Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Le dilemme des « petits gros », ou des « gros petits » producteurs

Je n’ai jamais pensé que la taille de l’outil pouvait affecter la qualité du produit. Et cela va aussi pour le vin, même s’il y a des esprits étroits qui récitent, ad nauseum, le mantra du small is beautiful. Mais il faut aussi reconnaître que, sous la pression de certains marchés à niches et leur prescripteurs ayatollesques, des domaines français ayant atteint une taille dépassant, disons, 100 hectares (voire même moins), commencent à avoir des difficultés à conserver ces marchés à moins de fractionner leur gamme dans une série de micro-cuvées.

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La beauté des lieux ne fait pas de doute. Mais comment y être fidèle sans rendre le message trop compliqué ? That is the question…

Cette vérité du marché m’a été rappelé une fois de plus par une récente dégustation de vins de l’excellent domaine des Corbières de la famille Bories, le Château Ollieux Romanis. Ce domaine historique de la région, situé dans la plus vaste appellation du Languedoc, a récemment été réunifié et totalise maintenant plus de 150 hectares. Ce n’est rien du tout à coûté des géants viticoles de ce monde, mais, aux yeux de certains, cela apparaît trop grand ! Pourquoi, je n’en sais rien. Mais ce type de réaction semble avoir fait réfléchir Pierre Bories à des manières de contourner l’obstacle posé par ces refuzniks en fractionnant sa gamme et en menant quelques expériences à la marge pour contenter aussi les amateurs de vins qui n’utilisent que peu ou pas de soufre et autres adjuvants.

Cela s’appelle, en termes marketing, la sous-segmentation, et on constate ses effets dans à peu près tous les domaines aujourd’hui, le vin ne faisant pas exception. Personnellement j’ai quelques réserves sur une telle approche du vin, car j’estime qu’on fait souvent un bien meilleur vin en pratiquant l’assemblage : les grandes marques de Champagne en font la démonstration régulièrement, et je me souviens d’avoir entendu Michel Laroche dire qu’il ferait un bien meilleur Chablis Grand Cru en assemblant toutes ses parcelles en grand cru, au lieu de pratiquer la traditionnelle approche du cru par cru. L’autre problème soulevé par cette approche est qu’il y a le risque de déshabiller Pierre pour habiller Paul, même si, sur 150 hectares et avec des dispositions de sites et de cépages bien diversifiés, ce risque est peut-être gérable. Mais, avant tout, le poids du marché des vins fins fait probablement pencher la balance de nos jours en faveur d’une série toujours croissante de petites cuvées, avec telle ou telle particularité (de site viticole, de sélection et de type d’élevage, du sans soufre ou de ceci ou de cela). La seule vraie vérité dans le vin étant la vérité des marchés, bien entendu.

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J’ai dégusté la gamme actuelle d’Ollieux Romanis avant et pendant un repas de presse donné récemment par Pierre Bories et sa mère. J’ai toujours apprécié leurs vins, les trouvant d’une fiabilité rare et bien placés en matière de prix. Cette fois-ci, j’ai eu l’occasion d’affiner mon jugement à travers plusieurs millésimes de certains vins. Et d’essayer de comprendre la logique de cette approche du vin. Tous les vins sont des Corbières, ce qui démontre déjà la diversité de styles dont est capable cette vaste appellation.

Les vins rouges

1). Gamme Le Hameau des Ollieux : Le Petit Fantet d’Hippolyte (millésimes 2013, 2012 et 2011)

L’origine de ce vin est une parcelle complantée de carignan, grenache et syrah. Je trouve déjà admirable et inhabituel de présenter plusieurs millésimes d’un vin « entrée de gamme » dans une telle dégustation. Tous les trois était délicieux de fraîcheur et de fine gourmandise, avec un petit plus pour le 2011, qui possède un nez superbe et un volume en bouche conséquent pour un vin de ce niveau, sans aucune impression de lourdeur (prix autour de 8 euros)

2). Gamme Corbières Classique : Château Ollieux Romanis 2013

Un seul millésime de ce vin; ayant subi une mise récente, il ne se présentait pas dans sa meilleure forme. Mais j’ai aimé la délicatesse de son toucher et son fruité claire, soutenu par une belle acidité (prix autour de 8 euros)

3). Gamme La Petite Muraille : Le Champ des Murailles 2012

60% de carignan et 40% de grenache pour ce vin au nez plus sombre et terreux, et à la texture plus rugueuse. On sent aussi plus de chaleur au palais. Plus puissant, mais aussi plus rustique, il coûte moins cher (6,50 euros).

4). Gamme Prestige : Château Ollieux Romanis 2013

Assemblage de carignan, grenache, mourvèdre et syrah. Les nez est aussi un peu fermé mais fin et complexe. A la fois plus intense en saveurs et plus soyeuse de texture. La finale reste un peu carrée mais ce vin sera très bien dans 2/3 ans. (Prix 13 euros)

Château Ollieux Romanis 2012

Avec ce vin le volume a eu le temps de se développer, la rondeur aussi. Sur un fond encore ferme, il commence à montrer sa puissance et sa longueur. Le bois est encore un peu présent. (Prix 13 euros)

Château Ollieux Romanis, Cuvée Or 2012

Assemblage de carignan, grenache, mourvèdre et syrah, issu de vignes âgées (60 à 100 ans).  Je n’ai jamais été fanatique des arômes produits par la macération carbonique. Ce vin en souffre un peu, mais il y a une très belle qualité de fruit derrière avec pas mal d’intensité. La texture et mi-veloutée, mi-rugueuse. Puissant et long, il aura aussi besoin d’une paire d’années pour s’affiner. (prix 21,50)

5). Corbières Boutenac : Atal Sia, millésimes 2012, 2011, 2010, 2009, 2008

Cette cuvée bien plus concentrée ne m’a pas convaincue. Je lui ai préféré toutes les autres les cuvées, y compris le Petit Fantet. Il me semble qu’on est un peu dans un certain excès sudiste avec ce vin. Les tanins sont massifs et l’alcool très présent. Certes il y a une très belle concentration de fruit, mais je n’ai pas trouvé les équilibres réussis et je n’ai pris aucun plaisir à déguster ces millésimes, sauf un peu le 2012. (prix 19 euros).

6). Domaine Pierre Bories, Corbières l’Ile aux Cabanes 2013

Ce nouveau vin rouge, issus d’une parcelle ayant appartenu à François de Ligneris, était pour moi la vrai découverte (et le bonheur) de cette dégustation. Fermenté en cuves béton, il démontre que certaines vinifications sans soufre peuvent produire des résultats exaltants. J’espère seulement que cela se tiendra dans le temps ! Le vin est très juteux, avec un fruité magnifique. C’est dense mais parfaitement équilibré. Une vrai délice qu’on paiera certes un peu cher (30 euros)

Les vins blancs

Château Ollieux Romanis Classique 2013

Assemblage de roussanne, marsanne, macabeu et grenache blanc. Vin simple et très plaisant, avec un excellent équilibre et de très jolies saveurs. Bien dans son prix raisonnable de 8 euros.

Château Ollieux Romanis Prestige 2013

Assemblage de roussanne et de marsanne, avec un peu de grenache blanc. C’est très rond, puissant et chaleureux. J’ai trouvé le boisé excessif et le vin trop allourdi par son alcool (trop cher à 16,50 euros)

Domaine Pierre Bories « Le Blanc » 2013

Un assemblage macabeu, grenache gris, grenache blanc et carignan blanc, vignes âgées. Fermentation en barriques sans soufre et élevage en barriques. Ce vin n’était pas fini, ayant pas mal de gaz (en partie, probablement, pour le protéger à la place du soufre), mais aussi des arômes lactés des ferments. Le boisé est aussi trop présent. Je n’ai rien contre l’emploi de la barrique, mais sont effet devrait être plus subtil et pas se sentir dans le vin fini. C’est surement une expérience intéressante, mais je ne pense pas que cela soit une bonne idée d’essayer de vendre ce vin, surtout au prix annoncé (30 euros !!!)

 

Conclusion

Si je n’ai pas été convaincu par tous les vins de la gamme, je trouve la franchise de l’approche admirable. Cela dit, je reste convaincu que cette gamme est trop large et trop complexe et qu’on pourrait espérer des meilleurs vins, avec des positionnements prix mieux étalés, en pratiquant davantage d’assemblages. Certains vins pourraient se placer plus chers, d’autres moins chers, mais trois gammes (au lieu de 5 ou 6) me semblant suffisants pour un domaine de cette taille, surtout s’il souhaite exporter une forte proportion de sa production. Simplifier, toujours. Ou, pour transposer un mot de l’ingénieur Colin Chapman à propos des voitures de course, « add lightness« !

 

David Cobbold


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Le vin à Francfort, pardon, à Frankfurt am Main

IMG_5744La Place Römer, un des rares endroits de Francfort qui montre le visage médiévale de cette ville largement détruite pendant le deuxième guerre

Attention, on dit Frankfurt am Main si vous cherchez des renseignements sur le web pour me suivre dans cette ville lourdement reconstruite et en apparence assez froide, dans laquelle il faut creuser un peu pour trouver son bonheur de flâneur. Mais Frankfurt am Main ne manque pas de trésors, à commencer par ses musées, très richement dotés.

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vitrail dans un restaurant traditionnel de Frankfurt

Il n’y a pas de vignes dans les environs immédiats de Francfort et la boisson locale est le cidre (Apfelwein, qu’ils disent ici). Mais le Rheingau n’est pas loin et, en cherchant bien, on peut même y dénicher quelques bons restaurants et bars-à-vins pour tester des vins allemands, même s’ils sont loin de dominer les cartes des établissements que j’ai fréquenté, à une exception notable près. Les restaurants traditionnels, comme celui ci-dessus (derrière la vitrail), en face du musée d’histoire de la ville, servent autant de bière que de vin. Pour déguster un peu le pays, c’est là ou il faut aller d’abord en guise d’apéritif après un long voyage en train.

IMG_5726Le restaurant Holbein au Stadel Museum

IMG_5717et une des dix pages de sa carte des vins

Mais pour commencer les choses sérieuses, on serait bien inspiré de faire escale au restaurant de l’excellent Musée Städel, qui possède une collection permanente en tous points remarquable, couvrant à peu près toutes les époques de la peinture depuis le 13ème siècle. C’est là que j’ai pu voir (et cela dure jusqu’au 6 février), ce qui est probablement la plus grande exposition des œuvres de Dürer qui ne sera jamais réunie. La carte des vins du restaurant Holbein (c’est son nom) est très bien choisie et contient une centaine de références, dont une dizaine sont proposés au verre. Ces vins viennent de partout, surtout de l’Europe, mais pas exclusivement. J’y ai aperçu un Lytton Springs de Ridge (à dominante Zinfandel) par exemple.C’est confortable et chic,  dans le style bistro moderne, et les prix y sont raisonnables. Je n’ai pas le souvenir d’avoir rencontré un musée en France dont le restaurant peut se vanter d’une carte de vins équivalente. Le vin n’est il pas censé être, entre autres, un produit  «culturel», après tout ? Allez au Tate Gallery à Londres et vous trouverez un autre bon exemple. Mais en France, les restaurants des musées ne sont pas des lieux ou le vin est à l’honneur. Je ne sais pas pourquoi.

IMG_5708plus simple est le Henner’s Wein Bar

IMG_5712qui semble faire un clin d’oeil à Michel Smith

A l’autre extrême, côté confort et chic,  j’ai visité un minuscule bar appelé Henner’s, dans le Bergerstrasse. L’ensemble n’est pas d’une très grande qualité mais ce n’est pas cher du tout et l’ambiance est chaleureuse.  On y mange peu et d’une manière minimaliste, mais il y a une excellente Flammekueche. On peut, comme ailleurs, tout aussi bien prendre des bonnes bières locales. Les vins y sont buvables. Une adresse dispensable alors, même si j’ai aperçu sur l’étagère derrière le bar un Carignan Vieilles Vignes qui aurait pu intéresser Michel Smith.

IMG_5730Le top pour l’amateur de vins à Frankfurt est le restaurant Zarges et ses 1000 références, dont environ 20 au verre

Mais là où tout amateur de vin doit se rendre à Frankfurt est l’excellent restaurant/bar/café Zarges, au 10 KalbacherGasse, ouvert de 11h à 24h, sauf le dimanche.  Cela à l’air très classique, voire banal, vu de l’extérieur. Il se trouve dans une rue piétonne très commerçante qui arbore les mêmes enseignes que partout ailleurs, ce qui provoque toujours chez moi un mélange de tristesse et de colère. Il y a même un McMerde en face !

Mais, une fois passé la porte et écarté l’épais rideau rouge qui sert de sas en hiver, vous découvrez un lieux très chaleureux et douillet qui évoque un peu un club anglais en plus féminin (très féminin si on regarde la tableau à droite de ma photo que j’ai malheureusement occulté !). Mais la vrai révélation tombe quand on vous apporte la grande la carte des vins : 1000 références, dont 50% allemandes et 50% françaises. Pour donner idée de la profondeur de cette carte, on peut y faire une verticale de la Grange aux Pères, avec 6 ou 7 millésimes. Au moins 20 vins sont servis au verre en permanence et l’excellent sommelier, Bjoern Zimmer, se fait un plaisir d’augmenter cette gamme au grès du moment quand il sent un intérêt de la part du client. Je me suis concentré sur des vins allemands, évidemment, et j’ai pu en déguster 7 ou 8, dont une série de 3 magnifiques blancs (Sylvaner, Weissburgunder et Riesling) de l’excellente productrice du Rheingau Eva Fricke, puis un Riesling Spätlese Gracheimer 2003 de J.J. Prüm, servi en face à face au Jurançon de Dagueneau.  Et aussi d’autres choses entre temps, dont un remarquable Sauvignon Blanc de Wagner-Stempl (Rheinhessen). La qualité de la nourriture n’est pas en reste. J’ai beaucoup aimé la tourte au potiron (appelé Kürbis), savamment épicée et formant un contrepoint succulent à la finesse du Riesling Lorchäuser Selignacher 2012 d’Eva Fricke. Ensuite, un plat qui combinait la tendresse fondante d’un ris de veau avec la saveur et la belle texture d’un filet de veau, cuit à la perfection, s’associait aussi bien à la délicate sucrosité d’un Riesling Spätlese Norheimer Kirscheck 2011 de Dörnhoff (Nahe) qu’aux accents plus insistantes et épicés du (rouge) Blaufrankisch 2011 du Weingut St. Anthony, à Nierstein dans le Rheinhessen. Si vous allez à Frankfurt, courrez vers ce restaurant. Immense coup de cœur !

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Tout près de la très belle place de l’Hôtel de ville (Römerberg), qui est un des rares endroits de la vieille ville médiévale ayant survécu aux bombardements alliés de la seconde guerre mondiale (non, Frankfurt n’est pas très beau dans l’ensemble, mais cette ville contient des trésors), il y a une autre petit bar à vin qui a l’air sympathique pour prendre un verre en faisant le touriste (cathédrale et Musée Historique à côté) mais que je n’ai pas pu essayer. Il s’appelle Wein am Römer.

IMG_5748Un page de la carte du bistrot de la gare à Frankfurt

Les gares en France sont les lieux de désolation, voir de désespoir, pour un amateur de vins.  J’ai déjà parlé ici de la différence criante entre la Gare du Nord et St. Pancras, Londres à cet égard. Mais sans aligner 40 vins au verre comme à St. Pancras, le bar/bistrot de la gare de Frankfurt, dans le Frankfurter Markethalle, propose 8 vins au verre, pétillants compris. Et la qualité, comme la verrerie, sont également au rendez-vous. J’ai bu, avec mon déjeuner et avant de prendre le train de retour vers Paris, un verre du Riesling de base du bon producteur de Rheingau, Robert Weil, pour le prix de 6 euros pour 20 cl. A quand un verre de Chablis Laroche pour ce prix dans un bistrot agréable qui donne sur les quais d’une grande gare en France ? On surveille l’heure, en attendant l’affichage de son train, et on déguste une dernière fois le pays.

On dit que le voyage forme la jeunesse. Peut-être. En tout cas il égaie et éclaire la vieillesse.

(texte et photos David Cobbold)

David


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Nearly the midnight hour…!

 

SwissWines

I bet you think writing blogs is easy – just tap out whatever first comes into your head and that’s it! Nothing could be further from the truth, especially in a shared blog. If you are the sole blogger you can be relaxed but on a shared blog, especially with four very distinguished colleagues I can assure you the pressure is on.

The pressure increases through Monday as the midnight deadline approaches, especially today which has been busy – a Circle of Wine Writers committee meeting this afternoon followed by the the CWW’s annual party held with great panache this year at the Swiss Ambassador’s residence in a swanky part of London.

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The Swiss wine producers who presented their wines in London on Monday evening.

There was some excellent Swiss wine to try this evening – fine Pinot Noirs and some intriguing Syrahs. Colleagues told me I should have tasted the whites mainly Chasselas and Petite Arvine. I did, however, taste a very attractive and nicely balanced sweet wine from Jean-René Germainer (www.jrgermanier.ch) called Mitis-Amigne de Vétroz (Réserve) 2009 and made from 100% Amigne. Too many foolish UK wine merchants would probably insist on calling this a dessert wine or nearly as bad a sticky and then wonder why it is difficult to sell sweet wine in the UK!  The 2009 Mitis-Amigne would make a fine aperitif, would be good with cheese and a range of other dishes – perhaps pork in a rich sauce – but I would be amazed if it works well with most desserts, whose sweetness would be likely to emphasise the wine’s acidity and hide the sugar.

After an absence of a number of years from the British market, Swiss wine appears to be making a new push in the UK. Switzerland will also be hosting next year’s Digital Wine Communicators Conference in Montreux.

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Wine writer Chandra Kurt (centre), who played a major role
in organising the event with Gilles Besse (left – Swiss Wine Promotion)

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Steven Spurrier, president of the Circle of Wine Writers, with His Excellency Mr Dominik Furgler, the Swiss Ambassador

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Dr José – ‘the special one’ – Vouillamoz (left)

José Vouillamoz – one of the co-authors of the award winning Wine Grapes brings me neatly onto the petition to preserve the collection of grape varieties at the Domaine de Vassal. Signatures to the petition have now topped 4000 and will, I hope continue to grow. José is fairly relaxed about the collection feeling that it will have to move at some point due to the damage of rising sea levels and the area being flooded with sea water – something that hasn’t happened since 1949 but may do at some point. Nor does he think that grafting the collection onto American rootstock would be very disadvantageous. He does, however, agree that it is important to show concern, which is why he and Jancis Robinson MW signed the petition. I trust that his fairly optimistic view is well founded. Certainly if you haven’t yet signed the petition (http://www.petitions24.net/defense_vassal) then please do so.

We have now passed the midnight hour with more pressure building by the half minute and me still wondering what I am going to write about this week…

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Sail-sale power the way forward for transporting wine or a nice gesture?

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The Michel Patrick heading up the Thames close to Tower Bridge and the entrance to St Katharine’s Dock

Late Thursday afternoon saw the arrival of the Michel Patrick at St Katherine’s Dock in the centre of London. Amongst its cargo were bottles for the RAW wine fair (19th and 20th May) plus a few producers Olivier Cousin being the most prominent.

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Olivier Cousin (light blue fleece) and Isabelle Legeron MW (red coat), organiser of the RAW wine fair, on the Michel Patrick

The voyage was organized by Guillaume Le Grand, one of the owners of www.TOWT.eu (TransOceanic Wine Transport), which arranges shipments and wine and other cargos by sailing boat. For the moment the company does not own any boats but instead hires them when required. To transport the wine over for RAW they hired the Mil’Pat or to give the boat its full name – Michel Patrick – a 22-metre traditional Breton sailing vessel.

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The Michel Patrick entering St Katharine’s Doc

However, Le Grand told me that they plan to commission the building of a much larger boat to give them economy of scale. “This time we shipped over the equivalent of 4000 bottles of wine plus 200 kilos of olive oil and some tea from the Azores. Last year we shipped 8000 bottles to Copenhagen and will be sending 15,000 this year.”

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Guillaume Le Grand

The Michel Patrick sailed over from Fécamp in Northern France leaving on Sunday 12th May. They enjoyed a good crossing to Ramsgate and then onto Tilbury, where most of the cargo was unloaded. They left Tilbury around midday on Thursday for the final stretch to Tower Bridge and St Katharine’s Dock. It looks a fairly leisurely itinerary. The Michel Patrick is skippered by Astérix, an archetypal French character.

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Skipper Astérix supervising while the boat enters St Katharine’s Dock.

The RAW website (www.rawfair.com ) talks of their commitment to sustainability and how transporting wine by sailing boat fits naturally into their ethos. It would be interesting, however, to know whether this voyage was actually much more sustainable or had a lower carbon footprint than bringing over the wine by lorry as the wine had to be driven up to Fécamp to be loaded onto the Michel Patrick and then taken by van from St Katharine’s Dock to the RAW venue in Brick Lane, albeit a short journey. “We saved 400 kilos of CO2,” Le Grand told me.

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Unloading some of the wine for RAW

Certainly the economics don’t add up as the cost of shipping a bottle over from Fécamp to London is 60 cents a bottle compared to 20 cents on a lorry. You may, however, be albe to recoup some of this cost by the Sail Power Point of Sale sticker by charging a little extra for sustainability and traceability.

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Shipping wine by sail with the point of sale sticker in the middle

Whatever the result of the calculation the arrival of the Michel Patrick has raised the issue of whether it is practical to use sail to transport wines within Europe at least. Somehow I doubt if wine clippers from Australia to the States, Asia-Pacific or Europe will catch on.

There is one apparent certainty the sea voyage worked up a thirst for those on board the Michel Patrick resulting in a significant consumption of wine during the crossing.

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Salt air and the wind provokes thirst in ‘modération’…

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Once the Michel Patrick is safely docked Astérix relaxes with a glass of red.

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‘This blogger’ in Las Vegas


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Ways of raising the profile of the Vignerons Indépendants in the UK

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Le Millésium (Epernay) – where the rencontres were heldImage

Last Thursday I was kindly invited to address the Rencontres Nationales des Vignerons Indépendants de France in Epernay. I was asked to talk on the UK market and what the Vignerons Indépendants meant to the UK wine trade and the wine drinking public.

My post last week covered some of the elements of the difficult UK market, so this week I’m concentrating on the Vignerons Indépendants – both the organisation and the notion of individual independent vignerons.

As far as the organisation – Les Vignerons Indépendants – is concerned it is virtually unknown in the UK. Only a few trade buyers, wine journalists and some enthusiastic amateurs are aware of its existence, especially those who have been to the Salon des Vins des Vignerons Indépendants that are regularly held in Paris and other French cities.

Unfortunately in January the UK wine trade will have been confused by two tastings of individual French producers held in London on consecutive days. On the 15th January Le Salon Professionnel des Vignerons Indépendants de France organized by UBIFrance, which the following day there was a very similar tasting called French Wine Discoveries, which was organized by another company. The previous year both organisations had worked together. I have no idea and little interest in why they decided to go their own ways this year but it certainly created unnecessary confusion.

In the UK there is a much greater knowledge of the notion of an individual producer – of a producer who is neither a négociant or a coopérative. The image amongst enthusiastic wine lovers of the independent producer growing and making their own wine is often very positive.  I suspect, however, for the general wine drinker the price remains all important – who makes it is immaterial providing the price is right.

In early March I met the commercial director of a cave coopérative in Saint-Chinian, who sells to Morrisons, a UK supermarket chain. When his Saint-Chinian is sold at full price £9.99, they sell about a 100 bottles a week. Put it on ‘special half-price offer’ and they clear 25,000-30,000 bottles a week. Presumably when ‘half-price’ it may well actually be selling at its true value.

If the Vignerons Independents want to raise their profile in the UK, here are two suggestions for their consideration: increase the frequency of their excellent Pique-nique chez le Vigneron Indépendant and hold a Salon des Vins des Vignerons indépendants in London or perhaps in another UK city such as Manchester or Edinburgh.

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Picnic@Château de l’Aulée, Azay le Rideau (May 2012)

Pique-nique chez le Vigneron Indépendant is an excellent and very enjoyable idea. I have thoroughly enjoyed the three that I have been able to get to – two in 2012 and one in 2011. Unfortunately they are only held once a year. In 2011 it was in June, last year it was the end of May, while in 2013 they will be from 18th-20th May.

These are wonderfully convivial occasions and a real opportunity to meet both producers but also share time with other wine enthusiasts. It seems such a pity to just hold these pique-niques just once a year. Why not also hold some during that July and August when France has many foreign visitors?

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The 2013 edition of the Real Wine Fair held in London – 17th and 18th March

The success of the REAL Wine Fair and RAW shows that amongst wine enthusiasts there is a demand to meet and discover authentic wines – wines that have been made ‘naturally’ and without artifice. Yes there are problems over ‘natural’ wines with its lack of a definition and criteria as well as some badly made examples. However, there is an underlying demand for the authentic – the artisanal – that the Vignerons Indépendants ought to be able to tap into.

Both RAW and REAL attract wine enthusiasts who are very switched onto social media and I’m sure that if there was a Salon des Vins des Vignerons Indépendants held in the UK it would also generate a lot of attention on Twitter and Facebook etc.

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Agnieszka Kumor

While at the Rencontres nationales I was delighted to meet Agnieszka Kumor, a Polish wine journalist now living in Paris. Agnieszka is a much-valued contributor to our Les 5 du Vin blog. It was great to finally meet her and listen to her presentation of the Polish market.

Jim


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Ils ont choisi l’export

Nous sommes souvent bien trop obnubilés par nos propres marchés de vin, où qu’ils se trouvent.

Le marché français, par exemple, est en recul depuis des années. Et reste extrêmement encombré pour un producteur qui souhaite mieux valoriser ses ventes, les développer, ou simplement les maintenir alors que le marché domestique se rétrécit à vue d’œil. Jusque récemment, à l’exception de quelques régions en vue pour les importateurs et consommateurs étrangers (Bordeaux, Bourgogne, Rhône et Champagne, essentiellement) exporter ses vins pouvait sembler un pas difficile à franchir pour un « petit » vigneron. Bien sûr, la structure des plus grands facilite les choses pour eux. Mais les petits ont souvent hésité.

Ce n’est plus le cas, et cela m’a été magistralement démontré par quelques témoignages lors des récentes Rencontres des Vignerons Indépendants, un événement annuel qui, cette année, s’est tenu à Epernay. Le thème de ce colloque étant l’exportation, son utilité, et ses avantages (mais aussi ses contraintes), ces témoignages allaient nécessairement dans le sens d’un encouragement pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas. Mais les difficultés n’ont jamais été dissimulées, car ce chemin comporte aussi des embûches.

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Fabrice Durou

Fabrice Durou, du Château de Gaudou à Cahors, a pris le taureau de l’exportation par les cornes, et ce depuis quelques années. Ce jeune homme explique sa démarche avec clarté et conviction. Il vend au Canada, aux Etat-Unis, en Belgique et dans une bonne dizaine d’autres pays, ce qui a sans doute sauvé son entreprise familiale ou, pour le moins, l’a permis de se porter bien mieux que si il était resté sur le marché français. Sans avoir fréquanté d’école de commerce, Durou a tout compris de la démarche, en écoutant les gens et en étant présent sur le terrain. Sa clairvoyance, son sens de l’organisation et, sans doute, une dose de chance, ont fait le reste.

Adapter ses produits aux besoins et contraintes des marchés n’est pas un vilain concept pour ceux qui veulent franchir le cap de l’exportation, et cela ne veut pas dire « trahir » l’identité des vins de sa région. Car attendre le client, sûr que sa propre vision du vin est la seule qui vaille et sûrement le meilleur moyen de faire faillite à plus ou moins brève échéance. Olivier des Serres, l’agronomiste du 17ème siècle, le disait déjà clairement : « rien ne vous sert de faire des grands vins si vous n’ayez de grand marché ».

Pour Gilles Laurencin, le Bordelais, la difficulté de vendre ses cuves de cabernets qui ne trouvaient plus leur place dans ses assemblages « château » de plus en plus dominés par le merlot, a fait germer une idée nourrie par ses observations aux USA où l’on appelle le cabernet sauvignon « cab ». L’étiquette inclut même, en clin d’œil  un taxi Londonien, autre sorte de « cab ». Et cette création, qui reste très bordelaise, a marché et a sauvé ses cabernets d’un arrachage certain, tout en aidant l’entreprise à gagner des marchés. Cela ne s’est pas fait tout seul, et a rencontré l’opposition de la génération précédente, mais ce « cassage de codes » a bien fonctionné.

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Le « Cabs » de Gilles Laurencin

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Domaine des Annibals

Quand on vient d’une famille vigneronne, il y a souvent un souci de moins : celui de payer son vignoble, même si les droits de succession peuvent être lourds. Mais venir de l’extérieur peut aussi être un avantage, car on est moins lié par des habitudes souvent sclérosantes. Nathalie Coquelle (ci-dessus, à droite) est arrivée sur son domaine en Provence après avoir travaillé dans la finance. Mais il lui a fallu reprendre complètement une propriété apparemment en mauvais état et démarrer une activité de vente assez valorisante pour soutenir une démarche bio. Le Domaine des Annibals a choisi la voie des salons pour trouver des marché à l’export, et ses étiquettes intriguent tout en jouant sur des thèmes et des mots ancrés dans le lieu de production ou l’histoire du nom du domaine.

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Les Annibals

Il n’y a pas de règle pour réussir à l’exportation, sauf à dire qu’il faut bien pondérer ses capacités, ses envies, et puis aller étudier l’univers concurrentiel dans lequel on sera inséré. Ensuite raconter son histoire sans être prétentieux. Vous trouverez bien des marchés, à côté des grands. Tout le monde aime les histoires, du moment qu’elles ne sont pas à dormir debout !

David

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