Les 5 du Vin

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#Carignan Story # 235 : Charivari bis… chez les Escande.

Le charivari, c’est une sorte d’énorme tintamarre, un joyeux bordel où le bruit des casseroles se fait entendre. Sauf que pour moi, c’est le nom d’un Carignan du Roussillon dont il était question ici dimanche dernier. Enfin, et surtout, c’est aussi le nom de cet éphémère restaurant d’été que le blogueur Vincent Pousson et sa compagne sommelière Isabelle Brunet ont ouvert chez Michel Escande, à La Borie de Maurel, juste au-dessus de Félines, dans le Minervois. Tout compte fait, le nom n’est que la reprise de ce qui était à l’origine un bar à vins vigneron à une époque bénie où l’on ignorait encore le mot barbare d’œnotourisme. Décidément, je n’en fini pas avec le charivari… J’y étais Dimanche et j’y retourne aujourd’hui pour un stage en sommellerie !

Photo©MichelSmith

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Comme je vous l’avais laissé entendre dimanche dernier, le dîner du Charivari était entièrement consacré à notre cépage fétiche. Vous voulez savoir comment c’était ? Pas de surprises : je me suis éclaté. D’abord avec deux carignans blancs, l’un jeune des frangins Xavier et Mathieu Ledogar, dans les Corbières, et l’autre plus âgé de Daniel Lecomte des Floris dans l’arrière-pays de Pézenas.

Isabelle s'occupe du Carignan... Photo©MichelSmith

Isabelle s’occupe du Carignan… Photo©MichelSmith

...et Vincent se charge du Cochon. Photo©MichelSmith

…et Vincent se charge du Cochon. Photo©MichelSmith

Parmi les carignans du soir, il y avait celui de Tonton Raymond, nom affectueux donné au sieur Raymond Julien, du Minervois lui aussi. Véritable fan du Carignan, il est venu en presque voisin avec quelques vieux millésimes sous le bras (dont un remarquable 2003) en plus de son superbe 2011. Un autre revenant, toujours du Minervois, le fameux Boulevard Napoléon, un parfait carignan pour gentlemen britanniques vinifié dans le village tout proche de La Livinière par l’ami Benjamin Darnault. Comment, vous ne vous souvenez pas de ce vin décrit ici même l’an dernier  ?

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Bon, j’ai goûté deux autres vins, dont un somptueux Font Sanatis 2010 de Benoît Braujou, mais je n’ai pu écrire quoique ce soit compte tenu de l’ambiance festive du dîner, surtout vers la fin. En revanche, j’ai pu me pencher plus sérieusement sur le Vin de France Rêve de Carignan 2011 vinifié de mains de maître par Gabriel, ici on préfère employer le diminutif de Gaby, l’un des deux fils de Michel Escande, le patron des lieux. Michel, qui est plutôt syraphile (sa cuvée Sylla est devenue une légende du Languedoc) ne pipe pas un mot sur le vin de son fils et quelque chose me dit que Gaby lui-même n’est pas du genre à se mettre à table. Bref, on réglera ça plus tard. Il ne me reste plus qu’à lui dire bravo pour ce rêve éveillé bu avec délectation, une cuvée tirée à moins de mille exemplaires, si j’ai bien compris, au point qu’il ne figure même pas sur le tarif. D’ailleurs, le mystère total plane sur ce rouge que j’avais goûté il y a quelques années lors d’un Vinisud bien arrosé. On jurerait qu’il y a du bois, mais on en n’est pas certain. A-t-il été éraflé ou pas ? That is the question… Très vieilles vignes ? Oui, sans nul doute. Que dire de plus ? Eh bien qu’il commence tout juste à s’épanouir, à se libérer. Doté d’une remarquable intensité, riche en matière, solide mais pas lourd, tonique mais sans dureté aucune, il a été d’une incroyable précision sur la daube de cochon sauvage cuite dans les lies du même Carignan. Un rêve éveillé, vous dis-je !

Mon petit doigt me dit que si l’on arrive à mettre la main sur ce 2011, par exemple – il paraît qu’il n’est pas si onéreux que ça -, on aura fait au moins une belle affaire dans sa vie ! D’autant que l’habillage du vin est très soigné. Mais il semblerait que Gaby ne souhaite pas faire cette cuvée tous les ans… Allez savoir ! Quoiqu’il en soit, faîtes de beaux rêves.

Michel Smith

 

 


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#Carignan Story # 234 : Mais quel Charivari !

Hier, j’ai assisté à la belle étoile, plus précisément à la Borie de Maurel, dans le Minervois, à un dîner Carignanesque et Gargantuesque savamment orchestré par la divine et poitevine sommelière, Isabelle Brunet et son espiègle compagnon ariégeois, Vincent Pousson. Pour l’occasion, le lieu était baptisé le Charivari en souvenir du bar à vin éponyme ouvert en ce même domaine en 2000 par la paire Michel Escande/Vincent Pousson. Coïncidence, quelques jours auparavant, j’ai eu l’occasion de tapasser dans le nouveau bar à vins rural, La Fabrique, aux pieds de Latour de France 66) que vient d’ouvrir notre cuisinier, Pierre-Louis Marin qui s’est vu octroyer un macaron au dernier livre rouge du pneu pour son travail à l’Auberge du Cellier, à Montner, le village voisin.

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Le nouveau Carignan Piscine de l’été ! Photo©MichelSmith

Non par radinerie, mais beaucoup plus par souci de test pour ma chronique, j’ai opté pour le vin le moins cher de la carte – enfin je pense -, l’amusant et intriguant Charivari 2013 du Domaine du Possible que dirige Loïc Roure. Commercialisé à 13,50 € sur cet excellent site de vente, je ne l’ai payé que 15 € sur table à La Fabrique ! Une bonne affaire pour ce vin très estival pas trop coloré, ni trop copieux, un de ces vins légers, fruités et copains que j’aime qualifier de simple au grand dam de certains commentateurs. Pourquoi se compliquer la vie lors d’un repas qui se voulait lui aussi drapé dans la simplicité ?

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Servi comme il le faut dans son ice bar, ce Côtes du Roussillon rouge produit en Fenouillèdes était tellement bon et frais qu’il nous a mis le baume au cœur mon fils et moi en ce dimanche frisquet du mois d’août. Au point que nous avons décrété que ce serait notre carignan piscine de l’été ! Ça n’a fait rire que nous, mais comme on était gais comme des pinsons, ce n’est pas grave…

Michel Smith


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#Carignan Story # 232 : les Terres Noires de l’Emporda

J’ai trouvé cette bouteille dans le rayonnage d’une grande surface du vin (aïe, je vais encore me faire démolir par les staliniens de veille…) en Catalogne espagnole grâce au vendeur à qui j’ai demandé un Samso pas trop cher. Si vous suivez cette rubrique dominicale, vous savez désormais que le Samso est le nom que les Catalans donnent au Carignan. Comme dans le proche Roussillon, de l’autre côté de la frontière, les Catalans redécouvrent leur Samso avec plus ou moins de bonheur. Des deux côtés, il m’est arrivé d’en goûter de bien tristes, de bien rustiques et de bien navrants. J’ai partagé souvent avec vous ces expériences. Je continue.

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Celui-ci, payé 9,66 € chez Grau, à Palafrugell, non loin de Cadaquès, est le premier que je goûte qui soit pleinement satisfaisant. Espelt  est sa marque, ou plutôt le nom du domaine, du mas, devrais-je dire, sur la commune de Vilajuïga, en bordure du Parc Naturel du Cap de Creus, non loin de la côte. Terres Negres le nom de sa cuvée. Son appellation – on dit ici D.O. – est l’Emporda, du nom de cette région au sud de la France et bien au nord de Barcelone.

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Tiré à 36.000 bouteilles, il porte le nom français de son cépage sur la contre-étiquette. En réalité, l’emprise du Carignan n’est ici que de 80 %, le reste étant l’apanage du Grenache noir. Son degré m’impressionne : 14,5°. À mon avis, vu sa chaleur en bouche, il frise les 15 degrés. Mais ce n’est pas vraiment gênant, thanks to the Carignan ! Le nez est assez envoûtant avec ses notes terreuses, grillées, épicées. La bouche est copieuse, pleine, finalement assez équilibrée. Un vin bien mûr qui peut encore attendre à mon avis 3 à 4 ans sans encombres. Et c’est avec un lièvre ou un lapin de garenne qu’il sera au mieux de sa forme.

Michel Smith

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#Carignan Story # 231 : Discrétion absolue…

Il est connu pour son rosé, un des plus sûrs de La Londe-les-Maures comme le signalait ici même l’ami Marc alors qu’il nageait dans le luxe et s’amusait à taquiner le homard en lui imposant son classique mariage avec le Côtes de Provence La Londe. Et voilà que le même domaine nous signe dans la discrétion la plus totale un joli Vin de Table à plus de 80 % carignan. Face aux îles du Levant, en filant vers Saint-Tropez, le Château Tour Saint-Honoré est un domaine que l’on pourrait qualifier de discret. Sur son site internet, dans son encépagement, il ne mentionne même pas la présence du Carignan planté pourtant sur 2,5 ha.

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Ce domaine aurait-il peur du qu’en dira-t-on ? Aucune mention non plus de la cuvée HA, pour Hors Appelation. Le propriétaire, Serge Portal, aurait-il honte de ses carignans ? Je ne le crois pas puisqu’il m’en a parlé avec enthousiasme cet hiver lors de Vinisud. Il est vrai que ce vin bio de Provence est plutôt du genre modèle réduit, produit à 1500 ou 1800 bouteilles. Fait à partir de grappes entières de vignes dont les plus jeunes sont âgées de 50 ans, je l’ai trouvé plutôt sympa : beau nez, souplesse en bouche, puis bonne petite structure minérale pour finir, bref un parfait vin d’été que je boirais volontiers sur des tains. J’allais oublier son prix : 5,30 € départ cave. Carrément sympa pour l’été !

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                                                                                                                        Michel Smith


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#Carignan Story # 230 : Sus au pénible !

Dans le Midi, rien n’est tout à fait comme ailleurs. En dépit des apparences, le réveil qualitatif auquel on a assisté depuis 30 ans n’est pas uniquement l’œuvre de « people » en vue, comme on peut le constater en Provence ou du côté de Bordeaux où de richissimes néo-ruraux en quête de préretraite viennent chercher refuge dans le monde du vin disneyisé. Ici, le renouveau des vignobles s’inscrit dans l’épopée des gens de la terre, ancrés qu’ils sont dans l’Histoire. En schématisant peut-être un peu trop vite, beaucoup des vignerons d’aujourd’hui sont des Languedociens pur jus que l’épopée industrielle a fait descendre jadis des rudes coteaux de cette garrigue ingrate du Haut-Languedoc dans l’intention de produire en plaine et en quantité dans des conditions d’apparences moins rudes.

Marre des vins pénibles ! Photo©MichelSmith

Marre des vins pénibles ! Photo©MichelSmith

Sans cesse poussés par l’esprit bassement mercantile d’un négoce avide de vins de table trafiqués si dévastateurs pour l’organisme et payé à vil prix au producteur, les producteurs se sont emballés, les vignes sont devenues de grossières vaches à pisser le pinard, les coopératives se sont multipliées pour défendre le productivisme et la chimie s’est emparée du vin faisant la fortune de certains, la ruine des autres. Caricature, allez-vous me dire. Et pourtant, qui se souvient de ce Midi rouge et frondeur, de ce cafetier viticulteur nommé Marcellin Albert haranguant la foule du haut de son platane, de la troupe prête à défendre les préfectures face à des gens ruinés réduits à la castagne ? C’est dans ce perpétuel conflit où les années fastes succèdent aux crises que naquirent des vignobles comme Faugères ou Saint-Chinian aujourd’hui respectés à défaut de n’être encore réputés sur la scène mondiale du vino business.

Photo©MichelSmith

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Ainsi, de braves viticulteurs sont-ils redevenus de vrais vignerons, restaurant avec foi et amour des coteaux délaissés car si peu productifs. Dans les années 80 jusqu’à l’aube du millénaire, on voit naître des cuvées monstres à défaut d’être monstrueuses, des rouges sur mûrs, sur extraits, sur boisés, sur maquillés, surfaits, sur médaillés, sur médiatisés… Qui sait, caché au bout de sa rue Marcellin Albert, à Trausse-Minervois, le sage Luc Lapeyre, à force de caresser sa généreuse barbe toute argentée, se souvient peut-être qu’il est passé par là, par cette époque où l’on cherchait plus à singer le Bordelais plutôt qu’à ressembler à son pays. Comme d’autres vignerons de son envergure, c’est-à-dire des hommes de la terre qui ne se pètent pas le melon, Luc se lamente : « Y’en a marre du vin pénible » ! Il me l’a ressorti l’autre jour lors d’une conversation. Au début, cette réflexion revenant souvent chez lui, je me suis dit : « Ça, cette espèce de désinvolture, c’est tout Luc, du Lapeyre tout craché ! » Puis je me suis aventuré à lui demander : « Qu’entends-tu par là ? »

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En bavardant avec lui tout en goûtant son dernier Amour de Carignan, j’ai réalisé combien ce bougre de Vigneron, amateur comme moi de bonne cuisine campagnarde avait raison. Mille fois raison. Oui, y’en a ras le bol de ces vins pénibles où l’on ne sent rien, de ces jus où l’on se demande « Mais où est le vin ? », de ces bibines trop travaillées, trop parfumées, trop étriquées, de ces vins mondains sans âme, de ces pinards que l’on avale péniblement et que l’on laisse sur un coin de la table en se demandant : « Putain, où est la bouteille d’eau ? ». Oui, mon ami du Haut-Minervois, plus que jamais aidé de son fils Jean-Yves, a fichtrement raison de maugréer dans sa barbe : « Y’en a marre des pénibles ».

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Du Carignan, les Lapeyre en ont sauvé 5 ha sur les 32 qu’ils cultivent. Une bonne partie va dans cet Amour de Carignan provenant de vignes vendangées à la machine et situées en majorité sur des terres argileuses. Moyenne d’âge : 50 ans. Production : 8.000 flacons. Prix : 5 euros départ cave. Extraction à froid, fermentation sur 10 à 15 jours, mise en bouteilles juste avant le printemps suivant, c’est un vin sans prétention, je serais tenté de dire "sans pénibilité", corsé au nez avec ce qu’il faut de notes de mûres et de cade, d’accents de garrigue en bouche, une pointe d’amertume pas trop gênante et le fruit qui s’accroche en finale laissant une bouche bien fraîche. Le vin parfait pour une grillade d’été. On le boira bien frais sur des brochettes avec force de poivrons, tomates et oignons. Sans oublier le thym. Et sans effort !

Michel Smith

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#Carignan Story # 229 : À Saint-Chinian, Bordes n’a rien de gnangnan !

Je sais, ce n’est pas très brillant comme jeu de mots. J’implore votre pardon, cher Padre Carignanus. Encore plus navré car dans Carignanus, il y a… Bon, passons et revenons à des choses plus sérieuses.

J’avoue que j’ai découvert ce domaine poussé par des amis connaisseurs alors que j’errais lamentablement dans les travées de Vinisud cet hiver à la recherche du mistigri. Et c’est ainsi que je suis tombé nez à nez avec un mec à la bouille pas possible, un peu comme un Pierre Vassiliu des années 70 pour ceux qui n’ont pas oublié l’animal. Bonne tête de paysan, rond, épanoui et rigolard, le visage encombré de poils, les cheveux en désordre comme un homme de Tautavel qui se serait rasé au silex, le mec se dresse pile devant moi tel un menhir de petite taille, mi provocateur, mi charmeur, d’un air de dire « est-ce qu’on peut devenir pote avec un hurluberlu en perdition tel que ce Smith » ?

Mine de rien, ça compte une tronche. Dans le cyclisme comme dans le vin, une bonne gueule qui interpelle vaut mieux qu’une sale gueule qui ne revient à personne. Jim ne me contredira pas.

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Le gars est un bon vivant qui menait en ville une vie relativement confortable – j’ai cru comprendre qu’il était plombier – mais qui n’avait qu’un rêve dans la vie, celui de s’enraciner dans la campagne de son pays pour partager plein de choses avec sa famille et ses amis. Afin de mieux vous le présenter, j’ai retrouvé un petit film qui le résume bien. Allez le voir ici et vous comprendrez mieux.

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Donc, je rencontre Philippe Bordes du Domaine Bordes, un gars attachant que tout le monde autour de Saint-Chinian semble aimer. Lui et sa compagne Emma ne possèdent pas un gros domaine : tout juste une dizaine d’hectares. Quelques parcelles à leur mesure conduites en bio, tantôt sur des argilo-calcaires, tantôt sur des schistes, avec des cuvées que les amateurs commencent à s’arracher, notamment son pur Mourvèdre, sans oublier sa cuvée haut de gamme, un pur Carignan.

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Des Carignans centenaires que Philippe conserve jalousement et qui entrent dans une cuvée « Elles » (hommage à ses filles et à leur maman) fort joliment présentée sous la mention IGP Monts de la Grage. Le vin a 30 mois de barriques et il n’est pas donné (une trentaine d’euros), mais il convient aussi d’ajouter que les bouteilles ne sont pas nombreuses à la vente. Un 2010 non filtré au nez opulent et complexe (fruits de garrigue), un peu corsé à l’attaque, mais devenant vite gracieux, équilibré, frais et parfaitement à l’aise aujourd’hui sur un canard aux olives, par exemple, ou sur un cul de veau (quasi) cuit longuement en cocotte avec un peu de crème et des girolles.

-On peut rencontrer les Bordes au hameau de Tudery, entre Saint-Chinian et Assignan. Leur téléphone : 06 66 60 85 10.

                                                                                                                     Michel Smith


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#Carignan Story # 228 : Rien à voir avec des Romains, ce sont des Romarins…

Nul doute que Cylia et Laurent Pratx sont fiers de présenter leur premier cent pour cent Carignan. Basés pour l’instant dans une vieille demeure de Rivesaltes en bordure d’Agly avec leurs quatre enfants, ils vont s’installer dans un avenir proche en plein cœur du vignoble d’Espira-de-l’Agly. Ce jeune couple débordant d’enthousiasme pour leur Domaine Serre Romani (montagne des romarins) qui s’étend jusqu’au territoire du cru Maury, a la vigne pour porte-étendard, mais aussi l’olivier et l’abricot pour arrondir les fins de mois difficiles. La juste maturité du fruit, ils connaissent et, si elle s’exprime à merveille et avec panache dans un pur Grenache noir (9,90 €), une cuvée Providence de vieilles souches, elle se ressent aussi dans ce 2013 de belle extraction dédié au Carignan Catalan comme ils le stipulent avec force, et commercialisé à 7,50 € départ cave.

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Pour ce premier millésime d’IGP Côtes Catalanes issu de Carignans plutôt anciens plantés sur les terres noires du secteur d’Espira-de-l’Agly, l’accent est mis sur la souplesse, la facilité. Tout en étant léger, le vin ne manque pas de chaleur. Ni de fruit : pur jus de chair de bigarreau en l’occurrence. Histoire de corser le tout, de petits accents tanniques et grillés viennent titiller le vin, comme pour l’encourager à marquer encore plus le palais. Ça se boit plutôt frais et sans tralala sur un poulet grillé au dessus de la braise avec force de romarin ou de thym. Les romarins ? Je les connais bien, eux qui fleurissent en pagaille de l’hiver au printemps dans cette vallée de l’Agly. On aimerait juste un peu plus de structure acide, un peu plus de peps comme disent les cuisiniers, pour le faire accompagner un thon saignant revenu de la planxa en une sorte d’aller-retour réglé avec maestria et minutie. Pour ma part, je l’ai trouvé fort à mon goût sur le couscous de poulet avec boulettes et courgettes fondantes. Bel été !

Laurent Pratx, heureux vigneron. Photo©MichelSmith

Laurent Pratx, heureux vigneron. Photo©MichelSmith

Michel Smith

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