Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Drinking on a Sunny Afternoon

C’est samedi et il fait beau. Et si on mélangeait vin et musique, pour voir? 

Ah, les Kinks ! Ils sont bien moins connus que les Beatles, les Stones, ou les Who, et pourtant, c’est un groupe qui a beaucoup compté dans les années 60 et au début des années 70. Leur premier album, The Kinks, a 50 ans cette année. Y figure notamment "You really got me" (15 ans plus tard, Van Halen en a fait une reprise toujours prisée des métalleux).

Ray Davies, l’âme des Kinks, a plus où moins inventé la pop à message en Angleterre, avec ses histoires chantées, petites scènes de la vie quotidienne, mais grandes remises en questions de l’Angleterre éternelle (Mr Pleasant, A Well Respected Man, Lola…). 

Son frère Dave, lui, a été à la base de la découverte de nouvelles sonorités, notamment indiennes, dans la musique populaire occidentale – oui, oui, avant même George Harrison ou Brian Jones. Le son saturé de sa guitare était aussi une des marques de fabrique du groupe.

KinksThe Kinks, 1965

Une source d’inspiration

Bon nombre des titres des Kinks ont ouvert la voie aux compositions de groupes aujourd’hui beaucoup plus médiatiques.  «Lazing on a Sunny Afternoon»«Waterloo Sunset»,  «Shangri-La», «I go to Sleep», Stop your sobbing », par exemple. Ces deux derniers titres ont d’ailleurs été l’objet de reprises à succès par The Pretenders.

Et à l’évidence, certains arrangements ont inspiré des gens comme Mc Cartney ou Pete Townshend. John Lennon a même confié un jour qu’il aurait voulu pouvoir harmoniser les voix comme les Kinks. Ce qui, de la part d’un Beatle, n’est pas un mince compliment !

Ambivalence

Un des albums des Kinks en particulier mérite le détour : «The Village Green Preservation Society» (1968). Au premier ou au second degré. Ray Davies y fait-il vraiment l’apologie du passé, ou bien s’en moque-t-il ? Fait-il vraiment partie des défenseurs de la bière à la pression et de la confiture de fraise artisanale, du terrain de jeu municipal et de la Custard Pie?  Ou les raille-t-il ?

Sans doute un peu des deux. Il y a chez lui une authentique nostalgie de la locomotive à vapeur mais aussi, la conscience d’une société en marche.  Un goût pour les choses simples, les moments de plaisir partagé, les sorties en famille… et le besoin de pourfendre l’hypocrisie au sein de l’entreprise, entre voisins, ou dans le couple.

Ray

Ray Davies, 1985

Acidulé

Alors demandons-nous ce que ce bon Ray aurait bu, à part de la Draught Beer ou «a good cuppa tea».

Un Jeune Maury ou un Vieux Madère ? Un Priorat ou un Saint-Emilion ? Un Pét’ Nat’ ou  un Champagne ? On manque de références à ce sujet. Mais rien n’arrête l’auteur de ce billet qui aborde aussi bien la peinture impressionniste que l’opéra wagnérien, la littérature classique et les auteurs pop. Quand il a envie d’en parler, il en parle, et puis c’est tout.

Surtout que ce bon Ray Davies est un témoin privilégié de l’évolution sociétale : il assiste, lors des Swinging 60’s, à un bouleversement des mœurs et de la consommation, notamment de vin.

Fini, le temps du butler, des caves de lords et de solicitors, le temps où les wine merchants faisaient la loi, le temps du claret, du hock, du stein, du port, du champ’, du Madeira et du sip o’ sherry.

Avec le développement des chaines de supermarchés, les Anglais découvrent le vin de marque et s’ouvrent au Nouveau Monde. Des institutions disparaissent, comme la locomotive à vapeur. Davies évoque la Custard Pie, il pourrait aussi bien parler du Muscadet, qui ne s’est jamais vraiment relevé des assauts de la concurrence du Pinot Grigio, du Vinho Verde, du Sauvignon néo-zélandais…

A écouter les chansons de Ray Davies, à relire ses textes, à entendre sa voix un peu désabusée, je dirais qu’il aurait bu de tout. Don’t choose. Ce type a écrit dans des styles très différents, balades, rock, pop, blues, hard rock. Je pense que c’est le genre d’esthète pragmatique qui aime tout  essayer. Même le vin d’Australie, puisque c’est là qu’il situe l’action d’un autre concept album: Arthur.

Par contre, j’associerais plus volontiers son style d’écriture avec un vin un tantinet mordant. Un Chablis ou un Sauvignon jeune, par exemple. Un rosé guilleret, acidulé, qu’on siroterait en terrasse, comme un cadeau de la vie, On a Sunny Afternoon… Ou un rouge relativement léger mais corsé, Cabernet franc de Loire, Gamay…

Du bon bio. Voire quelques vins dits nature.

Alors voici ma sélection : le Coteaux d’Aix en Provence Rosé de Camaïssette; le Ménetou-Salon rouge Les Renardières de Philippe Gilbert; L’Hurluberlu (un nom que Ray, alias Mr Flash, n’aurait sans doute pas renié) de Sébastian David; le Côtes Roannaises Les Originelles du Domaine Sérol. Le Morgon des Côtes de la Molière.

Et côté bulles: la Cuvée Quintessence de Franck Pascal ou Les Murgiers de Francis Boulard… ou bien encore un beau Cava de Castell d’Age, la cuvée Olivia, par exemple.

A vous de composer l’accord parfait, maintenant, à vous d’harmoniser les voix…

Hervé Lalau


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Save our penguins!

Je viens de l’apprendre et j’ai failli en vomir tout mon quatre heures. Tous les pingouins d’un zoo du Nord de l’Angleterre ont été placés sous anti-dépresseurs. Ils ne supportent plus la grisaille.

J’ai une pensée émue pour eux, mais aussi, pour tous nos amis britanniques. Et en particulier pour les deux qui oeuvrent sur ce blog.
L’un d’entre eux – David – va de temps en temps prendre son quota de vitamine D au soleil de Lomagne, mais est-ce assez pour lutter contre la sinistrose?
Quant au second, Jim, je crains le pire. D’une part, il habite Londres. De l’autre, sa pilosité faciale joue le rôle d’écran. Certes, ses chemises à fleur amènent un peu de gaité dans ce monde de gris. Mais pas sûr que cela suffise.
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Prise de bec entre nos deux amis Jim et David, lors d’un voyage de presse  (Photo Jerzy Strzelecki)
Sauf que…
Fidèles à la maxime d’Hippocrate ("que ce que tu manges soit ton médicament"),ils complètent utilement leur alimentation par un produit très sain – le sain des sains: j’ai nommé le vin.
Moyennant quoi, je les trouve dans une forme étincelante pour leurs quelque 120 ans – oui, comme les miles, une année anglaise compte pour 1,609 de nos années (soit 1.702 verges).
On aimerait en savoir plus sur leur régime. Et en particulier, la répartition par couleur et par région.
Choisissent-ils leur vin en fonction de la teneur en polyphénols ou pas?
That is the question à deux balles.

Hervé "Penguin" Lalau


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Les 5 du Vin, combien de contacts?

Nous recevons de temps à autre des demandes de lecteurs – surtout des agences de relations publiques ou des groupements de producteurs – qui veulent savoir quelle est notre audience, sans doute pour mieux calibrer leur communication.

Comme nous sommes adeptes de la transparence, voire de la limpidité (surtout en matière de vins blancs), voici un tableau extrait des statistiques de notre hébergeur, qui nous l’espérons, étanchera leur soif de chiffres.

Tableau

Ils constateront, comme nous, que le nombre de nos visiteurs augmente régulièrement (près de 20% en un an). Les premiers chiffres datent de janvier 2013, date à laquelle nous avons changé d’hébergeur, mais notre site existe maintenant depuis 3 ans.

Ne nous demandez pas pourquoi cela coïncide ou ne coïncide pas avec les données de Google Analytics, eBuzzing ou autres mesures d’audience. Nous voulons bien fournir du contenu, et pas trop mauvais si possible, mais nous laissons à d’autres le soin de mesurer son véritable impact. Si tant est qu’on puisse le lire dans des chiffres, dans un nombre de clics, de visites, de "contacts"

Scène de bar:

-Ouah, ce soir, j’ai eu quatre super contacts avec de jolies minettes!

-Ah oui, et tu crois que tu vas conclure? 

-Ben non, c’est juste des contacts, quoi…

Pour les 5 du Vin

raisin vert 05421

Hervé Lalau


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Le Japon aime Les 5 du Vin

Ce blog n’arrête pas de nous étonner.

Ce qui n’était au départ qu’une petite coopérative d’écriture, la réunion de 5 plumitifs de la treille, le fruit d’une cooptation amicale et sans prétention, a pris une dimension planétaire. C’est devenu un vrai phénomène de société. Comme si la création avait dépassé les ambitions de ses maîtres. Un peu comme Frankenstein.

Non, ce n’est pas la RVF qui le dit, ni Wikio/eBuzzing, ni même Google. Ce sont les Japonais.

Tapez http:/www.les5duvin.com et voici sur quoi vous arrivez:

Les5duVin Chine

Usurpation d’identité? Nous préférons y voir un hommage. Un coup de chapeau (chinois) qui nous fait d’autant plus plaisir que nous n’utilisons plus cette adresse depuis que nous sommes passés d’overblog à wordpress, l’an dernier. Mais savoir qu’on s’est donné la peine de la réactiver pour nous, et au Japon, en plus, est une belle consécration.

Notre ami Jim, qui a le don des langues (et qui le prouve régulièrement avec ses commentaires de liquoreux ligériens), a aimablement traduit le texte présent sur "notre" site.

Et voici ce que cela donne:

Shura Champ Théâtre (flotteur, le divorce de gaz va Chiba ma ma Kou)

Un monde plein de ra ni champ ka ku れはど Kei complet Shura ru. Mais toi, Genki ni na っ ton cisaillement des choses tu ri ma ka?  Tu ne べ ton contenu は flottant Genki や divorce, mais ta (presque ma) base externe complète ma question pleine de Nippons: te na ど … air べ Te Kei kuと, structure de poitrine fumier malin

Bien qu’à ce stade, le sens précis du texte n’ait pas encore pu être déterminé (faute de verbes, notamment), Michel a tout de suite relevé l’expression "divorce de gaz". Il s’est demandé si elle faisait allusion aux 5 ou à une actualité présidentielle, par exemple. Je note qu’aucun scooter n’est mentionné dans le texte, donc je penche plutôt pour la première solution.

Il s’avère cependant que Jim n’avait pas choisi le bon dialecte de référence: de bonne foi, il pensait que le texte était en Kyushu du Nord, assez proche du vieux chinois, comme semblait notamment l’indiquer la présence répétée des caractères magiques キ, チ et $. Alors qu’il s’agissait en fait d’un vieux patois du Honshu de l’Ouest. La confusion est d’autant plus fréquente que les deux langues ne sont plus parlées que par douze bonzes ayant fait voeu de silence.

Voici donc une seconde traduction:

La pagaille (théâtre, tricherie, divorce et belle-mère)

Quoi qu’il en soit, amis lecteurs, Achoura ou pas, les 5 du Vin continuent. Pas pour nous, mais pour vous, et pour le monde!

Hervé でっ (avec la participation de Jim キ et Michel )


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Paul is Dead… et les 5 ont un grain

On peut essayer de trouver un sens à tout. Même à ce qui n’en a pas.

Un exemple fameux:  la pochette d’Abbey Road, sur laquelle certains fans des Beatles ont voulu trouver des allusions à la prétendue mort de Paul; allant jusqu’à attribuer un rôle à chacun des 4 membres du groupe qui traversent la rue devant le studio.

Beatles_-_Abbey_Road

Abbey Road 

John, en blanc, serait le prêtre; Ringo, en noir, le maître de cérémonie; Paul, pieds nus et sans cravate, le mort; George, en jeans, le fossoyeur.

Et puis, la Beetle garée en face porte la plaque LMW28 IF. Tout adepte du Paul is Dead le sait, cela veut dire "Living MacCartney Would be 28 if…", il aurait eu 28 ans si…

Sauf que le compte n’y était pas, Paul n’ avait que 27 ans en 1969, mais passons.

Hormis nos amis les allumés, la plupart des gens ne voient sur cette photo que 4 types sur un passage zébré, mais personne n’a pu empêcher la rumeur d’enfler. C’est une légende urbaine qui dure depuis 45 ans. Il y a même des sites spécialisés qui s’en occupent à plein temps. On s’occupe comme on peut.

Grains de folie

Récemment, un lecteur des 5 du Vin (un type bien, donc) m’a fait remarquer que les 5 grains de raisin qui composent notre logo présentaient un fort symbolisme. Selon lui, les couleurs attribuées à chaque auteur "leur correspondent bien".

cropped-les5duvin

Les 5 du Vin

Ainsi, le jaune doré du grain de Jim Budd fait référence à sa prédilection pour les blancs de Loire vinifiés en surmaturité.

Le rosé de David Cobbold évoque la polémique qu’il a lancée sur ce blog à propos du rosé d’assemblage.

Le raisin vert d’Hervé Lalau lui va comme un gant, avec son esprit acide.

Le joli grain violacé  de Michel Smith représente bien sûr son cher Carignan.

Quand à l’ambre du grain de Marc Vanhellemont, il témoigne du fait que ce Belge est un amoureux de la bière autant que du vin.

Tout cela est très bien imaginé.

Sauf que je suis l’auteur de cette galerie de grains, que j’ai moi-même bidouillés à l’aide de filtres Photoshop, à l’époque. Et que je n’ai jamais eu l’idée d’associer quelque couleur à qui que ce soit. Je cherchais juste des couleurs différentes, et un peu flashy.

Je ferai aussi observer que l’ordre des noms a changé avec la composition du groupe. Au départ, suivant en cela l’ordre alphabétique, le nom sous le premier raisin était celui de Jacques Berthomeau, membre fondateur remplacé depuis par David. Et Jim Budd venait en second – c’est donc lui dont le nom se trouvait sous le grain rose fluo.

Mais bon, c’est comme pour les Beatles, on n’ arrête pas une rumeur. Alors laissons la prospérer!

Et si c’était ça, la vraie gloire? Que des gens parlent de nos grains plutôt que de nos articles!

Hervé

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