Les 5 du Vin

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Rubis Velours, un champagne dédié au repas

Fin d’année, les Champagne font la loi et deviennent les incontournables festifs.
Pour changer, la Maison Pannier nous a prévu une couleur originale…
Du début à la fin, la cuvée se prête à l’analyse ou se déguste simplement. Plaisir pur qui éveille les sens, tous les sens en une stimulation qui invite aux expériences inédites d’accords savoureux…

Un peu de mystère

Il a la couleur des roses qu’on offre quand on aime.
Il a ce doux parfum, subtil et délicat, un rien fruité, légèrement musqué, il adore se faire désirer…
Avant de céder à notre désir gourmand, il s’ouvre en richesses irisées, chapelet de perles, nacres rares et rubis précieux.
Puis, enfin, nous cède et nous fait un baiser charnu qui nous laisse sur les lèvres une saveur délicieuse de fruits rouges, de baies noires, soulignés d’épices et d’un trait de réglisse.
Nous sommes conquis

Mais qui est-il ?

Rubis Velours Champagne Pannier

rubis_veloursD’un rubis sanguin soutenu, nuancé de corail, sa robe éclatante enivre l’œil.
La bulle y tisse ses cordons nacrés et gracieux. Ils viennent en rangs serrés parer de leurs colliers l’orbe cristallin.
Le nez nous demande certes patience pour déployer ses fragrances. Surgissent toutefois bien vite griotte et groseille, fraise et framboise. Mûres, elles se parent des parfums floraux de la rose et du jasmin. Affinent encore les perceptions nasales par une note d’épices de poivre et de cumin.
La bouche se dessine en relief sur la langue, arabesques fruitées au grain fin et délicat qui de leur gracile griffure libère d’emblée les arômes des baies acidulées. Leur chair ajoute du charnu, du croquant, donne du volume, de l’amplitude au transport fruité. Les épices tissent leurs filigranes épicés sur la dentelle minérale. Apportent un regain d’élégance, s’il en fallait, au caractère à la fois généreux et bien trempé du vin. Puis, en final la douce fraîcheur s’amplifie d’un subtil liseré au goût de noyau et de réglisse.

Côté technique

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La Cuvée Rubis Velours assemble 56% de Pinot Noir, 10% de Pinot Meunier et 34% de Vin rouge de Champagne.
Origines : Mailly et Verzenay pour le Pinot Noir, la Vallée de la Marne pour le Pinot Meunier.
Raisins : Majoritairement issu de Grands Crus
Minimum 4 années de vieillissement en cave
L’essence du Champagne, c’est l’élégance

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Créer une nouvelle couleur n’est pas chose aisée, surtout quand on parle de rouge, de Champagne rouge. Le ton « fort » demande beaucoup de doigté, moult précautions pour atteindre cet équilibre particulier apanage de l’effervescente boisson. L’écueil des tanins est réel, comme l’intensité de la couleur, ou encore celui la vivacité ou de son contraire. Il faut un sacré savoir-faire pour être certain que quand il coulera dans nos verres, ce Champagne rouge est assuré de nous plaire.

Challenge réussi et voilà un nouveau fleuron qui vient enrichir les Blanc de Blancs, les Millésimés, les Rosés, les Blanc de Noirs…

Il fallait y penser

Autant, la production de Champagne est réglementée, autant rien n’interdit l’élaboration d’un Champagne rouge. Aucun texte de loi ne régit vraiment la couleur du champagne. En gros, la législation délimite les zones d’appellations, stipule la méthode d’élaboration et détermine les trois principaux cépages autorisés : les Pinot Noir et Pinot Meunier pour les raisins noirs, le Chardonnay pour les blancs. Seule, l’usage omet la troisième couleur des vins pour ne garder en mémoire que blanc et rosé. La Maison Pannier s’est souvenue du rubis caché dans les oublis coutumiers et nous fait aujourd’hui bénéficier de sa naissance au sein de la grande famille champenoise.

On peut l’accorder

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Servie au cours du repas, la cuvée Rubis Velours sublime à merveille les viandes rouges. La côte de bœuf grillée semble transfigurée, sans oublier le tartare de thon qui lui offre ses accents iodés en échange de la gourmandise de son fruit.
L’oser sur le magret de canard, écrasé de pommes de terre truffé, c’est s’assurer de bluffer nos papilles par des impressions florales inattendues.

Brève histoire de la Maison Pannier

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Louis Eugène Pannier crée la Maison PANNIER en 1899 à Dizy près d’Epernay. En 1937, son fils achète de magnifiques carrières médiévales à Château-Thierry en Vallée de la Marne, et y installe sa maison de négoce. En 1974, un groupe de viticulteurs acquiert la maison pour faire de la marque PANNIER leur porte drapeau.
C’est en 1999, qu’une mission archéologique découvre une fresque du XIVème siècle, dans les caves, représentant un archer médiéval qui devient l’emblème de la marque.
La Maison PANNIER adopte alors la devise des archers : Ad perfectionem intendere qui veut dire Tendre à la perfection.
Ce logo symbolise aujourd’hui le style de la maison et de ses vins : élégance, droiture et équilibre.
http://www.champagnepannier.com

Ciao

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Marco


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2014 Christmas Adegga Wine Market, Lisbon

Originally posted on Les 5 du Vin:

IMG_8439The Adegga Wine Market in full swing (above and below)IMG_8440

We are spending a week in Lisbon. Apart from coming to enjoy some December sunshine, we came for the Christmas Adegga Wine Market. This is a very well run consumer fair bringing some 40 Portuguese wineries to keen wine lovers who can taste their wines and then order them for delivery to their homes. This was the 7th edition of the Wine Market, Wines sales were brisk during the afternoon that started at 2pm with a quiet hour for the professionals before the consumers arrived and finished, in theory, around 10pm.  The average price per bottle in a Portuguese supermarket is between 2 and 3€, whereas the average price per bottle ordered at the Wine Market is substantially higher. Little wonder there is a considerable winery waiting list for these events as the organisers are keen to keep the number of…

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Vaccelli en Ajaccio…

Un peu de soleil alors que les frimas nous ont envahi nous fera le plus grand bien.
La Corse occupe nos mémoires qui l’évoquent comme une destination privilégiée.
On rêve aux vacances sur l’Île de Beauté. Ajaccio nous rappelle Tino qui avait sa villa à la sortie de la ville vers les îles Sanguinaires.
Mais Ajaccio, c’est aussi une appellation corse où règne un cépage tout aussi corse, le Sciaccarellu.

sciacarellu

On peut ergoter

Et dire que le Sciaccarellu n’est pas corse mais toscan – là bas, on l’appelle le Mammolo. Certes, et la nouvelle bible des cépages, Wine Grapes, made by Jancis, Julia et José se réfère à l’Italien plutôt qu’au Corse, alors qu’en Toscane c’est un cépage mineur, contrairement à la Corse, bizarre…
De plus quand on déguste par exemple la production du Domaine Vaccelli, on se rend compte qu’il est fait pour les granits corses.

On y était tous les deux, Hervé et moi, profitant du temps comme du vin, du paysage, un joli moment, une belle rencontre. Gérard Vaccelli nous a emmené dans le vignoble…

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On voit la mer, c’est top, les parfums de plantes qui grillent au soleil nous saoulent.

De la mer à la cave

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Granit rouge 2011 Ajaccio Domaine Vaccelli

Il offre une robe d’un rubis sanguin à l’aspect velouté. Les fruits rouges et noirs éclatent et aspergent le nez de fragrances de cerises bien mûres, de cassis et de canneberge. Parfums frais et vigoureux dans lesquels se mêlent épices et fumé. Puis viennent ces senteurs particulières d’herbes aromatiques teintées d’iodes.
La bouche apparaît à la fois ample et nerveuse, construite sur une assise minérale qui lui donne structure et relief. Les tanins s’enroulent autour de cette architecture généreuse d’où coulent fruits, épices et aromates. Ce qui surprend encore, c’est la fraîcheur. Délicate, elle met en exergue toutes les notes savoureuses du vin.

La cuvée se compose de 95% de Sciaccarellu et 5% de Niellucciu élevé 12 mois en œuf pour 1/3, le reste en ½ muids en partie neufs.

Le boire avec

Comme c’est un cépage moins courant, il est bon d’indiquer quelques pistes d’accords. Si l’on aime les rouges avec les produits de la mer, ce Sciaccarellu convient à une fricassée de supions ou à quelques filets de rougets à la tapenade noire. Pour la viande, le Gigot d’agneau ou le gibier à plume. Plus simplement le veau aux champignons.

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Le Vermentinu offre aussi en Corse d’agréables cuvées.

Granit blanc 2012 Ajaccio Domaine Vaccelli

La robe très pure se teinte d’or enluminé d’émeraude.
Le nez minéral sent la chaleur que réfléchit le granit toutefois rafraîchi d’embruns, encore le léger grillé de l’élevage, les tranches de poires macérées d’une tisane de tilleul. En bouche, la discrétion de l’agrume fait hésiter entre orange amère et cédrat confit. Du confit, il en a l’onctuosité, des fruits, la fraîcheur, certes affirmée par la tension minérale. Une autre dimension, florale cette fois, apporte son élégance à la cuvée. Elle marie fleurs blanches et maquis et nous fait vibrer d’envie.

Les 100% Vermentinu sont élevé en œuf et en ½ muids.

La force et le caractère du Granit en font un vin tout-terrain qui fonctionne depuis la langouste corse et tout autre crustacé au fromage, même un brocciu des plus corsé… D’une façon plus précise, les ravioles aux cèpes, la volaille rôtie, la très tendance burrata ou encore les légumes grillés filet d’huile d’olive au thym.

Vaccelli

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Un domaine familial… Venu d’Algérie en 1962, Roger Courège s’installe dans la vallée du Taravo à Cognocoli-Monticchi. Dix années plus tard, son fils Alain prend la succession et plante 8 ha de Sciaccarellu et de Vermentinu. Vermentinu qui intéresse plus particulièrement son fils Gérard, qui vinifie les vins du domaine depuis 2000. Chaque millésime le voit progresser dans ses essais de vinification et d’élevage. Le vignoble de 14 ha s’oriente principalement au Sud-Est et regarde la mer.

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Domaine Vaccelli vaccelli@aol.com

Ciao

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Marco


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Surprenante Autriche

Quelle image vinicole a-t-on de l’Autriche ?
Des vignerons sympas qu’on ne comprend pas et qui font leur possible pour que leurs blancs ne soient pas trop imbuvables, qu’ils les vendent en bouteilles d’un litre et qui peuvent accompagner à la rigueur les Wienerschnitzel.

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OTT

Et puis on rencontre des vignerons comme Bernhard OTT. Une petite rue de Feuersbrunn au sein de l’appellation Wagram (pas la bataille), la porte franchie, on pénètre un autre monde et au fond de la cour, un lieu particulier, le chai d’élevage des amphores. La mode ne s’est pas cantonnée à l’Italie ou plus récemment à la France, l’antique contenant a fait des émules sur les rives du Danube.
Oh, je ne les évoque pas pour en faire l’unique éloge, juste pour dire qu’à un millier de kilomètres de nos habituelles visites, les vignerons ne sont guère différents, ils cherchent, se posent des questions, échangent avec leurs confrères proches ou lointains, offrent une gamme qui met en valeur leurs cépages locaux, sans toutefois nier les internationaux, ….

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Le Grüner Veltliner en vedette

Le G V est le cépage blanc le plus répandu en Autriche, on peut en faire un petit blanc sympa, légèrement frisant qu’on boit avec amusement et qu’on pisse pareillement.
Puis, il y a le Grüner Veltliner plus construit, plus concentré, qui accompagne les repas avec maestria. Enfin, le cépage se prête au vieillissement, aux expériences, c’est lui qui macère et s’élève en amphore. Un peu à la façon du Melon de Bourgogne injustement décrié (quoique que je n’en connaisse pas en amphore).
Bernhard en fait une flopée, le sol de lœss ou plus minoritairement de gravier leur est propice. Le Grüner Veltliner ne supporte pas la sécheresse et demande un sol riche.

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Quelques perles liquides

Fass 4 2013 Grüner Veltliner est comme le dit Bernhard « c’est une bonne entrée en matière, on peut le boire en mangeant ou simplement à l’apéro, il a suffisamment de saveur et de délicatesse pour assumer son rôle de bon compagnon »
Doré, il s’offre délicatement acidulé, son côté solaire déploie avec grâce ses fruits confits, ses arômes de tarte au citron, de poire au cumin. Le cumin ou peut-être plus le carvi est une épice assez récurrente dans les blancs issus du G V.

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Spiegel 2013 Feuersbrunner Grüner Veltliner 1er cru

Le printemps très chaud et la perte par millerandage d’une partie des grains a concentré le vin. Sa robe doré brillant égaye le Zalto (un autre verrier autrichien) dont l’orbe nous lance avec assiduité des parfums de grillé, de tabac blond, de thé rouge et de camomille. En bouche, de la gelée de coing s’étale avec joliesse sur les papilles. Le vin se rafraîchit grâce à la salinité qui renforce la faiblesse de l’acidité, encore épaulée par la fine amertume distillée par la camomille romaine.

Le même en 2012 s’avère plus aérien et muni d’un caractère plus vif quoiqu’une impression sucrée demeure due certes à l’orientation sudiste du vignoble. En finale, une originale saveur de fruits rouges, groseille et framboise, vient troubler notre discernement.

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Stein 2013 Engabrunner Grüner Veltliner 1er cru

Doré avec des reflets verts, il semble végétal au premier nez, mais c’est un végétal bien mûr qui exhale des parfums de reinette étoilée, de poire fondante. En bouche, il apparait plein, riche, avec une acidité peu marquée mais sapide et bien installée. Il y a aussi du croquant dû à la tension minérale et une longueur bien menée par la fraîcheur qui malgré sa faiblesse porte la pâte d’amande, la rhubarbe confite et la rose blanche jusqu’au bout de nos sensations.
Les vignes poussent dans des marnes déposées sur une roche calcaire.

Le même en 2012 déclare une légère exhalaison pétrolière associée à du foin et l’éclat minéral d’un silex.
Fermés, les 2012 se boiront après les 2013.

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Rosenberg 2013 Feuersbrunner Grüner Veltliner 1er cru

On monte encore d’un cran pour découvrir le nez élégant de meringue à l’orange et de tarte au citron, les deux bien poivrés. La bouche répond à l’élégance nasale et l’augmente d’une impression tannique une agréable amertume. Ici aussi le grillé vient engendrer une impression solaire. Bernhard nous révèle que la parcelle se profile en coteaux allongés composés de lœss et protégées par les vents par la coiffure forestière qui la surplombe, bref l’endroit le plus chaud. Il garde pourtant de la fraîcheur et est par conséquent à la fois solaire et crispy.

Le 2012 offre le même nez hydrocarbure que le Stein du même millésime, serait-ce un caractéristique ? Le vin est concentré, plein et nanti d’une densité aux accents sucrés. Il est à attendre comme ses pairs.

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Terminons par le commencement, le Qvevre Grüner Veltliner 2013 qui nous vient des amphores. La parcelle dont sont issus les raisins est le cru Rosenberg, mais seules les grappes les plus saines et les moins tanniques sont choisies. Les moins tanniques à cause de la longue macération. Les grains y restent 6 mois.
Trouble, parce que non filtré, il apparaît jaune tendre, le nez graphite et fruits confits. Un léger carbonique entame la bouche et fait ressortir le relief tannique et minéral. Le fruité s’enrobe d’un gras subtile et parfume la légère oxydation, une oxydation bien ménagée qui laisse le Grüner Veltliner pur.

Le même en 2012 apparaît plus expressif évoquant tout de go la rose fanée, l’écorce de cédrat râpé. En bouche, une amertume plus développée rafraîchit le palais mais laisse le vin droit et dynamique.
Bref, un autre monde auquel on peut adhérer et qui se rapproche des lunatiques vins orange…

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Les vins sont bios.
Voilà un autre écho autrichien qui fait suite à celui d’Hervé, il y en aura d’autres.

Ciao

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Marco


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Coins cachés en Rhône nord (seconde partie)

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Journée calme

On en profite pour aller au marché se procurer quelques spécialités. Nos paniers après repérages et causettes avec les ambulants regorgent de caillettes, ravioles aux herbes, de rigottes de Condrieu et d’une belle pogne de Romans (grosse brioche à la fleur d’oranger). Quelques légumes et fruits complètent notre bel assortiment.
Je ne résiste pas à livrer deux accords du soir à s’en lécher les babines

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Caillettes réchauffées et Les Pends rouge Domaine de Entrefaux
Les grosses boulettes adoucissent la petite austérité du vin, en détaillent le minéral. L’amertume gracieuse du vin met en évidence toutes les épices et le goût du mélange de viande de porc et de foie, puis se rafraîchît au contact de l’épinard, sublime le goût légèrement terreux de la blette, puis offre son fruit pour les confire dans le gras du cochon.

Rigotte moyennement affinée et Les Terres Blanches 2012 Domaine Belle à Larnage
Le vin, au tranchant d’un axe minéral bien net, atténue l’exubérance du fromage, efface son sel et révèle ses arômes de pierre à fusil, de noisette et de pâte d’amande, du zeste de citron jaune apparaît en fin de bouche.

Enfin un peu de culture

33ROTIE-CONDRIEU_anthique-MuseeStRomain©Paul Veysseyre
Le temps est un rien couvert, mais il fait sec et chaud, l’occasion rêvée d’aller se rafraîchir et s’instruire au musée gallo-romain de Saint Romain en Gal. En face de Vienne, le musée évoque le moment où Vienna était une riche cité et la capitale d’un vaste territoire qui couvrait le Dauphiné et la Savoie et s’étendait de chaque côté du Rhône. Un bâtiment très actuel tranche avec les 7 ha de vestiges de la colonie romaine. http://www.musees-gallo-romains.com/saint_romain_en_gal

En route pour le Palais

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Un gros rayon de soleil transperce les nuages et nous indique la direction suivre, Hauterive. Là, au cœur du village, gît le Palais Idéal du Facteur Cheval, ça ne nous change pas trop des vestiges du matin… Le style, s’il y en a un, tarabiscoté, est tout à fait fascinant. La richesse des détails nous enivre, les géants nous impressionnent, les écrits nous font rires «DEFENSE DE RIEN TOUCHER». Un temple tellement kitsch qu’il ressemble à une poésie minérale ou l’insolite côtoie le rêve en une illustration naïve qui réveille en nous un monde imaginaire. On a grimpé partout, on lui a tourné le dos, on y a joué à cache-cache, on a tout lu, puis on s’est assis devant, fatigués de tant d’éléments. On s’est baladé dans le village, histoire de prendre du recul, de s’échapper de l’emprise onirique jusqu’au du concert du soir, les places sont réservées.
http://www.facteurcheval.com

La journée des sensations fortes

Véritable cachotier, papa nous a prévu un vol en gyrocoptère (pas sûr que ça vole vraiment c’est engin là…). Une bonne quinzaine de minutes d’émotions, le temps de survoler le château de Crussol et jeter un œil, de haut, au vignoble des Royes dont la blancheur luit au soleil du matin. info@rhone-crussol-tourisme.com
De retour sur le plancher des vaches, direction le Domaine Courbis, propriétaire des Royes, rare endroit calcaire perdu au bout des granits de l’appellation Saint Joseph. Laurent Courbis nous accueille, on lui montre la photo prise, minuscule image d’un entonnoir géant. Il propose de nous y emmener, puis revenir déguster les vins. Vu du bord, le vignoble est encore plus vertigineux qu’en l’air. Ça doit glisser cette cagnasse. Laurent confirme.

Les Royes vu du ciel MVH
Les Royes blanc 2012 St Joseph offre sa richesse aux senteurs de miel d’acacia et de fleur d’amandier, gourmand et juteux de fruits blancs avec de la fraîcheur, une arrête minérale. Les Royes rouges 2012 ont ce parfum suave aux accents de confiseries à la violette qui nous ravit tant. Encore sauvage, il mort à pleines dents dans la prunelle et la cerise noire, mais déjà nous fait un sourire charmeur chaud d’épices et d’impressions fumées. http://www.vins-courbis-rhone.com
La voiture résonne d’explications, de commentaires, de paroles en l’air, de précisions, le dîner et la soirée risquent d’être agités.

Le train, ça vous dit ?

Le Mastrou (1)MVH
Il s’appelle le Mastrou, il a 120 ans et va de Tournon sur Rhône à Lamastre. On le prend à 10 h et en moins de 2 heures, il nous monte au marché du mardi. On le reprend à 15 h. On emmène Djibou.
Tout à l’avant du train, on observe les cheminots, le feu ronfle, de temps en temps le sifflet nous fait sursauter et hurler le chien. Je suis heureux d’avoir mis un tee-shirt sombre, la cheminée nous envoie des escarbilles, minuscules fragments de suie qui impriment d’un trait leur trace noir de fusain. Nous voilà enfin arrivé. Le centre de la petite ville grouille de monde. On se prend quelques Picodon et un saucisson, le Saint Joseph Domaine Gonon blanc 2012 ira à merveille sur les deux.
http://trainardeche.fr http://www.lamastre.fr
Retour au Rhône et détour à pied par le sentier des Tours qui domine Tournon et s’échappe vers le fleuve. Une jolie promenade apéritive avant le resto Le Comako créé il y a peu par le chef Jérôme Feix.
À Tournon, le St Jo est roi, Le Paradis Saint Pierre Saint-Joseph blanc de Pierre et Jérôme Coursodon nous vient comme une évidence sur la Pintade de la Drôme, haricot coco et pied de cochon, enfin quand je dis «nous», c’est surtout mon père qui dit…
Son onctuosité nous plaît, un paradis riche comme il se doit. La pintade n’en revient pas. Le fruit domine, avivé par la fraîcheur citronnée et mêlé d’épices, il fait de la volaille une exotique pastilla. Sa structure minérale en impose et sa texture légèrement ligneuse, il est élevé en barriques, entrent en harmonie avec les haricots et le cochon. On se régale.
Pour qui a pris Le Filet de Canard, l’extraverti Les Pierres Sèches rouge d’Yves Cuilleron fait s’envoler le volatile vers un nirvana gustatif qui ne compte plus les nuances fruitées et épicées.

https://fr-fr.facebook.com/comakorestaurant

Demain, on fait plaisir à maman

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On débute la journée par une balade à cheval à la découverte du pays de Crussol. On y passe la matinée, partant des Ecuries de Bressieux à Saint-Romain-de-Lerps on se rapproche du Rhône pour ensuite repartir vers notre lieu de départ. Moi, j’ai l’air assez gauche, pas l’habitude. Maman, c’est la classe.
http://www.ecuriesdebressieux.com
On reste nature en poussant jusqu’aux Jardins Paysagers la Terre Pimprenelle, un hectare de fleurs, de plantes, d’arbres et d’arbustes. Maman pourrait y passer des heures, nous ça nous creuse.

https://sites.google.com/site/jardinlaterrepimprenelle/

Il y a une expo d’art contemporain au château de Tournon, on y passe avant d’enfin manger un morceau. Je ne sais ce qui creuse le plus, le grand air ou la culture.
Nous sommes tous très heureux de s’asseoir à la terrasse du Bistrot des Clercs, l’établissement de Laetitia Chabran. On y sert une cuisine généreuse qui nous rassasie tout en nous apportant un grand plaisir. http://www.bistrotdesclercs.com
C’est le moment de faire le bilan. Les vacances sont déjà finies et il nous semble n’avoir rien vu. Les pieds de plomb, on les a cette fois pour rentrer à la maison. On ne s’imaginait pas, ma sœur et moi, un nombre aussi considérable d’activités diverses.
C’est dit, on reviendra, déguster d’autres vins, visiter d’autres lieux, surtout qu’on n’a pas fait de bateau…

http://www.condrieu-coterotie.com
http://www.ht-tourisme.com
http://www.rhone-crussol-tourisme.com
http://www.vins-rhone.com
http://www.vins-rhone.com/fr/rhonescapade

 

Ciao

Picodon

 

Marco


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Le Trousseau du Jura, j’aime ça

Rouge comme l’amour, le Trousseau partage souvent avec le Poulsard l’espace clos d’une bouteille. Seul, jeune ou vieux, il aime accorder sa pourpre épicée à quelques mets racés.

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Le Trousseau chez l’ampélographe

On pourrait croire que ce cépage peu connu n’existe qu’au Bon Pays. Détrompez-vous, le Trousseau se retrouve au Portugal où il entre dans la composition du Porto ainsi que dans l’assemblage des Dao, mais sous un autre nom, le Bastardo. Bastardo dont la culture se développe également en Australie méridionale où il est employé dans l’élaboration de vins de dessert, ce cépage apporte jus et sucre.

A quoi ressemble ce voyageur inattendu ?

La plante porte des bois vigoureux dont les sarments virent au rouge après la chute du feuillage vert pâle. Le grain rond, serré, à peau épaisse et très charnu croît en grappe tronconique. Cette grappe permet d’identifier les trois types de Trousseau existants : celui à grains très aérés, peu productif, dit « le Trousseau à la Dame », de qualité supérieure. Celui à grains très serrés, très productif jusqu’à cent hectolitres s’il n’est pas bridé, certains vignerons le nomment trousseau à petits grains, cette confusion vient de la compacité de la grappe qui ne laisse apercevoir que l’arrondi extérieur de ses baies. Enfin, il existe un Trousseau intermédiaire, de productivité moyenne. Moins capricieux que le premier et moins prolifique que le deuxième, il apparaît comme un bon compromis.
Enfin, le Chauché gris s’avère être la forme grise du Trousseau noir du Jura et pousse sur l’île de Ré.

Bastardo
Quel est son mode de culture ?

Le Trousseau n’aime guère le froid, les terrains les plus chauds lui sont réservés comme les marnes grises ou rouges recouvertes de graviers gras ou les graviers sols calcaires à la matrice bien argileuse, bref, des terrains qui se réchauffent et se drainent rapidement. Malgré ces bonnes conditions, cet enfant gâté fleurit le dernier puis rattrape son retard et mûrit en même temps que les autres. Quand le sol lui convient, ce cépage se montre très généreux. Et comme tout le monde ne possède pas du Trousseau à la Dame vieilles vignes, l’ébourgeonnage et la taille stricte s’imposent. Le but est d’arriver au meilleur potentiel sucre. Les bonnes années donnent des jus concentrés, colorés, aux tanins mûrs et à l’acidité parfaite. Les vins issus de tels moûts possèdent un potentiel de vieillissement important.
Quelques vieux flacons de Trousseau peuvent rappeler farouchement un bon Pinot Noir.

Le Trousseau chez l’historien

Le nom « Tressot » apparaît pour la première fois en 1732 dans un arrêt du parlement de Besançon. En 1774, il porte le nom de « Tresseau », puis adopte dès le début du 19es la dénomination vulgaire « Trousseau ». Cette dernière forme supplantera définitivement les Trusseau, Triffaut, Troussey, Tresseau, Troussé ou Troussez.
La forme bien troussée de la grappe, pyramide bien régulière semble avoir donné le nom. L’aspect ramassé du cep tout entier accentuerait cette étymologie physionomique. Mais il est plaisant de rapporter ici l’explication d’un « trousseur » (viticulteur qui cultive le trousseau, gardez pour vous vos interprétations scabreuses). Lucien Aviet, dit Bacchus, rappelle que les vignerons d’antan gardaient le vin de Trousseau jusqu’au mariage de leur fille et le vendaient pour payer la dot (le trousseau) de celle-ci.

Le Trousseau chez le géographe

Le cépage représente environ 5% de la surface viticole du Jura, cela donne une centaine d’hectares plantés. Une moitié s’éparpille dans tout le Bon pays où il entre presque exclusivement dans les assemblages Trousseau-Poulsard ou Trousseau-Poulsard-Pinot Noir. Il apporte au mélange la structure et la couleur. Les 50% restant occupent le nord de l’appellation Arbois. Au centre de ce terroir de prédilection, Montigny-les-Arsures détient le titre de capitale du Trousseau et le fête chaque année fin juillet.

Quelques beaux exemples (parmi d’autres) de Trousseau

JURA + ANDRE 2009 025

Pascal Clairet et ses vins qui chantent marne et terre de gryphées. «Je n’ai que 6,30 ha qui sont passées en biodynamie voici 3 ans. Mon principe, c’est de récolter un raisin mûr et sain, pour si possible le travailler sans soufre ou très peu.»
Le Trousseau les Corvées (nom du lieudit) élevé en foudre, a le goût de la fraise noire bien mûre sur fond minéral, une gourmandise. Il ne voit pas la moindre once de soufre, pas même à la mise. Ils ne présentent aucune déviation, c’est du goûteux, c’est du bon. Les blancs reçoivent 15mg de SO2, «à la mise seulement pour garder la tension et la droiture des vins

JURA + ANDRE 2009 115

Daniel Dugois, vigneron Aux Arsures, nous emmène jusqu’au millésime 1990. Un Trousseau Grevillière qui pinote en bouche, fraise et framboise, superbe de fraîcheur, voire de deuxième jeunesse.

Lucien Aviet, Lulu pour les intimes, possède en ses champs quelques vieux ceps de Trousseaux à la Dame, exposés plein sud sur des marnes bleues et rouges. Ces ancêtres plantés en 1919 produisent peu, les grains clairs, gros et lâches ne pourrissent pas. Deux cuvées en coulent dans la gamme des « Géologues » (=trousseau), « Rosières » et « Poussot ». En plus jeune, existent « Nonceau » et « Les Bruyères ».

Le Trousseau ça vieillit… Jacques Puffeney dans son petit caveau hémicylindrique, assis sur un banc de bois, nous contemplons avec lui la rangée des « Bérangères » (=vieilles vignes). Elles nous viennent de sols légers tapissés de graviers qui occupent la croupe arrondie et ensoleillée du lieu-dit les Bérangères. Jacques n’aime guère voir pousser ses Trousseaux en marne rouge, il leur trouve un goût de gibier. Les « Bérangères » 99 ouvrent le bal, vêtues de rubis profond, le fruit rouge colore leurs lèvres souples et épicées, elles ont cette touche de cannelle et ce joli gras qui plaît tant. Le 90 garde une fraîcheur incroyable, un nez de pivoine et une bouche en amande soyeuse, pimpante et croquante. Le 83 parle de sa finesse, de ses tabacs grillés, de sa cerise, de sa framboise, de sa fraise ; élégant il veut nous combler de délicatesses. Le 76 au grenat clair et brillant s’orientalise de fenugrec, de poivres et de menthol. La cerise et la fraise confites rappellent sa jeunesse. Une dégustation qui chante le bonheur de vivre, la joie des choses secrètes.
Différent, mais tellement…

JURA + ANDRE 2009 397

Trousseau 2004 Côtes du Jura du Domaine Pignier à Montaigu

Rubis, poivré d’entrée, la fraise noire dans la foulée, puis cassis et framboise, du fumé minéral comme le goudron. Délicate, la bouche est à la fois crémeuse et aérienne, avec des tanins croquants et coquins, avec tous les fruits sentis, les épices aussi. Ce Trousseau vient de la parcelle des Gauthières.
« C’est un terroir où le Trousseau se plaît. Il y trouve l’adéquation avec le sol. L’endroit très bien exposé les mélange, les calcaires gréseux y côtoient les marnes bariolées de Keuper. Sur cette parcelle, j’ai fait des essais de tisane (prêle, ortie,..) pour remplacer le Cu++ et le soufre. Ça a bien marché. Avec la biodynamie, on sent les effets sur le vin. Il donne l’impression que chaque élément, chaque arôme est bien à sa place. Le vin est bien construit, c’est un ensemble harmonieux et agréable » Antoine Pignier

Ciao

console fleurie Domaine Grappe

Marco


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2014 DWCC – images from Montreux

It’s over for another year – the annual Digital Wine Communications Conference. The seventh edition was held in Montreux, Switzerland over the last weekend. The conference, called until 2013 the European Wine Bloggers’ Conference, is now in its seventh edition. From a modest start in 2008 in Rioja with less than forty participants, it has grown to over 300 attendees this year.

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Wine in context

We were amazingly fortunate with the weather, which was perfect during the last week and only broke yesterday as we drove up into the Juras.

Here are a small selection of photos that attempt to cover some aspects of this very popular event.

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Autumn colours in vineyards around Charonne near to Montreux.

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Dr José Vouillamoz – the ‘special one’

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Dr José Vouillamoz is one of three co-authors of Wine Grapes, the most comprehensive book on wine grapes. It has been fascinating over the last three years to see José become comfortable with the wine world. His now a real star, whereas three years ago in Izmir he was much more cautious and reserved.

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Emma and Mica – the two keynote speakers,.

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Jancis Robinson MW – one of the keynote speakers

Jancis Robinson MW – one of the keynote speakers

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Panos Kakaviatos exploring new angles …

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Doug Cook of Able Grape

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JIM BUDD

 

Jim+Umbrellascropss

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