Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Face à la saloperie, soyons solidaires !

Un seul mot me vient à l’esprit : solidarité. Voilà ce que m’inspire la toute nouvelle délinquance viticole qui semble être une spécialité languedocienne, pas bien jolie celle-là, dans le pays du cassoulet et du fréginat. Avant, elle s’attaquait aux gros, aux négociants, au représentants du Pouvoir. Maintenant elle devient plus lâche que jamais. Voilà, en raccourci, de quoi il en retourne.

Photo©MichelSmith

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Une nuit, sur le coup d’une heure du matin, une poignée d’ignares voulant jouer les petits fiers à bras fachos de service a décidé d’incendier une cave dans le Cabardès, juste comme ça, probablement pour montrer qu’ils avaient des couilles. On vide une bouteille de pastis, on embrasse bobonne et les enfants, puis on y va. Ici, dans le Midi, particulièrement dans l’Aude, des attentats de ce genre ont déjà été commis ces dernières années. Ils visaient à chaque fois des viticulteurs honnêtes et travailleurs, de braves faiseurs de bons vins sans histoire comme Christophe Bousquet, du Château Pech Redon, à qui des branleurs videurs de boîtes de nuit trouvaient rigolo d’ouvrir les robinets de leurs cuves histoire de les vider de tout espoir et de les chasser hors de leurs terres.

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Édouard Fortin a l’avenir devant lui. Photo©MichelSmith

Ce dernier acte touche la cave de Robert Curbières, responsable de la très pacifiste Confédération Paysanne de l’Aude et vigneron au Domaine de Ventaillole. Dans sa cave, le vigneron abritait le stock de son ami, Edouard Fortin, lequel venait de se lancer dans la viticulture et dont la cuvée de Carignan m’avait impressionnée l’hiver dernier.

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Ce qui est réconfortant dans ce genre d’histoire, c’est de voir que la solidarité vigneronne s’est déclenchée sans attendre. En partie grâce à l’action de l’Association Changer l’Aude en Vin qui regroupe quelques vignerons bons vivants et libres penseurs du Minervois, du Cabardès, de la Clape, de Fitou et des Corbières, mais aussi lors d’une manifestation de soutien à laquelle je n’ai malheureusement pu assister.

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Bon, je ne vais pas en faire des tonnes préférant aller droit au but. Un site a été créé par lequel il est possible d’affirmer son soutien au jeune Edouard Fortin afin de lui permettre de redémarrer son activité au sein de son pays d’adoption. Sur PhénixduCabardès.com, on peut d’ores et déjà commander une « Cuvée Solidarité » qui assemble les vins fournis par ses camarades vignerons de l’Aude. On peut aussi acheter la toute dernière cuvée « El Pépé » entièrement dédiée aux vieilles vignes de Carignan. Vous qui cherchez des vins qui ont de la gueule pour accompagner vos futures agapes de fin d’année, c’est le moment d’agir.

Et pour finir, je vous invite à lire la chronique de mon ami Vincent Pousson, connu comme étant un amoureux de l’Aude. Il dit mieux que moi tout ce que cette saloperie lui inspire comme dégoût. Oui, comme ailleurs, le monde du vin peut aussi se montrer dégueulasse.

Michel Smith


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#Carignan Story # 165 : le Pépé d’Édouard résiste fort en Cabardès !

Je vous présente Édouard. Originaire de Valençay, pays de l’Indre connu pour son fromage de chèvre, Édouard Fortin a trouvé refuge dans le Cabardès, près de Carcassonne. Après avoir fait ses classes en viti et viniculture sur une grosse propriété du coin, il a choisi de s’installer à Aragon sur 4,50 ha au Domaine des Quatre Pierres dont il est propriétaire. En tant que vigneron indépendant, il en est à ses débuts et c’est non sans une certaine fierté que, lors du dernier salon Changer l’Aude en Vin, à Leucate (voir mon post de Jeudi), il m’a présenté sa toute première cuvée de pur Carignan mise en bouteilles depuis peu.

Edouard, une nouvelle bouille et un mec fou de Carignan. Photo©MichelSmith

Edouard, une nouvelle bouille et un mec fou de Carignan. Photo©MichelSmith

Honneur à son grand père qui cultivait la vigne bien avant lui dans son Berry natal, le jeune Édouard a baptisé son IGP Aude « El Pépé ». Pas question de revendiquer l’AOP si l’on veut  ne serait-ce qu’inclure quelques grappes de carignan dans l’assemblage puisque le vilain canard qui petit à petit va devenir un cépage rare si l’on n’y prend gare est interdit par les vignerons de l’appellation Cabardès. Tant mieux pour nous, car cela nous permet de boire ce 2012 tirée à 2.000 exemplaires en provenance directe d’une vigne de 70 ans située sur une fort belle parcelle.

Photo©MichelSmith

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Le nez manque encore de précision tant la mise est proche, mais on le sent fin et épicé. En bouche, le vin vinifié en macération carbonique sur 15 jours, affiche un caractère touffu, frais, volumineux. La fermeté ne manque pas, mais c’est un gant de velours dans une main de fer qui laisse largement la place à la fraîcheur et au fruit, lequel se fait bien sentir en finale. Résultat, il ne faut pas être trop pressé pour entamer la bouteille. Pour mon goût, et si tant est qu’il faille fixer une date d’ouverture, j’attendrais encore un an avant de me décider. Prix de ce nouveau Carignan tout bio tout beau ? 9,60 € à condition d’aller chercher le vin dans cette superbe région où l’on rencontre quelques vignerons sympas à l’instar d’Édouard Fortin. Son téléphone : 06 24 27 53 89.

Michel Smith

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