Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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#Carignan Story # 169 : Un jour de célébration pour le bœuf au schiste.

Vous ne le saviez peut-être pas, mais Samedi dernier, un jour avant le classique mais ordinaire jour du Seigneur, c’était le Jour du Carignan, ou le « Carignan Day » pour faire plus international. Une occasion de se retrouver entre fous de Carignan comme ce fut le cas l’an dernier pour le premier jour de célébration, en terre minervoise, chez l’ami Pierre Cros, à Badens, autour d’un roboratif cassoulet ! Au cas où vous ne comprendriez toujours rien à cette affaire, penchez vous sur cet article rédigé dans la langue de Goethe (ça me fera au moins un bon commentaire de Léon !), celle que parle si bien mon ami le journaliste André Dominé qui en est l’auteur. Samedi dernier, c’était rebelote, le Jour du Carignan II, un jour lancé comme ça, au pif, comme une boutanche de « Carignator » jetée dans la Grande Bleue, au hasard d’une discussion entre potes même pas amochés par le fait de se retrouver lors d’un Vinisud autour d’un géant « Bar à Carignan » tout juste improvisé.

L'approche de Berlou, avec le Caroux en arrière-plan. Photo©MichelSmith

L’approche de Berlou, avec le Caroux en arrière-plan. Photo©MichelSmith

La session officielle du deuxième Carignan Day, mise sur pieds une fois de plus par Sebastian Nickel qui en est son « inventeur », s’est tenue sur les hauts de la petite commune rocheuse de Berlou (Hérault), dans les locaux aimablement mis à notre disposition par le sieur Jean-Marie Rimbert, accoucheur et empereur autoproclamé du facétieux Carignan de schiste « Carignator » (il entre aussi plus pleinement dans une cuvée « Le Chant de Marjolaine » et, dans une moindre mesure dans la cuvée « Mas au Schiste ») sa cuvée la plus spectaculaire. Au menu : la création sous forme d’association du Mouvement Carignan Renaissance (pas encore de site Internet, mais ça va venir) que j’ai l’honneur de présider, une verticale des carignans de Jean-Marie Rimbert, un bœuf bourguignon au carignan de Berlou, ou Boeuf au schiste, et une promenade digestive dans les vignes pour une photo souvenir. Carignan Renaissance est une idée lancée il y a une dizaine d’année déjà par John Bojanowski qui, avec gentillesse, a accepté que l’on reprenne ce nom pour l’association dans laquelle il milite à nos côtés. Avec son épouse Nicole, il vinifie au Clos du Gravillas, dans le Minervois, un superbe carignan « Lo Veilh » déjà évoqué dans ces pages virtuelles, vin sur lequel je reviendrai un jour plus longuement car il fait partie à mes yeux d’un des grands classiques du Midi.

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Verticale de "Chant de Marjolaine" et de "Carignator" immortalisée par Sebastian Nickel. Photo©MichelSmith

Mais revenons sur un autre classique, notre hôte du jour en l’occurrence, j’ai nommé Jean-Marie Rimbert. Il y aurait tant et tant à dire sur les vins de ce personnage iconoclaste que je préfère vous reporter à la lecture d’un de mes premiers papiers, ici même. Tout comme Pierre Cros il y a un an, Jean-Marie nous proposait en guise de mise en bouche une verticale assez fournie de sa cuvée connue sous le nom du « Chant de Marjolaine », dédiée à sa fille qui porte ce joli prénom. C’est un pur carignan de schiste qui la compose, ne l’oublions pas, plutôt porté sur le fruit, destiné à être consommé non pas dans l’urgence mais assez vite dans le temps, disons 3 à 5 ans. Pourtant, en y regardant de plus près, on s’aperçoit que 1999, le premier millésime de la série, élaboré à partir d’une vendange égrappée (les suivants le seront aussi), bien que présentant une robe quelque peu brunie, est encore très frais et joliment porté sur les fruits rouges confits. Sur les 6 millésimes goûtés, c’est pourtant le plus récent qui l’emportera à mes yeux, un 2006 juteux aux notes d’orange sanguine armé d’une très belle matière. Notons au passage que le 2004 n’a pas démérité.

Jean-Marie Rimbert, l'hôte de ce second Carignan Day. Photo©MichelSmith

Jean-Marie Rimbert, l’hôte de ce second Carignan Day. Photo©MichelSmith

L’autre cuvée star de Rimbert, le « Carignator », plus rarement vinifiée, se composait de 4 flacons dont un magnum. « Carignator 1er » avait la particularité d’assembler deux millésimes, 2000 et 2001, vinifiés en macération carbonique. Il avait fait sensation à sa sortie. Très long en bouche, tout empreint des essences de garrigue, il se manifeste encore par une belle présence tannique qui va lui assurer, à mon avis, quelques années de garde supplémentaire sur ses suivants. Les autres millésimes m’ont paru un peu décevants, exception faite d’un « Carignator 3 » 2008 servi en magnum, distingué au nez, frais, crémeux et particulièrement long en bouche, le genre de vin que j’aurais aimé boire sur une perdrix au chou avec quelques grains de genièvre.

Les autres cuvées dégustées... Photo©MichelSmith

Les autres cuvées dégustées… Photo©MichelSmith

Le plus jeune membre de Carignan Renaissance, Julien Gil, qui va bientôt épouser sa belle compagne allemande, Julia, était venu avec deux millésimes (2009 et 2010) de carignan (IGP Cité de Carcassonne) du Plô Roucarels dont j’avais en son temps apprécié le 2007. Venant après les deux carignan du Puch (2010 et 2011) dont je parlerai pas vu qu’il s’agit d’une petite propriété que je partage avec des amis, c’est le 2010 de Julien qui m’a frappé par son élégance et son côté immédiatement abordable. Je ne sais plus si c’est André Dominé ou Sebastian Nickel qui avait proposée cette bouteille, mais le Côtes du Rhône Villages Saint-Gervais 2007 du Domaine Clavel, déjà goûté pour vous l’an dernier s’est révélé solide comme un bloc, d’une belle netteté et somme tout assez droit.

De gauche à droite : John Bojanowski, Jean-Marie Rimbert et Julien Gil. Photo©MichelSmith

De gauche à droite : John Bojanowski, Jean-Marie Rimbert et Julien Gil. Photo©MichelSmith

Pour la fin, j’ai gardé le somptueux Côtes du Brian 2011 « Lo Vielh » (17 €, départ cave) de Nicole et John, vin bio déjà évoqué plus haut. Il s’agit d’une parcelle plus que centenaire implantée sur le très calcaire terroir de Saint-Jean-de-Minervois. Le raisin a été égrappé avant d’être foulé aux pieds dans des pièces neuves de 450 et 600 litres pour une cuvaison de 4 à 5 semaines. La mise est récente, tout comme celle d’une autre cuvée, version 2010 (10 €), travaillée de la même façon, à partir des mêmes vignes, mais avec une vinification en pièces plus âgées et baptisée « Côté Obscur » car elle a mis plus de temps à se faire. Tirée à 3.500 bouteilles, c’est probablement un des plus complexes vins de Carignan actuellement sur le marché : touches de bois de rose, cacao, myrtille, on a une grande fermeté en bouche et un fruité remarquable en finale. John me dit qu’un restaurant de Perpignan, le Figuier, va l’avoir à sa carte. Je vais pouvoir en profiter !

Michel Smith


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#Carignan Story # 168 : à boire en été, jusqu’à la Saint-André…

C’est un Coteaux de Bessilles 2012. Un peu rustique, soit, j’en conviens, et goûté à l’emporte-pièce, je l’avoue, après une matinée de dégustations et un après-midi de practice de golf lors des journées Millésimes en Languedoc organisées au Château des Carrasses, entre Narbonne et Béziers,  par Clair de Lune, une agence de RP très active dans le Sud… Cette soirée, sorte de soirée de clôture, était consacrée aux IGP et, bien entendu, la plupart des participants avaient préférés leurs merlots, syrahs & co sous prétexte qu’évidemment un pur Carignan ne pouvait que gâcher la fête et ne pas intéresser les nombreux journalistes internationaux présents.

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Bruno Peyre, Clos des Clapisses. Photo©MichelSmith

Seul mon pote Bruno Peyre, du Clos des Clapisses, malicieux comme à son habitude, avait osé présenter son Carignan, non pas en rouge, mais en blanc et en rosé. Bien joué le Bruno ! Comme par hasard son stand, si on peut appeler une table un stand, était dévalisé par des journalistes chinois ou danois dont la curiosité avait été aiguisée par la belle acidité du Carignan. Ne souhaitant pas faire un énième papier sur un énergumène pour qui mon cépage chéri est adulé, j’ai cherché désespérément ailleurs, du Carignan, du bon et du vrai, du rouge quoi. C’est alors que j’ai rencontré Jean-Louis Reffle, lequel avait mis sa plus belle chemise pour l’occasion.

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Jean-Louis Reffle, Directeur de la cave de Montagnac. Photo©MichelSmith

Directeur de la cave coopérative de Montagnac, dont j’avais apprécié quelques jours avant un bon Picpoul de Pinet, Jean-Louis m’a présenté sans attendre sa bouteille « de base », une cuvée bien carignanisée (à 80%, le reste en grenache), le fameux Coteaux de Bessilles cité plus haut, IGP un peu oubliée à mes yeux dans la mesure où je n’avais pas souvenance d’en avoir goûté depuis des lustres. Oh, à 3,50 € départ cave, tiré à 120.000 bouteilles, il ne faut pas s’attendre à quelque chose d’extraordinaire. Le « Saint-André », puisque tel est son nom, est un vin facile et léger, sans trop d’aspérités et très « coulant », qui se laisse boire sans souci comme on dit maintenant et que j’ai bu sans me plaindre sur la grillade de saumon, plat typiquement languedocien s’il en est.

Le Saint-André. Photo©MichelSmith

Le Saint-André. Photo©MichelSmith

Bon, comme je suis de bonne humeur, je ne vais pas insister sur l’originalité d’un tel mets parfaitement ancré dans la gastronomie locale (pas même un petit pâté de Pézenas à se mettre sous la dent !) qui montre que, lorsqu’il s’agit d’impressionner la presse internationale, nos édiles viticoles manquent souvent d’idées et de savoir-faire. De ce côté-là, Sud de France et consorts ont encore bien des progrès à réaliser… Ne titrant que 12,5°, fait à partir de vignes de Carignan d’un âge respectable (50/60 ans) vendangées à la machine, vinifié à chaud après une macération de 8 à 12 h, mon petit « Saint-André » fait partie de ces vins du Midi peu glorieux et pourtant attachants que l’on prend plaisir à vider de temps en temps, surtout quand vient l’été et que vos amis vous ont autorisé à le servir frais ! Je conseille donc de le boire lors d’une grillade ou d’un pique-nique d’ici la Saint-André (30 Novembre), avant que l’hiver ne fasse des siennes.

Sur la terrasse du Château des Carrasses. Photo©MichelSmith

Dégustation sur la terrasse du Château des Carrasses. Photo©MichelSmith

Au fait, si d’aventure vous passez par là cet été, non loin de Pézenas, profitez-en pour vous balader sur le circuit balisé par la cave où s’exposent de nombreuses statues de pierre représentant des scènes et des personnages liés au vin

Michel Smith

PS Un savoureux cadeau au passage : ce joli texte de Vincent Pousson un confrère carignophage dont le blog me réjouit toujours, un texte sur un personnage habitué de nos pages, j’ai nommé Léon Luc Charlier dont la cuvée « La Loute » est ici encensée à juste titre. Il s’agit-là d’un Carignan de garde dont je vous ai déjà causé dans cette rubrique. Et puis, rien ne vous empêche de visiter le blog de ce personnage hors du commun qui parle de tout et de n’importe quoi, mais qui adore s’emporter pour un oui, comme pour un non.

Bonne lecture !


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#Carignan Story # 167 : En avant les Yerle !

Si vous ne connaissez pas encore Puech Auriol, c’est le moment ou jamais ! Conseillé de maints domaines viticoles en Europe, Stéphane Yerle, Bigordan d’origine, est un technicien formé à l’école Ducourneau (Madiran). Il fait partie de ces gars que j’aime bien côtoyer pour leur curiosité, leur largesse d’esprit et cette volonté qu’ils ont, mieux, cet enthousiasme à vouloir se rapprocher de la vigne, la source même de leurs travaux. Avec son épouse Cécile, qui elle est du pays, Stéphane met tout en œuvre pour, en dehors de ses voyages, se rapprocher de cette « vigne mère », ou « vigne jardin » qui lui permet de se ressourcer. Installés à la Villa Voltaire, sur Cazouls-les-Béziers, les Yerle conduisent leur vignoble en biologie depuis pas mal de temps déjà. Travail du sol, apport de fumier, les vignes sont effeuillées à la main et vendangées en vert, les raisins sont ramassés en caissette puis élevés en petites cuves sur leurs propres lies de fermentation.

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Le Carignan, qui dans cette cuvée « domaine » est âgé de 50 ans en moyenne, occupe chez eux une place prépondérante, persuadés qu’ils sont que la diversité de l’encépagement fait la force du Languedoc. Il est planté sur marnes sableuses du Miocène et argilo-calcaires du Pilocène. Ils ont aussi quelques spécimens de ce cépage en blanc qu’ils associent au chardonnay. Une autre vigne perdue dans la garrigue est plantée de pure syrah, tandis qu’il reste des parcelles de grenache donnant un excellent « Tourments » élevé en pièces de 600 litres, sans oublier de l’aramon et du cinsault qui, associés au carignan et au grenache donne une explosif vin de soif appelé « Gros Grains » (7 € départ cave) que les amateurs s’arrachent pour accompagner les grillades.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Servi frais en ce premier jour de presqu’été, le vin se boit divinement bien sur une tranche de veau accompagnée de petits légumes. Non filtré, pour ainsi dire prêt à boire, ce Puech Auriol 2010, Coteaux d’Ensérune pour les initiés, se présente avec un nez étoffé et fin, légèrement marqué par la garrigue et la framboise sauvage. D’un registre plutôt léger malgré ses 13,5°, il se conduit avec fermeté en bouche, se faisant à la fois pulpeux et charnu, maintenant de purs accents fruités jusqu’en finale. On peut encore l’attendre 2 à 4 ans. Cela n’empêche qu’à deux, en lui laissant quand même le temps de respirer (décantage), la bouteille (9 € départ cave) a été vidée en un rien de temps ! Croyez-moi, c’est un bon signe !

Michel Smith


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#Carignan Story # 166 : La mauvaise terre de Grand Moulin

Vu que je ne manque plus d’échantillons de Carignan à tester – c’est fou le nombre de vignerons qui, de Hyères à Perpignan s’y mettent ! – je vais pour une fois prendre un malin plaisir en cette chronique dominicale d’opérer un retour en arrière, un salutaire flash back comme je les affectionne, un retour sur commentaires pour souligner, ce qui n’est pas la règle chez moi, les progrès d’un vigneron en matière de Carignan. Oh, je sais, le gars dont je vais vous causer n’a pas besoin de moi pour conseil. Il appartient aux Corbières depuis son plus jeune âge tandis que de mon côté j’étais ballotté sur les pavés parisiens où, il est vrai, selon les quartiers, il n’était pas rare de voir pousser le pissenlit. Pourtant, si je me relis bien, j’avais quelque peu égratigné son Carignan goûté dans les travées d’un grand salon régional ayant pour nom Vinisud. J’aime à penser qu’ayant lu mon commentaire, il s’est dit : « Nom de Dieu, il a raison ce journaliste défroqué ! Je vais lui montrer de quel bois je me chauffe ! ».

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Prétentieux que je suis, je rêve qu’un vigneron, plutôt que de m’en vouloir à mort, prenne le taureau par les cornes, devance mon appel, et fasse tout pour mieux faire, pour frôler la perfection. Jean-Noël Bousquet a-t-il songé à tout cela en enfantant son petit dernier ? Bien sûr que non, sinon il m’aurait envoyé l’échantillon « en direct ». Or, son dernier Carignan, un 2011, Vin de France livré en bourguignonne, m’a été confié par son attachée de presse Christine Ontivéro qui fut ma dernière (enfin, à mon âge il reste encore un peu d’espoir…) compagne et qui, n’étant pas une fan des blogs traitant du vin, n’avait pas lu mon article paru l’été dernier… Un article parlant d’une IGP Aude du même millésime, mais en bordelaise cette fois, agrémenté de 15 % de syrah. Ce carignan pas tout à fait pur et peu cher, avait été ramassé « en partie » à la machine (contrairement à ce qu’indique la fiche technique sur son site), du moins c’est ce que m’avait dit Jean-Noël à l’époque, alors que ce dernier Carignan, me semble-t-il, relève plus sérieusement d’une vendange manuelle égrappée. Bon, quoiqu’il en soit, je ne vais pas vous faire tout un fromage de ces détails qui, au final, n’intéressent que peu de monde. Allons droit au but et disons qu’il apparaît que ce vin a été plus soigné que le précédent.

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D’abord, au lieu d’un duo de cépage carignan/syrah entrevu lors de Vinisud 2012, c’est un nom de lieu-dit qui est mis en avant. Mieux, un nom de terre car, comme le rappelle Jean-Noël Bousquet sur la contre étiquette, « La Pège » est le nom que l’on donne à cette terre ingrate et aride qui, jadis, était réservée aux plus pauvres des paysans. « Il se trouve que cette Pège fut ma première acquisition quand j’ai débuté en 1973 », explique Jean-Noël Bousquet. Alors, que voulez-vous, sensible comme je suis, il se trouve que face à une telle présentation, je fonds.

Je l’ai d’abord bu sur un thon rouge cuit saignant à la poêle avec quelques asperges vertes. Ça passait comme une lettre à la poste ! Puis je l’ai goûté le lendemain sur mon antipasti favori,  deux ou trois feuilles de papier à cigarette de lardo di colonato posées sur une tranche de pain de campagne toasté : c’était bon aussi. Bu seul, le vin reste un tantinet rustique, mélange de garrigue et de notes herbacées. Mais il s’ouvre sur des aspects plus soyeux, plus ronds, du volume aussi lorsqu’il « chauffe » (14°5 d’alcool) gentiment la bouche offrant par moments de vibrantes notes d’orange sanguine allant vers une finale plus sur le fruit et la belle amertume. Attention, nous ne sommes pas forcément sur un schéma de grand vin, ni sur celui d’un vin de longue garde, mais plus sur l’idée d’un rouge simple, confortable, un vin qui rassure et qui assure. Son prix : 7,80 €.

Michel Smith


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#Carignan Story # 165 : le Pépé d’Édouard résiste fort en Cabardès !

Je vous présente Édouard. Originaire de Valençay, pays de l’Indre connu pour son fromage de chèvre, Édouard Fortin a trouvé refuge dans le Cabardès, près de Carcassonne. Après avoir fait ses classes en viti et viniculture sur une grosse propriété du coin, il a choisi de s’installer à Aragon sur 4,50 ha au Domaine des Quatre Pierres dont il est propriétaire. En tant que vigneron indépendant, il en est à ses débuts et c’est non sans une certaine fierté que, lors du dernier salon Changer l’Aude en Vin, à Leucate (voir mon post de Jeudi), il m’a présenté sa toute première cuvée de pur Carignan mise en bouteilles depuis peu.

Edouard, une nouvelle bouille et un mec fou de Carignan. Photo©MichelSmith

Edouard, une nouvelle bouille et un mec fou de Carignan. Photo©MichelSmith

Honneur à son grand père qui cultivait la vigne bien avant lui dans son Berry natal, le jeune Édouard a baptisé son IGP Aude « El Pépé ». Pas question de revendiquer l’AOP si l’on veut  ne serait-ce qu’inclure quelques grappes de carignan dans l’assemblage puisque le vilain canard qui petit à petit va devenir un cépage rare si l’on n’y prend gare est interdit par les vignerons de l’appellation Cabardès. Tant mieux pour nous, car cela nous permet de boire ce 2012 tirée à 2.000 exemplaires en provenance directe d’une vigne de 70 ans située sur une fort belle parcelle.

Photo©MichelSmith

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Le nez manque encore de précision tant la mise est proche, mais on le sent fin et épicé. En bouche, le vin vinifié en macération carbonique sur 15 jours, affiche un caractère touffu, frais, volumineux. La fermeté ne manque pas, mais c’est un gant de velours dans une main de fer qui laisse largement la place à la fraîcheur et au fruit, lequel se fait bien sentir en finale. Résultat, il ne faut pas être trop pressé pour entamer la bouteille. Pour mon goût, et si tant est qu’il faille fixer une date d’ouverture, j’attendrais encore un an avant de me décider. Prix de ce nouveau Carignan tout bio tout beau ? 9,60 € à condition d’aller chercher le vin dans cette superbe région où l’on rencontre quelques vignerons sympas à l’instar d’Édouard Fortin. Son téléphone : 06 24 27 53 89.

Michel Smith

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