Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Comme les 5 doigts de la main

J’aime bien cette expression: « comme les 5 doigts de la main ». 

En plus, on est 5 à la maison. On est aussi 5 aux 5 du Vin, vous l’aviez remarqué!

L’avantage de cette main-là, c’est que chaque doigt garde sa pleine liberté de mouvement. Mais quel doigt au juste est chaque membre du club? Un peu de psychologie à la noix, ça vous dit? C’est parti!

 main

La main en version originale

Réglons déjà le cas du majeur

Le majeur, c’est moi. D’abord je suis le plus grand, et puis c’est moi qui ai eu l’idée, alors c’est normal que les autres doigts s’articulent autour de moi. Vous trouvez ça un peu présompteux de ma part? Vous avez raison. Moi aussi. D’ailleurs, rien n’est plus loin de ma manière de voir les choses. Je n’aime rien plus que le débat, la fraternité, les échanges.

Et si j’étais un vin? Je serais un Cabernet Franc de Loire, tendu, mais gouleyant. Légèrement acidulé. Un vin qui décape un peu, mais aussi qui  fait rire.

Voyons maintenant le cas du pouce.

Là, pas d’hésitation, le pouce, c’est Michel. La rondeur. La force, aussi. Force de conviction. Michel, c’est un vrai chef dans l’âme. Même qu’on n’aime pas ça, hein, les gars, mais comme c’est lui, on le laisse dire et on fait à notre idée. Mais gentiment, quand même, parce que c’est un bon gars. Et puis toujours prêt pour la castagne, l’indignation, mais le coeur sur la main, même qu’il se demande souvent s’il ne va pas trop loin…

Et si c’était un vin? Je vous le donne en mille: un carignan du Roussillon, issu de ceps bien torts, bien noueux. Celui-là, je ne l’ai pas sucé… de mon pouce.

Passons au petit doigt

Là, je pense à Jim. Malin comme un bonobo, ce rosbif. Non, plutôt comme un bull-dog. Excuse-moi, l’ami, tu pourrais prendre ça pour une injure, et dans ma bouche (où je mettais plutôt mon pouce que mon petit doigt, quand j’étais gosse), c’est un compliment. Je veux dire que tu es un battant, un tenace. Et puis aussi, tu n’aimes pas les demi-vérités, et encore moins les demi-mensonges.

Jim n’aime rien plus que fouiller, fouiner, mettre au jour ce que d’autres auraient laissé dans l’ombre par facilité ou par paresse. Le petit doigt, il paraît que c’est le plus fort de tous les doigts, en rapport taille/puissance. Et puis, il a l’oreille pour lui tout seul…

Et si c’était un vin? Un Vouvray, je pense. Sec, ou liquoreux? Les deux. Quand on aime, on ne choisit pas. Mais de vignes sans désherbants chimiques, alors…

Voyons l’index

Là, je pense inévitablement à David, qui passe sa vie à expliquer, à vulgariser, à indexer – voyez un peu son site Eccevino, ou écoutez ses chroniques sur BFM.  Ce que j’admire le plus, en lui, outre sa compétence à la dégustation, c’est son éclectisme – il connaît le vin sous tous ses aspects, qualité, vinif et business; et puis, dans une autre dimension, il est artiste-peintre. Il est aussi maçon, à ses heures. Et puis motard. Et puis rugbyman. Et puis expert en cricket. Son blog, « More than just wine », vous donne une petite idée de ses multiples facettes. Il me fait penser à ces savants du 18ème siècle, qui pouvaient parler de tout… et bien. Bon, il a bien un défaut, il est Anglais, un drôle d’Anglais en rupture d’Angleterre, tour à tour fermé comme une huître, caustique comme la soude, ou expansif comme un Gascon.

Et si c’était un vin? Et bien ce serait un Champagne plein d’esprit, qu’on boit ‘tongue in cheek ».

Last but not least

Enfin, il reste l’annulaire. Et Marc. Bon, pourquoi ce choix? D’abord, parce que tous les autres doigts ont déjà été attribués. Et puis, parce que je vois bien Marc faisant un doigt d’honneur virtuel à tout ce qui peut ressembler à une fausse gloire.  Et puis Marc, c’est un vrai copain. Un type sur qui on peut compter, même pour vous dire quand vous vous plantez. Non, surtout quand vous vous plantez. C’est précieux, ça. Marc, c’est aussi un type multi-dimensionnel. Ca fait au moins 15 ans qu’on se côtoie, et plus je le vois, et plus je me dis que sous ses allures d’ours mal léché se cachent des trésors de délicatesse. Lisez ses commentaires de vins, on dirait de la poésie, et pourtant, c’est précis aussi.

Et si c’était un vin? Ca ne serait pas un Bordeaux, j’en suis sûr. Trop ennuyeux pour lui. Un Châteauneuf du Pape, sans doute; mais blanc, pour le plaisir du contrepied.

Et le sixième?

Voila, j’ai attribué les 5 doigts. Mais comme les 3 Mousquetaires étaient 4, les 5 étaient 6. Même s’il a pris du recul, aujourd’hui, je ne peux oublier Jacques Berthomeau, co-fondateur de cette coopérative de l’écriture. Sacré bonhomme., ce Jacques. Un stratège doublé d’un homme d’action. Un vrai Vendéen.

Et si c’était un vin? J’avais pensé à une Négrette de Mareuil, par tradition familiale. Mais à la réflexion, je crois qu’il préférerait un Corbières de Coopérative, ou un Rivesaltes. Le côté populaire, mais pas populiste.

J’ai fini. Et comme on dit dans la langue d’Eddie Murphy (qui n’est plus vraiment celle de Shakespeare), Give me five!

Hervé

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