Les 5 du Vin

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#Carignan Story # 236 : Questions sur Boutenac

Sur dix communes, dont celle de Boutenac, et depuis 2005, contrairement à d’autres appellations sudistes, ce n’est pas l’altitude qui fait le cru. Ici, bien que l’on soit au cœur du massif des Corbières, les vignes ne dépassent pas cent mètres d’altitude… Qu’on le veuille ou non, ce qui fait Boutenac, c’est sa spécificité Carignan en plus de son terroir qui est plus complexe qu’on ne le croit, ne se limitant pas à la seule présence des galets roulés. L’A.O.P. Corbières Boutenac existe bel et bien et se porte plutôt pas mal si on écoute ses principaux acteurs. Certains la déclinent même en plusieurs cuvées. Pourtant, elle ne concerne pour l’instant que 150 ha de terres et 25 vignerons menés par Pierre Bories, un gars formidablement ambitieux pour son pays. Et malgré tout le respect que je dois à mes amis vignerons de la région, malgré la jeunesse et l’enthousiasme des uns et des autres, elle reste une appellation quelque peu bâtarde, sans grande âme, sans grande logique. Une appellation qui pourtant, lorsque je l’explorais pour la première fois dans les années 90, avait toutes les chances de réussir. Mais je le répète une fois de plus : une appellation, ça se mérite !

Sur la route du château. Photo©MichelSmith

Sur la route du château. Photo©MichelSmith

Quelques points positifs

-Le Carignan doit être ramassé manuellement dit la règle. Je suppose que c’est pour satisfaire les habitudes de macérations carboniques qui perdurent ici sur le Carignan depuis les années 60/70/80 grâce aux conseils de l’œnologue narbonnais Marc Dubernet, en particulier. À moins que ce ne soit dans un souci fort légitime de protéger les vieilles vignes cultivées en taille basse (taille gobelet), en liaison étroite avec le sol, et donc très fragiles lorsque les engins agricoles se faufilent entre les rangs.

-Dans les documents officiels, le Carignan est cité en premier… mais avec la Syrah… puis après le Grenache et le Mourvèdre. Selon les textes, il arrive même que le Mourvèdre prenne le devant sur la Syrah. Allez comprendre… Sauf qu’à mes yeux de petit observateur de seconde zone, qui plus est Parisien de naissance et d’éducation, il me semble qu’en dehors de la conception de vins de cépages, la Syrah n’a rien à faire sous la cagnasse de Boutenac. Voilà, c’est dit ! Cela n’empêche pas que l’on puisse en mettre dans les assemblages, mais le moins possible SVP !

Le clocher de Boutenac. Photo©MichelSmith

Le clocher de Boutenac. Photo©MichelSmith

Quelques questions et quelques (modestes) conseils amicaux.

-La charge maximum autorisée est de huit tonnes de raisins par hectare… De prime abord, ça a l’air positif plutôt que de s’en tenir aux sempiternels rendements plafonds que l’on dépasse allègrement par dérogation. Sauf que, qu’est-ce que l’on fait si l’on dépasse la limite ? On déclasse en quoi ? Et que fait-on à l’inverse si les vignes ne sont pas très productives ? On charge en engrais chimiques pour donner un coup de fouet ?

-Quelle est la mesure phare, la mesure choc, prise par les pousseurs de crus pour mettre en avant la singularité de l’appellation Boutenac ? Désolé, je n’en vois point.

-Le cru, c’est bien. Corbières-Boutenac c’est pas mal. Mais si on avait vraiment voulut marquer les esprits, appuyer là où il faut, ne faillait-il pas simplement s’en tenir au nom Boutenac ? Pourquoi rajouter Corbières alors que le monde entier ne situe pas cette zone hormis quelques occitanistes patentés dans le triangle Perpignan-Carcassonne-Narbonne ? Pourquoi, à l’heure de la mondialisation, ne pas s’en tenir à la mention plus explicite à mon sens : Boutenac, Grand Vin du Languedoc ? Il paraît qu’un dossier dans ce sens est en cours depuis 2012. Il serait temps de l’activer.

-Enfin, revenons sur le Carignan. Après avoir laissé entendre au monde entier que l’on allait voir ce que l’on allait voir, que le Carignan de Boutenac était le cépage du coin, celui qui est adapté au climat, au sol et qui confère de la grandeur d’âme au vin, pourquoi diable le limiter ? Dire qu’il ne doit pas dépasser 50 % de l’encépagement (ou 60 %, ou 70% peu importe), cela signifie en quelque sorte qu’il n’est pas jugé assez bon en solo, qu’il doit obligatoirement être associé au Grenache ou au Mouvèdre et, le plus souvent hélas, à la Syrah. Ne serait-il pas un poil plus logique, plus judicieux de dire : « Faîtes ce que vous voulez avec lui, l’important étant qu’il doit être présent dans l’assemblage, à fond la caisse ou à minima, avec les trois autres cépages » ? Combien de vignerons passent à côté de grandissimes Carignans afin de rester dans la logique stupide d’un texte de technocrates assistés de vignerons aveugles ? Combien sont-ils de femmes et d’hommes qui éprouvent le besoin – nécessaire à mon sens – de vinifier leur plus grand vin avec leurs meilleurs Carignans sans avoir à le polluer par l’apport vulgaire de raisins passe-partout ? Combien se sentent dans l’obligation morale de « tricher » pour réaliser leur plus belle cuvée, celle que l’on réserve à l’appellation Corbières-Boutenac ?

Salomé Besancenot surveille la température des vins de son papa. Photo©MichelSmith

Salomé Besancenot surveille la température des vins de son papa. Photo©MichelSmith

J’ai goûté tous les Boutenac (remarquez que je dis « Boutenac » et non « Corbières Boutenac ») lors d’une mémorable soirée au château de Boutenac où se trouve le siège des vins de Corbières. Outre le fait que la majorité des vins proposés à la dégustation par les vignerons eux-mêmes étaient chauds, que de nombre d’entre eux étaient outrageusement boisés, bâclés par un élevage superficiel sans style et sans finesse (« Eh oui, faut faire une cuvée spéciale coco ! »), j’ai eu l’occasion de relever – mais ce n’était pas à l’aveugle – que les meilleures vins avaient une part carignanesque majoritaire en eux. Ce fut le cas des châteaux Aiguilloux, Caraghuilhes, Villemajou, Fonsainte, La Voulte Gasparets, Ollieux-Romanis, de vieux classiques des Corbières en quelque sorte. J’ai d’ailleurs terminé la soirée avec une parfaite Échappée Belle (de Caraguilhes) que j’avais encensé ici même en Mars dernier et que la toute jeune Salomé, la fille du vigneron, maintenait régulièrement à température comme on peut le voir sur ces photos. Sinon, une curiosité – une petite bombre, devrais-je dire – dont on attendra la sortie d’ici peu : la saisissante cuvée « Côte de Pierre » 2012 que Louis Fabre (Château Fabre Gasparets) réalise avec la complicité Didier Barral (de Faugères). Tiré à 3.000 exemplaires, ce "très majoritaire" Carignan sera en vente cet automne autour de 30 € !

Ce nouveau Carignan sera-t-il Boutenac ? Corbières ? Ou rien du tout... Photo©MichelSmith

Ce nouveau Carignan sera-t-il Boutenac ? Corbières ? Ou rien du tout… Photo©MichelSmith

Michel Smith


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Zurich, salon apéro au Schloss Sihlberg

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À l’invitation de Susi et Andreas, de www.swiss-wine-connection.ch, me voici débarquant comme un grand à Zurich, ville où je n’avais jamais les pieds. Il fait beau et je décide d’aller à pied de la gare, Zürich HB, jusqu’à mon hôtel en longeant la Limatt, la rivière qui arrose la ville. De loin, j’aperçois une grue gigantesque, plus haute que les toits de la vieille ville. Bizarre, cette géante qui pointe son épingle rouillée vers les cieux. De près, elle semble incongrue… mais l’anachronique arabesque d’acier trône indifférente tant à l’admiration qu’aux quolibets. Dans son petit communiqué, Susi en parlait, affirmant qu’avec pareil engin, Zürich se prenait pour un port. Un port où le vin coule à flot…

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Un mot sur la grue

En 2009, l’association d’artistes «zürich transit maritim» www.zurich-transit-maritim.ch installe cinq bollards en fonte sur le Limmatquai (le bollard est une bitte d’amarrage)Copie (2) de ztm-legenden et sonne ainsi le début de la métamorphose de Zürich en ville portuaire. Mais les bollards n’étaient que les prémices d’une transformation plus profonde qui culmine avec l’installation de la grue portuaire annoncée par le groupe d’artistes lors de l’inauguration.
De mai 2014 à mars 2015, la grue de 90 tonnes provenant du port Baltique de Rostock sera visible sur le Limmatquai.

Zurich, port à vin

Le vin suisse se produit majoritairement dans la partie occidentale du pays. Valais, Vaud et Genève se partagent les deux tiers de la superficie totale du vignoble. «À contrario, une large part du vin est bue dans la «Greater Zurich Area». Pas étonnant dès lors que Zurich soit le lieu privilégié par les producteurs pour les dégustations de vins, qu’il s’agisse de vins indigènes ou internationaux. En cette année de l’installation de la grue portuaire, nous nous emparons du concept artistique controversé en les poussant un peu plus loin. En effet, si le projet d’un canal transhelvétique reliant le Rhône au Rhin, très actuel encore au milieu du siècle dernier, s’était réalisé, verrait-on aujourd’hui des tonneaux de vin de Genève, ou de plus loin encore, déchargés sur les quais de Zurich? »

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Avec ou sans canal transhelvétique, Zürich devient chaque année le havre des vins helvétiques. Mémoire & Friends, organisée depuis 2009, a lieu le dernier lundi du mois d’août. C’est l’un des plus importants événements de la scène viticole suisse. Parmi les exposants figurent les 54 membres de la Mémoire des Vins Suisses www.mdvs.ch ainsi qu’une centaine de leurs amis. Ceci vaut le voyage à Zurich, avec ou sans bateau…

 

Et le Schloss Sihlberg dans tout ça ?

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Si le lundi se consacre à l’ensemble des appellations suisses, la veille, l’organisation propose un programme off, cette année, la rencontre avec les vignerons du coin. La ville de Zürich et ses environs comptent quelques domaines, ce dimanche offrait une fin de journée exceptionnellement ensoleillée des plus propices aux discussions bachiques. Le cadre : la terrasse agréable du Schloss Sihlberg, une grosse villa qui doit remonter au début 20ème. Alanguis au soleil, on dirait une fiction, une bonne douzaine de producteurs attendaient les visiteurs.
Ne connaissant rien, mais certes bardé de quelques a prioris, je commence la dégustation flanqué de mon confrère et copain Alexandre Truffer qui s’occupe de la version francophone du magazine Vinum. La surprise est de taille, les premiers vins dégustés nous plaisent. Originaux et d’excellentes factures, on se dit qu’on est bien tombé, "c’est toujours ça de pris". L’ensemble dégusté a été sans fausse note, par-ci par-là, certes quelques faiblesses, mais une série de belles découvertes avec en tête, le cépage autochtone, le Räuschling.

Les coups de cœur

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Le Räuschling Lattenberg 2013 Zweifel Weine le premier dégusté et une grande première pour moi, une découverte, celui-ci, frais, citronné, croquant et des plus désaltérant. Le domaine produit aussi un Malbec 2012 qui pousse sur sable et ne ressemble ni à un argentin, ni à un cadurcien, élégant, il offre un fruité évocateur de marmelade de cerise tissé dans une soie tannique délicate. http://www.zweifelweine.ch

Le Sauvignon 2012 de Winzerei zur Metzg a le grand avantage de ne pas goûter le Sauvignon, aux antipodes des tristes productions variétales, le Zurichois offre du musc et de la réglisse qui embaument avec délicatesse la gelée de groseille blanche.

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www.winzerei-zur-metzg.ch

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La Suisse francophone est venue en force et qualité:  Alexandre Truffer (Vinum et Romanduvin, déjà cité,  et Laurent Probst -http://vinsconfederes.ch/ – discutent autour du Sauvignon de Metzg.

Landolt Weine AG. Vinifie nombre de parcelles entourées des murs de la ville, c’est un peu le Haut Brion alémanique, sans comparer toutefois les vins…
Son Stadt Zürich Schaumwein brut Pinot Noir en méthode traditionnelle vaut un bon Champagne. La perle nacrée, le galbe langoureux, la suavité fraîche d’une groseille blanche, le poivré délicat des prémices charnels. http://www.landolt-weine.ch

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Assemblage de Müller-Thurgau, Räuschling et Pinot Blanc pour la Cuvée Blanche 2013 Weingut Diederik à Küsnacht, lieu tristement célèbre, c’est là qu’est morte notre reine Astrid en 1934 dans un accident de voiture. La fraîcheur éclatante du vin lui rend hommage, il a de l’éclat, un développement minéral et une rondeur envoûtante. http://www.diederik.ch

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Meilener Räuschling Seehalden 2013 Schwarzenberg Weinbau qui n’est autre qu’un vin blanc des plus gracieux, alliant fraîcheur délicate et croquant gourmand. Le Meilener Pinot Noir Sélection 2011 au nez fumé, apparaît comme un PN classique alémanique comme on pourrait se l’imaginer, mais son fondu, ses épices, ne font qu’embellir son fruit. http://www.reblaube.ch

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Peut-être le plus beau Räuschling le R3 2012 AOC Zürichsee Lüthi Weinbau qui se parfume avec raffinement de rose blanche avant de fondre comme une poire savoureuse.
Tout aussi surprenant, le Pinot Noir Barrique 2012 à la caresse tannique subtil, au fruité bien dessiné, contour de cerise noire mélangée de fraise et de prunelle. Il préfermente à froid pendant 15 jours. http://www.luethiweinbau.ch

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Belle démonstration, belle découverte, quel apéritif, quel envie d’en connaître plus.

Le lendemain, on attaquait la grosse dégustation, en salle, une autre histoire, une autre ambiance, faudra qu’on en parle…

Et pour mieux comprendre la Suisse et ses vins, le dernier bouquin d’Ellen…

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Ellen Wallace, Editor GenevaLunch
editor@genevalunch.com
http://www.genevalunch.com
Tel: +41 21 806 3800

 

Ciao

Copie de ztm-legenden

 

Marco


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Triguedina, côté parcelles

J’ai un lien particulier, historique, si l’on veut, avec le Clos Triguedina.

C’est un des premiers vins qu’il m’ait été donné de déguster régulièrement, à la fin des années 1970. C’était juste après les Bourgogne que mes parents m’emmenaient goûter au fût, lors de leurs descentes de cave. Vous voyez, j’ai eu une enfance malheureuse! C’est sans doute pour l’exorciser que j’occupe ce petit bout de toile, quitte à exaspérer les abstinents.

Mais revenons à Triguedina – le Clos portait le titre de Château, à l’époque, si je ne m’abuse.

Château ou pas, ce Cahors était un sacré changement, pour le dégustateur novice que j’étais, qui plus est habitué aux robes claires du Pommard. Côté tannins, aussi, c’était une autre paire de manches. Mais la cuvée Prince Probus, le haut de gamme de M. Baldès – le père du propriétaire actuel – était toujours très bien élevée, pour autant que je m’en souvienne. J’ai retrouvé une bouteille de 1982, au fond de la cave de mes parents, début 2000; elle était parfaite.

Les décennies ont passé. Jean-Luc Baldès a repris le flambeau, après avoir fait ses classes – je vous le donne en mille – en Bourgogne! Mais aussi à Bordeaux.

Sans rien renier, il a imprimé sa marque sur le domaine – le New Black Wine, c’est lui. Avec cette cuvée, il fait revivre une tradition cadurcienne, le "Cahors de chauffe". Le Vin de Lune, le Pétillant Rosé, c’est lui aussi. On peut être résolument Cadurcien, les pieds dans la terre, avoir l’esprit de famille… et l’esprit créatif. Sans oublier l’ambition, sans laquelle il ne se créée pas grand chose en ce monde.

Ses vins, il les signe: Jean-Luc Baldès en grand, Triguedina en plus petit. C’est même à cette adresse que vous le trouvez.

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Vous trouvez ça vaniteux? Moi pas. Jean-Luc assume l’héritage, mais revendique son apport. Le droit de suivre une autre voie, ou la même; le droit d’avoir raison, et de se tromper. Le droit d’avoir du caractère et des convictions. Le droit de vous dire "Pensez de moi ce que vous voulez; mais goûtez, s’il vous plaît".

Côté héritage, notons tout de même qu’il perpétue la cuvée Probus (le Prince est parti, reste le vin, et c’est l’essentiel).

Chaque année, pour moi, cette cuvée reste un marqueur, un jalon de la qualité du millésime à Cahors, dans un style travaillé – le style grand cru, pour autant que ce ne soit pas un gros mot à Cahors. Car vous le savez, c’est une des rares grandes appellations de France sans hiérarchie autre que celle de la réputation, du nom du domaine. Difficile de dire si c’est mieux ou moins bien. On vit avec. Crus ou pas, il y a de grands vins à Cahors.

Le terroir, un gros mot?

Ca n’empêche pas certains producteurs de Cahors de faire de louables efforts pour mieux identifier leurs terroirs (non, ce n’est pas un gros mot non plus!). Jean-Luc Baldès fait partie de ceux-là. On peut même dire qu’il est en pointe.

Quand je parle d’identifier, je ne veux pas dire qu’il les découvre. Bien sûr qu’il a toujours su que toutes ses parcelles ne se ressemblaient pas – c’est le B A Ba du métier du vigneron, et son père, comme son grand père,  le savaient avant lui.
Mais Jean-Luc, lui, avait envie de le montrer aux consommateurs. Alors il en a fait des cuvées séparées, une trilogie de parcellaires qui ont pour noms Au Coin du Bois, Petites Cailles et Les Galets.

J’en avais entendu parler. Ces derniers jours, j’ai pu les goûter.
Trois nouvelles pierres à l’édifice de la connaissance, ou en tout cas, à celui de mon éducation personnelle.

Vous dire que je les reconnaîtrais entre mille, peut-être pas. Vous dire que c’est le minéral qui parle, que j’ai croqué les cailloux, sucé la craie, non, bien sûr. Mais des différences, oui, j’en ai notées, aussi bien dans deux grands millésimes comme 2009 et 2011 que dans une année plus jalouse comme 2010 – car j’ai pu déguster trois millésimes de chaque.

La cuvée Au Coin du Bois m’a semblé la plus robuste des trois, la plus complète, la plus opulente aussi. Le 2009 a pour lui la richesse; le 2011 un fruit éclatant sur une trame solide.
Les Petites Cailles, qu’on imagine plutôt replètes, ont fait mentir leur nom: pour moi, c’est la cuvée la plus serrée, la plus dynamique – pas maigre, non, mais plutôt bâtie sur sa charpente acide que sur la chair – c’est particulièrement sensible sur le 2010, très élégant. Et complexe.
Les Galets, quant à eux, me semblent conjuguer le velours des tannins et la pureté d’un fruit rouge très direct; c’est aussi la cuvée la plus saline – on retrouve ce trait dans les trois millésimes, indépendamment de la matière, plus ou moins charnue. Comme un petit côté pointu sur la langue, bien agréable.

C’est mon ressenti, en tout cas.

Je me suis volontairement abstenu de m’intéresser aux sols avant de commenter pour ne pas me focaliser, même inconsciemment, sur la recherche d’éléments censés venir d’un terroir, même micro. Et je n’ai pas voulu non plus trop réfléchir. Je me suis laisser aller. J’ai mis mon nez dans le verre, le vin dans ma bouche, j’ai fermé les yeux, je me suis laissé guider par mes sens.

Je ne peux vous dire dans quelle mesure je me suis fait influencer, tout de même, par la recherche de la différence, d’écarts que je n’aurais peut être pas remarqués sinon.

Mais en dégustant les trois verres en parallèles, il était évident pour moi que j’avais bien affaire à trois expressions différentes du Malbec, tantôt séduisant, tantôt solennel, tantôt primesautier. J’aurais pu pousser plus avant, oui, mais ce n’était pas mon propos. Pas envie, cette fois, de relancer notre vieux débat sur le sol qui se boit ou pas. Je cherchais le plaisir, pas la prise de tête. Je l’ai trouvé. Bravo et merci au vigneron.

Les trois parcelles

Bien sûr, pour ne pas influencer la comparaison, les vinifications sont identiques pour les trois cuvées (macération de 20 à 25 jours, malo faite, 12 mois d’élevage en barrique française). Il n’y a que la provenance et les sols qui diffèrent.
Les Galets, ce sont des dépôts de sidérolithiques en troisième terrasse du Lot, riches en silice et en fer.
Au Coin du Bois, ce sont les secondes terrasses du Lot, à Puy l’Evêque – argiles rouges, limons, cailloux en profondeur, le tout sur une couche de calcaire en profondeur.
Les Petites Cailles, ce sont des sols du Causse, à Floressac. Calcaire kimmeridgien, argiles violettes, fer.

Sans pouvoir établir précisément les connexions "minérales", j’ai aimé les vins – les trois; comme on aimerait trois soeurs ou trois cousins. Pour leurs différences et pour leur air de famille. J’ai aimé aussi l’exercice intellectuel.

A vous de le reproduire, cet exercice, si ça vous intéresse. C’est tout le sens de cette trilogie, née avec le millésime 2007.

Triguedina

Ce trio, Jean-Luc Baldès le vend ensemble, dans un coffret. Une belle idée de cadeau pour Noël. Ou à n’importe quel autre moment de l’année, si affinités.

Attention: il n’y en a que 3.000 bouteilles de chaque, chaque année que le raisin veut bien nous donner.

Et maintenant, vous m’excuserez. Non seulement il me tarde de dîner (triguedina, en cadurcien); mais il me tarde surtout de reprendre mes dégustations comparatives, ne serait-ce que pour faire avancer la science… ;-))

Hervé Lalau


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Planning my cycle ride down the Loire for cancer charities

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Esme Morris Macintyre, who died last year aged 18 of a brain tumour.

Thursday 17th September is approaching fast. On the 17th I will be at Mont Gerbier de Jonc, the source of the Loire, to start the ride down the Valley to the Atlantic. We are now busy planning the details of the ride, which are still subject to amendment, especially making sure of avoiding as many main roads as possible. The route will largely follow the river but not slavishly so. I will be publishing the details of les étapes on Les 5 du Vin before the start.

Young Esme Morris Macintyre (https://www.facebook.com/EsmesAdventure) is my inspiration to cycle the Loire. She raised £1000s for teenagers with cancer before her premature death last year. As I am riding in France I have chosen a French charity – in tandem with Teenage Cancer Trust. My page on Fondation Gustave Roussy is: https://igr.friendraising.eu/jim.budd, for Teenage Cancer Trust it is http://uk.virginmoneygiving.com/JimBudd.

Here are a few photos of passing sights during the ride:  

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Vineyard in the Côte Roannaise.

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Halfway: the sign on the bridge over the Loire @Pouilly-sur-Loire. All downhill from here!

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La Loire@Blois

MontlouisvinesOct08s

Autumnal vines@Montouis

GaredeToursbs

Gare de Tours

ChinonCh12.08s

Château de Chinon with town below

Saumur@night

Saumur and the Loire@night

Chd'Anceniss

Château d’Ancenis

LaCigale-nom

The famous La Cigale brasserie, specialising in seafood in the centre of Nantes.

 

 

 


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La transmission réussie : l’exemple des Plageoles à Gaillac

Il est une question qui intéresse toutes les familles engagées dans la production artisanale (pour l’industrie, cela peut aussi être le cas, mais les structures diffèrent) : celle de la transmission entre les générations. Cela n’est pas propre aux vignerons, même si c’est eux qui nous préoccupent aujourd’hui.

Tout outil de production de vin est par définition plus ou moins fragile, selon les volontés et les compétences variables de générations successives, mais aussi en fonction des contraintes fiscales et commerciales, et, malheureusement, des aléas climatiques.

Robert-and-BernardRobert et Bernard Plageoles dans leurs vignes à Gaillac (photo The Vine Route)

Malgré les difficultés inhérentes à une transmission directe aux descendants, je suis souvent frappé par l’extraordinaire pérennité des familles de vignerons en Alsace, pour prendre un exemple. On en trouve qui en sont à la dixième génération, voire au delà, et cela, malgré les vicissitudes politiques qui ont agité cette belle région. Mais, pour illustrer mon propos d’aujourd’hui, je vais prendre un exemple issu d’une autre région : le Sud-Ouest de la France et l’appellation Gaillac. Je connais la famille Plageoles depuis près de 30 ans, ayant d’abord vendu leurs vins en tant que caviste avant de faire connaissance avec Robert et sa femme Josy, puis avec leur fils Bernard et sa femme Myriam, et maintenant, depuis peu, avec les fils de Bernard et Myriam, Florent et Romain.

Florent PlageolesFlorent Plageoles en action : la troisième génération que j’ai connu de cette famille exemplaire de vignerons de Gaillac

 

Je les vois, soit chez eux, soit lors de dégustations à Paris, d’une manière sporadique mais régulière, environ une fois tous les deux ans, parfois plus. Cela m’a permis de suivre, sur toute cette période, une évolution fascinante du domaine et de ses vins, mais aussi le passage progressif du témoin de Robert à Bernard. La suite semble maintenant programmée avec l’entrée dans l’exploitation familiale de Florent et de Romain. L’aventure viticole des Plageoles à Gaillac ira surement jusqu’à la 7ème génération, voire au-delà, car un petit Marcel Plageoles II est déjà sur pieds – mais non-greffé pour le moment.

Pour conter cette histoire, il faut remonter plus loin; car Robert Plageoles, malgré sa renommée et la place tutélaire qu’il a pris, souvent malgré lui et face à des oppositions aussi virulentes que parfois malfaisantes, n’a fait que de poursuivre et développer le travail de son père Marcel. Ce Marcel Plageoles avait hérité d’un petit domaine de 5 hectares, planté uniquement de cépages blancs. Avant lui, il y eut Jules, François et Emile, souvent métayers, puis acquérant, petit à petit, des lopins de vigne. Mais Marcel avait une autre vision du Gaillacois, car il était aussi greffeur et ce travail l’amenait à connaître par cœur tout le vignoble et à récupérer, ici et là, des pieds de vigne qu’il trouvait digne d’intérêt. C’est lui qui a planté, par exemple, quelques pieds d’un vieux cépage, l’ondenc, qui a failli disparaître et qui allait avoir une nouvelle vie grâce au travail de recherche méticuleux de Robert.

gamme PlageolesUne partie de la large gamme de vins produits par les Plageoles

A ma connaissance, c’est Robert qui a lancé le processus d’innovation, allié à un travail en profondeur sur les bases historiques de ce vignoble gaillacois. D’abord, il a vinifié et embouteillé les cépages séparément, utilisant toute la gamme des variétés alors à sa disposition, mais aussi les types : rouge, blanc sec, blanc doux et pétillant. Ses étiquettes étaient déjà modernes et claires, avant les autres, avec une identité graphique facilement reconnaissable. Les vins allaient des « simples » gamay et sauvignon blanc au très complexe Vin de Voile, un vin oxydatif à élevage long sous bois utilisant le cépage local mauzac : un vin déroutant pour les esprits formatés. Puis de la syrah, de la muscadelle et, petit à petit, l’introduction, en fonction de ses recherches et plantations, d’autres variétés plus purement locales comme le duras ou le prunelart (en rouge), l’ondenc et le verdanel (en blanc). Et cette liste, qui varie dans le temps, n’est pas exhaustive, car il y aussi le braucol (alias fer servadou), et toutes les variantes du mauzac, dont certaines produisent le célèbre Mauzac Nature, un blanc effervescent fait selon la méthode rurale que Marcel, le père de Robert, avait maintenu.

Tous ceux qui ont connu Robert Plageoles gardent de lui le souvenir d’un personnage très attachant, chaleureux, généreux et volubile, au savoir riche et multiple et à la curiosité quasi inépuisable. Un tel personnage peut aussi être, forcément, un peu encombrant pour celui qui lui succède sur le domaine, en l’occurrence son fils Bernard. Mais c’est tout à l’honneur de ces deux, et certainement aussi à la sagesse et aux efforts de leurs épouses, que la transition de l’un à l’autre se soit si bien passée. Bernard s’est fait sa place, avec un style qui lui est propre, fait de franchise et d’engagement, et grâce à un travail formidable, partagé avec sa femme Myriam, qui prolonge et amplifie l’héritage de ses aïeux. Robert garde son rôle d’agitateur d’idées et on afflue à ses conférences sur les cépages rares dont beaucoup doivent leur survie et leur nouvel élan à lui-même.

Car de quoi parle-t-on quand on se lance sur la piste des variétés dites « rares » ? De plusieurs choses en même temps : diversité des goûts, adaptabilité aux climats locaux spécifiques, résistance aux maladies (éventuellement), lien avec le passé et possibilités d’avenir avec une identité particulière pour chaque région. Dire que Robert Plageoles a été un pionnier dans ce domaine à Gaillac est comme dire que la reine d’Angleterre porte des chapeaux colorés. Hormis cet homme, seuls des ignorants ou des malotrus peuvent prétendre avoir retrouvé, expérimenté, puis lancé l’ondenc, le prunelart, le verdanel et d’autres variétés tombées dans les oubliettes. Ses recherches l’ont mené sur les chemins de l’histoire gaillacoise, mais aussi un peu partout, y compris , souvent, vers la réserve ampélographique de Vassal, bientôt déménagée et un peu perdue, à son grand regret.

Gaillac a fini par reconnaître, du moins dans les faits, le rôle essentiel joué par Robert Plageoles pour son appellation. Entre 1960 et 1990, selon les chiffres fournis par Philippe Séguier dans son livre Le Vignoble de Gaillac (curieusement pas disponible à la Maison des Vins de Gaillac !!!), les surfaces plantées en braucol sont passées d’un hectare à 350, celle de duras de 77 à 850, et plusieurs autres vignerons ont planté de l’ondenc et du prunelart. Et je parie que ces chiffres sont encore en augmentation nette depuis lors. La propriété des Plageoles totalise maintenant environ 40 hectares, avec l’acquisition récente de quelques hectares supplémentaires, à planter à ou à replanter : de quoi assurer la vie de bientôt trois familles et deux ou trois générations sur le domaine. Son avenir est en marche, mais il ne le serait pas sans son passé. Une leçon à méditer, sûrement.

PS. Mes remerciements à Florent Leclercq, qui m’a fourni des informations utiles via son bel article sur les Plageoles dans la revue Plaisirs du Tarn.

David Cobbold


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#Carignan Story # 233 : Kaya, le retour !

Alors que l’ami Vincent Pousson me signale l’arrivée sur le marché d’un nouveau jus de Carignan pour les pitchouns en provenance directe de l’Aude – à noter que l’on en a aussi chez nous, au Domaine Rivaton, par exemple -, comme je l’expliquais ici il y a quelques mois, et tandis que j’apprends que Gérard Bertrand nous a pondu une cuvée de Gewurztraminer (oui, vous avez bien lu, et c’est en Vin de France !) qu’à mon grand désespoir je n’ai pas encore eu l’occasion de goûter, je reviens volontiers dans la superbe Vallée de l’Agly qui m’intéresse au plus haut point ces temps-ci.

Photo©VincentPousson

Photo©VincentPousson

Il y a deux ans, du temps où nous étions sur d’autres lignes, je vous avais causé en bien du Carignan Kaya que l’on doit à Cathy et Daniel Laffite, couple de vignerons courageux installés à Las Fredas, entre Maury et Tautavel (Pyrénées-Orientales, pour ceux qui ne suivent pas…), au Domaine des Soulanes. Au passage, sachez que Kaya est le nom donné à un chat de la famille aujourd’hui décédé et enterré à proximité des vignes. Ceci mis à part, je ne sais si vous avez suivi mes conseils à l’époque en achetant cette cuvée, mais j’ai profité d’un passage chez mon ami Guillaume, caviste sur le Cours Palmarole à Perpignan pour goûter la même cuvée en 2013. Bon, on est d’accord, c’est encore un peu ferme et tannique en bouche, mais le vin a de la répartie, de la densité, du fruit et de la sincérité. Il faut l’attendre un an ou deux, peut-être bien trois.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Aux Caves Maillol ou à la propriété, ce joli Carignan IGP Côtes Catalanes est à 12 € la bouteille. Profitez en pour goûter la petite sœur, le Kaya rosé 2013, vendu deux fois moins cher : 6,40 €. C’est la vraie nouveauté du jour, un vin dans l’air du temps, gras, animé, fruité et acidulé qui se mariera avec presque tout : salades de tomates, terrines, courgettes et aubergines farcies, spaghetti à la bolognaise, pizze napolitaines, minestrone, sans oublier les poissons. Et puis tenez, puisque vous me lisez jusqu’au bout, je vous conseille de goûter la cuvée Jean Pull, du nom du fondateur du Domaine : un Côtes du Roussillon Villages de toute beauté à seulement 8 € départ cave.

Alors, qu’est-de qu’on dit ? Merci Michel…

Michel Smith

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Et un autre cadeau pour finir : le plus beau des disques de jazz qui vient de sortir pour l’été. Un moment poignant d’émotions que l’on doit à Keith Jarrett et à Charlie Haden… Une subtile alliance entre piano et contrebasse sur des classiques des années 50/60. Merveilleux avec un verre de Kaya rosé, à l’ombre, sur sa terrasse face à la mer ou à la montagne. Bon dimanche !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith


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Macédoine, vin du monde, quelque part en Europe

Après avoir atterri à Salonique, c’est marrant de passer la frontière en voiture comme avant, avec deux postes et un no man’s land entre les deux. Vérification, passeport, cachets et "roule ma poule" ( dit en grec ou en macédonien, ce qui n’est guère compréhensible, mais on sait que c’est OK). En route vers Skopje, la capitale qui possède le plus de sculptures au mètre carré au monde, c’est surprenant.
Après une douche bienvenue, Skopje by night, resto traditionnel, agréable et premier contact avec un pays où on ne comprend pas le moindre mot. Heureusement il y a l’english baragouiné comme on peut, sauf pour mon pote et confrère danois qui m’accompagne. Premier contact aussi avec les vins de notre hôte qui accompagne avec bonheur les poivrons, grillades, tomates locales et autres agapes macédoniennes. Demain nous avons rendez-vous avec Marko…

Zolan nous emmène

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Добро утро, dobro utro, alias bonjour en langage local, la conversation s’arrête là, notre chauffeur Zolan ne parle que le macédonien. Après un bon 80 km d’autoroute, heureusement, Kavadarci est en approche – c’est le siège et le site de production de Тиквеш. Marko nous accueille et nous fait visiter les installations en pleine mutation.

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De gauche à droite, André le Danois et Marko le Serbe (Photo © Marc Vanhellemont)

Marko Stojakovic est l’œnologue d’origine serbe qui dirige la grosse structure. Après la visite, une dégustation s’impose. Au restaurant de la cave, les bouteilles défilent, on retient le Temjanika 2013, sorte de Muscat petits grains local, croquant et bien aromatique avec une jolie fraîcheur et une amertume gracieuse qui rappelle l’écorce de mandarine. Il appartient au cœur de gamme de Tikveš (prononcez Ticveche).
On enchaine avec le Barovo blanc, il fait partie des hauts de gamme et associe Grenache blanc dénommé ici Belàn (de bela = blanc en macédonien) Grenache gris.

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Un 2010 à bel allure, jaune doré, il respire le coing et la marjolaine, les fruits confits et le poivre blanc. Le 2011 est plus frais, plus minéral, plus complet et plus équilibré. Le 2012 se parfume de verveine, respire les épices à plein nez. En bouche, il plaît par son élégance et son charnu, son accent floral et l’onctuosité de son fruit. Le signe d’une belle évolution qualitative.

Autre blanc, cette fois à base de Chardonnay, le Belavoda 2011 (eau blanche) un joli vin, plus international sans toutefois vendre son âme. Bien équilibré, sans excès ni de bois, ni de parfums excessifs, non ramassé avec un galbe qui le rend agréable en bouche et une tension minérale qui lui apporte une fraîcheur de bon aloi. Notre cher Bob l’a noté 93/100, c’est top pour l’entité, nous préférons, André et moi, le Barovo. Le 2012 est plus fin et le 2013 pas encore bouteille nous émerveille par sa pureté.

On reste Chardonnay avec un autre domaine dans le giron de Tikveš, le Domaine Lepovo spécialisé dans le Chardonnay. Bâtonné et élevé pendant 8 mois en barriques, il plaît grâce à ses arômes de citron vert et de mandarine avec une délicate de mirabelle.

Un rouge pour finir: le Barovo 2012, 100% Vranec

Violet pourpre, il kirsche son nez qui s’allonge sur l’amande et se voit planter un clou de girofle en pleine cerise. La bouche est très sympa, débute par une multitude d’épices pour ensuite offrir une corbeille de fruits où la fraise et la groseille dominent le cassis et la myrtille, c’est pas fini, le floral s’annonce et déclare poudre d’iris et réséda, suivent le cacao rafraîchi de prunelle. Finale aux accents poivrés, on en a plein la bouche.
Demain on visite le vignoble de Barovo perché à 600 mètres à proximité de la frontière grecque (du moins à vol d’oiseau).

Barovo a été créé du temps de Tito qui voulait y installer une station viticole expérimentale. Le temps a passé. Le vignoble a échappé à l’arrachage et offre aujourd’hui une multitude de cépages autochtones et internationaux dont le Grenache blanc dit Belàn, de plus de 40 ans, une richesse. Le paysage est superbe, le calme et la sérénité rares, ici le monde semble s’être arrêté pour se consacrer uniquement à la vigne. Un bel endroit, mais faut y arriver, trois quarts de piste, ça prend du temps.

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Tikveš… et les autres!

Nous avions, André Devald, et moi demandé une dégustation comparative. Sur la table s’étalait presque toute la production macédonienne à ce jour. Un véritable parcours du combattant… Les autres caves ont gardé cette habitude des temps socialistes, celle de ne pas faire les malos sur les rouges et d’y ajouter du sucre pour tenter d’équilibrer le breuvage obtenu. C’est assez imbuvable, sauf peut-être avec la cuisine grasse et sucrée qui reste aussi une tradition locale.

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Que s’est-il passé à Tikveš dont les vins font la malo ?

Célèbre œnologue castelpapal, l’habile Philippe Cambie œuvre depuis quelques temps au bord des Balkans. La transformation est fulgurante. En quelques millésimes, les vins sont passés de médiocres (et c’est gentil) à bien foutus, voire vraiment bons. Marko, qui reste sur place, le seconde avec beaucoup de feeling, voilà un duo qui a transformé plus qu’un essai. Et ce n’est pas fini, l’avenir sera porteur de nouveautés pêchées dans la tradition revue et les cépages autochtones, ça nous promet de belles surprises à venir.

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Retour à Skopje

Pour profiter du contraste entre la vieille ville et les nouvelles constructions dans un style néo antique mâtiné d’une tournure austro-hongroise fin 19e avec de grosses et hautes colonnes comme à Antigone Montpellier. Faut le voir pour le croire, jamais vu autant de statue au mètre carré, chacun son truc…

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Quant à l’impression laissée par notre séjour, elle est positive et nous encourage à déguster régulièrement la production de Тиквеш.
On se quitte devant quelques spécialités en images

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Do Gledanye

http://tikves.com.mk/

чао

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Marco

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