Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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La température du vin est affaire de doigté…

On a passé sans trop d’encombres le temps du vin chaud épicé et flambé dans sa tasse en fer blanc, souvenir rapporté du service militaire. Enfin, ça n’a pas été facile pour tout le monde, je pense aux malos si longues à se finir, à François le Français qui bataille pour gouverner, au petit commerce de proximité qui se meurt de plus en plus (où est passé Gérard Nicoud ?), aux grands crus que l’on classe, à Cannes qui se mouille, à Sarko le mal rasé, à mes articulations… Stop ! Ah oui, j’en étais au temps du vin chaud, aux rudes hivers passés devant la cheminée ce qui est bien mieux que la télé, vous en conviendrez.

Attention, ça va chauffer ! Photo©MichelSmith

Attention, ça va chauffer ! Photo©MichelSmith

C’est alors qu’on se retrouve directement propulsé en été – on peut rêver, non ? -, que les terrasses bourgeonnent de jolies dames, pendant que les rosés se frigorifient dans la glace et que les cigarettes nous empestent de plus en plus quand bien même leurs tarifs flambent et jusqu’à l’intérieur des restaurants. Le vin chaud, en été, c’est ma hantise et, si je crois bien vous avoir servi de ce plat dans une chronique datant du début de notre blog, eh bien soit, basta, je réitère aujourd’hui même. Franchement, je n’ai jamais compris pourquoi le sens de la juste température du vin ne passait pas auprès des restaurateurs… ni même auprès des clients d’ailleurs ! C’est pourtant simple la bonne température du vin. Aussi simple que le bon sens. Une affaire de doigté vous dis-je. Oui, vous avez bien lu : du doigté.

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Car il n’y a pas meilleurs instruments que les doigts d’une main pour tester la température de l’eau. Ma grand-mère, Suzanne Dujardin (pardon, j’ai parfois tendance à me prendre pour le Taulier, alias Jacques Berthomeau, quand il nous parle de sa Mémé de La Mothe-Achard…) quand elle daignait nous laver à grande eau une fois par semaine dans la grande bassine posée sur le sol de la cuisine, ma Mamie donc, cédait volontiers à une sorte de rituel : tandis que nous grelotions mon frère et moi nus comme deux vers sur le carrelage, elle plongeait dans l’eau ses doigts de championne de bridge afin de nous dire si l’on pouvait se mouiller les pieds sans se brûler. C’était une question de juste température. Eh bien, je trouve que l’on devrait apprendre au personnel de la restauration grande, petite ou moyenne, de procéder de la même façon si un client demande à ce que l’on rafraîchisse son vin. Bien sûr que non, il ne s’agit pas de tremper son index dans le verre de vin – quoique, faudra que j’essaye -, mais de tremper ses doigts dans l’eau froide afin de constater si la température de l’été est bonne. Je sens qu’avec un peu de chance vous allez insister pour que je m’explique.

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Et jusque sur la plage… Photo©MichelSmith

En été, et plus encore toute l’année, mais particulièrement lorsque les fortes chaleurs sévissent, il m’apparaît difficile de boire le vin rouge chaud et le vin blanc, ou rosé, glacé. Question de goût, me direz-vous. Certes, mais quand même… Or, je constate, et je ne suis pas le seul, qu’en restauration les vins non seulement ne sont jamais servis à leur juste température, mais que le simple fait d’en faire la réclamation entraîne chez le serveur, parfois aussi chez le sommelier quand ce n’est pas chez le restaurateur lui-même, soit une sorte de moue moqueuse ou méprisante, soit une réponse stupide du style « vous auriez dû me le demander avant et j’aurais mis votre bouteille au frigo ».

Le rosé bien frais, bien sûr... Photo©MichelSmith

Le rosé bien frais, bien sûr… Photo©MichelSmith

Notez qu’à chaque occasion, je m’efforce d’expliquer le plus poliment, que qu’à cela ne tienne : « Vous n’avez qu’à me mettre de l’eau dans un sceau à champagne avec quelques glaçons et cela fera parfaitement l’affaire. » Là, huit fois sur dix je m’engage sur une pente glissante qui me fait perdre du temps tout en gâchant une partie de mon plaisir puisque cela retarde l’arrivée du plat. Pour faire court, j’ai l’impression de réclamer le décrochage de la lune ! Parfois on me rétorque ceci : « Désolé Monsieur, nous ne sommes pas équipés d’une machine à glaçons ici », ou même « Navré Monsieur, mais nous n’avons pas de sceau à champagne ». Je vous jure que c’est vrai. Le plus souvent pourtant on me pose avec dédain sur la table un sceau ruisselant semblable à un casque bosselé trouvé en Meuse sur un champ de bataille de la guerre 14/18, pot dans lequel on a mis plusieurs pelletées de glaçons avec un maigre filet d’eau pour contenter le client. Bref, on n’a pas écouté ma requête et le serveur n’en a fait qu’à sa tête.

Le sceau à glace indispensable, pas seulement en terrasse... Photo©MichelSmith

Le sceau à glace indispensable, même entre vignerons… Photo©MichelSmith

Pour pouvoir boire mon vin à la bonne température, je suis alors obligé de commander une grande carafe d’eau à laquelle j’ai droit, flotte généralement imbuvable qui va directement dans le sceau histoire de faire fondre la glace. J’y plonge la bouteille qui baigne enfin dans son bain froid jusqu’au cou (car cela ne sert à rien que de ne baigner que le cul …) et je n’oublie surtout pas de chronométrer le temps que le flacon passera dans son bain, soit 3 à 5 minutes selon le type de rouge, le double pour un rosé ou un blanc. Le but étant d’éviter que le vin ne soit figé par l’excès de froid. C’est tout juste si je ne mets pas en route l’alarme de mon portable afin de ne pas ruiner le plaisir que j’ai de boire mon vin à la bonne température. Mais, comme Suzanne, les vrais testeurs de température restent mes doigts. En les plongeant dans le sceau d’abord. Puis aussi parfois, discrètement, en trempant mon index dans le verre de vin.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Il m’arrive aussi, dans un restaurant plus huppé où les sceaux ont la forme d’une vasque, de suggérer au sommelier de rafraîchir mon vin décanté en plongeant la carafe quelques minutes dans l’eau froide. Bien entendu ce genre de problème ne se produit pas dans un restaurant équipé d’une armoire à vins… À condition toutefois que le vin ait été placé dans le bon rayonnage et que la machine ait été bien réglée, qu’elle ne soit pas là juste pour parfaire le décor. Pour vous, ces petites choses de la vie vous paraissent insignifiantes, mais je vous assure que la température du vin est  primordiale pour la simple et bonne raison qu’au cours d’un repas un vin doit rester digeste et qu’il doit vous rafraîchir plutôt que de vous assommer. Toutes couleurs confondues, par expérience, je préconise 13° de température de service, 15° pour certains rouges (millésimes anciens ou grands vins) et 10° pour certains blancs et rosés (les plus simples), sachant que de toutes les façons quand il fait 25 à 30° dans une salle de restaurant ou dehors en plein été, même à l’ombre, le vin, une fois dans le verre, se réchauffe assez vite.

Michel Smith


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Il se vide de son sang dans une vigne de Champagne

Encore un fait divers à glacer le sang. Encore une victime du prétendu progrès. Ou bien faut-il  y voir une conséquence de la crise, et de son corollaire, la course effrénée à la rentabilité qui pousse certains domaines viticoles à engager des gens de moins en moins qualifiés, qu’ils ne prennent plus la peine de former?

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Photo Lisson

Le sécateur fonctionnait toujours

Lundi dernier, un ouvrier agricole d’Avize (Marne), qui effectuait la taille d’une vigne, s’est littéralement vidé de son sang après s’être presque entièrement découpé l’abdomen avec son sécateur électrique.

Détail sordide: tenu fermement par la main du mort, le sécateur fonctionnait toujours à l’arrivée des secours.

Détail encore plus sordide: on ne taille pas la vigne en mai, après le débourrement!

Number One

Vous n’êtes pas sans savoir que ce blog a été désigné comme "le plus influent des blogs de vin", pour ce mois de mai, par le classement eBuzzing (ex-Wikio).

Bien que je n’ai jamais bien compris comment fonctionne ce classement, je ne vais pas bouder mon plaisir. J’adore cette "coopérative de l’écriture". Pas forcément chaque article, pris isolément – surtout pas dans ce que j’écris moi-même. Mais l’ensemble, la diversité, le flux constant des idées, le kaléidoscope de nos 5 plumes. Le côté "famille", aussi.

Ce que disent les chiffres

Cependant, je ne peux m’empêcher de remarquer (au vu des chiffres de notre hébergeur Wordcom), que les articles qui attirent le plus grand nombre de gens sont les articles polémiques; ceux aux titres les plus accrocheurs; les billets où le lecteur se dit qu’il va y avoir du sport, à défaut de sang.

La preuve: si vous lisez ceci, c’est peut-être parce que mon titre grand-guignolesque vous a attiré ici. Au fait, mes plus plates excuses à toutes les victimes de sécateurs fous ainsi qu’à leurs aimables fabricants…

Les blogs comme celui-ci sont libres de toute publicité, ils ne coûtent rien au lecteur, et ce dernier a un choix presque illimité; en tout cas, il lui faudrait des siècles pour tout lire. Il doit donc faire des choix, des arbitrages entre les blogs.

Comme auteur, comme journaliste, j’aimerais beaucoup que le lecteur s’intéresse à des commentaires de jolis vins, qu’il parte à la découverte de cépages oubliés ou de vignerons méritants. Je constate malheureusement qu’il se passionne plus – en moyenne – pour l’actualité judiciaire de Saint Emilion, pour la cotation des primeurs, pour le scandale des pesticides, pour la cryo-congélo-contraction, pour la critique du terroir ou pour les fantaisies des AOC que pour la réussite de vignerons modèles.

Il y a des exceptions, bien sûr, comme avec l’article de Michel sur Pibarnon – mais s’il faut qu’un vigneron meure pour qu’on s’intéresse à lui, c’est cher payé, non?

Sex, drugs & rock & roll

Ce blog est donc le reflet un peu déformé de notre propension pour le sensationnel, de notre goût très gaulois pour la castagne, quand ce n’est pas notre goût morbide pour les trains qui déraillent, pour les avions qui  tombent. Restent le sexe, la drogue et le rock and roll. Le trash.

J’ai failli titrer "La culotte de Madonna dans un fût d’Angelus" (une réminiscence de mon passage dans une institution religieuse, sans doute). Mais notre hébergeur nous interdit de publier du contenu à caractère pornographique – je parle du prix de l’Angelus, bien sûr.

Madonna

Le summum du mauvais goût (je parle du montage, bien sûr – mes excuses à M. de Boüard)

Sacrées levures!

On ne  peut pas grand chose au sensationnalisme ambiant.Ce n’est pas moi qui décide que cent fois plus de Français se passionnent pour le cook-bashing de Top Chef, ou les pitoyables donneurs de leçons de The Voice ou de la Star Academy, plutôt que pour les documentaires de vulgarisation scientifique de National Geographic.

Je continuerai donc à poster des billets torrides sur les moeurs des levures en milieu réducteur; ou bien, je vous emmènerai en voyage dans le vignoble, que ce soit à Baixas, à Fleurie, à Stellenbosch ou au Cap Bon; tant pis si je n’explose pas le compteur!

Bon, d’accord, de temps à autre, je pousserai un bon coup de gueule sur les pesticides, le goût de bouchon, les gourous du vin, le protectionnisme franchouillard ou l’ineptie des classements (on ne se refait pas).

Juste parce que ce jour là, ce sera mon bon plaisir.

A quoi servirait un blog, sinon? A faire de l’audience?

Laissons ça aux mercenaires de la presse…

Hervé


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A bas le protectionnisme des cépages: le cas du teran

Je rebondis ici sur un sujet abordé dans ce blog très récemment par Hervé Lalau dans un excellent papier avec lequel je suis en parfait accord.

http://les5duvin.wordpress.com/2013/05/01/les-cepages-sont-a-tout-le-monde/

On voit, de temps en temps, une région, voire un pays, tenter de jouer la carte du protectionnisme avec certaines variétés de vigne pour étouffer toute concurrence. Autant je considère qu’il est tout à fait légitime et souhaitable d’avoir une législation claire qui protège une appellation géographique en la rendant exclusive à son origine, autant une telle approche ne peut en aucun cas être justifiée pour un cépage dont l’origine géographique est toujours incertaine et difficile à cerner dans le temps, sans parler du fait que son étendue géographique traverse largement nos frontières politiques actuelles.

teran

grappe de Teran, de la famille des Refosk

Un cas actuel m’amène à parler de ce sujet mais j’ai aussi le souvenir qu’il y a quelques années l’Alsace a tenté de mettre main basse sur deux cépages, le Riesling et le Gewuztraminer, en empêchant d’autres régions françaises d’en planter (ndlr: un arrêté de 2012 interdit l’usage de ces cépages en Vin de France, de même que certains cépages savoyards).

Vu que ces deux variétés, et surtout le Riesling, sont très plantés dans d’autres pays et sont probablement originaires de l’Allemagne de toute façon, je trouve cette attitude absurde et je ne comprends pas que l’INAO en France ait pu l’appuyer, obligeant même un très bon vigneron, Jean-Louis Denois, d’arracher ses parcelles de ces deux variétés au-dessus de Limoux ! Et maintenant, on en replante parce que la législation européenne interdit, paraît-il, ce genre d’absurdité. Espérons qu’elle refuse alors à la Slovénie ce qu’elle essaie d’imposer à son voisin du Sud, et peut-être aussi à l’Italie !

paysage d'Istrie

Paysage d’Istrie, en Croatie, un des berceaux du cépage Teran (photo DC)

 

Un cas d’école

Le cas actuel dont j’ai parlé se passe entre la Slovénie et la Croatie autour d’un cépage rouge, le Teran, ou Terrano. La variété est connue en Istrie (Croatie) depuis le 14ème siècle mais se trouve aussi en Slovénie et en Italie. Comme toute variété ancienne il a pas mal de synonymes : Cagnina (en Frioul et Emile-Romagne), Rabiosa Nera (Breganza), Refosco del Carso, Refosk ou Refosco d’Istria (Slovénie et Croatie). Mais il s’agit bien d’une variété distincte du Refosco dal Pedoncolo Rosso, avec laquelle elle a longtemps été confondue.

Nous savons que les frontières politiques non seulement ne sont pas constantes dans le temps (et l’ex-Yougoslavie en est un excellent exemple), mais ne peuvent pas être étanches au mouvement des plantes, par exemple. De plus, il est très hasardeux de dire avec précision où une variété de vigne à vu le jour pour la première fois.

Je ne vois pas alors comment un seul pays ou région peut être autorisé de s’accaparer un cépage. C’est pourtant ce que la Slovénie essaie de faire en ce moment en empêchant des vignerons croates, de la région d’Istrie où il y a quelques 400 hectares de la variété plantés, d’utiliser le nom Teran pour leur vins qui en sont pourtant issus ! Même si, de nos jours, cette surface ne représente qu’environ 8% du vignoble de cette belle région qui borde l’Adriatique, en regardant les archives, on constate qu’il y en avait quelques 35,000 hectares de teran en Istrie vers 1880. Environ 25 producteurs croates mettent en bouteille des vins issus du seul cépage teran de nos jours, et ils se voient confrontés à l’interdiction d’appeller leur vin par son nom de cépage légitime par une sombre manoeuvre opéré par la Slovénie pour garder l’exclusivité du nom Teran sous la législation européenne. Et la Croatie entrera dans l’Union Européenne en juillet 2013.

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 Terra Rossa en Istrie, sol qui semble convenir au cépage Teran (Photo DC)

J’ai pu dégusté, à diverses reprises, plusieurs vins issus de cette variété, aussi bien slovènes qu’italiens ou croates. Un récent voyage en Istrie m’a permis de goûter les vins croates qui figurent ci-dessous. Le Teran (ou Terrano) semble particulièrement adapté à des sols calcaires rouges, riches et fer, et c’est là où on le trouve, du moins en Slovénie (sur le plateau de Kras), et en Istrie croate.

Il produit des vins assez tannique mais pas très colorés, avec une acidité élévée et un alcool plutôt faible. Sa localisation sur certain types de sols lui a donné des appellations associées quand il est utilisé seul : Terrano del Carso, en Italie; Kraski teran, en Slovénie ; Istarski teran, en Croatie. Mais on le trouve aussi parfois en assemblage. L’influence historique de l’Italie dans ces parties proches de la mer Adriatique de la Slovénie, comme de la Croatie, a été considérable et l’italien y est souvent la deuxième langue.

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Ivan Damjanič (photo DC)

Damjanič, Clemente 2009

(60% merlot, 20% cabernet sauvignon, 15% teran, 5% borgonja)

Le teran a été séché en cagettes, puis macéré pendant 2 mois afin d’assouplir ses tannins et réduire son acidité naturellement élévé.

Le vin porte encore l’empreinte de son élévage sous bois (14 mois, puis 10 mois en cuve inox) et montre la souplesse et le fruit du merlot, bien associé à l’acidité et à l’astringence des deux variétés locales (la variété borgonja, dont il n’en reste que très peu en Croatie, n’est autre que le blaufrankisch). Un beau vin qui sera à son meilleur d’ici un an. 15/20.

Prix conso: 16,50 euros

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La cuvée Clemente, à droite, de Damjanič (photo DC)

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La belle gamme de vins de Benvenuti (photo DC)

Benvenuti Teran 2009

Le nez oscille entre l’animal et la cerise griotte. C’est structuré, assez intense, et un poil rustique à cause de tannins pas trop aimables. Très juteux quand même, mais j’ai soupçonné une petite touche de bretts. 14/20

Prix conso: 18 euros (ce qui m’a semble assez élevé pour ce vin d’un producteur qui fait par ailleurs des vins tout à fait remarquables en blanc avec le cépage Malvazia)

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Les installations de Kozlovič sont à la pointe de la modernité (photo DC)

Kozlovič, Teran 2012

(un échantillon en cours d’élevage, fermentation en cuve bois)

Un fruité somptueux qui est porté par une très belle acidité. Croquant et ferme, semble moins tannique que le 2011. 15/20 (note provisoire)

Prix conso: probablement 10 euros (pas encore en vente)

florr detail et Koslovic

Kozlovič, Teran 2011

Vin fin finissant très sec, avec un fruité qui rappelle des baies noirs sauvages. La structure est délicate mais ferme par ses tanins pourtant bien  intégrés. La finale est claire et bien fruité. Délicieux. 14,5/20

Prix conso: 10 euros

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Antonella  Kozlovič, avec son mari, a bien développé cette affaire familiale

(photo DC)

Kozlovič, Othello 2009

(70% teran, 15% cabernet sauvignon, 15% merlot)

Très belle richesse dans la matière, mais aussi une superbe fraîcheur aporté par le teran. Une pointe d’amertume en finale qui caractérise souvent cette variété. Excellent équilibre dans ce vin encore austre mais fin. 15,5/20

Prix conso: 12 euros

Cossetto, Teran 2009

Robe assez intense mais nez pas très net. Le boisé est excessif et donne un aspect caramel aux saveurs qui devient vite envahissant. 11/20

Prix conso: inconnu

J’espère, pour conclure, que le bon sens prévaudra dans cette affaire qui est aussi lamentable et dérisoire que tous les autres du même genre (Alsace, Picpoul et compagnie en France, par exemple). Hervé Lalau l’a bien dit: "Les cépages sont à tout le monde".

David


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Après le pitoyable Classement de Saint-Émilion: et si on boycottait les GCC ?

Ben oui, tiens, pourquoi pas ?

J’en ai ras la casquette de tout ce remue-méninges autour du classement décennal de Saint-Émilion. Pourtant, j’aime bien Saint-Émilion, village classé à l’église monolithe plus qu’insolite. Tenez, profitez donc ici de cette planante vue qui a dû coûter bonbon.

Le village offre une restauration haut de gamme, un super bistro à vins, des châteaux en veux-tu en voilà, de confortables chambres d’hôtes un peu partout autour, un formidable musée de la poterie, de délicieux macarons, une noble Jurade qui compte parmi ses illustres prud’hommes notre Hervé Lalau en personne…, lequel a déjà pas mal pondu sur le sujet. Patatras !  Il semble à mes yeux que tout ça ne soit qu’une façade d’opérette pour touristes, ou, si l’on préfère, un décorum pour un péplum moderne des plus vulgaires, une sorte de version bachique de "Qui veut gagner des millions" . Une farce à la Française.

Le Bar à vins de L'Envers du Décor. Photo©MichelSmith

Le Bar à vins de L’Envers du Décor. Photo©MichelSmith

Comme je suis de nature très mauvais esprit ( du moins c’est ce qu’on me dit), il m’est venu une idée, forcément lumineuse, à propos de Saint-Émilion. Une idée qui, au départ, peut paraître un tantinet révolutionnaire, provocatrice, mais qui pourrait, à condition de le vouloir, se développer en une idée plus consensuelle destinée à porter haut les couleurs et l’image de marque du cru si cher à Ausone.

La Cave Coopérative du cru, encore du côté "noble" de la route...Photo©MichelSmith

La Cave Coopérative du cru, du côté "noble" de la route…Photo©MichelSmith

L’idée est simple : et si on boycottait les GCC ? Ceux du Médoc et d’ailleurs, mais aussi et surtout ceux de Saint-Émilion. Je sais, cela vous semble idiot alors que, dans la pratique, ce serait trop facile. Il suffirait que tous les couillons de la terre (et nous sommes nombreux), les blogueurs, journalistes, illuminés, dindons de la farce, buveurs, amateurs, il suffirait que tous les déçus et les cocus du système se donnent le mot d’ordre sur Internet, avec quelques appuis de choix, allant de Léon à David, de Michel Bettane à Jancis Robinson, en passant par Bob, bien sûr, et les autres, même à Bordeaux, tous ceux qui pensent que ce feuilleton devenu judiciaire ne peut que ternir l’image de marque d’un des vignobles majeurs de notre sphère. Réfléchissons quelques secondes. Sans parler des simples Graves, simples Bordeaux, simples Haut-Médoc et Médoc, le seul risque que l’on prendrait en agissant ainsi du côté de Libourne, serait de parler – enfin – des autres, des vrais, des Saint-Emilion « tout court », de ceux du bas de l’échelle comme du haut de la côte, ceux de gauche ou de droite, les sans grades qui bordent la nationale à portée de vue des hlm, tous ceux qui n’adoptent qu’un seul nom, Saint-Émilion, et qui sont fiers de porter ce nom.

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Avec l’appui du Syndicat des Vignerons de Saint-Émilion, organisme fondé en 1884 et devenu depuis «Conseil» (c’est plus smart que syndicat…) qui pourrait nous prêter un de ses luxueux salons en haut du village, qui sait même avec l’aide du Premier Jurat qui n’est autre qu’Hubert de Bouärd dont l’Angélus vient d’être hautement promu, on pourrait organiser une  «dégustation des sans grades», manifestation qui, pourquoi pas?, pourrait se répéter tous les deux ans, peu avant Vinexpo, histoire de médiatiser un peu plus ces vins qui en ont bien besoin ?

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Photo@DR

Pendant qu’on y est, on en profiterait pour laisser de côté ceux qui, par la grâce d’une obscure dégustation de routine, obtiennent le droit de mettre qu’ils sont "Saint-Émilion Grand Cru", juste parce qu’ils affichent un demi degré supérieur aux autres (éventuellement chaptalisé). En revanche, on pourrait étendre cette dégustation aux fameux «satellites» dont on parle peu, nous les premiers.

Oui, bon, d’accord, tout cela n’est pas très cohérent. "Le Smith, il veut d’abord boycotter et après, avec l’aide de ceux qu’il appelle à boycotter, en promouvoir d’autres". Pourtant, ce serait bien, Monsieur le Prud’homme, cher Hervé, de ne parler que des sans grades, non ? On montrerait ainsi qu’à Saint-Émilion tous les vins ne sont pas chers et inaccessibles. D’ailleurs, on fixerait même un prix plafond : disons dix euros, ça me paraît honnête par les temps qui courent, non ?

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Il me semble qu’autrefois, un journaliste belge (encore eux !), Jo Gryn, a eu une idée semblable. De mon côté, je l’avais exploitée une fois, il y a longtemps, du temps où je travaillais pour Saveurs, et j’avais même, à cette occasion, trouvé quelques pépites. Alors, Messieurs de la Jurade ou du Conseil, messires «les garants de la tradition», la balle est dans votre camp !

Michel Smith


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Champagne ou Prosecco? Il y a une différence?

Selon une étude récente du cabinet Mintel, les sujets de sa Gracieuse Majesté n’ont pas tous une idée très claire de la différence entre les principaux mousseux sur leur marché. Pour 38% d’entre eux, par exemple, "there is little difference between Champagne and Prosecco" .

C’est bien la peine que le CIVC se décarcasse! Malgré son bataillon de juristes à l’affut de la moindre usurpation du mot Champagne, malgré les sommes investies pour garder cette image d’exclusivité que la planète fashion est censée lui envier, malgré les différences de cépages, de terroir, de climat, malgré les procédés de fabrication différents (cuve close pour le prosecco, refermentation en bouteille pour le Champagne), malgré l’exigence d’un élevage plus long pour le Champagne, etc… ce dernier a du mal à convaincre les nouvelles générations.

Tout ça pour ça!

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My Prosecco is rich

Bon, les Rosbifs poussent peut-être le  muselet un peu loin. Je pense qu’on peut reconnaître un Champagne d’un Prosecco à l’aveugle.

Je ne dirais pas forcément la même chose d’un Champagne et d’un Crémant de Bourgogne, du Jura ou d’Alsace (surtout ceux à forte proportion de Chardonnay). Ni même d’un Cava. Là, à l’aveugle, je ne suis pas toujours sûr de faire la différence.

Mais bien sûr, il y a l’élément prix.

Pour le Cava, on frise l’incroyable, l’indécent: malgré un procédé comparable, et pour les meilleurs, une qualité comparable, les prix sont incroyablement plus abordables que ceux du Champagne.

Je ne parle pas des Cavas bradés dans le hard discount (même si, à comparer avec les Champagnes de Premiers prix, ils ne s’en sortent pas si mal). Non, je parle des beaux Cavas, même des cuvées de prestige. A 15 euros, vous trouvez chez Codorniu ou chez Pere Ventura de vraies merveilles.

Je ne vous parle même pas de Raventos i Blanc – celui-ci a quitté la DO Cava, qui, pour lui, ne lutte pas assez contre le bradage.

Mais pour revenir à nos amis anglais (ou belges, d’ailleurs, puisque ceux-ci aussi se détournent du Champagne), je crois pouvoir dire qu’il ne faut jamais surestimer le consommateur – vous lui parlez cépage, procédé, terroir, il vous répond souvent rapport qualité-prix.

Si la différence dans la bouteille ne justifie pas l’écart de prix, alors il écoute d’abord son portefeuille, surtout en temps de crise.

La tradition? Oui, elle a du bon, mais la nouvelle génération n’attend plus Noël pour déboucher une bouteille de bulles, et si c’est toutes les semaines la fête, le prix ne peut plus être celui d’un Champagne de grande marque.

Compter sur le côté exclusif, OK, c’est bon pour la faune branchée, les gosses de riches. Mais pour les autres, on fait quoi?

Hervé

PS. Merci à tous de votre fidélité: ce mois-ci, ce blog est n°1 au classement eBuzzing des blogs de vin le plus influents. Qu’est-ce qu’on boit?

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