Les 5 du Vin

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La mode du « moins dosé » en Champagne: halte-là !

Quand on déguste beaucoup de Champagnes pour des raisons professionnelles, mais aussi par plaisir (si on a la chance de pouvoir le faire), il est devenu tristement difficile d’éviter le déferlement des cuvées à zéro ou à très faible dosage. Certains semblent penser que cette mode va de soi, qu’il s’agit d’un mouvement inévitable et souhaitable vers plus de « pureté » dans les sensations fournies par ces vins pétillants. On voit et on entend les termes « faiblement dosé », « brut nature » ou « sans dosage » un peu comme on entend les mots « bio » ou « biodynamie » brandis comme s’il s’agissait de signes irréfutables d’une qualité accrue. Ni discutez pas coco, c’est du bon, et circulez si vous n’êtes pas d’accord.

 règles du dosagePetit rappel des règles de dosage ayant cours en Champagne. Un Zéro dosé, Brut Nature ou autre désignation signifie pas de dosage du tout en liqueur d’expédition.

Je n’ai jamais pu accepter une pensée monolithique, que celle-ci émane des religions ou autres doctrines « sociales », et il en va de même pour le monde du vin. Et puis mon propre goût, nécessairement personnel, me conduit à ne pas aimer bon nombre de ces champagnes non-dosés, les trouvant souvent courts en bouche et peu aromatiques, parfois agressifs à l’attaque et asséchants en finale et, globalement, manquant singulièrement du charme et de l’élégance que je recherche par-dessus tout dans un vin de Champagne. Enfin, j’ai constaté, en dégustant quelques vins de ce type conservés quelques années, qu’ils semblent se tenir moins nettement moins bien dans le temps que des cuvées plus dosées.

Je vois, en relisant le numéro 21 de ma revue préféré qui traite du vin, The World of Fine Wine, que Tom Stevenson, grand spécialiste de la question Champagne, semble d’accord avec l’opinion que je viens d’énoncer. Dans sa chronique intitulée « à la volée » de ce numéro, il dit ceci : « un dosage de 6gr ou plus a un effet positif et lissant sur le développement aromatique d’un Champagne; mais, en dessous de ce niveau de dosage, plus on abaisse le dosage, plus l’évolution d’un Champagne devient rustique et aldéhydique, suivant l’impact oxydatif du dégorgement. »

 

dosage à la mainUn dosage effectué à la main, comme autrefois. Forcément moins précis qu’à la machine et ne se pratique aujourd’hui que pour des grands flaconnages et/ou de très petites séries 

Il y a d’excellents champagnes faiblement dosés, mais ils constituent, pour moi, des exceptions à la règle. Je trouve donc que cette mode fait fausse route et je ne crois pas que le grand public aime ces vins non plus, selon les expériences que j’ai pu mener avec des groupes dans certains cours que je donne. Encore une fois, comme avec le « bio » (je répète que je n’ai rien contre le bio en soi, mais juste contre la pensée unique qui l’entoure et le marketing type « ligue de vertu » qui l’accompagne), nous voilà confrontés à une mode pour bobos qui veulent se donner bonne conscience en mangeant et en buvant « light » et « pure ». C’est ridicule et, dans le fond, à côté de la plaque.

Regardons un peu ce qui se passe avec le dosage d’un Champagne et l’évolution des goûts dans ce domaine. D’abord un dosage ne doit pas être systématique. Bien fait, il est réalisé en fonction de la matière du vin  : maturité et équilibre des raisins, malo faite ou non, durée du vieillissement sur lies, etc. Puis, bien entendu, en fonction du produit final recherché et des marchés auxquels il est destiné. Rappelons que, il y a peu de temps, les bonnes maisons de Champagne dosaient leurs cuvées d’une manière différente en fonction des marchés destinataires. Le « goût russe » (avant 1917) impliquait des dosages que dépassaient les 100 gr/l , le « goût suédois » y allait un peu moins fort, mais entre 50 et 70 grammes tout de même, le goût américain privilégiait les Champagne secs, ce qui veut dire entre 17 et 35 gr/l de liqueur d’expédition. Seul les Anglais voulaient du extra-dry ou du brut, et Laurent Perrier a même introduit un Champagne non dosé dans ce marché dès 1889. La France d’avant la deuxième guerre mondiale consommait surtout du demi-sec ou du doux, le brut restant minoritaire à cette époque.

Il est certain que, dans le domaine des mets et des vins sophistiqués (il n’en va pas de même ailleurs : regardez McMachin et compagnie) la tendance depuis un bout de temps est vers un allègement des quantités de sucre, comme de gras. Paradoxalement, les degrés d’alcool des vins n’ont cessé de s’alourdir, et l’alcool, c’est le sucre, ou du moins sa conséquence directe. Cette tendance trouve une manifestation dans la mode actuelle de dosages de plus en plus réduits des vins effervescents de Champagne. On peut soutenir, probablement avec un degré de raison, que le réchauffement climatique fournit des degrés plus élevés dans les vins clairs que par le passé, et que ces vins, une fois champagnisés, n’ont pas besoin d’autant de liqueur d’expédition pour les rendre potables car leurs acidités sont moins fulgurantes. On posera tout de même un bémol à cette affirmation à la vue des dernières récoltes en Champagne. Mais je crains qu’un autre facteur dans l’allègement (excessif selon moi) des dosages des Champagnes est celui de la mode, propagée par quelque critiques ou sommeliers qui ne cessent depuis des années de critiquer des vins qui seraient, selon eux, « trop dosés », probablement pour se rendre plus intéressants et experts aux yeux de leurs collègues.

Car, à la fin, ce qu’il faut regarder c’est l’équilibre et les saveurs du vin fini, et le plaisir qu’il donne au plus grand nombre.  Cette affaire du dosage est bien plus complexe que le pourcentage de liqueur d’expédition rajouté. D’abord il y a, comme l’ont compris les meilleurs producteurs depuis longtemps, la composition de cette liqueur d’expédition, mais aussi son vieillissement. Puis il y a la durée donné aux vins pour absorber leur dosage avant expédition. Il y a aussi la question du soufre. Et probablement d’autres facteurs aussi. Ensuite vient la question du vieillissement du Champagne. Je sais bien que ce dernier aspect ne concerne qu’une infime minorité des consommateurs de ce vin, mais j’en fais partie et donc je défendrai, bec et ongles, le critère d’un vieillissement harmonieux après dégorgement qui enrichit les saveurs comme un des facteurs qui sépare les bons vins de Champagne des autres. Et là, les non-dosés (ou trop faiblement dosés) ne font pas mon affaire, mais pas du tout !

Une grande longévité fait partie de l’ADN d’un grand vin de Champagne., mais le dosage est un facteur essentiel de cette longévité.  Il ne s’agit pas ici de douceur, mais d’un équilibre qui donne un corps au vin, enrichissant sa richesse aromatique et sa capacité à vieillir avec grâce. Plus vous réduisez le dosage d’un Champagne, plus vous écourtez sa capacité au vieillissement.

En guise de postface, voici mes notes sur une série de 23 Champagnes (jeunes) présentée récemment à la presse par le caviste Lavinia, dont il faut signaler le remarquable travail de sélection, même si tous ces vins ne sont pas forcément à mon goût.  Ces champagnes venaient, pour l’essentiel, de vignerons indépendants, avec quelques négociants de taille modeste dans le lot (Drappier, Jacquesson). Et bon nombre des vins présentés suivaient cette mode du fable dosage, voire de pas de dosage. On constatera aussi que la qualité n’a pas nécessairement partie liée avec le prix, du moins selon mes goûts. L’ordre correspond à celle de la dégustation.

 

Les Blancs

 

Jean Graviers Brut Réserve (17 euros)

Bon fruit, bon équilibre, souple et agréable. Un bon Champagne de base.

 

José Michel & Fils, Brut Tradition (19,90 euros)

Plus terreux et un peu amer en finale. Ne vaut pas la différence en prix avec le précédent

 

Chartogne-Taillet, cuvée Sainte Anne brut (23,90 euros)

Délicieux, fin, fruité et assez arrondi pour être agréable de suite. Un beau nez, avec du volume. Plein de vivacité et de précision dans les saveurs et une bonne structure qui les sous-tend. Long et salivant. Remarquable.

 

De Sousa Brut Tradition (29,90 euros)

Assez tendre et facile d’approche, avec de délicieuses saveurs, typé chardonnay. Très bon, même si je préfère le précédent.

 

Drappier, cuvée Antoine (25,90 euros)

Ferme et limite rustique avec de l’amertume en finale. On va dire qu’il a du caractère ?

 

Pierre Gimonnet & Fils, Les Belles Années (28,80)

Vif et directe. Assez simple mais bien fait.

 

Jacquesson no: 738 Extra Brut (37 euros)

J’avais goûté, il y a un mois, la cuvée précédente (no: 737) de cette petite maison et elle m’avait fortement déçue à cette occasion. Celle-ci est bien meilleure. Nez plein et rond, avec une impression de richesse et de maturité des raisins. Très fin en bouche, malgré une impression de raideur en fond de palais qui peut être le fait de la jeunesse de la mise en vente de cette cuvée. Très bonne cuvée si on lui donne quelque mois de plus. Mais pas trop car le dosage me semble un peu léger.

 

Laherte Frères, Blanc de Blancs Brut Nature (26 euros)

Semble un peu salin au goût, mais aussi légèrement oxydatif. Il assèche en finale mais c’est un vin intéressant.

 

Jacques Lassaigne, Blanc de Blancs Brut Réserve (31 euros)

Très belles saveurs salivantes et longues. Un vin ayant de la finesse, très typé chardonnay, délicat et ciselé.

 

Agrapart et Fils, 7 crus, Blanc de Blancs (31 euros)

Un beau nez, assez plein. Est-ce le boisé (25% élevé en fûts) ou la faiblesse du dosage mais ce vin m’assèche un peu la fin de bouche ? Manque un peu de longueur, mais un bon fond.

 

André Beaufort, la Cuvée Saint Jean (31,50 euros)

Les saveurs étranges de ce vin me fond penser à des bonbons anglais (et je n’aime pas cela !)

Non, très peu pour moi. C’est aromatisé ????

 

Francis Boulard, Les Murgiers, Blanc de Noirs Brut Nature (29,90 euros)

Serré et dense de partout. Ce vin a de la mâche et une texture épaisse, mais ce n’est pas ce que je recherche dans un Champagne. Trop massif à mon goût.

 

Fleury Père et Fils, Empreinte Brut Nature (33,20 euros)

Même topo que le précédent. Trop raide et pas assez dosé, ce vin m’a donné aucun plaisir. Faut être un peu maso pour aimer cela, non ?

 

Franck Pascal, Reliance Brut Nature (36 euros)

Le nez est assez riche, mais la bouche déçoit un peu. Manque d’ampleur. C’est dommage, car un dosage mieux adapté en aurait fait un bien meilleur vin.

 

Vouette et Sorbée, Fidèle Extra Brut (39,90)

Joli vin, assez fin avec une pointe de salinité et un toucher raffiné. Un peu cher tout de même?

 

Rémi Leroy, Brut (23,50)

Un joli nez et un vin plaisant, vif et assez simple. On se demande pourquoi il était situé à cet endroit dans l’ordre de la dégustation.

 

Les rosés

Egly Ouriet Grand Cru Brut Rosé (58 euros)

Le nez est surprenant car un peu oxydatif. En bouche il a gardé un très joli fruité, même si celui-ci vire u peu vers de la confiture à cause de l’oxydation. C’est un style qui peut plaire à ceux, comme moi, qui aime leur champagnes avec un peu d’âge.

 

Drappier, cuvée Antoine Brut Rosé (29,90 euros)

Semble terne et fatigué. Amertume en finale.

 

Serge et Olivier Horiot, En Barmont, Sève Rosé de Saignée (32,90)

Un des moins chers des  4 rosés dégustés à cette occasion et, pour moi, le meilleur ! Un très beau nez, expressif et bien fruité. Plus austère dans son style en bouche, mais tout est en place et l’équilibre et bon. Un vin aussi intéressant que bon.

 

Georges Laval Premier Cru Les Cumières, Brut Nature (65 euros)

J’ai beaucoup aimé les blancs de ce producteurs lors d’autres dégustations dans le passé, et j’en ai même acheté un peu, mais ce vin m’a beaucoup déçu. Nez très oxydatif (est-ce volontaire ?) et au palais le vin m’a semblé plat. C’est très cher aussi, surtout pour cela !

 

Quelques cuvées « spéciales » (c’est à dire chères)

Larmandier-Bernier, Vieille de Vigne de Cramant Extra Brut 2006 (58 euros)

Nez harmonieux, de fruits blancs tendres et de fleurs. autant de finesse que d’ampleur en bouche. C’est un vin splendide, manifestement bien maîtrisé du début à la fin. Vaut son prix si on a la somme en poche.

 

Marie Courtin, Concordance Extra Brut (57,50 euros)

Le nez est aussi complexe que la bouche. C’est structuré et long, mais cette matière n’assèche pas la fin de bouche. Beaucoup de gourmandise, et là, un dosage faible est parfaitement réussi, ce qui n’est pas toujours le cas.

 

Ulysse Collin, Les Pierrières Blanc de Blancs Extra Brut 2010 (56 euros)

Si ce vin peut paraître, sur papier, un peu jeune pour un Champagne millésimé de ce niveau de prix, c’est néanmoins un vin superbe à la dégustation. J’aurai presque dit un puligny avec des bulles tant les saveurs sont riches et bourguignonnes. Aussi vif que succulent, avec une grande richesse en bouche qui n’est pas au détriment de la finesse, c’est un grand vin de Champagne qui mérite une belle occasion et une compagnie sachant apprécier ce niveau de vin.

 

Conclusion de la dégustation

Dans ce cas, les cuvées haut de gamme méritent amplement leur prix, sauf pour quelques rosés. Cette sélection de Champagnes de vignerons et globalement très bien faite bien que le plaisir n’est pas toujours lié au prix. Quant à la question du dosage, sans doute j’y reviendrai car elle est complexe, mais j’ai eu ici confirmation que l’abaissement des niveaux de dosage ne va pas dans le sens d’une augmentation des qualités gustatives des vins. Avec les Champagnes non-dosés, on a, trop souvent, des vins qui apparaissent ou trop vifs, ou trop carrés, sont peu aromatiques et possèdent une texture rustique et des finales courtes qui assèchent le palais. Où est l’intérêt alors ?

 

David Cobbold


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#Carignan Story # 242 : version Gérard Bertrand

En dehors de la Maison Cazes chez moi (Roussillon, pour ceux qui ne l’auraient pas encore deviné), ils ne sont guère plus que trois ou quatre négociants de taille, notamment Calmel-JJoseph, Paul Mas, Skalli et Gérard Bertrand, à considérer que le Carignan a un pion à avancer sur l’échiquier du Languedoc et du Roussillon réunis. J’oublie le petit négoce du Prieuré Saint-Sever de Thierry Rodriguez, mais c’est une autre histoire, déjà évoquée ici, et sur laquelle je reviendrai. À l’heure où même l’AOP Saint-Chinian se penche sérieusement sur la réintroduction de vieux cépages « locaux », tels le Ribeyrenc ou l’Aramon, il serait utile de consolider ses apports en Carignan et d’avoir une vision d’avenir avec le recours aux anciens cépages mieux armés, à mon sens, quand il s’agit de s’accrocher à la terre du Midi. Qui osera, dans les Corbières, par exemple, redonner ses lettres de noblesse au bon vieux Carignan en lui accordant plus d’importance qu’il n’en a à l’heure actuelle ? Oui, qui osera alors que la Chambre d’Agriculture de l’Aude possède tous les atouts avec la plus grande collection de ce cépage et les meilleurs experts en la matière ?

Quelques centenaires rassemblés par Gérard Bertrand. Photo©MichelSmith

Quelques centenaires rassemblés par Gérard Bertrand. Photo©MichelSmith

Revenons-en à Gérard Bertrand. Je n’ai pas les chiffres en tête, mais pour les âmes sensibles c’est probablement le plus « gros » négociant du Midi après Jeanjean et c’est à ce titre qu’il m’arrive de parler de lui une ou deux fois l’an. Je sais, depuis « l’affaire » Tariquet certains diront que je suis acheté, mais il m’arrive parfois de ne pas aimer ses vins et d’autres fois de tomber sur des cuvées qui m’enchantent. Réclamant des échantillons de « très vieux » Carignans aux charmantes personnes qui s’occupent de la communication, j’ai reçu quelques échantillons de la collection Les vignes centenaires, flacons aussitôt mis de côté pour une prochaine dégustation. Plus d’un an après – pardon pour le retard -, le moment est venu pour moi de tester ces vins. Sans parti pris.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Mettons à part le Côtes du Roussillon Villages 2010 La Combe du Roi qui, en lisant la contre-étiquette, se révèle être un Grenache (café, garrigue, fruit fin, tabac, cacao…tannins copieux mais un peu verts en bouche) probablement associé à du Carignan (secteur de Tautavel, je dirais même de Maury), un vin puissant (15°) capable de tenir encore dix ans et plus en cave, pour nous concentrer sur deux millésimes d’un « vrai » Corbières – et j’écris « vrai » à bon escient – provenant d’une vigne de Carignan. Le premier vin de cette Crémaille, du nom de la parcelle qualifiée en contre-étiquette d’exceptionnelle, vigne travaillée en agrobiologie provenant du cépage emblématique des Corbières (merci Gérard pour le terme emblématique…), est également un 2010. Je le soupçonne d’être issu de la propriété du Château de Villemajou, le domaine historique que Gérard a courageusement repris après le décès de son père. Je vous annonce au passage que, depuis 1988, je considère que ce cru a, avec quelques autres et grâce au Carignan, un potentiel qualitatif assez unique dans le Sud de la France. Mais bon, je n’ai probablement rien compris aux Corbières.

Au nez, ce vin est plus discret que le précédent. Mais quelques mouvements de la main pour réveiller le jus, permettent d’entrevoir ce potentiel évoqué plus haut : grande finesse, retenue, bribes d’herbes de maquis, bouche suave, presque tendre, notes de poivres, épices, tannins bien dessinés, longueur interminable. Si jamais vous avez la chance de posséder cette bouteille, je vous invite à la servir autour de 16° de température en respectant scrupuleusement, pour une fois, ce que préconise le texte de la contre-étiquette qui, faute de place, oublie de recommander un gigot d’agneau, d’isard ou de chevreuil. La bouteille porte le numéro 4.405, ce qui laisse penser qu’il ne s’agit nullement d’une micro-cuvée. Le total de mise est affiché : 8.190 bouteilles. Je dis bravo en regrettant de ne pas avoir un magnum pour ma cave. Gérard, si tu m’entends, je t’en achète six sur le champ !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Difficile de faire mieux me dis-je en versant dans mon verre le rouge de la même vigne, mais de 2011. Cette fois-ci, j’ai le numéro 2.428 sur 10.857 bouteilles produites. Qu’est-ce que j’en pense ? J’adore ! Je ne résiste pas au charme de ce nez finement fruité, à ces notes envoûtantes d’oranges sanguines discrètement parfumées à la cannelle, à ce léger souffle de garrigue. L’emprise en bouche est plus évidente. On a la rondeur qui sied à un vénérable Carignan, mais le fruit s’impose avec subtilité, avec tendresse, malgré une pointe de rugosité qui fait tout le charme du vin, ce côté « je ne prétends pas la perfection, je suis moi-même, je viens des Corbières, ne m’enlève pas ce putain d’accent qui m’a façonné et auquel je tiens ». Franchement, cela faisait un bail qu’un vin ne m’avait pas interpellé sur ce ton.

Que retenir de tout cela ? Eh bien que cela mérite bien une suite. Quelle suite ? Puisque je m’apprête à partir en vacances, vous le saurez en lisant le prochain numéro ! Mais il faut aussi retenir qu’un négociant, et pas n’importe lequel, ose mettre le nom de Corbières sur un Carignan. Si lui ose, pourquoi pas les autres, sur un Faugères, par exemple ? Merci Gérard !

Michel Smith


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Picolar avant l’grèfe à Bruselja

Toute ressemblance avec un titre utilisé récemment par mon ami Marc est totalement volontaire… Mon catalan, à moi, est d’opérette – je ne parle que l’espagnol.

Amis Français, peut-être l’ignorez-vous, obnubilés que vous êtes par la ligne bleue des Vosges ou celle de la cravate pas droite de votre président, mais nous, en Belgique, dans ce poste avancé de la Francophonie quel vos médias ne s’intéressent guère que pour parler des méfaits de la Commission de Bruxelles, nous avons un nouveau gouvernement fédéral.

Le nouveau Premier Ministre s’appelle Charles Michel, il est Francophone, et de droite. D’ailleurs, tout le gouvernement est de droite, ce qui ne s’est jamais vu de mémoire d’homme, la Belgique étant le pays du compromis par excellence, et la Wallonie aussi socialisse que la Flandre est plate.

Bref, ce gouvernement promet du sang et des larmes, et notamment un saut dans l’indexation automatique des salaires, un report de l’âge de la retraite (sauf pour les indépendants comme moi qui n’ont pas les moyens de la prendre), des travaux d’intérêt général pour les chômeurs en fin de droits…

Voila qui promet de belles empoignades avec les syndicats. D’aucuns parient déjà sur des grèves généralisées.

En attendant, tant que le Thalys roule, et tant que les tonneaux dans les cafés, je vous suggère de venir ici boire une bonne bière. Qu’elle soit flamande, comme la Westmalle ou wallonne, comme l’Orval, ou encore bruxelloise, comme la Cantillon, je vous souhaite large soif.

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Quant à moi, l’immigré fransquillon, je préfère un bon coup de rouge. J’ai choisi un Cornas de chez Courbis, la cuvée La Sabarotte 2012.

J’aime son fruité noir très frais, ses épices, son velouté, sa structure, son bois superbement fondu – du neuf, pourtant. A comparer avec le 2010, que j’avais déjà bien apprécié, je trouve que le niveau est encore monté. De deux choses l’une, ou Dominique et Laurent Courbis ont encore progressé en deux ans, ou bien c’est moi qui suis dans de meilleures dispositions. J’ai même préféré, cette année, cette cuvée au Saint Joseph Les Royes, que j’avais pourtant placé au pinacle de ma dégustation, à l’époque. Ce n’est sans doute qu’une question de temps, il sera intéressant de revoir ces deux vins dans quatre ou cinq ans… juste pour voir si je suis encore plutôt granite ou plutôt calcaire. Plutôt dur ou plutôt doux. Libéral ou consensuel. Actuel ou potentiel.

En écrivant ces lignes, je sirote mon fond de verre. J’essaie en vin – je veux dire, en vain, d’y lire un avenir incertain. La bouteille est presque vide.

Encore une que les rouches n’auront pas!

Hervé Lalau


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Passejar sota la pluja a Barcelona

Com els cargols, també els turistes han sortit a passejar sota la pluja.
Sauf que nous n’étions pas des touristes (quoique) et voir Barcelone armé d’un parapluie n’est pas si courant, mais certes amusant. Et désolé si d’aventure mon catalan n’est pas tout à fait correct, il est pour l’instant balbutiant.

Catalogne octobre 2014 009

Après avoir passé une nuit confortable à l’hôtel Omm qui détient une superbe vue depuis son toit-terrasse sur les hauts de la villa Gaudi, nous sommes partis à pied sous la pluie. http://www.hotelomm.es

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Catalogne octobre 2014 020

Le thème, le pinard et la bouffe, mais la bonne qui se trouve là où les initiés savent. Premier stop dans un magasin de saucisses en tout genre, ce qui plaît particulièrement aux Allemands qui ont autant de saucisses que les Italiens de café. Nous en avions trois des Allemands dans notre petit groupe international.???????????????????????????????

Première dégustation dans la boutique du caviste Vila Viniteca qui offre 6.000 références du monde entier. Vila Viniteca c’est aussi sur le coin en face un endroit où l’on trouve ce qui accompagne le vin, les denrées hauts de gamme comme les différents Jamón ibérico appelés erronément pata negra. Ou encore une variété de fromages où toute la Catalogne, un peu l’Espagne, rencontre la France et l’Italie.

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Du fromage aux noisettes grillées, plongeon dans le temps dans l’antre Productes Sabor où règne une odeur de fumée, de café et d’épices, un magasin comme on en fait plus, ringard pendant longtemps et aujourd’hui tellement authentique… vraiment. On s’est tous pris un sachet de noisette encore tiède, c’est pas souvent.

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Catalogne octobre 2014 060
Direction une pâtisserie pour sourire à la vue de ce plateau de croissants de Frankfurt. Décidément nos voisins les Germains étaient à l’honneur sous les cordes barcelonaises. Un peu plus loin, un autre étal pâtissier nous montrait la pizza locale, la coca verde à la pâte fine et croquante.

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Pour sortir de la bouffe, on peut s’allumer une bougie, il y a le choix chez Pauli Subira.

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En route, par les ruelles de la vielle ville pour les halles, le Mercat de Santa Caterina, construites sur l’emplacement d’un ancien couvent comme il en existait pléthore jadis.

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Étalage riche et l’occasion de voir que de temps à autres le catalan est proche du français.

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Le mini bus nous attend et nous emporte jusqu’à Monvínic un bar à vins cher à notre ami Vincent tout comme à notre chapeauté Michel. J’y ai rencontré Isabelle Brunet qui y officie, un joli moment… De plus, elle nous a surpris en nous proposant en accompagnement des spécialités catalanes revisitées des vins étrangers (à la Catalogne). Ainsi, avec les entrées marines et autres un Assyrtiko de Santorin a été très apprécié. La viande étouffée s’est accordée d’un assemblage de Syrah, Mourvedre, Grenache, Carignan et Cinsault, un vin Sud’Af du Swartland de belle tenue et enfin, hispanique certes, mais pas Catalan, le Noe de Gonzales Byass, 100% de sucre caramélisé issu du seul Pedro Ximenes et qui sied qu’avec des desserts frais.

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Un moment agréable, prélude à une virée catalane que je vous narrai un peu plus tard.
Bises à Isabelle http://www.monvinic.com

Adéu

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Marco


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Quand la Savoie m’appelle, j’accours ! (1ère partie)

(Première partie : une sombre histoire de Mondeuse à Genève)

Franck Merloz, l'un des instigateurs de cette dégustation. Photo©MichelSmith

Franck Merloz, l’un des instigateurs de cette dégustation. Photo©MichelSmith

C’est encore un truc tout con, un truc de ouf. Pas un happening politique qui consiste à défiler dans les beaux quartiers avec poussettes et crucifix pour une manif anti mariage gay. Non, il s’agit d’un simple message d’un Savoyard qui défend avec conviction son terroir, ses cépages, ses vignerons. Une de ces initiatives spontanées qui fleurissent un peu partout désormais, une bouteille à la mer jetée suite à une amicale séance de provocation du genre : « Nous on fait de meilleures Mondeuses que vous » ! Et vlan ! Voilà le défi lancé. Une battle comme on dit désormais en bon Français sur les réseaux sociaux. Z’auraient pu choisir la plus belle pomme, la plus belle vache, le plus beau fromage, le plus beau lac… Non, il a fallut que maître José Vouillamoz d’un côté, Suisse de nationalité, et même Valaisan, lance un jour le défi pour que Franck Merloz, de l’autre côté du Léman, relève le gant. Résultat, ce dernier, très actif sur Twitter et sur son propre site In Roussette We Trust m’a intimé l’ordre d’être la cinquième roue du team France tendance Savoie afin de juger laquelle des dix Mondeuses présélectionnées – cinq Savoyardes, cinq Suisses – remporterait le titre de Meilleure Mondeuse des Alpes !

La Maison qui accueille notre dégustation. Photo@MichelSmith

La Maison qui accueille notre dégustation. Photo@MichelSmith

J’étais donc le seul estranger. Et j’ai accepté ce sort avec grand plaisir car cela faisait un bail que je n’avais pas mis les pieds dans les alpages. En y ajoutant une seule condition : que le facétieux Franck Merloz, en grand défenseur des vins de sa région, m’organise par la suite une mini-tournée au sein de l’appellation Vin de Savoie. Le mec a tenu parole et c’est pourquoi mon expédition fera l’objet de trois articles pour zéro centime. Quant au concours, rien de très folichon. Hormis la composition des jurys, la rigueur de mise et le bon déroulement de la dégustation, c’était genre décontracté, avec une bonne bouffe à la fin. Verres appropriés, température convenable, vins sélectionnés préalablement par chaque équipe, salle de dégustation acceptable (merci à la Maison du Terroir de la République et du Canton de Genève, à Berneix), crachoirs, papier, crayons et un accord vite réalisé sur « la façon de procéder » avec, en prime, pour bien montrer que je n’avais pas fait la route à mes frais, cette sentence de ma part : « silence absolu pendant la dégustation, pas d’échanges, pas de remarques ». Après tout nous étions en Suisse, pas au café du commerce de Chambéry ! Pour les détails, voir en fin d’article.

José, le Prof... Photo@MichelSmith

José, le Prof… Photo@MichelSmith

À ce stade, je me demande si tout le monde sait ce qu’est une Mondeuse. Mon ami Marco, certainement, lui le sait, je n’en doute pas. David aussi qui voit en elle une sorte de Syrah light. Et Hervé, en bon érudit du vin, fort probablement sait de quoi il en retourne. Quant à Jim et moi, vaguement… mais vous, vous cher Lecteur ? Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire l’affront d’un cours ampélographique. Laissons cela à José Vouillamoz, biologiste savant né « avec du Fendant dans le biberon » qui a cosigné récemment Wine Grapes, un gros livre sur les cépages. Sans se séparer de sa casquette noire ni desserrer sa cravate trop courte, le gars nous raconte en préambule qu’il s’agirait d’un cépage rouge apparenté à la Syrah. Ça, nous le savions, mais comment se fait-ce ? Simple, sa maman, dame Mondeuse blanche, se serait croisée avec un cépage noir de l’Ardèche du nom de Duréza probablement dans les rangs d’une vigne de l’Isère. De son côté, le Duréza aurait une sœur nommée Teroldego dans le Trentino. Il faut noter aussi, tests adn à l’appui, que ces deux cépages sont les petits-enfants du Pinot noir. En outre, le professeur trouve des liens entre Mondeuse noire et Viognier… Enfin, je m’y perds comme toujours. Vous lirez la suite dans cet article passionnant qui vous apprendra que dans la nature tout le monde fricote avec tout le monde, ce que vous saviez déjà, non ?

À gauche, les Suisses, à droite, les Français. Photo@MichelSmith

À gauche, les Suisses, à droite, les Français. Photo@MichelSmith

Cinq Mondeuses Suisses, cinq Françaises, toutes goûtées à l’aveugle bien entendu, toutes classées au final dans un ordre très protocolaire : une Française, une Suisse, etc. alors que l’ordre de présentation à la dégustation était aléatoire (il pouvait y avoir deux Suisses de suite). Et la gagnante fut : la Mondeuse 2010 « Quintessence » de Philippe Héritier, vigneron en bio et éleveur d’escargots au Domaine des Orchis en Savoie. Ce vin n’était pas classé premier de mon côté (je l’avais mis en troisième position), mais j’avais noté sa finesse, sa structure bien présente, ses notes de petits fruits rouges fins, ses superbes et élégants tannins de cuir. Ensuite, pour la seconde place, la quasi unanimité s’est faite autour du vin présenté en quatrième position. Il s’agit de la Mondeuse 2012 du Domaine Mermoud sis dans le canton de Genève, tout près de notre lieu de dégustation : belle robe violine, nez épicé, boisé, puissance en attaque, très joli fruit, beaux tannins, mais boisé un peu trop dominant à mon goût. Le Château de Mérande de Yann Pernuit, cuvée « La Noire » 2011 est arrivé troisième du « concours ». J’ai relevé une robe sombre, presque opaque, un nez franc purée de cassis, laurier, très serré en bouche, belle finale sur le fruit et je l’avais classé cinquième pour ma part, ayant, je le reconnais après coup, été un peu trop sévère au moment d’établir un classement. Il faut dire à ma décharge que ce classement s’est opéré trop vite – les membres du jury avaient faim… – laissant peu de temps à la réflexion.

Les vainqueurs, dans l'ordre, de gauche à droite. Photo@MichelSmith

Les vainqueurs, dans l’ordre, de gauche à droite. Photo@MichelSmith

Heureusement, les participants avaient amené du renfort pour le dîner. Michel Grisard, par exemple, était venu avec une superbe Mondeuse 1989 de son Domaine du Prieuré Saint-Christophe. Mais comme ce voyage est fort long à narrer, histoire de vous faire saliver, je vous en dirai plus un de ces prochains jeudis sur d’autres Mondeuses (et d’autres cépages rouges) de choix. En attendant, la semaine prochaine, je vous ferai part de mes retrouvailles avec les blancs de la région. De belles surprises en perspective car, des deux côtés de la frontière, les vignerons de talents ne manquent pas.

Michel Smith

Le vainqueur, un Savoyard. Photo@MichelSmith

Le vainqueur, un Savoyard. Photo@MichelSmith

Pour info…

L’ami Franck Merloz édite Roussette In The Pocket, un petit guide perso de ses bonnes adresses vigneronnes. Vous pouvez le télécharger ici : http://www.irwt.fr/roussette-in-the-pocket

* L’équipe de Suisse comprenait :

-Pierre Thomas, Journaliste: www.thomasvino.ch

-Richard Pfister, Œnologue, www.oenoflair.ch

-Catherine Cornu, www.vinvitation.ch

-José Vouillamoz, Botaniste, Généticien, Ampélologue

-Stéphane Meier, www.vinvitation.ch

* L’équipe de France :

-Caroline Daeschler, Sommelière, consultante, blogueuse (http://motsetvins.e-monsite.com/)

-Bruno Bozzer, Sommelier, Caviste à Annecy Le Vieux, élu Caviste de l’année 2013 par la RVF

-Michel Smith, Journaliste Indépendant et blogueur (http://les5duvin.wordpress.com/)

-Franck Merloz, Blogueur (http://irwt.fr), web-entrepreneur (TweetAWine.com) et consultant indépendant

-Michel Grisard, Vigneron en Savoie, grand spécialiste de la Mondeuse, Président du CAAPV (http://www.cotes-et-vignes.fr/centre-dampelographie-alpine-pierre-galet/caa-pg/)

* Les vins de Savoie (et du Bugey) présentés :

- Domaine des Orchis (Philippe Heritier) Quintessence de Mondeuse 2010

- Domaine Saint-Germain La Perouse 2012

- Chateau de Mérande (Yann Pernuit) La Noire 2011

- Domaine Grisard (Jean-Pierre) Mondeuse Prestige & Tradition 2011

- Domaine Bonnard Mondeuse de Montagnieu (Bugey) 2011

* Les vins de Suisse :

  • - Domaine Mermoud Mondeuse 2012, Genève
  • - Domaine de Grand-Cour (Jean-Pierre Pellegrin), Mondeuse, assemblage de 2009/2010 (50%/50%), Génève
  • - Domaine Mayencourt Mondeuse du Globe Yvorne 2011, Vaud (Chablais)
  • - Domaine Mermetus (Vincent et Henry Chollet), cuvée « Le vin du Bacouni » 2012, Lavaux (Vilette)
  • - Domaine des Rueyres (Jean-François Cossy), cuvée « Es Pedances » 2012, Lavaux (Chardonne).

* Le Classement final :

1 – Domaine des Orchis (Philippe Heritier) Quintessence de Mondeuse 2010

2 – Domaine Mermoud Mondeuse 2012 – Genève

3 – Chateau de Mérande (Yann Pernuit) La Noire 2011

4 – Domaine Mayencourt Mondeuse du Globe Yvorne 2011, Vaud (Chablais)

5 – Domaine Jean-Pierre Grisard Mondeuse Prestige & Tradition 2011

6 – Domaine Bonnard Mondeuse de Montagnieu 2011 – Bugey

7 – Domaine des Rueyres, « Es Pedances » 2012, Lavaux (Chardonne)

8 – Domaine Saint-Germain « La Perouse » 2012

-Non classée car bouchonnée: Domaine Mermetus, Lavaux (Vilette)

-Disqualifié car assemblage de millésimes non retenus: Domaine de Grand-Cour, Génève


Un commentaire

Nossiter à Grenoble!

Quand j’ai vu ce communiqué, j’ai immédiatement pensé à mon copain David Cobbold, dont on connaît la passion pour les vins nature et les grandes pointures de la philosophie.

Mondovino_movie

Rencontrez Jonathan Nossiter à Grenoble

« Vous vous intéressez aux vins différents, vous ne pouvez pas ne pas avoir entendu parler du réalisateur Jonathan Nossiter et ses films, Mondovino et le tout récent Résistance Naturelle.

Le festival Millésime 2014 organise deux projections suivies d’une rencontre avec Jonathan Nossiter. Si vous êtes intéressés, cela se passe le 10 octobre à midi à EVE sur le campus ou le 10 octobre à vingt heures au cinéma Le Club (sur réservation).

Quelques vignerons seront aussi présents à la dégustation organisée au Club.

Projections d’extraits et débat à EVE – 701 Avenue centrale, Domaine universitaire, Saint-Martin d’Hères
Projection du film, débat et dégustation au cinéma Le Club, 9, rue du Phalanstère, Grenoble (12 €)

Le film : dix ans après Mondovino, Jonathan Nossiter est de retour dans le monde du vin. Faisant le tour du monde et opposant vins « mondialisés » et production de terroir, Mondovino marqua toute une génération d’œnophiles. Il choisit cette fois, avec Résistance naturelle, de s’ancrer dans la terre d’Italie. Son propos est porté par des vignerons militants, dans des situations peu confortables, mais convaincus comme lui que l’agriculture est aussi une question de culture. Un parallèle entre deux univers – la viticulture et la production cinématographique – confrontés à une même logique de normalisation. «Aujourd’hui, je me demande s’il ne faudrait pas cesser d’être des artistes pour redevenir, humblement, des artisans. Les vignerons nous montrent la voie.» J. Nossiter

Jonathan Nossiter : passionné de cinéma … et de vin, Jonathan Nossiter est réalisateur, producteur, scénariste et écrivain. Américain d’origine, il a grandi en France et habité en Angleterre, en Italie, en Grèce, en Inde, au Brésil. Il vit actuellement à Rome. Il est également l’auteur de Le goût et le pouvoir paru en 2007 (Ed. Grasset), dans lequel, après Mondovino, il prolonge sa réflexion sur le monde du vin et l’uniformisation du goût. Il a réalisé aussi les films Resident Alien, Sunday, Searching for Arthur, Thread, Signs & Wonders, Rio Sex Comedy. »

David, j’espère que tu es libre après-demain et que ta moto est en état de rouler!

Au fait, si tu mets le side-car, tu peux peut-être emmener Michel Rolland et son chien?

J’ajoute que le festival Millésime est un événement très sympathique – non, tous les vins présentés ne sont pas bio ou ni biodyn, il y en a pour tous les goûts, et c’est un beau succès que d’avoir construit à Grenoble, hors de toute région de production, ce grand rendez-vous des amoureux du vin.

Hervé Lalau


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La bouffe en France – not all bad news! (part 2)

Tagliatelle géante de Crottin au Beurre de Muscade.

Tagliatelle géante de Crottin au Beurre de Muscade.

Last week’s post got my stomach as far as Renaison in the heart of the Côte Roannaise. Friday 19th September took me from Renaison to Nevers some 156 kilometres of mainly flat riding. It also included the worst weather I encountered during my eight-day ride. I had an hour of torrential rain just the north of Roanne with the road rapidly turning into a river. Fortunately it cleared up and was mainly dry all the way to Nevers.

Here we stayed at the Hotel des Clèves – in the centre of Nevers, simple, friendly place to stay with a place to store bikes overnight. Nevers is the start of the Loireà Vélo trail that runs from here to the Atlantic. It was a good move to put my bike on our car outside Nevers because the centre of the town is a maze of one-way streets and we only got the car to our hotel with the assistance of our GPS.

Following a recommendation from our hotel we ate that evening at the nearby La Table d’Alexandre (6, Rue Henri Barbusse), which I learned later had only opened at the end of October 2013. Although it was Friday night the restaurant was almost empty, so we were a little dubious. This proved to be completely unfounded as we had a fine meal.

I started with a duo de saumon – smoked and gravlax, while Carole had a copious salade de gesiers, which I helped her finish. Rather piggish behaviour I agree but I had ridden over 160 kilometres that day I might be excused.

For my main course I chose one of my rognons de veau, while Carole had the lotte (monkfish). These dishes accompanied a couple of good half bottles of Coteaux de Giennois from Michel Langlois – 2012 Les Charmes (white) and 2011 Champ de la Croix. Both were good examples of their appellation with the white refreshingly citric and the red lightly spicy and easy drinking.

Michel Langlois 11Champ de la Croix

The next stage (Saturday 20th September) was deliberately short – just 73 kilometres from Nevers to Chavignol with a quick diversion into Pouilly-sur-Loire for a photo opportunity at the half-way point – 496 kms to the source and 496 kms to the Atlantic. This was partly to have an opportunity to have a quick look at how the vines in Sancerre and Pouilly were looking just before the vintage but also to stay and eat at the Hotel La Côte des Monts Damnés run by Carine and Jean-Marc Bourgeois.

Much of the Saturday afternoon was pretty wet and miserable. From our quick swing through the vineyards, there were a few signs of rot in both the Pinot Noir and Sauvignon but this should have come to any thing as from the following Monday the weather reverted back to being wonderfully dry and warm.

Every time I eat at Jean-Marc’s restaurant I find it almost impossible not to start with his great speciality – Tagliatelle géante de Crottin
au Beurre de Muscade. Over the years it has evolved and become more sophisticated but it remains always absolutely delicious. In any case long-distance cyclists are supposed to take on plenty of carbohydrates.

My main course was a wonderfully tender filet de de Canette des Dombes, légumes de saison en crumble, jus perlé, while Carole enjoyed the filet de Rouget-Grondin, purée de pommes de terre, Langoustines & son trait d’huile d’olive. We both finished with the soufflé chaud aux griottes. After a glass of 2013 Sancerre Blanc, we enjoyed a bottle of 2010 Hommage à Nicolas Sancerre Rouge from Domaine Nicolas and Pascal Reverdy.

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Next week’s concluding Part 3 will take my stomach from Chavignol to the Atlantic.

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