Les 5 du Vin

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Le vin arménien, par delà l’histoire

La semaine dernière se tenait à Bruxelles une dégustation de vins arméniens organisée à l’instigation de l’Ambassade d’Arménie en Belgique.

C’était pour moi le premier contact avec les vins de ce petit pays du Caucase, dont les recherches archéologiques les plus récentes nous apprennent que c’est là qu’ont été trouvées les traces les plus anciennes de vinification (à peu près 6.100 ans).

Noé

L’ivresse de Noé (Chroniques Mondiales de Nuremberg)

Entretemps, la patrie de Noé a connu pas mal de vicissitudes, de passage et d’invasions, pas toujours favorables au vin – la période ottomane, bien sûr, mais aussi la période soviétique, au cours de laquelle le pays était devenu un gros fournisseur du grand frère russe… mais surtout pour le brandy. Jusqu’aux années 1990, la viticulture locale fonctionnait majoritairement pour la production d’alcool.

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Clin d’oeil de l’histoire: la République socialiste soviétique d’Arménie avait mis une grappe de raisin sur ses armoiries

Avec la fin du communisme, est venue la baisse des importations russes. L’Arménie se tourne donc vers d’autres marchés – mais le processus est assez lent.

Sur la foi de ce que j’ai dégusté, tous les produits ne se prêtent pas encore à la conquête du consommateur occidental moderne.

Primo, quelques cuvées présentées souffraient de tares évidentes (piqure acétique, oxydation précoce, déviations);

Plus grave, à mon sens, la plupart des vins souffraient d’un manque de définition – sucre résiduel mal fondu pour une bonne partie des blancs, déséquilibre entre nez et bouche pour pas mal de rouges, impression de chaleur, de verdeur des tannins, alcool envahissant, rudesse. Je ne suis pas contre une certaine dose de rusticité, mais trop n’en faut!

Vous me trouvez dur? Je pense de mon devoir de faire savoir à nos amis arméniens que de gros efforts restent à faire. Personne n’attend les vins arméniens sur nos marchés. Si nous les achetons, ce ne sera pas pour leur origine, que nous ne connaissons pas, ni pour le glorieux passé, mais pour le contenu dans la bouteille, hic et nunc.

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Le vignoble arménien se situe surtout au Sud du pays (Armavir, Ararat, Vaïots Dzor et Siounik)

Bande d’amphorés!

Il y a avait heureusement des exceptions à ma déconvenue générale.

Les Areni de Takar, d’Ar Mas, de Maran (Cuvée Bagratouni) et de Zorah (cuvée Karasi), notamment, qui combinent des arômes de fruit mûr assez inhabituels (grenade, figue verte) et une belle fraîcheur – mention particulière pour la Karasi, très pur et d’une belle minéralité (serait-ce l’élevage en amphores?).

Ces exceptions démontrent qu’il y a une place pour l’Arménie sur l’échiquier mondial du vin; pas seulement en hommage pour son passé de précurseur, mais pour la touche originale apportée par ses multiples cépages autochtones, notamment l’Areni, par ses pratiques culturales et de vinification originales.

En effet, on a affaire à un vignoble de montagne (l’altitude moyenne du pays est de 1800m), où la vigne souffre à la fois de longs hivers très froids (au point qu’on l’enterre souvent en hiver) et de la chaleur de l’été. Les cépages locaux y sont les mieux adaptés, et c’est sans doute la chance de ce pays de les avoir conservés; le consommateur mondial est un peu saturé des grands cépages internationaux et est prêt à découvrir autre chose.

 

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Mon préféré

Cette « autre chose », l’Arménie peut la fournir – avec une autre originalité – qu’elle partage avec la Géorgie voisine: la vinification en amphores. A l’heure où des producteurs européens redécouvrent le vin orange, les Arméniens, eux, ne l’ont jamais vraiment délaissé.

Le défi, cependant, sera de polir ces joyaux un peu bruts, ce potentiel, pour mieux les faire briller.

Cela passe sans doute par une phase de sélection des meilleurs cépages à vin – tous ceux qui ont été utilisés pour les brandies et les vins mûtés ou pomegranates ne sont pas forcément les plus adaptés à des vins élégants; par une meilleure maîtrise de la matière première (inertage de la vendange, tables de tri…) et de l’outil – qu’on utilise des foudres, des barriques, des cuves inox, des cuves ciment ou des amphores, les règles de base de l’oenologie s’appliquent – propreté, contrôle des températures et des fermentations…

Un peu de « benchmarking », aussi. J’ai donné mon sentiment sur les vins dégustés – il serait utile d’avoir l’avis d’un panel complet de dégustateurs aguerris, sur les différents marchés potentiels.

Moyennant quoi on pourrait reparler des vins arméniens.

Hervé Lalau


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Vins de France – l’autre France

Le saviez-vous?  Il y a eu deux France dans l’histoire. Comme il y a eu deux Allemagne. Comme il y a encore deux Corée ou deux Mongolie.

Pour ce qui est de la France, cela remonte à loin. Aux Francs, pour être exact.

Un peu d’histoire

Il paraît que nous autres Français nous prenons tous pour des flèches. Pas étonnant, puisque que le mot Franc dérive du germanique frankos, javelot; et par extension « homme libre », car disposant d’une arme. Et il est vrai que les Francs étaient à la fois de bons guerriers et qui aimaient les grands espaces.

Les origines exactes de ce peuple sont toujours discutées; les Romains ne commencent à en parler vraiment que lorsqu’il arrive sur leur frontière, le limes. Ce que l’on sait, par contre, c’est qu’il a occupé successivement plusieurs zones en Europe; notamment celle à laquelle on se réfère en général: la France, ou Francia Occidentalis. Et puis, plus tardivement, à partir du 6ème siècle la Franconie, ou Francia Orientalis, conquise par des chefs francs sur les Burgondes, auxquels ils finirent par s’assimiler sur place (oui, ce sont ces Burgondes, autre peuple germanique, qui, ont donné leur nom à la Bourgogne).

Et la différence de langue entre « eux » et « nous », me direz-vous? Elle s’explique par le fait que les Francs de l’Ouest (plus ou moins nos ancêtres, mélangés aux Gallo-Romains) sont rentrés dans l’orbite latine, tandis que les Francs de l’Est ont gardé leur héritage germanique. Je schématise, bien sûr.

Concrètement, cette France Orientale correspond à la région de Würzburg, au Nord Est de la Bavière actuelle.

26648« Franckenlandt », alias Francia Orientalis

Que serait la France, même orientale, sans vin?

Et bien sûr, ces frères francs, ces Français oubliés, en quelque sorte, produisent du vin. C’est d’ailleurs pour ça que je vous en parle.

La Franconie moderne représente un peu plus de 6.000 ha de vignes et abrite des crus réputés; et notamment le Stein, que les Anglais ont longtemps assimilé à tous les vins de la région. De la même façon que les vins du Rhin étaient affublés du nom de Hock (d’après le cru Hochheim).

Autre particularité: la Bocksbeutel, la bouteille régionale, assez renflée, qui aurait inspiré celle de Mateus dans les années 1940.

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Laissez moi vous lire les vignes de la Main!

Reste que Stein (pierre, en allemand) est un nom de cru. Le plus fameux étant le Würzburger Stein. A savoir, 85 ha de vignes aux pentes impressionnantes plantées principalement de riesling rhénan et de silvaner. Ce dernier cépage est un cépage historique de la région – là encore, on peut trouver un rapport avec la France, puisqu’on dit que c’est un abbé de l’ordre de Citeaux – un Bourguignon au sens large, donc – qui l’aurait implanté ici. C’était en 1659.

Bien adapté à la région, manifestement, il  y donne des vifs et fruités à la fois, et qui présentent souvent des note de pierre à fusil, un je ne sais quoi de jovial. Plus si affinités, notamment après uelues années de garde (il y a de très belles caves à Würzburg).

C’est peut-être pour ça que les vins de Franconie m’ont toujours semblé les plus joyeux des vins allemands, les plus faciles gastronomiques, aussi.  Et ce qui ne gâte rien, il s ne sont pas trop chers (en comparaison d’autres régions allemandes).

Quelques adresses pour terminer, histoire de vous laisser vérifier par vous-même…

 Juliusspital,

Weingut Am Stein,

Winzerkeller Iphofen,

Burgerspital Würzburg…

Hans Wirsching

Et vive la France… orientale!

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Hervé Lalau


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Le Douro, ce n’est pas que le Porto

Nous autres Français avons depuis belle lurette annexé le Porto – c’est un des rares vins étrangers (muté, certes, mais vin tout de même) que nous consommons en quantité – apparemment sans maux de ventre ni problèmes existentiels au niveau du vécu national, préférence, exception culturelle, etc… Même Arnaud Montebourg doit bien en boire de temps en temps.

Certes, ce sont généralement les qualités les plus basses que nous importons – le simple Ruby. Et pas les marques les plus prestigieuses.

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Les hauteurs du Douro (Photo © H. Lalau)

A l’inverse, des noms comme Taylor’s, Ramos Pintos ou Barros (sans parler de quintas comme Vargellas ou Infantado) restent peu connus et peu diffusés en France. Si vous les connaissez, c’est que vous avez soit un oncle portugais, soit une nanny anglaise ou que le virus vous a pris (mieux vaut celui du rabelo que celui de l’Ebola)  – bref, vous considérez  le Porto comme un vin plutôt que comme un petit apéro sympa, et je vous en félicite.

Car vous avez raison.

Par ailleurs, la région a connu ces 30 dernières années une grande mutation – j’ai choisi ce mot à dessein, vous pensez bien.

Nombreux sont les producteurs qui ce sont mis à produire du vin « sec », non muté, à savoir de la DOC Douro. Une diversification qui correspond à la fois à un changement de réglementation, au début des années 90 (la fin du monopole des Port Lodges et de l’interdiction d’embouteiller hors des chais de Vilanova de Gaia) et au bon sens paysan (ne pas mettre tous ses vins dans la même barrique, ou le même oeuf). Elle prolonge aussi une vieille tradition: bon nombre de grandes propriétés de Porto produisaient, et de manière fort ancienne, du vin pour leur consommation personnelle, une réserve familiale.

Quelques unes, comme Ferreira, en vendaient – c’était la fameuse Barca Velha (sans doute le vin portugais le plus réputé à l’époque); ou encore Champalimaud, avec son Quinta do Cotto. J’ai eu la chance d’en déguster à la fin des années 80. Je ne suis plus très sûr de l’appellation qui figurait sur l’étiquette, à l’époque. Je crois que la DOC Douro est venue après.

Aujourd’hui, le Douro a pleinement conscience du potentiel de ses vins secs. Les Douro Boys (Niepoort, Quinta do Vallado, Quinta Vale Meia, Quinta do Crasto – tiens, ils sont 5 aussi!) ont été les grands catalyseurs de ce mouvement. Mais il en est d’autres.

Quinta do Pessegueiro 2011

Premier arrêt, assez haut dans le cours du fleuve, voici la Quinta do Peissegueiro. Nous sommes entre Pinhão et Tua, mais de l’autre côté du fleuve, sur la rive Sud. Avec comme voisins quelques noms prestigieux comme Quinta do Noval, Quinta do Ventezelo, Quinta Nova…

Roger Zannier, le propriétaire, a fait fortune dans les vêtements pour enfants (Z, Catimini, etc…). En visitant des fournisseurs portugais, il est tombé amoureux du Douro. Il y a trente ans, il a acheté ce domaine – à l’époque, ça n’intéressait pas autant de monde qu’aujourd’hui. Pendant les 25 premières années, accaparé par ses affaires, il en a confié l’exploitation à la Quinta do Noval. Et puis, il y a quelques années, il s’y est vraiment investi personnellement; constituant une nouvelle équipe autour de Marc Monrose (directeur général) et de João Nicolau de Almeida (oenologue) digne rejeton d’une grande famille du Porto.

Au nez, ce 2011 présente énormément de fruit noir, légèrement compoté; et de jolies notes d’épice (romarin, sauge, thym, un vrai bouquet garni); en bouche, on admire la belle structure, mais surtout la finesse; quelques notes mentholées donnent à la finale fraîcheur et profondeur. Je pense à un pur sang dompté, certes, mais qui n’aurait rien perdu de sa fougue. Chapeau à João: c’est un sans faute.  Gros potentiel de garde, mais déjà très plaisant aujourd’hui. Saurons-nous résister à la tentation?

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 Quinta Da Foz Douro 2009

Deuxième arrêt, au  confluent du Fleuve d’Or et du rio Pinhao.  Cette quinta historique, ancienne propriété de la famille Cálem, est aujourd’hui dans les mains d’un groupe angolais. Elle compte 7 ha de vignes en forte pente. J’y ai séjourné dans les années 80. Et j’y ai dégusté le vin – je ne pense pas qu’il était commercialisé, à l’époque. Aussi, ce fut une belle surprise, la semaine dernière, de pouvoir goûter le millésime 2009, ce qui s’appelle à présente très officiellement  DOC  Douro.

Ne me demandez pas de comparer. Je n’ai plus mes notes de l’époque, si tant est que j’en ai prises. Et puis c’était le soir, et puis j’étais venu pour le Porto. D’ailleurs, je ne sais plus le millésime.

Quoi qu »il en soit, ce 2009 nous offre une explosion de framboise et de mûres. Ces fruits prennent le relais en bouche, sans aucun temps mort. Le boisé sous-tend l’édifice mais ne domine pas (malgré 18 mois passés en barriques de chêne français). Les tannins sont très soyeux, la puissance (15°, tout de même) se fait presque oublier sous l’élégance. Quelques notes d’eucalyptus en finale.

L’assemblage comprend Touriga Nacional, Touriga Franca et Tinta Roriz (alias Tempranillo). Trois des cépages le plus utilisés dans le Porto. Aussi ne s’étonnera-t-on pas de retrouver un petit air de famille.

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Quinta da Basília do Todão 2008 Old Vines Premium 

Troisième et dernier arrêt, encore un peu plus bas dans l’aire d’appellation. Les vieilles vignes de cette quinta longent, non pas le Douro, mais son affluent le Ceira. Elles sont plantées en terrasses sur sols de schistes, exposées à l’Est et au Sud. Pas très loin de la Quinta do Crasto, également à Gouvinhas, pour ceux qui dépassent non seulement la Porte d’Orléans, mais même, parfois, Cerbère…

Ce vin aséfuit par son joli fruité noir (cerise) et sa complexité en bouche. Rien d’étonnant : il assemble pas moins de 25 cépages (dont 30% de Touriga Nacional).

Juteux, fumé, un poil animal, le vin ne manque ni de vivacité, ni de puissance, ni de gouleyant. Le boisé (14 mois de barrique de 400 litres, bois français uniquement) est bien fondu dans le vin. La finale, sur la prune et la menthe, allie la fraîcheur et l’alcool. Fruité, il a pourtant aussi un je ne sais quoi d’austère, de réservé. Bref, je l’aime pour tout et son contraire, je l’aime tout court.

 

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Hervé Lalau 

 


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Transmission et vin

Non ceci ne sera pas un traité sur les boîtes de vitesse des tracteurs, enjambeurs ou pas. Il sera question de générations et de passages de bâton. On pourrait évidemment écrire un livre entier sur ce sujet, mais rassurez-vous, je serai bien plus bref car mon idée est de situer des choses à travers quelques constats et observations.

Je pense que nous avons tous en mémoire des exemples d’un passage de témoin parfaitement réussi entre deux générations de vignerons. Mais peut-être aussi des exemples du contraire. Hériter, ce n’est pas nécessairement facile, surtout quand le parent (père, mère ou autre) est doté d’une forte personnalité. Mais bien transmettre son expérience, son patrimoine du savoir, sa passion aussi, et pas uniquement son patrimoine foncier, ne va pas nécessairement de soi pour tout vigneron.

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Robert et Bernard Plageoles : un exemple à suivre

J’ai de nombreux cas en tête où les choses essentielles semblent s’être très bien passées. C’est à dire que le fils ou fille (ou autre) a su bénéficier de l’héritage du parent, tout en développant sa propre vision et, souvent, gagner une nouvelle clientèle. Quelques noms, parmi d’autres ? Pour rester en France, je pense aux Plageoles à Gaillac, aux Vernay, Perrin ou Guigal dans la vallée du Rhône, aux Lafon en Bourgogne, aux Cazes à Pauillac, à d’autres Cazes dans le Roussillon, et aux Saint Victor à Bandol, Pour d’autres, cela semble parfois plus compliqué. Les raisons sont certainement liées à la personnalité des individus, mais je ne peux ni ne veux entrer dans le domaine privé ici.

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A ma connaissance, la plus fabuleuse histoire de transmission entre générations dans le vin a été écrite par la famille Lurton à Bordeaux. La génération actuelle des Lurton est issue de trois frères et d’une sœur, dont deux des frères, André et Lucien, ont travaillé (et André n’a pas cessé) dans le vin en bâtissant, chacun de son côté, de véritables archipels de propriétés. En matière de transmission du patrimoine, les cas de deux frères semblent assez différents. L’amour du vin et le métier semble très bien passer d’une génération à une autre dans les deux cas, mais Lucien Lurton avait transmis, à l’âge de 70 ans, l’ensemble des ses 10 propriétés et leur gestion à ses 10 enfants.

Sept de ces enfants ont poursuivi dans le métier de producteur de vin. Son frère André est toujours actif et bien en charge de ces domaines, à l’âge de 90 ans. Ses fils Jacques et François et sa fille Christine travaillent tous dans le vin, mais ayant souvent fondé leurs propres entreprises.  Deux choix différents dans la même famille. Le frère d’André et de Lucien, Dominique, bien que n’étant pas vigneron, a manifestement transmis la passion à deux de ses fils, Pierre et Marc. Si je compte bien, cela fait, en ce moment, 12 Lurtons actifs dans le vin à Bordeaux, et deux qui sont actifs dans d’autres régions et pays. Je ne sais pas qui peut faire mieux.

En vallée du Rhône les Perrin (de Beaucastel) commencent à se compter sur les doigts de deux mains, mais il reste de la marge.

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Robert Mondavi. Née dans le conflit, son entreprise n’a pas été parfaitement transmise, mais le nom reste. 

Cela ne se passe pas partout aussi bien.  Dans certains cas, le conflit a produit des résultats positifs, du moins pour un moment. Un des cas les plus célèbres et celui de la famille Mondavi, en Californie. Cesare Mondavi avait fondé une entreprise de vin et de raisins à Lodi, California, au plus mauvais moment car la Prohibition est rapidement arrivée. Cesare Mondavi & Sons a survécu en expédiant des raisins à travers le pays pour constituer des sortes de « vins en kit ». Par la suite, avec ses deux fils Robert et Peter, il a racheté une des wineries historiques de Napa, Charles Krug. Mais les deux frères se sont fâchés et Robert, l’aîné, est parti en 1965 pour fonder, en 1966, la Robert Mondavi Winery avec le succès que l’on connaît. Mais ses deux fils, Michael et Tim, ne se sont pas très bien entendus non plus et, après une introduction en bourse peut-être mal avisée, ont perdu leur entreprise qui fut rachetée par le mega-groupe Constellation en 2004.

Il n’y a aucun besoin d’aller chercher de grosses entreprises du vin pour trouver des histoires de règlement de comptes, ou, du moins, ou la transmission s’est mal passé. Chacun pourra trouver un exemple ou deux. Et ce type de problème n’est pas lié au seul monde du vin, mais est commun a toute entreprise. Il est vrai que, dans le vin, la passion et l’engagement sont des facteurs clefs dans la réussite, mais qui peuvent aussi poser problème quand ils ne vont pas dans la même direction ou quand il y a des conflits de personnalités. L’initiation au vin et au métier par le parent doivent constituer des moments essentiels, mais la vocation ne se décrète pas.

 David Cobbold

 

 

 


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Renoir, le peintre qui aimait la vigne et le vin

Pas de polémique, aujourd’hui, juste le plaisir de mêler peinture et vin…

Marié à une Auboise, Pierre-Auguste Renoir passe 30 étés de sa vie à Essoyes, petit village vigneron aux confins de la Champagne et de la Bourgogne, tout près des Riceys. Il lie des relations avec la communauté vigneronne dont on trouve plus d’une trace dans son œuvre…

C’est en 1896 que le peintre acquiert une maison à Essoyes. L’acte de vente stipule que le terrain est planté d’une vigne. Par des écrits, on sait même qu’il s’agit de plants de Gamay. Et oui, à l’époque, le Barrois est très Gamay, le cépage sera même autorisé dans l’aire de la Champagne jusqu’aux années 1930. Malheureusement pour Renoir, le phylloxéra tue sa vigne.

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Renoir, autoportrait

Derrière le vin, le vigneron et l’endroit

Chaque année, Renoir arrive à Essoyes aux beaux jours et le quitte  dès les premiers frimas, pour les cieux plus cléments de Cagnes sur Mer (il est perclus de rhumatismes). Il ne vinifie pas. Mais il apprécie le vin. Son fils, Jean Renoir, en parle dans ses mémoires : «Son goût en vin était le même que son goût en art et les mélanges de Bercy lui semblaient aussi navrants que la fabrication des meubles en série. Derrière le vin, il voulait retrouver le vigneron et sa vigne, comme derrière un tableau il voulait retrouver le peintre et le coin de nature qui l’avait inspiré»…  Ce type aurait pu déguster chez In Vino Veritas !

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Dans les toiles de repas de Renoir, les bouteilles de vin ne sont jamais loin (Le Déjeuner des Canotiers)

Pierre-Auguste Renoir a de nombreux amis vignerons à Essoyes. Il y peint («Le Printemps à Essoyes», en 1900). Il aime les couleurs de la région, ses vignes – même si son tableau de vignoble le plus célèbre a pour cadre l’arrière pays de Cagnes.

Tout au long de sa vie d’artiste, il peint de nombreuses scènes de repas, de déjeuners sur l’herbe, de scènes de café où une bouteille de vin est souvent représentée, comme dans «Le Déjeuner des Canotiers»  (1881) ou  «Le Repas des Vendangeuses» (1888) – la femme portant une hotte n’est autre que son épouse Aline.

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Les vignes de Provence (et les vendangeuses) ont inspiré à Renoir plus d’un tableau.

Il peint aussi énormément de vignerons et de vigneronnes.

Pierre-Auguste Renoir lui-même déclare : «Je me plaisais chez les vignerons parce qu’ils sont généreux».

Curieusement, ses œuvres montrent plus souvent des bouteilles de rouge que de Champagne, sans doute parce qu’il s’intéresse d’abord aux petites gens, et ensuite, parce que le Barrois, à l’époque, est plus une région de vin tranquille.

On manque de témoignages directs, mais il semble que Renoir consomme lui même plutôt du rouge, vif et clair. La couleur de l’aube, avec ou sans majuscule !

Un Champagne d’après Renoir

La maison de Renoir à Essoyes, avec son atelier, est aujourd’hui devenue un musée, où l’on trouve une belle collection de ceps de vignes, réunie par Renoir lui même, qui adorait leurs formes.

Le village abrite aussi une maison de Champagne, la Maison Charles Collin (alias Coopérative de Fontette). Celle-ci consacre une  jolie cuvée, «La Belle Gabrielle». à la mémoire du peintre, ou plutôt, d’un de ses principaux modèles, Gabrielle Renard.

Cousine de la femme de Renoir, celle-ci était également native d’Essoyes et Aline l’avait engagée pour s’occuper de ses enfants. Et plus si affinités. C’est elle, notamment, que l’on voit sur les tableaux «Femme nue couchée» et «Gabrielle à la Chemise ouverte».

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La Belle Gabrielle, version liquide

La cuvée, quant à elle, assemble 85% de chardonnay (aussi espiègle et charmeur que l’œil du modèle) à 15% de pinot noir (aussi pulpeux que ses lèvres)… Quand on vous dit que l’art, ça se déguste…

 Hervé Lalau

Contact: Champagne Charles Collin+33 325 383 227

champagne.charles.collin@gmail.com

 

Article publié dans In Vino Veritas 161


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Contrôles et interdictions dans le vin: quelle efficacité ?

C’est en relisant le texte d’une interdiction promulguée le 31 juillet… 1395 que je me suis mis a cogiter sur l’efficacité relative des différents types de contrôle des entreprises privées que sont les producteurs de vin.

Evidemment la notion d’entreprise privée demanderait à être bien définie. Par exemple, cette notion n’avait pas le même sens à la fin du 14ème siècle que de nos jours. Je ne parle évidemment pas des expériences de gouvernance de la production par des Etats qui tentaient d’abolir la notion de propriété et d’entreprise individuelle. On se souvient des catastrophes humaines et qualitatives que cette approche a provoquées dans le pays de l’ancien bloc soviétique. Mais, malgré ces différences de contexte considérables, je crois qu’il est quand même intéressant de regarder ce qui se passe sur le moyen et long terme quand une instance, qu’elle soit politique ou économique, tente d’imposer ses choix.

Un des cas les plus radicaux dans le domaine du vin, même si nous manquons de témoignages quant à l’efficacité du décret en question, fut le décret de l’Empereur romain Domitien qui ordonnait d’arracher toutes les vignes de Gaule. En réalité, il semblerait que cela était destiné surtout aux vignes plantées en plaine et qui faisaient concurrence au blé, bien plus utile que le vin. Mais c’était tout de même assez sévère. Il a fallu attendre 200 ans  pour qu’un de ses successeurs, Probus, redonne espoir aux vignerons gaulois !

Des cas récents dans le vignoble français incitent aussi à cette réflexion, dans un registre mineur bien évidemment. Je parle de la tentative en cours par l’INAO de faire condamner au tribunal le vigneron Olivier Cousin pour un usage supposé illégitime d’un nom de région (Anjou), mais aussi à la récente condamnation à une amende symbolique d’un autre vigneron, Emmanuel Giboulot, qui a refusé d’acheter, et donc d’appliquer, un produit agréé « bio » pour se prémunir contre la cicadelle, vecteur d’une maladie de la vigne. Ces cas sont différents, bien entendu, mais ont un point essentiel en commun : le refus d’obéir à une injonction qui invoque la loi du pays, ou de l’instance qui gouverne leur domaine de production.

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Philippe II, Duc de Bourgogne

Retournons à l’édit mentionné au début de ce texte, qui émanait du Duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, et qui frappait d’interdiction le cépage Gamay.  Je vais vous la fournir presque en entier (d’après les versions de Rossignol, 1854 et Vermorel, 1902) :

(NB, l’orthographe variable et étrange n’est pas le fait d’un anglais ignare, mais correspond aux versions citées du texte originel. N’oublions pas que nous sommes au 14ème siècle) 

« un très-mauvaiz et très-desloyaulx plant nomméz Gaamez, duquel mauvaiz plan vient très-grant habondonce de vins… Et lequel vin de Gaamez est de tel nature qu’il est moult nuysible a creature humaine, mesmement que plusieurs, qui au temps passé en ont usé, en ont esté infestés de griesz maladies… car le dit vin qui est yssuz du dit plant, de sa dite nature, est plein de très-grant et horrible amertume… Pourquoi nous… vous mandons… sollempnellement à touz cilz qui ont les diz plans de vigne des diz Gaamez, que yceulx coppent ou fassent copper en quelque part qu’ilz soient en nostre dit pais dedens cing mois ».

(Je crois que je vais retenir l’expression suivante pour une prochaine critique d’un vin que je trouverai vraiment mauvais : « moult nuysible a creature humaine« ).

 

Gamay par Vermorel

une grappe de gamay, telle que le livre de Viala et Vermorel la montre

 

En tout cas, les gens du Beaujolais et d’ailleurs apprécieront l’avis de Philippe le Hardi. Il ignorait certainement que le Gamay est un des enfants naturels du pinot noir et, donc, par voie de conséquence, du très prolifique gourais (il faut dire que les enfants « naturels » étaient chose courante à l’époque). Quoi qu’il en soit, il est heureux que  l’internet n’ait pas existé pas à l’époque, car on imagine le tollé ! Combien de signataires de pétitions pour sauver le soldat Gaamez ?

Plus sérieusement, quel a été le résultat de ce décret plutôt sévère ? Probablement une migration du Gamay vers le Sud et les collines du Mâconnais et du voisin Beaujolais, même si quelques poches subsistent en Côte d’Or où le Gamay est admis, à la hauteur d’un tiers au maximum, dans le Bourgogne d’assemblage nommé Passetoutgrains. Nous voyons là une premier tentative, du moins en France, d’appliquer le principe qui deviendra, bien plus tard, un des fondements d’une appellation contrôlée de vin : un territoire associé à des variétés de vigne en particulier, à l’exclusion d’autres.

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Ce principe, défendu avec ardeur par les tenants du système d’appellation contrôlée (et protégée), a donné lieu à des nombreux conflits et parfois, plus tard, à des modifications du dit système lui-même. Je pense au cas de la Toscane, en Italie où l’apparition, à partir des années 1970, de vins de très haute qualité dans le région côtière autour de Bolgheri (à l’époque dénuée de toute appellation pour le vin), a enclenché un processus qui a entraîné une révision radicale de la structure des appellations dans ce pays. Ce changement de cap a également été provoqué par les absurdités des anciennes règles qui gouvernaient l’appellation Chianti et qui ont poussé certains des meilleurs producteurs à sortir de cette dénomination afin de faire de meilleurs vins rouges. Dans ces cas, les interdictions ont été favorables à la qualité, à moyen terme, mais bien malgré elles. On pourrait parler d’une « bonne contre-productivité ». Le pionnier de ce mouvement fut la Tenuta San Guido, propriété de la famille Inchisa della Rocchetta et leur vin Sassicaia. Au début simple Vino di Tavola, ce vin de la région de Bolgheri a maintenant sa propre DOC, Bolgheri Sassicaia.

Trevallon 1

Le cas du Domaine de Trévallon en France est un peu similaire mais, étant un cas unique dans sa région, ce domaine n’a pas réussi à faire plier le système des appellations contrôlées; ni à lui faire rendre raison de ses absurdités, généralement commandées par un soi-disant intérêt commun, autrement dit le nivellement par le bas. Entre 1993 et 1994, le vin du Domaine de Trévallon, déjà mondialement connu, a du troquer son modeste label de Coteaux d’Aix en Provence – Les Baux pour celui, encore plus modeste, de Vin de Pays des Bouches du Rhône. Pourquoi? Parce que l’INAO a cédé à la pression d’autres producteurs des Baux qui voulaient imposer un maximum de 25% de cabernet sauvignon dans les vins de l’appellation, alors que Trévallon en avait le double et refusait de l’arracher. Mais cela n’a pas nuit à son image, ni à ses ventes, et il continue à se vendre bien plus cher que les autres vins des Baux, car il est tout simplement meilleur.

On voit que tout système produit des contre-courants et des formes de rébellion. C’est quasiment comme une loi de la physique. Mais est-ce que cela veut dire que toute forme de rébellion ou de résistance à une force dominante est défendable ? Un anarchiste dirait forcément « oui » à cette question. Je pense qu’il faut regarder au cas par cas.

Pour aider, je propose de se poser la question suivante: est-ce que la cause défendue risque d’être bénéfique pour les consommateurs, puis, éventuellement, pour un ensemble significatif de producteurs autour ou dans une situation similaire (à défaut de tous)?

Enfin, regardons quelles sont les options pour les opposants à un système généralement bien plus fort et mieux armé qu’eux ? Il y en a trois : confrontation, contournement ou capitulation. La confrontation peut coûter cher: demandez à un opposant russe ou chinois. Le contournement serait une sorte de Wu-Wei, cher aux taoistes. La capitulation n’est probablement pas une option sérieuse pour quelqu’un qui est convaincu de son bon droit et assez déterminé. On le voit par les exemples cités ci-dessus : il vaut mieux adopter le contournement dans bien des cas. Dürrbach, de Trévallon, n’a aucun mal à placer ses vins, hors appellation contrôlée, et à des prix deux ou trois fois au-dessus de ceux qui sont restés dans l’appellation Baux. En Italie, Sassicaia, avec ses collègues de la Costa Toscana (Ornellaia,  Ornellaia, Guado al Tasso, Solaia, Masseto etc) a réussi à faire bouger les lignes d’une structure d’appellations rétrograde, inadaptée à la réalité.

Sujet à méditer pour d’autres cas, je pense.

 David Cobbold

 

 


2 Commentaires

Drinking on a Sunny Afternoon

C’est samedi et il fait beau. Et si on mélangeait vin et musique, pour voir? 

Ah, les Kinks ! Ils sont bien moins connus que les Beatles, les Stones, ou les Who, et pourtant, c’est un groupe qui a beaucoup compté dans les années 60 et au début des années 70. Leur premier album, The Kinks, a 50 ans cette année. Y figure notamment « You really got me » (15 ans plus tard, Van Halen en a fait une reprise toujours prisée des métalleux).

Ray Davies, l’âme des Kinks, a plus où moins inventé la pop à message en Angleterre, avec ses histoires chantées, petites scènes de la vie quotidienne, mais grandes remises en questions de l’Angleterre éternelle (Mr Pleasant, A Well Respected Man, Lola…). 

Son frère Dave, lui, a été à la base de la découverte de nouvelles sonorités, notamment indiennes, dans la musique populaire occidentale – oui, oui, avant même George Harrison ou Brian Jones. Le son saturé de sa guitare était aussi une des marques de fabrique du groupe.

KinksThe Kinks, 1965

Une source d’inspiration

Bon nombre des titres des Kinks ont ouvert la voie aux compositions de groupes aujourd’hui beaucoup plus médiatiques.  «Lazing on a Sunny Afternoon»«Waterloo Sunset»,  «Shangri-La», «I go to Sleep», Stop your sobbing », par exemple. Ces deux derniers titres ont d’ailleurs été l’objet de reprises à succès par The Pretenders.

Et à l’évidence, certains arrangements ont inspiré des gens comme Mc Cartney ou Pete Townshend. John Lennon a même confié un jour qu’il aurait voulu pouvoir harmoniser les voix comme les Kinks. Ce qui, de la part d’un Beatle, n’est pas un mince compliment !

Ambivalence

Un des albums des Kinks en particulier mérite le détour : «The Village Green Preservation Society» (1968). Au premier ou au second degré. Ray Davies y fait-il vraiment l’apologie du passé, ou bien s’en moque-t-il ? Fait-il vraiment partie des défenseurs de la bière à la pression et de la confiture de fraise artisanale, du terrain de jeu municipal et de la Custard Pie?  Ou les raille-t-il ?

Sans doute un peu des deux. Il y a chez lui une authentique nostalgie de la locomotive à vapeur mais aussi, la conscience d’une société en marche.  Un goût pour les choses simples, les moments de plaisir partagé, les sorties en famille… et le besoin de pourfendre l’hypocrisie au sein de l’entreprise, entre voisins, ou dans le couple.

Ray

Ray Davies, 1985

Acidulé

Alors demandons-nous ce que ce bon Ray aurait bu, à part de la Draught Beer ou «a good cuppa tea».

Un Jeune Maury ou un Vieux Madère ? Un Priorat ou un Saint-Emilion ? Un Pét’ Nat’ ou  un Champagne ? On manque de références à ce sujet. Mais rien n’arrête l’auteur de ce billet qui aborde aussi bien la peinture impressionniste que l’opéra wagnérien, la littérature classique et les auteurs pop. Quand il a envie d’en parler, il en parle, et puis c’est tout.

Surtout que ce bon Ray Davies est un témoin privilégié de l’évolution sociétale : il assiste, lors des Swinging 60’s, à un bouleversement des mœurs et de la consommation, notamment de vin.

Fini, le temps du butler, des caves de lords et de solicitors, le temps où les wine merchants faisaient la loi, le temps du claret, du hock, du stein, du port, du champ’, du Madeira et du sip o’ sherry.

Avec le développement des chaines de supermarchés, les Anglais découvrent le vin de marque et s’ouvrent au Nouveau Monde. Des institutions disparaissent, comme la locomotive à vapeur. Davies évoque la Custard Pie, il pourrait aussi bien parler du Muscadet, qui ne s’est jamais vraiment relevé des assauts de la concurrence du Pinot Grigio, du Vinho Verde, du Sauvignon néo-zélandais…

A écouter les chansons de Ray Davies, à relire ses textes, à entendre sa voix un peu désabusée, je dirais qu’il aurait bu de tout. Don’t choose. Ce type a écrit dans des styles très différents, balades, rock, pop, blues, hard rock. Je pense que c’est le genre d’esthète pragmatique qui aime tout  essayer. Même le vin d’Australie, puisque c’est là qu’il situe l’action d’un autre concept album: Arthur.

Par contre, j’associerais plus volontiers son style d’écriture avec un vin un tantinet mordant. Un Chablis ou un Sauvignon jeune, par exemple. Un rosé guilleret, acidulé, qu’on siroterait en terrasse, comme un cadeau de la vie, On a Sunny Afternoon… Ou un rouge relativement léger mais corsé, Cabernet franc de Loire, Gamay…

Du bon bio. Voire quelques vins dits nature.

Alors voici ma sélection : le Coteaux d’Aix en Provence Rosé de Camaïssette; le Ménetou-Salon rouge Les Renardières de Philippe Gilbert; L’Hurluberlu (un nom que Ray, alias Mr Flash, n’aurait sans doute pas renié) de Sébastian David; le Côtes Roannaises Les Originelles du Domaine Sérol. Le Morgon des Côtes de la Molière.

Et côté bulles: la Cuvée Quintessence de Franck Pascal ou Les Murgiers de Francis Boulard… ou bien encore un beau Cava de Castell d’Age, la cuvée Olivia, par exemple.

A vous de composer l’accord parfait, maintenant, à vous d’harmoniser les voix…

Hervé Lalau

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