Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


5 Commentaires

Olivier Cousin and who owns brand ‘Anjou’

Image

Olivier Cousin soon after he had been ordered to pay €1 to the Fédération Viticole.

At the time it must have seemed a rather good idea to get the local fraud boys to call in on Olivier Cousin, finger his collar and to bang him to rights over various infringements of the vin de table rules, in particular the use of Anjou. A chance to put a provocative and outspoken vigneron in his place.

Whether the Fédération Viticole d’Anjou-Saumur and the INAO still think, after the conclusion of a legal action that has run for at least three years, that it was such a brilliant idea is an interesting question. True the Fédération did release an upbeat press statement following the verdict claiming victory. But the reality is surely rather different.

Although he has been ordered to pay a symbolic €1 to the Fédération and a similar sum to the INAO it is Olivier Cousin, who is the clear victor. After all the public prosecutor had asked for a fine of €5000. Clearly the judges decided that given the changes made to the Cousin labels since 2011 such a fine would be excessive and they listened instead to Eric Morain, Olivier’s impressive Parisian lawyer.

It didn’t help that the avocat, Alain Fouquet, representing the Federation and the INAO made a right pig’s ear putting their case and brought well deserved mockery on his head during the 5th March 2014 hearing.

If the Fédération effectively lost in court, it certainly lost by default in a larger forum – the world-wide web. They failed to realise that nowadays these cases can easily become a global cause célèbre and they made no attempt to put their case to a wider audience. Equally, as far as I am aware, there was no-one from the Fédération or the INAO to brief the press at any of the hearings before the Angers court.

In contrast Olivier and his supporters understood how to use the new social networks as well as the traditional media. This case has brought amazing and priceless worldwide publicity for Cousin and his wines. It has enabled him to contrast his biodynamic viticulture with the ‘industrial’ approach allegedly adopted by many AC Anjou producers as well as provoking questions over why the ingredients in wine are not listed as they are for many other drinks and foodstuffs.

Most importantly it has highlighted the debate over who owns brand ‘Anjou’, which is a debate that stretches way beyond Olivier Cousin. During the 5th March 2014 hearing Eric Morain claimed that ‘Anjou’ had been expropriated by appellation Anjou for their exclusive use and he challenged their right to this monopoly.

I suspect that French senator, Christian Béchu, who used to be the president of the Conseil Général de Maine-et-Loire and who is now the Maire of Angers, would agree with Morain as he has been keen to promote the idea of Produit d’Anjou’ for a number of locally made products in the face of opposition from the Fédération Viticole.

Béchu: “Je ne vois pas en quoi notre marque pourrait concurrencer l’AOC Anjou, réagit Christophe Béchu qui continue le dialogue avec les vignerons. Notre marque locale aura une résonance locale. L’idée est avant tout de favoriser les emplois locaux.” (9th January 2013)

The debate has already been running a number of years:

Image

Utilisation du mot Anjou : différent entre vignerons et Conseil Général, bientôt le tribunal ?
Les vignerons tiennent à leurs appellations d’Origines Contrôlées Anjou et protègent leur « marque » comme la prunelle de leurs yeux. Anjou Cola par exemple ne les fait pas rire du tout. Viticulture et Conseil Général ont une vision de la notion de marque. Le tribunal devra-t-il trancher ?
http://www.saumur-kiosque.com/infos_article.php?id_actu=13860

Polémique. La marque « Produit d’Anjou » se heurte au veto des vignerons
‘Le conseil général, qui souhaite étendre sa marque « Produit d’Anjou » aux métiers de bouche ainsi qu’aux boissons, est en discussion tendue avec la fédération viticole du Maine-et-Loire qui craint une concurrence avec l’AOC « Anjou ». Un bras de fer « musclé » s’est engagé.’

La première initiative a été lancée en novembre 2011, en s’appuyant sur l’expérience menée par des horticulteurs angevins.
http://www.ouest-france.fr/polemique-la-marque-produit-danjou-se-heurte-au-veto-des-vignerons-346534

The conflict may well end up in court. Cousin’s symbolic single euro payment to the Fédération could certainly indicate that the judges are not very sympathetic their claim to an exclusive right to brand ‘Anjou’.

-7474932563279183615_1

 


8 Commentaires

Contrôles et interdictions dans le vin: quelle efficacité ?

C’est en relisant le texte d’une interdiction promulguée le 31 juillet… 1395 que je me suis mis a cogiter sur l’efficacité relative des différents types de contrôle des entreprises privées que sont les producteurs de vin.

Evidemment la notion d’entreprise privée demanderait à être bien définie. Par exemple, cette notion n’avait pas le même sens à la fin du 14ème siècle que de nos jours. Je ne parle évidemment pas des expériences de gouvernance de la production par des Etats qui tentaient d’abolir la notion de propriété et d’entreprise individuelle. On se souvient des catastrophes humaines et qualitatives que cette approche a provoquées dans le pays de l’ancien bloc soviétique. Mais, malgré ces différences de contexte considérables, je crois qu’il est quand même intéressant de regarder ce qui se passe sur le moyen et long terme quand une instance, qu’elle soit politique ou économique, tente d’imposer ses choix.

Un des cas les plus radicaux dans le domaine du vin, même si nous manquons de témoignages quant à l’efficacité du décret en question, fut le décret de l’Empereur romain Domitien qui ordonnait d’arracher toutes les vignes de Gaule. En réalité, il semblerait que cela était destiné surtout aux vignes plantées en plaine et qui faisaient concurrence au blé, bien plus utile que le vin. Mais c’était tout de même assez sévère. Il a fallu attendre 200 ans  pour qu’un de ses successeurs, Probus, redonne espoir aux vignerons gaulois !

Des cas récents dans le vignoble français incitent aussi à cette réflexion, dans un registre mineur bien évidemment. Je parle de la tentative en cours par l’INAO de faire condamner au tribunal le vigneron Olivier Cousin pour un usage supposé illégitime d’un nom de région (Anjou), mais aussi à la récente condamnation à une amende symbolique d’un autre vigneron, Emmanuel Giboulot, qui a refusé d’acheter, et donc d’appliquer, un produit agréé "bio" pour se prémunir contre la cicadelle, vecteur d’une maladie de la vigne. Ces cas sont différents, bien entendu, mais ont un point essentiel en commun : le refus d’obéir à une injonction qui invoque la loi du pays, ou de l’instance qui gouverne leur domaine de production.

474px-Philippe_II_de_Bourgogne

Philippe II, Duc de Bourgogne

Retournons à l’édit mentionné au début de ce texte, qui émanait du Duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, et qui frappait d’interdiction le cépage Gamay.  Je vais vous la fournir presque en entier (d’après les versions de Rossignol, 1854 et Vermorel, 1902) :

(NB, l’orthographe variable et étrange n’est pas le fait d’un anglais ignare, mais correspond aux versions citées du texte originel. N’oublions pas que nous sommes au 14ème siècle) 

"un très-mauvaiz et très-desloyaulx plant nomméz Gaamez, duquel mauvaiz plan vient très-grant habondonce de vins… Et lequel vin de Gaamez est de tel nature qu’il est moult nuysible a creature humaine, mesmement que plusieurs, qui au temps passé en ont usé, en ont esté infestés de griesz maladies… car le dit vin qui est yssuz du dit plant, de sa dite nature, est plein de très-grant et horrible amertume… Pourquoi nous… vous mandons… sollempnellement à touz cilz qui ont les diz plans de vigne des diz Gaamez, que yceulx coppent ou fassent copper en quelque part qu’ilz soient en nostre dit pais dedens cing mois".

(Je crois que je vais retenir l’expression suivante pour une prochaine critique d’un vin que je trouverai vraiment mauvais : "moult nuysible a creature humaine").

 

Gamay par Vermorel

une grappe de gamay, telle que le livre de Viala et Vermorel la montre

 

En tout cas, les gens du Beaujolais et d’ailleurs apprécieront l’avis de Philippe le Hardi. Il ignorait certainement que le Gamay est un des enfants naturels du pinot noir et, donc, par voie de conséquence, du très prolifique gourais (il faut dire que les enfants "naturels" étaient chose courante à l’époque). Quoi qu’il en soit, il est heureux que  l’internet n’ait pas existé pas à l’époque, car on imagine le tollé ! Combien de signataires de pétitions pour sauver le soldat Gaamez ?

Plus sérieusement, quel a été le résultat de ce décret plutôt sévère ? Probablement une migration du Gamay vers le Sud et les collines du Mâconnais et du voisin Beaujolais, même si quelques poches subsistent en Côte d’Or où le Gamay est admis, à la hauteur d’un tiers au maximum, dans le Bourgogne d’assemblage nommé Passetoutgrains. Nous voyons là une premier tentative, du moins en France, d’appliquer le principe qui deviendra, bien plus tard, un des fondements d’une appellation contrôlée de vin : un territoire associé à des variétés de vigne en particulier, à l’exclusion d’autres.

tenuta-san-guido-sassicaia-bolgheri-tuscany-italy-10119910

 

Ce principe, défendu avec ardeur par les tenants du système d’appellation contrôlée (et protégée), a donné lieu à des nombreux conflits et parfois, plus tard, à des modifications du dit système lui-même. Je pense au cas de la Toscane, en Italie où l’apparition, à partir des années 1970, de vins de très haute qualité dans le région côtière autour de Bolgheri (à l’époque dénuée de toute appellation pour le vin), a enclenché un processus qui a entraîné une révision radicale de la structure des appellations dans ce pays. Ce changement de cap a également été provoqué par les absurdités des anciennes règles qui gouvernaient l’appellation Chianti et qui ont poussé certains des meilleurs producteurs à sortir de cette dénomination afin de faire de meilleurs vins rouges. Dans ces cas, les interdictions ont été favorables à la qualité, à moyen terme, mais bien malgré elles. On pourrait parler d’une "bonne contre-productivité". Le pionnier de ce mouvement fut la Tenuta San Guido, propriété de la famille Inchisa della Rocchetta et leur vin Sassicaia. Au début simple Vino di Tavola, ce vin de la région de Bolgheri a maintenant sa propre DOC, Bolgheri Sassicaia.

Trevallon 1

Le cas du Domaine de Trévallon en France est un peu similaire mais, étant un cas unique dans sa région, ce domaine n’a pas réussi à faire plier le système des appellations contrôlées; ni à lui faire rendre raison de ses absurdités, généralement commandées par un soi-disant intérêt commun, autrement dit le nivellement par le bas. Entre 1993 et 1994, le vin du Domaine de Trévallon, déjà mondialement connu, a du troquer son modeste label de Coteaux d’Aix en Provence – Les Baux pour celui, encore plus modeste, de Vin de Pays des Bouches du Rhône. Pourquoi? Parce que l’INAO a cédé à la pression d’autres producteurs des Baux qui voulaient imposer un maximum de 25% de cabernet sauvignon dans les vins de l’appellation, alors que Trévallon en avait le double et refusait de l’arracher. Mais cela n’a pas nuit à son image, ni à ses ventes, et il continue à se vendre bien plus cher que les autres vins des Baux, car il est tout simplement meilleur.

On voit que tout système produit des contre-courants et des formes de rébellion. C’est quasiment comme une loi de la physique. Mais est-ce que cela veut dire que toute forme de rébellion ou de résistance à une force dominante est défendable ? Un anarchiste dirait forcément "oui" à cette question. Je pense qu’il faut regarder au cas par cas.

Pour aider, je propose de se poser la question suivante: est-ce que la cause défendue risque d’être bénéfique pour les consommateurs, puis, éventuellement, pour un ensemble significatif de producteurs autour ou dans une situation similaire (à défaut de tous)?

Enfin, regardons quelles sont les options pour les opposants à un système généralement bien plus fort et mieux armé qu’eux ? Il y en a trois : confrontation, contournement ou capitulation. La confrontation peut coûter cher: demandez à un opposant russe ou chinois. Le contournement serait une sorte de Wu-Wei, cher aux taoistes. La capitulation n’est probablement pas une option sérieuse pour quelqu’un qui est convaincu de son bon droit et assez déterminé. On le voit par les exemples cités ci-dessus : il vaut mieux adopter le contournement dans bien des cas. Dürrbach, de Trévallon, n’a aucun mal à placer ses vins, hors appellation contrôlée, et à des prix deux ou trois fois au-dessus de ceux qui sont restés dans l’appellation Baux. En Italie, Sassicaia, avec ses collègues de la Costa Toscana (Ornellaia,  Ornellaia, Guado al Tasso, Solaia, Masseto etc) a réussi à faire bouger les lignes d’une structure d’appellations rétrograde, inadaptée à la réalité.

Sujet à méditer pour d’autres cas, je pense.

 David Cobbold

 

 


2 Commentaires

Vigneron râleur, vigneron cocu, scènes de la vie quotidienne

On râle. C’est bien connu, le Français râle sans arrêt. On pourrait même dire, au risque de choquer les plus prudes et les vieux croûtons, que le Français gueule. Du Nord au Sud, il rouspète. "Non mais t’as vu l’autre pingouin qui nous gouverne !" Du bonnet rouge Breton au vétérinaire Normand, il descend dans la rue. De gauche, du centre ou de droite, sans parler de ces extrêmes qui nous polluent la vie, les Français braillent à tue tête. L’actualité nous le prouve, il ne se passe pas un jour sans qu’une corporation se manifeste. Les vignerons aussi, par la force des choses. Et je le comprends, car ils en ont marre de perdre leur temps dans les vicissitudes de l’Administration, avec un grand « A », des règles du jeu qui se compliquent à longueur d’année et qui changent du jour au lendemain, sans préavis, des pénalisations pour quelques centimes ou centilitres, des contributions directes ou indirectes réclamées pour on ne sait quoi, des normes qu’il faut remplir, des formulaires « dématérialisés » supposés nous simplifier la vie et qui nous les brisent, des cases que l’on ne cesse de cocher car, forcément, on en oublie toujours une vu qu’on est des cons de culs terreux.

Deux vaillants vignerons de nos montagnes, Jacques Sire et Benoît Danjou. Leurs enfants pourront-ils poursuivre leurs oeuvres ? Photo©MichelSmith

Deux vaillants vignerons de nos montagnes, Jacques Sire et Benoît Danjou. Leurs enfants pourront-ils poursuivre leurs oeuvres ? Photo©MichelSmith

Et puis il y a l’Europe, l’incompréhensible Europe, celle qui génère des histoires à dormir debout telle que cette mésaventure arrivée à un vigneron audois qui aurait pu être originaire du vignoble de Bordeaux, de Madiran ou d’ailleurs, histoire que nous narre l’ami Vincent Pousson que je vous invite à lire. Lire, certes… Dans lire, je retiens ire… La lecture vous permettra de manifester aussi la vôtre puisque, grâce aux Espagnols et à l’Europe, nos sols sont toujours allègrement pollués… Dès lors, pas étonnant qu’un beau jour notre vigneron craque. Et ça fait les titres de la presse. Normal qu’il craque, non ? Déjà que les règles sont aussi strictes que stupides. Contre qui éructer ? Comme toujours il s’en prend à l’INAO, son gouvernement à lui, celui qui est censé le représenter. Ainsi, j’apprends ce 21 Octobre dernier, au matin, vers 11 h, via le site de Decanter, que l’Union Viticole Sancerroise, le syndicat des vignerons de Sancerre en somme, menace de quitter l’appellation Sancerre si l’INAO persiste à vouloir fermer quelques unes – guère plus d’une dizaine – de ses vingt cinq antennes régionales afin de les regrouper ailleurs par souci d’économies. À ce propos, j’attends toujours que les sites Français soit disant pros sortent des infos sur les vignobles hexagonaux avant les anglo-saxons… mais bon, je suis moi-même très en retard puisque l’ami Hervé m’a largement devancé et de façon magistrale. Il faut lire son article ici même pour mieux subodorer ce qui se trame dans l’univers de nos appellations.

Au dessus du vignoble de Tautavel. Pour combien d temps la vigne?

Au dessus du vignoble de Tautavel. Pour combien de temps la vigne? Photo©MS

Je ne rentre pas dans les détails car ce serait bien trop long et fastidieux pour le lecteur. Sauf à dire que nous avons été soumis, dans le Roussillon, au même régime minceur concernant l’INAO, plus précisément son bureau local et qu’un compromis a été trouvé avec un plan d’évacuation conduisant presque à mi-chemin, sur Narbonne au lieu de Montpellier avec vraisemblablement quelques suppressions de postes généreusement accompagnées. On va encore dépenser du fric, indemniser, réaménager des bureaux, voire construire des locaux flambants neufs, afin de supprimer sans états d’âme une « antenne » obsolète, comme ils disent, mais au combien précieuse pour le vigneron. En jargon bureaucrate, cela s’appelle une restructuration, à moins que ce ne soit une réhabilitation…

Le vignoble de Banyuls, face à la Méditerranée pour donner des vins uniques. Photo©MS

Le vignoble de Banyuls, face à la Méditerranée pour donner des vins uniques. Les vignes du haut sont progressivement abandonnées au profit de vignes du bas plus faciles d’accès… Photo©MS

Et quelle antenne, je vous le demande ? Celle de Perpignan, un des fleurons de la Chambre d’Agriculture où il ne restera plus que des douaniers, des têtes pensantes et du marketing. Cette antenne comptait une misérable poignée de fonctionnaires compétents et ouverts devenus au fil de leurs missions de grands connaisseurs des vins et des spécialités du Roussillon, Catalan ou pas. Spécialités au premier rang desquelles figurent des vins uniques avec des appellations confirmées depuis belle lurette et des vignerons hautement qualifiés. Ces spécialités, je ne parle là que des vins dits naturels (VDN) soufrés ou pas, aux noms de Rivesaltes, Maury, Banyuls et autres Muscats, vins sublimes. Elles ont le tort de représenter un vignoble en péril, des vignerons vieillissants et sans successeurs, des terres arides qui comptent pourtant parmi les meilleures du monde avec des rendements de gueux, mais des terres aux prix d’achat les plus bas de France, meurtries à jamais par l’imbécile arrachage aveugle de cépages jugés trop vieux, obsolètes et pas assez dans le coup de cette putain de mondialisation à outrance que l’on cherche à nous imposer depuis 40 ans.

IMG_1230

De vieilles vignes de Carignan balayées par le vent… pour combien de temps encore. Photo©MS

 

Si Dali voyait ça ! Quand le Belge Patrick Fiévez s'amourache de vieilles vignes de Grenache noir… Photo©MS

Si Dali voyait ça ! Quand le Belge Patrick Fiévez s’amourache de vieilles vignes de Grenache noir… Photo©MS

Oh je sais, il va bien y avoir parmi vous quelques doctes savants qui vont nous déballer leurs chiffres, nous parler de progrès, me dire que je mélange tout et n’importe quoi, que je n’y connais que dalle, qu’il y a une crise un point c’est tout, que je suis passéiste, frustré, coincé de je ne sais quelle partie de mon auguste corps. Bien sûr qu’il y aura des spécialistes éminents, des journalistes même, qui diront que j’ai tort de m’emporter, que les choses ne sont pas si simples, qu’il faut bien établir des règles, protéger l’environnement, renouveler le vignoble, moderniser les exploitations, que sais-je encore. Reste que chez nous, à force de nous déshabiller, à force de nous imposer les logiques d’un marché impitoyablement aveugle, à force de brader le peu d’intelligence qu’il nous reste, le peu de spécialités que nous avons, à force d’écraser notre savoir comme de sacrifier nos prix, nous allons devenir d’ici peu des zombies avec juste de quoi aller faire une fois par mois la queue dans un hypermarché à bas prix pour acheter au kilo de la merde en boîtes ou en sachets. Qui sait, pour deux ou trois euros, on aura (on a déjà ?) un vin copie conforme de Sancerre – du sauvignon produit à la chaîne, par exemple – peut-être bien estampillé Val de Loire, sinon composé de raisins venus de tous les coins de la planète où nos « flying winemakers » auront un accès sécurisé, facile, optimisé, automatisé, fluide, efficace et rapide. On appellera ça du vin.

2246421438

En attendant, il me semble que c’est le vigneron qui est cocufié, en même temps que le consommateur.  Dali, l’évoquait en son temps… C’est grave, docteur ?

Michel Smith


5 Commentaires

The trials of our Cousin – a work in progress by Georges Feydeau

Image

Olivier Cousin

Image

Serving Pur Breton

Last Wednesday 2nd October many in the wine world both in France and outside expected the long running case against Olivier Cousin to come to a conclusion. This hearing was due for the afternoon.

Around 14.30 with perhaps 50 of Cousin’s supporters crowded into the back of the court, Alain Fouquet, the barrister for the INAO, pleaded for a delay. As a civil party in this case ‘they hadn’t had time to prepare their case’.  Fouquet spoke of the importance of this case. Searching for the moral high ground He spoke of the significance of the terroir and the human influence – ‘les hommes et le terroir’.

Although Eric Morain, Cousin’s Parisian lawyer, objected strongly and spoke eloquently against the possibility of delaying this case that had already taken two years to come to court, the judges, after retiring to consider the INAO’s request, agreed that the hearing should be pushed back to 5th March 2014 at 14.00 hours.

Was this a delaying tactic by the INAO concerned that the proceedings against Cousin have become a cause célèbre attracting considerable attention in the press and on the internet? Wednesday’s court hearing was front-page news in the regional Courrier de l’Ouest (2nd October) and Libération ran an article the day before. On the net the influential Jancis Robinson MW ran a news item that morning on her site.

The plea for a delay by the INAO widens the focus from Anjou onto the appellation system itself. It was a letter from the Fédération Viticole de l’Anjou-Saumur, which provoked the visit to Cousin’s domaine by the Répression des Fraudes (DGCCRF) in 2011. The Fédération’s complaint then was over the use of Anjou Olivier Cousin on his wine cases. However, this did not worry the DGCCRF agents as this was printed on the box not on the label – a nice Feydeau touch here! Instead they objected to ‘Anjou Pur Breton’ on the labels of Cousin’s vin de table – Cabernet Franc from the 2009 vintage. Under the vin de table rules there could be no mention of which part of France the wine came from, the vintage nor the grape variety. Under the 2009 reform, which created Vin de France, the grape variety and vintage can be mentioned on the label but still not where it was made.

In all 2802 bottles carried the offending label. There is no doubt that Cousin broke the rules that ought to have warranted a small fine. Instead Cousin faces a possible two years in prison and a fine of up to 37,000€. The case documents now well over a foot high – a small mountain in formation! The case and the threatened punishment is out of all proportion to the offence. Not to mention the amount of public money that is being spent on this.

It is very difficult to argue that Cousin benefitted financially from using ‘Anjou’ on his labels. Unfortunately Anjou is not one of France’s most prestigious appellations. The majority of Cousin’s wines are exported and I suspect that people buy his wines because they are made by him.  Certainly by now Olivier Cousin is a much stronger brand than Anjou.

Cousin and Morain have also staked out the moral high ground emphasizing Cousin’s biodynamic viticulture and natural winemaking and contrasting this with 134 chemical products allowed in AOC winemaking (Courrier de l’Ouest: 3.10.13).

Inevitably views have become polarized. There is a tendency for some in the natural wine camp to dismiss all ‘non-natural’ wines as industrial concoctions, while there are those from the other side who dismiss natural wines as being faulty. Neither position stands up to any scrutiny.

There are some excellent ‘natural’ wines. Equally there are some terrible ‘natural’ wines. Also there are many producers not in the natural camp that farm responsibly and make excellent wines, without using the arsenal of products available to them. See Vincent Pousson’s excellent post on his blog of 3rd October. http://ideesliquidesetsolides.blogspot.fr/2013/10/nul-nest-cense-ignorer-la-loire.html

Although as the Courrier de l’Ouest suggests the case is likely be decided by the letter of the law, the INAO has widened the debate and has thus become the major issue. Is the organization still fit for purpose?

Why are an increasing number of high quality producers considering opting out of the AOP system and moving to Vin de France? I saw Noël Pinguet (formerly of Domaine Huet in Vouvray) a fortnight ago. He said that he had discussed the possibility of withdrawing from AC Vouvray with Anthony Hwang and that Anthony had been sympathetic to the idea. In Muscadet last week Marie Luneau-Chartier explained that they were ditching the traditional Muscadet bottle for their single vineyard wines because of Muscadet’s poor reputation with the consumer, who is convinced that all Muscadet should be cheap to drink as an aperitif and shellfish. The Luneaus find it impossible to get consumers to take the Muscadet Crus Communaux seriously unless they opt for a different shaped bottle – Burgundy for example.

Why is it that it is often the high quality and internationally renowned producers have trouble with the agrément?

Why are there so many petty rules about permitted grape varieties, which all too often are based not on any tradition but on dogma and local politics? Why, for instance, are appellations like the Côtes d’Auvergne, Coteaux du Giennois and Châteaumeillant saddled with the requirement that their Pinot Noir be blended with Gamay?

If terroir is so important what has the INAO done to reduce the wholesale use of weed killers in the AOP vineyards? If the INAO has taken on the exclusive right to use geographic names such as Anjou for wines it surely has a duty of care to look after the terroir properly so that it can be passed onto future generations in a fit state.

If the INAO and the Fédération Viticole were hoping that a six-month delay would cause the media and the internet to lose interest in the case, I suspect that this will be a forlorn hope. Cousin says they will organise a natural wine fair on Angers on Wednesday 5th March 2014  – quite probably at the Greniers de Saint Jean, as early March could be too chilly to hold a second picnic in front of the Palais de Justice.

We have already booked our hotel room in Angers for 5th March.

Jim Budd

Image

Crowd 3rd October

ImageJean-Pierre Robinot

LaRablaise

AOP – Appellation d’Origine Polluée
– blitzed vines in Touraine demonstrating the importance of terroir and biodiversity!

 

 

jimbuddv

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 10 504 autres abonnés