianti où l’on peut aussi profiter sous les arcades d’un petit bistro à vins et goûter quelques produits de la maison posés sur des planchettes.

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-Pour les amateurs d’huile d’olive, je recommande le moulin du domaine Il Cavallino à Bibbona en Toscane maritime. Dirigée par Romina Salvadori, l’azienda produit une des huiles délicatement fruitée les plus réputées de Toscane que j’achète pour ma part en bidon de 5 litres à un prix beaucoup plus intéressant que celui pratiqué dans les grandes propriétés viticoles.  Se dépêcher, car la récolte 2014 n’a pas été généreuse en quantité !

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-Pour un confortable dîner bourgeois en ville, en plein cœur de Sienne, je vous recommande cette sorte de brasserie de bon goût, l’Osteria le Logge, à la cuisine traditionnelle teintée de modernisme et à la cave bien fournie en Sangiovese. Service jeune, enthousiaste, attentionné. Réserver de préférence dans la grande salle du rez-de-chaussée, une ancienne pharmacie, où les fioles et vases d’apothicaires sont remplacés par de grandes bouteilles de vins.

Photo©MichelSmith

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Buon viaggio !

Michel Smith

 

 


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S’il y avait un roi du Sauvignon, ce serait peut-être un Bourgeois

Non, je n’aurai pas la prétention de dire que les meilleurs vins de Sauvignon Blanc viennent d’ici ou de là, ni qu’un tel ou un tel en soit le meilleur producteur de ce cépage assez protéiforme. Mais, par l’étendue géographique de sa production (toute la région du Centre Loire plus la Nouvelle Zélande), la largeur de sa gamme liée à sa qualité globale, sans oublier la capacité de vieillissement de certaines de ses cuvées, la Maison Henri Bourgeois serait un très sérieux candidat à ce genre de titre, certes un peu absurde.

IMG_6442Le père tranquille de la Maison Henri Bourgeois se prénomme Jean-Marie, techniquement à la retraite mais toujours actif. Mais cette Maison au prénom unique cache une vraie dynastie. J’y compte au moins 6 frères, cousins, pères ou oncles qui y jouent chacun un rôle. 

Je n’ai pas le souvenir d’avoir dégusté un mauvais vin de ce producteur sancerrois qui, à la différence de ses collègues, a su aussi s’ouvrir au challenge de produire également aux Antipodes sans renier ses origines ni son approche. Les Bourgeois sont vignerons depuis de nombreuses générations à Sancerre, mais l’entreprise tient son nom, Henri Bourgeois, du grand-père des actuels dirigeants qui exploitait seulement 2 hectares en 1950. Par son action et celles de ses fils, le domaine atteint aujourd’hui la taille respectable de 70 hectares répartis entre les appellations Sancerre et Pouilly Fumé. Jean-Marie Bourgeois, son frère et leurs fils, qui dirigent maintenant les affaires, ont aussi une activité de négoce qui leur permet de couvrir l’ensemble des autres appellations du Centre Loire : Menetou-Salon, Quincy, Châteaumeillant, Coteaux du Giennois, plus quelques IGP. Rien qu’en Sancerre blanc, la gamme est d’une complexité rare : j’en ai compté sept références ! J’avoue être perdu par moments, d’autant plus que les étiquettes ne sont pas des plus lisibles. Mais l’essentiel est dans le verre, et là il n’y pas de déception. Si vous envisagez une visite chez Henri Bourgeois, dont les diverses installations occupent, avec une discrétion admirable qui ne renie pas des équipements d’une parfaite modernité, une bonne partie du village de Chavignol, prévoyez large en temps !

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IMG_6439Deux ou trois visages de Chavignol : le village, dans son jus, le chai ultra-moderne d’Henri Bourgeois incrusté dans la colline, et, autour, le paysage roulant avec ses monticules (Sancerre au loin).

Mais une autre chapitre de l’histoire remarquable de cette famille s’écrit aux antipodes de la France, dans l’Ile du Sud de la Nouvelle Zélande. Jean-Marie Bourgeois y acquiert 98 hectares de terre en 2000, puis 11 de plus en 2003. Nommé Clos Henri, ce domaine a obtenu une certification bio en 2013 pour les 42 hectares en production. A la différence des pratiques locales, les plantations sont relativement denses et l’irrigation a été abandonnée. Comme à Sancerre, Clos Henri ne produit qu’à partir de deux variétés : sauvignon blanc et pinot noir. Ce n’est pas que la famille s’est limité à reproduire des schémas connus en sancerrois, car d’autres variétés ont été plantées, puis arrachées devant leur absence de réussite. L’énorme avantage des pays du Nouveau Monde est qu’on peut tout essayer, partout, et que seul le résultat sert de juge. On aimerait tant que la vieille Europe adopte cette approche.

IMG_6423Le restaurant La Côte des Monts Damnés, à Chavignol, sert une jolie cuisine qui renie pas des influences d’ailleurs. Jean-Marc Bourgeois est à la tête de cet établissement qui abrite aussi un hôtel.

Il faut aussi rajouter que cette famille excelle dans la voie de la transmission, car frères, fils et neveux travaillent tous sur le domaine ou dans des affaires annexes à Chavignol, sous le regard des pentes abruptes du vignoble des Mont Damnés. Familiale et aventureux, c’est possible !

IMG_6443Seule une petite partie des vins d’Henri Bourgeois est élevés sous bois, mais cela leur est clairement bénéfique, grâce à une grande attention à la taille du contenant et à la qualité des fûts.

L’objet de ma récente visite à Sancerre étant de tenter d’explorer les possibilités du cépage Sauvignon blanc à table. Mais tout commence chez Henri Bourgeois par une dégustation. A cette occasion j’ai pu admirer la pureté du fruit et la vivacité du du profil des trois Pinot Noirs de Marlborough : Petit Clos 2013, Bel Echo 2013 et Clos Henri 2013. Ce dernier plus riche et charnu avec une bonne longueur. Les sauvignons blancs du domaine NZ ne sont pas en reste, en particulier un Clos Henri 2012 somptueux de saveurs, long et intense. Quelques Sancerre avant d’aller déjeuner au bistrot des Monts Damnés : en particulier La Bourgeoise 2012, pièce maitresse de la gamme, qui m’a impressionné par sa belle finesse et sa superbe qualité de fruit.

A table, nous avons essayé différentes combinaisons afin de mettre à l’épreuve les capacités du sauvignon blanc. Elles se sont avérés conséquentes. Selon la cuvée, jeune ou plus âgée, avec ou sans élevage sous bois, nous avons pu jouer sur une large spectre ne nuances et trouver des bons accords avec terrine de poisson, poisson fumé, huître, poisson frais, agneau et, évidemment fromage de chèvre de Chavignol. Je dois dire que je suis un peu ambigu par rapport à la plupart des choses que je lis sur ce sujet très flou et éminemment personnel des accords mets/vin. D’un côté, j’ai parfois envie de dire que tout cela n’est que foutaise et ne sert qu’à vendre articles et livres. D’un autre, il y a quand-même plein de vins dont l’appréciation est diminuée, voire totalement détruite, par des mets qui ne conviennent pas.

En conclusion, je dirais que le sauvignon blanc offre quand même une gamme de possibilités à table plus large que la plupart des vins.

David Cobbold

(textes et photos)


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Deux beaux Saumur-Champigny

A Saumur-Champigny, il y a en gros deux sortes de cuvées. Les cuvées tradition, qui jouent la carte du gouleyant et du fruité, du plaisir immédiat – un peu comme les Saint Nicolas de Bourgueil. Et puis il y a les cuvées plus charpentées, plus portées vers la garde, un peu à l’image de certains Chinon.

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Douceur angevine… ou plutôt saumuroise (Photo (c) H. Lalau 2014)

Je dis « un peu », parce que toute classification a un côté simplificateur.

Ceci étant posé, les deux cuvées qui suivent appartient plutôt à la deuxième catégorie, bien qu’elles ne manquent pas de fruité.

La première, c’est Les Adrialys, du Domaine Saint Vincent.

C’est le vin du Président des Vignerons de Saumur-Champigny, Patrick Vadé. Un des rares vignerons implantés sur le territoire de la commune de Saumur. Son domaine compte 35 ha, qui font la part belle au fameux tuffeau des collines des bords de Loire.

Outre le fruit déjà mentionné (framboise, surtout), Les Adrialys fait montre d’un caractère bien trempé – comme son auteur; il est généreux mais un poil rugueux. La marque de raisins de qualité, d’une macération poussée et d’un bel élevage (un an). Tout ça nous donne de beaux tannins soyeux, juteux mais serrés, une finale ferme avec un poil de salinité tout au bout.

Tiens, on s’en reverserait bien un verre…

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Un conseil à suivre…

La seconde cuvée est celle de Clotilde LegrandLes Terrages.

Héritière d’une dynastie vigneronne dont les premières traces remontent au 17ème siècle, Clotilde a repris le domaine familial à Varrains. 15 hectares presque totalement voués au Cabernet Franc, et répartis entre 20 parcelles (sur 5 communes). Toujours aidée de ses parents, elle élabore plusieurs cuvées de Saumur-Champigny dont ces Terrages, dont l’étiquette arbore fièrement la reproduction d’une scène de chasse.

Faut-il le servir sur un gibier? Pas nécessairement. Avec ses tannins bien présents, mais souples, avec son nez de framboise et de griotte, avec sa fluidité qui évoque le velours des robes de genres dames, il conviendra aussi bien à la charcuterie qu’aux viandes rouges, à la volaille ou aux venaisons.

Vin joyeux mais assez robuste, il est l’archétype du Saumur-Champigny de plaisir concentré – mais qui voudrait se prendre la tête avec du vin, mis à part quelques dangereux psychopathes étiqueto-centrés?

Je préfère de loin le beau slogan de l’appellation: « Moments partagés ».

Hervé Lalau

 


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Soif d’ailleurs et de la Croatie

Tandis que deux de mes collègues se promenaient en Autriche, j’ai poursuivi le chemin qui borde le Danube sur sa rive droite, vers le sud et la Croatie. Il est vrai que j’ai pu le faire sans quitter Paris, grâce à une récente dégustation dans la belle boutique du caviste parisien Soif d’Ailleurs. Mais j’ai déjà pu visiter les vignobles de ce pays à deux occasions et j’en avais parlé sur ce blog.

Soif d’Ailleurs est un objet rare en France : une boutique entièrement dédiée aux vins d’importation. Cela ne plaira peut-être pas aux vino-nationalistes, mais tant pis pour eux ! Ce qui double son intérêt est le fait que la gamme est large et les vins sont bien choisis. Ce qui le triple est qu’ils sont vendus à des prix très raisonnables. Et, en prime, l’endroit est beau, dépouillé et bien éclairé, avec une salle de dégustation/conference dans le fond et les flacons bien présentés. Seul petit bémol (du moins pour moi) est qu’il faut s’aventurer au fin fond du 3ème arrondissement de Paris pour y aller. Passons sur cette considération bêtement égoïste.

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Notre sujet étant les vins croates, un petit rappel s’impose car j’imagine que peu de nos lecteurs sont très familiers avec la production de ce pays issu de l’ex Yougoslavie, qui a rejoint la Communauté Européenne en 2013. La Croatie, qui autrefois faisait partie de l’Empire austro-hongrois, à une histoire avec le vin aussi longue que toutes les zones périphériques de la mer méditerranée, et dont elle conserve trace à travers une collection impressionnante de cépages dont certains sont aussi rares qu’anciens. Si la Croatie reste un petit pays, avec une production qui le situe au 30ème rang mondiale, la consommation de vin par habitant le met en deuxième ou troisième place !

Les régions viticoles croates peuvent se diviser en trois ou quatre principales parties (voir carte ci-dessus), dont deux se trouvent sur la mer Adriatique. La zone intérieure est essentiellement constitué par la Slavonie qui se trouve bordée au nord par la Slovénie (ne pas confondre), puis une partie orientale qui est frontalière avec la Hongrie et la Serbie. La plus méridionale et chaude des grandes regions est la Dalmatie, qui longe la côte et couvre pléthore d’îles, dont les plus connues se nomment Hvar et Korcula. Au nord-ouest du pays, l’Istrie, qui a longtemps été sous domination italienne, a un profil très distinct de la Dalmatie et constitue une sorte de pont vers la Slovenie et le Frioul italien.

baranja_croatia1vignoble en Slavonie

La Slavonie a un climat continental, avec des températures hivernales fraîches et une production largement dédiée aux vins blancs. C’est également une région de forêts et le chêne de Slavonie est très réputé dans tous les pays autour pour les vaisseaux vinaires. Le style des vins est à comparer à ceux des pays proches : Slovénie, Autriche et Hongrie en particulier.

Dalmatievignoble de la côte dalmate

La côte dalmate a un climat bien plus tempéré et chaud, bien que l’humidité peut y poser problème, comme cet été. Les vins rouges y dominent, à travers de nombreux cépages très intéressants, comme le Tribidrag (qui est la version originale du Zinfandel de Californie), ou le Plavac Mali, un de ses enfants. Certains des vignobles y sont très spectaculaires et deux parcelles ont été classés avec l’équivalent d’un rang de grand cru : Dingac et Postup. Ces vins commandent des prix élévés sur place mais sont peu exportés.

istriavignoble istrian

L’Istrie, région partagé avec la Slovénie, contient une autre gamme de cépages don’t le très intéressant Teran, variété rouge que l’on trouve également en Slovénie et aussi en Italie sous le nom de Refosco. Malheureusement cette variété est actuellement la victime d’une tentative grotesque de protectionnisme politico-économique de la part des slovènes alors qu’ils n’en ont jamais eu le monopole. D’ailleurs qui peut justifier la “propriété” d’un variété de plante ? Les meilleurs vins blancs utilisent souvent une forme de Malvoisie.

Ma petite dégustation (little tasting, le Big Tasting a eu lieu ce weekend !)

les prix mentionnés sont ceux de la boutique Soif d’Ailleurs à Paris

1). région Slavonie

Krauthaker Zelenac 2012 (blanc sec)

Cépage : 100% zelen (une variété très rare, paraît-il)

Prix 13 euros

Tendre et assez aromatique, autour d’arômes de fruits blancs. Sensation de richesse en bouche et saveurs gourmandes relevées par une acidité moyenne et enrobé dans une texture un peu grasse. Longueur décente pour la catégorie de prix.

Krauthaker Grasevina IBPB 2009 (blanc moelleux, mais je ne sais pas ce que signifie IPBP, désolé)

cépage : 100% grasevina (la variété la plus plantée dans le région)

prix : 27/28 euros

Nez très expressif et complexe : fruits exotiques comme mangue carambole, lychee. Puis écorces d’orange en bouche aussi. Belle sucrosité et texture très suave. Somptueux, même s’il est un peu juste en acidité pour un parfait équilibre.

2). région Istrie

Coronica Malvasja Istarska 2013 (blanc sec)

cépage : 100% malvasie d’Istrie

prix 14 euros

Présence marqué de CO2 (pour éviter du soufre ou pour garder de l’acidité ?). Vibrant du coup, avec de jolis parfums. Sensation de pureté et de délicatesse. J’aime beaucoup, même avec le gaz.

Kozlovic Teran 2012 (rouge sec)

cépage 100% teran (l’objet de ce litige aussi bête qu’indéfendable de la part des slovènes)

prix 14 euros

Un vin encore un peu austère, mais c’est le profil type de cette variété selon ceux que j’ai pu déguster ailleurs. Belle fraîcheur et équilibre, grâce à des tannins bien extraits et sans excès qui aurait pu masquer une joli fruité de cerises amers. Une combinaison réussite entre fermeté et délicatesse.

3). région Dalmatie

Zlatan Plenkovic Posip 2012 (blanc sec)

cépage : 100% posip (la plus planté des variétés blanches sur cette partie de la côte)

prix 19 euros

Présence d’un peu de CO2, certainement pour alléger un peu le poids de ce cépage qui tend vers la richesse en alcool. Parfums de fruits et de fleurs. Tendre, voir un peu mou en bouche. Presque bien équilibré et agréable à boire.

Leo Gracin Babic Tirada 2009 (rouge sec)

cépage : 100% babic

prix +/- 22 euros

Sa richesse en alcool le situe dans la famille des grenache, mais cette variété a bien plus d’acidité il semble. Si le fruité est proche de la confiture, la bouche reste bien vibrante et alerte, sans la lourdeur qui guette trop souvent le grenache mur. Long et très gourmand.

Stina Plavac Mali 2010 (rouge sec)

cépage 100% plavac mali

prix 19 euros

Assez intense, chaleureux et un peu tannique. Beaucoup d’intensité dans une belle matière. Long. Me fait penser à un beau chateauneuf. On sent un peu le lien de parenté abec le zin.

Zlatan Plenkovic Crljenac Kastelanski 2009 (rouge sec)

cépage 100% crljenac kastelanski (alais tribidrag, alias zinfandel, alais primitivo)

prix 29 euros

Très riche et très gourmand. L’alcool doit y être conséquent, mais que c’est bon et expressif. Mon vin préféré, avec le précédent. On voyage là !

 

Carnet d’adresses

Soif d’Ailleurs, 38 rue Pastourelle, 75003 Paris (www.soifdailleurs.com)

Et l’importateur en France de ces vins croates est Thierry Lurton, de Château Camarsac (http://www.thierrylurton.com/33-les-vins-croates)

 

David Cobbold


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Klosterneuburg ou une excellente raison d’aller à Vienne

Tout près de Vienne se trouve la plus ancienne cave de vin d’Autriche, et une des plus anciennes au monde: Klosterneuburg, qui fête cette année ses 900 ans.

Mélange d’abbaye et de palais (l’Empereur Charles VI voulait en faire son Escurial), cet immense bâtiment, qui abrite toujours des prêtres, contient un des trésors de l’humanité, le retable de Verdun; sa décoration baroque est également impressionnante.
L’amateur de vin, lui, s’intéressera bien sûr davantage à la Vinotek, et à la visite des caves. Le chai est situé dans un ancien couvent.

 

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Klosterneuburg vu des vignes (Photo Stift Klosterneuburg)

Bref, ne serait-ce que pour le bâti imposant et chargé d’histoire, Klosterneuburg vaut une visite  pour quiconque passe quelques jours à Vienne. L’endroit est aisément accessible en train ou en bus.

Mais les vins aussi méritent le détour, d’autant que l’abbaye possède des vignes dans plusieurs appellations proches de la capitale – y compris Vienne; ce qui permet d’avoir un aperçu assez large du potentiel de la région en rouge comme en blanc.
Ceci explique aussi que malgré une production importante (de l’ordre du million de cols), et la clientèle touristique, on ait affaire à des vins de grands classe. Chaque parcelle est récoltée et vinifiée séparément, les volumes de chaque vin étant comparables, pour la plupart, à ceux d’entreprises familiales. De plus, la précision quasi bénédictine (ou plutôt augustine) que l’équipe de Wolgang Hamm apporte au vin, depuis la vigne jusqu’au chai, est digne d’éloges.

Au choix, on dura que le vigneron est inspiré par le lieu, ou qu’il a foi… dans ses compétences.

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Wolfgang Hamm, le directeur du domaine (Photo (c) H. Lalau 2014)

 

Voici ma sélection.

Wiener Gemischter Satz DAC 2013

Belle finesse, vif, fruit blanc, du plaisir immédiat mais aussi du volume et de l »expression en bouche. Un vin qui donne raison à Jean-Michle Deiss; la complantation, cela peut donner de très bons résultats. Ici, au Nussberg, on ne l’a jamais abandonné. Au mpoint qu’on ne peur même pas savoir les pourcentages des différents cépages employés. 15/20

Grüner Veltliner Réserve 2013

Cen vin de vieilles vignes, vendangé début novembre, fermenté en fût a été laissé sur ses lies jusqu’en mai.
Son nez feuille de laurier est encore un peu fermé, la bouche est plus expressive – épices, anis, et joliment saline en finale. Un vin très concentré, à attendre. 14/20

Riesling Franzhauser 2013

Vignoble orienté sud, très pentu, sur sols de grès.
Confiture d’abricot et de mirabelle, menthe, complexe au nez; en bouche, cédrat confit, un très bel équilibre entre gras et  acidité, finale longue et délicate. A10 euros la bouteille (prix sur place), c’est un excellent rapport qualité prix. 16/20

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Zierfandler Rotgipfler Gumpolskirchen 2013

Ces deux cépages se complètent très bien: le bel arôme d’agrumes (bergamote et mandarine) et l’acidité  du zierfandler, le volume et le gras du rotgipfler. Ce côté aigre doux souligne une belle matière mais le vin garde quelque chose d’aérien; devrait exceller sur des sushis. 16/20

Weissburgunder Junghernn 2013

Calcaire et terre brune. Bonne attaque vive et ronde à la fois, sans aucune lourdeur, jolies notes de verveine et d’angélique en finale. 15/20

Saint Laurent 2012 Austich

De la famille du pinot noir, ce cépage serait venu d’Alsace; puissant, ce vin présente un joli nez un peu sauvage – airelle, résine de pin; en bouche sa belle acidité vivifie un fruité rouge et noir, assez gourmand. 15/20

Pinot noir 2012 Réserve Wien

fumé au nez – un petit côté rustique (dans le bon sens du terme). Bien mûr pour un pinot, il présente un nez très ouvert de griotte, de cannelle, de cèdre,; la bouche, elle mélange le bois des îles, le caramel, la cardamome; il a un côté sylvestre; le bois (barriques de bois français et autrichien) est très bien fondu. 15/20

 

Commandes en ligne: Onlineshop

Hervé Lalau

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