Les 5 du Vin

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Klosterneuburg ou une excellente raison d’aller à Vienne

Tout près de Vienne se trouve la plus ancienne cave de vin d’Autriche, et une des plus anciennes au monde: Klosterneuburg, qui fête cette année ses 900 ans.

Mélange d’abbaye et de palais (l’Empereur Charles VI voulait en faire son Escurial), cet immense bâtiment, qui abrite toujours des prêtres, contient un des trésors de l’humanité, le retable de Verdun; sa décoration baroque est également impressionnante.
L’amateur de vin, lui, s’intéressera bien sûr davantage à la Vinotek, et à la visite des caves. Le chai est situé dans un ancien couvent.

 

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Klosterneuburg vu des vignes (Photo Stift Klosterneuburg)

Bref, ne serait-ce que pour le bâti imposant et chargé d’histoire, Klosterneuburg vaut une visite  pour quiconque passe quelques jours à Vienne. L’endroit est aisément accessible en train ou en bus.

Mais les vins aussi méritent le détour, d’autant que l’abbaye possède des vignes dans plusieurs appellations proches de la capitale – y compris Vienne; ce qui permet d’avoir un aperçu assez large du potentiel de la région en rouge comme en blanc.
Ceci explique aussi que malgré une production importante (de l’ordre du million de cols), et la clientèle touristique, on ait affaire à des vins de grands classe. Chaque parcelle est récoltée et vinifiée séparément, les volumes de chaque vin étant comparables, pour la plupart, à ceux d’entreprises familiales. De plus, la précision quasi bénédictine (ou plutôt augustine) que l’équipe de Wolgang Hamm apporte au vin, depuis la vigne jusqu’au chai, est digne d’éloges.

Au choix, on dura que le vigneron est inspiré par le lieu, ou qu’il a foi… dans ses compétences.

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Wolfgang Hamm, le directeur du domaine (Photo (c) H. Lalau 2014)

 

Voici ma sélection.

Wiener Gemischter Satz DAC 2013

Belle finesse, vif, fruit blanc, du plaisir immédiat mais aussi du volume et de l »expression en bouche. Un vin qui donne raison à Jean-Michle Deiss; la complantation, cela peut donner de très bons résultats. Ici, au Nussberg, on ne l’a jamais abandonné. Au mpoint qu’on ne peur même pas savoir les pourcentages des différents cépages employés. 15/20

Grüner Veltliner Réserve 2013

Cen vin de vieilles vignes, vendangé début novembre, fermenté en fût a été laissé sur ses lies jusqu’en mai.
Son nez feuille de laurier est encore un peu fermé, la bouche est plus expressive – épices, anis, et joliment saline en finale. Un vin très concentré, à attendre. 14/20

Riesling Franzhauser 2013

Vignoble orienté sud, très pentu, sur sols de grès.
Confiture d’abricot et de mirabelle, menthe, complexe au nez; en bouche, cédrat confit, un très bel équilibre entre gras et  acidité, finale longue et délicate. A10 euros la bouteille (prix sur place), c’est un excellent rapport qualité prix. 16/20

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Zierfandler Rotgipfler Gumpolskirchen 2013

Ces deux cépages se complètent très bien: le bel arôme d’agrumes (bergamote et mandarine) et l’acidité  du zierfandler, le volume et le gras du rotgipfler. Ce côté aigre doux souligne une belle matière mais le vin garde quelque chose d’aérien; devrait exceller sur des sushis. 16/20

Weissburgunder Junghernn 2013

Calcaire et terre brune. Bonne attaque vive et ronde à la fois, sans aucune lourdeur, jolies notes de verveine et d’angélique en finale. 15/20

Saint Laurent 2012 Austich

De la famille du pinot noir, ce cépage serait venu d’Alsace; puissant, ce vin présente un joli nez un peu sauvage – airelle, résine de pin; en bouche sa belle acidité vivifie un fruité rouge et noir, assez gourmand. 15/20

Pinot noir 2012 Réserve Wien

fumé au nez – un petit côté rustique (dans le bon sens du terme). Bien mûr pour un pinot, il présente un nez très ouvert de griotte, de cannelle, de cèdre,; la bouche, elle mélange le bois des îles, le caramel, la cardamome; il a un côté sylvestre; le bois (barriques de bois français et autrichien) est très bien fondu. 15/20

 

Commandes en ligne: Onlineshop

Hervé Lalau


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La Maison du Whisky : une réussite basée sur le produit et la compétence

On a trop souvent tendance en France à dénigrer les réussites commerciales, et le monde des vins et spiritueux ne fait pas exception à cette généralisation. Je ne suis pas psy, et donc je ne tenterai pas une mise sur divan des Français pour ce travers un peu absurde. Disons qu’il me semble absurde si la réussite en question est basée sur un vrai plus sur le plan du produit proposé, des prix justes, et une combinaison bien dosée de compétence et de passion de la part des protagonistes de l’affaire en question.

IMG_6409Une petite partie de la collection d’échantillons dans le « tasting room » de la Maison du Whisky  à Paris

Je n’ai aucune doute que la Maison du Whisky, établissement basé à Paris mais ayant aussi des antennes à la Réunion et à Singapour, ainsi qu’un réseau de vente dans 45 pays, fait partie de ces réussites méritées et justifiées. Je me permets de le dire sans être du tout un spécialiste de whisky, même si ce produit est très répandu dans mon pays natal (oui, l’Ecosse reste dans le Royaume Uni et j’avais une grand-mère écossaise).

Je m’étonne un peu que la France soit, je crois, le premier marché au monde pour le Scotch Whisky (oui, je sais qu’il en existe bien d’autres) alors qu’elle exporte la quasi-totalité de son eau de vie la plus célèbre, le Cognac. Cela fait partie des nombreux paradoxes dont ce pays est si friand. Et cet état des choses est relativement récent car le goût des français pour ce produit d’importation n’a commencé à prendre forme qu’à partir des années 1950. La Maison du Whisky, elle, ne se mêle pas de la bagarre pour les grandes volumes générés par les Scotchs « premier prix » qui sont écoulés par les grandes surfaces à coup de promotions. Ses terrains de chasse sont les produits haut de gamme : pure malts, single malts, single barrels, millésimes  et séries pour « collectioneurs ». Ils ont aussi été pionniers dans la découverte des whiskies d’autres pays et continents et sont agents pour l’Europe, par exemple, du whisky japonais Nikka. Tout cela, et bien d’autres niches de ce marché d’une incroyable complexité (en tout cas pour moi qui le découvre un peu), a donné les résultat suivants sur le plan des chiffres : partant d’une création en 1956 par Georges Bénitah, La Maison du Whisky a atteint aujourd’hui, sous la gouvernance du fils de Georges, Thierry, un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros et une équipe de 120 salariés.

IMG_6411J’aime beaucoup ces tons, gradués du pale vers l’ambré et parfaitement mis en valeur dans cette belle boutique, Rue d’Anjou à Paris

 

La portefeuille de marques gérées par cette entreprise exemplaire comporte 150 noms et 900 références exclusives dans le domaine des spiritueux de tous types. En matière de whisky, qui est évidemment au cœur de son métier, il vend plus de 2000 références dont certains atteignent des prix à la bouteille qui ne feraient pas honte aux vins les plus rares. Je dois dire que de tels niveaux de prix me surprennent, voire me choquent un peu s’agissant d’une boisson. Le désir des hommes pour des choses qu’ils estiment rares ne semble pas connaître des limites, pas plus que leur appétit pour de l’argent. Mais cela n’est qu’un avis d’un misérable (qui a pourtant le plupart de ses dents), après tout, et n’enlève rien de mon admiration pour cet entreprise dont le personnel me semble d’une compétence rare, les produits d’une qualité indiscutable, et la qualité esthétique de leur présentation dans la boutique fraîchement renouvelée de la rue d’Anjou.

IMG_6414Whisky de négoce aux étiquettes décalées….

IMG_6413ou collections millésimés issues d’une seule distillerie, il y en a pour tout amateur de Whisky ici.

IMG_6407Le flacon que j’ai pu déguster à la Maison du Whisky. Il m’a presque réconcilié avec ce produit phare de mon pays d’origine, mais je préfère ne pas connaître son prix ! 

Je ne suis évidemment pas compétent pour vous faire des commentaires sur tel ou tel whisky. Je n’en bois que rarement  et je n’ai jamais été un fanatique de ce distillat mais j’ai eu le grand privilège de déguster un Scotch de 1964 qui m’a semblé très fin et même presque délicat autour de son centre qui tient encore au feu de l’alambic, ayant un 43% d’alcool sans intervention d’une réduction à l’eau. Son nom ? Dalmore Constellation 1964. Ce single malt a séjourné d’abord dans des barriques de bourbon, puis dans d’autres ayant contenu du Xérès (oloroso, je crois). C qui prouve bien que les écossais sont économes et recyclent tout.

Après une telle visite, je pense que je vais m’y mettre un peu au whisky, moi qui ne jurais que par les eaux de vie françaises issues du raisin ou de la pomme. Mais avec mes moyens limités, je sens qu’il va falloir choisir avec soin. Je parie que le personnel de cette boutique a les compétences pour guider ce vieux néophyte.

 

Sláinte Mhath

David Cobbold


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#Carignan Story # 248 : Vas-y Jeff !

Tandis que je sirotais mon 98 « Noblesse du Temps » du Domaine Cauhapé, un majestueux Jurançon aux notes d’abricot confit et de zeste de pamplemousse, je prenais soin de visionner de temps en temps mon second écran pour suivre l’époustouflant match Federer-Monfils (Roger plié en trois sets, pour ceux qui ne le sauraient pas) tout en pensant à ma chronique à venir, celle du Dimanche. Oui, les nouvelles cuvées de Carignan abondent en cette fin d’année… et j’ai de quoi, sans trop me vanter dépasser sans encombres le cap du quatre centième numéro ! Je sais, toutes ces confidences n’ont pas grand-chose à voir, mais c’était juste pour vous titiller, pour vous montrer que je ne bois pas QUE du Carignan, que je bosse réellement pour vous, que je me défonce même… Et pourtant…

Vincent aux fourneaux avec sa jeune assistante... Photo©MichelSmith

Vincent aux fourneaux avec sa jeune assistante… Photo©MichelSmith

L’autre soir, je me trouvais à Narbonne dans les murs du Célestin. Derrière les Halles, c’est un petit un bar-caviste très vins « natures » (désormais, il faut le préciser…) où l’on goûte des bouteilles parfois surprenantes, mais bonnes, notamment pas mal de vins issus de cépages « autochtones » comme l’on dit, dont quelques flacons de Carignan, plant aragonais, certes, mais implanté dans le coin depuis le Moyen-âge. Patrons du lieu, Hyacinte et Xavier Plégades, dont je loue avec force la gentillesse et le goût du risque (mélanger une musique assourdissante à une gastronomie audacieuse arrosée de vins sudistes n’est pas donné à tout le monde !), n’avaient rien trouvé de mieux que de prêter leurs fourneaux pour une nuit au plus frondeur des journalistes-blogueurs-culinaires, Vincent Pousson, fraîchement débarqué par le train de Barcelone pour préparer des plats courts mais bien mijotés, des sortes de tapes tendance Catalane. Résultat, ce fut un joyeux délire qu’il est prévu de remettre sur le tapis le 13 Décembre au même endroit. Voilà, si vous résidez dans les parages, vous êtes avisés.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

C’est dans cet indescriptible charivari (Vincent est aussi à l’initiative du Charivari dont je vous avais entretenu cet été) que j’ai pu goûter à la bonne température (merci Xavier) et photographier pour vous le vin de Jean-François, dit Jeff, Coutelou. L’homme dirige à Puimisson, charmant village proche de Béziers, le Mas Coutelou, domaine classé en agriculture biologique depuis 1987, d’où il vinifie toutes sortes de vins aux étiquettes joyeuses et décalées, des cuvées propres à séduire les bistrots tendance vins naturels. Chez lui, il y a de la Syrah et du Grenache en quantité, mais le Carignan a droit de cité. Non mais, manquerait plus que ça !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Ce soir-là, Jeff présentait plusieurs vins, dont un Carignan 2007 guère à sa place dans ce genre de soirée où l’on ne pouvait que se concentrer sur la gaudriole et le rythme afro-cubain. Le vin le plus facile d’approche, compte tenu des circonstances, a bien entendu retenu mon attention. Il s’agissait du « Flambadou », un mot très Languedocien qui désigne un instrument en métal avec un embout de forme de cône dans lequel on glisse du lard que l’on fait ensuite flamber dans la cheminée au dessus d’un lièvre à la broche, par exemple. Cela a pour effet de saisir les chairs de l’animal et de lui donner un goût inimitable. Servi froid dans sa gelée, en compagnie de quelques brins de cresson, le jarret de cochon de l’Ariège, pays natal de Vincent, faisait un effet bœuf (ça m’a échappé !)sur ce Vin de France 2013 proposé à 21 € sur table, ce qui me paraît honnête. Je l’ai juste trouvé un peu jeune, mais il était bien charnu, savoureux, pas trop acidulé, ni trop tannique, juste ce qu’il me fallait dans ce genre d’ambiance festive où les produits campagnards étaient bien mis à l’honneur. La bouteille a été vite vidée, ce qui est un bon signe… Ceux qui l’attendront s’en serviront pour accompagner un lapin de garennes, par exemple.

Michel Smith


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C’est trop con, c’est (presque) trop bon !

Ça vous barbe que l’on évoque une fois encore, et comme tous les ans, le Beaujolais et la futilité de son Primeur ? C’est vrai qu’en Novembre le monde du vin regorge d’événements autrement plus passionnants tels le Grand Tasting, ou le record battu à la Vente des Hospices de Beaune (merci Adriana), ou bien l’inauguration des nouveaux chais de la cave coopérative de Tain-L’Hermitage (10 millions d’euros HT pour 2.800 m2) qui célébrait l’an dernier ses 80 ans, ou la visite passionnante entreprise en Chine par des globe trotteurs du vin que sont les « wine explorers » dont on peut lire les édifiants récits ici. Pourtant, je veux dire malgré ces faits d’actualité, vous n’y couperez pas : Beaujolais is back !

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Ceux des amis Franck et Georges Dubœuf arrivant un poil trop tard pour le bouclage de ma page du Jeudi, j’ai choisi de m’attarder sur le plus rapide, en la personne d’un vieux camarade, Gilles Meimoun, de la Maison Trenel à Charnay-les-Mâcon. Dans son colis, trois échantillons. Du coup, j’ai bu très froid le premier vin attrapé, le p’tit nouveau-rieur, le Beaujolais-baigneur, le beau bojo. Beaucoup trop froid aux yeux de certains dégustateurs présents. Mais bon sang de bonsoir qu’est-ce qu’il est bon ! Presque trop, à mon goût, un poil trop riche, trop mûr. Que voulez-vous, je m’y étais habitué dans les années moins généreuses, plus « primeurs », comme on dit, lorsqu’il croustillait en bouche, quand son acidité parfois un peu excessive le faisait claquer sous ma langue et stimulait mon appétit, quand il bananait de fruit, se pommadait de sucre…

Photo©MichelSmith

Mon préféré. Photo©MichelSmith

On se calme ! Ce vin est trop, mais pas too much. Il est juste bon, je le répète, ce premier nouveau qui vient de passer à ma moulinette (voir plus haut). Il ne coûte que 6,50 € départ cave et pourtant, ce n’est pas mon préféré. On va tâcher de ne pas être trop barbant, mais pour une fois ma préférence ne va pas à la cuvée bio qui, dans cet article, vous sera servie en dernier, ce qui ne manquera pas d’amuser mon ami David. Et pour une fois aussi, mon bonheur a été de croquer dans un Beaujolais Villages Nouveau (6,90 €) à la fois pulpeux et frais jusqu’en finale, issu d’une macération carbonique (pour les deux tiers) et d’une thermovinification qui consiste à chauffer la vendange je suppose pour extraire encore plus de matière et d’arômes, ceux qui sont contenus entre la peau et la chair du Gamay noir à jus blanc. Résultat, un fruit pur (cassis, mûre) en profondeur, une matière dense, vive et veloutée, de délicieux tannins poivrés (poivre gris) et persistants, une fraîcheur intense jusqu’en finale, de l’harmonie, en deux mots, un plaisir fou qui illustre bien la qualité du millésime.

Photo©MichelSmith

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Entre les deux vins qui précèdent, j’ai retrouvé de belles notes de cassis dans la version Beaujolais Nouveau « bio » (8,50 €) théoriquement plus simple (bio ou pas bio) que le Villages. Celle-ci est vinifiée traditionnellement, c’est à dire raisins entiers et intacts en macération carbonique. L’effet est nettement plus acidulé, un profile bien allongé en bouche, mais plus léger (un demi degré en moins sur l’étiquette), des tannins moins marqués et une bonne longueur démontrant, s’il en était nécessaire, aux éternels sceptiques que la macération carbonique bien pratiquée n’a que du bon à offrir. Preuve aussi que le négoce (Trenel est connue pour ses crèmes de fruits et la maison se dit volontiers « artisan négociant ») n’est pas aussi mauvais que les trois quarts des buveurs ignares le décrètent arbitrairement. Pour ma part, des vins comme ça, j’en boirais volontiers jusqu’à l’approche de Noël, comme je le faisais jadis avant que l’on ne commence à me traiter de vieux con ! Alors les gars et les filles, large soif, comme dit Roger Feuilly !

Michel Smith


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Give me Five

Non, ce n’est pas le vin des 5 du Vin, mais le 5 du Mas de Bertrand 2012, un joli Montpeyroux dégusté lors des dernières Régalades.

Pourtant, avec son beau nez de Syrah bien mûre, sa bouche qui oscille entre le cuir, le cassis et les épices, la fermeté et la jovialité, on dirait presque le portrait collectif de notre valeureuse équipe. A vous de retrouver les caractéristiques de chacun…

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C’est l’alibi tout trouvé, en tout cas, pour vous dire à quel point je crois dans ce cru.

Je ne suis pas trop sûr que toutes les appellations communales souhaitées par le Languedoc prendront vie un jour – moins pour des raisons de contenu, d’ailleurs, que pour des raisons de potentiel de production (certaines ne comptent plus que 4 ou 5 vignerons, et se font grignoter par la ville…).

Mais Montpeyroux, si. D’ailleurs, pas mal de gens sont déjà persuadés qu’elle en est une, d’appellation communale. Languedoc Montpeyroux ou Montpeyroux tout court, la belle affaire!

C’est l’occasion pour moi de rappeler à tous les décideurs, à tous les définisseurs, à tous les tamponneurs, que le terroir était là avant eux, que le vin était là avant eux, et qu’il le sera encore après eux.

Hervé Lalau

 

 

 


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Saving Lugana + a J&B Loire tasting

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Lugana, the small white wine district in northern Italy, is menaced by a high-speed rail development. The Lugana producers have launched a petition designed to persuade the Italian government to change their plans.

Here is an extract from an excellent blog post by Magnus Reuterdahl on behalf of the 18,000+ #winelover community. It also has the support of the DWCC (Digital Wine Communications Conference).

‘Help us save Lugana – for us and for the future!

(Posted on 16 November 2014)
On this blog I normally post in Swedish, but this is an international posting – I post this as part of the #winelover community, as a #winelover ambassador. Help us save Lugana!

#saveLugana – sign the petition here!

I want to start by saying that I have nothing against railroads or the expansion of railways. On the contrary, I think they should be expanded in order to reduce car and air traffic.
Having said this, I do not think you can sacrifice everything for this purpose, if the expansion instead destroys other natural or social values, one has to ask what is the most important. In this case, for me – it’s easy!

At the moment Italy plans to expand a portion of its railway network. In doing so they will destroy parts of a unique wine region. It is unique due to it’s size and placement. That is, one can not replace the area by just increasing it. By taking a part of it for other use you will indispensable destroy parts of an unique wine area for a very long time.’

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J & B Loire tasting

The annual J & B (Justerini & Brooks) Loire and Rhône tasting is certainly worthwhile. Although their Rhône list is more comprehensive than the Loire, there were a number of good things to taste this afternoon. Furthermore having tasted the Loire there was time for me to go and play and try a few Rhônes before departing.  

One of the highlights of the Loire tasting was 10 Sancerres from Vincent Pinard – five white and five red. I particularly enjoyed the ripe and richly textured 2011 Vendanges Entières, Sancerre Rouge (£35.46). It still needs time but will be a lovely bottle in a few years time. At £25.46 the 2009 Charlouise is a little more evolved – again with seductive texture and charming Pinot fruit. 
Not easy to pick a favourite from the Pinard whites but I’ll go for the 2012 Harmonie (£25.46) with good weight, concentration and length that will surely age well.
Two wines from Lucien Crochet (represented by Gilles Crochet) impressed. La Croix du Roy (£16.96) is an old favourite and the charming, soft 2009 underlines again how good Pinot Noir now can be from Sancerre and other Central Loire vineyards – well worth considering given the increase in prices in Burgundy.
The other – Le Cul de Beaujeu, Sancerre Blanc – was new to me. The Cul de Beaujeu is the very steep slope that is directly above Chavignol on the other flank from the better known Les Monts Damnés. The Beaujeu parcel belongs to a cousin of Gilles’ wife. He was a pilot with Air France but has just retired and intends to make his own wine from 2015, so Gilles has only been able to make six vintages of this wine – 2009 – 2014. The 2011 Crochet Cul de Beaujeu (£23.96) is noticeably richer and fuller than than the other Crochet Sancerres, although it is still quite tight in the finish and certainly needs time to show its best.

J & B have reduced their Sancerre range as they are no longer listing the wines of François Cotat – not finding the recent vintages sufficiently convincing.
As at last year’s tasting the startlingly precise wines from Thibaud Boudignon stood out in particularly his beautifully textured and long 2011 Savennières (£30.46). 
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Des doutes, toujours, des certitudes, rarement, et du Beaujolais, aussi souvent que possible

Je doute souvent. Et à peu près de tout. Je lisais cette semaine dans Le Monde des Livres un article sur le biologiste, médecin et philosophe Henri Atlan intitulé « Douteur ès Sciences » et je me trouve bien en phase avec les positions de cet homme, sans posséder le 10ème de son savoir. Quel est le rapport avec le vin ? A peu près tout. Par exemple, je doute souvent de ma capacité (et de celle des autres) à juger la qualité d’un vin avec une pertinence quelconque pour autrui. Je doute de la validité de très nombreux principes des AOC. Je doute de la pertinence des études géologiques détaillées appliqués au vin (mais pas du concept du terroir !). Mais, à côté de cela, j’ai aussi quelques rares certitudes. Par exemple, je suis sur que les modes fluctuent et changent : cela s’avère année après année. On le voit avec le cas du Beaujolais dont il sera largement question dans cet article. Une autre de mes certitudes se situe sur le terrain commercial, qui est quand même le nerf de la guerre. Il s’agit de la nécessité des « petits » producteurs de vin de s’associer pour promouvoir et vendre leurs vins. On s’arrêtera là pour le moment.

Cette semaine verra la sortie du Beaujolais Nouveau. J’ai toujours aimé ce moment festif autour du vin, sans nier le tort que cette grosse promotion collective a pu faire à l’image des vins de toute cette région, dont une bonne partie possède des qualités bien au delà du simple « fruité, bu et pissé ». La semaine dernière j’ai pu déguster quelques cuvées (une petite dizaine) de Beaujolais Nouveau et je vous en parlerai à la fin de cet article. Le millésime 2014 me semble avoir beaucoup de qualités en Beaujolais avec une belle intensité d’un fruit qui fait preuve de maturité, et j’ai trouvé des vins tout à fait délicieux.

Par la même occasion, j’ai aussi dégusté quels crus du Beaujolais, dans les millésimes 2012 et 2013 et issus des mêmes domaines que ceux qui proposaient les cuvées de vin nouveau. Et le moins que l’on puisse dire est que la gamme des vins rouges de cette région couvre un spectre bien plus large que celui communément reçu par l’opinion public. Il y avait là des cuvées de Régnié, de Brouilly, de Fleurie ou de Morgon ayant de vraies qualités de vins de petite garde, avec de la structure et du fond, sans perdre le caractère charmeur du fruit de leur gamay noir.

L’occasion de cette petite dégustation était une présentation des vins d’une association appelée Terroirs Originels, qui réunit une vingtaine de vignerons indépendants du Beaujolais et du Maconnais. Pour voir de quoi il s’agit, allez visiter leur site qui explique très clairement l’approche, ainsi qu’il présente les individus qui en font partie (http://www.terroirs-originels.com/). C’est cette association, entre autres, qui me confirme dans l’opinion exprimée ci-dessus quant à l’utilité, voire la nécessité, pour des vignerons ayant peu d’hectares chacun de s’unir pour vendre, en France ou à l’export, mais aussi pour présenter leurs vins à la presse et aux professionnels.

Nous savons tous que le phénomène Beaujolais Nouveau n’est pas une pure invention « marketing » du temps modernes, mais qu’il est l’héritier d’une tradition, oubliée et très ancienne, qui faisait que les vins (sauf quelques liquoreux) ne se vendait que pendant leur jeunesse, vu l’impossibilité de bien les conserver avant l’arrivée des bouteilles industrielles et de l’usage du soufre. La réussite de cette fête un peu bacchique doit aussi, très probablement, une part de son succès populaire à la période de l’année et à la météo connexe de l’hémisphère nord. L’été est loin, les jours de raccourcissent rapidement, le froid arrive et les fêtes de fin d’année ne sont pas encore là. Le prétexte pour conjurer la déprime et illuminer les idées noires tombe très bien. Mais chaque médaille à son revers, et la simplification de l’image des vins de toute une région, avec ses nuances, ses variations, ses capacités et expressions différentes, ont été, pendant longtemps, noyés sous le flot de ce vin simple et gai, mais un peu trop uniforme par moments.

Je crois que cette période est révolue, et je l’espère de tout coeur. Les nombreux producteurs de qualité de cette belle région le méritent amplement. En tout cas, les vins que j’ai dégusté (il est vrai qu’ils ne représentent qu’une infime partie de l’offre) n’avaient rien de triste, mais ils n’étaient ni simplistes ni monolithiques non plus. Chaque vigneron, et chaque cuvée passait une expression particulière parmi les vins de Beaujolais et Beaujolais Villages 2014 que j’ai dégusté, et à fortiori avec les crus. Voici des notes sur les vins que j’ai préféré, avec une photo des producteurs en question. Car je crois aussi (mais ce n’est pas une certitude) que l’homme fait bien plus pour la personnalité d’un vin que la géologie. Cette dernière disciplines permets de faire de bien jolies cartes quand même !

 

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Beaujolais Nouveau 2014, Emmanuel Fellot

Frais et délicat avec une superbe qualité de fruit. Un vin fin et léger, à lamper avec bonheur.

Beaujolais Villages Nouveau 2014, Emmanuel Fellot

Possède la même belle qualité de fruit mais aussi une structure plus présente et, logiquement, davantage de longueur. Une très belle cuvée qui nous amène loin des poncifs qu’en entend encore et toujours sur ce type de vin.

 

robert_perroud-1 Beaujolais Nouveau 2014, Robert Perroud

Le nez est splendide, très expressif. En bouche cela se confirme  avec un bouquet de fruits frais, d’une gourmandise parfaite. Je  dirai même que c’est un Beaujolais nouveau idéal et tout à fait  délicieux.

 

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Beaujolais Villages Nouveau 2014, Lucien Lardy 

Encore une délice, mais qui possède un peu plus de fond et de structure que le vin précédent. J’en boirais bien un tonneau !

 

 

La mode et les étiquettes

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Les étiquettes en Beaujolais, comme ailleurs, évoluent et c’est tant mieux. Une petite tendance remarquée lors de cette dégustation est l’apposition, en grand, d’une date qui n’est pas celle du millésime du vin en question. Cela est illustré par ces trois cuvées différents de Beaujolais et Beaujolais Villages Nouveau de Jean-Michel Dupré, vigneron de la commune de Regnié qui bénéficie d’un stock impressionnant de vieilles vignes. C’est donc l’année de plantation de la majorité de chaque parcelle (oui, il fait bien remplacer les pieds morts) qui lui donne son identité. Emmanuel Fellot utilise aussi ce principe d’une date écrite en grand sur ses étiquettes. Mais dans son cas in s’agit de 1828, année de l’installation de sa famille sur le domaine. L’ancrage dans l’histoire reste un constant, indépendamment des modes. Les vins  de Dupré sont bons, mais ne faisaient pas partie de mes préférés car j’ai trouvé leur acidité un peu trop présente. La partie pris de Dupré est d’éviter toute chaptalisation dans ses vins nouveau. C’est un peu comme la religion : on y adhère ou non par principe/croyance, mais pas vraiment par goût.

Et les crus

Voici une petite sélection, toujours issus des ce groupe de vignerons.

Domaine Dupré, Régnié 2012

J’ai aimé sa facilité d’accès et sa relative souplesse. Bon fruit et une certaine densité.

Robert Perroud, Brouilly « Pollen », 2013

Ce vin, qui a vécu 12 mois en fût est très structuré et possède une longueur impressionnante. Sa finale qui un peu sèche me fait penser qu’un peu moins de temps en bois aurait été préférable. Mais il faut certainement l’attendre aussi pour le laisser exprimer tout son potentiel.

Lucien Lardy, Fleurie 2013

Un très joli vin avec beaucoup de fond. C’est intense, relativement tannique, avec une structure bien en phase avec la matière. Un très beau vin qui peut se mesurer à d’autres bien plus chers.

L. Gauthier, Morgon Côte de Py 2013

Autre cuvée solide, aussi large que trapue. Sa texture légèrement rugueuse le situe un peu en dessous de la précédente.

 

Et bientôt des Premiers Crus ?

Je sais que l’inter-profession cherche à établir, à l’avenir, une sorte hiérarchie à l’intérieur des crus que prendra la forme d’un certain nombre de parcelles ayant le statut de premiers crus. Pour cela ils ont fait creuser de milliers de trous dans le vignoble afin de regarder ce qui se passe en dessous. Je ne sais pas trop ce qu’il faut penser de ce projet. D’un côté c’est bien, car cela fera parler des qualités de certains vins. Mais d’un autre, je ne suis pas convaincu que cela reflétera réellement une échelle qualitative crédible pour le consommateur, tant le rôle du producteur individuel me semble être au cœur de cette affaire.

 

David Cobbold

 

 

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