Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Le football se joue à 11 et c’est l’Allemagne qui gagne à la fin. Et qu’est-ce qu’on boit pour fêter ça?

C’est drôle. Nous autres Français vantons la qualité des produits manufacturés d’Outre-Rhin. Nous achetons leurs voitures, leurs camions. Nous acceptons les euros de leurs touristes. Nous reconnaissons volontiers la puissance de leur économie et de leur équipe de football. Nous avons même fait l’Europe avec eux. Et puis la brigade franco-allemande. Mais acheter leurs vins? Ah ça non!

L’Europe du vin est souvent à sens unique. Les Allemands nous achètent nos Alsace, nos Bordeaux, nos Bourgogne, nos vins du Midi. Mais nous dédaignons leurs Baden, leurs Mosel, leur Pfalz, leurs Franken.

Correction: nous les ignorons. Aucun importateur n’a jamais vraiment pris la peine de nous les présenter. Nous ne les connaissons pas. C’est dommage pour l’honnête homme épris de vin. Comment un oenophile pourrait-il prétendre apprécier le riesling, par exemple, s’il ne connaît que les versions alsaciennes?

Deutsche Präzision

Car l’Allemagne a de très belles choses à faire valoir en matière de viticulture.

Deux mille ans d’histoire viticole (les Romains, toujours eux!).

Une école de viticulture, Geisenheim, de réputation mondiale.

De vrais terroirs; des crus bien identifiés sur l’étiquette, même si leurs noms à rallonge sont souvent un peu rébarbatifs pour les Francophones. C’est que les Allemands sont des gens précis. Ils indiquent la région (elles sont treize); le district ou Grosslage (ce sont les crus au sens large, ils sont 160); et même, pour les vins fins, l’Einzelllage (les parcelles, crus au sens strict). Elles sont plus de 2.600.

Et puis, pour faire bonne mesure, ils indiquent le type de vin (sec, demi-doux, doux, spätlese, auslese, trockenbeerenauslese, eiswein). Difficile, avec un riesling allemand, de niquer votre truite au bleu avec du sucre résiduel que vous n’attendiez pas. Précis, je vous dis, le Teuton…

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 Le vignoble allemand (partie ouest)

Surtout, l’Allemagne peut aligner aujourd’hui toute une Mannschaft de grands vignerons. Dans la famille Müller, il n’y a pas que Thomas ou Gerd, il y a aussi Egon, par exemple. Mais on peut citer aussi Bürkling-Wolf,  Dr. Loosen, Adeneur, Wittmann, Fürstliches Castell’sches Domäneamt, Reichgraff von Kesselstatt, Reichsrat von Bühl, Robert Weil…

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Ralf Anselmann, de la Mannschaft des vins allemands (photo ©  H. Lalau)

 

Deutsche Diversität

Ce n’est pas non plus que le style de leurs vins soit rébarbatif à nos palais. Après tout, nous apprécions les vins d’Alsace, dont les cépages sont tout aussi rhénans que ceux de Rheingau, de Baden ou de Pfalz – comme le soleil brille pour tout le monde, le Rhin coule pour tout le monde. La Moselle aussi. Et au risque de choquer mes amis lorrains, ce qui se produit en Moselle allemande est autrement plus abouti que du côté français.

Notons que la production allemande est plus diversifiée qu’on ne le pense généralement; elle n’est pas faite que de blanc; le Spätburgunder (notre pinot noir) est présent là-bas depuis le Moyen-âge. On dit que ce sont les bons moines de Citeaux qui l’ont apporté. Il y donne de superbes résultats, notamment en Baden et dans la petite région de l’Ahr. Toujours en rouge, le Saint Laurent et le Dornfelder peuvent aussi donner de beaux vins.

Bien sûr, on trouve aussi chez eux de l’Elbling pas mûr et du Müller-Thurgau de trop gros rendement, de la bibine juste bonne à tuer le ver, des vins de négoce pour Diskont-Supermärkte, de la bonne vieille daube de coopérative industrielle  - ils sont comme nous, je vous dis!

Les vignerons allemand ne sont ni meilleurs ni moins bons que les nôtres. Ils ont leurs traditions, leur culture, mais la vigne reste la vigne. Les frontières sont arbitraires (est-ce la Deutsche Weinstrasse qui commence à Cleebourg, ou la route des vins d’Alsace?), et le vignoble alsacien porte encore énormément de traces du régime allemand – la flute rhénane, les winzergenossenschaft – pardon, les coopératives, la désignation des vins par les noms de cépage, les vendanges tardives, les sélections de grain noble, etc…

Côté terroirs, nous avons nos graves, notre kimmeridgien, nos galets roulés. Les Allemands ont leurs différents types de schiefer, leur ardoise locale (salut Claudia!); et puis leur loess, et même des poches de roches volcaniques, comme au Kaiserstuhl.

Leurs climats sont plus variés qu’on ne le pense (quand on y pense). Et plus chauds, par endroit. Saviez-vous qu’on trouve des figues dans le Palatinat et dans le pays de Bade? Et même des orchidées… Par ailleurs, comme dans toutes les zones septentrionales, l’exposition au soleil, les masses d’eaux et la protection au vent jouent un rôle très important. Le "climat", au sens de cru, est une notion primordiale. Certains sont réputés depuis des siècles, comme nos climats bourguignons. Enfin, réputés, mais pas de ce côté-ci du Rhin.

Vu de Belgique

Du poste de vigie bruxellois d’où je vous parle, les choses sont un peu différentes, parce que l’on trouve plus facilement des vins allemands en Belgique.

Oh, pas tant que ça! Mais il y a un courant d’affaires. En région flamande, notamment, les blancs allemands, très secs ou très doux, gardent des adeptes. Et puis, la jolie ville romaine de Trèves, la petite capitale de la Moselle allemande, n’est qu’à deux heures et demie de Bruxelles ou d’Anvers, une heure et demie de Liège ou d’Hasselt.

Malgré tout, quand Carrefour s’est avisé de proposer un carton des six grandes nations viticoles de la Coupe du Monde 2014, l’enseigne a choisi six bouteilles venant d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de France, d’Argentine et du Brésil. Voila qui n’a guère porté chance aux trois premières nations, éliminées dès le premier tour. Mais surtout, une grande nation du football et du vin était absente: l’Allemagne.

A présent qu’elle a remporté l’épreuve, il s’agirait peut être de fêter dignement l’événement!

"Ceux qui m’aiment prendront le train…"

Pour ce faire, je vous propose de lever un verre d’un vin vraiment représentatif du savoir-faire allemand.

Anselmann

Essinger Sonneberg Silvaner Eiswein 2009

Il s’agit d’un Eiswein de la Maison Anselmann. Plus précisément, d’un Pfalz Essinger Sonnenberg. Pfalz, c’est le nom allemand du Palatinat (ancienne villégiature des troupes de Louis XIV), Essingen, c’est le village, et Sonnenberg (la colline ensoleillée), le cru.

Eiswein, pour les Französich, c’est vin de glace. Un vin issu de raisin récolté gelés, une sorte de cyoextraction naturelle. La seule admise en Allemagne.

Quant au cépage, il s’agit d’un silvaner (oui, de ce côté de la frontière, le y se change en i).

Je suis sûr qu’une bonne partie d’entre vous n’attendaient pas cette variété à si belle fête:

-Un sylvaner en vin de glace! T’as vu jouer ça où, Hervé?

-Oh, pas loin, tout près de Landau. Une ville française jusqu’en 1815, à propos. De Wissembourg, ça fait une demie heure de train. Vous avez un direct toutes les heures à partir de 8 heures (départ Wissembourg 8h33, arrivée 9h07  à Essingen).

Au fait, le sylvaner, ça peut être autre chose qu’un vin du patron pour brasseries à touristes; essayez un peu ceux de Franconie…

Mais oublions un instant l’étiquette pour nous intéresser au vin.

La robe est bien dorée, brillante. Le nez est plus riche que la Bundesliga. Abricot, mangue, coing, amandes fraîches se bousculent au portillon du stade; la bouche, elle, surprend par sa fluidité – avec un tel nez, on s’attend à un monstre de sucrosité, et là, überraschung, une belle acidité balance le sucre, c’est délicat, élégant. Je dirais même "ralfiné" – le vigneron, que j’ai connu à Neustadt, à l’occasion de Mundus Vini, s’appelle Ralf. Avec sa soeur, Ruth et son frère Gerd, il dirige aujourd’hui cette maison familiale de taille importante pour la région – 100 ha. Pour info, sa gamme comprend bien d’autres trésors – des Eiswein de Dornfelder ou de Pinot Noir (!), et puis de très beaux vins secs, en rouge comme en blancs – et notamment un superbe gewurztraminer, chose assez rare en Allemagne.

Je croise Ralf de temps à autres dans les concours, à Séville, à Paris, à Québec. Comme mon allemand est un peu rouillé, nous parlons un sabir de français et d’espagnol – une langue qu’il maîtrise très bien. Car vous savez quoi? Ralf s’intéresse aux vins du monde entier, lui; des Amontillados andalous aux Amarones vénitiens en passant par les vins du Niagara, d’Argentine, de Bourgogne. Et même les Alsace.

Peut-être qu’un jour, nous aussi, en France, on s’intéressera à ses vins…

"Ceux qui m’aiment prendront le train…".

Hervé Lalau

 Contact: Weingut Anselmann


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Mercado@Lisbon: a wonderful grazing opportunity!

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Mercado da Ribeira, Lisbon

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Tables and seats plus drink stands with restaurant stalls around the outside.

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The new project is sponsored by Time Out.

There is a newly renovated attraction in Lisbon – the Mercado da Ribeira. This is a combination of a long established food market with a new food hall offering a wide range of food and drink. It opened in the middle of May and is already proving very popular.

On Sunday and during the first part of the week the food hall in the Mercado stays open until midnight, while on Thursday, Friday and Saturday you can graze up until 2am. 

 

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Some of the food stalls

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Bread, ham and fado!

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Grazing time!


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La difficile conversion des habitudes : le cas des Anjou blanc secs

Il y a peu de temps, j’ai parlé ici de l’importance d’un nom, de préférence simple et facile à prononcer, dans la réussite commerciale d’une appellation. Mais que se passe-t-il quand un nom qui réunit ces critères se trouve, par le fait de l’histoire, associé à des vins dont la réputation globale est, disons, faible ou dévalorisante ? Et comment font les producteurs qui souhaitent sortir de ce piège par le haut, convaincus qu’ils sont de la valeur et du potentiel de leur vins et du projet qui les entoure ?

Il y a près d’un an, j’ai assisté à Paris à une dégustation de vins blancs secs d’Anjou dont la qualité générale m’avait fortement impressionnée. Ces vins avaient clairement de l’intensité, de la séduction, de la rigueur et, du coup, la capacité à très bien se conserver et à devenir plus complexe avec le temps. C’est pourquoi j’ai répondu très vite à une invitation de venir voir sur place et à déguster une sélection plus large de ces vins, issus de différents millésimes.

vue sur le LayonLa douceur angevine : vallée du Layon vu du Château de la Soucherie (photo David Cobbold)

La région au sud d’Angers, sur la rive gauche de la Loire, est surtout réputée pour des vins moelleux faits avec le cépage chenin blanc dans les appellations Aubance, Layon, Chaume et Bonnezeaux. Mais pour faire un grand vin doux qui est issu, en partie ou en totalité, de raisins botrytisés, il faut des conditions météorologiques qui ne se commandent pas. L’exemple des deux dernières récoltes le démontre : quand les conditions n’y sont pas, on ne peut guère en faire, à moins de tricher. Et beaucoup ne veulent pas tricher. Comment faire alors, car il faut bien vivre ?

Patrick Baudouin, le rouge n'est plus de misePatrick Baudouin qui préside cette appellation et pour qui le rouge n’est plus de mise (!). (photo David Cobbold)

 

Une solution est de convertir une part significative de son vignoble à la production de vins rosés ou rouges. Et cette tendance gagne du terrain, comme l’explique Patrick Baudouin, qui préside avec intelligence l’appellation Anjou blanc sec : "Les stats sur l’évolution de l’encépagement chenin/cabernet en Anjou sont claires : il y a eu inversion d’encépagement au profit du cabernet, entre les années 50 et aujourd’hui. Il ya eu aussi donc inversion des vins produits, au profit du rosé. Et aussi au niveau des zones plantées."

Mais l’image, et le prix qui va avec, des rosés d’Anjou n’est guère valorisante, même si cela se vend : la part des rosés atteignant maintenant 50% dans la région. Et puis il y a la question de la fidélité à une tradition, ou, plus exactement (car on peut aussi dire que la tradition n’est que la somme des erreurs du passé !), à un potentiel qualitatif pour l’élaboration de vins qui reflètent parfaitement leur site et leur méso-climat (terroir, si vous préférez ce mot valise, bien trop fourre-tout pour moi). Les rouges du coin (14% de la production) sont parfois excellents, mais quand son vignoble est encore planté très largement de chenin blanc, qui, certaines années, produit de grands liquoreux que vous avez un peu de mal à vendre, il vaut mieux peut-être trouver une manière de faire de bons vins blancs secs. C’est cette idée-là qui préside à la volonté d’un groupe significatif de bons producteurs de créer une appellation haut de gamme afin de monter le niveau et la part des blancs secs de la région, qui ne représentent actuellement que 5% de l’ensemble des vins. J’estime cette initiative plus qu’honorable et très fidèle à l’esprit que prônait René Renou quand il présidait l’INAO et qui semble avoir été largement oublié depuis sa disparition. Et tant pis pour quelques esprits chagrins, qui préfèrent avoir raison seuls (car ces gens-là ont toujours raison et l’affirment d’un ton péremptoire) en oubliant la part du collectif nécessaire à l’image d’une région.

chenin début juilletUne vigne de chenin à La Soucherie qui semble bien parti au mois de juillet 2014, sur des sols en partie travaillés et en partie enherbés (photo David Cobbold)

Le chenin blanc, parfois encore appelé Pineau de Loire dans la région, pourrait avoir son origine à Anjou. Une première indication écrite date de 1496 à Chenonceau, et parle de "plants de l’Anjou". Rabelais, dans Gargantua (1534) louait "le vin pineau. O le gentil vin blanc ! et, par mon âme, ce n’est que vin de taffetas." Selon Vouillamoz, un des parents du chenin blanc serait le savagnin (ou traminer), et il serait frère ou sœur avec le trousseau et le sauvignon blanc. Plus surprenant est le fait que son profil génétique est identique avec celui de la variété espagnole agudelo, qu’on trouve aussi bien en Galicia qu’au Penedes.

Tirer une appellation vers le haut implique nécessairement d’imposer quelques contraintes sur les méthodes de production. J’ai comparé les cahiers de charges pour l’appellation blanc sec existante et celle dite "haut de gamme", et les différences me semblent couler de source. Je résume : chenin blanc à 100% (l’appellation de base autorise un part de chardonnay et/ou de sauvignon blanc), densité de plantation supérieure de 10%, taille plus rigoureuse, charge maximale réduite de 20%, enherbement ou travail des sols obligatoire, vendanges manuelles, rendement réduit de 10%, richesse en sucres plus élevée et pas d’enrichissement artificiel, élevage des vins plus longs et sans morceaux de bois….. rien de très dramatique, juste du bon sens, il me semble.

Luc Delhumeau, Domaine de BrizéLuc Delhumeau, au Domaine de Brizé, qui a produit  le plus beau 2011 que j’ai dégusté (photo David Cobbold)

Et les vins alors ?
J’ai dégusté, au Musée du Vin de Saint Lambert-du-Lattay (excellent endroit pour une dégustation, calme et avec une équipe aussi sympathique qu’enthousiaste) 49 vins issus essentiellement des millésimes 2012, 2011 et 2010, avec quelques vins plus anciens pour suivre l’aspect "vin de garde" inhérent au concept : 2009, 2008, 2005, 2003 et 1996. Mon impression globale était très bonne. Je vais vous paraître trivialement mercantile (je sais, c’est la nature d’un peuple marchand, mais c’est aussi ce qui fait vivre un vigneron !) et vous parler d’abord de prix avant de vous livrer mes préférences et autres remarques. Le prix moyen (prix public) des vins dégustés se situe autour de 10 euros avec un écart assez important entre le moins cher (4,90) et le plus cher (un peu plus de 20 euros). Vu leur niveau qualitatif moyen, je dirai que ces vins valent mieux sur le marché, surtout quant on les compare aux blancs de bourgogne. Un prix moyen de 15 euros me semblerait largement justifié.

Didier Richou, une constance dans la qualitéDidier Richou, auteur, avec son frère Damien, d’une série de vins aussi remarquables que régulière (photo David Cobbold)

Mes vins préférés
Je vous épargnerai des commentaires détaillés pour vous livrer juste une liste de producteurs et quelques remarques. Tous les producteurs de la zone n’ont pas jugé bon de livrer des échantillons. Ils ont clairement tort de bouder des telles dégustations et cette absurdité fait de fierté mal placée me rappelle l’article récent d’Hervé Lalau sur le fait que certains vignerons semble considérer que soumettre ses vins à des dégustations comparatives ressemblerait à de la prostitution !!! Ont-ils peur d’une forme de vérité, certes subjective ? Quant aux autres, plus courageux, toutes des putes et des soumises alors ?
NB. Les vins sont listés par ordre de dégustation, pas de préférence.

Millésime 2012 (sur 18 vins)
Domaine de la Bergerie
Domaine de Juchepie
Domaine des Trottières
Domaine Bablut, Petit Princé
Pithon-Paille, L’Ecart
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine des Forges, Expression d’Automne
Domaine Pierre Chauvin

Millésime 2011 (sur 11 vins)
Domaine des Iris, futs de chêne
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine de Brézé, Loire Renaissance
Château de Fesles, La Chapelle,
Domaine Pierre Chavin, La Fontaine des Bois
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard
Château Pierre Bise, Les Roannières

Millésime 2010 (sur 8 vins)
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard
Domaine Richou, Les Rogeries
Château de Passavant, Montchenin

Millésime 2009 (sur 6 vins)
Château Pierre Bise, Le Haut de Garde
Domaine de Juchepie
Domaine de Bablut, Ordovicien
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine Leblanc
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard

Millésime 2008 (sur 3 vins)
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard
Domaine Cady, Cheninsolite

Millésime 2005 (1 vin)
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard

Millésime 2003 (1 vin)
Domaine des Iris, fûts de chêne

Millésime 1996 (1 vin)
Domaine Ogereau

 Anne Guegniard Guitton, Domaine de la BergerieAnne Guegniard Guitton, au Domaine de la Bergerie, dont j’ai beaucoup aimé le 2012 et dont le mari, David Guitton, tient une très bonne table sur place (photo David Cobbold)

 

Remarques et conclusions

Mon critère de tri pour cette sélection étant une note d’au moins 14,5/20 pour chaque vin, quelques soit le millésime, on constate un taux de réussite, selon ce critère subjectif, de 30/49, soit d’un peu plus de 60%. Je dois dire que je ne trouve que très rarement de genre de taux dans une série de vins d’une même appellation, et surtout à ce niveau de prix. Ce score confirme mes premières impressions. Quelques vins (2 ou 3) furent rejetés parce que je trouvais leur dosage en soufre excessif. Deux autres parce que, manifestement, on avait négligé de sulfiter à bon escient et ces jeunes vins montraient une oxydation prématurée avec une perte d’arômes et de netteté. Quelques autres me plaisaient un peu moins parce qu’une présence de botrytis donnait un nez de cire qui dominait tout le reste. Mais, dans l’ensemble, que du plaisir avec ces vins qui associent, dans des proportions forcément variables, vivacité, saveurs riches, structure et persistance. Autrement dit, les bons Anjou blanc secs sont de vins de caractère avec une capacité de garde affirmée.

Il faut aussi noter les très grande régularité de quelques domaines : Richou et Baudouin, en particulier. Mais tous n’ont pas présenté des vins dans tous les millésimes, alors la comparaison est un peu injuste.

la douceur angevineLa douceur angevine vu par les fleurs. Oui, mais les hortensias changent de couleur selon la nature des sols. Qui trouvera la clef de cette histoire ? (photo prise à la Soucherie par DC).

 

Faut-il changer leur nom d’appellation ? Je ne le crois pas. Il faudra en revanche de la persévérance aux producteurs pour passer le message qu’Anjou peut aussi rimer avec blanc sec, et que cette région est aussi très capable de faire des grands blancs de ce type. Je ne rentrerai pas ici dans le débat à la mode sur la nature des sols, qui semblent être majoritairement schisteux par là. Je laisse cela aux spécialistes et je vous réfère aux écrits forts intéressants de Patrick Baudouin :

http://www.patrick-baudouin.com/ puis suivre la rubrique "profession de terroir" et chercher le pdf sur les grands vins d’anjou.

David Cobbold

 


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#Carignan Story # 229 : À Saint-Chinian, Bordes n’a rien de gnangnan !

Je sais, ce n’est pas très brillant comme jeu de mots. J’implore votre pardon, cher Padre Carignanus. Encore plus navré car dans Carignanus, il y a… Bon, passons et revenons à des choses plus sérieuses.

J’avoue que j’ai découvert ce domaine poussé par des amis connaisseurs alors que j’errais lamentablement dans les travées de Vinisud cet hiver à la recherche du mistigri. Et c’est ainsi que je suis tombé nez à nez avec un mec à la bouille pas possible, un peu comme un Pierre Vassiliu des années 70 pour ceux qui n’ont pas oublié l’animal. Bonne tête de paysan, rond, épanoui et rigolard, le visage encombré de poils, les cheveux en désordre comme un homme de Tautavel qui se serait rasé au silex, le mec se dresse pile devant moi tel un menhir de petite taille, mi provocateur, mi charmeur, d’un air de dire « est-ce qu’on peut devenir pote avec un hurluberlu en perdition tel que ce Smith » ?

Mine de rien, ça compte une tronche. Dans le cyclisme comme dans le vin, une bonne gueule qui interpelle vaut mieux qu’une sale gueule qui ne revient à personne. Jim ne me contredira pas.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Le gars est un bon vivant qui menait en ville une vie relativement confortable – j’ai cru comprendre qu’il était plombier – mais qui n’avait qu’un rêve dans la vie, celui de s’enraciner dans la campagne de son pays pour partager plein de choses avec sa famille et ses amis. Afin de mieux vous le présenter, j’ai retrouvé un petit film qui le résume bien. Allez le voir ici et vous comprendrez mieux.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Donc, je rencontre Philippe Bordes du Domaine Bordes, un gars attachant que tout le monde autour de Saint-Chinian semble aimer. Lui et sa compagne Emma ne possèdent pas un gros domaine : tout juste une dizaine d’hectares. Quelques parcelles à leur mesure conduites en bio, tantôt sur des argilo-calcaires, tantôt sur des schistes, avec des cuvées que les amateurs commencent à s’arracher, notamment son pur Mourvèdre, sans oublier sa cuvée haut de gamme, un pur Carignan.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Des Carignans centenaires que Philippe conserve jalousement et qui entrent dans une cuvée « Elles » (hommage à ses filles et à leur maman) fort joliment présentée sous la mention IGP Monts de la Grage. Le vin a 30 mois de barriques et il n’est pas donné (une trentaine d’euros), mais il convient aussi d’ajouter que les bouteilles ne sont pas nombreuses à la vente. Un 2010 non filtré au nez opulent et complexe (fruits de garrigue), un peu corsé à l’attaque, mais devenant vite gracieux, équilibré, frais et parfaitement à l’aise aujourd’hui sur un canard aux olives, par exemple, ou sur un cul de veau (quasi) cuit longuement en cocotte avec un peu de crème et des girolles.

-On peut rencontrer les Bordes au hameau de Tudery, entre Saint-Chinian et Assignan. Leur téléphone : 06 66 60 85 10.

                                                                                                                     Michel Smith


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Prosit, M. Juncker!

Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, traine une réputation d’alcoolique pas du tout anonyme. Réputation que ses amis anglais (amis est un trait d’humour) ont courtoisement rappelé juste avant son élection. C’était sans doute plus facile de l’attaquer sur ce thème que sur son engagement européen. A ce propos, on a parfois l’impression que le meilleur candidat au poste, pour nos amis d’outre-Manche, est celui qui sabordera le plus vite la construction européenne; mais passons.

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Jean-Claude Juncker (Photo McZusatz)

Je ne connais pas M. Juncker. J’ignore ce qu’il boit exactement. Du bon, j’espère. C’est pour moi la vraie question – la question qualitative. Est-ce un homme de goût?

J’ai lu qu’on l’accusait d’arroser son petit-déjeuner au Cognac. Les Britanniques sont-ils vexés que ce ne soit pas au Scotch?

Et puis, il y a des lacunes dans le raisonnement. Que boit-il à midi? À quatre heures? Avant d’aller se coucher?

On voudrait en savoir plus. On a le droit de savoir. Que fait la presse d’investigation? Serait-elle morte avec le News of the World et ses écoutes téléphoniques?

Plus sérieusement, je trouve très douteux de traiter ainsi quelqu’un d’alcoolique à la face du monde, que ce soit un homme public ou un simple citoyen.

Primo, où sont les preuves? S’agit-il d’une véritable addiction qu’il faut traiter? A-t-il déjà pris Angela Merkel pour un éléphant rose ou François Hollande pour une bouteille de Champagne?

Secundo, en quoi cela interfère-t-il avec ses fonctions? Après tout, les mêmes rumeurs circulent déjà depuis 2010 au moins – on dit aussi que c’est un gros fumeur. Et cela ne l’a pas empêché d’être premier ministre au Luxembourg. Et même d’être réélu.

Cette histoire a de quoi faire sourire. Elle devrait pourtant nous mettre en garde. Contre les accusations gratuites. Contre une forme de dictature du politiquement correct. On n’admettrait plus, de nos jours, qu’un homme ou une femme politique soit empêché(e) d’accéder à une fonction parce qu’il ou elle trompe son conjoint, ou parce qu’il ou elle est homosexuelle, ou parce qu’il ou elle est de telle ou telle confession. Ou même, parce qu’il ou elle a touché au cannabis (certains s’en vanteraient plutôt).

Alors pourquoi devrait-on stigmatiser quelqu’un qui boit ou qui fume?

Que la Grande-Bretagne décide ou non de sortir de l’Europe, on est en droit de demander à ses politiciens et à ses éditorialistes de respecter une certaine décence dans le combat politique.

Pour terminer, je me permets de leur rappeler qu’Hitler était on ne peut plus sobre, tandis que Churchill, pas vraiment. Si les deux avaient été candidats au poste de M. Juncker, je me demande s’il les Eurosceptiques anglais auraient utilisé les même pathétiques arguments.

Alors, en résumé, et sans préjuger de sa politique, je me permets de lever mon verre de Rasteau (Ortas 2012) à la santé du dit Juncker! A à celle de tous les Européens démocrates, tolérants et épicuriens.

Hervé Lalau


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Trip alsacien (quand on frise le divin)

L’Alsace ne m’est guère coutumière et j’aurais pu tribuler avec Hervé à Cahors, j’y étais aussi invité. J’ai préféré le grand Est au truculent Sud-Ouest, histoire d’affermir ma connaissance plutôt nébuleuse des crus et cuvées alsaciennes.

Premier choc délicieux

Il y a toujours un premier soir…
Le nôtre, je n’étais pas seul, fut cette soirée tendrement, mais efficacement organisée par une association de filles, les diVINes d’Alsace http://www.divinesdalsace.com

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Allez voir le site pour savoir qui en fait partie, parce que je ne cite aucun domaine, je les ai tous dégusté, certains m’ont beaucoup plu, d’autres un peu moins, mais dans l’ensemble, rien à jeter, tout pour trouver son goût, l’Alsace, c’est ça, une quantité de bonnes bouteilles à découvrir.

Les photos sont de mon pote et collègue Daniel Marcil, moi, j’y étais à poil avec juste un bout de cerveau et mes papilles, ça suffit pour passer un bon moment.

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Accueil charmant une bouteille d’effervescent à la main, choix des bulles des domaines représentés, donne un aperçu d’entrée de la qualité des flacons qu’on pourra déguster jusqu’à la nuit tombée.
Différents pôles s’offrent à l’œil et nous clament discrètement venez dégustez mes agapes et mes cuvées. Toutes les couleurs d’une Alsace gourmande du Sylvaner au SGN, en passant par quelques excellents Pinot Noir (oui, ça existe), Riesling et tout le toutim, embellissent la cave. La soirée se passe au Domaine Stentz-Buecher à Wettolsheim.

Décor simple, ambiance très réussie dans la décontraction, on y serait bien resté toute la nuit. D’autant plus que la table fromages était assurée par la famille Quesnot de la fromagerie St Nicolas à Colmar. C’est fou comme les Riesling et les Gewurzt fonctionnent bien sur pratiquement toutes les pâtes de molles à cuites, les habituels rouge (PN) ont plus de mal.

Dehors les flammekueche se rafraîchissent de Crémant, de Pinot Blanc, de Sylvaner.
Un buffet mer et un buffet terre accompagne les Riesling, Klevener d’Heiligenstein, les Pinot Gris…

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Au sous-sol, dégustation horizontale du millésime 2000, une quinzaine de Riesling Grand Cru, mélangés de quelques Gewurztraminer et Pinot Gris émerveillent nos papilles. Saveurs, équilibre, complexités sont au rendez-vous, chacun flashant sur ce qu’après la reconnaissance de l’harmonie s’ajoute le petit truc qui enthousiaste.

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Tout au fond quelques douceurs tartelettes, choux et macarons de Christine Ferber (reine de Niedermorschwihr) http://www.christineferber.com trouvent un écho particulier en résonnance avec les VT.
Histoire de bien terminer la soirée si bien commencée.

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Puis, au lit pour demain affronter en grande forme la petite centaine de domaines présents à l’édition 2014 « Millésime Alsace ». Ce sera pour un prochain poste.

Orùaar

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Marc

 

 


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Dix questions insignifiantes sur le Vin en été… et ses à-côtés

Dix questions idiotes, affligeantes même et ô combien stupides… Mais tant pis ! Faut bien s’offrir le luxe de déconner un peu dans la vie, non ?

Et trouver de quoi s’occuper sur la plage les jours de pluie… Commençons par une question d’actualité, une question grave pour laquelle je n’ai pas trouvé d’illustration.

Photo©MichelSmith

Après le pamplemousse, c’es la fraise qui la ramène ! Photo©MichelSmith

1 – Dis mon bon tonton, pourquoi tu dis que la grêle c’est dégueulasse ?

Parce que ça vous tombe dessus sans crier gare, que ça peut détruire les vignes du voisin et pas les vôtres. Que ça peut foutre à zéro le moral d’un copain, ravager sa meilleure parcelle ou la moins bonne comme l’ensemble de son domaine, que c’est injuste, tout simplement. Qu’il faudrait être assuré pour s’en sortir et que l’assurance est plus sûrement garantie pour le riche propriétaire de Châteauneuf-du-Pape ou de Volnay que pour le petit vigneron de Homps en Minervois Et qu’une fois le drame passé, les pleurs séchés, il reste la vigne hachurée en plein cycle de maturité par l’orage sans oublier les bâtiments gravement endommagés. Comme une colonie d’hirondelles massacrées au napalm. En général, il faut plusieurs années pour s’en remettre. Je pense particulièrement à mes amis membres de Carignan Renaissance, Anne-Marie et Roland Coustal du Domaine Terres-GeorgesPeut-être un début de solution du côté du bon Jacques Berthomeau ?

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L’été, les chopines avec les copines… Photo©MichelSmith

2 – Toi qui sait tout mon pépé, un vin cher est-il meilleur qu’un autre qui l’est beaucoup moins ?

Pas forcément. S’il est cher c’est surtout qu’il est rare… Tiens, pendant nos vacances j’achète mon vin en Bag in box de 5 litres, à la Cave de Montpeyroux où le rouge est bien marqué par le Carignan. Il me coûte autour de 15 € et il me convient parfaitement. Dans le carton, il y a une poche en plastique alimentaire qui renferme le vin à l’abri de l’air et de la lumière. Au fur et à mesure que je tire du vin pour remplir mon verre, la poche se rétracte. C’est pratique, je n’ai plus qu’à le ranger au frigo et même leur rosé est très bon.

3 – Au fait, pourquoi ne trouve-t-on plus de rosés de saignée ?

Disons que l’on en trouve moins. Pourquoi ? À cause de la couleur, pardi, de cette satanée robe rose pâle (quand elle n’est pas neutre) venue de Provence et qui désormais dicte sa loi sur le marché du rosé du Nord au Sud. Il paraît qu’il plaît à ses dames et comme ce sont elles qui détiennent les cordons de la bourse… Mais on en trouve encore à Tavel, au Château de Manissy, par exemple, ou chez certains « arriérés » des Corbières, à l’instar du Château Colos-Celse à Villerouge-la-Crémade. Mais il est vrai que ce n’est pas à la couleur que l’on juge la qualité d’un vin…

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4 – On dit que le Côtes de Provence est le meilleur rosé du monde ?

C’est ce qu’on dit… Et c’est vrai qu’il y en a d’excellents du côté de Lalonde, par exemple, au Domaine de l’Angueiroun, au Château Sainte Marguerite, au Pas du Cerf, ou à Saint-André-de-Figuière, pour ne citer que ceux-là. Petit rappel nécessaire pour paraître moins couillon en société : le rosé de Provence se veut généralement issu d’un « pressurage direct » et les spécialistes, du moins certains, disent que c’est pour cela (en dehors du baratin sur le terroir) qu’il est le meilleur. Un peu comme un blanc, le raisin est mis directement dans le pressoir sans avoir le temps de trop se colorer au contact de son jus. Car la couleur d’un vin nécessite un temps de contact entre la peau (où se trouvent les éléments colorants) et le jus. Le vin « de saignée », lui, n’est pas immédiatement pressuré. Les grains de raisins baignent dans leur jus durant quelques heures (une nuit, voire plus) et c’est en soutirant le jus par le robinet au bas de la cuve que le vigneron constate la couleur. Quand elle lui convient, il ne lui reste plus qu’à tirer le jus (sans les peaux) pour en faire son rosé. Plus branché, le premier est jugé vif et fruité, le second plus rond ou gras et tout aussi fruité et parfois même très légèrement tannique ou poivré. Mais les deux peuvent être délicieux et croquants à souhait ! Et, selon les goûts de chacun, le meilleur rosé du monde peut venir de Chinon ou de Bordeaux, quand il ne vient pas d’Italie ou d’Espagne. On dit aussi que la Provence est la région qui produit le plus de rosé. Or, elle serait désormais dépassée par le Languedoc-Roussillon.

5 – Ça veut dire quoi Papy « boire avec modération » ?

D’abord, mon enfant, cela signifie qu’il ne faut jamais se forcer et, quand tu seras grande, ne tremper tes lèvres dans le vin qu’une fois que tu te seras assurée qu’il est à ton goût, en le sentant, par exemple, ou en le crachant comme Papy le fait souvent. Ensuite, selon ton poids et ta corpulence, tu pourras boire deux ou trois verres de vin en mangeant. Et si c’est quelqu’un d’autre qui te ramène à la maison, quelqu’un qui n’a pas bu plus d’un verre de vin, et qui le reste du temps a bu de l’eau, alors là tu pourras ajouter quelques verres. Mais si tu t’aperçois par la suite que tu ne sors que des conneries après quelques verres, mets toi vite à l’eau !

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6 – Où faut-il aller pour boire de bons canons en écoutant de la bonne musique ?

À Marciac, dans le Gers, comme toujours chaque été. Les Vignerons de Plaimont vont parrainer deux soirées prestigieuses : l’une avec l’orchestre cubain de Buena Vista Social Club et celui d’Omar Sosa Quarteto le 31 Juillet et le 1er Août avec une soirée consacrée aux chanteuses, dont la grande Eliane Elias. Ne pas oublier le 31 Juillet un grand concert gratuit au Château de Sabazan avec le violoniste Didier Lockwood.

7 – Peut-on mettre de la glace dans le vin ?

Pourquoi pas ? En été, tout est possible ! Moi-même je ne me gêne pas. Quand le rosé est moyen, c’est presque conseillé. Dans le blanc aussi où l’on peut même rajouter une rasade de limonade comme au comptoir du bistrot jadis. Moi, je fais ça dans un grand verre avec une tranche d’agrume et 5 ou 6 glaçons, c’est très rafraîchissant quand le thermomètre dépasse les 30 degrés. Avec un rouge simple, mais de bonne facture, essayez-donc la sangria, là aussi rafraîchie avec quelques glaçons.

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8  - Pourquoi mettre son portrait dans les publicités sur son vin ?

Je pense à la blonde tropézienne Valérie Rousselle (devenue Riboud) et à son Château La Roubine ou encore à Bernard Magrez, le fameux « compositeur de vins rares ». C’est vrai, je suis un peu naïf, mais je crois que ça doit leur fait tout simplement plaisir de voir leur tronche dans un canard… Faudra que j’essaie pour voir l’effet que ça fait le jour où je gagne au loto !

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Un bon rosé, un blanc ou un rouge frais sur une grillade de poulet ! Photo©MichelSmith

9   – Comment assurer pour la température des vins cet été ?

Si tu as un réfrigérateur à disposition et s’il fait très chaud, mets tous tes vins dedans. Quand tu vas à la plage, range une ou deux bouteilles dans une glacière en plastique isotherme, quelque chose de léger et de pas trop cher. En deux heures de temps elles seront encore bien fraîches. Si certaines personnes ne supportent pas l’idée d’un rouge frais, essaie tout de même de les convaincre d’enfouir une ou deux bouteilles dans le sable mouillé de la plage en les protégeant de gros cailloux afin qu’elles ne soient pas emporter par les flots. Procède de la même manière en bordure de rivière en te servant des cavités des rochers.

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On fait de tout dans le Languedoc ! Photo©MichelSmith

10 – Question capitale : qu’est devenue la belle Aurélia Filion ?

C’est vrai ça, la lumineuse Aurélia, sa faconde, son rire, sa mèche rebelle sur le front, ses petits pulls de couleurs tendres. Elle sentait si bon le sable chaud des vacances… Oui, je sais qu’elle est sur le site de Terre de Vins et même dans le magazine du même nom, mais depuis qu’elle y est, son show n’a plus la même saveur… D’ailleurs, l’est-elle vraiment ? Elle est annoncée page 11 du dernier numéro comme étant présente chaque semaine en vidéo… Or, un rapide lancement de recherche fait plutôt apparaître une parution mensuelle, voire annuelle la dernière remontant à un an (juillet 2013), comme quoi la presse du vin de nos jours c’est un peu n’importe quoi. On dit d’elle aussi dans le magazine « qu’elle a fait irruption sur la Toile il y a deux ans »… Pourtant, cela fait bien quatre ans que ses chroniques sont sur le Net. Certes, je ne vais pas chipoter, mais j’aimerais savoir ce qu’il en est exactement ? Aurélia serait-elle morte noyée dans le Champagne ? Dans ce cas, qui d’autre écrirait ses chroniques posthumes ?

Michel Smith

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