Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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#Carignan Story # 206 : À Millésime Bio, petites nouvelles du beau pestiféré.

Pareil à l’an qui s’en est allé, je vous ai déjà infligé mes découvertes à Millésime Bio Jeudi dernier. J’y reviens en axant mon propos sur le Carignan. Dans les travées du salon devenu désormais incontournable, je suis tombé sur de plus en plus de visiteurs intrigués par le cépage maudit, le pestiféré, le malotru, le pisseux, le roturier. Mes amis journalistes canadiens me paraissaient bien partis pour en faire une vedette prochaine et nombreux furent les confrères de toutes nationalités à me poser des questions à son sujet. Tandis que des vignerons me vantaient leur vin de Pays d’Oc de pur Chardonnay, Sauvignon ou autre Cabernet, je me faisais un malin plaisir de leur rétorquer que tant que cette dénomination n’aura accepté que l’on fit un pur Carignan (le cépage y est toléré, mais pas seul) sous la couverture Pays d’Oc, je faisais le choix d’une grève sur le carreau. Ma décision était prise, unilatéralement, je ne goûterai plus, même sous la pression, tout Pays d’Oc réduisant le Carignan au simple rôle de figurant. Je sais, il ne faut jamais dire jamais…

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Résultat, j’errai dans le camp des « carignanistes » de gauche comme de droite, en fonction de l’allée, à la recherche du temps perdu… et ce fut l’occasion d’en apprendrede bien belles ! Tout d’abord que le Jour du Carignan, ou Carignan Day, était officiellement fixé par décret dictatorial des co-présidents pour le Vendredi 2 Mai. Que le lieu de la fête n’était pas encore décrété, mais que quiconque, n’importe quel vigneron amoureux du Carignan pourrait de son propre chef organiser sa fête avec ses clients et amis. J’apprenais aussi qu’il était fortement question que l’invité d’honneur de cette année soit Sylvain Fadat pour services rendus au « plant dur » et ce depuis plus de 30 ans ! Quant aux membres de l’Association Carignan Renaissance, force est de reconnaître qu’ils commencent de plus en plus à avoir la fibre militante, à jouer les vilains moustiques en piquant là où ça fait mal : pourquoi, par exemple, les appellations sudistes ne laisseraient-elles pas leurs vignerons utiliser comme ils l’entendent, dans les proportions qu’ils souhaitent, le cépage qui fait partie de leur décor, de leur cadre de vie depuis des générations ? Simple question. Simple revendication ?

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Oui, pourquoi s’entêtent-ils à vouloir considérer ce cépage comme secondaire, comme trop productif et exempt de valeur qualitative alors qu’il fait mieux souvent qu’un tas d’autres plants soit disant « nobles » ? Vaste et vieux débat sur lequel je reviendrai… Afin de prouver notre détermination inébranlable, et ce à l’instigation de la Grenache Association, elle-même organisatrice d’événements marquants, tels le Grenache Day ou les G Nights (je sais, l’expression Française en prend un sacré coup…), quelques hardis vignerons de Carignan Renaissance ont accepté de relever un défi en s’affrontant amicalement au divin Grenache, l’autre grand seigneur sudiste. C’était Dimanche dernier, veille de Millésime Bio, dans les salons rustiques du Château du Claud, à Saint-Jean-de-Védas, la banlieue chicos de Montpellier. Une ambiance du tonnerre, une « battle » comme ils disent pour faire « geek », le sourire de la haute savoyarde Marlène Angelloz instigatrice de la soirée, la gentillesse des invités, la bonne température des vins, tout a contribué à montrer que le Carignan pouvait jouer dans la cour des grands. On en a même profité, en petit comité, pour plancher sur l’idée d’un verre Zalto qui pourrait convenir à notre cépage chéri.

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Marlène Angelloz et Sebastian Nickel. Photo©MichelSmith

Marlène Angelloz et Sebastian Nickel. Photo©MichelSmith

Et puis il y eut cette quelque peu bredouillante conférence organisée par mes soins sur le thème du réveil du bel endormi avec la complicité du co-président Sebastian Nickel (allez-y de vos jeux de mots à la gomme…), conférence à laquelle le site de Terre de Vins a bien voulu faire écho la veille de sa tenue. Pour m’éviter de dire des énormités, j’avais fait venir des vignerons experts en la matière, comme Marjorie Gallet (Le Roc des Anges), Bernard Vidal (La Liquière), John Bojanowski (Clos du Gravillas) et Sylvain Fadat (Domaine d’Aupilhac), tous ardents défenseurs de ce cépage, sans oublier l’œnologue Jean Natoli. Je les remercie publiquement de ne pas m’avoir laissé tomber. Puisqu’on en est au stade du « name dropping », merci aussi à mes collègues de blog Jim Budd et Marc Vanhellemont d’avoir sacrifié un peu de leur temps pour écouter mon bavardage en compagnie d’éminents confrères tels André Deyrieux ou Rosemary George. Sans oublier la touche gastronomique apportée par mon ami Bruno Stirnemann, de Pézenas. La dégustation qui s’en suivie eut un grand succès grâce à la présence de quelques Carignans blancs dont ceux du Domaine Le Comte des Floris.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Lors de Vinisud, le Lundi 24 à 10 heures, une autre conférence sera organisée sous l’égide de Sud de France sur le thème : « Le Carignan peut-il renforcer l’identité du vignoble Languedoc-Roussillon ? ». Là aussi il y aura quelques échantillons à goûter ! Pour le reste, l’association travaille sur son logo et sur la mise en route d’un site Internet. Et si vous souhaitez devenir membre de Carignan Renaissance, sous-titrée le Conservatoire du Carignan, je serais en mesure de vous fournir tous les éléments si vous me glissez un mot (pourlevin@free.fr). En attendant, pour vous prouver que j’ai tout de même travaillé lors de Millésime Bio, je vous présente la nouvelle étiquette d’un Carignan déjà évoqué ici, celui du Domaine La Rouviole qui, bien que Minervois, est obligé de s’abriter sous la mention Vin de France. Ce « Revenant », puisque c’est sont nom, symbolise à lui seul le retour et le succès du cépage sudiste. Le 2001 (5000 bouteilles, 13 € départ cave) est bien dans le style du cépage : finesse au nez, fraîcheur et matière en bouche. Ce sont des vignes de plus de 50 ans plantées sur des sols calcaires.

Michel Smith


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#Carignan Story # 169 : Un jour de célébration pour le bœuf au schiste.

Vous ne le saviez peut-être pas, mais Samedi dernier, un jour avant le classique mais ordinaire jour du Seigneur, c’était le Jour du Carignan, ou le « Carignan Day » pour faire plus international. Une occasion de se retrouver entre fous de Carignan comme ce fut le cas l’an dernier pour le premier jour de célébration, en terre minervoise, chez l’ami Pierre Cros, à Badens, autour d’un roboratif cassoulet ! Au cas où vous ne comprendriez toujours rien à cette affaire, penchez vous sur cet article rédigé dans la langue de Goethe (ça me fera au moins un bon commentaire de Léon !), celle que parle si bien mon ami le journaliste André Dominé qui en est l’auteur. Samedi dernier, c’était rebelote, le Jour du Carignan II, un jour lancé comme ça, au pif, comme une boutanche de « Carignator » jetée dans la Grande Bleue, au hasard d’une discussion entre potes même pas amochés par le fait de se retrouver lors d’un Vinisud autour d’un géant « Bar à Carignan » tout juste improvisé.

L'approche de Berlou, avec le Caroux en arrière-plan. Photo©MichelSmith

L’approche de Berlou, avec le Caroux en arrière-plan. Photo©MichelSmith

La session officielle du deuxième Carignan Day, mise sur pieds une fois de plus par Sebastian Nickel qui en est son « inventeur », s’est tenue sur les hauts de la petite commune rocheuse de Berlou (Hérault), dans les locaux aimablement mis à notre disposition par le sieur Jean-Marie Rimbert, accoucheur et empereur autoproclamé du facétieux Carignan de schiste « Carignator » (il entre aussi plus pleinement dans une cuvée « Le Chant de Marjolaine » et, dans une moindre mesure dans la cuvée « Mas au Schiste ») sa cuvée la plus spectaculaire. Au menu : la création sous forme d’association du Mouvement Carignan Renaissance (pas encore de site Internet, mais ça va venir) que j’ai l’honneur de présider, une verticale des carignans de Jean-Marie Rimbert, un bœuf bourguignon au carignan de Berlou, ou Boeuf au schiste, et une promenade digestive dans les vignes pour une photo souvenir. Carignan Renaissance est une idée lancée il y a une dizaine d’année déjà par John Bojanowski qui, avec gentillesse, a accepté que l’on reprenne ce nom pour l’association dans laquelle il milite à nos côtés. Avec son épouse Nicole, il vinifie au Clos du Gravillas, dans le Minervois, un superbe carignan « Lo Veilh » déjà évoqué dans ces pages virtuelles, vin sur lequel je reviendrai un jour plus longuement car il fait partie à mes yeux d’un des grands classiques du Midi.

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Verticale de « Chant de Marjolaine » et de « Carignator » immortalisée par Sebastian Nickel. Photo©MichelSmith

Mais revenons sur un autre classique, notre hôte du jour en l’occurrence, j’ai nommé Jean-Marie Rimbert. Il y aurait tant et tant à dire sur les vins de ce personnage iconoclaste que je préfère vous reporter à la lecture d’un de mes premiers papiers, ici même. Tout comme Pierre Cros il y a un an, Jean-Marie nous proposait en guise de mise en bouche une verticale assez fournie de sa cuvée connue sous le nom du « Chant de Marjolaine », dédiée à sa fille qui porte ce joli prénom. C’est un pur carignan de schiste qui la compose, ne l’oublions pas, plutôt porté sur le fruit, destiné à être consommé non pas dans l’urgence mais assez vite dans le temps, disons 3 à 5 ans. Pourtant, en y regardant de plus près, on s’aperçoit que 1999, le premier millésime de la série, élaboré à partir d’une vendange égrappée (les suivants le seront aussi), bien que présentant une robe quelque peu brunie, est encore très frais et joliment porté sur les fruits rouges confits. Sur les 6 millésimes goûtés, c’est pourtant le plus récent qui l’emportera à mes yeux, un 2006 juteux aux notes d’orange sanguine armé d’une très belle matière. Notons au passage que le 2004 n’a pas démérité.

Jean-Marie Rimbert, l'hôte de ce second Carignan Day. Photo©MichelSmith

Jean-Marie Rimbert, l’hôte de ce second Carignan Day. Photo©MichelSmith

L’autre cuvée star de Rimbert, le « Carignator », plus rarement vinifiée, se composait de 4 flacons dont un magnum. « Carignator 1er » avait la particularité d’assembler deux millésimes, 2000 et 2001, vinifiés en macération carbonique. Il avait fait sensation à sa sortie. Très long en bouche, tout empreint des essences de garrigue, il se manifeste encore par une belle présence tannique qui va lui assurer, à mon avis, quelques années de garde supplémentaire sur ses suivants. Les autres millésimes m’ont paru un peu décevants, exception faite d’un « Carignator 3 » 2008 servi en magnum, distingué au nez, frais, crémeux et particulièrement long en bouche, le genre de vin que j’aurais aimé boire sur une perdrix au chou avec quelques grains de genièvre.

Les autres cuvées dégustées... Photo©MichelSmith

Les autres cuvées dégustées… Photo©MichelSmith

Le plus jeune membre de Carignan Renaissance, Julien Gil, qui va bientôt épouser sa belle compagne allemande, Julia, était venu avec deux millésimes (2009 et 2010) de carignan (IGP Cité de Carcassonne) du Plô Roucarels dont j’avais en son temps apprécié le 2007. Venant après les deux carignan du Puch (2010 et 2011) dont je parlerai pas vu qu’il s’agit d’une petite propriété que je partage avec des amis, c’est le 2010 de Julien qui m’a frappé par son élégance et son côté immédiatement abordable. Je ne sais plus si c’est André Dominé ou Sebastian Nickel qui avait proposée cette bouteille, mais le Côtes du Rhône Villages Saint-Gervais 2007 du Domaine Clavel, déjà goûté pour vous l’an dernier s’est révélé solide comme un bloc, d’une belle netteté et somme tout assez droit.

De gauche à droite : John Bojanowski, Jean-Marie Rimbert et Julien Gil. Photo©MichelSmith

De gauche à droite : John Bojanowski, Jean-Marie Rimbert et Julien Gil. Photo©MichelSmith

Pour la fin, j’ai gardé le somptueux Côtes du Brian 2011 « Lo Vielh » (17 €, départ cave) de Nicole et John, vin bio déjà évoqué plus haut. Il s’agit d’une parcelle plus que centenaire implantée sur le très calcaire terroir de Saint-Jean-de-Minervois. Le raisin a été égrappé avant d’être foulé aux pieds dans des pièces neuves de 450 et 600 litres pour une cuvaison de 4 à 5 semaines. La mise est récente, tout comme celle d’une autre cuvée, version 2010 (10 €), travaillée de la même façon, à partir des mêmes vignes, mais avec une vinification en pièces plus âgées et baptisée « Côté Obscur » car elle a mis plus de temps à se faire. Tirée à 3.500 bouteilles, c’est probablement un des plus complexes vins de Carignan actuellement sur le marché : touches de bois de rose, cacao, myrtille, on a une grande fermeté en bouche et un fruité remarquable en finale. John me dit qu’un restaurant de Perpignan, le Figuier, va l’avoir à sa carte. Je vais pouvoir en profiter !

Michel Smith


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#Carignan Story # 4 : le Carignator de Berlou

Je connais un Carignan génial qui pour une fois n’est pas planté sur argilo-calcaire, le type de sol où il se complait d’habitude dans le Midi et où il est fréquent de le rencontrer. Ce Carignan-là, on le trouve sur les coteaux de schistes, à l’ombre du Massif du Caroux, au nord de Béziers et plus précisément dans un village cul-de-sac nommé Berlou, à moins de 10 km de Saint-Chinian responsable du nom de l’appellation locale.

Ici, la garrigue est reine et c’est précisément dans ce maquis que la vigne tente de se frayer un chemin depuis plusieurs générations grâce au labeur des paysans. Parmi les aventuriers vignerons ayant posé leur sac dans ces coins reculés du Languedoc, Jean-Marie Imbert est une figure héroïque. Grand, pour ne pas dire immense, massif, la voix caverneuse et l’accent rocailleux teinté de provençal, le jeu de mots subtil et jovial à portée de langage, aussi allumé qu’illuminé, le bonhomme a débarqué de son Ventoux natal en 1996. Sa devise le résume bien : «Croqueur de plaisir plus que buveur de temps».

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Jean-Marie collectionne les outils et les vélos

Le Domaine Rimbert couvre aujourd’hui près de 30 ha partagés en une quarantaine de parcelles ici appelées « travers ». Une grande diversité s’offre au vigneron qui peut ainsi s’en donner à cœur joie en vinifiant plusieurs cuvées «Typées», cuvées dans lesquelles le vieux Carignan a son mot à dire. La grande fierté de Jean-Marie Imbert est de revendiquer haut et fort son estime pour le cépage qui nous vaut cette chronique à épisodes. Il lui consacre deux cuvées issues de raisins bien mûrs qu’il égrappe (ou pas) et qui fermente dans ses propres levures avant de le laisser macérer en cuve sans oublier de le piger.
Carignasse-4-2.jpgJean-Marie Rimbert, le Carignator. Photo©MichelSmith

Ses vins sont toujours sur la finesse, un rien charmeurs. Que ce soit dans la version «Carignator» ou «Le Chant de Marjolaine», qu’il appelle aussi volontiers «Carignatora» car plus tendre que le premier. Les deux n’ont pas d’autre appellation que  celle de Vin de Table et cette mention leur va comme un gant. Personnellement, j’avoue un faible pour le «Carignator», un vin aussi sombre que costaud, généralement construit sur plusieurs vendanges à partir du fruit des plus vieilles vignes en partie fermenté en fûts puis élevé en barriques.  Pour en savoir plus, allez sur http://www.domainerimbert.com

J’ai goûté le «Carignator 3», hélas dans le désordre qui marquait la fin de Vinisud, ce qui fait que je n’étais pas assez concentré pour noter dignement ce vin. Mais je me rappelle à la fois de sa fermeté, de son bel équilibre et de sa finale langoureuse. «El Carignator II», son prédécesseur, était de la même trempe, marqué par un velouté de bon aloi et teinté d’une sacrée minéralité.

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Photo©MichelSmith

Ce sont des vins élégants, que l’on réserve aux grandes occasions, qui font merveille sur des plats de gibier; ils étonnent plus d’un amateur si l’on prend la peine de le servir anonymement dans une carafe sans annoncer ni le cépage ni sa provenance. Content de mon piège, je l’ai ainsi fait goûter à un anti -carignanasse primaire qui en est resté sur le cul !

Michel Smith


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#Carignan Story # 3 : Sauvages, mais civilisés…

Semaine après semaine, Michel Smith nous fait découvrir les facettes du carignan, un cépage sudiste jadis honni mais dont on retrouve peu à peu tout le potentiel caché grâce à des vignerons de talent…Ne comptez pas sur moi pour vous sortir une note savante et ampélographique  sur mon cépage chéri. Un jour peut-être… Je m’attarde aujourd’hui dans les contreforts des Corbières, entre les restes du château de Fitou et le fort de Salses, dans le secteur bénéficiant jadis de l’appellation Corbières du Roussillon, époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Ils sont beaux tous les deux. Elle, blonde au sourire lumineux; lui, cheveux noirs en bataille et regard rassurant. Carolin et Nikolaus Bantlin n’avaient au départ aucune connaissance particulière sur le vin. Venus de Stuttgart, ils recherchaient un lieu paisible et ensoleillé sans penser qu’un jour, il leur faudrait acheter la vigne pour assurer leur tranquillité et élever leurs enfants au contact de la nature. Ils ont tout appris dans les livres, sur le tas, puis chez des amis vignerons.
Pour l’histoire de leur vie au grand complet, allez visiter leur site :
 http://www.les-enfants-sauvages.com/page/index.php?id=6&lang_id=fr

Smith-ter-3258 Les Blantin en un instant de charmante complicité. Photo©MichelSmith

À mon grand regret, je ne me suis jamais invité chez eux. Je les fréquente seulement quelques minutes par an lors du génial Salon des Vins Bio qui se tient désormais chaque année à Montpellier, en début d’année. En 6 ou 7 ans, Caro et Niko (pour faire court) ont progressé de façon magistrale en blancs comme en rouges, grâce, je n’en doute pas, à la biodynamie. Une année, lors d’une discussion, je leur ai vivement conseillé d’abandonner le nom ridicule de leur domaine (Domaine des Portes, je crois…) pour quelque chose qui leur ressemble plus. Comme ils ne sont pas stupides et qu’ils ont de la suite dans les idées, ils sont revenus l’année d’après avec de nouvelles étiquettes au nom du Domaine: « Les Enfants Sauvages ». C’est beau, poétique et cela leur va si bien.
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Du Carignan, ils en ont en pagaille, et du vieux, s’il vous plaît.
Pas étonnant que leur cuvée de pur Carignan Vin de Pays des Côtes Catalanes 2007, joliment appelée «Roi des Lézards», donne un rouge  aussi  riche et structuré (on ne parlera jamais assez de l’acidité du cépage, une de ses qualités premières), parfaitement équilibré et long en bouche. Vendu 12€ au domaine, c’est un vin élégant au possible, comme souvent ici discrètement parfumé de garrigue, qu’il convient de boire sans trop attendre sur un gigot d’agneau.

À la semaine prochaine, pour une nouvelle aventure en terres carignanesques !

Michel Smith

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