Les 5 du Vin

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Tops and flops de 2013

L’heure est aux bilans. Bilans de tous ordres. C’est même un gros marronnier de la saison, de longue date consacré dans tous les supports. Je ne vais pas y échapper, même si cela ressemble à plaquer Philippe Etchebest de front. Car creuser ses souvenirs peut être une épreuve aussi redoutable. Je le sais pour avoir tenté les deux épreuves. Je constate, au passage, à quel point la mémoire est une organe sélective. Elle oublie beaucoup, et surtout tout ce qui n’a pas grand intérêt. J’ai donc du vraiment labourer la mienne pour chercher des « flops », autrement dit mes déceptions. Tandis que les « tops », les vins ou expériences bachiques qui m’ont mis de la joie au cœur, semblent affluer dans ma mémoire au point que je dois en limiter le nombre. Et je vais commencer par ces « tops », car c’est quand-même plus intéressant. Il n’y a pas d’ordre particulier, tout cela est en vrac et il ne faut pas y lire une hiérarchie quelconque.

Mes Tops de 2013

Quelques vins d’abord :

Ridge Montebello 1995, Santa Cruz, California.  Bu a Noël avec amis et famille, et issu de ma cave en Gascogne, mais dégusté à deux autres reprises à Paris en décembre, en compagnie de son responsable, Paul Draper. Un très grand californien, dont le degré d’alcool modeste (12,5%), allié à une parfaite maturité de tanins est une leçon d’équilibre pour beaucoup et de partout.  Assemblage de type médocain et élevage en bois américain, ce qui ne se remarque pas car les bois ont été correctement séchés à l’air libre (encore une idée reçue stupide que de dire que le chêne US est forcément moins bon que le bois français ou polonais).

Clos de l’Eglise, Pur Sang 2010, Madiran. Bu récemment dans un restaurant (Le Grand Pan) à Paris. Formidable de fraîcheur et d’équilibre, juteux et plein mais sans aucune dureté. 100% tannat. J’ai tellement aimé que j’en ai commandé, y compris en magnums. Je l’attends avec impatience.

Les Laquets 2006, Cahors (Cosse et Maisonneuve), magnum. Bu pendant les fêtes de noël et de ma cave dans le sud-ouest. J’avais de l’appréhension en l’ouvrant car j’ai constaté, dans le passé, des déviances déplaisantes dans certains vins de ce producteur très côté. Cette fois-ci rien de tout cela. Ce vin était impeccable de netteté, délicieusement frais et d’une finesse qu’on ne trouve pas tous les jours (mais de plus en plus souvent) à Cahors.

Barolo Riserva Rocche dell’Annunziato 1999, Paolo Scavino. J’ai déjà parlé de ce vin ici, au mois de septembre dernier : http://wp.me/p34cc9-1gB. Rien de plus à dire. Très grand vin, d’une beauté à vous couper le souffle.

J’ai aussi le souvenir d’une très belle dégustation verticale de Château Canon (Saint-Emilion), comme d’un vin du même coin mais beaucoup moins côté : Roc de Calon 2010, un Montagne Saint Emilion de toute beauté et qui ne vaut qu’une douzaine d’euros la bouteille.

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Little James’ Basket Press, Vin de France (nm). Ce vin, fait par Louis Barruol du Domaine Saint Côme, à Gigondas, à égayé beaucoup de mes dîners et déjeuners de cet été et même jusqu’à l’automne. Fait selon le système solera, et avec un majorité de grenache (je crois) il éclate de fraîcheur et de gourmandise sans nier ses origines sudistes, roulant ses « r » et faisant entendre le souffle sourd du mistral. Et tout cela est impeccablement encapsulé et pas cher (moins de 10 euros).

Herri Mina 2011, Irouleguy. Il fallait un vin blanc dans cette série, et cela aurait aussi bien pu être le Pacharenc du Vic-Bilh de Christine Dupuy (Domaine Labranche Lafond), bu cet été à Marciac pendant le festival de jazz. Mais cela sera un autre blanc du sud-ouest, le remarquable Irouleguy de Jean-Claude Berrouet : incisif sans agressivité et plein de saveurs. L’ayant dégusté dans un bar-à-vins à Bordeaux, j’en ai acheté une bouteille pour 13 euros. Rapport qualité/prix exceptionnel aussi.

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Puis les moments de grâce autour du vin

Une soirée de printemps passée dans les caves souterraines de Lamé, Delille, Boucard, Domaine des Chesnaies à Bourgueil, en compagnie de mes 4 collègues de ce blog, au printemps dernier. Nous en avons déjà parlé. Remonter les millésimes jusqu’au magnifique 1893 m’a laissé une impression d’émerveillement et un souvenir particulier.

http://lame-delisle-boucard.com/

Un déjeuner avec Lionel Osmin chez Bernard Daubin, au bar du son restaurant de Montréal-du-Gers. Discussions à bâtons rompus, très bons vins blancs qui défilaient au gré de l’humeur du patron, nourriture excellente servie sans façons, humour et joie de vivre. Et il fallait renter à moto après…..je crois que j’ai du voler.

http://www.bernarddaubin.com/

Une soirée à deux au bar-à-vins BU, à Bordeaux. Bordeaux est une ville magnifique qui cache bien ses petits secrets. Il me semble que j’en découvre un nouveau à chaque fois que j’y mets les pieds. Parmi eux cet excellent bar-à-vins moderne, bien équipé avec des machines dernier cri et pratiquant une bonne cuisine de produits frais. 32 vins au service, dont 8 étrangers, 8 bordelais et 16 du reste de la France. Ils sont bien choisis et les patrons très sympas. Bordeaux est ouvert au monde, et c’est tant mieux.

http://www.baravin-bu.fr

Grenade, ses vins et ses bars à tapas. Visité en septembre pour mon travail, c’était la deuxième fois que j’ai pu me rendre dans cette ville extraordinaire. Une aubaine pour le promeneur curieux et parfois assoiffé. Et les vins locaux sont très bons, issus de ce qui doit être l’appellation la plus élevée d’Europe (l’altitude moyenne de la DO Granada = 1200 metres).

Maintenant les flops : les vins qui m’ont déçus

Je sais que cela ne fera pas plaisir à certains, mais je dois dire que les vins de Savoie m’ont globalement déçu. J’ai pourtant essayé à deux reprises, une fois lors d’un voyage de presse dans cette région, puis une autre lors d’une large dégustation organisée à Paris mais un peu gâté par un chef dont la tête ne rentre plus dans son chapeau et qui n’aime pas le vin (je n’étais pas là pour tâter sa cuisine, mais pour déguster les vins). Avec une exception pour les vins du Domaine de Colchis, je n’ai pas trouvé de choses géniales et beaucoup trop m’ont semblé ordinaires et/ou trop chers. Le cépage jacquère n’a pas grand intérêt mais il y en a partout. C’est un problème. Je pense que leur salut ne peut venir que des autres variétés.

La Coulée de Serrant 1990. Bu de ma cave. Ce vin a été pourtant bien stocké mais il était mort, triste, sans relief, terne et court. Je m’en fous que sa couleur soit presque orangé, mais il n’y avait pas grande chose en bouche et rien au nez. Joly est peut-être un pape de la biomachin mais est-ce qu’il sait faire du bon vin ?

Château de Beaucastel 2003. Dégusté au bar-à-vin Juvenile’s, chez mon ami Tim Johnston, à l’occasion de la fête de fin d’année 2012. Bretts à fond et plat. J’ai du le changer pour autre chose (ce que la patron a évidemment fait). J’aime pourtant beaucoup les vins de la famille Perrin, et Beaucastel ne fait pas exception. Mais là il y avait un vrai problème.

Château Palmer 1981. Another one bites the dust! Encore un grand nom qui m’a déçu, cette fois-ci à l’occasion d’une dégustation pour un enseigne lors de Foires aux Vins vers le mois de mai ou juin. Certes ce millésimes n’est pas dans les annales, mais quand-même ! Indigne de son rang et de son prix. Je dirais de même d’un Duhart-Milon goûté le même jour.

J’ai eu bien d’autres déceptions, bien entendu, mais ils n’ont laissé aucune trace dans ma mémoire. Sélective vous dites ? Je sais que c’est à la fois peu et beaucoup pour une année. Comme tous les ans. J’attends 2014 avec impatience !

David


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Bourgueil vertical tasting: 100 overshadows 1893!

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Bourgueil: 1947 to 1893

The September 2013 issue of Decanter magazine included my article on the ageing qualities of Loire Cabernet Franc, which was based in part by the remarkable tasting that Les 5 du Vin had enjoyed in the cellars of Lamé Delisle Boucard in early June 2012.

Decanter is always published at least a month in advance, so the September edition came out in late July when France was on holiday. It was only after La Rentrée that it was picked up in the Loire and, especially in Bourgueil.

I suppose I should not have ben surprised that it was the score of 100 points given to the 1893 Bourgueil from Lamé that made the news. Decanter has recently changed their policy to require points up to 100 to be awarded to wines cited in articles. Philippe Boucard of Lamé Delisle Boucard was contacted and interviewed by La Nouvelle République and Radio France Bleu.

Although when I take part in judging at wine competitions I use marks as I’m required to do, I prefer to avoid using marks and certainly never use them on Les 5 du Vin or Jim’s Loire. I have always found marks pretty meaningless – difficult to shoehorn a wine’s intrinsic qualities into a set of marks even before you consider the circumstances and ambiance, when it was drunk.

Although I’m delighted that the  ‘perfect score’ caught the media’s attention, I would have much preferred that it was the mythical bottle from 1893 that captured the attention in its own right rather than I gave it 100 points. It was an extraordinary occasion to climax an amazing tasting with a wine of 120, still in possession of its faculties.

The wine yes but more than that – a reflection on all the events that had taken place in Bourgueil, France and the world during that intervening period. A 100-points doesn’t start to cover that. It is entirely inadequate. It makes no more sense than noting railway engine numbers.

It would be good to think that the wine world and wine enthusiasts will one day overcome the addiction to scores – to hurl away the numerical crutch or at least take it down to the nearest charity shop.

1 Corinthians 13:11 sums it up perfectly: ‘When I was a child, I spoke like a child, I thought like a child, I reasoned like a child. When I became a man, I gave up childish ways.’

J-ElvisCUss

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