Les 5 du Vin

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Cabrol, un grand du Cabardès, un grand tout court

Le domaine de Cabrol se situe aux confins du joli village d’Aragon, dans l’AOP Cabardès. Il compte 21 ha de vignes assez dispersées, entre garrigue et oliviers. Ses vins démontrent bien la singularité de cette appellation située sur deux versants, atlantique et méditerranéenne.

Je sais, c’est la promesse du Cabardès, son positionnement. Sa nouvelle tradition – je dis nouvelle, parce que la syrah, notamment, n’est pas si ancienne en ces terres. Mais certains la tiennent mieux que d’autres, cette promesse.

photoAu domaine de Cabrol, les vignes jouent à cache-cache avec la garrigue et les oliviers (Photo © H. Lalau 2014)

C’est le cas de Claude Carayol, qui non seulement la respecte, mais la transcende.

Pour deux de ses cuvées, il a choisi d’illustrer par l’exemple la dualité du Cabardès. Ceci se remarque des l’étiquette: Vent d’Est, pour les vignes sous influence méditerranéenne. Vent d’Ouest, pour les vignes exposées au climat atlantique. Et l’assemblage va de pair.

Mais passons à la dégustation: ici, il n’y a rien à jeter…

photoClaude Carayol (Photo © H. Lalau 2014)

Vin de France Blue Note 2013

La bombe fruitée du domaine, le vin plaisir par excellence. Confiture aux 5 fruits, réglisse. "C’est un vin facile", lance Claude. Mais diablement séduisant.

Cabardès Vent d’Ouest 2008

Le Cabernet domine, la syrah complète. Cela donne un vin poivré, où le café vert s’allie aux épices douces comme la réglisse. Belle profondeur.

Cabardès Vent d’Ouest 2003

Laurier, herbes de la garrigue au nez. En bouche, c’est assez chaud, mais pas sec. Finale sur des notes de gibier et d’humus.

Cabardès Vent d’Est 2012

Quelle belle fraîcheur! Au nez, de l’olive noire, de truffe, de la cerise noire, c’est un festival de senteurs; la bouche est dans la lignée, à la fois riche, veloutée et assez fraîche, grâce à une point de salinité en finale.

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Vent d’Est 2012 (Photo © H. Lalau 2014)

Cabardès Vent d’Est 2007

Truffe, vieux cuir, laurier, un vin encore très jeune, qui ne manque pas de  fruit en finale, ni de longueur. La féconde du Midi.

Cabardès La Dérive 2009

Nez super élégant – cassis, mûre, cerise de Bâle. Le boisé est là, mais discret, fondu; la bouche mélange épice et fruit noir. C’est chaleureux, mais pas lassant. Vinification classique en demi muid.

En sortant de la cave, je me suis fait une drôle de réflexion: ici, le vigneron parle à peine, il s’exprime d’abord à travers ses vins. Il fait plus qu’il ne raconte, c’est reposant.

Et s’il y a un jour des grands crus en Languedoc, celui-ci devrait en être.

 Hervé Lalau

 

 


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Beaujolais, un grand écart…

Il existe des Beaujolais qui nous font vraiment plaisir et qui pourtant sont diamétralement différents.
Qui peut résister au charme truculent d’une cuvée du Domaine Chasselay ?
Qui peut rester indifférent à l’élégance du Château de la Chaize ?
Le Beaujolais, c’est un peu un concentré de ce qu’on peut faire en viticulture.

Au Domaine Chasselay

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Rencontré à BBB, Bien Boire en Beaujolais, ce fût un vrai plaisir de revoir Fabien Chasselay chez lui. Les rouflaquettes bien dessinées, une carrure de rugbyman, la langue loin de sa poche, il me fait passer en revue les différents bâtiments de l’exploitation familiale. Peu de futaille, ici, on n’aime guère le bois «ce que j’aime, c’est le vin qui se boit, la pommade des vins barriqué, c’est pas mon truc. Ce qui est sympa aujourd’hui, c’est que notre appellation a bien changé, les vins sont plus généreux qu’avant, ça nous a remonté l’image et démontré que le gamay, c’est formidable. À nous de supporter les caprices de celui qui ne supporte pas la médiocrité, il faut l’aimer et le chouchouter».
Et pas de soufre ?
«Mon père déjà vinifiait sans soufre, c’est pas nouveau chez nous. Bien sûr, il faut de l’hygiène, le jet d’eau est le principal outil de la vinif’…, le raisin est fragile, la propreté est indispensable».
Un bel exemple

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Les Grands Eparcieux 2013 AOC Beaujolais

Sa robe violette aux reflets cramoisis aguiche l’œil.
Il parle de ce mélange entre la gourmandise, la générosité et la rigueur. Équilibre particulier qui nous font aimer dès la première gorgée ce gamay parfumé d’iris et de violette, coloré de griotte et de groseille, souligné de réglisse et avouant une fraîcheur croquante à se damner.
Un vin certes dangereux, on l’ouvre, on le boit. Et tout ça pour 5,80€ (prix au domaine)
Le domaine se situe au sud du Beaujolais, à Châtillon d’Azergues, mais la gamme s’étend jusqu’aux crus. La famille possède ou loue quelques arpents en Fleurie, Morgon, Chénas et Côtes de Brouilly. Histoire de partager un peu plus de Beaujolais avec la clientèle ou les personnes qui restent loger.

http://www.domaine-chasselay.com

 

Le Château de la Chaize

Dans un style tout à fait différent, mais qui plaît tout autant…

IB 3 DG 134 Château de la  Chaize à Odenas - Br - Gillet Inter Beaujolais copyright

Au pied du Mont Brouilly, à la sortie d’Odenas, lové dans son écrin de vignes, le château offre sa géométrie raffinée. Jardin à la française, architecture épurée, bassin circulaire, les âmes de Le Nôtre et Mansard planent encore au-dessus de la propriété. Les jardins se visitent sur rendez-vous. Le château appartient à la Marquise de Roussy de Sales et ne se visite pas.
À l’entrée du domaine, la cave de vinification déploie son grand bâtiment et cache en sous-sol un immense chai d’élevage. Long de 108 mètres, il abrite une succession de foudre de 40 à 100 hectolitres. Le Brouilly y passe moins d’une année avant sa mise en bouteille. Quant à la cuvée Vieilles Vignes, elle s’élève en pièces bourguignonnes.

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Le premier, le Brouilly Château de la Chaize 2012, plaît d’emblée par la saveur de son fruit – mais pas comme chez Fabien, le dessin ici est différent, architecturé, peut-être comme le château…

Le Brouilly Cuvée Vieilles Vignes 2012, lui, ressemble à ce qu’on attend d’un vin de garde et offre une certaine retenue, mélange de noblesse et de rigueur, auquel s’ajoute la promesse d’une réelle aptitude au vieillissement. Entretemps, on peut en déjà en apprécier l’esquisse fruitée, le bouquet floral, la bouche élégante aux notes confites, la fraîcheur douce aux épices tempérées. La texture ligneuse de la trame du vin rappelle son élevage, sans toutefois avoir le goût du bois, et renforce l’architecture de cette cuvée à l’âme bien née.

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Les prix si on s’y intéresse et pour autant que je pense à les donner 10,50€ pour le premier et 15€ pour le second

http://www.chateaudelachaize.com

C’est ça le Beaujolais, il y en a pour tous les goûts

Ciao
Beaujolais escapade 174

Marco


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#Carignan Story # 230 : Sus au pénible !

Dans le Midi, rien n’est tout à fait comme ailleurs. En dépit des apparences, le réveil qualitatif auquel on a assisté depuis 30 ans n’est pas uniquement l’œuvre de « people » en vue, comme on peut le constater en Provence ou du côté de Bordeaux où de richissimes néo-ruraux en quête de préretraite viennent chercher refuge dans le monde du vin disneyisé. Ici, le renouveau des vignobles s’inscrit dans l’épopée des gens de la terre, ancrés qu’ils sont dans l’Histoire. En schématisant peut-être un peu trop vite, beaucoup des vignerons d’aujourd’hui sont des Languedociens pur jus que l’épopée industrielle a fait descendre jadis des rudes coteaux de cette garrigue ingrate du Haut-Languedoc dans l’intention de produire en plaine et en quantité dans des conditions d’apparences moins rudes.

Marre des vins pénibles ! Photo©MichelSmith

Marre des vins pénibles ! Photo©MichelSmith

Sans cesse poussés par l’esprit bassement mercantile d’un négoce avide de vins de table trafiqués si dévastateurs pour l’organisme et payé à vil prix au producteur, les producteurs se sont emballés, les vignes sont devenues de grossières vaches à pisser le pinard, les coopératives se sont multipliées pour défendre le productivisme et la chimie s’est emparée du vin faisant la fortune de certains, la ruine des autres. Caricature, allez-vous me dire. Et pourtant, qui se souvient de ce Midi rouge et frondeur, de ce cafetier viticulteur nommé Marcellin Albert haranguant la foule du haut de son platane, de la troupe prête à défendre les préfectures face à des gens ruinés réduits à la castagne ? C’est dans ce perpétuel conflit où les années fastes succèdent aux crises que naquirent des vignobles comme Faugères ou Saint-Chinian aujourd’hui respectés à défaut de n’être encore réputés sur la scène mondiale du vino business.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Ainsi, de braves viticulteurs sont-ils redevenus de vrais vignerons, restaurant avec foi et amour des coteaux délaissés car si peu productifs. Dans les années 80 jusqu’à l’aube du millénaire, on voit naître des cuvées monstres à défaut d’être monstrueuses, des rouges sur mûrs, sur extraits, sur boisés, sur maquillés, surfaits, sur médaillés, sur médiatisés… Qui sait, caché au bout de sa rue Marcellin Albert, à Trausse-Minervois, le sage Luc Lapeyre, à force de caresser sa généreuse barbe toute argentée, se souvient peut-être qu’il est passé par là, par cette époque où l’on cherchait plus à singer le Bordelais plutôt qu’à ressembler à son pays. Comme d’autres vignerons de son envergure, c’est-à-dire des hommes de la terre qui ne se pètent pas le melon, Luc se lamente : « Y’en a marre du vin pénible » ! Il me l’a ressorti l’autre jour lors d’une conversation. Au début, cette réflexion revenant souvent chez lui, je me suis dit : « Ça, cette espèce de désinvolture, c’est tout Luc, du Lapeyre tout craché ! » Puis je me suis aventuré à lui demander : « Qu’entends-tu par là ? »

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

En bavardant avec lui tout en goûtant son dernier Amour de Carignan, j’ai réalisé combien ce bougre de Vigneron, amateur comme moi de bonne cuisine campagnarde avait raison. Mille fois raison. Oui, y’en a ras le bol de ces vins pénibles où l’on ne sent rien, de ces jus où l’on se demande « Mais où est le vin ? », de ces bibines trop travaillées, trop parfumées, trop étriquées, de ces vins mondains sans âme, de ces pinards que l’on avale péniblement et que l’on laisse sur un coin de la table en se demandant : « Putain, où est la bouteille d’eau ? ». Oui, mon ami du Haut-Minervois, plus que jamais aidé de son fils Jean-Yves, a fichtrement raison de maugréer dans sa barbe : « Y’en a marre des pénibles ».

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Du Carignan, les Lapeyre en ont sauvé 5 ha sur les 32 qu’ils cultivent. Une bonne partie va dans cet Amour de Carignan provenant de vignes vendangées à la machine et situées en majorité sur des terres argileuses. Moyenne d’âge : 50 ans. Production : 8.000 flacons. Prix : 5 euros départ cave. Extraction à froid, fermentation sur 10 à 15 jours, mise en bouteilles juste avant le printemps suivant, c’est un vin sans prétention, je serais tenté de dire "sans pénibilité", corsé au nez avec ce qu’il faut de notes de mûres et de cade, d’accents de garrigue en bouche, une pointe d’amertume pas trop gênante et le fruit qui s’accroche en finale laissant une bouche bien fraîche. Le vin parfait pour une grillade d’été. On le boira bien frais sur des brochettes avec force de poivrons, tomates et oignons. Sans oublier le thym. Et sans effort !

Michel Smith

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith


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Millésimes Alsace

Ils étaient une petite centaine de producteurs présent à cet évènement assez récent, une première pour moi qui ne suis guère coutumier de la région. Mais avide d’en apprendre un max et sans peur.

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Parenthèse sur la peur

La peur régit nombre d’amateurs, voire de dégustateurs, l’Alsace l’illustre bien. Propos bizarre certes, mais la peur de l’inconnu arrive même jusqu’au monde feutré du vin. Cela va de la peur d’acheter un une appellation peu, mal ou inconnue, des fois que ce serait mauvais, si tu n’essaies pas, jamais tu ne sauras.
Ou encore ne pas prendre un Riesling sur la truite au bleu, de peur qu’il y ait du sucre résiduel, ce qui peut être effectivement gênant.
Il y a pire dans le Jura, ouillé ou oxydatif cet Arbois blanc ?
Quant aux vieux millésimes, est-il encore bon, avec on va le boire ?
C’est vrai que tout ça est affreux, je me suis fait peur en l’écrivant.
Buvons plutôt un Sauvignon bien variétal, bien rassurant!

Retour en Alsace, terre aux mille cuvées.

Il y en a tellement des cuvées, chaque producteur en propose une douzaine, comment faire ?
Il faut choisir : ne rien déguster ou se lancer, se faire plaisir ou pas. C’est la vie.

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Colmar parc des expos

Grande salle, chaque vigneron derrière sa table, toutes les mêmes, toutes classées par ordre alphabétique, c’est pratique.
Tout déguster est impossible, il faut faire des choix, soyons téméraires, mais espérons que ce seront les bons.
Voici donc une petite douzaine de découvertes, impossible d’en faire plus, dommage.
Et faites dans un ordre aléatoire…
Et sans vraiment de commentaires, photos des vignerons et des vins.

Frick, c’est chic (facile)

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Domaine Léon Boesch

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Domaine Bott-Geyl

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Louis Sipp

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Domaine Valentin Zusslin

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André Ostertag

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Domaine Paul Kubler

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Domaine Hubert Metz

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Véronique et Thomas Muré Domaine du Clos St Landelin

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Josmeyer

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Domaine Paul Ginglinger

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Et pour les amateurs de Riesling bien sec, allez-y sans hésiter, toutes les cuvées dégustées chez les vignerons ci-dessus y répondaient

Un joli petit tour d’une partie de la belle production alsacienne, bien entendu il en manque. De plus, tous les domaines dégustés sont en bio, biodynamie, voire en sans soufre, de quoi se faire une petite peur, pas vrai?

Ciao

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Marko


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Presse du Vin : moi j’aime La Vigne !

L’autre jour, j’ai été peu élégant et même désobligeant envers un magazine qui ne m’avait rien fait, bien au contraire. J’avais oublié qu’une gentille copine en était la rédactrice-en-chef. Aïe ! Je crois que si elle avait été à mes côtés, elle m’aurait giflé. Mais que voulez-vous, je suis bélier. Et quand quelque chose ne va pas, je peux tenir quelques mois sans rien relever, jusqu’au jour où je pète un câble selon l’expression désormais entrée dans le langage courant. Alors, je fonce, droit dans le mur, sans y mettre de gants. Surtout lorsque je fais partie des abonnés (plus maintenant, d’ailleurs), je ne supporte pas qu’un canard me déçoive plus de deux ou trois numéros de suite. On va me dire : « Oui, mais en faisant ça tu n’aides pas la presse du vin ». Et alors ? Si elle est dans la mouise ce n’est tout de même pas de ma faute. Comme dirait l’autre, j’ai été suffisamment bon petit soldat par le passé pour avoir le droit de jouer les grognards de service dans un obscur blog auquel même son altesse Nicolas de Rouyn n’est pas abonné.

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Tenez, je me demande si lui et mes ex camarades de jeu dans la presse du vin lisent autre chose que les magazines du groupe Marie-Claire. Oui, bien sûr, je ne doute pas qu’ils soient branchés en permanence sur les pages vins du Point ou du Figaro, mais se penchent-ils de temps en temps dans l’autre presse, la vraie presse spécialisée.

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Ce n’est pas que je sois un saint, mais perso, je m’honore de lire avec plaisir le magazine La Vigne. Je le trouve varié, très journalistique et soumis de manière moins évidente aux pressions de la régie publicitaire. J’aime son côté concret, ses enquêtes qui, sans être des grands reportages dignes du prix Pulitzer, sont honnêtes, pragmatiques, courtes, sans aucun parti pris si ce n’est la volonté de présenter des initiatives novatrices en matière de viti-vini culture.

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Oui, amis du vin, débutants, négociants, vignerons, bouchonniers, tonneliers, cavistes, simples amateurs curieux ou journalistes divas, allez-y, lisez La Vigne. Car de la lecture, il n’en manque pas dans ce mensuel : on vous parle levures, pieds de cuve, stress hydrique, cuveries, tracteurs, export… Que ce soit sur la technique, la recherche, les maladies, les vignobles étrangers, c’est précis et pas barbant pour deux sous, un magazine riche, qui, contrairement à moi, par exemple, ne cherche pas à en faire des kilomètres à grands renforts d’envolées lyriques.

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C’est pourquoi j’arrête là mes louanges en vous conseillant de lire l’article de Florence Bal sur Bernard Nicoletti, un patron du BTP qui n’a qu’une envie à se retraite : mettre son argent et ses compétences dans un petit vignoble. Celui de Bellet, à Nice. Pour une fois qu’un patron ne cherche pas à s’exiler à Londres, en Belgique ou à Monaco, l’article, je vous l’assure, est réjouissant !

Michel Smith

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