Les 5 du Vin

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El Rey Fino (bis) : Vamos a catar…

Comme vous le savez, la Finomania est ancrée en moi pour de bon ! Peut-être avez vous lu jeudi dernier la première partie d’une série dédiée au Fino, ce vin Andalou qui rend fou. Si ce n’est pas le cas, je vous conseille de vous y plonger avant de lire ce qui suit. Servirse siempre muy frio, telle est ma devise ! Sauf que pour ma dégustation, j’ai préféré ne pas trop glacer le vin et le présenter autour de 15/16°. Bien sûr, je n’étais pas seul. C’eut été triste d’abord, alors que ce vin appelle la joie de tous se retrouver. C’eut été peu professionnel ensuite puisque j’avais quelques experts fort disposés à venir m’aider : Bruno Stirnemann, en premier qui a eut la gentillesse de mettre dans sa besace quelques raretés introuvables autrement que sur le net ou dans quelques bonnes maisons espagnoles ; Isabelle Brunet ensuite, sommelière émérite qui sert le Fino sans se faire prier à Barcelone ; et son écrivain de compagnon, Vincent Pousson qui n’hésite pas à cuisiner quelques idées solides pour accompagner les vins de son pays d’adoption.

Bruno Stirnemann. Photo©MichelSmith

Bruno Stirnemann. Photo©MichelSmith

Pour cette session, pas de cinoche « à l’aveugle ». Les bouteilles étaient au départ alignées par mes soins, mélangeant les trois appellations – Jerez, Manzanilla, Montilla-Moriles – sachant, je le rappelle, que la dernière D.O. est la seule, du moins dans la qualité Fino, à ne pas être mutée, renforcée à l’alcool si vous préférez. En queue de dégustation, sept bouteilles d’un type Fino, certes, mais élevé plus longtemps, flirtant avec le style Amontillado. Là encore, j’entends l’armée des puristes et spécialistes se manifester dans les rangs, mais nous autres, simples amateurs, n’avons rien trouvé à redire de cette manière de voir les choses. Sauf que cette « queue de dégustation » viendra en troisième semaine.

Isabelle Brunet. Photo©MichelSmith

Isabelle Brunet. Photo©MichelSmith

Ainsi, rien que pour vous enquiquiner, vous serez tous obligés de revenir la semaine prochaine afin de lire le dernier volet de cette trilogie. Il sera consacré à ces sept vins qui n’existaient pas chez les cavistes à l’époque où j’ai été initié aux vins de Jerez lors d’une mémorable Féria équestre. Il sera aussi accompagné de quelques bonnes adresses. Cela prouve que, contrairement à nos appellations vieillissantes qui pourrissent sur pieds, en Espagne on tente d’innover et d’enrichir. Certes, avec des vins probablement dits « de niche », mais des vins nouveaux qui contribuent à maintenir un intérêt autour d’un monde que l’on croyait au bord du déclin. Si d’autres membres des 5duVin souhaitent ajouter leurs commentaires, ils sont bien entendu les bienvenus. Mieux encore s’ils interviennent de leur propre chef, après la troisième partie, pour ajouter un article sur l’Oloroso, par exemple, ou sur des visions encore plus savantes de cet univers complexe du vin Andalou.

Vincent Pousson. Photo©MichelSmith

Vincent Pousson. Photo©MichelSmith

Cette dégustation n’est certainement pas parfaite. Pas d’étoiles ni de notations chiffrées, tant pis pour les amateurs de classements. Je sais, il manque des marques et cela ne plaira certainement pas aux aficións, donc pas la peine de m’en tenir grief. Vous ne lirez rien, hélas, sur l’Inocente de Valdespino, par exemple… la Quinta, le cheval de bataille d’Osborne et Coquinero d’Osborne également, le Fino Superiore de Sandman, le Hidalgo Fino d’Emilio Hidalgo, le Pavon de Luis Caballero, le Harveys Fino de Harveys, le Fino Romate de Sanchez Romate, le Gran Barquero de Pérez Barquero (Montilla-Moriles), etc. J’ai dû faire avec les moyens du bord ! Tous les vins de cette série titrent 15°. En gras, se distinguent nos vins préférés, nos coups de cœur. Pour ces premiers douze vins, les prix en grandes surfaces comme chez certains cavistes en Espagne, oscillent entre 4 et 8 euros. Un seul est en dessous de 9 €, tandis qu’un autre est à 12 € en France. Bien sûr, tous les autres sont plus chers en France et ce n’est pas toujours justifié. Bref, pour ceux qui vont se ravitailler en Espagne, vraiment pas de quoi se ruiner ! À noter aussi qu’en Espagne, beaucoup de ces vins sont disponibles en demi-bouteilles.

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- Muyfina, Manzanilla, de chez Barbadillo (bouchon à vis). Robe jaune pâle. Un goût cireux, étrange, poussiéreux, notes de vieux cuir… Puissant, gras et long en bouche mais sur une tonalité rustique. Dur, manquant à la fois de fraîcheur et de finesse.

Comportement acceptable sur des tapas : olives, anchois…

- Carta Blanca, Jerez, de chez Blazquez (distribué par Allied Domecq). Robe paille étonnement soutenue. Densité, profondeur, quelque chose d’inhabituel, rusticité, plus proche de l’oxydation que de la flor, avec des notes de caramel et (ou) de Pedro Ximenez. Très léger rancio en finale.

Bien sur des tapas genre tortillas. À tenter sur un fromage comme le Manchego (brebis) ou un Picón de Valdeón, persillé de chèvre et de vache.

- Tio Pepe, Jerez, de chez Gonzalez Byass (DLC Novembre 2014. Robe bien pâle. Nez de voile. Très sec en bouche, comme c’est annoncé sur l’étiquette. Le vin joue son rôle, sans plus. Il ne surprend pas. Simple et court.

Sans hésiter à l’apéritif sur du jambon, clovisses ou salade de poulpe.

- La Gitana, Manzanilla, de chez Hidalgo (bouchon à vis). Robe très pâle. Nez frais. Excellente prise en bouche, du nerf, de l’attaque, notes de fruits secs, bonne petite longueur qui s’achève sur la salinité.

Exquis sur de belles olives, beignets d’anchois, gambas, ratatouille froide.

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- San Leon, Manzanilla, des Bodegas Arguezo. Robe moyennement pâle. Nez pas très net, simple et rustique. Bouche réglisse et fumée.

Ça fonctionne sur le gras du jambon et sur le boudin noir de campagne.

- La Ina, Jerez, de chez Lustau. Robe pâle. Nez plutôt complexe sur la flor et l’amande grillée avec de légères notes de fumé. Belle amplitude en bouche, de la fraîcheur, du mordant, rondeur en milieu de bouche, finale sans bavures sur des notes salines.

L’apéritif presque parfait sur amandes grillées, olives pimentées, jambon bellota, lomo, chorizo, palourdes, anchois frais, sardines grillées…

- La Guita, Manzanilla, de chez Raneira Perez Marin (bouchon à vis, mise en bouteilles Décembre 2013). Robe légèrement paillée. Nez fin et discret avec touche d’amande. Une vraie présence en bouche, ça frisotte, léger rancio, manque peut-être un poil de finesse, notes d’amandes salées en finale. C’est bien foutu.

Plus sur des plats de crustacés, langoustines, crevettes, etc.

- El Maestro Sierra, Jerez, des Bodegas Maestro Sierra (Mise en bouteilles en Avril 2014). Belle robe pâle. Nez fumé. Dense, ample et riche en bouche, un poil rondouillard, mais bien fait dans l’ensemble.

Apéritif, certes, mais le garder pour un plat de poisson au four, ou pour un plat de morue, une omelette de pommes de terre ou de champignons.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

- Fino Electrico, Montilla-Morilès, de Toro Albala (12 € pour 50 cl. Diffusé par Valade & Transandine chez Soif D’Ailleurs à Paris) Robe pâle. Nez fruité, élégant, notes d’amande fraîche et de fumé. Finesse en bouche, impression de légèreté, complet, finale sur la longueur.

« Une bouche à jambon », remarque justement Vincent. Oui, mais un grand pata negra ! Quant à Bruno qui lui donne une de ses meilleures notes, il le verrait bien sur un turbot ! Et pour ma part, je lui propose une brouillade de truffes !

- Puerto Fino, Jerez, de Lustau (élevé à El Puerto Santa Maria). Belle robe légère. Très complexe au nez comme en bouche : notes de fougère, amande fraîche, écorce de citron, iode, silex, épices, vieux cuir, volume… on sent que ce fino est associé à une vieille réserve de type solera tant la longueur le maintient en bouche avec toute sa richesse. Les critiques le propulsent « Roi des Finos » et ils n’ont pas tort.

Un grand apéritif de salon, parfait pour réfléchir aux choses de la vie au creux d’un profond fauteuil. Un bon robusto de Cuba, genre Ramon Allones, pour les inconditionnels du cigare. À essayer aussi sur une cuisine asiatique, Thaï ou Coréenne. Sur une huître tiède à la crème ou sur une mouclade légèrement crêmée et épicée.

- Papirusa, Manzanilla, de Lustau (Bouchage vis, aurait dû passer à mon avis avant le précédent). Si je ne me trompe pas, le fino a pour base une solera moins âgée que pour le Puerto Fino. Belle robe blonde. Parfaitement sec en bouche, c’est propre, net, élégant, fraîcheur évidente, salinité bien affirmée, un régal de précision, une touche animale pour finir, genre vieux cuir. Finale exemplaire où le goût du vin reste en bouche pour longtemps. Difficile de dire, en tout cas pour moi, si c’est ce vin qui l’emporte sur l’autre. Question de goût. Toujours est-il que c’est un formidable rapport qualité-prix !

Là encore un vin de cigare, plutôt celui de la fin de matinée. Doit être à l’aise sur de gros crustacés, genre homard thermidor, surtout si on ajoute un peu de fino dans la cuisson. Sinon, parfait pour le jambon de qualité et les fritures de poissons ou de calamars.

-Solear, Manzanilla, de chez Barbadillo (Bouchage vis, DLC Avril 2015). Belle robe blonde et lumineuse. Nez discret et fin. Bouche fumée, fraîche avec des notes de fruits cuit (abricot). Un fino assez classique mais simple et qui s’oxyde assez vite. Il ne fait pas l’unanimité.

Sur des tapas : ailes de poulet, travers de porc, poivrons, sardines à l’escabèche, thon, maquereau.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Jeudi prochain, ne manquez pas le dernier volet ! Avec des finos de luxe car élevés plus longtemps, mais aussi plus rares et plus chers.

Michel Smith

 

 

 


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Nature, Brut et Rosé en plus, c’est du Drappier !

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Zéro dosage, un milli poil de soufre et 100% Pinot Noir, fallait oser.

Les champagnes rosés souvent s’avèrent flatteurs, bien arrondis, et heureux de leur caractère fruité, de la facilité avec lequel il règne sur l’apéritif où ils restent toutefois cantonnés.
Le Rosé Brut Nature Zéro, c’est tout autre chose, tranchant, il réveille dès la première gorgée, les papilles alanguies en sont presque estourbies, mais, les sottes, restent convaincues du confort doucereux à venir…

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Qu’est-ce qu’il a dans le ventre ?

Brut Nature rosé Drappier
Pâle comme le pétale d’une rose, la robe miroite d’une infinité de bulles fines et nacrées. Délicat, c’est en toute discrétion que le nez livre à chaque éclat une note de fraise ou de groseille, puis encouragé par un léger remuage, l’agrume apparaît, suivi du poivre qui précise les senteurs d’églantine. Séquentielle comme le nez, la bouche s’avive tout d’abord des zestes de mandarine et de cédrat dont l’amertume délicate crée une atmosphère inouïe de fraîcheur. Les fruits rouges surgissent comme par enchantement et habillent de leur tendre couleur l’espace enivrant. La dynamique est lancée et aux fragrances fruitées succèdent les traits floraux, les impressions épicées, la vivacité sans cesse renouvelée.
Tout s’enchaîne, revient, se retire, recommence, farandole mesurée mais insistante.

Comment c’est-y qu’il est fait ?

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Rosé de saignée, il cuve 3 jours et seuls les jus de première presse sont utilisés. La fermentation alcoolique dure environ 2 semaines et se passe à basse température. La malolactique naturelle et complète suit. 100 % des vins sont élevés en cuves, ce qui nous garde, et c’est ce qu’on aime, la plus grande fraîcheur possible. La cuvée reste 3 ans sur lattes. Dosage est égal à zéro.
Voilà un breuvage des plus tranchants, le gaz carbonique ajouté à la vivacité n’est guère commode à accorder, quoique…
Champagne de grande fraîcheur et de caractère affirmé, il fonctionne avec aisance de l’apéritif aux fromages. On l’imagine facilement accompagnant l’algue d’un sushi, la fraîcheur iodée des carpacci de saumon ou de coquilles St Jacques, le veau suit ou une volaille avec quelques champignons en garniture, enfin le plateau qui évite toutefois les pâtes persillées.

D’où qui vient ?

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Le vignoble s’étend sur 100 ha autour d’Urville où le Pinot Noir y est majoritaire. Urville vient de l’implantation d’une villa gallo-romaine qui il y a près de 2000 ans créa le premier vignoble. En 1116, Saint Bernard venu de l’Abbaye de Cîteaux réorganise le vignoble. Il importe de Bourgogne le Morillon Noir, ancêtre du Pinot, et fait construire plusieurs caves dont une à Urville. En 1153, la production de vin approche les 600.000 litres. Après la Révolution française, les caves d’Urville deviennent le presbytère du village. La Famille Drappier installée en mitoyenneté les achète et s’y installe après la Seconde Guerre mondiale.

Combien qui coûte ?

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Un peu plus d’une trentaine d’euro

http://www.champagne-drappier.com

Ciao

Champagne Drappier - Vendanges 2013 © Mathieu Drouet - www.takeasip.net

Marco


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Macédoine, vin du monde, quelque part en Europe

Après avoir atterri à Salonique, c’est marrant de passer la frontière en voiture comme avant, avec deux postes et un no man’s land entre les deux. Vérification, passeport, cachets et "roule ma poule" ( dit en grec ou en macédonien, ce qui n’est guère compréhensible, mais on sait que c’est OK). En route vers Skopje, la capitale qui possède le plus de sculptures au mètre carré au monde, c’est surprenant.
Après une douche bienvenue, Skopje by night, resto traditionnel, agréable et premier contact avec un pays où on ne comprend pas le moindre mot. Heureusement il y a l’english baragouiné comme on peut, sauf pour mon pote et confrère danois qui m’accompagne. Premier contact aussi avec les vins de notre hôte qui accompagne avec bonheur les poivrons, grillades, tomates locales et autres agapes macédoniennes. Demain nous avons rendez-vous avec Marko…

Zolan nous emmène

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Добро утро, dobro utro, alias bonjour en langage local, la conversation s’arrête là, notre chauffeur Zolan ne parle que le macédonien. Après un bon 80 km d’autoroute, heureusement, Kavadarci est en approche – c’est le siège et le site de production de Тиквеш. Marko nous accueille et nous fait visiter les installations en pleine mutation.

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De gauche à droite, André le Danois et Marko le Serbe (Photo © Marc Vanhellemont)

Marko Stojakovic est l’œnologue d’origine serbe qui dirige la grosse structure. Après la visite, une dégustation s’impose. Au restaurant de la cave, les bouteilles défilent, on retient le Temjanika 2013, sorte de Muscat petits grains local, croquant et bien aromatique avec une jolie fraîcheur et une amertume gracieuse qui rappelle l’écorce de mandarine. Il appartient au cœur de gamme de Tikveš (prononcez Ticveche).
On enchaine avec le Barovo blanc, il fait partie des hauts de gamme et associe Grenache blanc dénommé ici Belàn (de bela = blanc en macédonien) Grenache gris.

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Un 2010 à bel allure, jaune doré, il respire le coing et la marjolaine, les fruits confits et le poivre blanc. Le 2011 est plus frais, plus minéral, plus complet et plus équilibré. Le 2012 se parfume de verveine, respire les épices à plein nez. En bouche, il plaît par son élégance et son charnu, son accent floral et l’onctuosité de son fruit. Le signe d’une belle évolution qualitative.

Autre blanc, cette fois à base de Chardonnay, le Belavoda 2011 (eau blanche) un joli vin, plus international sans toutefois vendre son âme. Bien équilibré, sans excès ni de bois, ni de parfums excessifs, non ramassé avec un galbe qui le rend agréable en bouche et une tension minérale qui lui apporte une fraîcheur de bon aloi. Notre cher Bob l’a noté 93/100, c’est top pour l’entité, nous préférons, André et moi, le Barovo. Le 2012 est plus fin et le 2013 pas encore bouteille nous émerveille par sa pureté.

On reste Chardonnay avec un autre domaine dans le giron de Tikveš, le Domaine Lepovo spécialisé dans le Chardonnay. Bâtonné et élevé pendant 8 mois en barriques, il plaît grâce à ses arômes de citron vert et de mandarine avec une délicate de mirabelle.

Un rouge pour finir: le Barovo 2012, 100% Vranec

Violet pourpre, il kirsche son nez qui s’allonge sur l’amande et se voit planter un clou de girofle en pleine cerise. La bouche est très sympa, débute par une multitude d’épices pour ensuite offrir une corbeille de fruits où la fraise et la groseille dominent le cassis et la myrtille, c’est pas fini, le floral s’annonce et déclare poudre d’iris et réséda, suivent le cacao rafraîchi de prunelle. Finale aux accents poivrés, on en a plein la bouche.
Demain on visite le vignoble de Barovo perché à 600 mètres à proximité de la frontière grecque (du moins à vol d’oiseau).

Barovo a été créé du temps de Tito qui voulait y installer une station viticole expérimentale. Le temps a passé. Le vignoble a échappé à l’arrachage et offre aujourd’hui une multitude de cépages autochtones et internationaux dont le Grenache blanc dit Belàn, de plus de 40 ans, une richesse. Le paysage est superbe, le calme et la sérénité rares, ici le monde semble s’être arrêté pour se consacrer uniquement à la vigne. Un bel endroit, mais faut y arriver, trois quarts de piste, ça prend du temps.

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Tikveš… et les autres!

Nous avions, André Devald, et moi demandé une dégustation comparative. Sur la table s’étalait presque toute la production macédonienne à ce jour. Un véritable parcours du combattant… Les autres caves ont gardé cette habitude des temps socialistes, celle de ne pas faire les malos sur les rouges et d’y ajouter du sucre pour tenter d’équilibrer le breuvage obtenu. C’est assez imbuvable, sauf peut-être avec la cuisine grasse et sucrée qui reste aussi une tradition locale.

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Que s’est-il passé à Tikveš dont les vins font la malo ?

Célèbre œnologue castelpapal, l’habile Philippe Cambie œuvre depuis quelques temps au bord des Balkans. La transformation est fulgurante. En quelques millésimes, les vins sont passés de médiocres (et c’est gentil) à bien foutus, voire vraiment bons. Marko, qui reste sur place, le seconde avec beaucoup de feeling, voilà un duo qui a transformé plus qu’un essai. Et ce n’est pas fini, l’avenir sera porteur de nouveautés pêchées dans la tradition revue et les cépages autochtones, ça nous promet de belles surprises à venir.

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Retour à Skopje

Pour profiter du contraste entre la vieille ville et les nouvelles constructions dans un style néo antique mâtiné d’une tournure austro-hongroise fin 19e avec de grosses et hautes colonnes comme à Antigone Montpellier. Faut le voir pour le croire, jamais vu autant de statue au mètre carré, chacun son truc…

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Quant à l’impression laissée par notre séjour, elle est positive et nous encourage à déguster régulièrement la production de Тиквеш.
On se quitte devant quelques spécialités en images

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Do Gledanye

http://tikves.com.mk/

чао

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Marco


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Loire ride for Esme starting 17th September: raising money to fight cancer

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Esme Morris Macintyre: 14.2.1995 – 7.7.2013. Inspirational figure who died of a brain tumour just 18 years old.

I was clearly tempting fate when I posted on 8th April of this that I would be riding the length of the Loire in June to raise money for the fight against cancer. Just hours after the post went up on Les 5 my bike was blown off our Volkswagen roof rack during our journey back to the UK.

Due to a catastrophic failure of the Volkswagen roof rack my Scott Hardtail Scale 35 landed on the inside carriageway of the Autoroute A16 near to the Baie de Somme. It was very windy at the time. Moments before my bike was blown off a lorry passed on the southbound carriageway. Combined with the strong wind did it set up turbulence that somehow made the locked rack release my bike.

Suffice it say the Scott 35 proved to be too badly damaged to be repaired. By the time it was clear that this was the case it was too late to organise and promote my Loire ride, so I postponed it to September.

We are still in discussion with Volkswagen over this catastrophic failure of their equipment. Fortunately there was no traffic immediately behind us, otherwise the flying bike could have caused a very nasty and possibly fatal accident.

Now I will be starting my ride on Wednesday 18th September and expect to finish some 8 or 9 days later. This will be on my new bike: Scott Hardtail Scale 720. This has proved to be easier and more stable to ride than the 35 as it has 27.5" wheels instead of 26". It also seems easier to pedal uphill!

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The new Scott Scale 720.

We have yet to do the detailed planning but the ride won’t be flat out as the 2014 harvest will be on so we plan to do a few visits to Loire producers on the way particularly in the Côtes de Forez, the Côte Ronnaise and probably Saint-Pourçain as well as the Central Vineyards.

I will be raising money for two cancer charities: Fondation Gustave Roussy (based in France) and Teenage Cancer Trust (based in the UK) . The ride is in memory of Esme Morris Macintyre, who died on 7th July 2013 of a brain tumour aged just 18. The tumour had been discovered when Esme was 11. An immediate operation appeared to have been successful but the tumour came back in the autumn 2012. It proved to be incurable. Esme was my partner’s niece.

My donation page on Fondation Gustave Roussy is: https://igr.friendraising.eu/jim.budd. For Teenage Cancer Trust it is http://uk.virginmoneygiving.com/JimBudd

Please donate to the one you think is the most appropriate.

I am hoping that I will be joined by other riders for part of the route down the Loire to the Atlantic. Firstly Carole, my partner, will be supporting me by car and on the bike. Last August Carole raised over £4100 including gift-aid riding from John O’Groats to Esme’s village in Fife.

I’m delighted that Michel Mergot, deputy mayor and previously mayor of Epeigné-les-Bois, and Charles Eric Pasquiers of Domaine FL in Anjou have already kindly expressed an interest in riding part of the way with me. Charles Eric recently completed the inaugural Bordeaux-Paris event (he finished 140th out of 792 riders who finished the 610 kilometre (379 miles) course) and has offered to ride at least 100 km with me when I get close to Anjou. Hopefully there will be others.

All donations will be very welcome – merci beaucoup!

 

JIM BUDD


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Un Sylvaner Grand Cru, ça existe !

Et c’est bon, sinon, ça n’a aucun intérêt…
Mais cela ne s’est pas fait sans heurt avec l’administration.

Comme le disait Armand Gilg : «Malgré sa notoriété établie de longue date, la réglementation nous a imposé en 1993 de ne plus utiliser le nom de Zotzenberg associé au cépage Sylvaner. En effet, l’appellation Alsace Grand Cru était réservée aux cépages Riesling, Muscat, Pinot Gris et Gewurztraminer».

Albert Seltz, lui, refuse d’enlever ses étiquettes Sylvaner Grand Cru Zotzenberg, ce  qui lui coûte deux jours de prison, à ce qu’on dit. En France, on ne rigole pas avec ce genre de personnage – pire qu’un faux-monnayeur, on aurait dû l’envoyer au bagne, salaud d’emmerdeur!
Heureusement très solidaires, les vignerons de Mittelbergheim constituent un dossier solide pour la défense de leur cépage favori; Seltz est libéré, et lui et ses pairs entament de longues négociations avec les instances professionnelles. Le Syndicat Viticole de Mittelbergheim obtient l’exception, c’est à dire l’appellation Alsace Grand Cru Zotzenberg pour le Sylvaner (décret du 25 mars 2005) et devient le seul Sylvaner Grand Cru en France, à l’égal des Grosses Gewächs de Franconie, en Allemagne!

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Ce qui n’était que justice, le Sylvaner ayant toujours été bien présent sur la colline du Zotzenberg et bien adapté au sol marno-calcaire.

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Et comme dit encore Armand Gilg : «Son exposition plein sud avec des rendements inférieurs à la norme A.O.C. Alsace, le Sylvaner, parent pauvre du vignoble alsacien, prend dans ce terroir une tout autre dimension. Au lieu d’être un vin réputé léger taxé de vin de soif, il recueille sur le Zotzenberg ses lettres de noblesse. Dès le début du 20ème siècle, il était la référence en matière de Sylvaner dans les meilleurs restaurants strasbourgeois. De plus, le Sylvaner Zotzenberg est un vin de garde, comme nous avons pu le constater lors d’une dégustation verticale effectuée en 2001. Elle rassemblait tous les millésimes de Sylvaner Zotzenberg de 1971 à 2000».

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Et pour preuve de cette allégation, lorsque notre petit groupe de Belges arriva à Mittelbergheim, les vignerons nous ont accueillis dans leur caveau municipal qui fait office de vinothèque. Un vin nous fut servi à l’aveugle. Tous nous pensâmes avoir affaire à un millésime âgé de 15 ou 20 ans. Erreur, grande erreur, ce blanc aux allures encore pimpante, aux notes confites de coing et de mangue parfumées de thé vert et de camomille romaine était un Sylvaner… 1959 de chez Albert Seltz. www.albert-seltz.fr
C’était sans conteste une excellente mise en bouche.

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Après une balade dans le vignoble, une horizontale s’imposait, le Sylvaner en vedette.

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Grand Cru Zotzenberg 2012 Domaine Armand Gilg

Vin d’un bel équilibre aux accents de mirabelle et de fleurs d’églantier, une finale sur le poivre blanc avec une pointe de cumin.

Grand Cru Zotzenberg 2012 Domaine André Dolder

Plus fermé, presque austère, il plaît toutefois par sa salinité qui met en évidence son langage floral et fruité.

Grand Cru Zotzenberg 2012 Domaine Stéphane Wantz

Ample, il développe ce petit goût calcaire qui lui donne un accent terroir incontestable.

Grand Cru Zotzenberg 2010 Domaine Rietsch

Il offre certes une légère évolution, mais cela lui va bien grâce aux saveurs de citron et de cédrat confits qui lui donne un air un rien exotique.

Grand Cru Zotzenberg 2010 Domaine André Kleinknecht

On est surpris par sa vivacité, puis réconforté par sa sapidité.

Grand Cru Zotzenberg 2008 Domaine Hansmann

Très droit, il trace son sillon minéral au beau milieu de la langue et y laisse ses arômes d’anis et de gelée de poire.

Grand Cru Zotzenberg 2008 Domaine Boeckel

Une salinité qui s’offre un trait d’iode, puis le vin semble se faire plus tendre, mais c’est une fausse impression, bien droit, il dispense avec parcimonie gelées de fruits blancs et jaunes.

Grand Cru Zotzenberg 2007 Grains de Passion Domaine Witman

Délicat au sucre bien équilibré, il distille avec délicatesse ses parfums de pamplemousse confit, de marmelade de kumquat, relevé d’un soupçon de Cayenne.

Grand Cru Zotzenberg 1998 La Colline aux Papillons Domaine Albert Seltz

Le vin contient environ 60 g de sucre résiduel, mais cela se ressent à peine, une fraîcheur superbe, aidée d’une amertume des plus raffinées, vient équilibrer ce superbe Sylvaner, témoin qu’ici sur la marne le cépage s’exprime avec beaucoup de race.

Une dégustation qui démontre que le Sylvaner mérite mieux qu’une relégation à un rôle secondaire au sein du vignoble alsacien.
Et remercions les vignerons de Mittelbergheim d’avoir voulu garder celui qu’on a arraché pour le remplacer par les dits nobles, plus faciles à vendre. Un phénomène similaire au Carignan ou plus fallacieusement au Rolle (Vermentino) en Provence qui sans l’obstination de vigneron comme Monsieur Gavoty aurait disparu alors qu’aujourd’hui il est chaudement conseillé. L’histoire se répète sans cesse et ne tire jamais les leçons du passé, c’en est affligent.

Nous avons adoré, nous le petit groupe, venu déguster le seul Sylvaner Grand Cru, et tellement aimé, que nous avons tardé à rentrer chez nous alors que c’était le premier match de coupe du monde de l’équipe belge. C’est dire!
Merci aux vignerons de Mittelbergheim pour leur accueil, c’était top.

Et hop, en place pour une photo souvenir

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Ciao

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Marco


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Trip alsacien (quand on frise le divin)

L’Alsace ne m’est guère coutumière et j’aurais pu tribuler avec Hervé à Cahors, j’y étais aussi invité. J’ai préféré le grand Est au truculent Sud-Ouest, histoire d’affermir ma connaissance plutôt nébuleuse des crus et cuvées alsaciennes.

Premier choc délicieux

Il y a toujours un premier soir…
Le nôtre, je n’étais pas seul, fut cette soirée tendrement, mais efficacement organisée par une association de filles, les diVINes d’Alsace http://www.divinesdalsace.com

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Allez voir le site pour savoir qui en fait partie, parce que je ne cite aucun domaine, je les ai tous dégusté, certains m’ont beaucoup plu, d’autres un peu moins, mais dans l’ensemble, rien à jeter, tout pour trouver son goût, l’Alsace, c’est ça, une quantité de bonnes bouteilles à découvrir.

Les photos sont de mon pote et collègue Daniel Marcil, moi, j’y étais à poil avec juste un bout de cerveau et mes papilles, ça suffit pour passer un bon moment.

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Accueil charmant une bouteille d’effervescent à la main, choix des bulles des domaines représentés, donne un aperçu d’entrée de la qualité des flacons qu’on pourra déguster jusqu’à la nuit tombée.
Différents pôles s’offrent à l’œil et nous clament discrètement venez dégustez mes agapes et mes cuvées. Toutes les couleurs d’une Alsace gourmande du Sylvaner au SGN, en passant par quelques excellents Pinot Noir (oui, ça existe), Riesling et tout le toutim, embellissent la cave. La soirée se passe au Domaine Stentz-Buecher à Wettolsheim.

Décor simple, ambiance très réussie dans la décontraction, on y serait bien resté toute la nuit. D’autant plus que la table fromages était assurée par la famille Quesnot de la fromagerie St Nicolas à Colmar. C’est fou comme les Riesling et les Gewurzt fonctionnent bien sur pratiquement toutes les pâtes de molles à cuites, les habituels rouge (PN) ont plus de mal.

Dehors les flammekueche se rafraîchissent de Crémant, de Pinot Blanc, de Sylvaner.
Un buffet mer et un buffet terre accompagne les Riesling, Klevener d’Heiligenstein, les Pinot Gris…

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Au sous-sol, dégustation horizontale du millésime 2000, une quinzaine de Riesling Grand Cru, mélangés de quelques Gewurztraminer et Pinot Gris émerveillent nos papilles. Saveurs, équilibre, complexités sont au rendez-vous, chacun flashant sur ce qu’après la reconnaissance de l’harmonie s’ajoute le petit truc qui enthousiaste.

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Tout au fond quelques douceurs tartelettes, choux et macarons de Christine Ferber (reine de Niedermorschwihr) http://www.christineferber.com trouvent un écho particulier en résonnance avec les VT.
Histoire de bien terminer la soirée si bien commencée.

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Puis, au lit pour demain affronter en grande forme la petite centaine de domaines présents à l’édition 2014 « Millésime Alsace ». Ce sera pour un prochain poste.

Orùaar

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Marc

 

 


6 Commentaires

Masterful Rieslings + an unlikely Pinot Noir

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Steep slope in Mosel

If I couldn’t have Chenin Blanc I’d probably go for Riesling, so I was very happy to accept the invitation to join the Masters of Riesling trip to Germany last week.

Germany and its Riesling are becoming intertwined in my mind with football. The last time I was in Germany was in 2006 for a Masters of Riesling trip held during the European Football Championship. With the 2024 World Cup on I was back in the land of Riesling. If I remember rightly England lasted rather longer than their very brief cameo role in Brazil this time.

Two wine estates really stood out for me on this trip. The first was Jean Stodden, not a Riesling estate at all but a Pinot Noir specialist in the Ahr. Dönnhoff in the Nahe was the second – making brilliantly balanced Rieslings.

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Alexander Stodden in his Ahr vineyards

Jean Stodden
There are some visits that force you to change your mind’s view of an area. Visits that force you to add the name of a producer to those, who make great examples of a particular style or a grape variety. This morning’s visit to Jean Stooden in the Ahr was one of these visits. Jean’s elder son, Alexander, is now in charge.

Firstly it was the stunning terraced vineyards of the Ahr Valley far more extensive than I had ever imagined. Next came the difference in temperature between the cool of the valley floor and the warmth already present up in the vineyards. Jean’s wines were a real revelation of how good Pinot Noir can be from the Ahr Valley – these amazing wines with lovely silky textures – top class!

There are 27 hectares of vines in the commune of Rech. There have been vines here since 100AD at the height of the Roman occupation and Stodden’s family have records of being involved in growing vines since 1578 and the family established a winery in 1900. Jean Stodden has four hectares here in Rech. In all he has 6.5 ha spread across 65 parcels.

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Helmut Dönnhoff

 

Dönnhoff – there is Riesling and then there is Dönnhoff!
Planning had gone a little awry by the time we got to Dönnhof. Supposed to arrive at 6pm we had yet to arrive at the winery by 7.45. We were already running considerably late and this was compounded by hitting a motorway jam, which added a good 20 minutes to our tardiness.

However, in the end it all worked out fine and for the best. We had a short tour through some of the steep Dönnhoff vineyards in marvellous mid evening light, which we might have missed had we been a little earlier and closer to our itinerary.

On this trip we tasted a number of fine Rieslings but none of the consistent quality and balance shown by the Donnhoff Range.

What is the Dönnhoff secret?
For a man, who makes such wonderful and widely acclaimed Riesling, Helmut Dönnhoff is remarkably humble giving no hint of his star status. He has great warmth without flamboyance. He clearly understands and loves his vineyard sites that so vividly convey their different characteristics through Riesling. It is clear from the vineyards, the winery and offices that Helmut and his son Cornelius, are very meticulous and precise in their work.

 

Jim Budd

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