Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Impressions Marocaines, ou le vin sous voile

Douze ans ! Cela faisait un bail que je n’avais mis les pieds sur la terre Marocaine. La dernière fois, c’était pour un grand reportage pour le compte du magazine Saveurs, entre Fès, Meknès et Volubilis. Franck Crouzet, Directeur de la Communication chez Castel, nous avait chaperonnés avec force largesse puisqu’il nous logeait, mon équipe et moi, dans le luxueux Palais Jamaï, probablement le plus agréable des palaces après la Gazelle d’Or à Taroudant, lieu de repos favori des Chirac. Ah la vie de luxe, ça a du bon, vous ne trouvez pas ? Au passage, si vous avez comme moi des envies de faire péter le compte en banque, sachez que le directeur du Palais Jamaï m’a dit en confidence que son hôtel allait fermer après Noël pour des travaux de très longue durée. Ses propriétaires, les mêmes que ceux de La Mamounia à Marrakech, sont décidés semble-t-il à le faire entrer dans l’ère des grands paquebots pour milliardaires, ce qui n’est pas de bonne augure si vous voulez mon avis. Bon, comme il ne s’agit pas d’une rubrique hôtelière, je me garderai bien de vous ennuyer plus encore avec ce sujet.

Photo©MichelSmith

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Passons au vin. Dans ce Maghreb où le jus fermenté est caché (il y a aussi du casher…), mis sous voile (pour tenter un brin d’ironie de mauvais goût), alors qu’il est présent depuis l’Antiquité, il règne une véritable omerta : officiellement, il y a bel et bien des vignes, visibles de tous d’ailleurs, mais elles sont surtout là pour le raisin de table, non pour le vin. Si, si, on vous le jure. Déjà, lors de mon précédent voyage, j’avais été surpris par cette hypocrisie, comme en Tunisie d’ailleurs et peut-être même aussi en Algérie, où je ne suis pas retourné depuis mes débuts journalistiques. Surpris par la manière – je devrais dire la diabolisation – par laquelle ces pays pourtant producteurs traitent le vin. On estime qu’au Maroc, la vigne emploierait pas loin de 20.000 personnes et concernerait autour de 10.000  hectares (je n’ai pas trouvé de chiffres officiels, même sur le site de l’OIV), contre 80.000 dans la première décennie du siècle dernier et 60.000 dans les années précédant l’indépendance. Lorsqu’on en parle, les gens rigolent ou changent de sujet quand ils n’invoquent pas le Coran, refusant parfois le dialogue, ce qui est encore le cas à Meknès ou Fès, peut-être moins il est vrai à Casablanca ou Rabat.

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À côté de ça, dans les hôtels le vin n’est pas exclut et il existe – du moins dans les grandes villes – quelques lieux de perdition bien cachés (vitrines neutres, exemptes de publicité), comme à Rabat, par exemple, principalement dans les quartiers dits « modernes » ou « européens », où des citoyens entrent et sortent, quelques uns passablement éméchés, un flacon de whisky ou une bouteille de vin sous le bras soigneusement enveloppée dans un papier journal, afin de rester bien à l’abri des regards. Ces boutiques que l’on ne peut appeler « cavistes » tant elles sont laides et peu avenantes ne sont pas nombreuses, mais elles sont la preuve d’une tenace rigueur religieuse. De la même manière, connus de tous, il y a aussi des bars sombres ou souterrains où la bière coule à flots dans la cacophonie la plus totale, les imprécations des ivrognes, les vapeurs tenaces d’alcool et de tabac. Je sais aussi que certaines boîtes de nuits ou discothèques, surtout du côté de Casablanca, font grande consommation d’alcool. Pourtant, « Chez nous, on ne boit pas. On ne pose même pas nos yeux sur le vin. C’est interdit ».

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Paradoxe encore, malgré la mise sous voile du vin Marocain (cachez ce flacon que je ne saurai voir…), les ventes se portent bien et ce secteur de l’agriculture est en pleine forme. Sur plus de 50 millions de bouteilles produites, l’écrasante majorité est vendue et consommée sur place comme l’explique cet article glané sur la toile. On pourrait croire que cet engouement est à mettre sur le compte des touristes et des retraités de France et d’ailleurs venus profiter d’une fin de vie bon marché, certes, mais il y a fort à parier que la classe moyenne qui ne cesse d’augmenter à en juger par la frénésie immobilière autour des villes, ne soit pas totalement hermétique aux plaisirs du vin. Dans les restaurants de Meknès ou de Fès, outre les hôtels, les cartes de vins n’existent pas ou sont réduites au stricte minimum. Ironiquement, la plupart des restaurateurs annoncent au touriste : « Si tu veux amener ton vin ou ta bière, pas de problèmes ». D’autres, toujours à Fès, où je suis resté le plus longtemps tellement j’aime cette ville, emploient de jeunes rabatteurs qui promettent à voix basse un verre de vin que l’on verra arriver sur table dans un gobelet en plastique soigneusement enveloppé d’une serviette en papier. Le plus souvent, dans de telles conditions, le vin est franchement imbuvable et on ne sait même pas ce que l’on boit puisque la bouteille n’est jamais montrée. Plus on s’enfonce dans la médina et plus le vin est ignoré. Paradoxe, le Maroc produit pourtant des vins honorables, semblables pour beaucoup à ceux que l’on buvait dans le Midi dans les années 80/90 avec une mention particulière pour l’usage du bois sous forme de barriques ou de chips, artifices employés ailleurs, à l’abri des regards dans les chais-usines proches du port de Sète notamment.

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Les bouteilles et leurs habillages ne font guère preuve d’originalité. La tendance est aux cépages « internationaux », Cabernet, Merlot, Syrah. Peu chers, ils dominent surtout à l’export où ils font fureur dans les restaurants à couscous de Paris à Bruxelles en passant par le Danemark ou la Suède. Ce léger manque d’audace est probablement dû au fait que seules quelques entreprises se partagent le gâteau viticole, la plus grosse étant le groupe Castel qui possède plusieurs centaines d’hectares et qui est propriétaire depuis 2003 de la marque Sidi Brahim, un vin rouge et rosé associé à l’Algérie (c’est le nom d’une célèbre bataille en 1845) racheté à la maison bordelaise William Pitters (de Bernard Magrez) qui depuis, hormis un petit vignoble, s’est retirée du Maroc laissant ses vignes à Castel. Au passage, je n’ai jamais réussit à savoir si les vignes qui fournissent le raisin du Sidi Brahim (1.150.000 cols environ, rien que dans la grande distribution en France) sont tunisiennes, marocaines ou algériennes, ou si elles ne sont pas un peu des trois pays… Il est vrai que j’aurais pu poser la question au service com du groupe… Introuvable au Maroc, ce vin n’est d’ailleurs pas le plus vendu des vins du Maghreb en France puisqu’il est devancé de peu par le Boulaouane (ex propriété de la SVF), nom qu’il ne faut surtout pas confondre avec Guerrouane, une AOG (appellation d’origine garantie, sorte d’IGP) au même titre que Beni M’Tir, Zemmour (rien à voir avec l’autre zozo), Berkane et une dizaine d’autres, tandis que l’on ne compte qu’une seule AOC, les Coteaux de l’Atlas proche de Méknès.

C'est Fès que j'aime. Photo©MichelSmith

C’est Fès que j’aime. Photo©MichelSmith

Sur place, je n’ai pas rencontré de vin de marque Boulaouane (6 millions de cols par an) alors qu’il est produit à partir de raisins récoltés au sud de Casablanca (et dans la région de Meknès ?) puis envoyé en bateau-citerne jusqu’en Languedoc pour les assemblages et la mise en bouteilles. Castel, déjà présent  au Maroc dans la bière (Flag) et l’huile d’olives, semble s’implanter de plus en plus dans ce pays, laissant à d’autres groupes marocains, comme Les Celliers de Meknès, la part de plus en plus importante du marché local des vins (75 %) et préférant se concentrer sur l’exportation. Présidé par Brahim Zniber, 94 ans, un entrepreneur Marocain ayant réussi à rassembler plus de 2.500 ha près de Meknès, aux pieds de l’Atlas, le vignoble est encore planté de Grenache, Carignan, Cinsault, Aramon et Alicante, mais aussi de Cabernet-Sauvignon et Franc, Syrah et Merlot. Il compte en son sein un véritable château doté d’un chai bien équipé et d’une batterie de barriques neuves. On compte un ou deux domaines intéressants (ex-groupe Thalvin) dans le secteur de Casablanca et de Rabat. Deux vignerons de la Vallée du Rhône, dont Alain Graillot (Crozes Hermitage) avec une vingtaine d’hectares de Syrah cultivée en bio pour un rouge de qualité nommé « Tandem », se sont intéressés au Maroc. Au Domaine du Val d’Argan, plus au sud (proche d’Essaouira), Charles Mélia (Châteauneuf-du-Pape), a été l’un des premiers à se lancer avec de jolis vins à la clef. Deux familles Bordelaises, celles des propriétaires de Fieuzal et de Larrivet-Haut-Brion, ont elles aussi tenté l’aventure en plus grand dans la région de Meknès, au Domaine de La Zouina. On m’a parlé en bien de la Ferme Rouge, près de Rabat, dirigée par Jacques Poulain, un ancien oenologue de Thalvin qui utilise pas mal de Tempranillo dans ses rouges et dont les blancs (Chardonnay et Viognier) font fureur… Quant à l’ineffable Gérard Depardieu, il a tenté une expérience (quelques hectares seulement) du temps ou son ami Bernard Magrez sévissait vers Méknès au Domaine Sahari notamment. Mais je n’ai jamais goûté ses vins.

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Du raisin, oui… Du vin, non. Photo©MichelSmith

Au cours de ce voyage, plus intéressé par la fréquentation de restaurants réellement Marocains et de ce fait pour la plupart hostiles au vin, hormis un Carignan qui sera l’objet de ma chronique de Dimanche, je n’ai pas goûté de vins mémorables. Il y a 12 ans, en revanche, ce sont ceux de Beni M’Tir qui m’avaient plus frappés lors d’une dégustation à l’aveugle réalisée par mes soins avec l’aide de la société Castel puisqu’il n’existait pas de structure promotionnelle et que celle-ci n’existe toujours pas d’ailleurs. J’avais goûté une superbe cuvée « Excellence » 2000 et 2001 de Bonassia Vineyards (Cabernet/Merlot) concoctée pour l’export, ainsi qu’un autre rouge 2001 du Domaine de Baraka (Castel) joliment tannique et un Guerrouane 2001 du Domaine Delorme, cuvée « Aït Mimoun » élevée en grande partie en barriques (chêne américain) qui me paraissait refléter la Syrah. Côté gris (ou rosé), le Boulaouane du Domaine de Khmis (Celliers de Boulaouane), bien marqué par le Cinsault, agrémenté de Grenache et de Cabernet, m’avait bigrement séduit tout comme son frère de Beni M’Tir signé à l’époque Atlas Vineyards.

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Ce papier se termine un peu en queue de poisson, me direz-vous. Pas faux. Il faut dire à ma décharge que les marques virevoltent, qu’elles changent de mains et de noms en fonction des marchés internationaux et au gré des opportunités de ventes et de rachats rendant très difficile le suivi de l’épopée vineuse de ce pays. Hormis les taxes que cela rapporte à l’état Marocain, mis à part quelques noms sûrs (Castel, Les Celliers de Meknès), la plus grande confusion règne, même si les caves viticoles que j’ai pu visiter jadis étaient fort bien tenues et aussi bien équipées. L’aventure du vin au Maroc reste obscure et seule la rencontre entre un bon vigneron européen et un homme puissant bien introduit dans les sphères royales pourrait permettre de bâtir un beau rêve à l’image de certains domaines du sud de la France ou de l’Espagne. Comme l’Algérie et la Tunisie, le Maroc est un grand pays de vin qui s’ignore…

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Les douanes, toujours les douanes… Photo©MichelSmith

Mon souhait le plus cher serait de voir s’ouvrir un jour à Meknès une Maison du Vin Marocain. S’il vous plaît votre Majesté, vous qui comptez au moins un magistral palais dans chaque ville, vous pourriez faire quelque chose pour que le vin devienne l’une des fiertés de votre royaume ? D’ici 50 ans, peut-être ? Fort bien, j’attendrai.

Michel Smith


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Picolar avant l’grèfe à Bruselja

Toute ressemblance avec un titre utilisé récemment par mon ami Marc est totalement volontaire… Mon catalan, à moi, est d’opérette – je ne parle que l’espagnol.

Amis Français, peut-être l’ignorez-vous, obnubilés que vous êtes par la ligne bleue des Vosges ou celle de la cravate pas droite de votre président, mais nous, en Belgique, dans ce poste avancé de la Francophonie quel vos médias ne s’intéressent guère que pour parler des méfaits de la Commission de Bruxelles, nous avons un nouveau gouvernement fédéral.

Le nouveau Premier Ministre s’appelle Charles Michel, il est Francophone, et de droite. D’ailleurs, tout le gouvernement est de droite, ce qui ne s’est jamais vu de mémoire d’homme, la Belgique étant le pays du compromis par excellence, et la Wallonie aussi socialisse que la Flandre est plate.

Bref, ce gouvernement promet du sang et des larmes, et notamment un saut dans l’indexation automatique des salaires, un report de l’âge de la retraite (sauf pour les indépendants comme moi qui n’ont pas les moyens de la prendre), des travaux d’intérêt général pour les chômeurs en fin de droits…

Voila qui promet de belles empoignades avec les syndicats. D’aucuns parient déjà sur des grèves généralisées.

En attendant, tant que le Thalys roule, et tant que les tonneaux dans les cafés, je vous suggère de venir ici boire une bonne bière. Qu’elle soit flamande, comme la Westmalle ou wallonne, comme l’Orval, ou encore bruxelloise, comme la Cantillon, je vous souhaite large soif.

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Quant à moi, l’immigré fransquillon, je préfère un bon coup de rouge. J’ai choisi un Cornas de chez Courbis, la cuvée La Sabarotte 2012.

J’aime son fruité noir très frais, ses épices, son velouté, sa structure, son bois superbement fondu – du neuf, pourtant. A comparer avec le 2010, que j’avais déjà bien apprécié, je trouve que le niveau est encore monté. De deux choses l’une, ou Dominique et Laurent Courbis ont encore progressé en deux ans, ou bien c’est moi qui suis dans de meilleures dispositions. J’ai même préféré, cette année, cette cuvée au Saint Joseph Les Royes, que j’avais pourtant placé au pinacle de ma dégustation, à l’époque. Ce n’est sans doute qu’une question de temps, il sera intéressant de revoir ces deux vins dans quatre ou cinq ans… juste pour voir si je suis encore plutôt granite ou plutôt calcaire. Plutôt dur ou plutôt doux. Libéral ou consensuel. Actuel ou potentiel.

En écrivant ces lignes, je sirote mon fond de verre. J’essaie en vin – je veux dire, en vain, d’y lire un avenir incertain. La bouteille est presque vide.

Encore une que les rouches n’auront pas!

Hervé Lalau


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Nossiter à Grenoble!

Quand j’ai vu ce communiqué, j’ai immédiatement pensé à mon copain David Cobbold, dont on connaît la passion pour les vins nature et les grandes pointures de la philosophie.

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Rencontrez Jonathan Nossiter à Grenoble

« Vous vous intéressez aux vins différents, vous ne pouvez pas ne pas avoir entendu parler du réalisateur Jonathan Nossiter et ses films, Mondovino et le tout récent Résistance Naturelle.

Le festival Millésime 2014 organise deux projections suivies d’une rencontre avec Jonathan Nossiter. Si vous êtes intéressés, cela se passe le 10 octobre à midi à EVE sur le campus ou le 10 octobre à vingt heures au cinéma Le Club (sur réservation).

Quelques vignerons seront aussi présents à la dégustation organisée au Club.

Projections d’extraits et débat à EVE – 701 Avenue centrale, Domaine universitaire, Saint-Martin d’Hères
Projection du film, débat et dégustation au cinéma Le Club, 9, rue du Phalanstère, Grenoble (12 €)

Le film : dix ans après Mondovino, Jonathan Nossiter est de retour dans le monde du vin. Faisant le tour du monde et opposant vins « mondialisés » et production de terroir, Mondovino marqua toute une génération d’œnophiles. Il choisit cette fois, avec Résistance naturelle, de s’ancrer dans la terre d’Italie. Son propos est porté par des vignerons militants, dans des situations peu confortables, mais convaincus comme lui que l’agriculture est aussi une question de culture. Un parallèle entre deux univers – la viticulture et la production cinématographique – confrontés à une même logique de normalisation. «Aujourd’hui, je me demande s’il ne faudrait pas cesser d’être des artistes pour redevenir, humblement, des artisans. Les vignerons nous montrent la voie.» J. Nossiter

Jonathan Nossiter : passionné de cinéma … et de vin, Jonathan Nossiter est réalisateur, producteur, scénariste et écrivain. Américain d’origine, il a grandi en France et habité en Angleterre, en Italie, en Grèce, en Inde, au Brésil. Il vit actuellement à Rome. Il est également l’auteur de Le goût et le pouvoir paru en 2007 (Ed. Grasset), dans lequel, après Mondovino, il prolonge sa réflexion sur le monde du vin et l’uniformisation du goût. Il a réalisé aussi les films Resident Alien, Sunday, Searching for Arthur, Thread, Signs & Wonders, Rio Sex Comedy. »

David, j’espère que tu es libre après-demain et que ta moto est en état de rouler!

Au fait, si tu mets le side-car, tu peux peut-être emmener Michel Rolland et son chien?

J’ajoute que le festival Millésime est un événement très sympathique – non, tous les vins présentés ne sont pas bio ou ni biodyn, il y en a pour tous les goûts, et c’est un beau succès que d’avoir construit à Grenoble, hors de toute région de production, ce grand rendez-vous des amoureux du vin.

Hervé Lalau


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Alerte ! On manque de raisins !

Tandis que je ramassais avec mes camarades associés les belles grappes de Carignan 2014 qui font la renommée internationale (je blague) de notre micro vignoble du Puch, à Tresserre, alors que je méditais sur le peu de production de certains de nos pieds, je ressassais dans ma tête le film d’une conversation passée ce printemps avec l’ami Hervé Bizeul dans sa pimpante cave-bureau d’une zone artisanale coincée entre Rivesaltes et l’entrée (ou la sortie) Perpignan-nord de l’autoroute La Catalane.

Hervé Bizeul songeur au Clos des Fées. Photo©MichelSmith

Hervé Bizeul songeur au Clos des Fées. Photo©MichelSmith

Serions-nous en train de manquer de raisins, m’étais-je alors demandé ? Quand on voit que les vols de vendages se multiplient ici et ailleurs, on est en droit de se poser des questions. C’est si vite fait, la nuit, avec une machine à vendanger… ou avec lampes frontales. Vous ne me croyez pas ? Voyez donc ici… Ou là. Ou encore là. La chose commence à être flagrante dans le Sud où nous manquons désespérément de raisin. Paradoxal, n’est-ce pas, dans une région qui débordait de vignes il y a 40 ans. Pas très étonnant quand on a incité pendant des années à l’aide de primes à arracher la vigne sans remplacements, sans aucune vision d’avenir. Résultat, faute de vignerons, c’est la jachère pour une bonne partie du vignoble.

Vieilles vignes traditionnelles du côté de Tautavel. Photo©MichelSmith

Vieilles vignes traditionnelles du côté de Tautavel. Photo©MichelSmith

Et puis, l’autre jour, lors de mon petit déjeuner pris sur le pouce comme d’habitude tout en feuilletant le dernier numéro de La Vigne (N° 267), après avoir zappé sur le dossier «Souches à malo» (dédicace spéciale à mon ami David…), je suis tombé sur un papier instructif et pertinent où il était question de matière première, le raisin.

En bonne journaliste spécialisée, Chantal Sarrazin nous narrait l’histoire d’un négociant de Violès (Vaucluse), la maison Lavau, article qui mettait en exergue, à mon sens, toute la difficulté qu’ont les opérateurs actuels, qu’ils soient gros, moyens ou petits, à s’assurer de pouvoir trouver une denrée de base – le raisin – lequel se raréfie par les temps qui courent, notamment depuis les petites récoltes cumulées de 2012 et 2013 dans la Vallée du Rhône. Il en résulte que désormais, cette maison s’est sentie obligée de signer bien avant la récolte, sans en connaître la qualité, des premiers contrats d’achats de raisins en offrant aux vignerons (coopérateurs, par ailleurs) un premier paiement. À ma connaissance, même en Champagne où le raisin vaut de l’or, je n’ai pas d’autres exemples où cela se produit aussi tôt. À moins que le négociant ne tienne pas à ce que cela se sache, évidemment. Avant, on pouvait faire une promesse d’achat «sur pieds» en allant constater l’état des grappes une ou deux semaines avant les vendanges, mais là, un mois ou deux avant la récolte, cela me semble relever d’un nouvel état d’esprit, d’autant que les vignerons en question sont coopérateurs.

Nouvelles vignes sur échalas du côté de Saint-Chinian. Photo©MichelSmith

Nouvelles vignes sur échalas du côté de Saint-Chinian. Photo©MichelSmith

Entendons-nous, il ne s’agit pas là d’évoquer la qualité, mais de s’attarder pour une fois sur la quantité. Dans la tête des amateurs purs et durs, les faibles rendements sont synonymes de qualité, soit. Mais cette réflexion, valable pour les petits domaines producteurs de vins pour esthètes commercialisés à un prix conséquent, ne s’applique pas dès lors que l’on parle du vin en général, de vins à boire, de vins festifs, de vins de tous les jours et même de vins d’exportation pour les gros marchés où il reste encore une forte demande. Chez nous, en Languedoc, les conséquences des épisodes de grêle et de sécheresse font que la récolte 2014 sera faible alors que les stocks sont au point zéro et que certaines caves n’ont déjà plus de 2013 à la vente en rosé comme en blanc depuis le début de cet été. Dans l’Hérault et l’Aude, on estime que la baisse tournera autour de 30 % par rapport à 2013 qui était une année correcte, sans plus (en faisant toujours abstraction de la qualité), et le plus grave c’est que cette baisse perdure depuis le tout début des années 2000. Or, si nous ne pouvons vendre du vin aux opérateurs mondiaux, d’autres pays ne se priveront pas de le faire. Et ils sont déjà fort actifs.

Vignes irriguées du côté de Maury. Photo©MichelSmith

Vignes irriguées du côté de Maury. Photo©MichelSmith

Je n’ai pas le temps de m’y pencher plus à fond, mais il y a fort à parier que cette situation qui conduit à une forte baisse de production, en gros à un manque de plus en plus flagrant de raisins, affecte peu ou prou les départements voisins comme les Pyrénées-Orientales, le Gard et probablement l’Ardèche, la Drôme et le Vaucluse. Si le lecteur à quelques informations sur ce sujet, je le remercie par avance d’éclairer notre lanterne.

Hervé Bizeul, quant à lui, en plus d’être un excellent vigneron, possède des talents d’analyste. Il ajoute quelques éléments de réflexion sur l’état actuel de notre vignoble. J’espère ne pas trop dénaturer ses propos que je résume ci-après.

  • Le vieillissement de la population viticole fait que, hélas, les vignerons qui partent à la retraite ou qui décèdent ne sont que très rarement remplacés par des jeunes.
  • Les vignes elles aussi vieillissent. La plupart, remarquablement bien plantées et bien entretenues par une génération de viticulteurs durs à la tâche et consciencieux, ont été capables de tenir plus de 60/80 ans, et certaines bien au-delà. Les nouvelles vignes sont à quelques exceptions près mal plantées et peu entretenues au point qu’il faut les remplacer plus souvent tant leur durée de vie est écourtée.
  • Le désinvestissement viticole en général, corolaire de ce qui est dit précédemment, vient s’ajouter au marasme. Par exemple, par manque de bras qualifiés, par manque de motivation aussi, très souvent on ne remplace plus la vigne mal taillée et malade. En gros, on délaisse son vignoble. Une fois ces paramètres pris en compte on pourrait se préoccuper de l’aménagement rationnel et moderne du vignoble. Conduire la vigne de manière à laisser passer le tracteur et la machine à vendanger sans abîmer les ceps et, dans les zones touchées par la sécheresse, opter pour une irrigation qualitative très limitée dans la saison. Cela permettrait au moins d’assurer une bonne production de raisins destinés à la production de bons vins quotidiens.

Hervé Bizeul dit encore plein de choses intéressantes sur le jeu collectif d’une appellation, par exemple, sur la représentativité de nos vins sur le marché mondial, sur la grande distribution, les cavistes, etc. Si seulement on pouvait le filmer et en faire un documentaire instructif ! Je lui conseille d’ailleurs, le jour où il en aura le temps, de pondre un rapport sur les perspectives de la viticulture dans le Sud à la manière d’un Jacques BerthomeauToujours est-il que dans le Roussillon, comme dans le Languedoc, les courtiers sont plus que jamais à l’affût, tandis que des négociants tel le Bordelais François Lurton bichonnent leurs vignes du Sud et y ajoutent l’irrigation afin d’assurer l’avenir. Quant à notre récolte, celle du Puch, elle ne dépassera pas 15 hl/ha.

Michel Smith

PS – Notre intrépide et courageux  cycliste à la moustache argentée, j’ai nommé Jim Budd, vient d’achever sa descente de Loire à vélo pour la cause du cancer. Après plus de mille kilomètres, il s’est posé à La Baule et si vous allez sur son site, j’espère que vous ferez preuve d’un peu – de beaucoup – de générosité pour mieux soigner ces enfants qui parfois meurent du cancer.

Cheers Jim ! Avec un coup de Muscadet, of course. Et bises aux Luneau !


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L’offre Vin d’Orly : Boco d’espoir…

Tous les ans à peu près, je visite Orly Ouest. Contraint et forcé parfois par je ne sais quel voyage et des heures d’attentes, je déambule dans les travées de cet aéroport qui reçoit chaque jour des milliers de touristes, pour beaucoup étrangers. Qu’ont-ils comme cadeaux souvenirs gourmands symboles de la France à ramener chez eux ? Pas grand chose de qualité. Et à mon avis, à moins de manquer de goût, rien qui puisse peser dans le sac à dos du voyageur low cost que je suis devenu quand je pars à Londres ou ailleurs. En effet, pas grand chose n’a évolué depuis mon dernier passage. Le marchand de macarons est toujours là, comme le rectangle open space, consacré au caviar et au saumon fumé, Paul et Starbucks aussi, présents depuis pas mal de temps, rien ou peu d’enseignes nouvelles. En dehors de la brasserie décrite il y a quelques mois (voir le lien plus haut) et d’une sorte de foire fouille où les chocolats industriels se mêlent aux parfums avec de la place pour quelques vieux millésimes de Pibarnon et des champagnes bestsellers, l’offre des vins est au mieux limite médiocre quand elle n’est pas franchement navrante.

Photo©MichelSmith

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Petite lueur d’espoir avec Boco, cette boutique, nouvelle pour moi qui suis provincial, mais en réalité fondée en 2011 par les frères Ferniot, Simon et Vincent, avec l’appui de quatre grands chefs triplement macaronés et trois grands chefs pâtissiers. Ils comptent désormais 4 restaurants sur Paris, dont celui d’Orly Ouest doublé d’une petite épicerie un peu trop cachée à mon goût. Restaurant est un bien grand mot pour ce qui ressemble plus à une épicerie. En me rapprochant du hall 1, ce n’est pas le nom qui m’a attiré vers cet espace que d’aucuns appellent corner, mais plutôt le souriant portrait d’Anne-Sophie Pic, une fille dont j’apprécie la modernité et la recherche en cuisine. Je me disais : « sympa, je vais grignoter du Pic avant de prendre mon avion Hop ! ». Finalement, je n’ai pas choisi l’un de ses plats. J’ai hésité entre le clafouti de tomates cerises et basilic de Jean-Michel Lorain, la salade de crevettes et pommes acidulées de Vincent Ferniot, pour finir avec le risotto de coquillettes au reblochon et courgettes au romarin d’Emmanuel Renaut (7,70 €). Au passage, le plat le plus cher était le duo de saumon snacké et lentilles vertes de Régis Marcon proposé à 9,60 €.

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Bon, je n’ai pas été transcendé par mon plat servi en bocal, cela va de soi, mais c’était bon. Cela sentait bon le romarin et la courgette aussi (en mini dés) tandis que le fromage apparaissait timidement marié à une sauce liquide qui avait la texture apparente de celle d’un risotto.

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Là où j’ai été surpris, c’est que hormis une bière bio, on proposait trois vins (blanc, rouge, rosé), dont l’excellent rouge Côtes de Thongue 2012 de mes camarades vignerons, Isabelle et Rémi Ducellier des Chemins de Bassac. J’apprends que ce délicieux vin bio, cuvée Isa, pour une fois servi frais (5,20 € le verre d’un peu plus de 12 cl tout de même… facturé en Côtes du Rhône !) est distribué par la Maison Richard (celle des cafés) et je confirme qu’il s’agit d’un assemblage de pinot noir, cabernet sauvignon, syrah, grenache et mourvèdre parfaitement adapté au plat. Grâce à lui, je pouvais prendre le cœur léger mon avion de retour sur Perpignan. Mais pas avant de commander un café. Celui-ci n’était pas à la hauteur du lieu. Les Ferniot devraient d’ailleurs demander à la Maison Richard d’installer, en plus de leurs vins, leur machine à café et de venir former le personnel par la même occasion. La pauvre fille au service, hormis les couleurs, n’entendait rien au vin. Alors, c’est promis, si je vois Anne-Sophie, je ne manquerais pas de le lui faire la remarque. Et pour ce qui est du vin, continuez avec les vins du Sud. Ça vous va tellement bien…

Michel Smith


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Rentrée, clichés, champagnes et instantanés

Tandis que l’Europe vendange à tire-larigot, la rentrée est la cause de pas mal de remue-méninges de la part de nos chères copines attachées de presse pinardières en étroite liaison avec ce qu’il peut rester de bon dans le gratin journalistique. Il faut dire que les rituels médiatiques que nous impose sa très suffisante Majesté la « Consommation » (avec un grand C pour connerie), poussent nos donzelles pomponnées – certes, il y a aussi quelques messieurs – à rivaliser d’intelligence, histoire d’appâter le journalise et (ou) le blogueur, lesquels, comme chacun sait, se laissent facilement prendre par les sentiments vu qu’ils manquent singulièrement d’idées sachant qu’ils ont fait tout plein d’études savantes et que, à part les marronniers… Bon, passons. À ce propos, je remarque que de plus en plus les journalistes spécialisés en vins, consommation, tourisme, automobile ou autre élément important de notre vie quotidienne, se contentent de reproduire, on pourrait dire de recopier, le dossier de presse qu’ils viennent de recevoir. Quoiqu’il y ait des exceptions, avec de vraies plumes. Oui, vous le voyez, je suis plus qu’optimiste quant à l’avenir de notre chère profession.

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Rien de nouveau me direz-vous, hormis le 11 Septembre qui est (aussi) le jour des indépendantistes Catalans, alors pourquoi s’attarder ? Et pourquoi s’alarmer ? Pourquoi crier haro sur le baudet comme on disait jadis dans feu la Gazette du Poitou qui se lisait du côté de Loudun (Vienne) au temps où je démarrais dans la Presse ? Ben oui, pourquoi ? Eh bien tout bonnement parce que la communication vineuse, à force d’ânonner ses thèmes éculés (qualité de notre vin au « top », louanges en provenance de tous les guides, poncifs habituels sur le terroir « béni des dieux », succès indéniable à l’international, dynamisme de l’équipe dirigeante, perspicacité des propriétaires, j’en passe et des meilleurs), quand elle arrive malgré tout à passer, c’est-à-dire à déclencher ne serait-ce qu’un rictus chez le journaliste avachi, cela se traduit le plus souvent par la déception qui conduit tout droit à un immense précipice, une vacuité désespérante.

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Résultat, depuis  que je suis dans le vin, les invitations pleuvent au même rythme pour des grandes bouffes toutes ou presque localisées à Paris, bien entendu, pour des déjeuners huppées ou pas dans des restaurants plus ou moins branchés. C’est sûr, l’imagination n’est plus au pouvoir. En d’autres capitales, Londres, Bruxelles, Madrid, Rome probablement, la presse du vin doit elle aussi être très sollicitée et peut-être l’est-elle de la même manière. On s’étonne après que le vin ne bouge pas, qu’il reste figé sur ses codes, ses traditions. Signe de la dureté de l’époque, le temps béni où l’on vous proposait royalement le billet de train (ou d’avion) pour venir vous rincer l’œil et la bouche aux frais de la princesse est désormais révolu, du moins pour des petits loulous comme moi. Autre constat significatif, c’est le (ou la) Champagne qui se montre le plus actif dans la communication aussi inutile que coûteuse, suivi dans l’ordre par le Bordelais, la Bourgogne, le Rhône et l’Alsace.

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Mais pourquoi les maisons de Reims ou d’ailleurs se cassent-elles encore tant la tête à nous présenter chaque année un sempiternel « nouvel habillage » encore plus ringard que celui de l’an dernier pour vendre leur cuvée « cucul la praline », un « nouveau design » encore plus moderne de leur boîte en métal, un « pack », une cuvée « premium », un « coffret » encore plus révolutionnaire dans lequel, ô surprise, on aura glissé un gadget encore plus inutile que celui de l’année d’avant ? Vous voulez savoir ? Parce que tout simplement les revues professionnelles ou pas, comme les magazines spécialisés ou non, les quotidiens à la ramasse ou à la dérive, ou les blogs les plus minimalistes, manquent d’imagination.

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Pourquoi encore ? Eh bien, parce qu’après avoir essuyé les plâtres lors de leur quinzaine de Septembre consacrée depuis des lustres aux « foires aux vins » où, avec quelques sommeliers stars, ils vont s’en mettre plein les fouilles en publicités de la GD, tous s’apprêtent à faire un nouveau banco digne du casino de la Principauté avec, je vous le donne en mille, « les champagnes de fêtes », « les bulles de Noël » si vous préférez. Eh oui, chaque année la même rengaine et les mêmes clichés reviennent à coups de pages de pub en Décembre pour causes de gueuletons bien arrosés. Deux périodes de l’année – Les Foires au Vins et les Bulles de Fêtes – où notre « grande presse » daigne nous causer pinard… Pour les services de presse, cette double occase est une aubaine qui ne se loupe sous aucun prétexte d’autant que, sans ces numéros spéciaux, les agences de ces messieurs-dames ne pourraient pas tenir.

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Sinon, la rentrée c’est aussi le moment de faire le bilan. Sur le prix des terres à vignes, par exemple, comme le détaille l’excellent site du quotidien belge Le Soir, ou sur un film qui suscite bien des commentaires, notamment dans un autre excellent site, celui du Point. Non, je ne pourrai pas me rendre à la Table des Vendanges de Phélan Ségur, encore moins hélas au déjeuner du Champagne Boizel, mais je serai à l’écoute le 19 Septembre du Syndicat des Crus Bourgeois du Médoc qui révélera la liste officielle des châteaux sélectionnés pour le millésime 2012. Et pendant ce temps, j’apprends que les vignobles André Lurton viennent de nommer une nouvelle ambassadrice de charme, qu’Isabelle Brunet réintègre Monvinic à Barcelone, et que mes deux potes Jérémie, l’un dans le Muscadet, l’autre en Vendée, ont démarré leurs vendanges dans la bonne humeur.

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Enfin, une bonne nouvelle sous forme de cocorico pour les gars et les filles de chez moi : les vins du Languedoc-Roussillon gagnent non seulement du terrain à l’export (en Asie surtout), mais ils se vendent de plus en plus chers. Grâce au travail de Sud de France Développement. Un peu aussi grâce au travail de quelques journalistes, non ?

Michel Smith


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Expo-photo@2014 La Bourgueillothérapie + Les étapes pour Loire vélo

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Portrait of the Artist in 2013 as a young man facing a blank canvas and searching for inspiration!

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Inspiration found… (No 4 in Expo)

The 2014 edition of La Bourgueillothérapie fast approaches – this weekend 13th and 14th September. Earlier than last year because the 2014 vendange is expected to start earlier than the 2013, which was very late.

List of photos for my exhibition@Café de la Promenade with proceeds going to La Croix Rouge. The expo starts late afternoon on Friday 12th September and proceeds go to La Croix Rouge, the chosen charity for this year:   

Bourgueil expo – ‘de Nicolas à Patrice’

  1. Cabernet Franc Mi-pente, Domaine de la Butte: September 2010
  2. Caves de Grand Mont 1
  3. Caves de Grand Mont 2
  4. David Cobbold – artist in residence: Bourguillothérapie 2013
  5. Dorothée – no messing at the Café de la Promenade!
  6. François Jamet, tasting, Domaine les Vallettes, Saint Nicolas de Bourgueil
  7. Frédéric Mabileau, Saint Nicolas de Bourgueil (Vins: Anjou, Bourgueil, Saint Nicolas de Bourgueil, Saumur): June 2013
  8. Gérard Vallée et son fils, Domaine de la Cotelleraie, Saint-Nicolas-de-Bourgueil
  9. Guillaume Lapaque, directeur du syndicat des vins de Bourgueil: June 2012
  10. Hervé Ménard, Domaine Menard, Bourgueil: March 2014
  11. Jean-Claude Audebert, Maison Audebert, Bourgueil
  12. Jean-François Mabileau, Domaine de la Closerie, Restigné
  13. Jean-Marie Amirault, Benais
  14. Joël Taluau, Joël Taluau et Thierry Foltzenlogel, Saint-Nicolas-de-Bourgueil (Vins Bourgueil and Saint-Nicolas-de-Bourgueil): Joël died June 2013
  15. La Loire@Chapelle
  16. L’arme de Jean Carmet – cave of Lamé Delisle Boucard
  17. Ludovic Ragot, Café de la Promenade, Bourgueil
  18. Maeva Mabileau, Domaine de la Closerie, Restigné
  19. Nathalie Omasson, Saint-Patrice
  20. Philippe Boucard, Lamé Delisle Boucard, Ingrandes-de-Touraine: October 2009
  21. Pierre, Stéphanie and Emmanuel Caslot avec Binettes, Domaine de la Chevalerie, Restigné: June 2014
  22. Pierre Breton, Domaine Catherine & Pierre Breton, Restigné (Vins: Bourgueil and Chinon)
  23. Pierre Caslot, Domaine de la Chevalerie, Restigné
  24. Pierre-Jacques Druet, Benais: distinctive sign
  25. Robert Viémont, Confrèrie de Commanderie de la Dive Bouteille de Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil
  26. Sandrine and Mateo Duveau, Bourguillothérapie 2013
  27. Sebastien David, Saint-Nicolas-de-Bourgueil
  28. Sophie Ragot, Café de la Promenade, Bourgueil: June 2013
  29. Sorting Cabernet Franc at Domaine Frédéric Mabileau, Saint-Nicolas-de-Bourgueil (Vins: Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Bourgueil)
  30. Tasting ’47 to ‘93 – 100 point tasting! (Cave de Lamé Delisle Boucard)
  31. Thierry Amirault, Domaines les Quarterons, Saint-Nicolas-de-Bourguei
  32. Vignerons at tasting of ’47 to ‘93 in cave of Lamé Delisle Boucard and Les  Gambiers de Domaine des Ouches, Ingrandes-de-Touraine
  33. Vincent Cuisinier de Campagne, Ingrandes-de-Touraine: Poulet roti à la Belge
  34. Vincent Marchesseau, Vignoble des Robinières, Bourgueil (Vins: Bourgueil, Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Chinon)
  35. Xavier Courant, Domaine l’Oubliée, Saint-Patrice
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The answer if you have ever wondered why customers@Café de la Promenade is always so well behaved…!

After La Bourgueillothérapie it will be time for us to head to Gerbier de Jonc, the source of the Loire to start my cancer charity ride to from there to La Baule, where La Loire meets the Atlantic.

I will be riding to raise money for two cancer charities – the Fondation Gustave Roussy in France (https://igr.friendraising.eu/jim.budd) and Teenage Cancer Trust in the UK (http://uk.virginmoneygiving.com/JimBudd). All donations very gratefully received.

 

TeenageCancerJerseyss

New cycling top kindly sent to me by Teenage Cancer Trust specially for my cycle ride down the Loire Valley.

Eight-day ride down the Loire: les étapes

17th September – 24th September 
Wednesday 17th : Gerbier de Jonc – Retournac via le Béage (85 kms)
Thursday 18th : Retournac – Renaison (Côte Roannaise) (120 kms)
Friday 19th: Renaison – Nevers (165 kms)
Saturday 20th: Nevers – Chavignol (60 kms)
Sunday 21st: Chavignol – Beaugency (114 kms)
Monday 22nd: Beaugency – Bourgueil (143 kms)
Tuesday 23rd: Bourgueil – Ancenis (121 kms)
Wednesay 24th: Ancenis – La Baule (115 kms)

 

JIM BUDD

Charles-vélos

Delighted that I will be joined for part of the ride: Bourgueil to La Baule by Charles-Eric Pasquiers, the general manager of Domaine FL in Anjou. C-E is pictured here crossing La Beauce during the punishing Bordeaux-Paris ride.

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