Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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#Carignan # 194 : à Bellegarde, il n’y a pas que la Clairette.

Bon, je n’ai rien contre la belle Clairette du Midi, celle du Languedoc qui brille dans les assemblages à Châteauneuf-du-Pape. Encore moins contre celle de Bellegarde, mais comme mon sujet est le Carignan, j’men vais vous causer d’un petit ovni à base de Carignan blanc.Vous le savez peut-être, en la matière mon préféré reste de loin celui du Domaine Lecomte des Floris, « Lune Rousse », dont je vous chanterais les louanges bientôt, pour peu que je mette de l’ordre dans mes carnets de dégustations. Eh bien, ce petit dernier, celui du Clos des Boutes, à Bellegarde (Gard), se pose en challenger. Il est l’œuvre de Sylvain Boutée, modeste vigneron qui, avec 8 ha en bio (depuis 2007), régale son monde avec des Costières bien axés sur le fruit, une inévitable Clairette et, en Pays du Gard, un Carignan blanc de toute beauté !

Photo©MichelSmith

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Le 2011 peut paraître assez sobre de prime abord, mais en réalité, il sautille de joie une fois bien installé en bouche. Pour faire bien, on dirait qu’il a un « touché » remarquable tant il est dense, riche, droit et structuré. Je le verrais bien sur une terrine de lapin ou une fricassée de champignons des prés préparée avec un peu de crème fraîche. Son auteur me dit qu’il existe aussi un Carignan noir qu’à mon grand regret il n’a pu me faire goûter. Toujours est-il que ce vin, comme presque tous les autres de la cave, est commercialisé autour de 16 euros pour le particulier ce qui, lorsque l’on travaille sur des rendements plutôt bas, comme la plupart des bons vignerons du Sud, me semble raisonnable. Pour joindre le vigneron, essayez le téléphone : 04 66 20 00 36 ou 06 03 41 15 49. Ou encore votre bon vieux clavier : closdesboutes@yahoo.fr.

Michel Smith

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Die, Tonton, qu’est-ce que tu bois?

Le saviez-vous ? Die compte parmi les plus anciens terroirs de vin à bulles au monde. Laissez donc Tonton Hervé vous en conter l’histoire…

Il était une fois au bord des Alpes un peuple qui s’appelait les Voconces, et qui produisait du vin selon une curieuse méthode; d’après Pline l’Ancien, qui les cite dans son Histoire Naturelle, ces Gaulois plongeaient les récipients contenant le vin en début de fermentation dans les rivières de leurs montagnes pour lui conserver son pétillant – le principe même de la Méthode Dioise. Pline écrivait ceci en 77 après JC, ce qui ne nous rajeunit pas. Et des outils à vocation bachique retrouvés sur le site d’une ancienne villa viticole de Pontaix confirment le passé viticole antique de la région.

Diois

Au bout du Diois

Vive le chemin de fer!

Preuve supplémentaire de la qualité des vins: au 14ème siècle, un édit interdit l’apport de vins extérieurs dans l’aire de production de la Clairette de Die.

Celle-ci connaît un premier essor au 18ème siècle, avec la création de nombreuses caves. Avec l’arrivée du chemin de fer, à la fin du 19ème siècle, elle part à la conquête du marché français; dès 1910, elle est reprise dans le classement des futures appellations. Ce statut d’AOC lui est conféré en 1942.
La production connaît un nouveau développement avec la création de la cave coopérative, en 1950. Développement qui se traduit par un accroissement de la superficie viticole.
Dans le même temps, les procédés de production sont mieux encadrés: en 1971, la Méthode Dioise Ancestrale -utilisée pour cette seule AOC- est précisée.

La méthode Dioise

Dans cette méthode, différente de celle utilisée pour les Crémants, la première fermentation est volontairement incomplète. Elle est ralentie ou arrêtée par le refroidissement du moût à basse température. Le moût est par la suite mis en bouteille, sans ajout de liqueur de tirage, et le processus de fermentation est relancé par une augmentation de la température, le dioxyde de carbone généré lors de cette fermentation en bouteille créant l’effervescence. La fermentation s’arrête naturellement lorsque le vin atteint un degré d’alcool proche de 7° à 9°. Les vins produits par la méthode rurale sont parfois troubles à cause de la présence de sédiments. A Die, on utilise un filtrage sous pression qui permet de clarifier le vin sans pour autant nuire à son effervescence.

Outre la Clairette de Die (paradoxalement, majoritairement issue de Muscat), les 31 communes de l’aire d’appellation du Diois produisent aussi le Crémant de Die (appellation reconnue en 1993). Il s’agit d’un vin effervescent élaboré selon la méthode dite traditionnelle.

En parlant de tradition, et pour ne pas rester la bouche sèche après toutes ces explications, j’ai débouché une Clairette Bio Tradition de chez Jaillance (alias Cave de Die). Voici mes notes de dégustation.

Robe : Brillant, or pâle, bulle fine. Nez: Pâte de coing, herbe fraîche, notes de fruits exotiques. Bouche: équilibrée, notes d’infusion (tilleul, camomille…) et belle nervosité, de l’élégance – il y a une vie après la touche sucrée.

Accords gourmands: tout seul, en milieu d’après-midi. Ou bien au dessert, sur des glaces, des tartes, des crumbles au fruits, ou un moelleux au chocolat.

Hervé Lalau

PS. Quand le sage montre la lune, est-ce que l’idiot regarde le Diois?

 

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