Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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À quoi cela peut-il bien servir ?

Oui, je me demande vraiment à quoi cela sert-il de palabrer ?

À quoi servent ces conférences, colloques et autres débats ?

Pas même le temps de captiver son auditoire que déjà il faut passer la parole à un autre. Est-ce si utile de se déplacer pour un petit quart d’heure d’explication de texte face à un public déjà averti, déjà convaincu et qui plus est restreint ? Ce qui va suivre, aux yeux des bénévoles qui n’ont pas compté leurs heures pour la bonne réussite de ces journées, paraîtra insolent, discourtois, voire exagéré. Mais en même temps, je ne peux continuer à me satisfaire de la convenance habituelle dans laquelle j’ai baigné les trois quarts de ma vie. Critiquer ce que je viens de revivre une fois de plus constitue pour moi un devoir. Ainsi donc, je présente d’ores et déjà mes excuses à ceux que je risque d’offenser.

Unknown

Je veux vous parler de ces réunions, de ces discussions articulées autour du vin qui donnent lieu à de sempiternels débats sans lendemains. On les accepte volontiers, parfois à contre cœur. On y va à ses propres frais alors que l’on a déjà du mal avec sa maigre retraite et que l’on a un boulot à n’en plus finir sur le bureau. On se dit que peut-être on apprendra des choses, que ça fera du bien de faire un break, de voir d’autres personnes, d’échanger. Et puis Bruno Chevallet, l’organisateur, est si convaincant, si aimable, que l’on rêve déjà de pique-niques au bord de l’eau, d’échanges passionnés sous les oliviers et d’un hôtel de charme avec petit déjeuner provençal au son des cigales. Alors on dit oui. On y va le cœur en bandoulière avec en tête l’échafaudage d’un plan apte à défendre le Carignan du Roussillon, sans oublier de parler des autres, de ceux d’Uruguay ou d’Israël.

Le Maître et son élève... Photo©MichelSmith

Le Maître et son élève… Photo©MichelSmith

Cela me fait mal de le dire aussi brutalement, mais une fois sur place on déchante : les repas sont ruineux, les produits locaux sont relégués aux abonnés absents, le foie gras, le homard et le saumon sont mis en avant (pourquoi pas le caviar ?), de coûteux droits de bouchons vous scient le moral et en plus il faut se battre pour boire le vin à sa bonne température. Côté débats, discipliné on attend patiemment son tour de parole pour balbutier quelques mots sur cette éternelle et lancinante définition du « terroir », puis on écoute des gens passionnants que l’on coupe, comme c’était le cas pour vous il y a à peine 10 minutes, car, c’est un fait, « le temps nous manque ». Comme toujours. Sur ce, on n’oublie pas de se congratuler les uns les autres, d’applaudir, d’échanger nos cartes, de remercier tel ou tel sponsor qui, en brillant de son absence, montre l’intérêt qu’il porte aux choses du vin, ne cherchant même pas à aller au bout de sa mission. Le tout face à un maigre public estimé à 20 personnes, peut-être 30 par moments, tous participants ou accompagnants. Au final, lorsque l’on rentre chez soi épuisé par 5 heures de route, viennent les mots fatidiques : « Et alors ? » Alors, quoi ? On se sent comme envahi par un sentiment de frustration. On fait son délicat, son difficile…

Danièle Raulet-Reynaud à gauche et Iulia Scavo, la star montante de la sommellerie. Photo©MichelSmith

Danièle Raulet-Reynaud à gauche et Iulia Scavo, la star montante de la sommellerie. Photo©MichelSmith

Si ce n’était que pour les joies de retrouver mes amis vignerons, un tel voyage valait-il la peine d’être vécu ? Malgré les déconvenues, je dis oui haut et fort, même si je reste sur ma faim. Tout cela pour des « Rencontres internationales », les premières du genre sur la Côte d’Azur avec pour thème palpitant : « Un cépage, un terroir, des hommes » argumenté de la sorte : « Comment des vignerons ont su mettre en valeur des cépages oubliés et mal aimés sur des terroirs adaptés pour des vins exceptionnels ». La seule mention des cépages oubliés et la possibilité de défendre en public mes bons vieux plants du Midi, comme je le fais ici même tous les dimanches depuis 4 ans, ont suffi à me faire déplacer. Et, vous vous en doutez, ce n’était pas que pour un dîner dit « de gala » destiné à oindre les huiles dans le sens du poil. Alors, je m’efforce de retenir le côté positif des choses. Je me rends compte en effet que, malgré quelques écueils, rien n’a été perdu pour autant. Quelle chance j’ai a eu de pouvoir renouer avec le Romorantin de Michel Gendrier que je n’avais pas goûté depuis des lustres, de rencontrer sa charmante épouse, d’échanger avec André Dubosc venu de Plaimont pour une fois sans son béret basco-béarnais, accompagné lui aussi de son épouse et d’une jeune chercheuse en cépages autochtones de l’école de Purpan qui explore savamment les travaux sur les comportements des cépages anciens du Sud Ouest comme le fait Michel Grisard, présent lui aussi pour parler de son expérience en son Centre d’Ampélographie Alpine dédié à Pierre Galet. Ah, ce Professeur Pierre Galet qui travaille d’arrache pieds à un nouveau Dictionnaire encyclopédique des cépages, c’est une légende vivante. Un homme plein d’humour doté d’une mémoire éléphantesque qui vous lance à la figure un magistral « Profitez-en, j’ai 93 ans et je vais bientôt mourir » !

Les participants... enfin, une partie. Photo©DR

Les participants… enfin, une partie. Photo©DR

Quelle joie aussi d’embrasser Patricia Boyer du Clos de Centeilles que l’on a vu naître dans les années 80 avec déjà le souci de préserver les nobles cépages languedociens. Joie aussi de goûter sans retenue les cépages corses de Jean-Chales Abbatucci, de vider un verre ou deux de Mailhol en compagnie de ses auteurs Laurence et François Henry devenus historiens pour la cause des cépages, de siroter pour la première fois de ma vie une Mondeuse Blanche, celle de Philippe Grisard. Écouter les passionnantes recherches de Garance Marcantoni, la conseillère en viticulture biologique de la Chambre d’Agriculture du Var que les vignerons présents n’ont jamais pris la peine de contacter alors qu’elle a tant de connaissances à partager avec eux sur les cépages oubliés de Provence. Regretter l’absence de vignerons provençaux, hormis deux d’entre eux. Boire le discours d’historienne et l’accent pierreux de la Roumaine Iulia Scavo qui, je l’espère, deviendra un jour Meilleur Sommelier du monde après le Suisse Paolo Basso. Je vous jure, cette fille le mérite ! Quel plaisir aussi de causer un brin avec Jean Rosen, André Deyrieux, Jean-Luc Etievent, j’en passe et des meilleurs

La photo souvenir... Où tout le monde semble ravi ! Photo©DR

La photo souvenir… Où tout le monde semble ravi ! Photo©DR

Boire et échanger, voilà de vrais moments de partage qui gomment les défauts de cette première initiative forcément perfectible. En dernier ressort, j’aimerais suggérer ceci aux organisateurs : que l’on sorte lors des prochaines sessions du tape à l’œil, du bling-bling cher à la Côte d’Azur ; que l’on remise aux oubliettes ces soirées interminables où les étoilés se surpassent à grands renforts de verrines dînatoires et autres variations sur lesquelles le rouge chaud ne passe décidemment pas, pas plus que le rosé d’ailleurs ; que l’on aille vers plus de simplicité, vers des repas de grandes tablées où nous sommes tous ensemble, chez un vigneron de La Londe, par exemple. Et que l’on réduise le nombre d’intervenants afin de laisser s’exprimer ceux qui sont dans le concret. Je sais, ce ne sera pas toujours chose facile. Au Lavandou, nous sommes sur la route de Saint-Tropez et sur la commune qui abrite la modeste demeure de Carla Bruni au Cap Nègre. Mais on peut rêver…

Michel Smith


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Un amour d’Amouriers

Il y a des vins qui incitent à l’introspection, à la méditation. Arbitrairement, je rangerai dans cette catégorie quelques grands Médocs des familles.

Il y aussi des vins qui incitent à l’amour.

Comme ce Vacqueras du Domaine des Amouriers 2010, cuvée Signature, qui me ramène sa fraise, ses épices douces et sa pâte d’olives, au moment même où j’écris ces lignes. Oui, je vous décris la chose en direct, le verre posé devant moi, une lampée du vin dans la gorge; c’est la magie du blog et de l’interactivité – je vous dispense de la video, ce serait contreproductif.

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En bouche, ce qui séduit, c’est la fraîcheur. La puissance n’est rien sans la vivacité, l’impulsion, l’explosivité, le premier sportif vous le dira; ici, on a les deux. Et la longueur, en plus.

Olivier Poussier me disait la semaine dernière à quel point les vins du Rhône avaient progressé ces dernières années; à quel point ils pouvaient allier accessibilité fruité dans la jeunesse et complexité, capacité de belle évolution dans le temps. Je pense que ce vin  illustre assez bien son propos.

Sans surprise, cette cuvée assemble grenache, syrah et carignan.

Quant au domaine, eh bien, je ne le connaissais pas.

Un rapide coup d’oeil sur le Net m’a permis de découvrir qu’il se niche à Sarrians et qu’il est exploité en agriculture bio. Et que son nom ne doit guère à Vénus, mais plutôt aux mûriers, dont c’est le petit nom en provençal.

Ayant un faible pour le Vaucluse, où j’ai passé une partie de mes jeunes années, j’aimerais pouvoir dire que je connais Vacqueyras comme ma poche. Il n’est est rien. Il a fallu que ce sacré Marc me donne cette bouteille pour que je vous en parle.

Les surprises, ça peut parfois avoir du bon. J’espère ne pas avoir gâché la vôtre, si vous tombez un jour sur une bouteille de ce nectar. Avec un peu de chance, ce ne sera pas la même cuvée, ou le même millésime… Et puis, ce sera votre palais, votre plaisir, vos amours…

Hervé


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Retour à Vignelaure (première partie) : l’histoire.

Pardon de parler de moi, une fois de plus, mais parlons aussi d’un lieu. Le lieu que j’évoque est si chargé de souvenirs, mes tous premiers qui soient professionnellement liés au vin, qu’il m’est difficile de les retenir. Fin des années 70, les attachées de presse – il y avait aussi un ou deux messieurs – nous draguaient exagérément et même honteusement. Que l’on soit spécialisé ou non, pour peu que l’on appartienne à un titre prestigieux, la drague était à la limite du racolage proche de celui qui se pratiquait du côté de la Place Pigalle. Je suppose que cela existe encore un peu, même si la profession sensée communiquer avec la presse s’est assurée depuis les services de personnes plus intelligentes et plus efficaces que les autres… De toutes les façons, cela ne me regarde plus guère : je ne collabore plus aux titres de presse « qui comptent » ce qui me permet de jouir pleinement de ma pré-retraite. Et de raconter tout cela avec le détachement qui s’impose.

Dans le parc de Vignelaure. Photo©MichelSmith

Dans le parc de Vignelaure. Photo©MichelSmith

Ce doit être l’air brûlant de l’été qui fait ressurgir en moi ce besoin de revoir les décors à la Giono, les montagnettes calcaires, les paysages qui semblent débouler des Alpes pour mieux s’offrir une vue grandiose sur la Grande Bleue. Non, je ne vous parlerai pas de l’Estérel, ni des rosés du golfe, des îles du Levant, ni même du Massif des Maures qui m’est pourtant très cher. Cette fois-ci, je vais vous reparler de cette Provence du Pays d’Aix déjà par moi évoquée cette année ICI et . Dans les années 70, et même un peu avant, un fou sévissait par là, un certain Georges Brunet. Il possédait La Lagune, troisième machin chose du Haut-Médoc, menait grand train de vie, sévissait dans l’immobilier cannois (si ma mémoire est bonne), collectionnait les œuvres d’art et les jolies filles genre Madame Claude avec lesquelles il aimait parader en Rolls.

Collés à ses basques, Brunet traînait tous les clichés bling-bling de l’ère post yéyés. Sans oublier une attachée de presse de stars qui m’avait attiré dans ce traquenard de luxe où, jeune novice, je me laissais entraîner sans trop broncher. Jusqu’à Marignane où un quarteron d’hôtesses en mini jupes aussi sexy les unes que les autres se disant les « proches collaboratrices » du maître nous menèrent à la tombée de la nuit jusqu’à Vignelaure. D’un naturel prude et timide, étant jeune marié, je ne poussais pas le vice de certains de mes honorables confrères qui allèrent jusqu’à accepter de se faire "raccompagner" jusqu’à leur chambre de peur de se perdre dans les coursives après un dîner aux chandelles où un maître d’hôtel nous avait servi les premiers grands vins de Château Vignelaure en compagnie du propriétaire. J’étais journaliste débutant et, n’y connaissant rien aux choses de Bacchus. Je notais sur un calepin, l’air pro et concentré, tout ce qui se disait à table sur des vins qui m’impressionnaient mais que je ne savais comment décrire. Oui, je trouvais ça bon, tout comme untel et untel qui, eux, ne tarissaient pas d’éloges. Qu’est devenu Georges Brunet ? Est-il guru dans le Nevada, exilé fiscal en Belgique, mort et enterré, chef de tribu dans une micro île du Pacifique, retraité à Mar de Plata ? Si vous avez des nouvelles, n’hésitez pas à m’en donner.

La vision de Brunet était simple. Elle consistait à décréter qu’il allait tout mettre en œuvre pour construire un grand cru dans ce coin perdu du Var, à Rians, à deux pas des Bouches-du-Rhône. En choisissant le lieu, un vignoble en altitude dans une région « froide » de la Provence, il privilégiait l’équilibre des vins. Il ne devait pas être si couillon que ça, et certainement même bien conseillé, puisqu’il a trouvé le moyen de conserver au moins une parcelle de carignan, quelques grenache et cinsault, et d’introduire un peu de merlot. Son premier « vrai » millésime, 1970, illustré par je ne sais plus quel artiste de ses amis (le dessin de l’étiquette copiait vaguement Mouton évoquant un bélier dans les vignes avec cette devise « Sans le soleil, je ne suis rien », et il n’a pas changé de nos jours) était devenu un référence aussi mondiale que mondaine trouvant sa place jusque dans les rayonnages de quelques caves parisiennes prestigieuses. Et si je me souviens bien, le vin me touchait, tout comme le 1971 que je ne refusais pas de me voir offrir à Noël (Brunet qui savait y faire, envoyait des caisses de magnums aux journalistes ! Paraît que ça ne se fait plus…) vu qu’il commémorait à la fois l’année de mon service militaire et la naissance de mon premier fils. Je me souviens aussi d’un 1975 de toute beauté dont j’ai pu voir quelques spécimens dans la cave du château récemment.

Un grand de Provence ! Photo©MichelSmith

Un grand de Provence ! Photo©MichelSmith

Une des forces de Brunet était de vouloir s’appuyer sur des travaux effectués par des spécialistes, dont un certain docteur Jules Guyot, qui, en plus d’avoir laissé son nom à une forme de taille et à une poire, avait décrété que cabernet-sauvignon et syrah ne pouvaient faire que bon ménage et donner de grands résultats dans le Sud. L’homme n’avait pas tort et l’aventure Vignelaure a inspiré plus d’un talentueux vigneron, Éloi Dürrbach, en particulier, ce dernier ayant même été un temps régisseur de Vignelaure afin de payer la plantation de ses premières vignes dans le Massif des Baux ! Petite précision au passage : personne ne parlait alors de grands vins dignes de ce nom en Provence, hormis ceux des Tempier à Bandol et de Château Simone à Palette.

L’autre trait caractéristique de Georges Brunet, était aussi d’avoir cette idée folle de bâtir, à partir d’une belle bastide, certes, un authentique château « à la bordelaise », avec des chais monumentaux qui, pour atténuer les températures estivales de l’été, se devait d’être enterré avec un accès facile vers le vignoble et suffisamment d’espace pour un cuvier digne de ce nom et un chai à barrique. La partie artistique n’était jamais absente de sa conception du vin. Il était généreux en vins envers les artistes et les logeait volontiers sur place. Là où les flacons géants de Vignelaure étaient entassés pour un « vieillissement » qui s’imposait à ses yeux, au premier sous-sol, juste au-dessus du chai, un ascenseur conduisait dans une formidable galerie-cave de collectionneur encore visible aujourd’hui, un lieu ou les compressions de son ami César et les toiles de Buffet côtoyaient les tirages les plus célèbres des photos de Cartier-Bresson. En dépit des rachats et des vicissitudes ces trésors ont été miraculeusement conservés. Ils sont encore visibles de nos jours.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Ce domaine hors normes qui doit compter parmi les plus vieux cabernet-sauvignon du Sud de la France, la plupart venus directement de La Lagune, est passé dans les années 1985 de VDQS à AOC (AOP, maintenant) Coteaux-d’Aix-en-Provence. Si les différents propriétaires, ont eu la sagesse de ne rien changer dans l’essentiel de la conduite du vignoble et de la cave, les nouveaux propriétaires restent sur la même longueur d’onde avec, en prime, la volonté de faire en sorte que Vignelaure retrouve son lustre d’antan. La semaine prochaine, je vous les présenterai ainsi que le directeur des lieux. Et peut-être même que vous aurez droit à une petite dégustation. D’ici là, profitez de l’été !

Michel Smith


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Pique-nique à la plage, c’est de saison

Lever les yeux, les plonger dans l’azur. Lever le verre, admirer le contraste du rosé. Tendre les lèvres, le déguster. Apéro, prémices des agapes ensoleillées. Rouges et blancs ont droit de cité. Nuances différentes sur la profondeur du ciel, mais un plaisir buccal tout aussi grand.

 

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Quelques classiques et d’autres revisités…

Tapenade, anchoïade, poivronade rouge et leur corbeille de légumes crus joliment taillés

C’est facile ? Quelques raviers se déposent sur les nattes, les vins se débouchent dans la foulée et colorent dans le même moment les verres tendus. Blanc ou rosé ?

Rosé avec l’anchois,

Revaou rosé 2012 Domaine Revaou

Velouté comme un abricot, tant en couleur qu’en texture, il évoque les gelées de fruits jaunes et blancs, pomme, poire, pêche, abricot, un peu de figue blanche douce et juteuse. De quoi affoler les anchois, surtout quand ils découvrent les notes anisées de la bouche. Ils en perdent même leur sel, mais ce manque d’esprit passager met en exergue le melon teinté de lavande.

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Le poivron rouge, dont on mélange d’ail et d’huile d’olive la chair sortie du four ou l’olive concassée s’en accompagnent tout autant…

Amplitude rosé 2012 Cave des Vignerons Londais

Le poivron lui donne des impressions boisées qui disparaissent au profit d’herbes aromatiques, romarin et sauge soulignés de cade. Puis, les papilles se font plus inquisitrices et forcent l’amertume délicate de l’écorce de pamplemousse à équilibrer l’élan sucré du légume. Ou affermit celle de l’oléagineux.

 

 

Place à de curieuses sphères

 

L’Aubigue blanc 2011 Domaine Les Fouques

Doré clair comme un rayon sur l’onde, il confit le cédrat et l’abricot, fait croquer la bouche. À le goûter, on le croit volontiers fait pour l’apéro et les agapes maritimes. L’assise minérale parfumée de fleurs d’oranger et d’amandier se lie sans broncher aux embruns iodés. La longueur épicée de poivre et de cumin, une pointe de fenugrec, le pamplemousse, rehaussent la complexité et fait fondre d’impatience la bouillabaisse en gelée.

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Bouillabaisse en gelée

Jaune safran, elle fige le temps. Boule de cristal qui nous révèle les secrets de l’antique recette apportée dans la contrée par les Grecs. Rouget, loup, seiches et moules s’enroulent dans un tourbillon immobile. Laissent le temps d’oser un rouge…

Prestige rouge 2010 Domaine La Sanglière

Aérien certes mais pourvu d’un tempérament fruité bien prononcé, croquant la cerise et la fraise. Les tanins à peine civilisés apportent la griffe utile à l’accroche du plat. Décapent la gelée pour tout de go aller à l’essentiel. Le filet de rouget, il s’en délecte. La seiche le rend fou comme le loup. Le safran l’aide à gober la moule. Cerfeuil et pomme de terre jouent les figurants, c’est charmant.  

Prestige blanc 2012 Domaine des Myrtes

Plus classique, épicé de plantes aromatiques et de citron confit. Très agrume, il a le caractère vif qui sied au plat, avive la saveur des poissons sans entrer en conflit avec le safran qu’il enrichit de cumin et de cardamome. L’accord s’en retrouve plus intense, plus complexe.

Symphonie rosé 2012 Château Sainte Marguerite

À la première gorgée, on le croit facile, simplement fruité ce rosé, sans grande prétention. Mais, c’est se tromper ! Ses gelées de fruits jaunes transforment la bouillabaisse en concerto buccal, relayé par le minéral qui aidé du floral nous joue une symphonie maritime sur un développement iodé. Surprenant.

 

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Tartare de dorade, carpaccio d’artichaut violet

C’est avéré, le rosé et l’artichaut sont faits pour s’entendre. Leur ajouter un tartare de dorade est un plaisir supplémentaire.

Les Valentines rosé 2012 Château Les Valentines

Un nez de melon, d’abricot, de fleur d’oranger adoucissent l’amertume du légume.  

Simple, puis quand il s’ouvre, avoue son minéral, son croquant, son fruit délicat, ses épices, sa fraîcheur croquante, comme il sied de l’apéro jusqu’au dessert.

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Salade de poulpe

Les tentacules grouillent dans le saladier et impressionnent le rosé.

Prestige rosé 2012 Domaine de la Sanglière

Saumon lumineux, son nez délicat délivre de légers embruns iodés. Ils se mélangent aux senteurs de garrigue et font transiter le poulpe de la mer vers la terre. La bouche minérale au juteux intense de groseille, framboise et grenade, bien épicé et rafraîchi d’agrume au goût ajoute sa note fruitée citronnée à la vinaigrette.

 

Une note sucrée pour terminer

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Tarte aux abricots

Eva rosé 2012 Domaine Desachy

Elle a un charme fou. Habillée d’abricot, coiffée d’un pétale de rose, elle se poudre le nez d’épices, gonfle sa robe de figue blanche et, fraîche et gourmande, croque à pleine dents le fruit de la pâtisserie. Puis élégante, elle reprend avec doigté un beau morceau de gâteau. Nous voilà subjugué.

 

Le vent se lève, le sable vole, il est temps de rentrer…

Les très belles photos sont l’œuvre de François Millo (directeur du CIVP)

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Marc

 

 

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